Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.
Janvier 2026 (7 articles)
30 janvier 2026 – Douguine invite à un regroupement pour lutter contre ‘Antikeimenos’, mot désignant dans sa compréhension philosophique et religieuse “le Diable”. Nous savons aussitôt de quoi il est question grâce à l’agile et gracieuse IA qui fait désormais le travail de ‘Google’. (“Est-ce que nous perdons vraiment au change ?”, me dit cette interrogation venue à mon esprit, et malgré les anathèmes sans nombre lancés contre l’IA.)
« Le terme grec ‘Antikeimenos’ (‘ἀντικείμενος’) signifie “adversaire”, “opposant” ou “ce qui est opposé” en français. Issu du grec ancien, il désigne littéralement quelqu'un qui se tient en face ou contre, souvent utilisé dans un contexte religieux ou philosophique pour désigner un opposant, voire le Diable. »
C’est la plus récente proposition (29 janvier 2026) faite par le philosophe russe, selon une logique simple et évidente, – et très forte, car il n’est rien de plus fort et d’évident que les choses simples. La chose dans ce cas se synthétise dans l’idée de former une “Internationale Traditionaliste. (Je propose, en terme plus leste et se référant à la tactique communiste, l’expression de “Ière Internationale-Tradi”.)
Douguine a d’autant plus raison à mon sens qu’il ne se fait aucune illusion. Les élites sataniques, – ou élitesSystème pour mon compte, – qui tiennent tous les leviers du pouvoir de la force considérable et nihiliste développée par la modernité, tiennent par conséquent tous les moyens de manipulation des masses qui ne peuvent rien contre cette pression exercée contre elles, et ne cherchent même plus à comprendre. Contre elles, les élitesTradi (proposition sémantique initiale et peut-être temporaire) sont faibles et désorganisées, et l’objet d’impitoyables chasses aux sorcières.
(Suite)
22 janvier 2026 (15H45) – Nous allons vous présenter un texte dont nous savons rien précisément sur tous les attributs de sa fabrication, mais dont nous apprécions le sens comme exceptionnel dans notre époque, c’est-à-dire conforme à ce que nous jugeons être le meilleur du sens des choses. Or, pour nous comme pour moi, ce qui compte dans un texte c’est ce qu’il dit à notre esprit. Peu m’importe qu’il soit le produit d’un complot, d’une cabale, d’un schisme ou d’un dessein impie, d’un banni ou d’un Empereur-philosophe ; si le texte est bon comme j’entends “être bon”, s’il reprend ce qui m’est cher dans mes orientations profondes et les éclaire, je prends ! Quant à l’auteur et à la couleur du temps comme à l’avis des ‘fact-chekers’ et des censeurs de l’Europe-UE, – un seul mot : caltez volailles !.
Ce texte est publié par un site dont je ne connais rien et dont, pour l’instant, avant la publication de ce texte, je ne veux rien savoir. Il ne dit rien de faux ou de faussaire dans les faits puisqu’à part une date et une réunion qui sont connues de tous, ainsi qu’une personne que l’on connaît bien et dont le métier est la relation avec le public, il n’y a aucun fait qui puisse être manipulé. En plus, enfin, il correspond tout à fait à la tendance qu’il décrit par rapport aux milieux dont il est issu, qui me sont chers et ménagent la seule voie pour établir un pont vers l’avenir. Son intérêt réside dans sa clarté et son tranchant, dans les détails et les ambitions de la perspective qu’il offre, qui correspondent complètement à ce que je pense et surtout ressens intuitivement. C’est-à-dire qu’il nous donne du matériel pour mieux étayer notre pensée et ses prolongements.
Le texte est un ‘verbatim’ d’une conférence impromptue qu’aurait donnée à ses interlocuteurs professionnels, la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, la belle Maria Zakharova. Ce n’est pas un texte de Zakharova directement repris mais une interprétation, souvent presque littérale, de son texte, avec notamment sa phrase de départ, « La protection des valeurs traditionnelles est une question directement liée à la souveraineté et aux intérêts nationaux ». Le site se nomme ‘Le Contexte mondial’, le texte du 21 janvier 2026, la présentation d’une voix claire et parfois dramatique (inutilement), et je soupçonne, selon un constat absolument neutre de l’esprit, avec un emploi intensif, – dans le bon sens, – de l’intelligence artificielle dans cette occurrence.
