Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Connards co(s)miques

  samedi 11 août 2018

11 août 2018 – Par quel bout voulez-vous prendre ce “petit tas de secrets” connus de tous que constitue la crisette d'origine bruxelloise DesinfoLab, comme l’affaire Russiagate, comme l’antirussisme qui déferle sur le “Monde libre”, comme « La guerre contre l’Occident est une guerre contre la Vérité » [Defending Democracy] ? Avec la crisette DesinfoLab en prime promotionnelle du “Benallagate”, qui est l’objet grandguignolesque de cette chronique, on est vraiment placé devant l’alternative sublime, que je résume par le titre : “connards comiques” ou “connards cosmiques” ? Les deux, mon super-Général à cinq étoiles... Sauf que, – “comiques”, “cosmiques”, je ne sais plus tant cette gigantesque tartarinade qu’est la représentation hollywoodienne sur la “guerre hybride” que la Russie impitoyable mène contre nous depuis des années finit par épuiser mon stock de qualificatifs.

Quand je pense qu’un lecteur disait, fort justement d’ailleurs puisque je m’en étais fait moi-même la remarque en écrivant la chose, « Comme vous y allez » à propos de l’expression « connards maladroits » que j’avais employée dans le commentaire sur la censure exercée par les petits coquins-zombie de Silicon Valley, où ils essuyèrent en pleine poire un retour de service à vous balayer un McEnroe quand Borg était au sommet de sa magie ; enchaînant, le lecteur, justement à propos de la crisette DisinfoLab dont il nous signalait l’existence, – « Mais vous avez raison... »... Quand je pense à tout cela, je vois un gouffre s’ouvrir devant moi, quelque chose comme « le silence de ces espaces infinis m’effraie » adapté à l’esprit du temps, tant,  – ran-tan-plan, – leurs babillages boursouflés, leurs simulacres grimés à la hâte, leurs bouffonneries criardes s’effacent l’instant d’après, dans un espace de temps infiniment rapide, pour qu’il n’en reste rien. Ils ne sont donc capables que de déféquer du rien, – du rien et rien d’autres, même dans le domaine de l’excrément !

(Suite)

GAFA-la-gaffe ?

  jeudi 09 août 2018

09 août 2018 – Certes, ils ont frappé, – et cela va continuer, car lorsque les crétins friqués ont commencé à produire leur sottise infamantes, c’est comme une diarrhée, plus rien ne les arrête plus... (C’est même à ça qu’on les reconnaît.) L’affaire est en train de nous confirmer pour la nième fois que la transformation des sapienscourants en zombieSystème se fait par l’équation américanisme + fric. En effet, je tiens pour évident et absolument convainquant le jugement que l’action de censure lancée par les GAFA & le reste sur consignes du DeepState représente une action tactique extrêmement visible dans ses buts illégaux, et dont l’effet stratégique se révèlera rapidement catastrophique.

L’opération de censure gigantesque qui est en cours se déroule dans la plus complète hypocrisie juridique d’où pourraient naître des querelles juridiques sans fin qui ne pourraient être interrompu que par un excès d’arbitraire supplémentaire mettantun peu plus en question la fragile fiction de l’État de droit sur laquelle reposent les institutions nécessaires au maintien de la bonne apparence du DeepState. L’hypocrisie se trouve dans l’intervention d’entités commerciales prétendant n’être que des “plateformes” qui, comme une compagnie de téléphone, ne sont censées intervenir que sur le fait technique de la communication, et agissant en fait comme des éditeurs qui ont un droit de regard sur le contenu de ce qui fait l’objet de la communication. Pour ajouter l’insulte à l’infamie, ce comportement des GAFA & Cie a été recommandé, sinon ordonné par l’hystérie régnant actuellement au sein du Congrès des États-Unis.

(Suite)

Salut, Anastasia GAFA

  mardi 07 août 2018

… Au reste, l’acronyme GAFA est largement insuffisant et de toutes les façon inadéquat. L’attaque concertéecontre Infowars.comet Alex Jonesvient des sociétés Google, Facebook, Apple, Spotify, Stitcher et Youtube (GFASSY ferait l’affaire si l’on s’en tient à cette seule brochette) ; mais GAFA nous sert de symbole pour désigner le première attaque de censure politique de cette amplitude, venue de groupes privés prétendant par le fait s’ériger en censeur politique, au nom d’une solide morale démocratique, et accessoirement pour la liberté d’expression également démocratique, pourquoi pas ? (D’ailleurs on s’y perd dans le décompte des agresseurs puisque, dans une seconde fournée, Twitters prend le relaisen suspendant les comptes de plusieurs chroniqueurs libertariens et antiguerre, dont le directeur de l’Institute of Peace de Ron Paul, Daniel McAdams.)

(Accessoirement, et pour les jeunes gens qui s’y perdraient, “Anastasia” était le surnom donné à la censure officielle, notamment durant la Première Guerre Mondiale.)

Le site AllnewsPipeline.com, qui n’est pas nécessairement du camp de Infowars.comécrit ce 7 août 2018 :

(Suite)

Rencontre à une croisée des chemins

  lundi 06 août 2018

Je me suis arrêté à une réponse du “philosophe et historien des idées” comme il est désigné, Alain de Benoist  (*), dans une interview croisée où le magazine Éléments, représenté pour l’occasion par la personne de Marie David des éditions Fromentin, l’interrogeait en même temps que Laurent Fourquet (« Le christianisme n’est pas un humanisme », éditions Pierre-Guillaume de Roux). Le thème choisi est une question : “L’humanisme est-il un nihilisme ?”.

