Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Tourbillon crisique-54 : notre Guerre Civile soft

  mercredi 27 juin 2018

27 juin 2018 – Les “Tourbillon crisique” (je parle de la rubrique, proclamée invariable) tourbillonnent, se suivent et s’imposent, et se ressemblent d’une certaine façon tout en étant chaque fois différentes. Elles s’accumulent, ces rubriques, tentant péniblement de rendre compte d’un mouvement devenu fou, fait de dynamiques folles rassemblant des acteurs déments, chaque jour dévoilant sa folie particulière... Même les esprits les plus déterminés ne s’y reconnaissent plus. Prenez un Obrador, dont on nous dit qu’il sera élu dimanche président du Mexique et dont l’élection devrait déclencher une phase de tension terrible avec les USA, sinon une guerre civile, – et le voilà qui doit se dire : “Ces gringos-yankees, ils sont fous ! Ils n’ont même pas attendu mon élection pour commencer ‘leur’ guerre civile ! Ont-ils besoin de moi pour ça ?”

Il faut dire que la Grande République s’est à nouveau enflammée comme une torche mal éteinte, – non, pardon, qui ne s’éteint jamais, qui attend chaque instant d’occasion pour faire éruption à nouveau. C’est la torche du “désordre éclairant le monde”. L’affaire des enfants migrants séparés de leurs parents, mis dans des camps différents, d’ailleurs selon des législations héritées de l’époque Obama, a lancé une nouvelle phase de l’insurrection absolument increvable, sans fin, impossible à stopper, contre le clown-bouffon (et Messie ?) qui les dirige, – qui prétend les diriger, qui ne dirige personne, qui s’en fout d’ailleurs parce qu’il n’en fait qu’à sa tête... On a les présidents qu’on peut dans ces Temps du Grand Trouble, la France de la Fête de la musique à l’Élysée et d’autres fleurons de notre civilisation peuvent en témoigner.

Un parlementaire de la Chambre a posté un tweet : « America is heading in the direction of another Harpers Ferry. After that comes Ft. Sumter » (Consultez vos Wikipédia : Harpers Ferry et Fort Sumter sont deux épisodes menant à la Guerre de Sécession.) Ils sont tous d’accord, c’est vraiment le sentiment et le jugement qui importent aujourd’hui, et il est complètement inutile de se donner la peine de traduire tant ces mots-là résonnent dans nos esprits. « I think we’re at the beginning of a soft civil war. … I don’t know if the country gets out of it whole », dit le “political scientist” Thomas Schaller ; et le professeur Glenn Harlan Reynolds interroge “Est-ce que l’Amérique se dirige vers une guerre civile ?”, pour répondre, après avoir répondu que oui, que cette guerre civile est d’ailleurs d’ores et déjà en marche “à un bon rythme” : « Will it get worse? Probably. » L’auteur Tom Ricks approuve tout cela, et moi, voyez-vous, je ne suis pas d’un avis très différent.

.... Ce à quoi ajoute, fort justement, notre ami James Howard Kunstler : « Le problème est que les entités qui sont dans l’attente pour remplacer à la fois ces démocrates et ces républicains devenus inutiles, irresponsables et sans le moindre courage, sont le chaos et la violence, et non des partis constitués avec des programmes politiques cohérents. Les États-Unis, et en réalité toutes les nations dites avancées sur terre, se dirigent vers une ère de pénurie et d'austérité qui risque de se présenter comme un terrible et meurtrier désordre. »

Kunstler a raison de parler de “toutes les nations dites avancées” car nous sommes dans le même luxueux paquebot à la coque criblée de voies d'eau pleines de flots d’immigrants, – le Titanic dans sa version postmoderne, on s’en serait douté. Nous, en Europe, dans le chef de nos irresponsables dirigeants, sommes complètement responsables, bien sûr sous la magistère de nos maîtres d’Outre-Atlantique et spécifiquement du progressiste-sociétal Obama lui-même, – et ceci explique cela, – donc, complètement responsables par nos guerres infâmes de cette crise migratoire. (Voyez l’article d’Eric Zuesse.) Ce qui est à la fois sympathique et ironique, c’est que le Système a ainsi tracé des avenues impériales pour nos terrifiants populistes, dont certains s’avèrent drôlement pugnaces et terriblement activistes (voyez l’Italien Salvini), et qui plongent dans leur 19th Nervous Breakdown les distinguées journalistes-dames de la BBC interviewant dans un état d’une terrible et indescriptible indignation un ministre du gouvernement Orban stupéfait par cette intrusion télévisuelle. Tel autre sage nous disait bien que la libération de la femmes apporterait enfin un peu de sagesse, de tendresse et de bienveillance dans ce monde plein de brutes et de fureur, raconté par un mec obtus et qui ne signifie rien.

J’irais vers ma conclusion en vous signalant la délicieuse aventure de l’ancien secrétaire général de l’OTAN et Haut Représentant de l’UE Javier Solana qui s’est vu refuser un visa pour les USA pour une série de séminaires et de conférences parce qu’il s’était rendu en Iran. C’est indubitable, il y est allé, en Iran, puisqu’il a négocié l’accord avec les Iraniens au nom de l’UE, avec ses amis américains et russes. On s’est quand même un peu inquiété de la chose, à “D.C.-la-folle” et l’on a découvert que le décisionnaire-suprême pour la délivrance des visas était un algorithme du temps d’Obama. (Mais certains jugent, et on les comprend, que l’actuel POTUS-clown-bouffon a une grande part de responsabilité là-dedans.)

Cela a été à un point que notre ancien ambassadeur à l’ONU puis aux USA Gérard Arraud, pourtant fort élégant et fort ami de “our American friends”, a tweeté, en American-English comme il se doit : « Strange that our American friends are discovering only now this Obama regulation. Scores of European scholars, parlementarians and business people have already faced the same constraints. »

Enfin, croyez-vous qu’il soit utile de tenter d’approcher une vérité-de-situation, même sur ce cas accessoire mais si symbolique du Solana, qui nous montre que la crise de l’immigration avait précédé Trump ? Tout comme de savoir si l’immigration, d’ailleurs enfantée par notre propre barbarie guerrière où trônent bien haut, vertu au vent, ces mêmes progressistes-interventionnistes qui nous jettent en pleine poire l’insupportabilité de leur vertu offensée, finira effectivement par une guerre civile (“soft”, certes) ? Mais non mais non, inutile démarche,  parce que la guerre civile s’est depuis longtemps constituée en un tourbillon crisique (le vrai, pas la rubrique), qui tourne dans leurs têtes et nullement à nos frontières.

Il y a un signe de Dieu, qui pourrait bien être en train de se réveiller pour faire ses comptes, dans cette correspondance des deux crises sur le même thème selon des origines complètement différentes, sur les deux rives de notre Atlantique commune, pour des avatars complètement différents, et pourtant toutes deux dans le même sens et selon un destin qui se révèle commun. La solidarité transatlantique mène à tout, y compris à la Chute commune.

Tourbillon crisique-53 : Merkel, isolationnisme, Panmunjom 

  dimanche 17 juin 2018

17 juin 2018 –Le recours à la “rubrique dans la rubrique” (Tourbillon crisique dans le Journal-dde.crisique) s’impose de plus à moi, comme les évènements eux-mêmes. (Cette abondance justifiant l’apparition de titres accompagnant la rubrique numérotée.) C’est le signe de la maturation à une très grande vitesse de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) dont le moyen opérationnel est évidemment l’accélération du tourbillon crisique. Dont acte, même s’il s’agit d’une confirmation de ce que j’écrivais dans le Tourbillon crisique-49.

