Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Confession d’un trois-quarts de siècle

  mardi 19 mars 2019

18 mars 2019 (*) – Puisque des lecteurs, à commencer par notre lecteur-commentateur et ami “jc”, si précieux au Forum et grand-érudit, et par monsieur Fabrice Vivier que je salue chaleureusement certes, m’ont fait la grâce de remarquer mon petit signe qui était si peu prémédité, qui m’est venu naturellement sous la plume, notamment en raison du symbolisme de l’âge après tout (**), j’en profite pour enchaîner sur une chose qu’il me plaît de confier, attendant l'occasion pour le faire... Il s’agit d’une citation lié à mon anniversaire par le hasard d’un agenda, et qui me semble me correspondre tout à fait au point qu’il m’arrive de douter du hasard (dans ce cas comme dans tous les autres).

Une courte explication d’abord. Je suis un vieil amateur de La Pléiade, avec l’habitude d’en acheter deux-trois l’an ; et régulièrement depuis l’apparition en 2000 de l’agenda-Pléiade avec ses diverses particularités si littéraires et notamment une citation par semaine, regroupant l’achat de deux volumes en fin d’année pour disposer de l’agenda de l’année suivante. Cette année 2019, j’ai eu la curiosité dès que je l’eus en ma possession, en novembre 2018, d’aller voir la citation de la semaine de mon anniversaire. C’était la première fois que j’avais ce geste, sans délibérer ni rien, sinon encore une fois à cause du symbolislme de cet âge des trois-quarts de siècle. J’inscrivis aussitôt en haut de page : « 75 ans, – voilà qui me convient parfaitement », avec une flèche jusqu’à ces quelques lignes de la citation, qui sont de Jean-Paul Sartre, dans Les Mots  (***) :

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L’impasse du commentaire perdu

  lundi 18 mars 2019

18 mars 2019 – La France est le cadre d’un étrange théâtre, où le burlesque irresponsable côtoie le tragique involontaire, comme l’on dirait qu’il y a une “France-bouffe” pour remplacer notre “grand récit national”. Il y a ce contraste surprenant, ou bien dirais-je pathétique, entre un ministre qui “drague en boîte” et son président qui skie sur la montagne, et “la plus belle avenue du monde” qui brûle. Là-devant, le commentaire hésite, balbutie, tonne, revendique et met en accusation, et moi je reste sans voix.

Je suis comme cet officier fameux de la Très-Grande Amérique, dans la matinée du 7 décembre 1941 à Pearl Harbor, devant les structures brisées et les coques éventrées des puissants cuirassés de la Flotte du Pacifique, et disant, songeur : “Je sais que nous allons gagner mais je me demande bien comment”. Moi, devant Macron-sur-ski et les Champs-Élysées qui brûlent, je me dis sans mot dire : “Je sais que ces actes méritent d’être commentés mais je me demande bien à quelle fin utile.” Notre époque semble être devenue le temps de la fin de non-recevoir pour ce qui est du commentaire des choses que l’on désigne comme des “événements”. 

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Trump et le désordre-bouffe sans fin

  lundi 18 mars 2019

18 Mars 2019 – Cela fait déjà très longtemps que le groupe VIPS (Veteran Intelligence Professionals for Sanity) fonctionne. Il a été formé en 2002 par d’anciens cadres, démissionnaires ou retraités, des agences de renseignement US ou proches (département d’État, Pentagone) regroupés au nom d’une opposition aux déformations politiques du renseignement, toujours actives dans le milieu mais devenues extrêmes et grossières après 9/11, avec la bande regroupée autour de Cheney et les divers neocon infiltrés dans l’administration GW Bush. Appelons les VIPS les “dissidents du renseignement” (la “CIA dissidentedisions-nous la première fois que nous en fîmes état, en août 2007, à notre petit train-train).

Très vite, les VIPS ont pris l’habitude d’intervenir collectivement, d’une manière professionnelle, en rédigeant des mémorandums destinés au président, parfois à des dirigeants de haut niveau, sur les affaires brûlantes où narrativeet déterminisme-narrativistefonctionnent à plein gaz. Je me suis toujours demandé combien de ces mémorandums sont arrivés à leur destinataire principal (le président), pour me répondre à moi-même, impérativement : “Jamais”.

De Boeing à Airbus, et retour...

  samedi 16 mars 2019

16 mars 2019 – Rappelez-vous... Je veux dire : “rappelle-toi, PhG !” Ce devait être en 1976 ; pendant une année j’avais été une sorte de rédac’chef de la petite, chétive et poussiéreuse revue Aviation & Astronautique, rebaptisée Aviastro dans l’espoir de faire plus hip-hop, et nous travaillions ensemble sans beaucoup nous apprécier, le directeur et moi. Nous étions cette fois, – je ne sais quel mois de 1976, – à Paris, et nous rencontrions Bernard Lathière, alors nouveau patron d’Airbus, alors que les toutes premières et minables commandes se profilaient à peine dans cette aventure à propos de laquelle les grands esprits rationnels, européens et giscardiens en France faisaient des remarques acides sur cette “folie des grandeurs”, sur cette “France vieillie et rancie qui se croyait encore au temps de Louis XIV”..