Mais plus qu’une réponse à cette question générale, m’intéresse dans ce cas la réponse (Alain de Benoist) à la dernière question du double interview. Selon ce qu’on en a autant dans notre jugement que dans notre humeur, et bien plus que “selon ce qu’en a” l’interviewé, cette réponse est chargée d’un sens vertigineux, elle est extrêmement symbolique du climat d’une époque, elle exprime le tourbillon crisique d’un temps immédiat autant que le destin et l’ontologie de la condition humaine. C’est-à-dire qu’il m’importe ici, tout en connaissant le cheminement intellectuel de De Benoist, d’exprimer la perception la plus générale que j’ai de sa réponse. Voici donc...

(Suite)

Absence de pertinence

  dimanche 05 août 2018

5 août 2018 – L’on sait que nous traversons une période agitée d’expansion du domaine de la possibilité d’une attaque contre l’Iran, dans tous les cas au sein du système de la communication. Nous-mêmes, sur ce site, en avons parlé le 27 juillet 2018 dans un texte introduit par le titre fort irrespectueux, et je dirais même irresponsable, de « Notes sur l’Iran-tan-plan ». C’est de cela que je voudrais discourir aujourd’hui, tel un confortable stratège en chambre, bien calé dans son fauteuil (quoique ma sciatique me rappelle depuis deux-trois jours à son fâcheux souvenir, sans doute la canicule hein...).

Il y a donc pléthore d’autres textes sur le sujet, dont on sait qu’il n’est pas nouveau et qu’il est même un peu vieillot… « En décomptant d’une façon assez libérale, nous dirions que nous approchons la douzaine dans le chef des campagnes de communication annonçant ou laissant craindre une attaque de l’Iran par les USA, ce de façon très effective sinon “opérationnelle” dans la communication depuis 2005. »

Me frappe une fois de plus, comme le constat d’un phénomène si présent et pressant, la compartimentalisation des esprits, même les plus érudits et les mieux intentionnés. Je crois qu’il y a là un phénomène qui est dû à la pression exercée sur les psychologies par l’intensité formidable, sa vitesse, sa dynamique de frappe, ses exigences, sa volatilité, enfin la complexité du système de la communication. Littéralement, la psychologie n’a pas le temps de “reprendre son souffle”, elle n’a pas le temps, elle, justement de se “compartimentaliser” pour se réserver un espace d’accueil où exercer un tri et freiner ou bien filtrer, sinon détourner à certains moments, le flot qui l’assaille.

(Suite)

S’agit-il d’un “Simulacre antiSimulacre” ? 

  samedi 04 août 2018

4 août 2018 – ...En effet, il entre bien dans mon intention de présenter un nouveau concept dans lequel serait introduit le “concept à l’intérieur du concept” d’“antiSimulacre”, selon une orthographe dissidente, déjà utilisée pour les concepts d’“antiSystème” ou de “presseSystème”. Ainsi la question de savoir s’il s’agit d’un “Simulacre antiSimulacre”, – et le premier du genre, – concerne l’“événement crisique” “QAnon” dont il est question par ailleurs ce même 4 août 2018, sur ce site exactement.

On dira que j’aurais pu poser plus directement la question pour savoir ce qu’il y a d’antiSystème dans cette étrange affaire, mais il y a indiscutablement un aspect extraordinaire qui mérite une classification à part dans le processus utilisé, dans la tactique de mobilisation, dans l’organisation logistique et psychologique (La lettre “Q” devient un signe de ralliement des meetings pro-Trump, des participants à ces meetings portent des t-shirts avec une impression de la lettre Q, etc.), – bref, dans l’utilisation de l’outil de l’internet type-“réseaux sociaux” du système de la communication. On sait bien par ailleurs qu’on en viendra nécessairement, comme dans toute chose aujourd’hui, à la problématique Système-antiSystème.

Mais enfin... Il faut se pincer.

(Suite)

“Benallagate”, ou la théorie du complot de l’été

  jeudi 02 août 2018

2 août 2018 – J’ai, avec la “théorie du complot” la même sorte de relations que j’ai avec le genre humain et je porte sur elle le même regard. Qu’il y ait des complots c’est assuré ; qu’ils réussissent c’est une autre paire de manches bien qu’il y ait des exceptions souvent dues à des circonstances imprévues ; croire qu’ils tiennent la clef de l’énigme du monde c’est croire au simulacre suprême échafaudé par la raison rationnelle, exactement comme l’espèce humaine. Voilà ma recette, qui permet de garder mes distances sans pour autant ignorer le phénomène, surtout dans cette époque où ceux qui dénoncent le “complotisme” sont pris d’une frénésie hypermaniaque de complotisme (Russiagate, populisme, etc.).

Là-dessus, l’ami Bonnal m’indique un article sur “l’affaire d’Etat/l'affaire de l’été” qu’il juge intéressant et que je vois signé du nom de Régis de Castelnau. Une consultation rapide du Wikipédia m’apprend que c’est un avocat d’un âge déjà respectable, largement engagé à gauche, un temps avocat du PCF ; qui plus est, pour corser l’affaire, petit-fils du général Edouard de Curières de Castelnau, catholique affirmé surnommé “Le capucin botté”, ce général fameux qui fut avec le Premier ministre Briand le véritable organisateur à l’origine de la volonté de résistance française à Verdun en février 1916, qui méritait le maréchalat autant que Lyautey, Joffre, Foch et Pétain, qui ne l’obtint pas à cause de ses convictions religieuses, qui s’opposa à Vichy et soutint la Résistance jusqu’à sa mort en 1944. Voilà donc un pédigrée acceptable.

(Suite)

Elargissement du domaine du “rien”

  lundi 30 juillet 2018

30 juillet 2018 – D’une part la canicule me tue, d’autre part le comportement du président français, et dans la foulée, de ceux qui le soutiennent, m’a laissé d’abord avec la plume un peu sèche d’ébahissement, comme si elle aussi subissait la canicule. On ne cesse, ici et là, et partout ailleurs enfin, de gémir à propos du comportement de Trump, et avec pas mal de bonnes raisons. Mais celui de Macron depuis qu’a débuté cette drôle d’affaire, disons le “Benallagate” pour faire court mais très-très chic et presque américain après tout, me semble absolument du type extra-terrestre.

