Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.
Mars 2026 (10 articles)
30-03-2026 (19H00) – Où que nos pas nous portent sourd à nos oreilles interloquées le grondement de cette fantastique GrandeCrise, animée essentiellement par une sorte de clown abracadabrantesque et connu pour sa fabrique de tours et ses parcours de golf avec l’ami Epstein. Le spectacle est stupéfiant par le mélange des genres, cette tragédie qui ne peut être définie que par l’adjectif, irrespectueux pour les victimes sans nombre, de “bouffe”. Qu’y puis-je si c’est une tragédie-bouffe, œuvre intime de l’individu-dit-humain parvenu à son stade ultime de développement, au bout du bout du moderne, là où se trouve le carrefour où les attend le transhumanisme. Dans ce cas, n’en déplaise à toute la droite pseudo-tradi française, qui veille depuis Voltaire sur la “liberté de l’esprit”, – dans ce cas, bon débarras !
Mais je n’ai nul droit d’abandonner pour autant ma mission qui est de ne lâcher prise à aucun moment sur les événements en-cours puisque ces événements sont ceux du passage de l’histoire, qui a perdu sa raison d’être puisqu’en état de « saturation ontologique », à la métahistoire.
Comme dit l’IA, finaude :
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29 mars 2026 (21H15) – Ceci est pour disserter paisiblement, malgré l’incroyable volatilité catastrophique et ‘End of the World’ du sujet. Ce n’est ni ma faute ni l’exagération d’un esprit chauffé à blanc. L’image de “100 mégatonnes” a certainement le plus d’implication de fin du monde qu’on puisse imaginer et le conflit qui nous occupe, qu’on me pardonne, conduit à y penser. Pour régler cette affaire des100 MT, signalons comme écrit l’IA :
« 100 mégatonnes (100 MT) correspond à une énergie explosive équivalente à 100 millions de tonnes de TNT. C'est une puissance colossale, représentant environ 6,5 fois la puissance de le ‘ Tsar Bomba’ (la plus forte explosion nucléaire testée, ~50 MT), ou plus de 6 500 fois la bombe d'Hiroshima. »
Si j’emploie cette image complètement, bombastiquement folle, c’est parce que j’examine ici les possibilités de développement du conflit des Amérisraéliens qui ont attaqué l’Iran et qui rencontrent une résistance qui fait bien plus que résister, qui ne fait que contre-attaquer en mettant en évidence les faiblesses cachées des deux colossales hyperpuissances , – chacune dans leur genre. Effectivement, les deux hyperpuissances estiment tenir, grâce à la Bible et à Wall Street, la voie d’une hégémonie comme l’on n’en vit jamais depuis le début des temps. Ils sont peut-être puissants selon leurs conceptions, très matérialistes et le plus bas possible, mais ils ont la vue elle aussi basse, très basse.
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27 mars 2026 (18H30) – On s’arrêtera longuement à un entretien sur podcast de la chaîne personnelle du professeur norvégien Glenn Diesen, un membre éminent des commentateurs indépendants que nous suivons régulièrement. Parmi ceux-ci, Diesen est l’un des rares, sinon le seul, à recevoir le professeur Gilbert Doctorow. Le problème est qu’un vif incident a éclaté à distance entre Doctorow et certains indépendants américains (Ritter, Johnson) à cause des prises de position de Doctorow très critique de Poutine. La querelle a été jusqu’à la mise en cause de certains des titres de Doctorow.
Sans prendre position dans cette querelle, je pense qu’on peut dire que cette réaction fut un peu excessive. Doctorow a ses propres idées. Il vit à Bruxelles mais fait aussi des séjours réguliers en Russie, à Saint-Petersbourg où il possède un appartement. Il a beaucoup de contacts intéressants en Russie. Enfin, je dirais pour clore ce débat qui n’a pas lieu d’être pour mon compte, qu’il arrive à Doctorow d’être très intéressant, et de sortir des sentiers battus de la dissidence. Ce fut le cas ce 25 mars 2026, face à Diesen.
Le sujet était : l’attitude de la Russie et de la Chine vis-à-vis de l’Iran, – y a-t-il une aide concrète ou pas, de l’un ou/et l’autre ? Y a-t-il un soutien effectif ?... Etc.