L’illustration sollicite ici trois évènements, qu’ils soient directs ou décrits par un commentaire.Ils sont liés les uns aux autres, ils ne peuvent être que liés parce que c’est la raison d’être à la fois météorologique et métahistorique du “tourbillon crisique” : tout se touche, tout se tient, tout influence tout, tout s’explique par tout. Une vision intégrée de la GCES est, sinon chaque jour, dans tous les cas constamment nécessaire pour permettre une juste appréciation de l’événement dès qu’un événement d’importance se produit. Plus que jamais, chaque jour davantage, l’actuel (“l’actualité”) renvoie directement à la métahistoire.

Le premier cas est celui de Merkel, dont a déjà vu qu’elle est plongée dans une grave crise interne. Kai Whittaker, un député de son parti (la CDU), – cette fois, ce n’est pas un canard (FakeNews, comme disent les zombies), – a résumé hier la situation : « Nous sommes dans une situation grave parce que la question de la crise migratoire est devenue une question de pouvoir ... La question est de savoir qui dirige le gouvernement ?Est-ce Angela Merkel ou est-ce Horst Seehofer ? Tout le monde reste sur ses positions... [...] [...I]l se pourrait bien qu’à la fin de la semaine prochaine nous ayons une situation nouvelle. Probablement un nouveau chancelier. »

Imagine-t-on ce que signifierait le départ de Merkel dans de telles conditions, alors que Seehofer, patron de le CSU bavaroise, fait face à des élections régionales au début de l’automne et, craignant de ne plus avoir la majorité avec un AfD triomphant, ne cesse de radicaliser sa position ? C’est la possibilité du basculement de l’Allemagne dans ce qu’on doit désormais nommer “le camp populiste”.

Le deuxième cas est un article de l’ancien diplomate et conseiller républicain au Congrès, James George Jatras, « It’s Time for America to Cut Loose Our Useless So-Called ‘Allies’ ». L’intérêt de cet article est à mon sens d’être archétypique d’une vision isolationniste d’un type absolument nouveau, que je qualifierais d’“activiste” dans le sens d’une rupture réaliste mais complète des liens “privilégiés” sans nombre qui unissent les USA à des régions et à des partenaires (dont les Européens au premier rang) au nom de principes et d’intérêts vieux de près de trois-quarts de siècle, – une sorte assez curieuse sinon audacieuse, et nouvelle certes, d’“isolationnisme engagé”...

Je m’arrête à cet article car il faut bien essayer, d’un instant à l’autre , de comprendre la profondeur et la vitesse des changements en cours. Il se pourrait bien qu’on trouve là la description de l’Amérique telle que le comportement fait pour être imprévisible, la brutalité, le caractère hypomaniaque (maniaque contrôlé) associé à une vision extrêmement réaliste de l’économie de Trump sont en train de la modifier profondément. Tout se passe comme si Jatras nos offrait une clef pour comprendre des conséquences extraordinaires mais désormais concevables du désordre trumpiste qui est, désormais lui aussi, la principale dynamique dans le tourbillon crisique, secouant avec une fureur étonnante le très vieux “Nouvel Ordre Mondial” que l’establishment atlantiste n’a cessé de nous offrir depuis quelque part entre 1945 et 1950.

Parmi les bruits de cette fureur, il y a les échos de la rencontre de Singapour, entre Trump et Kim, qu’un républicain anti-Trump cité par Jatras qualifie d’“axe des trous du cul”, ou “CRANK” (*), – pour China-Russia-America-North-Korea. Drôle d’alliance, non ? Cette rencontre, ce « Trump-Kim geopolitical reality-TV show » a ouvert un nouveau front de crise à Washington, pour la simple cause, nous dit Pépé Escobar, de la présence du point 3 du communiqué commun : « La réaffirmation de la ‘Déclaration de Panmunjom’ du 27 avril 2018 où [la Corée du Nord] s’engage à travailler à la complète dénucléarisation de la péninsule coréenne ». Cet engagement implique bien entendu la dénucléarisation de la Corée du Nord, mais aussi celle de la Corée du Sud, c’est-à-dire le départ des forces US de Corée du Sud.

Voilà pourquoi “D.C.-la-folle” résonne d’une nouvelle polémique furieuse à la suite du reality-show historique de Singapour, parce que tout ce qui se rapproche d’une perspective de paix et de stabilité dans le monde, notamment mais essentiellement par le moyen du retrait de troupes US, est dans la capitale du Système un motif de profonde terreur. Une crise de plus dans la suite crisique interminable, comme une basse continue démente, qui règne à “D.C.-la-folle” : ainsi le clown-et-bouffon, The-Donalds’avère-t-il aussi un véritable terroriste, de la pire espèce. Qui arrêtera jamais le tourbillon crisique ?

Note

(*) “Crank” : on dit que ce mot, outre de désigner une manivelle, désigne une “personne stupide”, “complètement tombée sur la tête”.

Le modèle collapsologique ukrainien

  jeudi 14 juin 2018

14 juin 2018 – On a assez peu l’habitude sur ce site d’intervenir directement à propos d’un texte d’un collaborateur ou d’un chroniqueur extérieur qu’on y publie. Parfois, l’exception vient confirmer la règle, et pour mon compte, pour cette fois, c’est à propos du texte d’Orlov sur l’Ukraine de ce même 14 juin 2018, « Mort et résurrection d’un blogueur ».

Ce texte repose sur une trouvaille brillante, c’est-à-dire la conceptualisation de l’idée que l’Ukraine est un modèle grandeur nature de l’effondrement, du collapsus qui est le thème de la discipline développée par Orlov de la collapsologie : « ...un laboratoire in vivo et en temps réel du processus de l’effondrement ». D’une certaine façon, on pourrait exposer l’hypothèse que le destin de l’Ukraine est sans doute un des modèles de ce qui nous attend...

D’autres pays se sont effondrés, – on les appelle des “failed States”, – mais aucun ne l’a fait, ou plutôt n’est en train de le faire, de lui-même, sans intervention brutale décisive de l’extérieur ; et certains d’eux sont éventuellement capables de se relever lorsqu’une cause extérieure majeure sera annihilée. Ce n’est pas le cas de l’Ukraine. Littéralement, l’Ukraine se déstructure et se dissout d’elle-même, parce qu’elle dispose de tous les “ingrédients collapsologiques” que produit le Système dans le développement de son équation surpuissance-autodestruction.

Il n’y a pas eu d’attaques extérieures très violentes et destructrices, comme en Irak ou en Libye par exemple, ni de multitudes de conflits internes très violents alimentés par de nombreux acteurs extérieurs, comme en Syrie, ni de guerre civile de forte intensité, ni d’invasion, ni de campagne d’annihilation, ni d’installation importante de contingents étrangers armés importants, ni de groupes transnationaux de désordre ou de terreur actifs, etc. Il y aurait pu y avoir l’un ou l’autre de ces éléments, et il y a eu comme on dit des “départs de feu” dans ce sens, mais rien de décisif et l’Ukraine a été laissée à elle-même. D’où cet aspect de “laboratoire”, sans aucun doute.