Ils sont étranges, les dirigeants actuels, de l’actualité hyper-récente, comme si le Système n’arrivait plus à vomir que des modèles complètement détraqués, quoique de différentes façons d’ailleurs, par rapport aux normes exigés et au standard qui convient. “De mon temps”, comme disent les vieux comme moi, on avait des normes et un standard ; c’était souvent moyen-sans-plus, médiocre-discret, corrompu-poli, c’était parfois grandiose. Aujourd’hui, c’est AlienE.T.et toutes ces sortes de chose ; du Spielberg, vous savez, le type qui fabrique des choses qui sont, ou devraient être par nature extraordinaires, avec une patte sans aucun doute habile sinon talentueuse mais d’un incroyable, d’un inimaginable conformisme.

(Suite)

“Paris-la-folle” ?

  lundi 23 juillet 2018

23 juillet 2018 – Avec l’affaire Benalla se pose pour mon compte une question fort délicate : la France est-elle capable de s’offrir encore un grand scandale, une de ces choses qui donnent à la République numérotée impliquée quelque chose comme ses lettres de noblesse ? La France de Macron peut-elle s’offrir l’équivalent d’une affaire Stavisky ou d’une affaire Ben Barka, une affaire où l’enjeu est très grand et où la tragédie n’est pas loin ? (Dans les deux cas cités, il y eut mort d’homme.) Pardonnez-moi si j’hésite et retiens ma réponse mais je la sens et je la crains, la France, me semble-t-il, un peu trop légère et éparse pour ça...

J’écris ces lignes sous l’impression de la vision épisodique mais néanmoins intéressée des auditions de l’Assemblée Nationale qui nous sont offertes depuis ce matin en direct sur toutes les TV d’information, avec encore à l’esprit les images des très récentes auditions de la Chambre des Représentants aux USA où c’est surtout, justement devrais-je dire, le climat qui m’avait marqué (voir le 18 juillet 2018) :

Le temps de la dérision

  lundi 16 juillet 2018

Alors qu’on en parle à Helsinki, le lecteur sait-il les affres de celui qui a fait sa mission d’écrire sur la marche d’un temps qu’on ne peut qualifier que de dément, comme si une main gigantesque secouait le monde, par distraction, par amusement, ou bien avec une idée derrière le poing ? J’ai plus d’un demi-siècle de pratique de la chose, jamais, au grand jamais je n’ai rencontré de tels moments que je traverse ces temps-ci, ni même songé qu’il en puisse exister de tels ; tout cela, à ce point qu’il m’est impossible de ne pas me répéter chaque jour, absolument chaque jour, que nous vivons dans un univers qui, en quelques années, a basculé dans un univers parallèle de ce qu’il était quelques années auparavant, parallèle mais complètement différent. Combien de fois dans une semaine, dans spasme de temps où le flux des nouvelles plus folles les unes que les autres s’empilent les unes sur les autres pour disparaître les unes après les autres, combien de fois ne me suis-je retrouvé dans cette position de tenter sans succès de reprendre mon souffle, de rassembler mon jugement, d’assurer ma décision et de dire : “Voilà, c’est de cette affaire dont aujourd’hui je discourrais”.

Les événements se  précipitent en cataractes diluviennes. Rien ne peut les arrêter, ils sont les maîtres du  monde, et nous les fétus emportés. Ici et là, quelque fou vous crie qu’il a tout compris et qu’il va décrire à l’instant la résolution de l’énigme. Quelque fou sur la colline, au pied du torrent grondant des événement... 

(Suite)

Respect... L’Afrique en finale

  dimanche 15 juillet 2018

L’ami Bonnal a récupéré, il y a quelques jours, un texte venu de Washingtonpost.com, donc du Post lui-même, de Karen Attiah, sous le titre « Why Calling Fance the last African Team in the World Cup is problematic » ; un texte qui pèse son pesant de narrative vertueuses-postmodernes et allumées à l’ombre des Lumières (j’aurais dû écrire, selon l’expression consacrée, “qui pèse son pesant de cacahuètes”, mais ne risquais-je pas d’être accusé de racisme ? Cela doit être considéré et mon civisme a pris le dessus). Lisez-le en ce Saint-Jour de Finale de la Coupe du Monde de football qui vous montre ces foules furieusement et joyeusement plongées dans un délire d’enthousiasme, survoltées et envertigées jusqu’à la vision, déchaînées d’enthousiasme et de folies déguisementeuses et barbouilleuses des visages hilares, ivres de joies visionnaires comme dans une sorte de sabbat, persuadées dans ce délire planétaire que leur malheur et l’abysse de médiocrité que sont leur vie et le monde qui les y précipitent n’est qu’un ramassis de FakeNews.

Vous lirez que l’auteur(e) du texte susmentionné voit dans l’équipe de France une équipe africaine. Elle se satisfait que les Noirs triomphent en s’implantant dans nos terres blanches, c'est-à-dire dans le Système (je traduis pour les atrabilaires grincheux & antiSystème : heureux d’être aussi cons que nous, en un sens qui “pèse son pesant de...”, etc., – puisqu’après tout il s’agit d’égalité conquise de haute lutte). En face, l’équipe de Croatie, qui est uniformément blanche, n’a pas été vraiment et tout à fait accusée de racisme (quoique...), contrairement à la Russie (également sans un seul Africain) parce qu’un de ses joueurs a salué la qualification en finale (Angleterre battue) en parcourant le terrain, torse nu et slogan aux lèvres, – « Vive l’Ukraine libre », –  et parce que la Croatie fait partie de l’OTAN. Anne Applebaum, du Washington Post et épouse de l’ancien ministre polonais Sikorski au parler rude, avait tweeté avant les demi-finales que l’OTAN avait gagné la Coupe du Monde puisque les quatre demi-finalistes étaient membres de l’OTAN. Lisez cet article de Spiked.online sur les démarches de politisation de la Coupe du Monde une fois qu’il eût été avéré qu’il serait impossible de guillotiner la Russie pour avoir organisé une Coupe du Monde sordide, oppressive, policière, fasciste, puante, anarchique et haineuse à l’image de ce que toutes leurs narrative nous disent que ce pays est, mais que c’est le contraire qui s’est produit.

