Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Un homme de bien

  vendredi 22 février 2019

22 février 2019 – Il faut voir autant qu’entendre Finkielkraut, convoqué dans les grands réseaux du Système après l’agression verbale de samedi contre lui, qui ne s’est pas déroulée comme le Système aurait voulu qu’elle fut, laisser venir la question, lui bouillant, qu’on voit et qu’on sent au bord de l’exaspération incontrôlable, et soudain explosant sur les derniers mots de son interrogatrice un peu sévère par un : « C’est ignoble ».

Ce « C’est ignoble » signale l’insurrection de l’intelligence qui refuse de tomber dans les rets de la folie.

Nous sommes à ce moment où Finkielkraut parle de l’épouvantable Schiappa qui, dans une interview de Valeurs Actuelles, met un peu, beaucoup, pas loin de “passionnément” je crois bien, sur le même pied à peu près (comme on dit “en même temps”), La Manif pour tous et les terroristes islamistes.

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Balade au bord du désordre

  vendredi 15 février 2019

15 février 2019 – Mon attention a été attirée par un des titres de tête de l’édition quotidienne du site Infowars.com, du tonitruant Alex Jones, parce qu’il porte sur une intervention d’Éric Zemmour, cela deux jours après avoir déjà fait un titre sur le même Zemmour :

• 13 février 2019 : « L’intellectuel français Zemmour : les élites organisent l’“invasion” des migrants pour en, faire leur propre classe de serviteurs – Les Européens doivent être remplacés parce qu’ils refusent désormais d’assurer leurs tâches subalternes pour des bas salaires. »

• 15 février 2019 : « Zemmour : les élites se sont révoltées et ont cessé de guider les gens qu’elles inspiraient – La riposte va conduire à une “terrible confrontation”. »

On connaît Infowars.com et l’on connaît Zemmour. Si l’on peut imaginer de les mettre sur une même ligne, très largement considérée, – en gros la ligne souverainiste très largement populiste et hyper-complotiste pour Infowars.com, en gros la ligne souverainiste modérément populiste et très fortement intellectualisé dans le sens historique pour Zemmour, – les deux s’adressent à des publics très différents, très américain-standard en anti-establishmentpour le premier, très français et marqué d’une haute culture historique qu’il oppose à la dérive postmoderne des élites pour le second. Le pro-capitalisme américaniste populaire et technologique d’Infowars.com est très loin de s’accorder à l’antiaméricanisme et l’antimodernisme de Zemmour. (L’idée que le Français Zemmour puisse devenir une référence qui n’a plus besoin d’être définie pour un site comme Infowars.com, hyper-américain, est également complètement inattendue et étonnante.)

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T.C.-69 : Le monde est fou parce qu’il est en feu

  mardi 12 février 2019

12 février 2019 – Diverses indications montrent que le “tourbillon crisique” (T.C.) qui sert de thème à cette rubrique atteint un point d’incandescence à force de rapidité dans son tournant d’enroulement sur lui-même.  Nous avons moins besoin d’argumenter que de laisser les événements parler eux-mêmes, c’est-à-dire hurler à nos oreilles :

Voici que s’avance la crise de « La plus grande redistribution de la richessede l'histoire – Des taxes négatives, des limites drastiques à la propriété privée et la destruction du dollar arrivent… et c’est le meilleur des cas », écrit la société de Conseil d’Investissement Indépendant SMC (Sovereign Man Confidential), parlant pour les USA comme pour le reste. Dans son style ironique et imagé, James Howard Kunstler décrit la fuite en avant, vent arrière et tempête portante, du “navire du socialisme” aux USA : 

« C'est ainsi que le parti démocrate a hissé le drapeau du “socialisme’ sur le mat d’artimon planté dans sa coque en train de se désontégrer et qui navigue vers le bout du monde... [...] Il n'y a pas d'idées cohérentes dans l'arène politique pour le moment. Nos perspectives sont vraiment trop alarmantes. Alors, montez à bord du navire du socialisme et voyez si cela vous rassure de naviguer jusqu’au au bout de la terre. Mais attention au terrible roulis de la tempête. C’est du jamais vu. ».

Pour l’UE également, la situation se révèle pour ce qu’elle est dans toute sa dimension catastrophique, ainsi que le note Jacques Sapir : « Nous y voilà. La semaine qui vient de s'écouler a vu le visage réel de l'Union européenne est en train se dévoiler. Et, ce visage est assez hideux à regarder. Telle Méduse, c'est un visage qui peut pétrifier d'horreur qui le regarde. » Mais contrairement à ce que pourrait laisser croire ce jugement pourtant justifié puisque l’UE est ressentie comme telle avec les conditions et les pressions dictatoriales qu’elle impose aux Britanniques pour leur Brexit, ce qui fait le plus peur à la bureaucratie européenne c’est que cette affaire si embrouillée et si terrible fasse paraître l’EU encore plus Méduse qu’elle n’est et n’éloigne d’elle ses États-Membres, et n’enflamme plus encore la colère des foule et des rues où nous attendent les barricades. C’est promis, on entend cette sorte d’appréhension angoissée dans les couloirs des institutions européennes.

Pendant ce temps, l’Italie ne cesse de galoper au rythme du “modèle” qu’elle a fiché en plein cœur de l’UEZeroHedge.com rapporte la galopade effréné du vice-Premier Salvini, l’homme fort du gouvernement qui marche la main dans la main avec son partenaire M5S pour cette affaire spécifique mais essentielle d’un affrontement frontal avec l’establishmentfinancier internationale, et avec sa branche italienne qu’est la Banque centrale d’Italie. D’une déclaration l’autre hier et avant-hier, et que note scrupuleusement le flegmatique Financial Times, le site US termine son analyse par ce qu’il croit être le sens fondamental de la manœuvre, avec comme terminus la sortie de l’euro...

« L’idée de liquider l’or de l’Italie afin de financer des dépenses plus élevées de l’État semble être venue de Beppe Grillo, cofondateur du Mouvement des 5 Etoiles, qui avait écrit en septembre dernier : “Cela nous permettrait de mettre enfin un terme à cette histoire agaçante du fait ‘qu’il n’y a pas d’argent’”, ajoutant “pourquoi les citoyens devraient-ils vendre leurs colliers et pas l’État?”

