Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Wokenisme-LGTBQ, une déstabilisation globale

  lundi 05 juillet 2021

5 juillet 2021 – Il me semble désormais évident que la dynamique de crise que nous avons baptisée “wokenisme” a acquis sa véritable dimension, qui est globale. Je vais suggérer ce que c’est que son évolution désormais selon la perception que j’en ai, avec divers éléments dans le développement qui suit.

Je rappelle d’abord que nous avions d’abord désigné cette dynamique comme “sociétale-progressiste”, y compris lorsqu’on la vit, – je parle de ceux qui regardent sans œillères ni les yeux fermés, – devenir crise paroxystique avec la mort de George Floyd le 25 mai 2020, s’agglomérant ainsi superbement à la crise-Covid pour faire éclore les Cent-Fleurs de la Grande Crise. Le pléonasme “wokenisme” lui-même a très profondément évolué dans notre et ma perception, depuis le jour où on l’a proposé sur ce site, soit le 20 novembre 2020, dans un texte, “commentaire d’un commentaire” de James Howard Kunstler.

On y lisait notamment, d’une part, des remarques sur l’évolution vers le choix du mot sans anticiper sur son extension future ; d’autre part, dans le ‘chapô’, au contraire dans ce cas en anticipant d’une façon hypothétique sur ce que pouvait nous réserver sa destinée...

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De l’“américanisation” de Douce France

  mercredi 23 juin 2021

23 juin 2021 – on s’alarme de plus en plus, en France où l’on a l’alarme prompte, de l’extension terrible de ce que je nomme, moi, le wokenisme. On découvre sa pénétration dans les diverses institutions d’enseignement, notamment certaines des plus prestigieuse d’entre elles. On s’alarme donc de voir les sages élèves des cadres de demain de la direction française (Science Po) être soumis à une séance de dénonciation prolétarienne-sociétale-racisée sur la “blanchité” de la cuisine française, vécue comme un signe supplémentaire d’oppression des nouveaux “damnés de la terre”.

Il est vrai que l’une des réactions recommandables, en attendant qu’ils s’engloutissent eux-mêmes dans leur mélasse racisée, est de rire de telles considérations absolument considérables. Comme le remarque Macé-Scaron (voir CNews ce matin, sur “L’heure des Pros”), ces gens-là sont absolument allergiques à l’humour, écrasés qu’ils sont par l’ampleur de leur Mission et le poids phénoménal de leur Message ; comme tout bon idéologisé-radicalisé, on comprend diablement qu’“il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas”. Avant c’était la religion, aujourd’hui c’est leur bêtise. “On n’arrête pas le Progrès”, – autre formule fameuse de ma jeunesse.

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Désintégration en-cours

  lundi 21 juin 2021

21 juin 2021 – On met ensemble deux avatars qui paraissent sans rapport : les élections en-France et une activité précise du souverain pontife, le pape François. Il s’agit de deux choses d’une importance certaine, mais dans des domaines si différents qu’il paraît nécessaire de disposer d’un bien plus grand événement que les deux en question, un événement immense, qui les domine d’une façon écrasante pour proposer de les rassembler, de les intégrer, de les fondre de façon à ce qu’ils semblent relever de la même dynamique. Alors, le rapprochement, plus encore, la fusion ira de soi.

C’est le cas (de l’intervention d’un tel “événement immense”), – certes selon mon interprétation et m’attribuant le rôle de l’alchimiste qui sait reconnaître quand les dieux parviennent à porter à fusion les métaux précieux, jusqu’à les faire sacrés.

Le premier avatar dont je veux parler a donc trait au résultat des élections, hier en France. La seule chose qui me soit apparue de quelque intérêt, – mais pour cela, je n’étais pas seul et n’ai aucun mérite d’originalité, – c’est bien entendu l’abstention. 68% des Français en âge et en condition légale de le faire n’ont pas voté ; ce 68% signifie 32 millions de citoyens du pays de France. Aux mêmes élections, en 1992, il y avait 68% de votants.

