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Imprévisibilité, ou nuage de fumée ?

Article lié : Notes sur la déconstruction stratégique

David Cayla

  27/05/2020

Pour schématiser, nous aurions deux grands acteurs sur la scène mondiale, la Russie rationnelle, hyper-prévisible, donc maîtrisable, et les Etats-Unis irrationnels, imprévisibles, et donc incontrôlables. Ce serait même devenu la stratégie américaine que d'apparaître incontrôlable pour mieux contrôler tous ceux qui se contrôlent.

Soit.

En Ukraine, en 2014-2015, la Russie a laissé les forces armées ukrainiennes bombarder sporadiquement sa frontière et tuer quelques russes sans réagir. Les forces armées ukrainiennes soutenues par on sait qui se sont enhardies, ont regroupé leurs forces, et ont lancé une offensive pour couper les forces du Donbass de toute possibilité de contact avec des soutiens à la frontière russe. C'est à ce moment-là seulement que les forces d'artillerie russes sont entrées en action, annihilant les forces mécanisées ukrainiennes.

Pourquoi réagir à la moindre provocation si cela doit vous enfermer dans un bourbier stratégique (à commencer par les accusations sur votre agressivité)  quand vous avez compris que votre adversaire toujours impatient vous teste et prendra une absence de réaction immédiate pour une autorisation à s'enhardir ? Qui est imprévisible entre le teigneux qui ne maîtrise pas ses nerfs et le calme qui attend de voir quand est-ce que sa riposte sera la plus douloureuse ? Une fois posée de la sorte, ce n'est plus une question de "prévisibilité" : s'engager dans des manoeuvres de provocation conduira forcément son instigateur à aller toujours plus loin, jusqu'au moment où il ira trop loin, ce qui devient très prévisible.

Depuis lors, face aux menaces américaines, les Russes ont précisé leur doctrine. Il n'y a pas de "petites" frappes nucléaires, ni contre eux, ni contre leur alliés. Ils sont seuls juges de l'opportunité de répliquer en déclenchant des frappes nucléaires massives, globales, en réponse à de "petites frappes qui pourraient ne même pas les viser eux spécifiquement". Ils ont même été jusqu'à préciser qu'ils n'hésiteraient pas à matraquer un Daesh trop bien armé à leur goût à coups de frappes nucléaires tactiques. Pourquoi cette référence au nucléaire ? D'évidence, le facteur "imprévisible" qu'est Daesh devient alors, "soudainement", un acteur strictement cantonné à des actions ne pouvant dépasser le seuil de la "prévisibilité" pour un acteur non-étatique. Dont acte : Daesh a été éviscéré.

Venons en maintenant au déploiement des systèmes Aegis à l'intérieur des terres, en Pologne et en Roumanie, au déploiement de têtes nucléaires de faible puissance en subsitution partielle des têtes de forte puissance sur les missiles ballistiques intercontinentaux de la force stratégique américaine, et aux bombes nucléaires stockées en Allemagne, en Turquie, en Italie, et qui pourraient être déplacées davantage à proximité de la Russie.

En substance, une Amérique désormais imprévisible doit pouvoir ainsi subjuguer des adversaires trop rationnels, trop prévisibles, manquant d'agilité,...

Bon.

Partons du plus simple, les bombes nucléaires pouvant être chargées sous des chasseurs-bombardiers. Même planantes, elles ne peuvent frapper au delà d'une centaine de kilomètres à l'intérieur des terres. En dehors de la Crimée protégée par au moins 4 divisions de systèmes S-400, voire de Kaliningrad, est-ce vraiment une menace ? Seuls les missiles ASMP français pourraient représenter une réelle menace, avec leur puissance (100 kt),  leur vitesse (Mach 3), et leur portée (500 km). Des Rafale armés de ces missiles évoluant à 100 kilomètres de la frontière russe seraient une véritable menace, mais des chasseurs de fabrication américaine portant de simples bombes obligés de s'approcher au plus près de la frontière avec la Russie ?