Doctorow est paré pour cet aspect des choses qui semble lui plaire complètement. Il est manifeste, – il le confirmera,, – qu’il a déjà réfléchi au problème, qu’il en a parlé et qu’il écrit là-dessus. Dans sa réponse, il ne sera quasiment question que de la Russie, ce qui renvoie effectivement à ses habitudes et à ses contacts.
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2 mars 2026 (07H00) – J’ai été pris d’une sombre mais accessoire et professionnelle angoisse à l’annonce de la démission de Joe Kent., directeur de la lutte contre le terrorisme, placé immédiatement sous l’autorité de la Directrice Nationale du Renseignement (DNI) Tulsi Gabbard. Ce sentiment a très bien, je dirais même “excessivement” bien été traduit par le titre de l’article de Larry Johnson où « Joe Kent est un héros... Tulsi Gabbard un zéro méprisable et lâche ». Il fait dire que ce titre était accompagné d’une photo avec une Gabbard souriante entre deux piliers catastrophiques du lobby israélien AIPAC, dont la milliardaire Miriam Adelson, manipulatrice en chef des Trump & Cie.
On connaît mon jugement et mon sentiment pour Tulsi Gabbard et les arguments de Johnson semblaient convaincants, mais surtout du fait du ton passionné sur lequel ils étaient suggérés (plutôt que dits) à partir du constat que Gabbard n’avait pas elle aussi, à l’image de Joe Kent, démissionné pour protester contre l’attaque de l’Iran... Si l’on veut, sans pour autant vivre un drame, je me trouvais devant une grande potentialité de déception, comme j’en ai déjà connu un nombre respectable dans la vie politique, à partir de mon fauteuil installé sur la planète Sirius et suivant le comportement des humanoïdes dans cette GrandeCrise.
Puis j’ai suivi Gabbard durant ses auditions au Sénat et à la Chambre, les 17 et 18 mars, sur le sujet de la guerre en Iran. Je l’ai vue avec les parlementaires démocrates la poussant dans ses retranchements pour qu’elle dise sa désapprobation de la guerre menée par Trump (ce qui est l’évidence, mais fortement équilibrée par le devoir d’obéissance et de solidarité avec le président) ; je l’ai vue avec les parlementaires républicains la pousser pour qu’elle dise avec force son appui pour cette politique et pour l’entendre applaudir cette attaque de l’Iran.
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20 mars 2026 (17H50) – Est-il vrai qu’il “nous faut” une “Troisième Guerre mondiale” ? Ce n’est pas faux, mais encore s’agit-il de discuter de quelle “Guerre Mondiale” il s’agit. Dans un article, (repris par ‘euro-synergies.hautetfort.com’) l’historien et philosophe brésilien Raphael Machado s’interroge sur le sens et le contenu du concept de “Guerre Mondial”. Bien qu’il n’y ait eu que deux Guerres Mondiales jusqu’ici, il montre aisément que l’on pourrait, selon des manipulations diverses de perception et de description de guerres régionales, conclure qu’il y a eu beaucoup de “Guerres Mondiales” (Guerre de Cent Ans, “guerres napoléoniennes”, etc.). Le concept a connu le succès qu’on lui connaît au XXème siècle pour des raisons spécifiques, – qui, à notre sens, se trouvent rassemblées et particulièrement fécondes pour un tel concept, à cause de la puissance de la communication conduisant au besoin de conceptualisation des événements idéologiques et technologiques.
Machado ne s’attarde pas trop sur la Première Guerre Mondiale, – alors qu’il pourrait le faire, dans la mesure où ce conflit, prévu pour être régional et très rapide, s’est transformé en un énorme événement incluant effectivement nombre de pays dans le monde, n’étant pas concernés au premier chef. Pour lui, c’est surtout la Deuxième Guerre Mondiale qui est une “imposture” en sacrifiant tout au concept pour se voir transformée en substance :
« Pourquoi la “Seconde Guerre mondiale” serait-elle une imposture? Parce qu’elle a été construite dans les cabinets des historiens comme une «grande narration» destinée à lier le «nouvel ordre » occidental d’après-guerre. Que veux-je dire par là? C’est simple. Si l’on avait demandé à des historiens d’autres époques de suivre les différents théâtres et campagnes militaires entre 1936 et 1945, sans leur donner l’étiquette de «Seconde Guerre mondiale», ils auraient identifié une myriade de guerres, et non une seule (avec quatre précampagnes).
