Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Pubagandastaffel

  lundi 03 septembre 2018

03 septembre 2018 – Ma carrière et mon destin ont toujours été d’écrire mais avant de trouver la filière (avec des hauts et des bas) qui m’assurait de ces choses, je fus touché par le climat parisien et ses “modes” impitoyables. (Paris fut mon port d’attache entre 1961 et 1967.) Mon beau-frère d’alors travaillait dans la publicité, et je fus tenté par ce métier qui commençait, au début des années 1960, à s’imposer comme l’un des plus “modernes”, l’un des plus “avancés”, etc., l’un des plus propices aux manigances du futur que nous attendions tous. Brièvement dit, je fis deux stations, l’une dans la petite agence qu’avait lancé ce beau-frère, l’autre à l’agence Interplans, le n°4 parisien après Havas, Publicis et Synergie.

Le métier était alors ce qu’on imagine évidemment : il s’agissait de lancer ou de soutenir un produit, avec des arguments plus ou moins sophistiqués, l’aide des psys avec leur vocabulaire abscons et poseurs, des bonimenteurs des relations publiques avec leurs arguments à l’emporte-pièce, des photographes et autres “artistes”. (A Interplans, il y avait même un ancien de la bande des Surréalistes qui remâchait ses souvenirs, que le patron d’Interplans, Maury je crois, avait recasé dans ses bureaux par amitié, pour assurer sa survie ; on avait le cœur sur la main.) Tout bien considéré, c’était un monde encore assez sage bien qu’arborant l’habituelle hypermodernité parisienne, avec la superficialité qu’on imagine, l’absence de conviction, mais tout cela dans une mesure supportable sinon “raisonnable”. On commentait la nouvelle formule de L’Express que JJSS était allé pomper aux States, on lisait Planète ; on ne se sentait pas encore “dans le ventre de la Bête”.

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Les funérailles de la haine satanique

  dimanche 02 septembre 2018

2 septembre 2018 – ... Entendons-nous bien : je ne veux pas dire que c’est la haine que l’on a enterrée mais tout au contraire, que c’est la haine, et peut-être plus encore, qui a présidé à l’enterrement de John McCain, – lequel l’avait voulu ainsi, donnant ses instructions pour son enterrement et incitant ainsi à en faire la poursuite de sa bataille soi-disant “politique”,– et que je qualifierais plutôt de “satanique”. On pourrait dire sombrement, et pour mélanger les genres comme les manipulateurs de l’enterrement l’ont fait suivant les consignes du mort, que “c’est la haine satanique qui menait le bal de l’enterrement”. Outre d’être “le dernier degré de la corruption” de la psychologie, c’est aussi et d’abord un détournement satanique.

En ce qui concerne la corruption et pour s’en expliquer, – voici le tweet de la commentatrice politique conservatrice et (pour rassurer les bonnes âmes) afro-américaine Candace Owens, qui assimile justement ce que ce comportement a de terrestre à une corruption extrême de la psychologie : « Cette nouvelle attitude d’utiliser des funérailles et des éloges funèbres pour faire passer des messages politiques est vraiment tout à fait répugnante. L’utilisation de l'empathie que suscite la mort comme moyen d’influencer l’opinion publique est le nouveau degré de la corruption. Tous les gens impliqués devraient avoir honte d’eux-mêmes. »

Je n’étais pas à l’enterrement mais c’est comme si j’y étais tant je ressens intensément la chose, et de cela j’en frissonne encore. ZeroHedge.com nous informe suffisamment là-dessus. Quant à celui qu’on enterrait et puisqu’“ils” l’ont évidemment pris dans ce sens de l’exaltation du patriotisme, on imagine ce que j’en pensais. Pour ce qui est de ses actions dont nous avons été si abondamment informés, un seul jugement convient : criminel contre l’humanité pour l’esprit de la chose. (Démonstration tout à fait inutile.) Le “héros de guerre”, lui, m’a toujours laissé de marbre sinon pire.

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De la quête à l’enquête sur l’effondrement

  vendredi 31 août 2018

31 août 2018 – Dix ans après la crise financière, nous en avons fini avec la surveillance et l’analyse des chiffres parcellaires dont on nous saoulait pour nous balader hors de nos préoccupations sacrilèges, nous maintenir dans la seule sphère de l’économisme au sens large (le financier compris) et ainsi emprisonner notre psychologie dans leur façon de voir le monde. Wall Street et sa bulle qui n’en finit pas de gonfler comme si elle se trouvait dans le vide sidéral, les débats et les rodomontades sur la romance de la croissance, tout cela nous semble faire partie d’un autre monde. La seule stabilité du jugement concerne la situation des États-Unis d’Amérique, qui reste le centre à prétention impériale de ce vieux monde qui se défait en lambeaux... Tout cela nous paraît si pathétique dans leur prétention à songer une seule seconde encore à maîtriser la Grande Crise, que nous avons qualifiée depuis plusieurs années déjà, ici à dedefensa.org, de Grande Crise d’Effondrement du Système.

(Je n’insiste pas trop, du moins pour cet instant, et pour satisfaire un ami cher qui me disait que cette manie des acronymes lui rappelait fâcheusement l’OTAN, le Pentagone et Cie. Néanmoins, il s’agit bien de la GCES et je suis sûr que cet ami finira par accepter cette pratique selon l’idée qu’il faut savoir, – selon la fameuse technique du “faire aïkido, – retourner ses armes, y compris dialectiques, contre l’adversaire... Le jour où l’OTAN adoptera pour en débattre l’acronyme GCES, ou GCSC en anglais [dernier “C” pour Collapse], je considérerai cela comme l’ultime signe de leur capitulation psychologique et sans condition, pour solde de tous comptes.)