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Pepe et les Sept Clowns

  mercredi 16 juin 2021

16 juin 2021 – Pepe Escobar est un vieux combattant de la presse alternative, libre & indépendante. Je le connais comme lecteur, comme une des vedettes de la toile quasiment depuis l’aube de ma septième vie, née le 11 septembre 2001. Cet ami indéfectible de Lula a des visions géopolitiques parfois complexes sinon très complexes, mais toujours dessinées vivement et ainsi évitant le plus souvent le piège de la lourdeur. Cette légèreté, dans ce cas vertueuse, fait que malgré les imbroglios qu’il décrit, Pepe ne passe jamais pour un “complotiste” hystérique, – tout juste se permettrait-il un “complotiste ironique”...

Cette fois, je le retiens quelques heures avec nous parce qu’il me semble qu’il a fort bien croqué le G7, ses clowns (ils sont sept, comme les nains, allez savoir pourquoi) et son obsession chinoise transmise comme un virus “deepstatiste” entre deux ronflements et deux balbutiements par le délégué de l’imposant ogre-DeepState ; lequel, c’est dit et redit, n’en finit pas de cracher les vis et les boulons de ses superstructures en plein exercice de désuperstructuration...

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« C’est super ! »

  lundi 14 juin 2021

14 juin 2021 – Puisque l’on parle de la question de “la gouvernance” sur cette page, une petite histoire, une plaisanterie, un bon mot qui court les salons climatisés et les bars enfin rouverts, et qui a provoqué chez moi, pour un instant, un fou-rire un tantinet nerveux tant la caricature est aussi vive que le vrai :

« Une voiture vide s’arrête devant Matignon. Jean Castex en descend. »

En une seule journée, le ministre dit de la Justice & ci-devant Garde des Sceaux se brocarde avec un candidat du RN assis avec des amis à une terrasse d’un café (rouvert) et, quelques instants ou heures plus tard, s’invective dans un marché à ciel ouvert avec un candidat de La France Insoumise. Images de campagne sans divertissement, où Dupond-Moretti, dit “Bitbull-la-Rolex”, joue le rôle du non-candidat d’en-dessous de la mêlée (le talonneur en rugby) chargé d’entretenir la guérilla de la communication.

Nous sommes dans ces temps pleins de signes, entre une gifle à l’insupportable légèreté et une piste semée de « marques satanistes »

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L’insoutenable légèreté de la gifle

  vendredi 11 juin 2021

11 juin 2021 – Un peu comme une sorte d’habitude ou de confidence à mes lecteurs, comme il m’arrive assez souvent d’hésiter entre plusieurs titres, d’en adopter un et de confier ensuite celui que je voulais mettre d’abord, – ce fut d’abord, avant de savoir ce que je mettrais dans ce texte en son début : “Les deux gifles du roi”. Là-dessus, j’aurais pu en rajouter dans le genre lointain mais avec un peu de hauteur du type-lévitation, ou bien “au-dessus de la mêlée”, pour vous dire : “J’ai attendu un peu de temps avant de réagir pour voir ce que serait la réaction des élites de ce grand pays”...

Et voici le résultat, – Veni, vidi, vici ! Oh, César, dictateur infâme, comme tu nous paraîs si loin et nous manquer à tous, malgré ta piètre vertu démocratique... Écoute, César, je ne suis pas venu, il n’y avait rien à voir, et surtout rien qui vaille la peine d’être vaincu.

Un qui m’a bien fait rire, c’est tout de même la Merluche. Arriver à nous la faire-tragique et menaçante, selon la phrase fameuse de son tweet, employant pour le cas un mot que je trouve à la fois inculte et naïf, comme on dit infantilement “les méchants”, comme s’il ne trouvait rien d’autre car effectivement comment arriver à faire essentialisation de cette néantisation (celle de la présidence) ? La dégringolade de cette intelligence (celle de Mélenchon, ici, ceci expliquant cela) est un phénomène fascinant, ou comment le talent, le verbe vif, la phrase bien faite, peuvent complètement se retourner, comme la calotte d’un gland, et hurler une inversion totale, et se rouler dans la farine moisie d’une sorte de médiocrité enfin retrouvée, comme on retrouve une vieille compagne disparue.