(Suite)
Voyez ‘Reddit.com’ sur le gros chagrin de Lindsay Graham, la voix tremblante de sanglots en annonçant que l’on ne bombardera pas l’Iran (“Courage, les Iraniens, vous ne serez pas bombardés cette fois, mais on y arrivera !”) :
« Lindsey Graham pleurait sur Fox News parce qu'il n'avait pas réussi à entraîner le président américain dans un bourbier et une guerre sans fin contre l'Iran au nom d'Israël, et à mener sa guerre de religion. »
Dans un segment du ‘Jimmy Dore Show’, de Jimmy Dore on l’aura deviné, Dore s’attarde sur les larmes du sénateur Graham et interroge Max Blumenthal, – formidable journaliste de ‘Grayzone’, – à ce propos. Blumenthal développe l’argument désormais classé dans les vérités évidentes de la presse-‘Samizdat’ contre le silence de la presseSystème, de manifestations organisées conjointement par le Mossad avec la coopération de la CIA. (Ci-après, la présentation de l’intervention de Blumenthal.)
« Dans ce segment, Jimmy Dore interviewe le journaliste Max Blumenthal au sujet des pressions exercées par les États-Unis et Israël en faveur d'un changement de régime en Iran. Il souligne notamment les appels enthousiastes de Lindsey Graham à une intervention militaire, suivis de ses larmes de tristesse lorsque Trump a choisi de se retirer. Blumenthal soutient que les troubles récents en Iran sont présentés comme des manifestations pacifiques afin de justifier une intervention, établissant des parallèles avec la Syrie et l'ingérence extérieure du Mossad et d'autres services de renseignement.
» Max affirme qu'Israël est le principal moteur qui pousse Washington vers la confrontation, cherchant à éliminer la dernière grande puissance régionale à résister à la domination israélienne et américaine. La discussion met en garde contre les conséquences catastrophiques d'une guerre contre l'Iran, qui mettrait en danger la vie des soldats américains et servirait les objectifs stratégiques israéliens plutôt que les intérêts nationaux des États-Unis.
» Retrouvez les articles de Max sur ‘The Grayzone’. »
Il se passe également, semble-t-il les amis, que les Iraniens ont réussi l’exploit (ici documentée avec l’aide aimable et absolument objective type-Mossad de France-24, extraordinaire vitrine à l’étalage de douce et sophistiquée propagande) d’aveugler le réseau US Starlink qui continuait à alimenter l’internet et les téléphones cellulaires en Iran, malgré la décision du gouvernement, et ainsi permettant aux manifestations de “changement de régime” de se coordonner dans une sauvagerie remarquable dont Blumenthal nous parle abondamment. En fait, les Iraniens semblent avoir reçu des systèmes de brouillage inédits des Russes et des Chinois, qui ont fortement perturbé Starlink (voyez les détails sur les systèmes russe et chinois ‘Krasukha’ et JN 1199 dans une vidéo de ‘Borzzikman’). La chose est largement documentée par la presse israélienne elle-même, et l’on peut voir sur le segment de Jimmy Dore aussi bien des extraits de cette presse que des vidéos sur l’activité opérationnelle et promotionnelle des équipes du Mossad en Iran. On espère que les ONG humanitaires défendront le sort des équipiers du Mossad en mission de libération solidaire, et lâchement touchés ou même capturés et menacés dans leur intégrité par les forces de l’ordre du régime sur le point de changer en Iran.
(Suite)
18 janvier 2026 (09H50) – Mercouris et Christoforou s’en sont payés une bonne avant-hier : le commentaire par Mercouris avec un excellent renvoi de balle de Christoforou du discours aux ambassadeurs de Poutine. Les deux compères ont bien ri de ce que peut et doit être la réaction des Européens qui roulent des mécaniques depuis quatre ans aux frais du sang des Ukrainiens et qui sont soudain forcés de regarder la réalité, – lav réalité qui se nomme ‘Orechnik’, on y reviendra plus loin....
... Car, dit Mercouris, l’homme encyclopédique qui décortique avec une loupe les discours qui importent, – les médias de la presseSystème ont fait dire à Poutine le dixième faussaire de ce qu’il a vraiment dit. Mais les grands, dans leurs chancelleries, vont finir par comprendre ce dont il s’agit. Ce n’est pas du tout rassurant et nous pouvons anticiper la profondeur abyssale de leur réaction paniquarde.
Qu’a dit Poutine, selon Mercouris ? Trois choses principalement :
• D’abord, une longue critique de la politique des USA/de Trump : l’unilatéralisme, les actions brutales contre le Venezuela, l’Iran, etc ., bref l’irrespect complet des lois internationales.
• Ensuite, la réaffirmation extrêmement insistante que Cuba est un allié effectif de la Russie et que la Russie s’engage à soutenir ce pays en cas de contrainte exercée sur lui, notamment et essentiellement par les USA. Poutine a été très insistant, comme s’il disait (en référence à l’Iran qui a refusé à plusieurs reprises l’aide de la Russie) : “S’il vous plaît, laissez-nous vous aider, économiquement, sanitairement, militairement”.