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T.C.-57 : l’étrange démission

  mardi 28 août 2018

28 août 2018 – Je ne vais certainement pas mettre la France du président-en-cours au milieu de la folie tourbillonnante de notre étrange époque, d’ailleurs aucune entité cohérente ne mériterait un tel honneur qui est aussi un fardeau insupportable. D’ailleurs, la France n’est pas une “entité cohérente”... Alors, son ministre de “la transition écologique” (l’écologie “en marche” si vous voulez) annonce tout de même sa démission sans avertir personne, sinon le peuple de France à l’écoute de France-Inter, à 08H32 je crois. 

Tout cela est un théâtre direz-vous, ou mieux sinon pire, du très-mauvais théâtre ; la démission, les conditions de la démission, les réactions à la démission, du convenu, du déjà-vu. D’une certaine façon, vous n’avez pas tort, car dans ce Système de tels jugements ne peuvent être faux. Cela dit, d’une certaine autre façon vous n’avez pas tout à fait raison, car il y bien autre chose que du théâtre.

Pourquoi n’a-t-il pas averti le président et le premier ministre ? Hulot explique qu’il n’a averti personne, même pas sa femme. Ah si : lui, il était au courant (“Ce fut une décision de moi avec moi”, dit-il à peu près). Il semble que ce soit une réunion, hier en fin d’après-midi, qui l’ait décidé, comme le buveur qui atteint la lie du calice et en goûte l’âpreté catastrophique : il rencontrait le président, et voilà qu’il se retrouve avec un monsieur participant à la rencontre, un lobbyiste des chasseurs, un nommé Thierry Coste. Alors, il demande au président, en aparté suppose-t-on, pourquoi monsieur Coste est là, et il aurait obtenu l’étrange réponse suivante de ce même président : « Je ne comprends pas comment il est entré ». S’il est parti, c’est qu’il ne supporte plus « la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir ».

« C'est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir, dit encore Hulot. Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c'est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ? » C’est une intéressante question, bien qu’un esprit candide pourrait la juger étrange, venue d’un homme qui se trouvait à un poste de pouvoir. (Mais Hulot fait la remarque, peut-être étrange, qu’à la place de pouvoir qu’il occupait il n’avait aucun pouvoir.)

Hulot quitte ce gouvernement dans de si étranges conditions, parlant avec une grande émotion tandis que tout le monde vacille sous la surprise, et en précisant étrangement qu’il n’a rien à reprocher ni au premier ministre, ni au président, parce que le responsable c’est “le gouvernement” : « Le Premier ministre, le président de la République, ont été pendant ces 14 mois à mon égard d'une affection, d'une loyauté et d'une fidélité à toute épreuve. Mais malgré cela, le gouvernement n'a pas su donner la priorité aux enjeux environnementaux. »

Une ou deux heures après ce départ, finalement plus étrange que surprenant, “l’Élysée” fait savoir que Nicolas Hulot peut être « fier de son bilan », et qu’en 14 mois (le temps passé par Hulot à la tête de “l’écologie en marche”), « le bilan de ce gouvernement [donc de Hulot] en matière d’environnement est le meilleur depuis de nombreuses années ». Le premier ministre a dit qu’il remerciait Hulot pour son travail, qu’il avait été « important au sein de ce gouvernement » et que lui-même, Philippe comme il s’appelle, avait « aimé travailler avec lui [Hulot] »

Je fais un coq à l’âne... Hier soir, sans m’aviser du dilemme terrible quoiqu’étrange que Hulot tranchait avec lui-même à ce même moment, je regardais une émission documentaire de 2013 sur les conditions dans lesquelles on avait décidé, à Washington, l’attaque contre l’Irak après l’attaque du 11-septembre attribuée aux islamistes d’Al Qaïda. Un monsieur Robert Clarke, qui dirigeait alors la lutte contre-terroriste, assistait à la réunion secrète qui décida de l’attaque, avec tout le cabinet et le président. Il était stupéfait de cette idée parce que Saddam était l’archi-ennemi des islamistes, et il remarqua au milieu d’un étrange silence : attaquer l’Irak pour riposter au 11-septembre, « c’est comme si vous attaquiez le Mexique après Pearl Harbor ». L’étrange silence se poursuivit parce que personne ne releva cette remarque. Dix ans plus tard, pour le documentaire en question, monsieur Robert Clarke fait ce commentaire : « J’ai alors senti que je me trouvais dans le ventre de la Bête. »

Bien entendu, je ne fais aucun parallèle, nulle analogie, je m’en tiens au seul domaine du symbole dans cette époque si étrange qui a vraiment commencé avec l’attaque du 11-septembre... L’étrange, finalement, c’est que quelque mot que vous employiez, “le gouvernement”, “le pouvoir”, “la Bête”, c’est toujours la même circonstance que vous désignez. Cet effondrement des capacités humaines dans la direction des affaires, – que ce soit pour l’influence ou le jugement au profit des manigances et de l’impuissance, – relève d’un même phénomène qui nous emporte tous. Nous le savons bien, nous le sentons de toutes nos perceptions malgré la lutte désespéré d’une raison bien subvertie pour rationnaliser tous ces avatars sous forme de trahison, de complots, de découragement, de paralysie. C’est pour cette raison que nous parlons de “tourbillon crisique” et de Grande Crise de l’Effondrement, parce que notre civilisation ne peut plus rien pour elle-même, qu’elle s’est faite contre-civilisation pour mieux en finir, comme Hulot avec sa décision “de moi avec moi”.