Qu'en est-il maintenant de missiles de croisière déployés à proximité de la frontière russe dans des systèmes Aegis terrestres par rapport à des missiles ballistiques qui seraient tirés depuis des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins qui seraient positionnés dans l'océan Arctique ? A moins de 6 000 km de distance, des missiles ballistiques atteindraient leurs cibles en moins de 20 minutes. Des missiles de croisière lancés depuis des systèmes Aegis terrestres auraient besoin d'un minimum de 20 minutes pour frapper à 300 kilomètres de distance. Une frappe de saturation pourrait causer de sérieux dégâts… à courte distance… D'où les missiles hypersoniques pour couper court à toute tentative de lancement en masse sur les frontières avec la Russie et la surdotation de la Crimée en systèmes S-400. Où est l'imprévisibilité ?

Venons-on enfin au déploiement de têtes nucléaire de faible puissance sur les SNLE américains pour induire en confusion les forces russes. "Si nous lançons sur eux des missiles nucléaires dont ils ne pourront pas savoir si les têtes nucléaires ont 5 kt ou 300 kt de puissance unitaire, ils ne pourront qu'attendre de constater les résultats des frappes avant de décider la manière de répliquer, et de toutes façons nous ne viserons que les centres de commandement et les sites de lancement de missiles donc ils ne pourront moralement pas réagir en lançant leurs missiles de forte puissance (puisqu'ils ne disposent pas de missiles avec des têtes de faible puissance) qui ne pourront que tuer de nombreux et innocents civils américains".... Donc, bien sûr, si on accepte de suivre la logique américaine, la Russie devrait accepter des frappes "restreintes" (ou pas), décapitatrices, et ce serait en définitive la seule protection  de l'Amérique, alors que la Russie a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne reconnaît en aucune façon la notion de "petites frappes nucléaires", encore plus dans un contexte où il lui est impossible de savoir si elle devait être visée par de "petites" ou "grosses" têtes nucléaires ?

Assez de suputtations. Les forces armées américaines sont notoirement en perte de capacités, et remplacer des têtes nucléaires de 300 kt par des têtes de même puissance requiert une très forte technicité, quand se contenter de têtes de faible puissance exige simplement de revenir aux bombes "primitives" du type Hiroshima (1 seul étage, "rustique", quand les bombes de forte puissance demandent 2 "étages", le 1er servant à préparer la mise à feu du second en confinant et contrôlant soigneusement la puissance du 1er).

Aussi, est-ce que l'imprévisibilité revendiquée des forces nucléaires américaines ne serait pas le cache-sexe d'une impuissance bien réelle ? Et si la "subsitution aléatoire" des têtes nucléaires de forte puissance par des têtes nucléaires de faible puissance signait en réalité l'incapacité à remplacer les têtes nucléaires de forte puissance arrivant en limite d'âge ? Et si le déploiement de missiles de croisière à proxcimité des frontières de la Russie, la rupture des traités existants visait uniquement à pallier l'incapacité à maintenir une capacité de frappe efficace qui solliciterait uniquement les moyens connus, éprouvés de frappe à longue distance, tels que recensés dans les traités de limitation des armes stratégiques ?

Simple rappel

Article lié : 100 000 morts...

Pascal B.

  25/05/2020

Au 59e jour de l'épidémie de covid19 :
- France—> 411 décès / million d'habitants le 15 mai
- USA—> 280 décès / million d'habitants  le 24 mai

Source :  https://ig.ft.com/coronavirus-chart/?areas=fra&areas=usa&areasRegional=usfl&cumulative=1&logScale=0&perMillion=1&values=deaths

Droit d'euthanasie, interdiction de prescrire

Article lié : Les masques de Monarc 1er

Pascal B.

  24/05/2020

Au titre des scandales il en est un qui ne vous émeut guère : l'interdiction faite aux médecins de prescrire le protocole de soins préconisé par l'IHU de Marseille. Alors qu'effectivement une procédure d'exception  été mise en place pour faciliter la fin de vie de patients âgés donc à risques) auxquels avait été préalablement refusé la possibilité de recourir à ces médicaments ! 
Votre silence à propos de cet interdit inédit et scandaleux est tout aussi stupéfiant que l'interdit lui-meme. Rappelons que de nombreux médecins dûment diplômés réclament au sein du collectif #laissonslesmedecinsprescrire (1)que la liberté de prescrire leur soit rendue. Les soutenez-vous ?