• Enfin, et de loin la chose la plus importante : la crise et la guerre en Ukraine ont été déclenchés directement par l’élargissement de l’OTAN jusqu’aux frontières de l’Ukraine. En un sens, qui soit être un appel au bon sens et au bon sens triomphant, on ne peut espérer un complet rétablissement de l’équilibre et de l’apaisement qu’en repliant toutes les forces de l’OTAN en-deça des limites de 1998 de l’Alliance. Il faut complètement redessiner la géographie de la sécurité européenne.
(Suite)
14 janvier 2026 – C’est ce texte d’Alastair Crooke qui m’a donné l’idée à moi-même de demander à PhG, en personne, de reprendre quelques extraits d’un texte qu’il écrivit en son temps, à propos du « dernier homme » débusqué par le Zarathoustra de Nietzsche. Il nous vint, à la lecture de Crooke (qui cite Nietzsche, bien sûr) la question : Trump, avec son absolu nihilisme et sa complète ignorance des valeurs humaines, est-il peut-être bien le « dernier homme » de Nietzsche ? Cette phrase superbe de Nietzsche définissant ce « dernier homme » ne va-t-elle pas comme un gant à notre ‘The Donald’, d’autant plus s’il est en mauvais état puisqu’éventuellement atteint d’une sorte de démence sénile qui ne serait alors qu’un moyen diabolique de renforcer son caractère de « dernier homme » ? Poser la question, comme on dit en clignant de l’oeil... Écoutez cela, où Zarathoustra nous parle de ce trop fameux « dernier homme » :
« Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait pas se mépriser lui-même… »
La suffisance tambourinesque et le narcissisme abracadabrantesque de Trump l’occupent bien assez pour être seulement effleuré par cette absurde proposition de « se mépriser lui-même… », – ce qui est pourtant le fondement même de l’incertitude humaine, de l’interrogation existentielle, du doute salvateur et de l’esprit-critique qui nourrit la joie inimaginable de la liberté de l’esprit vis-à-vis de soi-même. Qui n’a rien ni jamais éprouvé de tout cela, répond effectivement à la vision nietzschéenne.
(Suite)
4 janvier 2026 (19H30) – Il est vrai que, sur les événements en-cours, je dirais, avec plus de raisons encore que lui, cette phrase du Russe Grigori Koubatian qui présente un texte sur l’histoire du pays depuis la prise du pouvoir par Chavez :
« À propos du Venezuela. J'y suis allé depuis trop longtemps (il y a 20 ans) pour pouvoir prétendre juger des événements en-cours. »
En effet, il existe énormément de zones d’ombre sur cette affaire, qui la distingue du standard habituel de cette sorte d’événements auxquels les USA sont accoutumés depuis à peu près la fin de la première moitié du XIXème siècle (1847, guerre avec le Mexique). Un autre point remarquable et qui ne peut être dénié, comme la position de Koubatian, est la position surprenante de Trump vis-à-vis du Prix Nobel-bouffe de la Paix 2025, attribué à la sénatrice vénézuélienne Maria Corina Machado, figure de l’opposition et enthousiaste partisane d’une intervention US. Tout le monde la voyait donc comme voyageant dans les bagages des ‘Delta Forces’ pour être installée à la place de Maduro.
Rien ne s’est passé comme cela puisque personne n’a é été installé de force à la place de Maduro, sinon sa vice-présidente Delcy Rodriguez, une fidèle de Chavez, confirmée à ce poste hier matin par la Cour Suprême (vénézuélienne...).Quant à Machado, elle a été durement renvoyée dans les cordes par Trump, soudain soucieux du respect de la volonté populaire :
(Suite)
3 janvier 2025 (19H00) – Que se passe-t-il en ce tout-tout début de l’année 2026, qui ne soit impossible de cataloguer comme un tournant, – ou plutôt, l’accentuation d’un tournant, la fureur d’une courbure de plus en plus contraignante, comme une route de montagne frôlant le précipice ? Rien en vérité, puisque tout est folie tourbillonnante, évidemment née d’un tourbillon crisique à nul autre pareil. Considérez donc les nouvelles, – vite fait bien fait, et nullement exclusives car il y en a d’autres !
• Les Américains ont attaqué le Venezuela par des assauts héliportés. Maduro et son épouse sont catrurés, nous dit Trump, et le monde respire de ce goût de liberté légèrement colorés de pétrole du meilleur cru. Sur la route des airs, une barrière qui nous informe : “Changement de régime en cours, on ne passe pas”.
• Trump a décidé de nous faire part de son intention de voler au secours des Iraniens qui se révoltent parce que les prix de la vie en Iran sont trop élevé conséquemment aux sanctions (US, of course) appliquées à l’Iran depuis presqu’aussi longtemps qu’à Cuba. Trump est là, sur le qui-vive, prêt à intervenir.
• Il suit les conseils du souriant Netanyahou, criminel de guerre en goguette et stratège grandissime d’un nouveau Moyen-Orient comme modèle universel d’une religion du sionisme, qui est venu lui demander conseil et lui recommander de préparer ses bombes pour Teheran.
(Suite)