» Si Salvini est vraiment sérieux à propos de la vente de l’or, cela apporterait des moyens financiers intéressants aux dirigeants populistes de l’Italie : la Banque d’Italie possède la troisième plus grande réserve d’or du monde aprèsv les USA et l’Allemagne, avec 2 452 tonnes selon le World Gold Council, qui se négocieraient au prix actuel à un peu plus de 103 milliards de dollars.

» Bien entendu, cette somme est minime par rapport à l'endettement total de l'Italie de 2 350 milliards d'euros, ce qui laisse à penser que si Salvini s'orientait réellement vers la suppression des contraintes légales de son pays vis-à-vis des pouvoirs financiers, la prochaine étape serait de déclarer la dette souveraine du pays “odieuse”, c’est-à-dire nulle et non avenue, suivie en fin de compte par l’Italexit et le retour à la lire italienne. »

“Bien entendu” est l’expression d’emploi le plus courant parce qu’elle marque tout ce qui va de soi dans cette immense crise de cosmos du monde... “Bien entendu”, la France n’est nullement absente de cet inventaire catastrophique, elle qui navigue dans la tempête depuis plus d’un trimestre, sans discontinuer. La France, soumise à la dérisoire tentative d’imposer une “dictature démocratique” dans le chef d’une caricature, un avorton du type-reductio ad absurdum, navigue dans la tempête au rythme d’une navigation macronienne, ainsi définie par Karine Bechet-Golovko :

« Notre cher Président nous abreuve jusqu’à l'écœurement de ses sorties médiatiques, plus profondes les unes que les autres, sans oublier que sa Grande tournée post-électorale s'y prête, faisant pâlir de jalousie le fantôme de Khrouchtchev. Entre monopole de l'écran, tentation de surveillance des journalistes et fantasmagorie complotiste anti-russe, la gouvernance en mode Macron nous présente un mélange malsain de puérilité, logiquement accompagné par une image de soi pour le moins surévaluée. Bref, une statue virtuelle géante d'un gamin capricieux. Plus sérieusement, tout se prête à une parodie de tentation dictatoriale, car même pour être dictateur il faut de la carrure. Et un Etat... »

“...Et une police”, ajouterions-nous, car l’on entend de ce côté des craquements annonciateurs de la mince de la glace. Cela reflète les soubresauts de la vigueur de la répression, de l’emploi des engins LBD-40, avec division entre “les polices” pour la responsabilité des effets d’un ordre général donné par un pouvoir totalement réduit à la plus vulgaire répression du style Pinochet-sur-Seine. « Toutes placées sous l'égide du ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont censées présenter un front uni. Cependant, l'usage qui a été fait des moyens intermédiaires de défense – notamment des LBD 40 – divise au sein de l'institution », note RT-France.

Prenant en compte les conséquences médiatiques et de communication, l’émotion de l’affectivisme des blessures cruelles qu’influent ces engins, il finit par paraître normal que les différents services dégagent leurs responsabilités ou lancent des accusations, – comme on voit avec un échange de tweets, – “bien entendu”, – entre gendarmerie et police. Tout cela semble se perdre dans des détails de comptabilité bien dérisoires, mais à l’heure de la toute-puissance de la communication à partir de quoi se forgent les engagements politiques et les fidélités corporatistes, plus que jamais “le Diable est dans les détails”...

« Un décompte du nombre de tirs de LBD 40, révélé par L'Essor et confirmé par Le Monde, montre que de novembre 2018 au 26 janvier, 8 163 tirs ont été recensés pour la police, tandis que la gendarmerie n'a utilisé cette arme que 1 065 fois sur la même période – soit un ratio d'environ un pour huit. »

Revenons pour terminer ce rapide tour du chaos du monde, – avec nombre d’escales laissées de côté pourtant, – à l’annonce pompeuse et pourtant qui n’est pas sans fondement de SMC sur « La plus grande redistribution de la richesse de l'histoire ». Qu’on nous permette de les citer plus en longueurs dans leur raisonnement, eux qui s’adressent aux investisseurs assez vulgaires du sérail de Wall Street et alentour cherchant avec entrain un moyen de mettre leurs richesses à l’abri des vents tempétueux qui se sont levés.

« Il se produit actuellement un changement massif dans le monde entier. Et si vous avez des actifs de quelque nature que ce soit (épargne à la banque et autres, ou même une maison), vous devez lire ce message avec attention.

» Des idées socialistes radicales envahissent le monde d’aujourd’hui comme je ne l’ai jamais vu auparavant. Et un nombre croissant de politiciens socialistes se préparent à la présidence américaine en 2020: des personnalités telles que Elizabeth Warren, Kamala Harris et Bernie Sanders. Ces candidats (et candidats potentiels) diabolisent les riches. Ils sont à la recherche de sang. Et ils vont l’obtenir.

» Ce ne sont là que quelques-unes des idées avancées par ces politiciens: taux d’imposition progressifs à 70% (ou plus), pénalités annuelles pour avoir une certaine somme d’argent, soins de santé gratuits, éducation gratuite, etc. Mais ce problème n’est pas le cas uniquement aux États-Unis… les mêmes idées font des vagues en France, au Royaume-Uni et dans la plupart des autres grandes économies du monde.

» Mais avant de vous donner des détails sur les législations qui font peur et sur les implications négatives pour votre richesse et votre liberté, discutons de la façon dont nous en sommes arrivés là…

» Nous sommes à un tournant de l'histoire

Un “tournant de l’histoire“, quel “tournant de l’histoire“ ? Acceptons pour cette fois où se manifeste cette crise de la civilisation du monde où il en est autant que la crise de toutes les civilisations du mondedepuis que le monde existe peut-être ; pour une fois une leçon d’histoire ancienne, presque d’un quasi-retour aux racines immémoriales des traditions de la part d’un investisseur américain de la plus pure et vulgaire doctrine du rapport d’argent (abonnement annuel 1 000 dollars moins un)… Il nous dit de remonter à 4 000 avant J.C. pour retrouver trace du socialisme qui permet les révolutions de brutales redistributions des richesses et nous serions bien en peine de débattre là-dessus, – dans ce cas, nous laissons les détails aux détails..., – parce que nous nous en tenons à cette remontée dans le passé comme dans les leçons de la tradition, comme la concevait par exemple un Evola («  C’est une pensée “originelle”, elle ne remonte pas en arrière dans le temps, elle s’élève verticalement hors du temps en direction du noyau transcendant… » [Giovanna Monastra, “Julius Evola, des théories de la race à la recherche d’une ethnologie aristocratique”, Nouvelle Écolen°47, année 1995].)