Par ce rapide souvenir, je veux dire ceci : Airbus est 100%, sinon 120% français, tout comme l’espace, les missiles, les hélicos, etc., tout ce qui se qui aujourd’hui se targue d’être “européens” et de faire la grandeur de l’Europe est français d’origine, et d’ailleurs nous-mêmes (Européens) incapables d’exploiter proprement puisqu’avec ce réflexe clinique de baisser la culotte dès qu’“il” apparaît. (Je parle du Parrain, le capo di tutti capi, Tonton-Sam si vous préférez.) Alors, à cette époque des années 1970, après de Gaulle tout le monde en Europe ricanait devant l’affaire Airbus et le reste... Évoquant tout cela, je veux simplement suggérer qu’on pourrait croire qu’il y a de quoi être fier, – comme un Français courant peut se targuer d’être fier de Chambord et du château de Versailles, de Balzac, de Proust et de Céline, des locomotives d’Alsthom, de Jeanne d’Arc, de Talleyrand, d’Édith Piaf et de Marcel Dassault. On “pourrait” mais c’est dépassé ; désormais, ouste le “Français courant” ! Va donc enfiler ton gilet-jaune.

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Guénon actuel (II) – Jünger saluant “l’Étoile”

  mercredi 13 mars 2019

13 mars 2019 – Depuis que j’ai vu cette émission sur Guénon et me suis permis d’en recommander la vision aux lecteurs de ces pages, je me suis moi-même intéressé plus précisément à cet extraordinaire métaphysicien si peu “à la mode” et qui pourtant bouleverse souterrainement le XXème siècle pour mieux nous préparer à l’orage catastrophique que nous affrontons aujourd’hui. Je compte bien y revenir à telle ou telle occasion, ce qui est la raison de cette numérotation des “Guénon actuel”, – tant effectivement il est “actuel”. 

J’ai suivi depuis l’une ou l’autre piste que l’on nous signale dans ces 54 minutes de conversation… Notamment la somme considérable (1224 pages plus quelques pages de photographies) de Xavier Accart, sur Guénon ou le renversement des clartés, – Influence d’un métaphysicien sur la vie littéraire et intellectuelle française (1920-1970).  Je viens de recevoir le bouquin et ai commencé à le feuilleter en diagonale rapide, et m’arrêtant notamment à un sous-chapitre du chapitre intitulé « Guénon fut-il la référence d’un camp politique pendant la guerre ? », avec réponse négative bien entendu.

Que faire de OAC ?

  lundi 11 mars 2019

11 mars 2019 – Je trouve que cette chronique de l’inimitable Orlov tombe à pic : « Pourquoi les capitalistes détestent-ils les socialistes ? » On parle ici des vrais socialistes, n’est-ce pas. Il n’est pas question d’évoquer les “socialistes”, sociaux-démocrates européens, les plus zélés porteurs d’eau-friquée des capitalistes qu’on puisse rêver. (Par exemple, présenter Attali comme “socialiste-historique-mais-réaliste”, et mourir de rire...)

Orlov parle simple, plein de bon sens commun, avec des questions directes, et des réponses qui le sont tout autant, tranchantes et sans répliques à force de simplicité. Les employés-Système défenseurs du capitalisme qui vous décrivent avec horreur ce qui pourrait arriver si l’on songeait au socialisme, ont le cul posé sur un amoncèlement formidable de catastrophes, d’incendies, d’entropisation épouvantables, de “là où il passe l’herbe ne repousse pas” qui représentent ce qui arrive effectivement, non pas lorsqu’on songe au capitalisme mais lorsqu’on applique notamment et particulièrement depuis bientôt quatre décennies, le capitalisme neocon intégral, sans frein ni limites, sans restriction ni mesure.

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Make Cosa Nostra Great Again

  dimanche 10 mars 2019

10 mars 2019 – Que Wayne Madsen, dans sa vindicte pour ne pas dire sa haine (vraiment, il n’aime pas Trump !), en soit néanmoins remercié, pour mon compte dans tous les cas. Grâce à lui et parce qu’il y a toujours une part d’inculture en nous, pour mon compte donc puisque je n’en connaissais rien du tout, voici un mot de plus, moi “qui passais sans le voir“, que je glisse avec délice dans mon arsenal dialectique, ce par quoi les guerres se gagnent aujourd’hui ; voici la kakistocratie...

(« De l’anglais kakistocracy, attesté en 1644 chez Paul Gosnold. Emprunté au grec ancien κάκιστος, kakistos (“pire”), superlatif deκακός, kakós (“mauvais”), avec le suffixe cratie(“gouvernement”). Gouvernement par les pires personnes, ou par des personnes considérées comme particulièrement médiocres. » [Selon Wiki, Ave.])