1) https://www.stopcovid19.today

Criminels

Article lié : Les masques de Monarc 1er

Laurent Cordier

  24/05/2020

Le criminel de guerre viole la loi de la guerre et les règles internationales et coutumières de manière épouvantable.
Le criminel social de masse viole les lois sociales et la morale coutumière dans le but de faire souffrir , y compris jusqu’a la mort les citoyens du pays. Il est temps de défini ce type de crime qui est une sorte de genocide social.

La pente cachée du logos ?

Article lié : Les conspirations d’Israël Shamir

jc

  23/05/2020

PhG: "Je précise, pour être moi-même sûr de la juste exposition de mon sujet, qu’on prend ici le concept de Logos comme il faut, c’est-à-dire comme celui de “raison” dans notre langue, – c’est-à-dire, selon  Wiki : « Dans la pensée grecque antique, le logos (grec ancien λόγοςlógos “parole, discours, raison, relation”) est au départ le discours parlé ou écrit. Par extension, logos désigne également la raison... »

Le terme grec classique "logos" recouvre, on le sait bien, une multitude de sens. Signifiant à l'origine "rapport" (la racine indo-européenne initiale "leg" signifiait "lier", sens que l'on retrouve dans les "ligases" de nos biologistes moléculaires), le sens a bifurqué soit du côté du nombre, de l'arithmétique (les "αλογα" d'Eudoxe sont nos "irrationnels" modernes), soit du côté de la raison, du discours, de la parole en général (le Verbe). Comment s'expliquer que la pensée grecque classique -en qui beaucoup voient, sans doute à juste titre, l'un des sommets de l'activité créatrice de l'homme-, ait pu s'accommoder d'une telle ambiguïté? À notre époque, quoi de commun entre l'art de l'avocat et les performances de l'ordinateur? Si des penseurs aussi pénétrants que les Présocratiques, Platon ou Aristote ont si abondamment employé ce terme, ne serait-ce pas plutôt que la polysémie du logos -ce πολλαχος λεγομενον- les servait?
  Les quelque trente-cinq articles réunis dans ce volume jalonnent le spectre continu sous-tendant l'ambiguïté du terme. J'aimerais faire comprendre à mon lecteur combien il est fécond de revenir à cette source du logos, où une raison profondément une se revêt tour à tour de l'appareil mathématique (en général rudimentaire et mutilé, car la générativité du nombre ne peut s'y déployer) ou de la déduction verbale, langagière -non formalisée- du "bon sens". Mais le choix qui s'opère entre ces deux versants du logos, n'a rien d'arbitraire. On le sait bien: en mathématique, il n'y a pas d'élément sémantique individué jouant le rôle du concept sous-jacent au substantif de la langue. À peine le point géométrique -impalpable entité, localisation pure sémantiquement vide-, peut-il jouer ce rôle: tout le reste n'est que relation, opération, construction. Dans la langue, les relations syntaxiques visibles sont d'une effrayante pauvreté, d'une monotonie qui prend peur d'elle-même et stoppe toute générativité (éviter la répétition, manifestation de l'instinct de mort selon Freud…). Par contre, les éléments de base -noms, verbes, ou adjectifs (et j'emploie à dessein une terminologie naïve mais à validité très probablement universelle)- sont sémantiquement très riches, ils désignent des concepts dont la signification, comme le montre la consultation des grands dictionnaires, est d'une richesse qui dépasse l'imagination. C'est dire que ces deux modes d'expression reposent chacun sur une capacité de résumer, par un symbole ou une opération, une situation d'une très grande complexité.
  Mais la complexité mathématique repose sur la répétition, la monotonie. On sait, depuis Zénon d'Élée, que le continu géométrique est susceptible d'accueillir une infinité d'opérations, toutes identiques. La complexité du concept, elle, qualitativement très variable, se trouve contrainte par une individuation, plus exactement une intentionnalité qui en assure l'unité, donc l'individualité; les structures syntaxiques peuvent alors s'interpréter comme des conflits entre ces intentionnalités. Il y a par conséquent, dans le langage, une prévalence de l'intentionnalité accrochée à chacun des pivots syntaxiques, qui ne se rencontre guère -voire pas du tout- dans l'objet mathématique, lequel n'existe que par sa propre forme, son équation, sa définition. De là vient que le formalisme mathématique (sous sa forme topologico-algébrique, celle de la théorie des catastrophes) est particulièrement bien approprié à la description des situations, en général conflictuelles, où se heurtent et se désagrègent progressivement les intentionnalités constitutives des concepts.
  Ce n'est pas un hasard si, finalement, l'une des meilleures applications de la théorie des catastrophes est encore le modèle de l'agressivité du chien proposé par Christopher Zeeman. Malgré son caractère non quantitatif, qui a suscité la dérision des scientifiques professionnels, il a l'avantage inestimable de montrer ce qui fait la supériorité d'un modèle géométrique sur une construction conceptuelle. Expliquer linguistiquement son contenu oblige à des paraphrases compliquées dont la cohérence sémantique n'est pas évidente.
  Ces deux pentes du logos manifestent sans doute une distinction irréductible entre deux modes d'appréhender l'existence. Le mode métaphysique, celui d'Aristote -l'être comme acte ("on agit comme on est" dit saint Thomas)-, et le mode géométrique: la forme visible dans l'étendue. Ces deux modes existent bel et bien l'un et l'autre, et à leurs frontières subsiste un no man's land où se déploient les catastrophes. L'exploration de ces marches, où se heurtent vouloir et étendue, n'est pas chose aisée et je suis sûr que de nombreux lecteurs trouveront parfois que mes textes exigent un effort intellectuel excessif. Ceux qui ne se laisseront pas rebuter en retireront, je l'espère, quelque bénéfice. À une époque où fleurissent les apologistes du Chaos, on peut trouver préférable d'explorer certaines faces -encore trop peu connues- du logos.
(Apologie du logos, Envoi, pp. 31 à 33)