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L’hyper-névrose racisée

  lundi 07 juin 2021

7 juin 2021 – Il faut admettre que ce que nous nommons ici, et moi le premier, “wokenisme”, est un formidable moteur crisique, un accélérateur inouï de la Grande Crise. Je ne parle certainement pas dans ce cas du contenu, mais bien de la dynamique, et encore plus précisément, de la dynamique de la communication. Ce dernier point est essentiel, c’est même le point essentiel et nul autre : ainsi, pa        r la communication, est investie la psychologie qui rend folle, bien plus que les meurtrissures d’une pseudo-guerre civile.

Certes, le contenu importe, non par sa pertinence, nullement par sa légitimité, puisque par ailleurs c’est le bêtise et bien la bêtise qui l’anime, mais d’une façon très-puissante par l’aliment qu’il donne à cette  dynamique pour se déchaîner. Si vous voulez, nous sommes dans un train fou, qui ne cesse d’accélérer avec sa vieille locomotive qui marche au charbon [l’image est ainsi, de mon point de vue de “vieux réac’”, plus parlante que dans nos TGV si arrogants] ; et le wokenisme c’est le charbon que le cheminot lance dans le brasier de sa chaudière, et un charbon reconnu d’une exceptionnelle qualité dans sa force de combustion, grâce à sa composition qui est justement son contenu. Le délire wokeniste fournit, on en convient, une extraordinaire chaleur du ciboulot.

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“Cours, camarade...”

  samedi 05 juin 2021

5 juin 2021 – Il y a aussi cet événement qui devrait honorer l’histoire européenne comme le fait une surprise bienvenue, d’une dame danoise et sociale-démocrate, donc d’une gauche très institutionnalisée et de réputation aussi molle que politiquement correcte (PC), annonçant que le but de son gouvernement dirigeant actuellement le Danemark est d’en arriver à une “Immigration-zéro”. Il faut y arriver le plus vite possible et une forte majorité l’y encourage tandis que des dispositions sont en train d’être mises en place pour “traiter” les demandeurs d’asile politique dans un pays hors, et loin du Danemark.
 

« Les réfugiés ne sont plus les bienvenus au Danemark. Le Parlement danois vient d’adopter une loi qui prévoit que tout demandeur d’asile au Danemark sera, une fois sa demande enregistrée et à quelques rares exceptions près type maladie grave, envoyé dans un centre d’accueil en dehors de l’ Union européenne. »
 

J’ai vu et entendu hier en fin d’après-midi d’éminents personnages de bonne facture, avec QI convenable et PC en ordre de marche, – d’abord médusés, puis embrayant sur la nouvelle en l’explorant, l’expliquant, la comprenant c’est-à-dire en l’habillant d’une rationalité hors-anathème courant. A cet égard l’exposé de l’universitaire et politicologue de grand renom Pascal Perrineau fut édifiant, comme s’il s’était préparé à l’événement.

Hier matin, sur CNews, sur la chaîne dite “de droite radicale” ou “de droite populiste” en train d’exploser comme un phénomène politico-médiatique inédit en France, – « C.News comptera pour l’élection de 2022 », explique un personnage sans divertissement, – Pascal Prau (“L’heure des Pros”) recevait Cyril Hanouna, l’homme de “Balance ton post”. Depuis une “petite phrase” de la Schiappa, Hannouna et l’objet de toutes les attentions et montre, chez Prau, qu’il se fait une gloire de dénoncer le PC et de soutenir les Gilets-Jaunes selon la conception initiales (“les ronds-points”), avant la récupération par l’extrême-gauche.