Le sort actuel de l’Ukraine a été préparée et développée par une intervention déstabilisatrice initiale de l’Union Européenne (novembre 2013), un coup d’État complètement manipulé par les USA (février 2014), un conflit interne (depuis avril 2014) qui aurait pu devenir une sorte de “guerre d’Espagne” postmoderne mais qui s’est transmuté en une sorte de sécession stagnante, une sécession rapide et décisive (mars 2014) qui a provoqué une rupture sans riposte (la Crimée), une agitation de groupes extrémistes armés (extrême-droite néo-nazis) quasi-permanente mais qui ne s’est jamais transmutée en une action de désordre organisée significative. Il y a eu des interventions diverses des acteurs extérieurs principaux (UE, USA, Russie), mais toutes assez dissimulées, par des moyens indirects, aucune ne prenant l’aspect d’une intervention puissante, visible, ni décisive en aucune façon.

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Justin, gare au Red Plan

  lundi 11 juin 2018

11 juin 2018 – Le jeune Trudeau est entré dans la catégorie des haines irrémédiables du président des États-Unis (POTUS n°45). C’est simple, on lui promet l’enfer, tandis que son père, lui, n’avait eu droit qu’à un très classique “son of a bitch” de Nixon en 1972, et encore resté en petit comité et resté classifié jusqu’en 2008 ; l’inimitié entre Kennedy et Diefenbaker était également connue...

Le fait est que les relations entre les USA et le Canada (anglophone), qui sont entrées dans un nouvel épisode épique, n’ont jamais été si faciles qu’elles paraîtraient si l’on se fie à leurs liens divers, notamment culturel (l’anglosphère), notamment économique (l’accord ALENA, aujourd’hui remis en cause par Trump),notamment de sécurité (par exemple la défense aérienne du Canada et des USA est entièrement intégrée à l’avantage évidemment des seconds, au sein de NORAD, – North American Aerospace Defense). Sans remonter aux origines (des USA) où insurgents, Français, Anglais et certaines tribus indiennes s’affrontèrent dans des conflits divers, le XXème siècle lui-même a été le théâtre d’un épisode dépassant largement le stade de l’insulte, classified ou tweetée. L’histoire du Red Plan mérite un rappel parce qu’il bouleverse et même pulvérise le sentiment unitaire irrésistible, et suprémaciste cela va de soi, que le monde anglo-saxon, l’anglosphère, entend répandre autour de lui.

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Tourbillon-crisique-52 – Sapiens au milieu des ruines

  lundi 11 juin 2018

11 juin 2018 – Le bloc-BAO, la civilisation occidentale, l’anglosphère, l’américanisation-globalisation, le Système enfin, appelez la chose comme vous voulez, est devenu décidément un immense champ de ruines qui semble se poursuivre au-delà de l’horizon, en fait comme privé d’horizon pour le limiter. Le G7, ou G7-1, peu importe, nous a offert un spectacle sans précédent de désintégration accélérée d’un ensemble qui tient toutes les structures politico-économiques depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

« Ce qui se déroule est un effondrement historique des relations diplomatiques et économiques entre les grandes puissances impérialistes. Pendant les trois quarts de siècle qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la classe dirigeante a largement reconnu que les guerres commerciales de la Grande Dépression des années 1930 ont joué un rôle majeur dans le déclenchement de cette guerre et que les guerres commerciales devaient être évitées à tout prix. Ce consensus est maintenant rompu.

Les conflits explosifs et l'incertitude dominent l'économie mondiale. Les États-Unis, l’UE et le Canada préparent des tarifs qui auront des répercussions sur des milliards de dollars de marchandises et qui menaceront des dizaines de millions d'emplois dans le monde. Comme le montrent les propos de Trudeau et Trump, les menaces tarifaires américaines mettent en branle une spirale ascendante de tarifs et de contre-tarifs aux conséquences potentiellement dévastatrices. » (Alex Lantier, WSWS.org, le 11 juin 2018.)

Un premier fait essentiel est que nous sommes un certain nombre à observer en parfaite conscience et directement, instant pour instant, comme l’on dit “en temps réel”, à cet événement de l’effondrement. La majorité du public est encore dans la caverne de Platon, certes, puisque le programme reste des plus attractifs mais l’affluence commence à se réduire et, surtout, à se réduire la croyance que le programme projeté représente l’essentialité et la vérité des évènements fondamentaux. 

Désormais une majorité, – ceux qui y pensent intensément, ceux qui ne veulent pas trop y penser mais qui le savent, ceux qui ne pensent pas mais ne s’en contentent plus, etc., – une majorité sait qu’il se passe des choses terribles et que nous le savons bien, et que nous voyons la chose même si nous ne comprenons pas tous comme cela doit l’être, même si nous nous perdons dans les interprétations diverses ; mais l’ébranlement, lui, est ressenti par toutes et par tous. C’est comme un énorme frisson du monde que nous identifions parfaitement et qui nous saisit, parcourt notre colonne vertébrale et serre notre âme de l’affreuse incertitude de l’inconnu...

Au début de son essai Chronique de l’ébranlement – Des tours de Manhattan aux jardins de l’Élysée (Mols, 2003), PhG, qui ne tenait pas encore son Journal-dde.crisis comme je le fais désormis, écrivait :

« D'abord, il y a ceci: en même temps que nous subissions cet événement d'une force et d'une ampleur extrêmes, nous observions cet événement en train de s'accomplir et, plus encore, nous nous observions les uns les autres en train d'observer cet événement. L'histoire se fait, soudain dans un déroulement explosif et brutal, nous la regardons se faire et nous nous regardons en train de la regarder se faire. On sait également que ceux qui ont décidé et réalisé cette attaque l'ont fait parce qu'ils savaient qu'existe cet énorme phénomène d'observation des choses en train de se faire, et de nous-mêmes en train d'observer. Le monde est comme une addition de poupées russes, une duplication de la réalité en plusieurs réalités emboîtées les unes sur les autres.

» Nous ne pouvons prétendre sortir indemnes de tout cela... »

Ce commentaire concernait, on l’a deviné, l’attaque du 11 septembre 2001. Depuis, le phénomène ainsi décrit se poursuit, au jour le jour, heure après heure, charge à nous de débrouiller le faux infiniment faux du vrai perdu dans des vérités-de-situation... Sauf que ce week-end, lors du G7 devenu l’espace de deux ou trois tweets ravageurs de qui-l’on-sait G7-1, tout le monde a vu toujours dans ce même temps réel, devenu le Temps-métahistorique, cette extraordinaire implosion de la structure fondamentale de l’ordre du monde devenu désordre indescriptible, – Les hommes au milieu des ruines, écrivait Julius Evola, qui n’avait encore rien vu même s’il en devinait pas mal... Il y avait longtemps que cela n’était plus arrivé dans ce déluge de nouvelles fausses et de discours trompeurs : nous avons tous vu la même chose, en même temps, se produire sous nos yeux.

Le plus remarquable de ce week-end magique au Québec, ce fut la façon dont les composants de la réunion d’habitude si contrôlée et si bornée brisèrent toutes les normes et tous les cloisonnements. En un instant, l’événement devint cosmique, général, concernant le Système dans son entièreté. A part celui du bouffon de Dieu ou du Diable, ou des deux qui sait, qui s’était déjà envolé pour d’autres désordres, tous les visages exprimaient la même extraordinaire incertitude : Et maintenant, qu’allons-nous faire ? Et maintenant, que va-t-il se passer ?