Voici donc le leçon du passé de SMC : «La disparité des richesses et la montée ultérieure du socialisme ne constituent pas un phénomène nouveau ... Cela remonte aux anciens Sumériens, vers 4000 av. J.-C. L’ancienne tenue des registres sur des dalles de pierre montre comment le roi-prêtre au pouvoir a distribué les biens de la société à la population.

» Le socialisme se reproduit à Babylone au milieu du XVIIIe siècle av. J.-C. quand le roi Hammourabi a effacé toutes les dettes de ses citoyens ... Puis en Égypte, en 323 av. J.-C. et en Chine, vers 145 avant JC ... Et encore dans la Rome antique sous Solon, quand il dévalua la monnaie, annula ses dettes et augmenta ses impôts (les riches payant 12 fois plus d'impôts que les pauvres).

» Puis la Révolution française à la fin des années 1700 ... »

“Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

  dimanche 10 février 2019

10 février 2019 – Pour replacer cette longue page dans son contexte, qui est le développement du mystérieux et énigmatique Tome-III de La Grâce de l’Histoire avec un extrait, je demande qu’on me pardonne de me citer. Il s’agit d’une partie d’une page du 11 novembre 2018, faisant une présentation précédente d’un autre extrait du Tome-III et donnant des indications sur l’évolution structurelle de la chose, – du monstre qu’est ce Tome-III, devrais-je dire... Voici donc.

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De quelles élites parle-t-on ?

  mercredi 06 février 2019

6 février 2019 – Dieu sait si l’idée est répandue, elle foisonne, elle est prégnante dans toutes nos pensées, etc. Il s’agit de l’idée du “peuple contre les élites”, de “la rupture entre le peuple et ses élites”, etc., partout mise en avant pour donner une explication fondamentale à la crise des Gilets-Jaunes comme expression crisique paroxystique d’un très profond malaise français. (Et d’ailleurs, “malaise français” comme expression bien entendu d’un malaise général perceptible à l’odeur des pays du bloc-BAOde notre civilisation sans égale avec la montée du populisme, partout irrésistible, partout là aussi “contre les élites”.)

Qui ne serait d’accord avec cette idée de “la rupture entre le peuple et ses élites” ? Moi-même, d’ailleurs, me suis-je jamais entendu protester contre cette expression qui semble aller de soi, me suis-je jamais aventuré à envisager cette idée d’un point de vue critique ?Il serait temps, pourtant…

Une réflexion m’a traversé l’idée, qui me conduit à m’interroger, comme lorsqu’une évidence jusqu’alors peu considérée force votre réflexion pour l’éclairer le temps de la traverser… La question n’est pas sur la justesse du constat, mais elle porte plutôt sur “les élites“ ; et la question devient alors “mais de quelles élites parlez-vous ? ”, enfin “de quelles élites parlons-nous ? ”

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T.C.-68 : l’Europe des mille-et-une poussières

  dimanche 03 février 2019

Rien n’a arrêté bien entendu la doublette Pompeo-Bolton. Les USA se sont retirés du traité FNI le 31 janvier, comme annoncé depuis octobre 2018. Les Russes en ont aussitôt tiré leur conclusion : eux aussi, ils se dispensent des limitations du traité et Poutine autorisent le développement immédiat d’un missile de théâtre hypersonique . Lavrov révèle que les USA violait le traité depuis 1999, en plus du viol que constitue l’installation de batteries lance-missiles Mk41 en Roumanie (depuis 2014) et en Pologne (en cours), capables de tirer des missiles sol-sol d’une portée interdit par le traité.

(Mais sans aucun doute tout cela n’est-il qu’un fatras d’horribles ragots : les USA, violer un traité ?! Cela mérite une enquête anti-Fakesnewsiste.)

L’Europe a perdu la poutre-maîtresse de sa sécurité collective, la colonne vertébrale de cette sécurité a désormais la consistance d’un éclair au chocolat. Mais à quelque chose malheur est ironique : sa sécurité collective ne dépend plus de deux signataires dont l’un n’est absolument pas une puissance européenne, malgré tous nos efforts et nos yeux doux. Cela ne va pas plus loin sur le chemin de l’aventure et l’on espère bien garder fort serrée la main de l’Onc’ Picsou, dans le noir de la grande houle transatlantique. En attendant, la France a pris sagement et fort courageusementla résolution de conseiller fermement aux Russes de se conformer aux instructions US et de détruire ce que les USA veulent qu’ils détruisent, et peut-être même, – ô délice, ô magnanimité, – pourra-t-on revenir sur le retrait si les Russes s’exécutent en temps voulu (offre valable six mois dans toutes les bonnes pharmacies US, ou bien directement au centre de tri du département d’État).

Notre-Président est un redoutable pisteur de FakeNews : que ce soit pour les Gilets-Jaunesou pour le traité INF, et que ce soit d’origine exclusivement russe ou bien encore russe exclusivement, il ne laisse rien passer parce qu’il ne veut rien laisser passer. La diplomatie française est donc réduite à cette grandiose galéjade d’affirmer sa souveraineté grâce à l’addition de multiples servilités et elle n’en a pas fini. Il lui reste à digérer l’affaire du non-JSF allemand.