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NSA ! “Maman, bobo

  mardi 01 juin 2021

1erjuin 2021 – Au vrai du vrai, comme j’affectionne moi-même et nous-autres sur dedefensa.org, on rétablit la vraie-vérité postmoderne et wokeniste : il n’y avait rien de la NSA dans la chanson d’Alain Souchon d’un autre temps où l’on geignait déjà, en 1976, “Le grand geignement de l’homme blanc”, – cette fois il s’agit de l’Européen-UE par rapport à son grand frère/protecteur/héros admiré et glorifié, américaniste certes... Bref, disait Souchon :
 

« Allo ! Maman, bobo

Moi j'voulais les sorties d'port à la voile
La nuit barrer les étoiles
Moi les chevaux, l'révolver et l'chapeau d'clown
La belle Peggy du saloon
J'suis mal en homme dur
Et mal en petit cœur
Peut-être un petit peu trop rêveur

Allô Maman bobo
Maman comment tu m'as fait, j'suis pas beau
 »


Mais enfin, les Européens, ces parangons de vertus transatlantiques et victimaires, ont su retenir leur secrète tristesse et leur chagrin un peu affolé. Ils ont réagi avec une superbe remarquable, une hauteur extrêmement démocratique, courageusement-PC (*). Écoutez-les, pleins de dignité et de loyauté outragée, cambrés dans leurs postures sublimement convenables, auréolés de courage voire d’héroïsme, – mais pourtant, je le sais au fond de moi, secrètement blessés, trahis, malheureux, interloqués, désemparés... “Maman, bobo”, quoi.

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Adieu la France et le reste, à plus tard

  lundi 31 mai 2021

21 mai 2021 – Voici donc un texte qui nous présente les condoléances affreusement désolées de cette grande idée et de cette immense conscience identitaire et civilisatrice que fut la France. On peut en accepter tous les mots, tous les détails, toutes les images, et s’en désoler pareillement.

Parlant de notre “infantilisation” en cours et à grande vitesse qui est après tout un sujet assez proche de l’effondrement français comme de la Grande Crise bien entendu, Michel Onfray en fait cette description dans le dernier livre (« L’art d’être français ») de son incroyable activité la plume, de sa production formidable ; et il s’agit d’une civilisation, et non de la seule France, – quoique, certes, la citation de l’Ancien Testament nous irait comme un gant, avec notre président bien entendu :
« De la même manière que l’enfant qui fut un adulte radieux et puissant devient un jour un vieillard vidé de son énergie dans une maison de retraite, une civilisation connaît elle aussi ces croissances et ces décadences. L’Ancien Testament le prédisait : “Malheur à la ville dont le Prince est un enfant” (Ecclésiaste, 10, 16). Nous y sommes. Devenus trop frêles et fragiles, les adultes, fatigués, se reposent en redevenant des enfants. Comme leur civilisation, ils obéissent à ce tropisme qui les rétrécit, les rabougrit, les recroqueville, les rapetisse, les rétracte, les raccourcit, tel un linge lavé à mauvaise température... »

Onfray, lecteur assidu de Nietzsche, expose les ravages que les déconstructeurs et leur déconstruction, autres lecteurs assidus du même, ont fait subir au philosophe. Lecture de Nietzsche faite, « à défaut de surhomme, ce que Deleuze et les siens proposent [de faire de Nietzsche], est tout simplement une régression infantile, – celle du moment où l’enfant se veut roi et qui entre en folie si aucun adulte ne le retient de succomber à un pareil délire... »

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Huxley & Orwell ?

  samedi 29 mai 2021

29 mai 2021 – On discute beaucoup dans les salons et sur les bavards réseaux sociaux à propos du statut à venir sinon déjà venu de notre régime général, politique et sociologique si l’on veut. Il s’agit de savoir à quelle sauce nous serons parqués dans les enclos totalitaires, pour ce qu’il nous reste de survivance.

Là-dessus et récemment passe sur Histoire un documentaire qui est présenté évidemment comme formidablement d’actualité : « George Orwell et Aldous Huxley : ‘1984’ ou ‘Le meilleur des mondes’ ? » Je n’en disconviens pas, je juge le thème complètement d’une attristante pertinence pour nos préoccupations, dans tous les cas dans les embarras complexes de nos supputations futuristes qui font démocratiquement feu de tous bois. Les réalisateurs du documentaire, réalisé en 2019, sont Caroline Benarrosch et Philippe Calderon (ce dernier, filleul et neveu du magnifique acteur Michael Lonsdale, récemment décédé).