(Suite)

Tourbillon crisique-55 : “La folie devient stratégique”

  mercredi 11 juillet 2018

11 juillet 2018 – Faut-il que je m’explique du titre ? Tout se passe comme si Trump utilisait à dessein, en très-fin stratège, sa “folie”, cette hypermanie-narcissique que j’ai audacieusement diagnostiquée avec quelques collègues touchés par la même affection que la mienne, lors d’un séminaire tenu en hôpital psychiatrique (à l’OTAN ou à l’UE, je ne sais plus, enfin à “Bruxelles-la-folle” comme il y a “D.C.-la-folle”). D’où cette remarque d’un haut diplomate de l'UE à Reuters, avant-hier, parlant de ce que je nommerais “la folie de Trump” : « Nous avions l'habitude de rouler des yeux affolés en observant les politiques de Trump mais maintenant nous voyons la folie elle-même devenir stratégique. » 

Ce diplomate fait-il la critique suprême ou bien, à l’insu de son plein gré et à l’instar de ce Grand Européen, Érasme d’Amsterdam, l’Éloge de la folie ?

La “folie stratégique” ne se marque-t-elle pas non plus dans cette sorte de supplique étrangement dépourvue de la moindre pudeur de l’esclave à son maître, ou de la fille à son mac, l’avertissant qu’il ou elle pourrait bien changer de maître, c’est-à-dire cette Europe-esclave parlant au maître avec l’arrogance de la servitude, du directeur pour l’Europe du German Marshall Fund of the US, Jan Techau, écrivant avant les deux terribles sommets (OTAN et Poutine-Trump) : « Cela renvoie également à une question beaucoup plus vaste qui se cache derrière nos attaques de panique provoquées par Twitter : l'Amérique veut-elle conserver sa propriété géopolitique en Europe ou est-elle prête à l'abandonner? [...] Certes, les dirigeants américains doivent se demander s'ils veulent que de plus en plus de pays européens se sentent tentés d'appeler Moscou d’abord au lieu de Washington sur des questions de politique étrangère... » ?

Tom Luongo pense, quant à lui avec une certaine légèreté jubilatoire, que le sommet Trump-Poutine sera un sommet réussi justement à cause de cette “folie de Trump” qui lui fait vouloir réussir de “très-gros-coups”, en faisant des concessions si nécessaire, par exigence même de son caractère pathologique (je lui trouve du charme, à cette pathologie) : « Je pense qu'il est juste de dire que Donald Trump a un très grand ego. S’il y a une chose qui caractérise sa présidence jusqu'ici, c’est sa volonté d’aborder [pour les résoudre] des conflits insolubles, vieux de plusieurs décennies. A cet égard, ses tendances narcissiques sont un avantage majeur. »

“En même temps”, comme dirait l’autre dans la tribune du stade de Saint-Petersbourg, non seulement “la folie de Trump” devient stratégique, mais elle n’est qu’une sorte de “folie stratégique” parmi d’autres. Aux USA, le choix de Trump pour le nouveau Juge de la Cour Suprême est salué par une “folie stratégique” de type “Guerre Civile”par l’organisation progressive-sociétale du groupe Parti Démocrate-Soros, qui déchaîne une hystérie collective de groupe à la fois si bien organisé et si sincère dans son hystérie. Cela nous rappelle que les USA sont toujours et plus que jamais un baril de poudre bourré jusqu’à la gueule, depuis trois ans déjà, et le colonel Pat Lang prévoit que ce sera une Guerre d’Espagne Made In USA plutôt qu’une Guerre de Sécession 2.0.

Et n’est-ce pas une “folie stratégique” venue d’une vraie folie, cette plume du Bild Zeitung  signant un éditorial qui fait du joueur de légende allemand Lothar Matthaus un méprisable “collabo de propagande”, pour avoir accepté avec une délégation de l’UEFA de dîner avec Poutine, pour remercier la Russie de cette Coupe du Monde, et allant, – horreur sans nom, – jusqu’à serrer la main dégoulinante du sang frais d’un petit enfant de ce “criminel de guerre” ? Matthaus de répondre par tweet, en soulignant involontairement la formidable victoire de communication de la Russie, et ainsi aggravant son cas : « La politique et le sport ne peuvent pas être séparés, mais pour nous sportifs, seule la compétition pacifique et équitable compte. Le peuple de Russie a organisé une fantastique Coupe du Monde et a montré au monde son hospitalité et sa cordialité, pour cela, il mérite nos remerciements ! »

Il faut dire que, tandis que l’entraîneur de l’équipe d’Angleterre adresse à la Russie les remerciements et l’estime britanniques dont est bien incapable la lugubre Theresa May baladée des montages amateurs du MI5 en éditos du Sun, les rues de Moscou, de Saint-Petersbourg, d’Ekaterinbourg, résonnent d’encore une sorte autre de “folie stratégique”, – une joie collective extraordinaire qu’aucun incident n’émaille, faite d’une estime assez bruyante mais surtout d'un respect réciproque. Les avenues de la Ville-Lumière, jusqu’à la plus prestigieuse d’entre toutes, dégénèrent en anarchie de rues et sauvagerie publique pour célébrer une poussive victoire d’une France Black-Beur-machinfriqué en demi-finale, qui doit tout à un catenaccio postmoderne... La Barbarie de la diversité est-elle une de ces “valeurs” européennes et catégorisable aussi “folie stratégique” ?