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Une « famille d’esprit », ou le “Signe des Temps”

  jeudi 07 mars 2019

7 mars 2019 – L’on comprend que je puisse y voir un signe, c’est-à-dire un Signe des Temps, lorsque se produit une rencontre du commentaire, sur le fond catastrophique et furieux d’une crise dont plus personne ne voit ni la possibilité du terme ni la résolution jamais avec les outils courants de la rationalité et de la technique de la postmodernité. C’est ce que j’ai pensé en lisant le texte d’Alastair Crooke mis en ligne par l’auteur (traduction proposée ce matin) en même temps que je publiai le texte sur  “Guénon actuel”, – avec ce passage de Crooke :

« Et… Où avons-nous entendu quelque chose comme ça auparavant ? Eh bien, dans les réflexions du philosophe politique italien Julius Evola, dans ses réflexions d’un traditionalisme radical de l’après-guerre, – L’homme au milieu des ruines, – dans lequel il plaide pour une défense et une résistance contre le désordre de notre époque. Ce sont les écrits d’Evola et d’autres auteurs du même genre [de défenseurs de la Tradition primordiale] qui ont soutenu les intellectuels russes tout au long de leur période sombre du communisme tardif, puis du néolibéralisme sauvage... »

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Guénon actuel (I)

  mardi 05 mars 2019

5 mars 2019 –Je recommande avec force que l’on prenne une heure de son temps pour regarder l’émission Les Idées à l’endroit, sur TV-Libertés, animé par Alain de Benoist (le titre de l’émission renvoie à un de ses très-nombreux livres) : l’émission n°22, qui doit être de courant février, et consacrée à « René Guénon et la Tradition primordiale ».

(De Benoist reçoit dans son émission quatre universitaires, essayistes, éditeurs, tous spécialistes de René Guénon, de son influence, de sa place dans l’histoire des idées : Jean-Pierre Laurant, Xavier Accart, David Bisson et Pierre-Marie Sigaud.)

Métaphysicien d’intuition, Guénon est dans l’histoire des idées un curieux phénomène, d’une très-discrète et très-extrême importance, selon des idées ou plutôt une Grande Idée par définition intemporelle, c’est-à-dire une Idée inactuelle mais qui n’a jamais été aussi actuelle. Guénon est le messager de notre-Fin-des-Temps, et sa discrétion, presque sa transparence dans l’essentiel de sa carrière par contraste avec les habitudes tonitruantes des salons intellectuels, sont la mesure inverse de la puissance du message qu’il porte. (Les intervenants évoquent même la silhouette physique presque inexistante de Guénon, la banalité de sa conversation, l’espèce d’inexistence du personnage au profit de son seul propos écrit : « Il vivait à travers sa plume, il était un pur intellectuel, il était sa plume » [Xavier Accard].)

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L’“énigme” du Kremlin

  lundi 04 mars 2019

4 mars 2016 – Je ne connais rien de plus simple à traduire, et pourtant de plus producteur d’hésitations et objet de multiples tractations entre les mots qui s’équivalent presque (notamment “riddle” et “enigma”), que la fameuse citation de Churchill de 1939, à propos du pouvoir soviétique : «It is a riddle, wrapped in a mystery, inside an enigma...» (disons : « C’est un rébus enveloppé de mystère, glissé dans une énigme... »). Il n’est aujourd’hui plus question de rien de “soviétique” et pourtant il semblerait que la fameuse formule churchillienne redevienne actuelle pour Poutine, près de 19 ans plus tard (après l’arrivée de Poutine un pouvoir).

Cela posé comme introduction de cette page, il est vrai qu’il existe, comme écrit par ailleurs sur ce site pour présenter un texte de PCR-Hudson qui en témoigne, « un courant (du côté des habituels soutiens de la Russie) qui commence à grossir, qui identifie une baisse conséquente de la popularité de Poutine et surtout du gouvernement, des difficultés intérieures grandissantes, etc. » C’est ce que je me disais encore, lisant le texte d’Orlov mis en ligne avant-hier, où je trouvais Orlov particulièrement et même un peu trop audacieusement optimiste-euphorique sur la situation (intérieure) russe. Depuis quelques jours, circulent l’un ou l’autre article extrêmement pessimiste d’état des lieux et de prospective de la situation russe, à partir de sites de toute confiance anti-presseSystème, qui trouve beaucoup de lecteurs, signe de l'urgence et de la pertinence du propos. (*)

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Suite en marron-glacé...

  samedi 02 mars 2019

2 mars 2019 – Qu’on me pardonne si j’insiste, d’autant que je ne peux m’en expliquer parce que je parle là en bonne partie d’intuition, et certainement sous l’empire de l’intuition. L’insistance concerne ce que j’estime être l’importance de l’audition de l’avocat “marron-glacé”, Michael Cohen, ainsi que paradoxalement la sincérité de son témoignage, devant le Commission de Surveillance de la Chambre des questions dont il a été question dans la page précédentede ce Journal-dde.crisis.