» La guerre du Pacifique est clairement une autre guerre spécifique, catégoriquement séparée du reste. Cela est plus facile à voir. Mais même la Grande Guerre patriotique fut une guerre isolée et circonscrite, distincte des autres. Même la guerre d’Europe pourrait, selon moi, être divisée en deux guerres: la première gagnée par l’Allemagne, la seconde par les États-Unis. Mais s’il existe une «Seconde Guerre mondiale» comme grande narration, alors évidemment la guerre civile espagnole, la guerre d’Hiver, la guerre d’Éthiopie et la guerre sino-japonaise devraient aussi y être incluses. »
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19 mars 2026 (18H00) – Bien des choses sont frappantes dans cette attaque montée et suivie d’une guerre à la confusion sans pareille, qui emporte tant de tabous et de croyances. Mais une chose me manque. Je parle de la levée de boucliers contre Trump, notamment de ses alliés adorés de l’UE, et des réflexions quy’elle m’inspire. En temps normal, je veux dire avant le temps de la GrandeCrise, on aurait repris en chœur et fait notre miel et notre hymne de ce que quelques-uns parmi les plus féconds des membres du Politburo de l’UE ont constaté (je ne cite pas puisque personne n’a dit ces paroles de cette façon mais, comme dirait l’IA, on “fait comme si” et l’on se fiche bien de la fausse réalité de toutes ces caricatures de responsables politiques) :
« Trump, ce n’est que quatre années à passer, ensuite on l’éliminera et il ne restera plus rien de lui, et nous retrouverons les États-Unis que nous aimons. »
Certes, ce fut l’observation constante de tous les responsables européens, et plus que jamais depuis le fin de la Guerre Froide qui constituait une obligation stratégique objective et impérative. Une façon de se dire : oui, les USA ont pour l’instant une administration un peu fantasque mais la grande pérennité de notre modèle nous la ramènera. Je me rappelle une remarque d’un haut fonctionnaire français, pourtant d’un esprit indépendant tendant vers la symbolique gaullienne, donc méfiant des USA, me disant, au lendemain de l’élection d’Obama et la venue des démocrates au pouvoir pour lesquels il n’avait qu’une estime moyenne :
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11 mars 2026 (17H30) – Il y a fort peu de temps, – cela date d’hier, après tout, – nous publiions une analyse sur l’attaque et les effets de cette attaque contre les structures du centre de contrôle de données d’ ‘Amazon’ (‘Amazon Web Services’ [AWS]), – c’est-à-dire aux EAU, à Bahrain et en Arabie notamment. Nous mentionnions le problème qui pourrait se poser à la coopération entre le secteur privé des high tech et les forces armées (le Pentagone). Désormais et très rapidement, le conditionnel n’est plus de rigueur.
Voici les nouvelles que nous rapporte Alexander Grigoiyev, dans ‘usa.news-pravda.com’ :
« Les grandes multinationales de l'informatique, Amazon et Microsoft Azure, dont le siège social est aux États-Unis, transfèrent leurs activités critiques de leurs centres de données situés aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et à Oman vers l'Inde et Singapour.
» Cet incident a été déclenché par des attaques iraniennes contre des centres de données situés dans le Golfe persique. Les premières frappes contre l'infrastructure informatique d'Amazon Web Services et de Microsoft ont eu lieu le 1er mars. Des communiqués officiels des entreprises ont indiqué que certains services aux Émirats arabes unis et à Bahreïn avaient cessé leurs activités suite à ces attaques.
» Ces attaques ont notamment provoqué une perturbation majeure des applications bancaires. Quelques jours plus tard, l'agence de presse iranienne FARS, citant les Gardiens de la révolution iraniens, a rapporté la destruction d'une autre installation majeure : un centre de données de la plateforme cloud Microsoft Azure. »
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5 mars 2026+ (17H35) – Le problème que nous pose la guerre AmérIsraël-Iran, du point de vue de l’enseignement autant que de son évolution actuelle, et encore plus du point de vue de sa signification profonde, est résumé par la question de la stratégie suivie. On verra qu’on y rencontrera un paradoxe, – un de plus pour les guerres actuelles, – qui présente certaines similitudes, parfois en mode inversé (et non inverti), avec celle d’Ukraine.