“Valeurs” versus principes

  mardi 10 juillet 2018

10 juillet 2018 – Par ailleurs, ce même  10 juillet 2018, le site dedefensa.orgvous parle de l’opposition entre “valeurs” et principes. Pour éclaircir et étayer le propos, je me propose de citer un des nombreux textes du site qui nous entretiennent de cette question. Il s’agit de la deuxième partie, la partie “réflexion-commentaire” développée sur cette question, à partir d’une circonstance d’actualité, le  11 juin 2014. (On voit dans ce texte, référencés sur URL, d’autres textes développant cette question, et donc les étapes de notre réflexion à cet égard dès l’origine.)

Il s’agit d’une problématique d’une réelle importance, au moins à deux niveaux et chaque fois de la façon la plus directe. D’une part, elle intervient directement dans l’affrontement théorique autour de la modernité et de ce que nous nommons le “Système”, en permettant d’identifier parfaitement les positions antagonistes. D’autre part, du point de vue opérationnel, elle est directement sollicitée parce qu’elle entre directement dans la définition et le développement des deux grandes politiques qui expriment cet affrontement, – en gros, disons la politique humanitariste et globaliste d’une part, la politique souverainiste et identitaire d’autre part.

(Suite)

Business as unusual

  samedi 07 juillet 2018

7 juillet 2018 – Ce texte-là aurait pu aussi bien être glissé dans les rubriques sérieuses du site ; mais non, il est parfois un peu trop leste me suis-je dit, et il est préférable de le ranger dans mes, propres polissoneriues...

Cela commence par cette remarque, que je me fais de plus en plus en voyant l’immense asticot au teint orangé et à la permanente à ne pas croire s’agiter avec autant d’assurance qu’il y a deux ou trois ans : en fait, le plus souvent, Trump a-t-il besoin de parler, voire même de paraître, pour aussitôt déclencher des tempêtes ? Dans tous les cas et avec lui, on se trouve obligé de constater comme je le fais sans réticences que les nombreux sommets, conférences de travail, G-machin et autres institués tout au long de l’année, et qui nous assommaient des mêmes communiqués incroyablement plats comme un jour sans pain et chiants (chiantis, disent les Italiens dans leur code) comme une exposition d’Art Contemporain présidée par Anne Hidalgo, – tout cela pour nous rassurer sur la belle santé du bloc-BAO, de l’alliance transatlantique, de l’ensemble euro-américain, de l’amitié des USA pour l’UE, de la vigueur de l’OTAN, – tout cela, avec l’asticot, fait partie du passé...

Aujourd’hui, sous l’empire de Trump, chaque sommet et chaque G-machin devient l’objet d’une longue période préparatoire marquée d’une angoisse indicible de la part de toute la communauté transatlantique (experts-Système, dirigeants-Système, presseSystème). Ensuite il y a la réunion, la fiesta si vous voulez, avec un Trump qui prend ses aises, qui est en général suivie, après encore par respect pour la chronologie, d’un debriefing où chacun confronte sa narrative faite pour s’auto-rassurer avec celle de son voisin. On imagine de quelle angoisse il s’agit lorsque le sommet de l’OTAN de Bruxelles (11-12 juillet) se tient quatre jours avant le sommet-“surprise” d’Helsinki (Poutine-Trump !).

(Suite)

Nos Grands Cimetières sous la lune

  jeudi 05 juillet 2018

5 juillet 2018 – Cela fait plusieurs fois que je réagis à un article d’Orlov publié sur ce site grâce à nos amis du Sakerfrancophone, – et une fois de plus comme on va le voir. Je m’interroge à ce propos et trouve cette explication qu’Orlov a un regard sur le monde d’un étranger à mon pays (ai-je d’ailleurs encore l’esprit ou le goût de dire cela de la France-telle-qu’elle-est ?), dont l’intelligence est avérée et fort vive, la culture incontestable puisque Russe, l’ironie flegmatique et piquante faite pour ne pas déplaire à un Français, enfin avec la tournure de l’esprit bien marquée mais je pense très différente de la mienne. Donc, référence incontestablement respectable, mais qui excite chez moi le besoin du commentaire sur une voie différente, sur les problèmes essentiels qu’il aborde avec un bon sens de l’universalité.

Il s’agit donc du texte mis en ligne aujourd’hui, et traitant du “cimetière européen” (ou du “suicide européen” selon Lavrov, autre référence de haute valeur).

Cette idée de “cimetière” européen choisi par Orlov est particulièrement significative et justifiée. Encore y a-t-il cimetière et cimetière, et Orlov lui-même le dit bien... Celui qu’évoque Karamazov pour le compte de Dostoïevski, et même bien sûr ceux de Bernanos, ont infiniment plus d’allure et de grandeur tragique, infiniment plus de vie en un sens, – goûtez donc le paradoxe, chers zombies-postmodernes qui raffolez des paradoxes déconstructeurs, – que l’extrême entropisation qui caractérise les nôtres, – je veux dire “les vôtres”, de cimetières, ô zombies-postmodernes. C’est-à-dire qu’il s’agit de cimetières où ne reposent pas de ces morts d’antan qui méritaient le respect puisqu’ils étaient parvenus à l’étape suprême pour qu’on se souvienne de leurs gloires et de leurs vertus, mais de cimetières des zombies-postmodernes, c’est-à-dire des morts-vivants, exactement le standard de notre contre-civilisation, – qui dansent leurs bacchanales sur un rythme-rap d’entropisation, sur une rengaine lancinante mais très rock’n’roll de reductio ad nihilum.