L’Américain vu par Sartre

  lundi 27 août 2018

27 août 2018 – Je viens de terminer Croquis de mémoire, de Jean Cau, qui se termine par un éblouissant portrait de Sartre ; éblouissant par la profondeur, la chaleur d’une grande estime attendrie, qui ne dissimule aucun des défauts et travers de Sartre et n’entend nullement épouser ses divers engagements politiques. Secrétaire de Sartre, Cau l’avait quitté dans des conditions que certains avaient dépeintes comme une rupture, sinon une déclaration de guerre, et l’on pouvait attendre un ton critique dépourvu d’aménité et de la moindre chaleur. Au contraire, je ressens le sentiment intuitif au travers de son écriture qu’il peint Sartre comme il était, mais avec une réelle et très profonde affection, presque de l’attendrissement. Je pense que je reviendrai sur ce portrait qui est un beau morceau de littérature ; en attendant, il m’a poussé à lire un des volume de la série Situations de Sartre (le III), que j’avais acheté parce qu’il traitait notamment de son voyage en Amérique de la fin de la guerre, en 1944. Je l’avais laissé de côté, et je m’y suis mis à la suite de la lecture du portrait de Sartre par Cau.

J’ai rarement lu, en quelques pages (en fait, un article dans Le Figaro repris pour le livre, datant de février 1945), une étude de la psychologie et de l’organisation éducative américaine (c’est-à-dire américaniste) tenant plus du dressage very soft que de la pédagogie, aussi précise, juste, voire éblouissante selon mon goût et mon savoir aussi bien documenté qu’intuitif de la chose. Et le résultat nous conduit à la formule d'une “liberté totale” de l’individu dans les bornes absolument inflexibles du conformisme de l’américanisme... Cela éclaire tant de situations et de comportements politiques, jusqu’à notre époque, – surtout dans notre époque, où cette “liberté totale” s’érode à une vitesse stupéfiante, entre l’espionnage universel par les écoutes, la militarisation de la police et l’expansion du domaine pénitencier dans des conditions effroyables, la totalitarisation oppressive de la justice, la domination d’une presseSystème dont les deux caractères sont le lynch de toute pensée non-conforme et la promotion jusqu’à la démence d’une narrative pulvérisant la réalité ; alors que le conformisme (“Politically Correct” et le reste) ne cesse de se renforcer, de contraindre, d’emprisonner, de presser la psychologie pour l’américaniser jusqu’à la démence ; alors qu’en même temps et pour faire mesurer la démence de cet emprisonnement du conformisme, l’Amérique en tant qu’entité superpuissante et matrice de cet américanisme ne cesse d’accélérer son effondrement !

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Élévation de la critique crisique

  mercredi 22 août 2018

22 août 2018 – Certes, quelques textes du site de ces derniers jours sont pour beaucoup dans ces remarques qui suivent, y compris bien entendu celui d’hier, avec Alastair Crooke. Mais il n’y a aucune peine à les trouver, je veux dire à trouver le sujet qui est dans l’actualité ou dans le commentaire de l’actualité, car ils commencent à abonder notablement. Il y a un état d’esprit qui est en train de s’installer, une psychologie collective chez certains commentateurs, analystes, etc., que j’ai l’habitude de fréquenter.

Il y a à la fois de la lassitude pour la bouillie de chat quotidienne et puis, au bout du compte, une sorte d’élévation. Peu à peu les “scories” (ce mot que j’emploie volontiers) des crises innombrables qui constituent l’immense Grande Crise qui nous secouent perdent de leur intérêt et se dispersent, ou plutôt elles ne constituent plus l’essence même de la réflexion et ne sont plus utilisées (commentées) qu'en fonction de ce qu'elles apportent à l'approche de plus en plus renforcée et assumée de cette Grande Crise. Ce qu’on observe, ce que je ressens ces derniers temps, c’est l’élévation de la réflexion critique vers le cœur même de la Grande Crise, l’élargissement du regard, l’acuité renforcée de la perception, l’alimentation de la pensée vers les grandes références que l’expérience a conservées pour ce moment-là.

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La sénatrice sacrilège

  samedi 18 août 2018

18 août 2018 – Dans ce texte, je fais référence aux deux autres textes du même jour, pour établir un lien entre eux deux et constituer ainsi un triangle parfait, complètement isocèle, qui figurera la vérité-de-situation de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES). Le premierde ces deux textes concerne la sénatrice Warren et sa proposition de loi de “responsabilisation du capitalisme” ; le second est le T.C.-56 sur la “démence cosmique”.

Nous partons sur la sénatrice du Massachusetts...  

Elizabeth Warren est une brillante universitaire, venue de Harvard, qui occupa des postes officiels, notamment pour enquêter sur les conditions du sauvetage de Wall Street après l’effondrement 9/15 de 2008, avant d’être élue sénatrice en 2012 (et vice-présidente de la minorité démocrate au Sénat depuis 2017), et candidate préférée de la base du parti pour les présidentielles de 2020. Son engagement dans la gauche du parti démocrate est clairement affichée et nous trouvons trace d’elle sur notre site le 13 août 2009, alors qu’elle dénonce la façon dont on a couvert Wall Street effondré de $700 milliards d’argent public pour relever les banques. (En fait, il s’agit de beaucoup plus, mais c’est une autre histoire.) Élégante, très compétente, assurée d’elle-même et érudite, Warren est la progressiste-type de la Côte Est (par adoption et par tempérament), dans la tradition rooseveltienne (et plutôt Eleanor que Franklin D.). Petite touche d’exotisme bien dans l’air du temps d’aujourd’hui : elle assure avoir du sang cheyenne dans sa généalogie, ce que Trump conteste avec véhémence. (On aura compris qu’elle déteste Trump.) Comme on peut le voir dans son impeccable biographie Wikipédia, parfaitement alignée et élégamment hagiographique, cette brillante universitaire-sénatrice aux très bons sentiments est un pilier du système de l’américanisme ; “pilier de gauche”, certes, mais le Système a besoin de tenir sur ses deux pattes...