A l’autre bout du monde, en Chine, Xi et Poutine échangeaient des avis culinaires sur des gâteries chinoises dans une salle d’une immensité dont seul le régime communiste chinois a le secret. La réunion de l’Organisation de Coopération de Shanghai se déroulait dans un ordre parfait, comme un contrepoint moqueur au désordre de l’autre côté. Les deux hommes échangeaient des sourires complices et ironiques. La réunion s’est fort bien passée, à la satisfaction de tous. Je n’ai pas une seconde eu l’impression qu’ils étaient là pour clamer : “Nous voilà, nous allons vous remplacer !” Ils semblaient dire plutôt : “Eh bien, nous vous l’avions bien dit. Voilà les ruines désormais partout éparses. Et maintenant, qu’allez-vous faire ? Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Valsez, les G !

  samedi 09 juin 2018

9 juin 2018 – Au départ, c’était net, clair, digne et d’une cooltitude infinie puisque émanant de Sa Grâce Insurmontable, Barack H. Obama : on liquidait les Russes du G8 et on passait au G7, point-barre, point-Barack. C’était en 2014, du temps où il y avait encore quelques restes épars de civilisation-Système, c'est-à-dire un peu d'ordre dans les rangs. Cela faisait sérieux. C’était planté net dans un tapis de ces FakeNews-là qui n’avaient pas encore reçu leur nom de baptême, auxquelles il était de bonne tenue de croire. Le bon ton était enfin de conclure : “Enfin, nous voilà ensemble, entre amis et complices, sans trouble-fête suspect. Nous allons pouvoir faire du bon travail et sauver la civilisation.”

Comme The Times they are a changin’... Voyez comment se passe une vraie jam session aujourd’hui, simplement en préparation de la réunion des G, et goûtez la différence.

D’abord, il y a Bruno Lemaire sortant de la réunion des ministres, une semaine avant le pow-wow des grands chefs, et contenant difficilement son ire, pour finalement lâcher la flèche du Parthe : “On pourrait tout aussi bien faire un G6+1 !” (C’est-à-dire, voulait-il dire : un G7-1, ce serait plus juste.) A partir de là, tout alla très, très vite.

(Suite)

Tourbillon crisique-51

  jeudi 07 juin 2018

7 juin 2018 – Quand vous avez deux gentils jeunes hommes comme Macron et Trudeau qui discutent et que le premier dit au second, comme pour le rassurer( ?), « Aucun dirigeant n’est éternel », et cela parlant du président Trump, vous êtes fondé à vous dire qu’il se passe des choses peu communes et qu’ils iront tous demain à la réunion du G7 avec un pistolet à la ceinture. On dit même que Merkel est décidée à dire toutes ses vérités à Trump, et la liste est impressionnante. On ajoute même que ce G7 pourrait bien se terminer sans communiqué commun, marquant l’extraordinaire désunion de ce que nous nommons “bloc-BAO”.

Un monsieur qui se nomme Ian Bremner et qui dirige l’Eurasia Group, une forme de consultance pour les prises de risques politiques, juge le G7 de demain comme le plus dysfonctionnel et le plus antagoniste qui ait jamais eu lieu. Son commentaire est le suivant : « L’ordre ancien est mort. Ce pour quoi nous nous nous battons aujourd’hui, alors qu’émerge un ordre nouveau, c’est autour de la question qui est posée de savoir si les USA occuperont la place la plus importante autour de la table ou non. D’ores et déjà pour moi, la réponse est non. »

Encore parle-t-il d’une réunion où des puissances telles que la Russie, la Chine, l’Inde sont absentes, c’est-à-dire les puissances qui s’affirment déjà comme dominantes, sans lesquelles rien ne peut être fait... Mais faire quoi d’ailleurs ? A la Maison-Blanche, on dit : “Mais non, tout ne va pas si mal”, tout en peaufinant une nouvelle opération de protectionnisme. Quoi qu’il sorte de ce G7, il est déjà historique simplement, – rien de moins ! – parce qu’est apparu le sentiment de la réalisation que le monde est entré dans la phase finale de l’effondrement du Système.

Ce qui ne paraît étrange et presqu’irréel, c’est que, disant cela, je m’aperçois qu’il n’y a plus grand chose à ajouter, plus de commentaire qui s’impose, plus aucune orientation à donner à la réflexion. La crise d’effondrement, c’est bien la plongée dans le trou noir et le G7 où nous accueille le gentil Trudeau qui vient d’indirectement insulter Trump est le premier marquoir de la chute. L’importance de ce G7 qui semble inutile dans les échanges et les décisions qu’on pourrait y prendre le précède et le dépasse, elle existe avant même qu’il ait lieu et quoi qu’il se passe pendant qu’il aura lieu

L’importance de l’événement qu’est ce G7 existe déjà et quel que soit cet événement au niveau de ses participants, d’ores et déjà dépassés. Des forces obscures ou lumineuses, et certainement très puissantes, agissent désormais sans intermédiaires. La puissance de l’événement (cette réunion) est au-dessus et au-delà de la réunion. Nous sommes entrés directement dans le grand domaine de la métahistoire de la crise de l’effondrement, dans une bataille qui est comme un “jugement de Dieu”, comme l’on disait dans les Temps Anciens.

Le D-Day de l’éternel présent

  jeudi 07 juin 2018

7 juin 2018 ... • On a posé une question indiscrète à la porte-parole du département d’État sur les relations entre les USA et l’Allemagne à cause de la “guerre commerciale”. • La porte-parole se récrie : “Mais non, nous sommes les meilleures amis du monde !”. • A preuve ? Les cérémonies de commémorations du D-Day du 6 juin 1944 où USA et l’Allemagne se tiennent par la main comme deux amoureux si touchants et si Sieg Heil. • Comme on sait, le jour commémore en effet leur grande amitié. • Par ailleurs, tout le monde se fout bien que telles conneries soient dites, alors j’en profite...

D’une façon générale, le département d’État n’a pas vraiment de chances avec ses porte-paroles, depuis quelques années, au moins depuis Victoria Nuland qui quitta cette fonction en février 2013 pour aller préparer, – fort bien d’ailleurs, je m’en rappelle, avec une élégance de bulldozer, – le “coup de Kiev” de février 2014.

(Suite)

Alors, l’Auteur, où sont Les Âmes ? A Verdun ?

  samedi 02 juin 2018

2 juin 2018 – Une fois de plus (voir “FN au Kosovo”, c’est sûr ?), j’ai attendu bien longtemps pour consulter l’auteur sur le lancement d’un livre où il est partie prenante. Cette fois, il est question des Âmes qui se trouveraient à Verdun, dans le cadre incontestable des Âmes de Verdun, et non plus de Nietzsche effectivement repéré au Kosovo.