Hourya

Article lié : Les conspirations d’Israël Shamir

Hourya Slimani

  23/05/2020

Effectivement certaines infos de cet auteur sont à prendre avec des pincettes. Le taux de mortalité mondial officiel est de 43,5 mort par million d'habitant soit 0,oo435 % de la population mondiale au samedi 23 mai 0h00 GMT, ce qui est tout de même très faible alors qu'était prédit un taux de 0,5 à 3 % selon ce que j'ai pu lire. Mais on ne sait jamais l'année n'étant pas terminée, ces apprentis Cassandre peuvent encore voir se réaliser leurs prédictions. En ce qui concerne le sujet de l'article, je m'étais fait la même remarque sur la tendance de nos sociétés à vouloir donner un sens logique aux choses là où mes parents auraient parlé de la volonté de Dieu.

complot sous le complot.

Article lié : Les conspirations d’Israël Shamir

jean-luce Morlie

  23/05/2020

Deux historiens de qualité, Carlo Ginzburg et Alexandre Adler ont abordé le thème du complotisme  dans l'Histoire sous le même angle.

Il y a complotisme parce que précisément, un complot sous-jacent nous cache les éléments d'une claire compréhension des faits et que nous n'avons donc  d'autre explication que d'en inventer une de toute pièce.
 

ok

Article lié : Le coronavirus de la bonté

Christian Rozé Christian

  23/05/2020

Il a suffit d’un grain, tout petit, ultra fin
Pour que la machine économique grippe
Pour que la nature, ses droits reprenne enfin
Et que l’humanité tout entière flippe.

Ce petit grain très fin a pour nom corona
C’est un simple virus, minima du vivant
Pourtant il se propage, et fait de gros dégâts
Dans les rangs des humains de tous les continents.