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T.C.-56 : Démence cosmique

  samedi 18 août 2018

18 août 2018 – Un commentateur du groupe VIPS (Veterans Intelligence Professionals for Sanity), qui rassemble un nombre respectable d’anciens officiers et fonctionnaires de divers services armées et de renseignement des USA, observe l’effet obtenu par la dénonciation largement démontrée par ce groupe de la complète démence que représente le Russiagate. Patrick Lawrence commence son texte par ce constat : 

« Un an s'est écoulé depuis que des professionnels du renseignement hautement qualifiés ont produit les preuves tangibles que les allégations d’interférences[dans l’élection 2016] et d’autres crimes imputés à la Russie reposent sur des falsifications et des subterfuges délibérés. La réaction initiale à ces révélations – une frénétique tempête de déni – ressemblait aux symptômes d’une grave pathologie, et le temps écoulé depuis lors a confirmé les pires attentes. Un an plus tard, nous vivons dans une proscription institutionnalisée de la réalité éprouvée. Notre discours consiste en une série d’enfermements de la pensées et de tabous. Quelle que soit notre mesure du phénomène, cela nous conduit à des troubles très graves et très profonds. La durée et la résilience de ce que nous appelons “Russiagate” amène maintenant notre république et ses institutions à un moment de grand péril, le plus grave depuis les années McCarthy et probablement depuis la guerre civile... »

Lawrence parle pour l’Amérique, mais il pourrait tout aussi bien parler pour tout ce qui est nommé sur ce site “bloc-BAO” puisque tout le monde dans ce monde qui continue à se dire élégamment et vertueusement civilisé subit ce que James Edward Kunstler désigne dans son dernier commentaire comme une pathologie qui « propage ses lymphocytes et ses macrophages ».

(J’y pense, le signe de l’universalité-BAO de cette pathologie est bien que la dernière victime de l’épidémie se trouvé chez nous, sous le nom tout aussi élégamment enlevé de DisinfoLab, avec son médecin le docteur Vanderbiest, qui ne cesse de soigner l’affection en utilisant les mêmes “lymphocytes et macrophages” qui sont cause du mal... Même les petites corruptions relèvent de la pathologie qui frappe toute cette confrérie.)

Certes, Russiagate n’est qu’un exemple, un effet, un outil, une conséquence parmi d’autres. Toutes les situations crisiques que notre attention nous pousse à considérer recèle les mêmes symptômes, cette démence entre le déni de toute réalité et l’hallucination du “déni de toute réalité” conçu par les déments comme la véritable réalité. Je me suis déjà reconnu à court de qualificatifs pour caractériser cette situation, qui ressemble à un formidable torrent emportant tout ce qui est raison raisonnable, mesure, intuition, harmonie et équilibre, au profit du formidable et diabolique ricanement du dément libéré de ces contraintes (raison raisonnable, mesure, intuition...) attentatoires à ses libertés les plus élémentaires.

Je m’interroge parfois pour me singer dans mes moments de belle plaisanterie : est-ce un complot d’une vaste entreprise humaine au dessein impénétrable mais inexorable ? Cette question prend aujourd’hui des dimensions de plus en plus comiques, tant sa petitesse et sa courtitude rendent compte de son impuissance à embrasser la dimension cosmique du phénomène. A d’autres moments, la dépression me prend dans ses griffes, comme nombre de commentateurs j’imagine, tant cette mise au point éclaire évidemment ma propre impuissance que je ne cherche nullement à dissimuler, à identifier la cause de cette maladie mortelle ; puis je me rassure en observant que cette dépression est un signe naturel de santé face à cette démence que j’identifie effectivement comme telle ; puis je me requinque en débusquant et en moquant dans le produit de la démence tel ou tel signe du ridicule qui nous rappelle que tous ces zombies-sapiens ne sont en rien grandis par leur démence... Même déments, ils ne cessent d’être toujours plus bas, ridiculisant ainsi les prétentions que cette démence leur suggère.

Au reste, je ne suis pas seul dans cet ouragan, dans ce “tourbillon crisique” qui ne nous laisse plus le moindre doute quant au bouleversement cosmique dont il est le porteur, qui renforce à chaque instant et à chacun de ses tours la perception de nous trouver devant un gigantesque phénomène animé par des forces d’une puissance inouïe, dont nous ne savons rien qui aille au fond des choses... La gloire des hommes, aujourd’hui, c’est de reconnaître l’impuissance où ils se trouvent devant la colère du monde, de s’en arranger, de faire leur devoir, de tenir, de tenir... 

« Je ne sais pas pourquoi les commentateurs écrivent des articles, écrit Fred Gibbon, dans UNZ.com.En partie par ennui je suppose, ou parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre. En partie par exaspération. Et peut-être malgré tout, en partie dans l’espoir que si suffisamment de personnes prennent collectivement conscience des problèmes, elles pourraient, peut-être, faire quelque chose à leur sujet. Mais je ne peux pas y croire plus longtemps. Les crimes, les impasses et les désintégrations actuels sont trop nombreux, trop rentables et trop indescriptibles. Nous sommes en train de perdre le contrôle de nombre de catastrophes dont la taille n’a pas encore été mesurée... »

Et il termine, après avoir passé en revue toutes ces “catastrophes” devenues “indescriptibles” et incontrôlables : « Nous connaissons ce qui précède, beaucoup d’entre nous. Le point à retenir est qu’aucun de ces éléments ne peut être évité. Nous nous apprêtons à contempler l’effondrement d’une époque qui nous attend. Ralentie ou tout à la fois, ce sera quelque chose d’extraordinaire et de sans précédent. »

 

Note

...Pour en revenir à des considérations plus terre-à-terre, je signale ici que la “rubrique” “Tourbillon crisique” dans ce Journal-dde.crisis sera désormais identifiée sous ses initiales “T.C.” suivies du numéro de série, pour laisser la place à un titre caractérisant le sujet du jour.