Cette fois, présentation un peu plus courte, avec reprise pure et simple des citations de départ de la première interviewsur cette sorte de “série” d’articles destinée à faire, sans fausse honte ni dissimulation de l’appât du gain. (Pensez ! €5,80 le prix du volume, frais de port compris, il y de quoi se régaler, un festin de roi...) : « Enfin, jouons le jeu : PhG c’est moi, “l’Auteur” c’est un peu lui-moi, quelque chose dans ce goût-là… […] Avec[…] mon don peu commun d’ubiquité, je me suis donc transformé en intervieweur de l’“Auteur”, et c’est la substance de la chose que je veux vous restituer ici... »

C’est-à-dire qu’avec l’aide de quelques questions et les réponses de l’“Auteur”, nous allons faire la description de la situation à laquelle nous sommes arrivés. Quelque peu et diablement morose ou désenchanté par les premiers résultats du lancement du volume, comme d’habitude en quelque sorte, au point qu’il s’agirait presque d’un sujet de plaisanterie, sinon de paradoxale bonne santé... (“Moins tu vends plus tu vaux et mieux tu te portes”, quelque chose comme ça.)  Car l’Auteur, contrairement aux préoccupations d’un lecteur si attentif et bienveillant, reste gaillard parce qu’il est l’Auteur et qu’il doit bien ça à l’ouvrage, parce que ce fut pour lui, et je le comprends ô combien, ce fut un honneur de sa vie d’être l’Auteur dans la galère nommée Les Âmes de Verdun.

(Suite)

Du Parthénon au Colisée

  lundi 28 mai 2018

28 mai 2018 – L’Europe a le sens du symbole, ou bien est-ce l’Histoire qui choisit d’imposer aux piètres artisans de la déstructuration qu’ils sont tous les instruments et toutes les circonstances qu’il faut pour donner au symbole qui en émerge toute la force qui importe et ainsi les placer devant le spectacle des ruines qu’ils accumulent... Je l’avoue et je suis sûr que je n’étonnerai personne, je suis partisan du deuxième terme de cette alternative du symbole. Eux, les déconstructeurs qui entropisent comme s’ils étaient anthropophages, ils ne savent pas grand’chose, ni de l’art ni de la puissance du symbole ; quand on fait dans l’entropie, on reste sur sa faim et l’on finit par se manger soi-même.... 

Ce qu’on veut faire avec l’Italie aujourd’hui, à peine selon une autre méthode, c’est ce qu’on fit avec la Grèce il y a trois ans. L’Histoire nous impose, avec sa Grâce sans retenue, un symbole qui court du Parthénon au Colisée, de Platon à Julien l’Apostat.

(Si je cite Julien, c’est parce que je crois que, de tous les empereurs dont Rome se dota, il fut le moins sensible à la bureaucratie qui était déjà aux mains des chrétiens de son temps [d’où son surnom, cadeau des spécialistes en RP de l’Église], et qu’il fut le plus hostile à l’idée que tout ce qui se prétend nouveauté et progrès est nécessairement une vertu. Pour tout cela, j’ai une grande affection pour l’Apostat qui commit ce sacrilège de l'être au nom de la Tradition.)

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L’Europe buissonnière

  dimanche 20 mai 2018

20 mai 2018 – J’emprunte le titre de cette chronique à ce premier livre d’Antoine Blondin, par sympathie sinon par affection, également parce que Blondin était sans doute le plus innocent, le plus attendrissant et le plus pathétique des “hussards” (Nimier, Laurent, Déon, Blondin) ; et puis, bien entendu vous vous en doutez, parce que “son” Europe est infiniment plus vraie que celle que nous avons aujourd’hui.

Dans son bouquin qui est le premier d’une lignée assez courte mais où les phrases sont belles, il décrit ses deux années passées en STO en Allemagne, en 1943-1944. Ce n’est pas une aventure de héros, quelque chose de prévisible, de bien lisse, d’hollywoodien si vous voulez... C’est compliqué et banal tout en étant extraordinaire, plein de sentiments perdus et de craintes cachées, de médiocrités quotidiennes et d’instants d’ironie pour le plaisir, – ah les formules de Blondin, les jeux de mots et jeux de phrase d’anar désabusé et presque innocent, il n’y résiste pas : « La guerre est perdue, ce qui n’est pas grave, car vous me direz : une de perdue, dix de retrouvées » ; nous le lui dirons, au fantôme d’Antoine... Et parfois, bien dissimulé, je suis sûr de cela, – un éclair d’héroïsme chez lui, le sens du tragique, comme s’il devinait notre époque qui vient. 

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Tourbillon crisique-50

  mardi 15 mai 2018

15 mai 2018 – Y a-t-il un esprit malin, dans le sens diabolique, qui a fait se correspondre à cinq jours près la sortie des USA du traité JCPOA qui a déclenché une série de tensions opérationnelles et diplomatiques en Syrie et alentour dans the Rest Of the World, et l’inauguration de la nouvelle ambassade US à Jérusalem qui a été l’occasion d’un massacre de la foule palestinienne dans laquelle l’armée israélienne a tiré comme on fait dans une boucherie ? Son gendre garantissant que cette nouvelle ambassade est un gage de paix, déclaration rythmée par les tirs des fusils d’assaut israéliens, Trump, en bon businessman postmoderne, rembourse ainsi les soutiens financiers des milliardaires israélo-américanistes, dont le grand patron du crime organisé pour l'élégante spécialité des casinos.

Il n’empêche, malgré l’habitude de l’asservissement des acteurs de la politique du bloc-BAO, les deux évènements et leurs conséquences constituent même à leurs yeux parce que c’est sous leurs yeux, une mise au net impressionnante de la vraie nature d’organisation criminelle internationale que sont devenus les États-Unis dans le chef de leur gouvernement et de ses différents soutiens et moyens d’action. Cette “révélation” va rendre, quoi qu’on en veuille, de plus en plus difficile la poursuite de relations normales, même d’asservissement, entre les USA et “le reste du monde”, – sauf Israël sans doute, grâce à la nouvelle ambassade. Cela n’est pas un point de vue seulement extérieur : deux anciens officiels de l’administration Obama, qui n’ont pas écrit sans l’aval de leur caposuggèrent dans le New York Times que les institutions de l’UE et les pays-membres expulsent les ambassadeurs des USA à la suite du retrait du traité JCPOA. Cela n’est pas de savoir si cela se fera qui importe, mais de lire cela dans le NYT, et avec l’onction de Saint-Obama. Encore ont-ils écrit avant la tuerie d’hier face Mur des Protections de la civilisation, de Jerusalem et alentour.

Il n’y a plus d’hésitation concevable à observer que ce que nous appelons par ailleurs « La doctrine des évènements déchaînés » est aujourd’hui entrée dans un rythme de développement évoluant à une vitesse inimaginable. La Grande Crise Générale devient, selon le terme à la mode, “hypersonique”, et la vitesse que Paul Virilio dénonçait fort justement comme l’engeance de la modernité est aujourd’hui si grande qu’elle se retourne dans un mouvement tourbillonnaire contre le monstre qui a engendré son producteur.

Il n’y a guère de commentaires plus élaborés à faire tant le constat de la catastrophe du monde se fait à visage découvert, sous nos yeux ébahis. Ce qu’il faut voir, ce qu’il faut sentir, ce qu’il faut mesurer, c’est le vertige inimaginable de la chute qui emporte le Système, voulue par lui pour solde tous comptes, et qui se retourne contre lui comme le scorpion se pique lui-même à mort. On doit comprendre le scorpion qui a sa raison d’être et de ne plus être, et sa dignité ; je dirais que c’est justice pour le Système qui lui seul peut se refuser à lui-même l’exercice de la grâce du Ciel.