La présentation de la chose, succinctement dite et sans surprise, mais avec d’intéressantes interrogations pour nous : « Le film raconte l’histoire croisée de George Orwell et d’Aldous Huxley, les auteurs des deux grands romans d’anticipation fondateurs: ‘1984’ et ‘Le Meilleur des mondes’
» Écrits il y a plus de 70 ans, ces deux romans trouvent un écho extraordinaire dans nos sociétés d’aujourd’hui : fake news, ultra-surveillance, recherche du bébé parfait, régulation des masses par la culture du plaisir. »

Le thème du documentaire est donc rapidement évident, d’autant que le destin rassemble ces deux écrivains par diverses voies, outre cette particularité commune d’avoir publié, chacun, un livre mondialement connu sur l’avenir catastrophique de notre civilisation. Orwell, le rude, le pauvre, l’ardent révolutionnaire et le solitaire crevant de tuberculose (mort à 49 ans) qui s’isole pendant deux mois dans une bicoque perdue dans les vents mauvais de la rude Ecosse pour écrire son grand’œuvre, un terrible récit dont il a perçu les prémisses dans la trahison et la liquidation de ses amis du POUM, les anarchistes de Barcelone, par les tueurs du NKVD de Staline, – ils étaient alliés, paraît-il, les uns et les autres “camarades”, contre le “fasciste” Franco. “1984” présente un univers d’inversion totale et d’une brutalité psychologique et policière inouïe. En Espagne, du fait de l’action du NKVD, Orwell a relevé des traces des inversions eschatologiques qui trament son œuvre à venir, comme “la guerre est la paix”, le ministère de la Vérité et la bienveillante surveillance intrusive et sans aucun frein de Big Brother, suivant chaque jour, chaque heure et tous les instants de votre vie.

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Le JSF victime du “privilège blanc”

  jeudi 27 mai 2021

27 mai 2021 – J’ai hésité à propos du titre : pourquoi pas “Seuls les Black Lives Matter peuvent sauver le JSF” ? Vous savez, cette époque est SUBLIME dans la dévastation extraordinaire de tout ce qui est mesure, jugement, raison (même elle, la raison malgré sa subversion, nous manque). L’extraordinaire connerie qu’enfante cette intelligence plongée dans la potion magique de la démence pour enfanter son contraire nous conduit à constater que ce mot vulgaire de “connerie” est bien insuffisant, et qu’il faut le bannir absolument comme “raciste”.

Cette super-bêtise, comme une sorte de bêtise thermonucléaire, extraordinairement étendue et créatrice de multiples autres bêtises dans la plus complète diversité, c’est à la fois un vertige d’ivresse et un colossal éclat de rire à secouer le cosmos lui-même qui doivent nous venir. Nous sommes devant le spectacle de ce qui devait nous transformer en esclaves, – La société du spectacle elle-même, – mais ce sont les auteurs, le metteur en scène et les acteurs de la pièce subversive qui sont devenus complètement fous et déments. Ils sont ivres de leur spectacle portant destiné à enivrer les autres, outre d’être hypermaniaque et hyperactifs avec la recommandation de l’équipe parent-1/parent-2 qui a pour mission de les éduquer au vaste monde ; à la fois dément d’être enfermé dans leur délire sur scène, et tout-petit enfant balbutiant ses premiers mots qui sont ceux que lui enseigne le Lapin-Blanc d’Alice, devenue elle-même puéricultrice-folle, wokenisée en LGTBQRSTUYW.

Ne m’en veuillez pas, c’était une réaction du premier degré, du premier abord, de la première lecture ; j’ai décidé lui laisser passer la censure par esprit libéral et tolérant, pour monter que je suis du “camp du Bien”.

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“Queue de comète” en Arizona

  mardi 25 mai 2021

25 mai 2021 – Le plus remarquable de ces temps où tout événement, jusqu’aux plus polémique, passe en l’espace de quelques minutes, quelques heures, etc., c’est la non moins remarquable prégnance, la durabilité implacable de toutes les procédures, investigations, entêtements bureaucratiques, entêtements psychologiques, enquêtes initiés et relancés, polémiques longues d’après la polémique de l’instant qui suivent ces événements-polémiques qu’on croirait effacés (“cancel”) en l’instant qu’ils apparaissent. C’est comme une comète qui apparaît et disparaît en une durée incroyablement courte, et pourtant suivie d’une “queue de comète” qui se forme bientôt et allonge démesurément sa trace, comme un rappel obsédant, de quelque chose qui n’a duré qu’un instant.