C’est à la lecture du texte de WSWS.org sur cette audition que mon esprit a complété la perception de ce que je tendrais à considérer comme une intuition, que j’énoncerais simplement par la conviction que l’on trouve là une vérité-de-situation fondamentale. Il s’agit de l’idée, dont j’avoue qu’elle peut paraître saugrenue, qu’avec l’interminable et sordide témoignage de l’avocat-marron, l’on avait la description très proche de l’authenticité de Trump dans son contexte de nature, c’est-à-dire de “la Famille Trump” selon l’emploi du terme de “Famille” dans la Cosa Nostra (équivalent et prolongement US de la Mafia), désignant un gang très puissant et très structurée, et disposant d’un territoire, sous le contrôle quasiment-légalisée selon les normes de la pègre, d’un Boss (d’un Capo) et de sa propre famille, et autour, intégrés à cette matrice, les principaux opérateurs de la “famille”.

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Les pépites de l’avocat marron-glacé

  vendredi 01 mars 2019

1er mars 2019 – Il est faux de dire que nous vivons dans le temps du mensonge selon l’argument que, dans les sphères publiques du Système (essentiellement dans la communication, de l’entertainment aux politiciens), personne ne dit quoi que ce soit qui corresponde à la réalité observée avec loyauté par lui-même. Cela ne signifie pas que tout le monde “ment” mais plus simplement que la réalité n’existe plus ; loyal ou pas, qui pourrait, sans faire une enquête à ce propos selon une procédure très spécifique et la conviction de la nécessité d’une telle enquête venue d’un jugement libre et indépendant, en dire quoi que ce soit qui en représentât une part incontestable ?

Comme on le sait si l’on lit attentivement les pages de ce site, il y a effectivement pour nous, pour moi, cette vérité-de-situation universelle que la réalité est désintégrée. Pour “les sphères publiques du Système”, cela signifie que chacun se replie complètement sur sa narrative qui doit avoir l’avantage de plaider pour le parti qu’il défend. Dans ces milieux, la loyauté d’observation a complètement disparu, remplacé par la soumission à la narrative de son parti, – “soumission”, autre mot et mot de subversion et d'inversion pour  “loyauté” lorsque le simulacre de cette narrative a remplacé la réalité désintégrée.

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L’Amérique sous nos yeux

  mardi 26 février 2019

26 février 2019 – Ayant hier quelques échos de la cérémonie des Oscars, je me disais que nous sommes vraiment dans une époque où la vérité-de-situation laisse partout ses signes que nous ignorons absolument, complètement, avec un entêtement extraordinaire... S’il y a aujourd’hui un événement politique qui me surprend et me rend incrédule, et même me désoriente, c’est l’espèce d’aveuglement complet que nous montrons par rapport à l’évolution de l’Amérique (des USA). Toutes nos belles plumes commentateuses (*) sont totalement tournées vers le phénomène Trump à la sauce des salons et de la presseSystème, qui (la majorité) pour le maudire, qui (la minorité) pour célébrer la “révolution” qu’il a lancée ; personne ne semble envisager l’hypothèse selon laquelle Trump est d’ores et déjà un phénomène du passé, qui a donné, du point de vue antiSystème, tout ce qu’il pouvait donner, et qui se contente d’entretenir son principal apport, – lequel permet à une nouvelle situation, extraordinaire, de se dessiner pour éventuellement s’installer en toute majesté démocratique aux USA.

Cette hypothèse est complètement de mon parti.

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Un homme de bien

  vendredi 22 février 2019

22 février 2019 – Il faut voir autant qu’entendre Finkielkraut, convoqué dans les grands réseaux du Système après l’agression verbale de samedi contre lui, qui ne s’est pas déroulée comme le Système aurait voulu qu’elle fut, laisser venir la question, lui bouillant, qu’on voit et qu’on sent au bord de l’exaspération incontrôlable, et soudain explosant sur les derniers mots de son interrogatrice un peu sévère par un : « C’est ignoble ».

Ce « C’est ignoble » signale l’insurrection de l’intelligence qui refuse de tomber dans les rets de la folie.

Nous sommes à ce moment où Finkielkraut parle de l’épouvantable Schiappa qui, dans une interview de Valeurs Actuelles, met un peu, beaucoup, pas loin de “passionnément” je crois bien, sur le même pied à peu près (comme on dit “en même temps”), La Manif pour tous et les terroristes islamistes.

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Balade au bord du désordre

  vendredi 15 février 2019

15 février 2019 – Mon attention a été attirée par un des titres de tête de l’édition quotidienne du site Infowars.com, du tonitruant Alex Jones, parce qu’il porte sur une intervention d’Éric Zemmour, cela deux jours après avoir déjà fait un titre sur le même Zemmour :

• 13 février 2019 : « L’intellectuel français Zemmour : les élites organisent l’“invasion” des migrants pour en, faire leur propre classe de serviteurs – Les Européens doivent être remplacés parce qu’ils refusent désormais d’assurer leurs tâches subalternes pour des bas salaires. »

• 15 février 2019 : « Zemmour : les élites se sont révoltées et ont cessé de guider les gens qu’elles inspiraient – La riposte va conduire à une “terrible confrontation”. »

On connaît Infowars.com et l’on connaît Zemmour. Si l’on peut imaginer de les mettre sur une même ligne, très largement considérée, – en gros la ligne souverainiste très largement populiste et hyper-complotiste pour Infowars.com, en gros la ligne souverainiste modérément populiste et très fortement intellectualisé dans le sens historique pour Zemmour, – les deux s’adressent à des publics très différents, très américain-standard en anti-establishmentpour le premier, très français et marqué d’une haute culture historique qu’il oppose à la dérive postmoderne des élites pour le second. Le pro-capitalisme américaniste populaire et technologique d’Infowars.com est très loin de s’accorder à l’antiaméricanisme et l’antimodernisme de Zemmour. (L’idée que le Français Zemmour puisse devenir une référence qui n’a plus besoin d’être définie pour un site comme Infowars.com, hyper-américain, est également complètement inattendue et étonnante.)