Les Allemands veulent un nouvel avion de combat pour remplacer le Tornado. Ils ont fait un petit caprice, ils ont éliminé le JSF. Ils préfèreraient l’Eurofighter, qui a la particularité de se rapprocher du JSF (bien que plus âgé) par le nombre considérable de ses travers, de ses défauts, de ses pannes, etc. Mais enfin, il est allemand (c’est-à-dire européen : italo-anglo, allemand, avec un zeste d’espagnol). Mais le problème est que l’Eurofighter ne peut pas porter de bombe nucléaire US ; or, le Tornado peut en porter, et ce fut même une de ses missions de la Guerre froide, pour marquer la solidarité teutonne avec les USA. Mais les USA accepteront-ils d’adapter leurs BH sur l’Eurofighterpour des missions rocambolesques dont personne en Europe, et surtout pas en Allemagne, ne veut plus entendre parler ? Cela pourrait faire un fort beau débat, tout plein de logique et de fermeté de caractère.

(Je laisse de côté le complément envisagé par les Teutons de F/A-18, avions très américain celui-là, pour calmer The-Donald. Je ne veux pas compliquer les multiples façons de baisser sa culotte, avec élégance, avec à-propos, avec habileté, avec un clin d’œil, avec le vent du Nord pour dernier terrain vague et ainsi de suite...) 

Peut-être l’excellent garçon, Macron, conseillera-t-il à son amie Merkel de faire comme les USA ordonnent de faire. Acheter des JSF tout de même, les mettre dans un hangar et attendre que ça se passe. Comme vous l’avez remarqué, il n’est pas question de Rafale pour concourir pour le marché allemand. Comme vous l’avez remarqué, le couple franco-allemand soutient une industrie militaire indépendante-et-européenne, et une armée également militaire, grande audace, européenne-et-indépendante. La France se reposesur la puissance souveraine et indépendante de l’Allemagne ; l’Allemagne se repose tout court.

Il nous reste l’Eurovision, Euro-Disney et la commémoration du 30èmeanniversaire de la Chute du Mur. Quoique ce derniers cas où l’on ne précise pas de quel Mur il s’agit... AvecThe-Donald, qui confond tout, on risque une de ces rages-tweeteuses qui irait jusqu’à la rupture et à l’excommunication de l’OTAN

Pierre & Jacques sont des amis

  jeudi 31 janvier 2019

31 janvier 2019 – D’abord on lit ce tweet, de Jacques Attali, le 27 janvier 2019, à 08H20 : « Une nouvelle crise financière mondiale s’annonce ; elle ressemble à s’y méprendre à la précédente, en pire. Des solutions existent ; elles supposent de maîtriser l’avidité de certains financiers et d’exiger qu’ils s’occupent du long terme. » Connaissant le bonhomme, ses liens avec Macron, avec le Système, avec Davos, etc., vous vous dites que ce tweet est bien intéressant et vous le gardez à l’esprit.

Le lendemain, le 28 janvier 2019 à 19H10, ceci, de Pierre Moscovici, Commissaire européen, socialiste et économiste comme Attali, pas loin d’être de la même génération, donc quelqu’un dont on pourrait attendre qu’il ait un jugement prospectif assez similaire. Que nenni, mais alors à un point ! Que super-nenni :  « Que fait l'Europe pour répondre à la montée des populismes ? “On est sorti de la crise, la croissance est là partout, on n'a jamais créé autant d'emplois [...] Il reste le défi des inégalités qui doit être réglé à l'échelle de nos pays”, dit @pierremoscovici#Auditionpublique »

C’est assez intéressant, cette contradiction, non ? Mais oui, c’est intéressant, pour de multiples raisons (deux économistes-Système, de pensées proches, même élite mêmes salons, mêmes restos du Fouquet’s  à La Rotonde, deux socialistes mutatis mutandis néo-libéraux, etc.). Dans tous les cas, cela intéresse madame Coralie Delaune, essayiste, collaboratrice de Marianneet de Causeur, et plutôt eurosceptique ; cela, chuchote-t-on, n’est pas encore un délit capital. Elle tweete le 29 janvier 2019 à 11H10 : « Il va falloir que @pierremoscovici et Jacques Attali se mettent d'accord. On est dans l’opulence ou à la veille du chaos ? Ça ne peut pas être les deux “en même temps”. »

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Entre “FakeNews acceptables” et Terreur

  lundi 28 janvier 2019

28 janvier 2019 –En novembre 2014, un site US eut la riche et abondante idée de faire le décompte du nombre de fois où, dans le système de la communication du bloc-BAO, la Russie avait envahi l’Ukraine. Vous savez que l’invasion de l’Ukraine par la Russie est un fait historique évident, aveuglant, émouvant, poignant, bouleversant, que nul esprit sensé ne peut songer à contester ; mais plus encore, c’est le nombre de fois où cette invasion eut lieu qui est impressionnant... Voilà ce que cela donnait, dans nos colonnes, le 15 novembre 2014 :

« Le site Red Pill Times a eu, le 13 novembre 2014, la riche et laborieuse idée de recenser le nombre de fois où, à en croire les autorités additionnées Kiev-OTAN-département d’État-bloc BAO-Presse-Système, – et qui oserait ne pas croire à cette masse référentielle ? – la Russie lança une invasion de l’Ukraine. (L'expression de Stealth Invasion  [voir le 2 septembre 2014doit être rappelée à cette occasion pour confirmer le sérieux du propos.) Le résultat est à la fois surréaliste et effrayant : 36 occurrences ont été déterminées. (36 en 9 mois, ce qui fait exactement 4 invasions par mois, ou une invasion par semaines, ou 0,1042 invasion par jour.) Cela laisse à penser sur l’incroyable héroïsme ukrainien, particulièrement de la direction-Kiev... » (Etc., etc., ou disons bla-bla-bla, – l’article, tentant de ridiculiser par la moquerie vicieuse l’incomparable courage civique et militaire de Kiev & Cie, – et de l’OTAN certes, et de l’UE ô combien...)

Voilà que ce chiffre de 36 pris arbitrairement comme symbole, selon un laps de temps arbitraire, – je ne considère que l’aspect symbolique et ne prétends à aucune rigueur scientifique, – est supplanté par un autre chiffre qui est celui des plus incroyables FakeNews développées dans le cadre duRussiagate :  42 contre 36...