Ainsi en est-il de l’extraordinaire élection présidentielle de novembre 2020 aux USA, et de la bataille qui a suivi les “résultats”, puis la contestation des résultats, la contestation de la contestation, tandis que le monde s’abîmait délicieusement dans la certitude de la victoire instantanée et bouclée de Joe Biden sur l’im-monde. Tant il est vrai que la “queue de la comète” suit, et que diverses procédures et enquêtes sont en cours ou à venir suite à des plaintes, ou des doutes, ou je ne sais quoi, concernant ces résultats proclamés sur l’instant irréfutables et marqués dans le marbre.

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Vol au-dessus d’un nid de vertus

  lundi 24 mai 2021

24 mai 2021 – Il a osé ! Il a osé, le mec, le type, le monstre, le paria, le porte-flingue, l’infâme. Il a effectué un détournement de viol de la communauté internationale. A l’image de l’esthétique et élégant Youssoupha, et plagiant humblement ses augustes paroles porteuses de la culture française et universaliste (c’est-à-dire à usages divers), nous dirions que l’immonde pourrait dire : « Comme dans ce rêve où ma semence fout en cloque cette chienne de communauté internationale. »

Bon, fini de rire à si mauvais escient : il s’agit de Loukachenko, de l’infâme Biélorussie (je tiens à l’ancien nom, du temps de Staline), et de l’acte qu’il vient de faire perpétuer en violation absolue et transcendantale de toutes, absolument toutes les lois internationales. La communauté internationale, que vous pouvez aisément décalquer en copié-collé sur le schéma du bloc-BAO, n’en peut plus d’indignation absolument vertueuse, parée de mille vertus, c’est dire : un nid de vertus, comme autant de coucous.

Vous auriez vu hier vers 19H45 “Dany”, sur LCI, sur son écran virtualiste, se déchaîner à partir de l’Allemagne, on eût dit la cour de la Sorbonne en-Mai. “Et derrière Loukachenko” (je cite plus selon l’esprit-“Dany” qu’à la lettre-Cohn-Bendit), “il y a Poutine, c’est évident, c’est sûr ! Cet homme qui envoie dans tous nos pays ses tueurs faire leurs sinistres besognes. Désormais, on doit affirmer que toute personne qui entretient des liens avec l’Iran, la Turquie, la Biélorussie et la Russie est un traître !”. Alors, fusillé ? Sacré “Dany”, toujours vert le “Rouge”. On se serait cru à Munich, Daladier, Chamberlain, les Sudètes... Il m’a juste fait sourire, tout en me faisant me demander ce que l’Iran et la Turquie venaient faire dans cette soupe européenne.

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Je suis blanc mais je me bronze

  dimanche 23 mai 2021

23 mai 2021 – La maire, – ou dit-on le.a maire.e.esse, quelque chose de la sorte ? – bref, la maire de Chicago, « Mayor Lori Lightfoot », – c’est-à-dire, si je traduis bien “Lori Pied-léger”, un vrai nom de NativeAmerican, elle qui est Africaine-Américaine, – eh bien, Lightfoot est une bien étrange personne, complètement, absolument de son temps qui est malheureusement le nôtre. Elle a déchaîné une tempête de commentaires chuchotés ; Jonathan Turley a observé qu’il était moins question de savoir si la décision de Lightfoot était illégale au regard des lois concernant des dirigeants élus, ce qui est évident, mais de savoir « si les médias sont prêts à poursuivre Lightfoot pour sa politique discriminatoire ». Bien sûr, ils ne feront rien parce qu’ils se tiennent magnifiquement, le petit doigt sur la couture d’un pantalon qui en est dépourvu.