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T.C.-69 : Le monde est fou parce qu’il est en feu

  mardi 12 février 2019

12 février 2019 – Diverses indications montrent que le “tourbillon crisique” (T.C.) qui sert de thème à cette rubrique atteint un point d’incandescence à force de rapidité dans son tournant d’enroulement sur lui-même.  Nous avons moins besoin d’argumenter que de laisser les événements parler eux-mêmes, c’est-à-dire hurler à nos oreilles :

Voici que s’avance la crise de « La plus grande redistribution de la richessede l'histoire – Des taxes négatives, des limites drastiques à la propriété privée et la destruction du dollar arrivent… et c’est le meilleur des cas », écrit la société de Conseil d’Investissement Indépendant SMC (Sovereign Man Confidential), parlant pour les USA comme pour le reste. Dans son style ironique et imagé, James Howard Kunstler décrit la fuite en avant, vent arrière et tempête portante, du “navire du socialisme” aux USA : 

« C'est ainsi que le parti démocrate a hissé le drapeau du “socialisme’ sur le mat d’artimon planté dans sa coque en train de se désontégrer et qui navigue vers le bout du monde... [...] Il n'y a pas d'idées cohérentes dans l'arène politique pour le moment. Nos perspectives sont vraiment trop alarmantes. Alors, montez à bord du navire du socialisme et voyez si cela vous rassure de naviguer jusqu’au au bout de la terre. Mais attention au terrible roulis de la tempête. C’est du jamais vu. ».

Pour l’UE également, la situation se révèle pour ce qu’elle est dans toute sa dimension catastrophique, ainsi que le note Jacques Sapir : « Nous y voilà. La semaine qui vient de s'écouler a vu le visage réel de l'Union européenne est en train se dévoiler. Et, ce visage est assez hideux à regarder. Telle Méduse, c'est un visage qui peut pétrifier d'horreur qui le regarde. » Mais contrairement à ce que pourrait laisser croire ce jugement pourtant justifié puisque l’UE est ressentie comme telle avec les conditions et les pressions dictatoriales qu’elle impose aux Britanniques pour leur Brexit, ce qui fait le plus peur à la bureaucratie européenne c’est que cette affaire si embrouillée et si terrible fasse paraître l’EU encore plus Méduse qu’elle n’est et n’éloigne d’elle ses États-Membres, et n’enflamme plus encore la colère des foule et des rues où nous attendent les barricades. C’est promis, on entend cette sorte d’appréhension angoissée dans les couloirs des institutions européennes.

Pendant ce temps, l’Italie ne cesse de galoper au rythme du “modèle” qu’elle a fiché en plein cœur de l’UEZeroHedge.com rapporte la galopade effréné du vice-Premier Salvini, l’homme fort du gouvernement qui marche la main dans la main avec son partenaire M5S pour cette affaire spécifique mais essentielle d’un affrontement frontal avec l’establishmentfinancier internationale, et avec sa branche italienne qu’est la Banque centrale d’Italie. D’une déclaration l’autre hier et avant-hier, et que note scrupuleusement le flegmatique Financial Times, le site US termine son analyse par ce qu’il croit être le sens fondamental de la manœuvre, avec comme terminus la sortie de l’euro...

« L’idée de liquider l’or de l’Italie afin de financer des dépenses plus élevées de l’État semble être venue de Beppe Grillo, cofondateur du Mouvement des 5 Etoiles, qui avait écrit en septembre dernier : “Cela nous permettrait de mettre enfin un terme à cette histoire agaçante du fait ‘qu’il n’y a pas d’argent’”, ajoutant “pourquoi les citoyens devraient-ils vendre leurs colliers et pas l’État?”

» Si Salvini est vraiment sérieux à propos de la vente de l’or, cela apporterait des moyens financiers intéressants aux dirigeants populistes de l’Italie : la Banque d’Italie possède la troisième plus grande réserve d’or du monde aprèsv les USA et l’Allemagne, avec 2 452 tonnes selon le World Gold Council, qui se négocieraient au prix actuel à un peu plus de 103 milliards de dollars.