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De Chavez à Maduro

  jeudi 24 janvier 2019

24 janvier 2019 – C’était le 15 avril 2002, la surprise, l’inattendue, et nous avions choisi comme titre : « Chavez nous surprend ». La veille (le 14 avril 2002, comme il va de soi), nous avions titré « Chavez sans surprise », parce qu’il nous semblait inéluctable que Chavez dût être emporté par ce coup d’État où Washington avait évidemment tout à dire, – comme avec Allende trente ans plus tôt, vieille habitude de souteneur du continent latino-américain, que le Big Business, le CIA après ce qui avait précédé, les éditos de la Grey Lady (le New York Times) assumaient depuis des décennies. Finalement, non, Chavez s’en était tiré, aidé par ses compagnons d’arme, et une ère nouvelle s’ouvrait pour l’Amérique Latine.

Dix ans plus tard, Chavez, réélu une fois de plus et montrant sa formidable popularité, annonçait l’état de son cancer et sa mort prochaine (le 5 mars 2013). L’“ère nouvelle” de l’Amérique du Sud commençait sa phase de l’effondrement, marquée également par les déboires et l’élimination de la gauche populiste au Brésil (Lula et Rousseff) et la fin du mandat de Kirchner en Argentine (2015).

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Un “chiffon de papier-Q”

  lundi 21 janvier 2019

21 janvier 2019 – L’origine de l’expression initiale, dit-on, remonte au XVIIIème siècle. Elle est devenue célèbre à la suite de l’entretien dramatique du 4 août 1914 entre le chancelier allemand Theobald von Bethmann Hollweg et l'ambassadeur du Royaume-Uni à Berlin, Sir Edmond Goschen, venu lui annoncer la décision de Sa Majesté de déclarer l’état de guerre entre le Royaume-Uni et l’Empire Allemand pour la cause de la violation manifeste par le second de la neutralité de la Belgique garantie par les puissances européennes, – soit Londres, Paris, Vienne, Berlin et Saint-Petersbourg, – par les traités de 1831 et 1839. Bethmann Hollweg dit alors ces mots fameux : 

« ... Rien que pour un mot, “neutralité”, un mot dont en temps de guerre on ne tient si souvent aucun compte ; rien que pour un chiffon de papier [deux en réalité, mais de la même plume], la Grande-Bretagne va faire la guerre à une nation de la même famille, qui ne demande pas mieux que d'être son amie... »

Le traité de l’Élysée du 22 janvier 1963 doit être gracieusement “complété” par un nouveau traité franco-allemand demain 22 janvier 2019, dans notre bonne ville commune (clin d’œil : celle de Charlemagne) d’Aix-la-Chapelle. Le traité de l’Élysée était devenu pour celui qui l’avait initié (de Gaulle) un “chiffon de papier” à peine plus élégant que celui du 4 août 1914, – c’est-à-dire démocratique et donc puant d’hypocrisie, – six mois seulement après sa signature, par l’ajout d’un préambule par le Bundestag, qui l’émasculait aussi vivement que tranche la lame de la guillotine. Aujourd’hui où nous sommes bien mal surinformé et à l’affût de tous les complots en embuscade, on s’alarme de ce traité macronien qui soumet pour l'éternité en marche La-République clopinante à l’Allemagne merkélienne maquillée-fardée en IVème Reich. Qu’on me pardonne si je me permets de vous dire que, selon les circonstances, ce papelard signé par un pays si totalement châtré de sa souveraineté qu’est la France, avec un Reich en chiffon de papier mâché tout aussi châtré de souveraineté par les bases US et les écoutes de la NSA, et sa soumission à l’OTAN qui lui interdit de disposer de son propre Grand État-Major Général, ce traité-là est non seulement un “chiffon de papier”, mais plus élégamment dit, – un “chiffon de papier de chiotte”, ou “chiffon de papier-Q”. Voilà donc le titre expliqué.

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Extra-ordinaire “folie ordinaire”

  vendredi 18 janvier 2019

18 Janvier 2019 – Macron et ses boys-girls (égalité des sexes) étant fous, d’une certaine façon, je suis un peu rassuré ; et tous comptes faits je dirais bien, pour faire l’ironique : donc, je ne suis pas fou... Enfin, venons-en au fait permettant ces tranquilles affirmations, qui est assez simple, qui est de rencontrer, désormais sous plusieurs plumes, ce simple constat de la folie de Macron & Cie.

Je m’explique aussitôt de ce tonitruant et audacieux début avec l’aide appréciable de deux citations qui en disent, sinon très long, dans tous  les cas suffisamment long dans notre petit univers globalisé de la conversation aimable mais sérieuse, hors-Système sinon antiSystème :

De Frédéric Lordon, du 8 janvier 2019 sur son blog du Monde Diplomatique : « Méthodologiquement, et déontologiquement, il faut maintenir les hypothèses psychiatriques dans un statut d’ultime recours quand il est question de politique, et ne se tourner vers elles qu’après avoir tout essayé. Au point où nous en sommes cependant, observant Macron, Griveaux, écoutant le défilé ininterrompu des députés LREM sur les chaînes d’information continue et les chiens de plage arrière qui font “oui oui” en leur passant les plats, on cherche en tous sens, et surtout en vain, ce qui pourrait nous sauver de ce dernier recours. Après avoir épuisé toutes les explications alternatives, il va falloir s’y résoudre : ces gens sont complètement fous. [...]

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Luc & Dany

  lundi 14 janvier 2019

14 janvier 2019 – Il y eut aussi, dimanche soir, une intéressante confrontation de deux complices qui s’entendent comme larrons en foire, et cette fois des larrons plutôt inquiets et fébriles ai-je trouvé à ma grande surprise ; et une foire qui avait, – même surprise, – des allures de veillée sinon funèbres dans tous les cas fiévreusement préoccupée bien que je n’oserais dire, par respect pour les augustes acteurs de la chose, comme j’allais écrire : “sinon paniquarde par instants”.

(Ces deux-là, ils sont ma référence de la suffisance et de la certitude ironique et persifleuse du Système, et d’ailleurs pas sans charme. Je vois leur émission régulière du dimanche 19H00-20H00 par bribes, avec zappages permanents, – question d’insupportabilité dans mon chef, quand on sait ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Cette fois, j’ai pris l’émission à un tiers de son temps et j’ai suivi jusqu’au bout. Je me suis aperçu que ce que j’avais ressenti par ailleurs [« La morosité... [...] la marque d’un réel découragement... [...] C’est le désordre et la confusion, la panique et la colère, la haine et l’incompréhension... »] s’exprimait là aussi d’une manière singulièrement et paradoxalement claire, avec leur brio habituel et l’aisance coutumière qui font leur succès dans les salons. Le Système panique très gravement face au GJ, c’est dit.) 