Connards co(s)miques

  samedi 11 août 2018

11 août 2018 – Par quel bout voulez-vous prendre ce “petit tas de secrets” connus de tous que constitue la crisette d'origine bruxelloise DesinfoLab, comme l’affaire Russiagate, comme l’antirussisme qui déferle sur le “Monde libre”, comme « La guerre contre l’Occident est une guerre contre la Vérité » [Defending Democracy] ? Avec la crisette DesinfoLab en prime promotionnelle du “Benallagate”, qui est l’objet grandguignolesque de cette chronique, on est vraiment placé devant l’alternative sublime, que je résume par le titre : “connards comiques” ou “connards cosmiques” ? Les deux, mon super-Général à cinq étoiles... Sauf que, – “comiques”, “cosmiques”, je ne sais plus tant cette gigantesque tartarinade qu’est la représentation hollywoodienne sur la “guerre hybride” que la Russie impitoyable mène contre nous depuis des années finit par épuiser mon stock de qualificatifs.

Quand je pense qu’un lecteur disait, fort justement d’ailleurs puisque je m’en étais fait moi-même la remarque en écrivant la chose, « Comme vous y allez » à propos de l’expression « connards maladroits » que j’avais employée dans le commentaire sur la censure exercée par les petits coquins-zombie de Silicon Valley, où ils essuyèrent en pleine poire un retour de service à vous balayer un McEnroe quand Borg était au sommet de sa magie ; enchaînant, le lecteur, justement à propos de la crisette DisinfoLab dont il nous signalait l’existence, – « Mais vous avez raison... »... Quand je pense à tout cela, je vois un gouffre s’ouvrir devant moi, quelque chose comme « le silence de ces espaces infinis m’effraie » adapté à l’esprit du temps, tant,  – ran-tan-plan, – leurs babillages boursouflés, leurs simulacres grimés à la hâte, leurs bouffonneries criardes s’effacent l’instant d’après, dans un espace de temps infiniment rapide, pour qu’il n’en reste rien. Ils ne sont donc capables que de déféquer du rien, – du rien et rien d’autres, même dans le domaine de l’excrément !

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GAFA-la-gaffe ?

  jeudi 09 août 2018

09 août 2018 – Certes, ils ont frappé, – et cela va continuer, car lorsque les crétins friqués ont commencé à produire leur sottise infamantes, c’est comme une diarrhée, plus rien ne les arrête plus... (C’est même à ça qu’on les reconnaît.) L’affaire est en train de nous confirmer pour la nième fois que la transformation des sapienscourants en zombieSystème se fait par l’équation américanisme + fric. En effet, je tiens pour évident et absolument convainquant le jugement que l’action de censure lancée par les GAFA & le reste sur consignes du DeepState représente une action tactique extrêmement visible dans ses buts illégaux, et dont l’effet stratégique se révèlera rapidement catastrophique.

L’opération de censure gigantesque qui est en cours se déroule dans la plus complète hypocrisie juridique d’où pourraient naître des querelles juridiques sans fin qui ne pourraient être interrompu que par un excès d’arbitraire supplémentaire mettantun peu plus en question la fragile fiction de l’État de droit sur laquelle reposent les institutions nécessaires au maintien de la bonne apparence du DeepState. L’hypocrisie se trouve dans l’intervention d’entités commerciales prétendant n’être que des “plateformes” qui, comme une compagnie de téléphone, ne sont censées intervenir que sur le fait technique de la communication, et agissant en fait comme des éditeurs qui ont un droit de regard sur le contenu de ce qui fait l’objet de la communication. Pour ajouter l’insulte à l’infamie, ce comportement des GAFA & Cie a été recommandé, sinon ordonné par l’hystérie régnant actuellement au sein du Congrès des États-Unis.

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Salut, Anastasia GAFA

  mardi 07 août 2018

… Au reste, l’acronyme GAFA est largement insuffisant et de toutes les façon inadéquat. L’attaque concertéecontre Infowars.comet Alex Jonesvient des sociétés Google, Facebook, Apple, Spotify, Stitcher et Youtube (GFASSY ferait l’affaire si l’on s’en tient à cette seule brochette) ; mais GAFA nous sert de symbole pour désigner le première attaque de censure politique de cette amplitude, venue de groupes privés prétendant par le fait s’ériger en censeur politique, au nom d’une solide morale démocratique, et accessoirement pour la liberté d’expression également démocratique, pourquoi pas ? (D’ailleurs on s’y perd dans le décompte des agresseurs puisque, dans une seconde fournée, Twitters prend le relaisen suspendant les comptes de plusieurs chroniqueurs libertariens et antiguerre, dont le directeur de l’Institute of Peace de Ron Paul, Daniel McAdams.)

(Accessoirement, et pour les jeunes gens qui s’y perdraient, “Anastasia” était le surnom donné à la censure officielle, notamment durant la Première Guerre Mondiale.)

Le site AllnewsPipeline.com, qui n’est pas nécessairement du camp de Infowars.comécrit ce 7 août 2018 :

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Rencontre à une croisée des chemins

  lundi 06 août 2018

Je me suis arrêté à une réponse du “philosophe et historien des idées” comme il est désigné, Alain de Benoist  (*), dans une interview croisée où le magazine Éléments, représenté pour l’occasion par la personne de Marie David des éditions Fromentin, l’interrogeait en même temps que Laurent Fourquet (« Le christianisme n’est pas un humanisme », éditions Pierre-Guillaume de Roux). Le thème choisi est une question : “L’humanisme est-il un nihilisme ?”.

Mais plus qu’une réponse à cette question générale, m’intéresse dans ce cas la réponse (Alain de Benoist) à la dernière question du double interview. Selon ce qu’on en a autant dans notre jugement que dans notre humeur, et bien plus que “selon ce qu’en a” l’interviewé, cette réponse est chargée d’un sens vertigineux, elle est extrêmement symbolique du climat d’une époque, elle exprime le tourbillon crisique d’un temps immédiat autant que le destin et l’ontologie de la condition humaine. C’est-à-dire qu’il m’importe ici, tout en connaissant le cheminement intellectuel de De Benoist, d’exprimer la perception la plus générale que j’ai de sa réponse. Voici donc...