» Bien entendu, cette somme est minime par rapport à l'endettement total de l'Italie de 2 350 milliards d'euros, ce qui laisse à penser que si Salvini s'orientait réellement vers la suppression des contraintes légales de son pays vis-à-vis des pouvoirs financiers, la prochaine étape serait de déclarer la dette souveraine du pays “odieuse”, c’est-à-dire nulle et non avenue, suivie en fin de compte par l’Italexit et le retour à la lire italienne. »

“Bien entendu” est l’expression d’emploi le plus courant parce qu’elle marque tout ce qui va de soi dans cette immense crise de cosmos du monde... “Bien entendu”, la France n’est nullement absente de cet inventaire catastrophique, elle qui navigue dans la tempête depuis plus d’un trimestre, sans discontinuer. La France, soumise à la dérisoire tentative d’imposer une “dictature démocratique” dans le chef d’une caricature, un avorton du type-reductio ad absurdum, navigue dans la tempête au rythme d’une navigation macronienne, ainsi définie par Karine Bechet-Golovko :

« Notre cher Président nous abreuve jusqu’à l'écœurement de ses sorties médiatiques, plus profondes les unes que les autres, sans oublier que sa Grande tournée post-électorale s'y prête, faisant pâlir de jalousie le fantôme de Khrouchtchev. Entre monopole de l'écran, tentation de surveillance des journalistes et fantasmagorie complotiste anti-russe, la gouvernance en mode Macron nous présente un mélange malsain de puérilité, logiquement accompagné par une image de soi pour le moins surévaluée. Bref, une statue virtuelle géante d'un gamin capricieux. Plus sérieusement, tout se prête à une parodie de tentation dictatoriale, car même pour être dictateur il faut de la carrure. Et un Etat... »

“...Et une police”, ajouterions-nous, car l’on entend de ce côté des craquements annonciateurs de la mince de la glace. Cela reflète les soubresauts de la vigueur de la répression, de l’emploi des engins LBD-40, avec division entre “les polices” pour la responsabilité des effets d’un ordre général donné par un pouvoir totalement réduit à la plus vulgaire répression du style Pinochet-sur-Seine. « Toutes placées sous l'égide du ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont censées présenter un front uni. Cependant, l'usage qui a été fait des moyens intermédiaires de défense – notamment des LBD 40 – divise au sein de l'institution », note RT-France.

Prenant en compte les conséquences médiatiques et de communication, l’émotion de l’affectivisme des blessures cruelles qu’influent ces engins, il finit par paraître normal que les différents services dégagent leurs responsabilités ou lancent des accusations, – comme on voit avec un échange de tweets, – “bien entendu”, – entre gendarmerie et police. Tout cela semble se perdre dans des détails de comptabilité bien dérisoires, mais à l’heure de la toute-puissance de la communication à partir de quoi se forgent les engagements politiques et les fidélités corporatistes, plus que jamais “le Diable est dans les détails”...

« Un décompte du nombre de tirs de LBD 40, révélé par L'Essor et confirmé par Le Monde, montre que de novembre 2018 au 26 janvier, 8 163 tirs ont été recensés pour la police, tandis que la gendarmerie n'a utilisé cette arme que 1 065 fois sur la même période – soit un ratio d'environ un pour huit. »

Revenons pour terminer ce rapide tour du chaos du monde, – avec nombre d’escales laissées de côté pourtant, – à l’annonce pompeuse et pourtant qui n’est pas sans fondement de SMC sur « La plus grande redistribution de la richesse de l'histoire ». Qu’on nous permette de les citer plus en longueurs dans leur raisonnement, eux qui s’adressent aux investisseurs assez vulgaires du sérail de Wall Street et alentour cherchant avec entrain un moyen de mettre leurs richesses à l’abri des vents tempétueux qui se sont levés.

« Il se produit actuellement un changement massif dans le monde entier. Et si vous avez des actifs de quelque nature que ce soit (épargne à la banque et autres, ou même une maison), vous devez lire ce message avec attention.

» Des idées socialistes radicales envahissent le monde d’aujourd’hui comme je ne l’ai jamais vu auparavant. Et un nombre croissant de politiciens socialistes se préparent à la présidence américaine en 2020: des personnalités telles que Elizabeth Warren, Kamala Harris et Bernie Sanders. Ces candidats (et candidats potentiels) diabolisent les riches. Ils sont à la recherche de sang. Et ils vont l’obtenir.

» Ce ne sont là que quelques-unes des idées avancées par ces politiciens: taux d’imposition progressifs à 70% (ou plus), pénalités annuelles pour avoir une certaine somme d’argent, soins de santé gratuits, éducation gratuite, etc. Mais ce problème n’est pas le cas uniquement aux États-Unis… les mêmes idées font des vagues en France, au Royaume-Uni et dans la plupart des autres grandes économies du monde.

» Mais avant de vous donner des détails sur les législations qui font peur et sur les implications négatives pour votre richesse et votre liberté, discutons de la façon dont nous en sommes arrivés là…

» Nous sommes à un tournant de l'histoire

Un “tournant de l’histoire“, quel “tournant de l’histoire“ ? Acceptons pour cette fois où se manifeste cette crise de la civilisation du monde où il en est autant que la crise de toutes les civilisations du mondedepuis que le monde existe peut-être ; pour une fois une leçon d’histoire ancienne, presque d’un quasi-retour aux racines immémoriales des traditions de la part d’un investisseur américain de la plus pure et vulgaire doctrine du rapport d’argent (abonnement annuel 1 000 dollars moins un)… Il nous dit de remonter à 4 000 avant J.C. pour retrouver trace du socialisme qui permet les révolutions de brutales redistributions des richesses et nous serions bien en peine de débattre là-dessus, – dans ce cas, nous laissons les détails aux détails..., – parce que nous nous en tenons à cette remontée dans le passé comme dans les leçons de la tradition, comme la concevait par exemple un Evola («  C’est une pensée “originelle”, elle ne remonte pas en arrière dans le temps, elle s’élève verticalement hors du temps en direction du noyau transcendant… » [Giovanna Monastra, “Julius Evola, des théories de la race à la recherche d’une ethnologie aristocratique”, Nouvelle Écolen°47, année 1995].)