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Le “Peuple profond” installe son pouvoir

  dimanche 13 janvier 2019

13 janvier 2019 – Au hasard des heures, j’ai vu quelques images et échanges des habituels convives des talk-shows de cette fin de journée, samediC’était désespérément plat, morne, croulant sous les redites et les sempiternelles analyses, les gémissements que nous entendons depuis des semaines, quelques vociférations fatiguées de la même indignation ahurie et désormais chuchotée (au cas où la fortune du destin les priverait de leurs maîtres en cours pour leur en désigner de nouveaux). Enfin, couvrant tout cela de l’ombre sinistre d’une grande aile noire, l’inévitable constat d’une mobilisation de plus en plus montante des GJ, après le premier samedi de rentrée qui avait démontré la vacuité de la narrative de l’“essoufflement”, et des GJ dans un désordre de mieux en mieux organisé sans perdre la vertu du désordre, évitant autant que faire se peut les violences, déployant une insoumission pacifique d’une remarquable efficacité, s’installant dans leurs domaines, comme dans leurs meubles...

Je me suis fait alors la remarque que nous étions en train de vivre un moment historique de plus : de voir se mettre en place une structuration extraordinaire, à la fois dépourvue de structures contraignantes et visibles, à la fois complètement libérée de ce fait et en voie d’institutionnalisation sans emprisonnement, suffisamment enfin pour manifester une légitimité désormais évidente. C’est un deuxième pouvoir, une sorte de “pouvoir des samedis” qui se met en place ; le “Peuple profond” contre un DeepState qui n’a plus rien de régalien, qui se dissout dans l’imposture comme son modèle de “D.C.-la-folle”. (C’est la raison de l’emploi de l’expression anglo-américaine installée en un néologisme comme marque de l’infamie.)

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Gabbard-2020 ? “D.C.-la-folle” devient fou !

  samedi 12 janvier 2019

12 janvier 2019 – Nos lecteurs imagineront sans peine la joie qui me transporte à cette simple nouvelle que Tulsi Gabbard va pose sa candidature à la désignation démocrate pour la présidentielle de 2020. (Elle l'a annoncé hier soir à CNN et posera sa candidature officielle la semaine prochaine.) La question n’est pas ici de savoir si elle sera élue, ni si elle a une chance d’être élue, ni ce qu’elle fera éventuellement contre Trump, et bla bla bla, mais bien de voir l’extraordinaire explosion de folie, de haine, de confusion, de désarroi qui a enflammé “D.C.-la-folle” à cette nouvelle.

(RT-USA, qui n’a pas manqué l’occasion de sauter sur cette nouvelle, développe un articleessentiellement à partir d’une collection de tweet exprimant l’horreur et la confusion absolues qui se sont emparéesd de la ménagerie des zombieSystème, neocon harpies R2P, LGTBQ, DeepState, presseSystème, establishment et toute la clique tonitruante. [J’ai fait “Gabbard-2020” sur le sympathique moteur de recherche Google à 10H30 et ai obtenu 8 780 000 résultats en 0,30 seconde.] Titre de l’article RT-USA : « La “marionnette de Poutine” contre la “complice d’Assad” : Démocrates et Républicains unis dans une panique commune à l’idée d’une Gabbard défiant Trump en 2020 »)

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“Américanistes” ou “Américains” ?

  mardi 08 janvier 2019

8 janvier 2019 – Peut-être certains des lecteurs de dedefensa.org se sont-ils déjà posés la question, ou fait la remarque, d’un ton interrogateur un peu impatient, ou bien avec irritation, ou bien avec ironie, ou encore une bienveillance amusée (encore un de ces tics/ces lubies de PhG). La question se divise en fait en deux qui se complètent, successivement :

• “Pourquoi dedefensa.org emploie-t-il le terme ‘américaniste’ le plus souvent pour désigner des citoyens ou des entités des USA, en général les plus nocifs, les plus puants, les plus catastrophiques, passant d’un Bolton, d’un Trump, d’un McCain, d’un Obama, d’un Zuckerberg, de tel directeur de la com’ ou lobbyiste corrompu, de tel milliardaire du cinéma qui couvre d’or les progressistes-sociétaux, au Pentagone ou au ‘système de l’américanisme’, un des fils préférés du Système ?” 

• “Et là-dessus, pourquoi, alors, parfois, très peu souvent mais tout de même, emploie-t-on le terme ‘Américain’pour désigner très rarement certaines catégorie de citoyens, le plus souvent les pauvres et très-pauvres, notamment les petits-blancs pauvres honnis, ceux qu’on voudrait physiquement éliminer par les moyens économiques et expéditifs du néolibéralisme totalitaire et génocidaire, les Afro-Américains lorsqu’ils se révoltent contre les pièges grossiers et aguicheurs des sociétaux-progressistes et autres Soros, voire les Latinos paradoxalement lorsqu’ils parlent de Reconquista ? Et également, et surtout dirais-je, les écrivains subversifs par leur nature d’artiste, qu’on voudrait corrompre par les moyens habituels de la pluie de dollars ?”

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L’esthétique du communicationnisme

  vendredi 05 janvier 2018

5 janvier 2019 – L’on sait l’importance qu’on accorde ici, à dedefensa.org, et moi-même sans aucun doute et avec une insistance extrême, à la communication sous sa forme la plus large du “système de la communication”. (Voir le plus récemment sur cette question, le Glossaire.dde sur Notre-Méthodologie.) Un ensemble de facteurs, des événements très significatifs, une évolution structurelle depuis l’apparition notamment du concept de déterminisme-narrativisteconduisent à proposer un nouveau concept général sous forme de doctrine qui ferait le pendant du technologisme

(Technologisme bien entendu pour la technologie, l’une des deux forces principales avec la communication constitutives de la puissance aujourd’hui. Donc technologisme et communicationnisme [je préempte], côte-à-côte ou bien plutôt face à face, c’est selon.)