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Absence de pertinence

  dimanche 05 août 2018

5 août 2018 – L’on sait que nous traversons une période agitée d’expansion du domaine de la possibilité d’une attaque contre l’Iran, dans tous les cas au sein du système de la communication. Nous-mêmes, sur ce site, en avons parlé le 27 juillet 2018 dans un texte introduit par le titre fort irrespectueux, et je dirais même irresponsable, de « Notes sur l’Iran-tan-plan ». C’est de cela que je voudrais discourir aujourd’hui, tel un confortable stratège en chambre, bien calé dans son fauteuil (quoique ma sciatique me rappelle depuis deux-trois jours à son fâcheux souvenir, sans doute la canicule hein...).

Il y a donc pléthore d’autres textes sur le sujet, dont on sait qu’il n’est pas nouveau et qu’il est même un peu vieillot… « En décomptant d’une façon assez libérale, nous dirions que nous approchons la douzaine dans le chef des campagnes de communication annonçant ou laissant craindre une attaque de l’Iran par les USA, ce de façon très effective sinon “opérationnelle” dans la communication depuis 2005. »

Me frappe une fois de plus, comme le constat d’un phénomène si présent et pressant, la compartimentalisation des esprits, même les plus érudits et les mieux intentionnés. Je crois qu’il y a là un phénomène qui est dû à la pression exercée sur les psychologies par l’intensité formidable, sa vitesse, sa dynamique de frappe, ses exigences, sa volatilité, enfin la complexité du système de la communication. Littéralement, la psychologie n’a pas le temps de “reprendre son souffle”, elle n’a pas le temps, elle, justement de se “compartimentaliser” pour se réserver un espace d’accueil où exercer un tri et freiner ou bien filtrer, sinon détourner à certains moments, le flot qui l’assaille.

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S’agit-il d’un “Simulacre antiSimulacre” ? 

  samedi 04 août 2018

4 août 2018 – ...En effet, il entre bien dans mon intention de présenter un nouveau concept dans lequel serait introduit le “concept à l’intérieur du concept” d’“antiSimulacre”, selon une orthographe dissidente, déjà utilisée pour les concepts d’“antiSystème” ou de “presseSystème”. Ainsi la question de savoir s’il s’agit d’un “Simulacre antiSimulacre”, – et le premier du genre, – concerne l’“événement crisique” “QAnon” dont il est question par ailleurs ce même 4 août 2018, sur ce site exactement.

On dira que j’aurais pu poser plus directement la question pour savoir ce qu’il y a d’antiSystème dans cette étrange affaire, mais il y a indiscutablement un aspect extraordinaire qui mérite une classification à part dans le processus utilisé, dans la tactique de mobilisation, dans l’organisation logistique et psychologique (La lettre “Q” devient un signe de ralliement des meetings pro-Trump, des participants à ces meetings portent des t-shirts avec une impression de la lettre Q, etc.), – bref, dans l’utilisation de l’outil de l’internet type-“réseaux sociaux” du système de la communication. On sait bien par ailleurs qu’on en viendra nécessairement, comme dans toute chose aujourd’hui, à la problématique Système-antiSystème.

Mais enfin... Il faut se pincer.

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“Benallagate”, ou la théorie du complot de l’été

  jeudi 02 août 2018

2 août 2018 – J’ai, avec la “théorie du complot” la même sorte de relations que j’ai avec le genre humain et je porte sur elle le même regard. Qu’il y ait des complots c’est assuré ; qu’ils réussissent c’est une autre paire de manches bien qu’il y ait des exceptions souvent dues à des circonstances imprévues ; croire qu’ils tiennent la clef de l’énigme du monde c’est croire au simulacre suprême échafaudé par la raison rationnelle, exactement comme l’espèce humaine. Voilà ma recette, qui permet de garder mes distances sans pour autant ignorer le phénomène, surtout dans cette époque où ceux qui dénoncent le “complotisme” sont pris d’une frénésie hypermaniaque de complotisme (Russiagate, populisme, etc.).

Là-dessus, l’ami Bonnal m’indique un article sur “l’affaire d’Etat/l'affaire de l’été” qu’il juge intéressant et que je vois signé du nom de Régis de Castelnau. Une consultation rapide du Wikipédia m’apprend que c’est un avocat d’un âge déjà respectable, largement engagé à gauche, un temps avocat du PCF ; qui plus est, pour corser l’affaire, petit-fils du général Edouard de Curières de Castelnau, catholique affirmé surnommé “Le capucin botté”, ce général fameux qui fut avec le Premier ministre Briand le véritable organisateur à l’origine de la volonté de résistance française à Verdun en février 1916, qui méritait le maréchalat autant que Lyautey, Joffre, Foch et Pétain, qui ne l’obtint pas à cause de ses convictions religieuses, qui s’opposa à Vichy et soutint la Résistance jusqu’à sa mort en 1944. Voilà donc un pédigrée acceptable.

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Elargissement du domaine du “rien”

  lundi 30 juillet 2018

30 juillet 2018 – D’une part la canicule me tue, d’autre part le comportement du président français, et dans la foulée, de ceux qui le soutiennent, m’a laissé d’abord avec la plume un peu sèche d’ébahissement, comme si elle aussi subissait la canicule. On ne cesse, ici et là, et partout ailleurs enfin, de gémir à propos du comportement de Trump, et avec pas mal de bonnes raisons. Mais celui de Macron depuis qu’a débuté cette drôle d’affaire, disons le “Benallagate” pour faire court mais très-très chic et presque américain après tout, me semble absolument du type extra-terrestre.