Note de PhGBis : « Comme je sais, car j’ai mes sources, que PhG ne reviendra sur le sujet dans ce texte, je vous donne tout de suite les clefs de cette affirmation des similitude entre guerre d’Ukraine et guerre d’Iran... Que ce soit dans l’usage très différent des technologies les plus avancées par l’un et l’autre camp, que ce soit dans le phénomène une minorisation radicale de certains principes fondamentaux d’avant (à quoi sert aujourd’hui une “supériorité aérienne totale” ?), que ce soit dans la sensation d’une “guerre existentielle” pour l’Iran comme pour la Russie, que ce soit dans l’appel aux Grands Anciens et aux vieilles civilisations (Iran et Russie), pour justifier l’usage des moyens les plus avancés de la guerre, que ce soit dans l’incertitude des causes fondamentales de la guerre et la sensation d’être dans un événement aux effets fondamentaux (pour tout le monde)... »
Une première remarque concerne le rôle qu’a choisi de jouer l’Iran, par rapport à celui que joue le bloc “AmérIsraël” (on a reconnu les acteurs, par ordre alphabétique mais nullement par ordre chronologiques ou d’influence). On en a une idée avec l’émission de ce jour sur la chaîne de Danny Haïphong, extrêmement populaire et intéressante, – ici citée à son extrême début (chaîne de Danny Haïphong, doublée Français).
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2 mars 2026 (20h15) – La “guerre” (toujours ces guillemets !) menée par les USA et Israël contre l’Iran se poursuit à un rythme effréné dont l’Iran est peut-être le moteur principal face aux masses pesantes et à la lourde modernité de ses adversaires, – et tout cela sous une avalanche d’informations plus ou moins justes et de commentaires plus ou moins judicieux dans la presse alternative, – bien plus, par exemple, que pour les débuts de la guerre en Ukraine. C’est la mesure de l’évolution incessante et du formidable développement, et de la capacité technologique du système de la communication d’une part ; et d’autre part de la puissance galopante de la presse alternative (mais aussi : “dissidente” comme un ‘Samizdat’, indépendante, antiSystème, etc.). Ce deuxième point mesure la puissance de “l’effet Janus” du système de la communication.
Notre travail, pour l’instant, en ces quelques jours de ce début de conflit est de nous faire les relais des aspects que nous jugeons intéressants, pêchés ici ou là, sous la poussée de notre expérience et de notre intuition, sans aucune garantie de rendre compte d’une véracité qui s’avère insaisissable chez telle ou telle source. Cette démarche (“de se faire les relais”) s’impose notamment par la dimension métahistorique et spirituelle sous-jacente de l’événement. Par ailleurs, ce choix délibéré d’une subjectivité qui n’étonnera personne pour mon cas précisément, explique que ce travail passe par le canal de ‘Journal-dde.crisis’ de PhG.
Pour ce jour, c’est sur la mort de l’Ayatollah Ali Khamenei que s’arrête notre attention. Personnellement, c’est en écoutant Alexander Mercouris hier soir qu’a surgi à ma connaissance l’hypothèse d’une mort volontaire, c’est-à-dire d’un martyre d’Ali Khamenei, décidant de rester dans sa résidence exposée aux bombes des civilisateurs occidentaux, pour y mourir en martyre justement plutôt que se cacher dans un bunker souterrain. Quant à l’étonnement et l’incompréhension de Mercouris qu’il y ait eu un certain nombre de chef rassemblés autour de l’Ayatollah et qui partagèrent son sort, une possible explication est donnée par Scott Ritter, qui se révèle un extraordinaire connaisseur sinon érudit de la religion chiite, et qui explique que toutes ces personnes avaient choisi comme leur Guide Suprême, le martyre d’une mort acceptée, « pour sauver la République Islamique par l’exemple qu’ils donneraient »
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1er mars 2025 (20h00) – ... Cette question prétend rappeler, pour suggérer le sens de la guerre contre l’Iran, le titre du livre d’Andrei Amalric ‘L’URSS survivra-t-elle en 1984 ?’, publié en 1970. Amalric s’était trompé de six ans, mais l’esprit du propos était entièrement valable et s’avéra complètement justifié.
Nous voulons donc laisser entendre, selon une chronologie beaucoup plus hâtive correspondant aux événements (l’attaque contre l’Iran) et aux principaux acteurs (Trump et le reste de la “génération-Epstein” [générationEpstein] où les Israéliens ont largement leur place), que la “guerre” commencée le 28 février pourrait éventuellement conduire à un collapsus de l’architecture institutionnelle des États-Unis, et donc à une chute des USA eux-mêmes.
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