Robert Bridge donne ce titre à son commentaire sur cette décision de refuser de parler à un journaliste blanc parce qu’il est blanc : « La guerre est la paix, la ségrégation est la “diversité” ? Un maire de Chicago qui [refuse de donner des interviews aux]  journalistes blancs montre que les États-Unis sont entrés en des territoires périlleux »

Ancienne athlète, juriste, scénariste, actrice et écrivain.e, mais aussi métisse, juive par sa mère polonaise, d’origine gambienne par son père, de religion musulmane, – et interrogée par “Figaro-Vox”,  – Rachel Khan observe à propos de la décision de Lightfoot :
« Cette déclaration de la maire de Chicago n’advient pas comme ça d'un coup comme un cheveu sur la soupe. C'est la logique du dogme racialiste poussé à l’extrême, par certaines associations comme celle de Fara Khan. Depuis plus d’une trentaine d'années et c’est ce que j'évoque dans mon livre “Racée”, certaines personnalités afro-américaines ont pris ce genre de positions radicales.
» Le caractère inédit cette fois c'est que cette déclaration vient d'une élue, d'une ville très symbolique qu'est Chicago. Cela signifie aussi que les États-Unis, sont tellement imbibés par les “wokes” et le communautarisme qu'ils sont désormais prêts à recevoir ce genre de propos qui divisent encore un peu plus leur société. À partir du moment où la «race» est un critère de sélection quel que soit le sujet, il n'y a pas d'autre mot que de qualifier de raciste cette parole. Cette dernière rejoue clairement une névrose ségrégationniste. »

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La puissance de la légèreté de ces êtres

  vendredi 21 mai 2021

21 mai 2021– Disant “légèreté de l’être” et pensant au titre sur “L’insupportable légèreté”, je parle de ces créatures actives et activistes, dans la séquence wokeniste des USA. En l’espèce, je parle des Sanders (sénateur indépendant-démocrate, vieille ganache de gauche au Sénat), Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) et sa bande de gauchistes en paillettes à la Chambre ; tous des êtres d’une légèreté incroyable ! Je veux dire, si vous les comparez, en remontant, au standard des autres temps, par exemple pour citer une époque qui m’intéresse, un temps où le standard allait aux Jefferson, Madison, Hamilton, les Adams, etc., et pour faire plus large, de Talleyrand à Metternich, des William Pitt à  Mirabeau, à Alexandre Ier.

(Il est vrai que ce n’était que des blancs mais on remarquera que je n’a pas cité Bonaparte ; enfin, passons et continuons la démonstration extrêmement partisane.)

Il est vrai également que ces êtres à “l’insupportable légèreté” m’apparaissent  de plus en plus comme disposant éventuellement d’un poids inattendu, avec peut-être la capacité de déplacer des choses incroyables, comme Atlas fit du monde lui-même. Voici ce qu’il se passe, qu’il faut lire bien entendu à la lumière de ce texte que nous publiâmes hier.

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La connivence Covid-wokenisme

  mardi 18 mai 2021

18 mai 2021 – L’on sait bien l’importance que j’attache aux événements regroupés sous le nom de “wokenisme”, et dont on doit dater le début dans leur phase paroxystique à la mort de George Floyd à Cincinnati, le 26 mai 2020, prolongée par l’élection présidentielle US dont on sait toutes les péripéties. C’est l’un des deux piliers crisiques fondamentaux d’une année, 2020, qui ne l’est pas moins. L’autre, premier chronologiquement dans l’année, n’a  pas besoin de longues présentations : c’est la pandémie Covid19.

Je n’ai cessé de faire un rapprochement, sinon un lien entre les deux événements qui semblent pourtant de natures différentes mais qui sont effectivement, souvent inconsciemment, rapprochés l’un de l’autre dans une profonde intimité. J’y vois d’abord une complémentarité crisique qui fait que leurs effets s’additionnent selon le principe du globalisme, – où l’effet général (“global”) est supérieur à la seule addition quantitative des deux effets spécifiques, et de nature qualitativement différente. Devant ce qui est pour moi une évidence, il m’apparaît d’un intérêt constant de chercher à déterminer plus précisément ce qui les lie, à part les hypothèses évidentes mais imprécises ou vagues qui flottent dans l’air du temps.