Le cauchemar a passé outre

  vendredi 11 mai 2018

11 mai 2018 – Il m’est arrivé, dans ce Journal-dde.crisis, de m’emporter dans la description d’un cauchemar ou l’autre ; l’un et l’autre d’ailleurs, puisqu’il y en eut deux, le 11 octobre et le 6 novembre, tous deux de l’année 2015. Depuis, il y en eut d’autres, que je laissai aller ou que  je n’avais pas l’esprit d’aussitôt les résumer, puisque l’on sait que le souvenir des rêves vous quitte très vite, comme une grâce un in seul court instant accordée... Enfin, “une grâce”, c’est à voir.

C’est tout vu sur celui-ci, qui va suivre, que j’ai immédiatement décrit sur une page entière de mon agenda de poche (celui de la Pléiade, on a son snobisme), dévorant trois jours d’une fine écriture serrée, sans jamais aller à la ligne, et avec un marqueur fin de couleur violet, – pour la première fois, moi qui n’utilise que du brun d’habitude. Bref, cela se passe dans la nuit du 4 mai. Je suis en voiture, mais c’est une sorte de forme qui est peut être un ami qui conduit, dont je distingue si mal les traits que je ne le reconnais pas, qui disparaîtra bientôt d’ailleurs, qui n’était peut-être pas là. Derrière, se trouve ma chienne, ce noble animal, l’encore jeune et un peu Miss-Catastrophe, Marie, qui a pris la place de l’inoubliable KlaraPourquoi donc l’ai-je prise avec moi ?

Nous allons à Marseille, à une grande réception que donne mon frère ainé, je me demande bien pourquoi. Dans ma jeunesse, c’était mon modèle, mon mentor, de onze ans mon ainé, mon héros, celui que j’aurais voulu être avec sa force, sa puissance exceptionnelles ; notre rupture, en 1983 à cause de ma séparation d’avec ma première femme, fut d’autant plus cruelle, et quels que soient mes torts s’il y en a, je ressentis son attitude et ses mots, ses mimiques et ses regards furieux, sa lâcheté inttendue pour une telle force de la nature, comme une blessure profonde et une trahison affreuse, comme si l’on vous ôtait une partie de votre jeunesse. Il est mort en septembre 2016 et je n’en ressentis me sembla-t-il nulle émotion, rien qui ne m’affecta vraiment sur l’instant, mais peut-être pas intérieurement... Quelques heures après commencèrent plusieurs heures d’affreuses souffrances qui me conduisirent aux urgences à cinq heures du matin le lendemain ; une innocente hernie inguinale, transformée en hernie engouée menaçant d’étrangler, tout cela conduisant à une intervention d’urgence en début d’après-midi. Plus tard, mon gastro me dit que l’émotion contenue et non exprimée était sans doute la cause de contractions internes brutales qui avaient causé l’incident.

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Tourbillon crisique-49

  jeudi 10 mai 2018

10 mai 2018 – Le premier constat que je dois faire est l’extraordinaire abondance de “Tourbillons crisiques” ces dernières semaines (trois durant le mois d’avril), ce qui est en soi un signe de l’accélération du susdit tourbillon crisique, et de l’aggravation des crises que cela suppose. C’en est à un point où l’abondance du rythme des “Tourbillons crisiques” transformant la structure même de la Grande Crise devrait être en soi le sujet d’un “Tourbillon crisique“ – ce qui est un peu le cas près tout avec ce paragraphe introductif.

Le sujet est bien entendu la décision de Trump de sortir du traité nucléaire de 2015 avec l’Iran. Cette décision équivaut en importance à son élection : elle est, en bouleversement sismique, la réplique comme évènement de pseudo-politique étrangère, de son élection comme évènement de pseudo-politique intérieure. L’ancien directeur de l’OMB, alors jeune prodige désigné comme ministre du budget de Reagan David Stockman, résume l’étrange performance du président qui se révèle dans cet instant plus américaniste-Système déclenchant le pire que tous ses prédécesseurs après s’être cru citoyen et Américain à la fois, pour justifier son élection :

« L’acte de The-Donald de réduire en cendres le traité nucléaire iranien marque le sinistre triomphe complet du Parti de la Guerre. Il ne reste plus rien de America First. L'action irresponsable, injustifiée et totalement irrationnelle de Trump entraînera Washington encore plus profondément dans un vortex incendiaire au Moyen-Orient  de conflits politiques et religieux sans le moindre rapport avec la sûreté et la sécurité du peuple américain. »

... Et pour confirmation, ceci : « Trump a déstabilisé le monde par cet acte. La Russie le considérera comme plus dangereux. [...] Les stratèges russes vont réévaluer leur posture nucléaire, estimant plus grande la possibilité d’une première frappe stratégique des USA. La Chine sera plus déterminée que jamais à renforcer sa puissance militaire et son alliance avec la Russie. » (De Michael S. Rozeff, historien libertarien.)

La crise iranienne ouvre une nouvelle phase dans l’empilement des crises qui s’amoncellent depuis quinze ans, elle imprime une nouvelle accélération au tourbillon crisique, renforce le désordre, approfondit le trou noir où l’effondrement nous conduit. Les esprits tentent de réunir ce qu’il leur reste de raison raisonnable pour décrire cet acte sans précédent de simulacre politique avec les innombrables questions qu’il crée et entraîne derrière lui dans une valse folle. Cela est résumé par Daniel McAdams, complice habituel des dialogues avec le vieux et avisé Ron Paul, qui nous donne un aperçu de cette façon d’apprécier l’événement, tragédie-bouffe au-delà de tout ce qui a été fait jusqu’ici :

« La déclaration du président Trump sur le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien croule sous tant de mensonges et d’affirmations faussaires qu'il semblerait presque que les neocons qui l'ont inspirée [sinon rédigée] ont voulu le ridiculiser. L'affirmation selon laquelle l'Iran est allié à al-Qaïda est si fausse et effrontée qu'elle rivalise avec les plus formidables mensonges et simulacres édifiés par les USA pour justifier la désastreuse guerre en Irak. Donc, les États-Unis sont sortis du traité... que va-t-il se passer ? Que vont faire les Européens? Comment les Américains vont-ils réagir à la perte de 100 000 emplois de Boeing en raison de l'annulation d'un contrat de transport de passagers avec l'Iran?..[Etcetera...] »

Sur la terre martyrisée de Syrie ont déjà commencé des affrontements sporadiques entre Israéliens, Syriens et Iraniens, et certains y voient les premiers actes de la guerre inévitable qui sourd. « The shit’s on, good buddy », apprécie le colonel Patrick Lang.

Pendant ce temps, Netanyahou était avec Poutine, déposant une gerbe de fleurs au Soldat Inconnu de la Grand Guerre Patriotique, au terme de la marche épique du “Bataillon Immortel” qui mit dans les rues de Moscou plus d’un million de personnes venues rendre hommage au colossal sacrifice de la Sainte-Russie. Netanyahou portait le symbole fameux qui attise toute la haine antirussiste du bloc-BAO ces dernières années ; aussi, l’innocentDefense News, habitué de la promotion de la camelote tueuse du CMI, a-t-il cette remarque moins innocente : « Dans un geste qui va certainement attiser la polémique dans certains milieux, Netanyahou a été vu arborant le ruban orange-noir de l’ordre de Saint-Georges, un symbole russe qui a acquis une nouvelle popularité ces dernières années comme signe patriotique de l’annexion de la Crimée par la Russie. » Sans nul doute, Poutine et Netanyahou, et leurs relations, constituent les facteurs les plus étranges et les plus mystérieux de cette crise qui déploie sans plus s’en dissimuler ses fureurs et ses éclairs de feu.