Je propose d’adopter le mot, déjà existant, de “communicationnisme”, sous l’éventuelle réserve d’en trouver un plus satisfaisant pour définir le seul sens que je veux lui donner ici. Cette page du Journal dde-crisis est une esquisse, un banc d’essai, pour une idée recouvrant une situation évidente, qui sera très certainement développée ; le développement du concept et de l’idée éclairera la situation et fera sans doute apparaître des dimensions cachées.

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T.C.-67 : Trump en mode-T.C.

  vendredi 04 janvier 2019

4 janvier 2019 – Il est en train de se créer autour de Trump ce que l’on pourrait effectivement qualifier de “tourbillon-crisique”, l’intitulé même de cette rubrique (T.C.) à l’intérieur du Journal-dde.crisis. C’est-à-dire, un événement dynamique essentiellement sinon de  pure communication, tournoyant par l’addition d’actes crisiques qui s’alimentent les uns les autres, créant un “climat” spécifique (et crisique naturellement), lequel active une modification de la tendance politique, puis de la situation politique elle-même. Cela concerne l’un des deux volets principaux (avec la lutte contre l’immigration illégale) des promesses électorales spécifiques de Trump, qui est la voie de l’attaque, sinon de la destruction de l’interventionnisme américaniste. Le tourbillon a pris naissance bien entendu à partir de la décision du retrait de Syrie suivi de la démission de Mattis.

Le point le plus remarquable, le plus puissamment significatif par son symbolisme, toujours au niveau de la communication, c’est le commentaire historique de Trump fait avant-hier sur un ton presque anecdotique, affirmant ou rappelant c’est selon que l’intervention de l’URSS en Afghanistan (en décembre 1979) conduisit le régime soviétique à la banqueroute. C’est reprendre la thèse que cette intervention est un des facteurs importants de l’effondrement de l’URSS, et que l’analogie vaudrait bien aussi pour les USA ; effondrement d’un “empire” par excès d’extension dans les deux cas... 

Ce jugement historique contredit la narrative “officielle” et complètement faussaire du War Party, affirmant que ce sont les dépenses de la pseudo-“course aux armements” des années 1980 qui eurent la peau de l’“empire” soviétique, face au dynamisme imaginatif et prodigue (IDS, ou “guerre des étoiles”) du Pentagone. Le signe de l’importance de cette déclaration “anecdotique” se trouve dans la réaction furieuse de la presseSystème, et jusqu’à un commentaire d’un des directeurs de l’AEI, le think tank des néo-conservateurs martelant avec une égale fureur que l’intervention soviétique en Afghanistan n’eut qu’en effet mineur sur le PIB soviétique, donc ne peut être considérée comme une des causes essentielles de l’effondrement de l’URSS.

Ainsi le War Party est-il mis sur la défensive, du jamais-vu à Washington D.C. et à “D.C.-la-folle” depuis le Vietnam.

L’affirmation n’est pas justifiée par cette seule passe d’armes. D’autres signes de communication la justifient, comme cette déclaration de Trump sur la Syrie à nouveau, où les USA ne récoltent selon lui « que du sable et de la mort » ;  ou cette autre, encore plus remarquable parce qu’elle signale son désintérêt nouveau pour une politique de confrontation avec l’Iran, où Trump observe que « les Iraniens peuvent faire ce qu’ils veulent en Syrie », – littéralement, que ce n’est pas, que ce n’est plus l’affaire des USA... Il y a même ce cas, qui fait grand bruit parce qu’il sort du seul domaine favori des antitrumpistes, des lubies deThe-Donald, pour jaillir du cœur même, sacré et religieux, de la presseSystème : la démission tonitruante, lundi, du présentateur et analyste prestigieux de la NBC William Arkin, explicitement justifiée par l’hérétique lui-même, par l’emprisonnement volontaire du réseau dans la narrative du War Party et dans la promotion des “guerres sans fin”.

Que se passe-t-il chez Trump ? Est-ce simplement un caprice, une foucade, un tour de valse de plus ? Peut-être et possible mais pas complètement assuré si l’on considère la constance et la fermeté de sa trajectoire des dernières semaines et la liquidation des “généraux” qui étaient là en principe pour tenir la bestiole, et la tenir dans la ligne... D’autre part, certaines interventions de Trump, notamment celle sur l’URSS en Afghanistan, révèlent une culture politique qui ne lui est pas naturelle. A moins que notre héros se soit mis à lire les bons auteurs ou que Bolton soit soudain devenu fou, on parierait plutôt sur une influence majeure hors du cadre connu. Cette hypothèse n’est pas gratuite.

L’on chuchote de plus en plus fort qu’il y a là l’effet de l’influence d’un homme, ami de Trump et joueur de golf comme lui et avec lui, et “en même temps” anti-interventionniste désormais bien installé et disposant d’une formation de grande qualité. Il s’agit du sénateur Rand Paul, fils de Ron et chef de file à bonne école et au Sénat des antiwar. Ce n’est pas pour rien ni pour le goût des coïncidences, bien entendu, que le directeur de cabinet adjoint de Paul Sergio Gor a diffusé le communiqué suivant, après une intervention du sénateur contre Mitt Romney qui vient de publier une critique acerbe de Trump : 

« Le sénateur Rand Paul considère le président Trump comme un ami, mais il est également ravi de sa politique conservatrice, qui comprend des réductions d'impôt historiques, des réductions massives de la réglementation, la nomination de juristes, et la mise en œuvre d'une politique étrangère ‘America First’ en mettant l'accent sur l'Amérique et pas sur tous les problèmes dans le monde. Ce président tient ses promesses, et les républicains modérés devraient travailler avec lui pour accomplir encore plus. »

Ron Paul n’aurait pas dit mieux... Certains commencent à marmonner, à “D.C.-la-folle”, que tout se passe comme si nous avions “le président Rand Paul”. Ils pourraient aussi bien dire “Président Ron Paul”, ce qui est un juste retour des choses si l’on considère la campagne électorale sabotée de Ron en 2012. Par conséquent, les chuchotements qui aiment bien vaticiner dans leur boule de cristal nous disent aussi que Trump offrirait la vice-présidence à Rand en 2020, s’il est réélu, c’est-à-dire quand il sera réélu puisqu’il ne doute de rien, de façon à lancer un Rand Paul-2024 à la Maison-Blanche.