Voici donc le leçon du passé de SMC : «La disparité des richesses et la montée ultérieure du socialisme ne constituent pas un phénomène nouveau ... Cela remonte aux anciens Sumériens, vers 4000 av. J.-C. L’ancienne tenue des registres sur des dalles de pierre montre comment le roi-prêtre au pouvoir a distribué les biens de la société à la population.

» Le socialisme se reproduit à Babylone au milieu du XVIIIe siècle av. J.-C. quand le roi Hammourabi a effacé toutes les dettes de ses citoyens ... Puis en Égypte, en 323 av. J.-C. et en Chine, vers 145 avant JC ... Et encore dans la Rome antique sous Solon, quand il dévalua la monnaie, annula ses dettes et augmenta ses impôts (les riches payant 12 fois plus d'impôts que les pauvres).

» Puis la Révolution française à la fin des années 1700 ... »

“Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

  dimanche 10 février 2019

10 février 2019 – Pour replacer cette longue page dans son contexte, qui est le développement du mystérieux et énigmatique Tome-III de La Grâce de l’Histoire avec un extrait, je demande qu’on me pardonne de me citer. Il s’agit d’une partie d’une page du 11 novembre 2018, faisant une présentation précédente d’un autre extrait du Tome-III et donnant des indications sur l’évolution structurelle de la chose, – du monstre qu’est ce Tome-III, devrais-je dire... Voici donc.

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De quelles élites parle-t-on ?

  mercredi 06 février 2019

6 février 2019 – Dieu sait si l’idée est répandue, elle foisonne, elle est prégnante dans toutes nos pensées, etc. Il s’agit de l’idée du “peuple contre les élites”, de “la rupture entre le peuple et ses élites”, etc., partout mise en avant pour donner une explication fondamentale à la crise des Gilets-Jaunes comme expression crisique paroxystique d’un très profond malaise français. (Et d’ailleurs, “malaise français” comme expression bien entendu d’un malaise général perceptible à l’odeur des pays du bloc-BAOde notre civilisation sans égale avec la montée du populisme, partout irrésistible, partout là aussi “contre les élites”.)

Qui ne serait d’accord avec cette idée de “la rupture entre le peuple et ses élites” ? Moi-même, d’ailleurs, me suis-je jamais entendu protester contre cette expression qui semble aller de soi, me suis-je jamais aventuré à envisager cette idée d’un point de vue critique ?Il serait temps, pourtant…

Une réflexion m’a traversé l’idée, qui me conduit à m’interroger, comme lorsqu’une évidence jusqu’alors peu considérée force votre réflexion pour l’éclairer le temps de la traverser… La question n’est pas sur la justesse du constat, mais elle porte plutôt sur “les élites“ ; et la question devient alors “mais de quelles élites parlez-vous ? ”, enfin “de quelles élites parlons-nous ? ”

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T.C.-68 : l’Europe des mille-et-une poussières

  dimanche 03 février 2019

Rien n’a arrêté bien entendu la doublette Pompeo-Bolton. Les USA se sont retirés du traité FNI le 31 janvier, comme annoncé depuis octobre 2018. Les Russes en ont aussitôt tiré leur conclusion : eux aussi, ils se dispensent des limitations du traité et Poutine autorisent le développement immédiat d’un missile de théâtre hypersonique . Lavrov révèle que les USA violait le traité depuis 1999, en plus du viol que constitue l’installation de batteries lance-missiles Mk41 en Roumanie (depuis 2014) et en Pologne (en cours), capables de tirer des missiles sol-sol d’une portée interdit par le traité.

(Mais sans aucun doute tout cela n’est-il qu’un fatras d’horribles ragots : les USA, violer un traité ?! Cela mérite une enquête anti-Fakesnewsiste.)

L’Europe a perdu la poutre-maîtresse de sa sécurité collective, la colonne vertébrale de cette sécurité a désormais la consistance d’un éclair au chocolat. Mais à quelque chose malheur est ironique : sa sécurité collective ne dépend plus de deux signataires dont l’un n’est absolument pas une puissance européenne, malgré tous nos efforts et nos yeux doux. Cela ne va pas plus loin sur le chemin de l’aventure et l’on espère bien garder fort serrée la main de l’Onc’ Picsou, dans le noir de la grande houle transatlantique. En attendant, la France a pris sagement et fort courageusementla résolution de conseiller fermement aux Russes de se conformer aux instructions US et de détruire ce que les USA veulent qu’ils détruisent, et peut-être même, – ô délice, ô magnanimité, – pourra-t-on revenir sur le retrait si les Russes s’exécutent en temps voulu (offre valable six mois dans toutes les bonnes pharmacies US, ou bien directement au centre de tri du département d’État).