Ainsi, et quoiqu’on en dise, Trump, poursuit-il inexorablement le chemin que lui a assigné le destin, au-delà de toutes les supputations, les explications, les appréciations, les circonvolutions, les conjurations : du désordre, encore du désordre, toujours du désordre. Cet homme a été mis là où il se trouve pour achever le Grand’Œuvre de la crise terminale de l’effondrement du Système. Dussions-nous trembler et nous consumer dans l’angoisse des terribles lendemains qui nous sont promis, il est de notre devoir intellectuel de reconnaître qu’il accomplit parfaitement sa mission. Quel que soit le destin de l’Iran, d’Israël, de la Syrie, de la Russie, etc., toutes choses ouvertes aux aléas de la fortune des armes, des invectives, des habiletés et des alliances changeantes, il nous semble qu’avec un tel président celui-là de destin de l’Amérique et du Système auquel elle s’est soumise est désormais scellé.

Lincoln toujours, déjà cité précédemment : « ... En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant. »

Les marmottages du “Che”

  mardi 08 mai 2018

8 mai 2018 –“Marmottage” n’est pas un mot insultant mais plutôt amusant sinon sautillant malgré la marmotte, et on le prendra comme une image, indiquant plutôt le “marmottage” volontaire des idées parce qu’on se trouve dans la position de ne pouvoir dire clairement ce que l’on voudrait dire, et pour certains ce que l’on brûle de dire. Dans ce cas, le propos peut être clair et net, mais il exprime ce marmottage-là... Donc, rien d’irrespectueux.

Rien d’irrespectueux d’autant qu’il s’agit de Chevènement, dont on sait, ou dont on apprend pour certains, qu’il a rempilé dans le poste étonnant qu’il tint sous la présidence de François Hollande, d’une sorte de conseiller/d’envoyé spécial du président français pour les relations avec la Russie. C’est bien ce qui paraît étonnant, et de surcroit nullement l’impression d’un démenti du “Che”, de parler de cette position du temps de Hollande et de ce qui aurait été... comment dirait-on ? Ah oui, ce qui aurait été une “politique russe” de Hollande, comme si ce brave homme aurait pu avoir une “politique russe”... Dans tous les cas, “le Che” nous rassure : avec Macron, ce sera diablement différent, et nous lui laissons donc le surnom de “Che” gagné pendant la campagne présidentielle de 2002.

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dedefensa.org, sentinelle des temps de tempête

  jeudi 03 mai 2018

3 mai 2018 – On pourrait résumer mon propos en disant que de “site de crisologie”, tel qu’il s’intitule lui-même depuis une dizaine d’années, on pourrait dire que dedefensa.org est devenu également un site de collapsologie. Je ne crois pourtant pas qu’il faille adopter ce changement d’identification comme un changement d'identité, simplement parce que, autant dans l’esprit de la chose que dans mon esprit, l’identification de “site de crisologie” inclut de facto et englobe logiquement la phase terminale de la crisologie qui est la collapsologie.

Je vais d’abord essayer de faire une présentation statistique de la chose, à partir du phénomène de la fréquentation du site. Je ne prends comme référence que le nombre de “visites” (et non les références des “hits”, ou du nombre de “pages consultées” par exemple, qui sont très supérieures) parce que la définition d’une “visite” est la référence la plus sérieuse, la plus stable de l’intérêt actif pour le site, impliquant l’entrée pour un temps donné (autour de 4-5 minutes au minimum je crois, jusqu’à un total de 20 minutes à partir duquel la “visite”, si elle se poursuit, est comptabilisée comme une seconde “visite”) ; dans ce cas, référence la plus assurée d’un intérêt actif, sinon d’une lecture partielle ou complète d’un ou de plusieurs articles. 

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« Il faut tâcher de ne pas s’aigrir trop »

  mardi 01 mai 2018

1ermai 2018 – ... C’était l’époque où le prince de Bénévent, évêque défroqué, ancien ministre des Relations Étrangères de l’Empereur, se tenait à Paris, surveillé par la police, disgracié, presque solitaire . Il avait vu partir Napoléon vers le Nord et vers l’Est, en même temps que des éléments de la Grande Armée, pour la plus formidable bataille de tous les temps de l’Empire, dans les plaines immenses de l’immense Russie. Il avait laissé tomber froidement mais, je le supposerais volontiers car je crois deviner à travers les âges que cet homme avait la nostalgie d’une âme poétique, sans pouvoir empêcher un frisson le parcourir jusque dans l’âme, ce frisson venu des anciens temps qu’il avait connus, d’avant la Grande Révolution, des anciens temps qu’il avait tant aimés et qu’il continuait à tant aimer, – et l’évêque défroqué avait donc laissé tomber : « C’est le commencement de la fin. »

C’est un moment terrible, une terrible maturation de crise à passer avant d’affronter la suprême bataille. Il prend sa plume et écrit à son amie très chère, la duchesse de Courlande : « Il faut tâcher de ne pas s’aigrir trop, afin d’être prêt pour les temps qui se préparent et qui ne s’annoncent pas pour être faciles. »

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Tourbillon crisique-48

  vendredi 27 avril 2018

27 avril 2018 – Pour cette fois, comme une première fois, on ne parlera pas pour cette rubrique du “tourbillon crisique” d’un ensemble de crises et d’évènements de nature générale et affectant plusieurs domaines, mais au départ d’un événement très technique. L’intérêt est dans les conséquences, véritablement tourbillonnaires

L’événement, d’abord passé inaperçu parce que venu d’un séminaire lundi dernier de spécialistes US de la guerre électronique (EW, pour Electronic Warfare), se trouve dans quelques extraits d’une conférence du général Raymond Thomas, chef du US Special Operations Command. Phrases principales, où “nos adversaires” sont évidemment les Russes : « Actuellement, en Syrie, nous nous nous trouvons, du fait de nos adversaires, dans l’environnement de guerre électronique le plus agressif que l’on puisse trouver dans le monde. Ils nous attaquent chaque jour, interrompant nos communications, désactivant nos AC [EC ?]-130, etc... »

Il y a une querelle d’interprétation pour savoir si Thomas a dit AC-130 ou EC-130 (versions spéciales, d’attaque et de guerre électronique, du vieux et increvable C-130 dont le premier vol-proto remonte à 1954). Deux articles, les premiers à citer cette information, – Breaking Defense du 24 avril et War Zone du 25 avril, – développent cet aspect accessoire du propos. Ils présentent également des éléments précis mettant en évidence l’infériorité sévère des forces US dans le domaine de la guerre électronique. (Voir aussi, très bien documenté, Breaking Defense du 8 janvier 2018.) Un débat essentiel est en train de s’ouvrir, concernant les capacités électroniques des forces armées US dans un conflit de haute intensité, face essentiellement à la Russie dont les progrès considérables sont désormais actés. Ce débat, avec les propos du général Thomas, sonnent, dix jours après, comme une confirmation implicite de la version russe de l’attaque du 13-14 avril, et des interprétations qui ont donné un rôle essentiel dans l’interception des cruise missiles aux capacités de guerre électronique des Russes, soit pour repérer et informer les batteries syriennes, soit pour interférer directement dans le vol des missiles.