On verra, on verra car tout cela est bien loin et tant de choses se passent si vite par ces temps qui courent à bride abattue... En attendant, la possible/probable évolution des choses pour le plus court qui nous importe, loin de conduire à une victoire et à un apaisement, conduit exactement au contraire : l’intensification de la “Guerre civile froide” aux USA, et de la folie à “D.C.-la-folle”. Voyez par exemple combien les ordres de désengagement ne sont pas aussitôt suivis d’effets, et l’on est passé de un mois à trois mois pour évacuer les soldats US de Syrie, manœuvre évidente du Pentagone.

On observera alors, plus simplement et plus sobrement, mais avec une étincelle festive au bout de la plume : de plus en plus de désordre et la validité renforcée de l’analogie collapsologique entre l’URSS et les USA.

Merkel, ou la “sottise du diable”

  dimanche 30 décembre 2018

30 décembre 2018 –J’avoue avoir complètement raté cette intervention de Merkel : « Les États-nations doivent aujourd’hui être prêts à renoncer à leur souveraineté »... Surprenante dans sa simplicité, épatante dans sa pureté cristalline, abrupte dans son impérative signification, cette intervention ; d’une certaine façon, comme si l’on découvrait que le roi est nu, bien qu’il s’agisse de rien moins que de notre Kaiserin.

Elle dit d’autres choses dans le même genre qui est de songer à bannir toute souveraineté, la transmission de cette souveraineté vers des organes adéquats (UE, Globalisation Inc., New-New World Order) devant se faire dans l’ordre et la discipline, comme au bon temps où la Stasi faisait fleurir la RDA, ou la Wehrmacht les grandes steppes de l’Est. En même temps, Merkel fait un panégyrique du traité de Marrakech, dont nous apprenons qu’il est le produit d’un travail de sape et d’un labeur-expert à l’ONU des mêmes Allemands du groupe-Merkel, depuis 2016 après l’expérience très concluante de l’ouverture des frontières de l’Allemagne de 2015. (*)

Si je reviens sur cette sortie de Merkel qui date d’un mois (*), c’est parce qu’elle s’inscrit dans une attitude nouvelle de cette chose immense et déchaînée que je nomme “Système” ; une attitude qui se renforce chaque jour trois ou quatre mois, voire quelques semaines, et qui nous dit que le Système ne prend plus de gants, ni ne songe à garder plus longtemps son masque. Il y a trois ou six mois encore, une personne du rang de Merkel, placée dans la situation où elle se trouve, n’aurait pas songé à dire une telle chose, si crûment, si abruptement, comme l’on agite un chiffon rouge devant un Gilet-Jaune.

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De l’atonie à la colère

  samedi 29 décembre 2018

29 décembre 2018 – Il y a longtemps que se développe le jugement selon lequel le développement des technologies de communication et du numérique tend à créer un monde artificiel dans lequel seraient plongées des foules laissées sans direction par la globalisation du néocapitalisme, et ainsi mises dans une atonie qui les priverait de tout sens et laisserait libre cours aux événements suscités par le Système. Par conséquent, c’est avec une certaine surprise puis avec une surprise certainement heureuse que l’on découvre, que je découvre que l’atonie de ces foules sans-direction et privée de sens s’est muée en une colère d’une puissance et d’une résilience extraordinaires.

(Bien entendu, je note cela en référence à la crise des Gilets-Jaunes, mais aussi à divers mouvements de type “populiste” et apparentés qu’on dénombre depuis les années 2015-2016.)

Où est passé l’atonie de ces foules qu’on observait comme abruties par les smartphones du Système et du néocapitalisme ? Au désordre par atonie que cherche à répandre dans les foules privées de sens le néocapitalisme entropique se dresse et s’oppose le désordre des rues par les peuples qui jugent trouver un sens dans le choix de suivre les impulsions nées de leur colère ; le désordre par atonie se désintègre sur le désordre par la colère. Désordre contre désordre, ou comment “faire aïkido” et transmuter, selon le mot de Victor Hugo qu’on reprend beaucoup ces temps-ci, les “foules” heureuses d’être sans direction ni le moindre sens en “peuples” cherchant avec colère à retrouver une direction et un sens qui soient les siens.

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De Matrix à la folie, – et “Boum !

  dimanche 23 décembre 2018

23 décembre 2018 – Il est vrai que nous sommes sollicités de toutes parts, avec toutes les crises qui ne cessent de jaillir, de surgir, pour s’insérer dans le tourbillon crisique qui opérationnalise la Grande Crise Générale. Nous, en France et alentour, les GJ et tout ce qui va avec retiennent notre attention, et il nous reste peu de temps pour le reste. Pourtant non, faites un effort !

Je veux dire : tournez-vous vers Washington, ma “D.C.-la-folle” dont il était écrit il y a deux jours, notamment et fort justement à mon sens, et tant pis pour ce qu’on dira de ce jugement qui est mien sur un texte de ce site qui est un peu moi-même :

« On pourrait dire, si l’on voulait rendre compte du sur-surréalisme de la situation, tentant d’à nouveau peser bien nos mots, que “D.C.-la-folle” est devenue folle, que sa folie est elle-même touchée par une sorte d’hyper-folie...  [...] 

» ...et l’on a là un signe de plus du désordre qui règne, – non pas en Syrie mais à Washington D.C.[...]

» ...Ainsi la crise, qu’on croyait située en Syrie, revient à son point d’orgue et à sa matrice, à Washington D.C. et alentours. »

La décision de Trump sur la Syrie a plusieurs aspects : les effets sur la crise et l’affreuse guerre syriennes, sur les équilibres généraux et les positions diverses des divers acteurs (Russie, Turquie, plus quelques pensées pour les stupides moutons, type-France-macronique), sur la situation politique de Trump et dans son administration, toutes ces choses d’une infinie importance... Mais non, le plus important, le plus stupéfiant, c’est bien ce qui se passe à Washington, dans l’air du temps !

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