Point de remède sûr, pour s’en bien préserver
Au mieux on conseille de se terrer chez soi
De se laver les mains, l’hygiène approuver
Pour éviter l’entrée du virus qui fossoie.

A l’hôpital aussi, le personnel soignant
Tente de se garder par le port du masque
Par des combinaisons et l’usage de gants
A tout prix éviter que les aidants casquent !

Sauf que le système nouveau libéral
N’a rien anticipé, que les masques manquent
Que les lits sont rares dans le grand hôpital
Pour les patients que la maladie efflanque.

Dans les habitations, seuls ou en famille
Les gens passent le temps, s’occupent les enfants
Interdit de flâner, de cueillir les jonquilles
Interdit de sortir. Séparés les amants.

Quelques uns cependant, l’avenue traversent
Sillonnent isolés, les routes de France
Assurent la logistique, exercent commerce
Pour nourrir et soigner les gens en confiance.

Et chacun d’attendre, d’espérer le moment
De la libération, du rire, de la dive bouteille
Des amis ou amants réunis chaleureusement
Tous ensemble danseront sur la place au soleil.

De cette longue épreuve et drôle de guerre
Que retiendrons nous ? Quels enseignements ?
Saurons nous comprendre, changer radicalement d’ère
Redevenir vivants, partageurs, solidaires, aimants ?

Rien n’est moins sûr, car les rois de la finance
Ne veulent pas abandonner leurs rentes
Ils mettent la pression pour que tout recommence
Comme avant, toujours plus d’inutiles ventes !

Pourtant, nous, hommes de tous les territoires
Pouvons nous lever, redresser, révolter enfin
Contre ce commerce fou de choses dérisoires
Et orienter nos existences à de plus nobles fins.

Il a suffit d’un grain, tout petit, ultra fin
Pour que la pollution diminue fortement.
Sur nos côtes réapparaissent les dauphins,
Dans nos villes air pur et calmes bruissements.

Il suffirait d’une prise de conscience générale
Pour évoluer du confinement vers la vie claire
Pour stopper cette course effrénée, infernale
Et vivre unis, solidaires dans un monde solaire.
 

La GCRH?

Article lié : En attendant Euripide

jc

  23/05/2020

La Grande Crise de la Raison Humaine?

PhG: "Notre raison est si complètement  subvertie par ses certitudes d’être elle-même le but suprême et la fin d’elle-même qu’il nous est devenu impossible d’imaginer “l’impossible”, – parce que notre-raison, justement pour conserver son statut d’invincibilité et d’exceptionnalité, a proclamé “impossible” tout ce qui n’est pas elle… "

Il m'apparaît de plus en plus nettement que la GCES s'enracine dans le choix par l'Occident de la rationalité aristotélicienne (principes d'identité, de non-contradiction¹ et du tiers exclu). Choix malheureux? PhG cite Nietzsche: "La raison est quelque chose qui doit être dépassée", Nietzsche qui a également écrit: "La contradiction est logée au coeur du monde". Cette autre option², déjà défendue par Héraclite, revient au goût du jour avec la Physique quantique (le chat de Schrödinger, à la fois mort et vivant). On comprend aisément que les matheux rechignent (Grothendieck?) à sauter le pas (que deviennent les démonstrations si la contradiction est logée au coeur du monde, si vaut le principe d'explosion³?). Ce pas, Thom l'a néanmoins sauté (l'assertion "le prédateur affamé est sa propre proie" est, selon lui, à la base de l'embryologie animale) et invite les matheux à le suivre:

"Dans sa confiance en l'existence d'un univers idéal, le mathématicien ne s'inquiétera pas outre mesure des limites des procédés formels, il pourra oublier le problème de la non-contradiction. Car le monde des Idées excède infiniment nos possibilités opératoires, et c'est dans l'intuition que réside l'ultima ratio de notre foi en la vérité d'un théorème -un théorème étant avant tout, selon une étymologie aujourd'hui bien oubliée, l'objet d'une vision⁴." (AL, p.561)

Thom: "Le rationnel, au fond, n'est qu'une déontologie dans l'usage de l'imaginaire."
PhG: "La sagesse, aujourd'hui, c'est l'audace de la pensée."⁵


¹: https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_non-contradiction
²: https://fr.wikipedia.org/wiki/Coincidentia_oppositorum
³: https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_d%27explosion
⁴: Thom propose une rationalité topologique
⁵: https://www.dedefensa.org/article/glossairedde-crisis-la-crise-de-la-raison-humaine-1

Aussi vieux que l'histoire de l'Europe.