(Suite)

Aux sources de l’antiSystème

  mardi 03 juillet 2018

3 juillet 2018 – On sait, ou on doit le savoir, que je ne suis pas à proprement parler “un homme public” malgré que je pratique une activité où l’on trouve des conférenciers, des personnes à interviewer, etc. Il y a beaucoup de moi dans cette retenue, et cela se sent. Je me rappelle le cas d’une ravissante jeune fille toute fraîche émoulue de l’ENA, passée au ministère des affaires étrangères, affectée à la délégation française à l’UE, ou quelque chose de ce genre, qui m’avait appris qu’on me désignait, chez les habitués de la bibliothèque de l’ENA qui recevait dedefensa & eurostratégie (papier), comme “l’ermite de Fléron”.

Néanmoins, j’ai quelques liens, quelques amitiés... Nous nous entendons très bien, nos chers amis du Sakerfrancophone et moi. Ils ont notamment la générosité de me faire partager “leurs Orlov” jusqu’à me permettre d’ouvrir une rubrique à partir de leurs traductions. Parfois, ils reprennent un texte de dedefensa.org, et ce fut le cas dernièrement, dans l’habituelle formule hard d’Ouverture libre, un texte substantiel de dedefensa.org suivie d’un texte d’un auteur extérieur, ici une traduction d’un texte de Kunstler. La surprise fut que Le Sakerfrancophone y faisait figurer une photo de moi-même dont je n’avais aucun souvenir, ni du lieu, ni de la circonstance, etc., sauf que je me paraîs être à moi-même un tantinet plus jeunet que l’implacable témoignage que me renvoie mon miroir. Ils me répondirent que cela venait d’un site portugais qui avait repris un texte de dde.org en juin 2014 et l’avait assorti de la fameuse photo.

Entretemps, j’avais réfléchi au cas, rapidement repris mes nombreuses sorties publiques dans ce XXIème siècle (on les compte sur les doigts des mains d’un manchot), et tout aussi rapidement conclu que ce ne pouvait être que lors de cette conférence-débat que je situe en décembre 2006 sur le thème de “9/11, complot ou pas”, avec trois orateurs dont un député européen d’Italie, et myself  (j’ai oublié le troisième). C’est ma dernière sortie publique, depuis l’“ermite” a regagné sa taverne de Platon. Cela se passait dans un cinéma bruxellois, avec une organisation nettement “de gauche” et un public tout acquis à la thèse du coup monté.

(Suite)

L’impérieuse puissance de la communication

  lundi 02 juillet 2018

2 juillet 2018 – Ce que j’aime bien chez Orlov, c’est sa volonté affirmée de ne pas vouloir prévoir (« Ce que j’essaie de faire, ce n’est pas de pronostiquer mais d’expliquer »). C’est également tout à fait mon propos lorsque je fais l’apologie des principes d’Inconnaissance et d’Incertitude.

Il n’empêche, lui et moi c’est la même chose comme toujours chez cette sorte de gens, on ne peut s’empêcher, je dirais presque selon une logique dialectique, en écrivant qu’on ne veut rien prévoir de développer une réflexion ou de faire une remarque sans suite que certains prendront pourtant pour une prévision. La raison si souvent commune à tous, – c’est plus fort qu’elle, – est habituée à vouloir connaître le futur du monde, comme si elle dominait le monde. (Réflexe moderne, auquel personne n’échappe, même les antimodernes qui sont lus d’une certaine façon, même par des gens qui se jurent d’être de ce parti et d’aucun autre, même moi c’est tout dire pour mon compte.)

“Ainsi soit-il” comme disait l’autre, c’est-à-dire en langage commun “il faut faire avec”.

(Suite)

Pfaff le visionnaire

  vendredi 29 juin 2018

29 juin 2018 – Puisque l’ami Bonnal a eu l’idée de publier la traduction d’un de ces textes visionnaires et de haute culture que l’historien et commentateur William Pfaff avait l’habitude d’écrire du temps où la presse US qui se veut de qualité l’était encore un peu avant de dégringoler dans le marigot pourri et puant de la presseSystème, je m’y mets aussi.

Mon propos est de republier le texte que j’écrivis le 5 mai 2015 pour saluer celui que je crois pouvoir désigner comme l’“ami précieux” pour mon esprit qu’il avait été, par la lecture de ses articles, pendant au moins deux décennies pour mon compte. Comme on le lira, ou le relira, j’avais rencontré Pfaff à quelques reprises et si nous avions des relations épisodiques assez rares, elles valaient bien, puisque le sens de “rare” désigne aussi la haute qualité de certaines choses, d'être le signe d'une “amitié” dans le sens de l’estime et du respect réciproques.

(Suite)

Tourbillon crisique-54 : notre Guerre Civile soft

  mercredi 27 juin 2018

27 juin 2018 – Les “Tourbillon crisique” (je parle de la rubrique, proclamée invariable) tourbillonnent, se suivent et s’imposent, et se ressemblent d’une certaine façon tout en étant chaque fois différentes. Elles s’accumulent, ces rubriques, tentant péniblement de rendre compte d’un mouvement devenu fou, fait de dynamiques folles rassemblant des acteurs déments, chaque jour dévoilant sa folie particulière... Même les esprits les plus déterminés ne s’y reconnaissent plus. Prenez un Obrador, dont on nous dit qu’il sera élu dimanche président du Mexique et dont l’élection devrait déclencher une phase de tension terrible avec les USA, sinon une guerre civile, – et le voilà qui doit se dire : “Ces gringos-yankees, ils sont fous ! Ils n’ont même pas attendu mon élection pour commencer ‘leur’ guerre civile ! Ont-ils besoin de moi pour ça ?”