Notre-Président est un redoutable pisteur de FakeNews : que ce soit pour les Gilets-Jaunesou pour le traité INF, et que ce soit d’origine exclusivement russe ou bien encore russe exclusivement, il ne laisse rien passer parce qu’il ne veut rien laisser passer. La diplomatie française est donc réduite à cette grandiose galéjade d’affirmer sa souveraineté grâce à l’addition de multiples servilités et elle n’en a pas fini. Il lui reste à digérer l’affaire du non-JSF allemand.

Les Allemands veulent un nouvel avion de combat pour remplacer le Tornado. Ils ont fait un petit caprice, ils ont éliminé le JSF. Ils préfèreraient l’Eurofighter, qui a la particularité de se rapprocher du JSF (bien que plus âgé) par le nombre considérable de ses travers, de ses défauts, de ses pannes, etc. Mais enfin, il est allemand (c’est-à-dire européen : italo-anglo, allemand, avec un zeste d’espagnol). Mais le problème est que l’Eurofighter ne peut pas porter de bombe nucléaire US ; or, le Tornado peut en porter, et ce fut même une de ses missions de la Guerre froide, pour marquer la solidarité teutonne avec les USA. Mais les USA accepteront-ils d’adapter leurs BH sur l’Eurofighterpour des missions rocambolesques dont personne en Europe, et surtout pas en Allemagne, ne veut plus entendre parler ? Cela pourrait faire un fort beau débat, tout plein de logique et de fermeté de caractère.

(Je laisse de côté le complément envisagé par les Teutons de F/A-18, avions très américain celui-là, pour calmer The-Donald. Je ne veux pas compliquer les multiples façons de baisser sa culotte, avec élégance, avec à-propos, avec habileté, avec un clin d’œil, avec le vent du Nord pour dernier terrain vague et ainsi de suite...) 

Peut-être l’excellent garçon, Macron, conseillera-t-il à son amie Merkel de faire comme les USA ordonnent de faire. Acheter des JSF tout de même, les mettre dans un hangar et attendre que ça se passe. Comme vous l’avez remarqué, il n’est pas question de Rafale pour concourir pour le marché allemand. Comme vous l’avez remarqué, le couple franco-allemand soutient une industrie militaire indépendante-et-européenne, et une armée également militaire, grande audace, européenne-et-indépendante. La France se reposesur la puissance souveraine et indépendante de l’Allemagne ; l’Allemagne se repose tout court.

Il nous reste l’Eurovision, Euro-Disney et la commémoration du 30èmeanniversaire de la Chute du Mur. Quoique ce derniers cas où l’on ne précise pas de quel Mur il s’agit... AvecThe-Donald, qui confond tout, on risque une de ces rages-tweeteuses qui irait jusqu’à la rupture et à l’excommunication de l’OTAN

Pierre & Jacques sont des amis

  jeudi 31 janvier 2019

31 janvier 2019 – D’abord on lit ce tweet, de Jacques Attali, le 27 janvier 2019, à 08H20 : « Une nouvelle crise financière mondiale s’annonce ; elle ressemble à s’y méprendre à la précédente, en pire. Des solutions existent ; elles supposent de maîtriser l’avidité de certains financiers et d’exiger qu’ils s’occupent du long terme. » Connaissant le bonhomme, ses liens avec Macron, avec le Système, avec Davos, etc., vous vous dites que ce tweet est bien intéressant et vous le gardez à l’esprit.

Le lendemain, le 28 janvier 2019 à 19H10, ceci, de Pierre Moscovici, Commissaire européen, socialiste et économiste comme Attali, pas loin d’être de la même génération, donc quelqu’un dont on pourrait attendre qu’il ait un jugement prospectif assez similaire. Que nenni, mais alors à un point ! Que super-nenni :  « Que fait l'Europe pour répondre à la montée des populismes ? “On est sorti de la crise, la croissance est là partout, on n'a jamais créé autant d'emplois [...] Il reste le défi des inégalités qui doit être réglé à l'échelle de nos pays”, dit @pierremoscovici#Auditionpublique »

C’est assez intéressant, cette contradiction, non ? Mais oui, c’est intéressant, pour de multiples raisons (deux économistes-Système, de pensées proches, même élite mêmes salons, mêmes restos du Fouquet’s  à La Rotonde, deux socialistes mutatis mutandis néo-libéraux, etc.). Dans tous les cas, cela intéresse madame Coralie Delaune, essayiste, collaboratrice de Marianneet de Causeur, et plutôt eurosceptique ; cela, chuchote-t-on, n’est pas encore un délit capital. Elle tweete le 29 janvier 2019 à 11H10 : « Il va falloir que @pierremoscovici et Jacques Attali se mettent d'accord. On est dans l’opulence ou à la veille du chaos ? Ça ne peut pas être les deux “en même temps”. »

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