Article lié : Poutine civilisateur ?

Ni Ando

  21/05/2020

Les pays tassés à l'extrémité de la péninsule européenne, regroupés dans un club (l'"Occident"), qui comprend également entre autres le Japon, les Etats-Unis, l'Australie, ... ont développé une perception très autocentrée de l'Histoire, quand ils n'ont pas même quelques rudiments de ce que fut leur propre histoire.  On peut leur rappeler qu'historiquement le terme "Occident" ne regroupait qu'une  poignée de pays (Angleterre, France, Italie, Espagne, Allemagne rhénane…) unis par l'empreinte civilisationnelle de l'empire romain.

L'histoire "occidentale" en Europe est loin de recouvrir toute l'histoire de cette partie du monde. Wikipedia: "Les Slaves apparaissent dans les chroniques aux Ve et VIe siècles lors des grandes migrations, lorsqu’ils pénètrent dans des territoires abandonnés par les tribus germaniques fuyant les Huns et leurs successeurs". Les peuples slaves existaient en Europe bien avant les chroniques du V ième siècle alors que César n'avait pas encore vaincu en Gaule. Les Slaves sont d'ailleurs, encore aujourd'hui, et malgré la saignée de la Seconde Guerre Mondiale, le plus grand groupe ethnolinguistique d'Europe.

C'est donc un trés ancien peuple qui remonte sous des formes diverses à l'aube de l'histoire europeenne telle qu'on la connait aujourd'hui. Ce n'est pas le fait du hasard que la Russie de 2020  ait une culture historique qui imprègne ses choix stratégiques et géopolitiques, ainsi que le type de relation qu'elle crée avec les autres Etats.  Poutine, comme d'autres,  est bien sûr le rejeton de cette histoire.

On trouve dans Wikipédia, en s'intéressant à l'étymologie du mot "slave", quelques précisions qui font penser que l'on peut retrouver dans l'enfance d'un peuple des caractéristiques qui peuvent perdurer des milliers d'années.

Trois hypothèses sont généralement retenues pour expliquer le mot slave, bien qu'il en existe d'autres :
 
1. La plus évidente et la plus simple consiste à rattacher le nom au vieux-slave "slava", avec le sens de "renommée", "gloire". Autrement dit, les Slaves se seraient eux-mêmes qualifiés de glorieux (comme les Celtes, le mot "kelt" ayant le sens de noble);
 2. Une autre hypothèse part du vieux-slave slovo (= mot, parole), les Slaves se définissant entre eux comme ceux qui savent parler, dont le langage est compréhensible : cette hypothèse s’appuie notamment sur le fait que dans les langues slaves le terme désignant un Allemand est dérivé d’un adjectif signifiant non-parlant : en ukrainien, en polonais, en bosniaque, en bulgare, en croate, en serbe et en tchèque, les mots nijem, niemy, němý, nemtsi signifient muet, et Nijemci, Niemiec, Němec signifient « Allemand ».
 3. L’hypothèse protochroniste prétend que Slava serait le nom originel du fleuve Dniepr autour duquel les premières traces des Slaves en Europe sont accréditées.
 
Le nom de « slaves » apparaît dans les chroniques au Ve siècle lorsque les Byzantins, et plus tard les peuples de l'ouest de l'Europe, commencèrent à entrer en relations directes avec eux. Lorsque pour la première fois au Ier siècle de notre ère, Pline l'Ancien et Tacite parlent des Veneti (Vénètes), voisins orientaux des Germains, il est très probable qu'ils se réfèrent aux Slaves. On suppose que le nom de « Vénètes » est une forme latine du nom de « Wendes » que leur donnaient les Germains. Au IIe siècle, Claude Ptolémée, énumérant les peuples d’Europe centrale et orientale, cite le nom de suovenoi proche du grec sklavenoi plus tardif, il s'agit très probablement de la première mention de la racine du mot « slave ».
 