Ils sont étranges, les dirigeants actuels, de l’actualité hyper-récente, comme si le Système n’arrivait plus à vomir que des modèles complètement détraqués, quoique de différentes façons d’ailleurs, par rapport aux normes exigés et au standard qui convient. “De mon temps”, comme disent les vieux comme moi, on avait des normes et un standard ; c’était souvent moyen-sans-plus, médiocre-discret, corrompu-poli, c’était parfois grandiose. Aujourd’hui, c’est AlienE.T.et toutes ces sortes de chose ; du Spielberg, vous savez, le type qui fabrique des choses qui sont, ou devraient être par nature extraordinaires, avec une patte sans aucun doute habile sinon talentueuse mais d’un incroyable, d’un inimaginable conformisme.

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“Paris-la-folle” ?

  lundi 23 juillet 2018

23 juillet 2018 – Avec l’affaire Benalla se pose pour mon compte une question fort délicate : la France est-elle capable de s’offrir encore un grand scandale, une de ces choses qui donnent à la République numérotée impliquée quelque chose comme ses lettres de noblesse ? La France de Macron peut-elle s’offrir l’équivalent d’une affaire Stavisky ou d’une affaire Ben Barka, une affaire où l’enjeu est très grand et où la tragédie n’est pas loin ? (Dans les deux cas cités, il y eut mort d’homme.) Pardonnez-moi si j’hésite et retiens ma réponse mais je la sens et je la crains, la France, me semble-t-il, un peu trop légère et éparse pour ça...

J’écris ces lignes sous l’impression de la vision épisodique mais néanmoins intéressée des auditions de l’Assemblée Nationale qui nous sont offertes depuis ce matin en direct sur toutes les TV d’information, avec encore à l’esprit les images des très récentes auditions de la Chambre des Représentants aux USA où c’est surtout, justement devrais-je dire, le climat qui m’avait marqué (voir le 18 juillet 2018) :

Le temps de la dérision

  lundi 16 juillet 2018

Alors qu’on en parle à Helsinki, le lecteur sait-il les affres de celui qui a fait sa mission d’écrire sur la marche d’un temps qu’on ne peut qualifier que de dément, comme si une main gigantesque secouait le monde, par distraction, par amusement, ou bien avec une idée derrière le poing ? J’ai plus d’un demi-siècle de pratique de la chose, jamais, au grand jamais je n’ai rencontré de tels moments que je traverse ces temps-ci, ni même songé qu’il en puisse exister de tels ; tout cela, à ce point qu’il m’est impossible de ne pas me répéter chaque jour, absolument chaque jour, que nous vivons dans un univers qui, en quelques années, a basculé dans un univers parallèle de ce qu’il était quelques années auparavant, parallèle mais complètement différent. Combien de fois dans une semaine, dans spasme de temps où le flux des nouvelles plus folles les unes que les autres s’empilent les unes sur les autres pour disparaître les unes après les autres, combien de fois ne me suis-je retrouvé dans cette position de tenter sans succès de reprendre mon souffle, de rassembler mon jugement, d’assurer ma décision et de dire : “Voilà, c’est de cette affaire dont aujourd’hui je discourrais”.

Les événements se  précipitent en cataractes diluviennes. Rien ne peut les arrêter, ils sont les maîtres du  monde, et nous les fétus emportés. Ici et là, quelque fou vous crie qu’il a tout compris et qu’il va décrire à l’instant la résolution de l’énigme. Quelque fou sur la colline, au pied du torrent grondant des événement... 

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Respect... L’Afrique en finale

  dimanche 15 juillet 2018

L’ami Bonnal a récupéré, il y a quelques jours, un texte venu de Washingtonpost.com, donc du Post lui-même, de Karen Attiah, sous le titre « Why Calling Fance the last African Team in the World Cup is problematic » ; un texte qui pèse son pesant de narrative vertueuses-postmodernes et allumées à l’ombre des Lumières (j’aurais dû écrire, selon l’expression consacrée, “qui pèse son pesant de cacahuètes”, mais ne risquais-je pas d’être accusé de racisme ? Cela doit être considéré et mon civisme a pris le dessus). Lisez-le en ce Saint-Jour de Finale de la Coupe du Monde de football qui vous montre ces foules furieusement et joyeusement plongées dans un délire d’enthousiasme, survoltées et envertigées jusqu’à la vision, déchaînées d’enthousiasme et de folies déguisementeuses et barbouilleuses des visages hilares, ivres de joies visionnaires comme dans une sorte de sabbat, persuadées dans ce délire planétaire que leur malheur et l’abysse de médiocrité que sont leur vie et le monde qui les y précipitent n’est qu’un ramassis de FakeNews.

Vous lirez que l’auteur(e) du texte susmentionné voit dans l’équipe de France une équipe africaine. Elle se satisfait que les Noirs triomphent en s’implantant dans nos terres blanches, c'est-à-dire dans le Système (je traduis pour les atrabilaires grincheux & antiSystème : heureux d’être aussi cons que nous, en un sens qui “pèse son pesant de...”, etc., – puisqu’après tout il s’agit d’égalité conquise de haute lutte). En face, l’équipe de Croatie, qui est uniformément blanche, n’a pas été vraiment et tout à fait accusée de racisme (quoique...), contrairement à la Russie (également sans un seul Africain) parce qu’un de ses joueurs a salué la qualification en finale (Angleterre battue) en parcourant le terrain, torse nu et slogan aux lèvres, – « Vive l’Ukraine libre », –  et parce que la Croatie fait partie de l’OTAN. Anne Applebaum, du Washington Post et épouse de l’ancien ministre polonais Sikorski au parler rude, avait tweeté avant les demi-finales que l’OTAN avait gagné la Coupe du Monde puisque les quatre demi-finalistes étaient membres de l’OTAN. Lisez cet article de Spiked.online sur les démarches de politisation de la Coupe du Monde une fois qu’il eût été avéré qu’il serait impossible de guillotiner la Russie pour avoir organisé une Coupe du Monde sordide, oppressive, policière, fasciste, puante, anarchique et haineuse à l’image de ce que toutes leurs narrative nous disent que ce pays est, mais que c’est le contraire qui s’est produit.