Une autre nouvelle se chuchote sous le manteau, dans le même registre : les Israéliens auraient décidé de renvoyer à 2025 leur deuxième commande imminente de F-35, avec une commande de F-15 pour verrouiller l’intervalle. L’aviation militaire israélienne est une référence fondamentale : cette décision, très-très-probable pour mon compte, confirmerait que le F-35, notre fabuleux JSF, est bien inapte dans l’état actuel des choses à tout emploi opérationnel sérieux alors que tout le programme est dans l’impasse d’un chaos technologique, bureaucratique et budgétaire. L’avenir de la puissance aérienne US est ainsi dramatiquement mise en cause et en lumière.

Le déclin de la puissance militaire US est maintenant un fait incontestable, avec divers points de possibilités de rupture précipitant le déclin vers l’effondrement. Est-ce le moment rêvé pour la Russie, pour affirmer sa puissance ? Paradoxalement, – ou bien, pas vraiment, – les propos du général Thomas ont amené une réaction de protestation à Moscou : « La Russie a autre chose à faire en Syrie » qu’interférer dans le vol des avions US, déclare l’adjoint du président de la commission de la défense de la Fédération de Russie Evguéni Serebrennikov. « Je ne sais pas qui ils [les Américains] désignent par le mot “nos adversaires”, mais la Russie n’a rien à voir avec cette affaire, et toutes ces allégations sont infondées. »

Ce n’est pas une protestation de circonstance. Les Russes ne veulent pas exercer une domination, ils veulent un monde multipolaire où les divers pôles de puissance s’accordent pour établir des situations stables et apaiser les conflits. Ils veulent que les USA “gèrent” aimablement et sagement leur déclin, – puisque déclin il y a, – et que tout le monde s’entendent dans le respect mutuel. Bien entendu, cela relève du vœu pieux : la gent américaniste, exceptionnelle comme nulle autre cela va de soi, ne sait pas se replier, encore moins accepter des défaites même partielles. Cette attitude se retrouve dans un de ses traits psychologiques, l’indéfectibilité.

Ceux qui croient que le déclin désormais accéléré de la puissance US est un gage d’apaisement des tensions se trompent non pas lourdement, mais absolument, du tout au tout. Les Russes y croient-ils ? Ils seront vite ramenés à la grande vérité-de-situation. Le déclin des USA ne peut se faire que dans le bruit et la fureur, dans un effondrement qui emportera le Système jusqu’au plus profond de ce trou noir sans fond qui nous menace. Tous les vrais américanistes l’ont prévu ainsi ; que ce soit leur grand président Abraham Lincoln (« Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant ») ; que ce soit leur grand poète Walt Whitman (« Les États-Unis sont destinés à remplacer et à surpasser l’histoire merveilleuse des temps féodaux ou ils constitueront le plus retentissant échec que le monde ait jamais connu… »).

Solitude & angoisse

  vendredi 20 avril 2018

20 avril 2018 – J’ai ressenti comme particulièrement importante dans le champ de la communication, et par conséquent dans le champ de la psychologie pour chacun d’entre nous comme pour moi-même, la nouvelle développée hier (“Le Système pulvérise la ‘réalité’”). Il y a d’une part l’incident qui oppose l’ancien First Sea Lord, Lord West, et une journaliste de la BBC, Annita McVeigh ; et d’autre part, une remarque de Brandon Smith qui est à mon avis tout à fait accessoire et sans signification fondamentale pour l’auteur par rapport à son texte mais qui, sans qu'il le veuille, met en évidence l’importance rupturielle de l’événement dont je veux traiter ici, d’un point de vue à la fois personnel et intuitif.

D’une part, cette phrase qui résume l’incident McVeigh-West (« Désormais, il est avéré qu’une journalise moyenne d’un organe de communication de la presseSystème a barre sur la plupart des autorités du Système pour indiquer ce qui peut être dit et ce qui ne peut l’être ») ; d’autre part, cette observation “en passant” de Brandon Smith, où il importe impérativement de lire “Système“ là où Brandon-Smith écrit “gouvernement” (« À ce stade avancé du jeu, il est peu probable que notre gouvernement ou tout autre gouvernement impliqué dans le théâtre syrien ne se soucie même plus d'expliquer ses actions »).

...Onira jusqu'à observer qu’il y a même une graduation entre les deux citations, qui décompose l’événement en deux phases. Dans la première, il est implicite que le Système envisage encore de nous dire certaines choses de sa narrative impérative, évidemment sous le contrôle totalitaire du personnage communication-Système, la journaliste investie de tous les pouvoirs totalitaires ; dans la seconde, il est dit qu’après tout et finalement, le Système ne juge même plus nécessaire de nous dire quoi que ce soit, ni même de fabriquer une narrative, pour “justifier” ses actions. L’interprétation de ce second point qui supplante le premier revient à observer que le Système ne juge même plus nécessaire ni utile de nous tromper, en fait que cette question est complètement laissée de côté par lui parce que désormais la seule chose qui l’intéresse et mobilise toute son énergie et son attention est le développement absolument sans limite, sans contrôle, sans explication, de sa dynamique de surpuissance.

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Heureux comme un Simulacre en France

  mercredi 18 avril 2018

18 avril 2018 – Avant-hier en fin d’après-midi m’est venue l’idée étrange, pour meubler un temps de repos qui permet de penser à autre chose, d’allumer l’“étrange lucarne“ et de me rendre sur une chaîne française d’info pour tomber sur un débat de France-5, sur l’interview paraît-il surréaliste du Macron face à J.J. Bourdin et au cher Edwy, chevalier Plenel de Médiapart. Je vous passe les exclamations formidaaaaables sur les conditions sans précédent de cette interview du président et de ses deux tourmenteurs, qui correspond si bien à l’air du temps de cette étrange époque. Le “président” déguisé en premier communiant avec les manches trop courtes de son costume (ou les manches trop longues de sa chemise à poignets “mousquetaires”), face aux redoutables plumitifs que l’on sait, col ouvert et mise d’un négligé de bon aloi, l'interpellant comme dans une réunion du Café du Commerce.

(Le titre de l’émission : Macron et les tontons flingueurs, ce qui a dû faire se retourner de rire le brave Audiard, mort de rire dans sa tombe, de ce fait postmoderne qu’on puisse comparer ces deux louveteaux-causeurs, Bourdin-Plenel, aux bulldozers Blanche-Blier-Ventura... Tout de même, on ne joue pas dans la même catégorie...)

L’émission de la série C dans l’Air de 17H50, ce 16 avril 2018, réunissait quatre éminents personnages/personnalités de la communication (trois journalistes, un sondeur) qui sont de ceux qu’on ne cesse de voir en boucles sur toutes les chaînes TV depuis des mois et des mois : Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Claude Weill, éditorialiste politique à Nice-MatinVar-Matin, Brice Teinturier, directeur délégué de l’institut de sondages IPSOS et dame Catherine Nay, éditorialiste politique à Europe 1. Ce qui m’intéresse n’est pas leur bavardage relevant des salons de la République mais le passage où l’on causa des déclarations du mini-Président sur la Syrie.

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