Selon l’historien byzantin Procope de Césarée, chaque année à partir du début du règne de l’empereur Justinien, les Slaves attaquèrent l’Empire romain d'Orient, prenant de nombreux captifs et transformant les plaines des Balkans en « désert scythe ».

Les chroniqueurs grecs présentent les Slaves comme ceux « qui ne peuvent pas être réduits en esclavage ni subjugués dans leur propre pays ». Dans l’Empire byzantin, les Grecs du Moyen Âge désignaient les Slaves par le mot « sklavènes » (σϰλαϐένοι) et les esclaves par le terme « ergastes » (εργάστοι). Le mot grec médiéval « skylevô » (σκυλεύω) signifiait « piller » ou « prendre du butin ».

Ce n’est que trois siècles plus tard que le mot « slaves » sera, en Europe occidentale et non dans le monde byzantin, à l’origine du mot « esclaves », lorsque les armées franques en capturèrent beaucoup pour les vendre, entre-autres, aux Arabes d'Espagne qui les appelèrent « Saqāliba ».
 
Toujours est-il que le mot slave est à l’origine de la Slavonie, de la Yougoslavie, de la Slovaquie et de la Slovénie. C’est également lui qui a donné le français esclave (latin médiéval slavus, sclavus), de nombreux Slaves des pays actuellement est-allemands, tchèques et polonais ayant été réduits en esclavage durant le haut Moyen Âge (et notamment dans l’Empire carolingien), tant qu'ils étaient encore polythéistes. Une fois christianisés, le processus cessa.
 
Les Slaves, sous le nom d'Antes et de Sklavènes, commencent à être mentionnés par les historiographes byzantins sous Justinien Ier (527–565). Au début des guerres gothiques, Procope de Césarée signale la présence de mercenaires antes parmi les troupes du général byzantin Bélisaire chargé de reconquérir l'Italie sur les Ostrogoths. Procope écrit en 545 que « Les Antes et les Sklavènes ont eu un seul nom dans un passé lointain, car ils étaient tous appelés Spori dans les temps anciens ». Il décrit leur structure sociale et leurs croyances : « ils ne sont pas dirigés par un homme, mais vivent depuis les temps anciens dans une démocratie où tout ce qui concerne leur vie, que ce soit en bien ou en mal, est décidé par le peuple assemblé. Ces deux peuples barbares conservent depuis les temps anciens les mêmes institutions et les mêmes coutumes, car ils estiment que seul Péroun, le créateur de la foudre, est maître de tout, et on lui sacrifie des bovins et toutes sortes d'autres victimes ».
 
Procope mentionne aussi qu'ils étaient grands et robustes : « Ils vivent dans de misérables hameaux qu'ils mettent en place de loin en loin, mais, généralement, ils sont nomades. Quand ils entrent dans la bataille, la majorité d'entre eux va à pied contre leurs ennemis, portant peu des boucliers et des javelots dans leurs mains, et jamais de cuirasse. Certains d'entre eux ne portent pas même une chemise ou un manteau, mais juste des braies (comme nos Gaulois…). [... ]  En outre, ils ne diffèrent pas du tout les uns des autres en apparence : ce sont tous des gens exceptionnellement grands et vigoureux, aux cheveux clairs ou blonds, à la peau rose, mais assombrie de crasse. Pauvres, ils vivent une vie difficile, ne prêtent aucune attention au confort, ni même aux lésions corporelles… ». Les études archéologiques et palynologiques confirment ces dires : une péjoration climatique de l'hémisphère nord semble en effet être à l'origine des grandes invasions aux IIIe et VIIe siècles depuis les confins de l’Asie (où sévit durant des dizaines de décennies une terrible sécheresse avec des gels prolongés, attestés par les pollens fossiles) et depuis le Nord de l’Europe (où l’absence d’été provoqua des famines détectables par l’état des personnes alors inhumées).
 