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Tourbillon crisique-55 : “La folie devient stratégique”

  mercredi 11 juillet 2018

11 juillet 2018 – Faut-il que je m’explique du titre ? Tout se passe comme si Trump utilisait à dessein, en très-fin stratège, sa “folie”, cette hypermanie-narcissique que j’ai audacieusement diagnostiquée avec quelques collègues touchés par la même affection que la mienne, lors d’un séminaire tenu en hôpital psychiatrique (à l’OTAN ou à l’UE, je ne sais plus, enfin à “Bruxelles-la-folle” comme il y a “D.C.-la-folle”). D’où cette remarque d’un haut diplomate de l'UE à Reuters, avant-hier, parlant de ce que je nommerais “la folie de Trump” : « Nous avions l'habitude de rouler des yeux affolés en observant les politiques de Trump mais maintenant nous voyons la folie elle-même devenir stratégique. » 

Ce diplomate fait-il la critique suprême ou bien, à l’insu de son plein gré et à l’instar de ce Grand Européen, Érasme d’Amsterdam, l’Éloge de la folie ?

La “folie stratégique” ne se marque-t-elle pas non plus dans cette sorte de supplique étrangement dépourvue de la moindre pudeur de l’esclave à son maître, ou de la fille à son mac, l’avertissant qu’il ou elle pourrait bien changer de maître, c’est-à-dire cette Europe-esclave parlant au maître avec l’arrogance de la servitude, du directeur pour l’Europe du German Marshall Fund of the US, Jan Techau, écrivant avant les deux terribles sommets (OTAN et Poutine-Trump) : « Cela renvoie également à une question beaucoup plus vaste qui se cache derrière nos attaques de panique provoquées par Twitter : l'Amérique veut-elle conserver sa propriété géopolitique en Europe ou est-elle prête à l'abandonner? [...] Certes, les dirigeants américains doivent se demander s'ils veulent que de plus en plus de pays européens se sentent tentés d'appeler Moscou d’abord au lieu de Washington sur des questions de politique étrangère... » ?

Tom Luongo pense, quant à lui avec une certaine légèreté jubilatoire, que le sommet Trump-Poutine sera un sommet réussi justement à cause de cette “folie de Trump” qui lui fait vouloir réussir de “très-gros-coups”, en faisant des concessions si nécessaire, par exigence même de son caractère pathologique (je lui trouve du charme, à cette pathologie) : « Je pense qu'il est juste de dire que Donald Trump a un très grand ego. S’il y a une chose qui caractérise sa présidence jusqu'ici, c’est sa volonté d’aborder [pour les résoudre] des conflits insolubles, vieux de plusieurs décennies. A cet égard, ses tendances narcissiques sont un avantage majeur. »

“En même temps”, comme dirait l’autre dans la tribune du stade de Saint-Petersbourg, non seulement “la folie de Trump” devient stratégique, mais elle n’est qu’une sorte de “folie stratégique” parmi d’autres. Aux USA, le choix de Trump pour le nouveau Juge de la Cour Suprême est salué par une “folie stratégique” de type “Guerre Civile”par l’organisation progressive-sociétale du groupe Parti Démocrate-Soros, qui déchaîne une hystérie collective de groupe à la fois si bien organisé et si sincère dans son hystérie. Cela nous rappelle que les USA sont toujours et plus que jamais un baril de poudre bourré jusqu’à la gueule, depuis trois ans déjà, et le colonel Pat Lang prévoit que ce sera une Guerre d’Espagne Made In USA plutôt qu’une Guerre de Sécession 2.0.

Et n’est-ce pas une “folie stratégique” venue d’une vraie folie, cette plume du Bild Zeitung  signant un éditorial qui fait du joueur de légende allemand Lothar Matthaus un méprisable “collabo de propagande”, pour avoir accepté avec une délégation de l’UEFA de dîner avec Poutine, pour remercier la Russie de cette Coupe du Monde, et allant, – horreur sans nom, – jusqu’à serrer la main dégoulinante du sang frais d’un petit enfant de ce “criminel de guerre” ? Matthaus de répondre par tweet, en soulignant involontairement la formidable victoire de communication de la Russie, et ainsi aggravant son cas : « La politique et le sport ne peuvent pas être séparés, mais pour nous sportifs, seule la compétition pacifique et équitable compte. Le peuple de Russie a organisé une fantastique Coupe du Monde et a montré au monde son hospitalité et sa cordialité, pour cela, il mérite nos remerciements ! »

Il faut dire que, tandis que l’entraîneur de l’équipe d’Angleterre adresse à la Russie les remerciements et l’estime britanniques dont est bien incapable la lugubre Theresa May baladée des montages amateurs du MI5 en éditos du Sun, les rues de Moscou, de Saint-Petersbourg, d’Ekaterinbourg, résonnent d’encore une sorte autre de “folie stratégique”, – une joie collective extraordinaire qu’aucun incident n’émaille, faite d’une estime assez bruyante mais surtout d'un respect réciproque. Les avenues de la Ville-Lumière, jusqu’à la plus prestigieuse d’entre toutes, dégénèrent en anarchie de rues et sauvagerie publique pour célébrer une poussive victoire d’une France Black-Beur-machinfriqué en demi-finale, qui doit tout à un catenaccio postmoderne... La Barbarie de la diversité est-elle une de ces “valeurs” européennes et catégorisable aussi “folie stratégique” ?