Il faut dire que la Grande République s’est à nouveau enflammée comme une torche mal éteinte, – non, pardon, qui ne s’éteint jamais, qui attend chaque instant d’occasion pour faire éruption à nouveau. C’est la torche du “désordre éclairant le monde”. L’affaire des enfants migrants séparés de leurs parents, mis dans des camps différents, d’ailleurs selon des législations héritées de l’époque Obama, a lancé une nouvelle phase de l’insurrection absolument increvable, sans fin, impossible à stopper, contre le clown-bouffon (et Messie ?) qui les dirige, – qui prétend les diriger, qui ne dirige personne, qui s’en fout d’ailleurs parce qu’il n’en fait qu’à sa tête... On a les présidents qu’on peut dans ces Temps du Grand Trouble, la France de la Fête de la musique à l’Élysée et d’autres fleurons de notre civilisation peuvent en témoigner.

Un parlementaire de la Chambre a posté un tweet : « America is heading in the direction of another Harpers Ferry. After that comes Ft. Sumter » (Consultez vos Wikipédia : Harpers Ferry et Fort Sumter sont deux épisodes menant à la Guerre de Sécession.) Ils sont tous d’accord, c’est vraiment le sentiment et le jugement qui importent aujourd’hui, et il est complètement inutile de se donner la peine de traduire tant ces mots-là résonnent dans nos esprits. « I think we’re at the beginning of a soft civil war. … I don’t know if the country gets out of it whole », dit le “political scientist” Thomas Schaller ; et le professeur Glenn Harlan Reynolds interroge “Est-ce que l’Amérique se dirige vers une guerre civile ?”, pour répondre, après avoir répondu que oui, que cette guerre civile est d’ailleurs d’ores et déjà en marche “à un bon rythme” : « Will it get worse? Probably. » L’auteur Tom Ricks approuve tout cela, et moi, voyez-vous, je ne suis pas d’un avis très différent.

.... Ce à quoi ajoute, fort justement, notre ami James Howard Kunstler : « Le problème est que les entités qui sont dans l’attente pour remplacer à la fois ces démocrates et ces républicains devenus inutiles, irresponsables et sans le moindre courage, sont le chaos et la violence, et non des partis constitués avec des programmes politiques cohérents. Les États-Unis, et en réalité toutes les nations dites avancées sur terre, se dirigent vers une ère de pénurie et d'austérité qui risque de se présenter comme un terrible et meurtrier désordre. »

Kunstler a raison de parler de “toutes les nations dites avancées” car nous sommes dans le même luxueux paquebot à la coque criblée de voies d'eau pleines de flots d’immigrants, – le Titanic dans sa version postmoderne, on s’en serait douté. Nous, en Europe, dans le chef de nos irresponsables dirigeants, sommes complètement responsables, bien sûr sous la magistère de nos maîtres d’Outre-Atlantique et spécifiquement du progressiste-sociétal Obama lui-même, – et ceci explique cela, – donc, complètement responsables par nos guerres infâmes de cette crise migratoire. (Voyez l’article d’Eric Zuesse.) Ce qui est à la fois sympathique et ironique, c’est que le Système a ainsi tracé des avenues impériales pour nos terrifiants populistes, dont certains s’avèrent drôlement pugnaces et terriblement activistes (voyez l’Italien Salvini), et qui plongent dans leur 19th Nervous Breakdown les distinguées journalistes-dames de la BBC interviewant dans un état d’une terrible et indescriptible indignation un ministre du gouvernement Orban stupéfait par cette intrusion télévisuelle. Tel autre sage nous disait bien que la libération de la femmes apporterait enfin un peu de sagesse, de tendresse et de bienveillance dans ce monde plein de brutes et de fureur, raconté par un mec obtus et qui ne signifie rien.

J’irais vers ma conclusion en vous signalant la délicieuse aventure de l’ancien secrétaire général de l’OTAN et Haut Représentant de l’UE Javier Solana qui s’est vu refuser un visa pour les USA pour une série de séminaires et de conférences parce qu’il s’était rendu en Iran. C’est indubitable, il y est allé, en Iran, puisqu’il a négocié l’accord avec les Iraniens au nom de l’UE, avec ses amis américains et russes. On s’est quand même un peu inquiété de la chose, à “D.C.-la-folle” et l’on a découvert que le décisionnaire-suprême pour la délivrance des visas était un algorithme du temps d’Obama. (Mais certains jugent, et on les comprend, que l’actuel POTUS-clown-bouffon a une grande part de responsabilité là-dedans.)

Cela a été à un point que notre ancien ambassadeur à l’ONU puis aux USA Gérard Arraud, pourtant fort élégant et fort ami de “our American friends”, a tweeté, en American-English comme il se doit : « Strange that our American friends are discovering only now this Obama regulation. Scores of European scholars, parlementarians and business people have already faced the same constraints. »

Enfin, croyez-vous qu’il soit utile de tenter d’approcher une vérité-de-situation, même sur ce cas accessoire mais si symbolique du Solana, qui nous montre que la crise de l’immigration avait précédé Trump ? Tout comme de savoir si l’immigration, d’ailleurs enfantée par notre propre barbarie guerrière où trônent bien haut, vertu au vent, ces mêmes progressistes-interventionnistes qui nous jettent en pleine poire l’insupportabilité de leur vertu offensée, finira effectivement par une guerre civile (“soft”, certes) ? Mais non mais non, inutile démarche,  parce que la guerre civile s’est depuis longtemps constituée en un tourbillon crisique (le vrai, pas la rubrique), qui tourne dans leurs têtes et nullement à nos frontières.