 Etc..
https://fr.wikipedia.org/wiki/Slaves#%C3%89tymologie
 
 
 
 
 



 

Un peu piqué ?

Article lié : Mémoires d’un déconfit

Michel Guex-H.

  21/05/2020

Il y a  trois ou quatre semaines, en désherbant mes rosiers (d'où le titre), mon esprit vagabondant, il m'est venu l'idée d'un titre de journal :
Le Confiné libéré
Journal d'avant-garde, en marche pour un avenir déjà largement dépassé.
Le titre et l'intitulé sont libres de droits, à condition d'être repris intégralement…
Comme l'a dit un de nos ministres : "Rire, c'est bon pour la santé"... surtout en période de pandémie !
Revenant aux choses sérieuses, j'ai également apprécié la baisse de trafic sur l'autoroute pouvant me réveiller au milieu de la nuit sans entendre une seule voiture durant de longues minutes.
Le silence ! J'ai encore le souvenir datant de dix ou quinze ans où, allant avec un ami contrôler les réservoirs d'un chalet d'alpage, à 10 km de Vevey à vol d'oiseau, le bruit de nos pas dans l'herbe rase était, avec celui du torrent, le seul perceptible. C'était au mois d'octobre, le bétail était redescendu en plaine, les cours d'eau n'avaient qu'un faible débit et pas d'avion dans la portion de ciel au-dessus de nous. Un moment de bonheur !

Plus loin que notre espèce

Article lié : Le complotisme règne

jc

  21/05/2020

PhG: "... la cause de cette grandiose et furieuse époque de désintégration du monde est nécessairement de forme et d’essence suprahumaine. L’énigme est à ce niveau, à cette forme de manifestation de puissance hors de portée de l’action et de l’explication de l’esprit humain."

Alexandre Grothendieck¹: « Au moment du travail, quand peu à peu une compréhension s’amorce, prend forme, s’approfondit, quand dans une confusion, peu à peu on voit apparaître un ordre, ou quand ce qui semblait familier soudain prend des aspects insolites, puis troublants, jusqu’à ce qu’une contradiction enfin éclate et bouleverse une vision des choses qui paraissait immuable – dans un tel travail, il n’y a pas trace d’ambition ou de vanité. Ce qui mène alors la danse est quelque chose qui vient de beaucoup plus loin que le « moi » et sa fringale de s’agrandir sans cesse (fût-ce de « savoir » ou de « connaissance ») – de beaucoup plus loin sûrement que notre personne ou même notre espèce » (Récoltes et semailles)

Ce qui mène la danse? Des forces suprahumaines?

¹: http://epiphymaths.univ-fcomte.fr/seminaire/Articles%20epiphymaths/Daher-Thom_Grothendieck-2013.pdf

Nostalgie ou aspiration ?

Article lié : Mémoires d’un déconfit

Cornélius

  20/05/2020

Nostalgie ou aspiration ?

Idéalisation du passé ?

Article lié : Mémoires d’un déconfit

Ivan-Ivan Chasseneuil

  20/05/2020

Le bruit ? Les Romains s'en plaignaient. Bon, c'était la grande ville, mais tous les petits villages devaient être assourdissants : forge, marteaux frappant les enclumes, sabots des chevaux, vente à la criée, charrettes, parler fort, animaux de basse-cour, ânes, chiens, etc., etc.

Verdun

Article lié : Mémoires d’un déconfit

Sebastien

  19/05/2020

Ce bruit sourd, mécanique, lourd et presque puant de la Machine remise en marche, des voitures et des camions grondant, ce tintamarre lourd et entêtant…c'est peut-être la description de la Voie sacrée en 1916 ? Le confinement regretté évoque, quant-à-lui, l'apaisement verdoyant qui règne sur le champ de bataille de Verdun depuis les années 1920.  En 1916, la Machine a peut-être rapidement envahi le camp français, passant du Trommelfeuer aux moteurs des camions Renault ? Dans ce cas, le Verdun ontologique se réduit bien aux toutes premières heures de la bataille.