Il y a un signe de Dieu, qui pourrait bien être en train de se réveiller pour faire ses comptes, dans cette correspondance des deux crises sur le même thème selon des origines complètement différentes, sur les deux rives de notre Atlantique commune, pour des avatars complètement différents, et pourtant toutes deux dans le même sens et selon un destin qui se révèle commun. La solidarité transatlantique mène à tout, y compris à la Chute commune.

Tourbillon crisique-53 : Merkel, isolationnisme, Panmunjom 

  dimanche 17 juin 2018

17 juin 2018 –Le recours à la “rubrique dans la rubrique” (Tourbillon crisique dans le Journal-dde.crisique) s’impose de plus à moi, comme les évènements eux-mêmes. (Cette abondance justifiant l’apparition de titres accompagnant la rubrique numérotée.) C’est le signe de la maturation à une très grande vitesse de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) dont le moyen opérationnel est évidemment l’accélération du tourbillon crisique. Dont acte, même s’il s’agit d’une confirmation de ce que j’écrivais dans le Tourbillon crisique-49.

L’illustration sollicite ici trois évènements, qu’ils soient directs ou décrits par un commentaire.Ils sont liés les uns aux autres, ils ne peuvent être que liés parce que c’est la raison d’être à la fois météorologique et métahistorique du “tourbillon crisique” : tout se touche, tout se tient, tout influence tout, tout s’explique par tout. Une vision intégrée de la GCES est, sinon chaque jour, dans tous les cas constamment nécessaire pour permettre une juste appréciation de l’événement dès qu’un événement d’importance se produit. Plus que jamais, chaque jour davantage, l’actuel (“l’actualité”) renvoie directement à la métahistoire.

Le premier cas est celui de Merkel, dont a déjà vu qu’elle est plongée dans une grave crise interne. Kai Whittaker, un député de son parti (la CDU), – cette fois, ce n’est pas un canard (FakeNews, comme disent les zombies), – a résumé hier la situation : « Nous sommes dans une situation grave parce que la question de la crise migratoire est devenue une question de pouvoir ... La question est de savoir qui dirige le gouvernement ?Est-ce Angela Merkel ou est-ce Horst Seehofer ? Tout le monde reste sur ses positions... [...] [...I]l se pourrait bien qu’à la fin de la semaine prochaine nous ayons une situation nouvelle. Probablement un nouveau chancelier. »

Imagine-t-on ce que signifierait le départ de Merkel dans de telles conditions, alors que Seehofer, patron de le CSU bavaroise, fait face à des élections régionales au début de l’automne et, craignant de ne plus avoir la majorité avec un AfD triomphant, ne cesse de radicaliser sa position ? C’est la possibilité du basculement de l’Allemagne dans ce qu’on doit désormais nommer “le camp populiste”.

Le deuxième cas est un article de l’ancien diplomate et conseiller républicain au Congrès, James George Jatras, « It’s Time for America to Cut Loose Our Useless So-Called ‘Allies’ ». L’intérêt de cet article est à mon sens d’être archétypique d’une vision isolationniste d’un type absolument nouveau, que je qualifierais d’“activiste” dans le sens d’une rupture réaliste mais complète des liens “privilégiés” sans nombre qui unissent les USA à des régions et à des partenaires (dont les Européens au premier rang) au nom de principes et d’intérêts vieux de près de trois-quarts de siècle, – une sorte assez curieuse sinon audacieuse, et nouvelle certes, d’“isolationnisme engagé”...

Je m’arrête à cet article car il faut bien essayer, d’un instant à l’autre , de comprendre la profondeur et la vitesse des changements en cours. Il se pourrait bien qu’on trouve là la description de l’Amérique telle que le comportement fait pour être imprévisible, la brutalité, le caractère hypomaniaque (maniaque contrôlé) associé à une vision extrêmement réaliste de l’économie de Trump sont en train de la modifier profondément. Tout se passe comme si Jatras nos offrait une clef pour comprendre des conséquences extraordinaires mais désormais concevables du désordre trumpiste qui est, désormais lui aussi, la principale dynamique dans le tourbillon crisique, secouant avec une fureur étonnante le très vieux “Nouvel Ordre Mondial” que l’establishment atlantiste n’a cessé de nous offrir depuis quelque part entre 1945 et 1950.

Parmi les bruits de cette fureur, il y a les échos de la rencontre de Singapour, entre Trump et Kim, qu’un républicain anti-Trump cité par Jatras qualifie d’“axe des trous du cul”, ou “CRANK” (*), – pour China-Russia-America-North-Korea. Drôle d’alliance, non ? Cette rencontre, ce « Trump-Kim geopolitical reality-TV show » a ouvert un nouveau front de crise à Washington, pour la simple cause, nous dit Pépé Escobar, de la présence du point 3 du communiqué commun : « La réaffirmation de la ‘Déclaration de Panmunjom’ du 27 avril 2018 où [la Corée du Nord] s’engage à travailler à la complète dénucléarisation de la péninsule coréenne ». Cet engagement implique bien entendu la dénucléarisation de la Corée du Nord, mais aussi celle de la Corée du Sud, c’est-à-dire le départ des forces US de Corée du Sud.

Voilà pourquoi “D.C.-la-folle” résonne d’une nouvelle polémique furieuse à la suite du reality-show historique de Singapour, parce que tout ce qui se rapproche d’une perspective de paix et de stabilité dans le monde, notamment mais essentiellement par le moyen du retrait de troupes US, est dans la capitale du Système un motif de profonde terreur. Une crise de plus dans la suite crisique interminable, comme une basse continue démente, qui règne à “D.C.-la-folle” : ainsi le clown-et-bouffon, The-Donalds’avère-t-il aussi un véritable terroriste, de la pire espèce. Qui arrêtera jamais le tourbillon crisique ?

Note

(*) “Crank” : on dit que ce mot, outre de désigner une manivelle, désigne une “personne stupide”, “complètement tombée sur la tête”.