(La similitude chronologique cela va de soi et n’a nul besoin d’explication puisque n’expliquant rien ; tout autant allant de soi et s’expliquant d’eux-mêmes, les inévitables complots en tous genres pullulant comme les algues dites Sargassum de la Mer des Sargasses et paralysant autant la pensée que la navigation.)

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Les 5 000 masques de l’Oncle-Joe

  samedi 15 mai 2021

15 mai 2021 –Il y a comme ça, des moments de joie intense, où apparaît au grand jour, pour un instant au moins, cette incroyable tragédie-bouffeque nous vivons. Hier, il y eut un de ces instants. Brusquement, tous les intervenants se mirent comme oiseaux à l’aube claire, évoquant les restaurants, les bords de Seine, les boîtes de nuit où l’on pourrait vaquer bientôt sans autre contrainte que le désir de flâner et de se détendre.

Si vous ne l’avez pas remarqué, cela se passe en France, sur les chaînes d’info-continu, et une nouvelle vient d’éclater, venant directement de notre-Mecque à tous, de notre-Rome-pour-toujours. L’oncle-Joe vient de parler de Washington, au nom de l’oncle-Sam, et il semble bien qu’il nous a dit : “On laisse tomber les masques, guys” ; et alors, c’est « comme si tout recommençait », comme si le printemps éclatait de ses Cent-Fleurs.

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La dernière digue face à la tempête

  jeudi 13 mai 2021

13 mai 2021 – J’ignore si Orlov nous restitue dans son texte du 11 mai sur « le fardeau de l’homme russe » une interprétation qu’on lui a donnée, ou s’il l’a développée lui-même. Je suis conduit à pencher pour la seconde hypothèse, et alors je crois qu’il a trouvé quelque chose d’essentiel, – tout en me demandant sans le moindre esprit critique mais pour simplement contribuer à son travail s’il embrasse lui-même l’entière importance de la chose. Ainsi progressent les perceptions et les situations, – les vérités-de-situation, vaudrait-il mieux dire, – par la transmission des intuitions devenues savoirs, à nouveau enrichies par d’autres intuitions.

La perception de la vérité-de-situation du monde est, aujourd’hui, une œuvre impérativement collective et un travail en continuelle progression. Elle ne résout rien nécessairement à son terme nécessairement temporaire, en laissant à d’autres combinaisons le loisir de surgir, ou bien elle découvre un autre horizon, je ne sais. Chaque pas ainsi dans dans la terrible obscurité de la catastrophe nous évite l’abîme sans retour de la néantisation ; il reçoit l’aide d’un éclair de lumière, justement pour cet évitement.

Ce qu’Orlov interprète, en parlant du choix fait par Poutine de choisir les personnages du “Livre de la Jungle” pour caractériser la situation psychologique présente, non seulement nous guide bien dans sa pensée opérationnelle grâce au symbolisme qu’il (Orlov) développe, mais en plus nous dépeint un état des choses brusquement révélateur. Jamais, dans mon chef pour le cas et à partir d’une critique extérieure absolument fondée, je n’ai ressenti aussi fortement notre état critique, – à nous, gens d’Occident dont je ne peux tout à fait et complètement me départir d’être. Le fait de “La société du spectacle” n’est pas un vain mot quand l’écrit de la pièce est modifié, son sens subversif ainsi réduit à riern, par une sorte d’impulsion extérieure, une sorte d’intuition qu’on doit juger comme venue d’une source haute. Le spectacle qui s’impose, pour notre compte et à propos de notre état, est la vision extraordinaire et complètement apocalyptique d’une terrifiante dégénérescence de la psychologie, – de notre psychologie, à nous, “gent d’Occident”, si assurés de nous-mêmes, si alourdis de notre prétention, si prisonniers de notre hybris allant jusqu’à la caricature catastrophique de l’hybris.

(Suite)

Panique à bord

  mardi 11 mai 2021

11 mai 2021 – Souvenir, souvenir... Un des événements les plus importants pour moi dans l’élection de Mitterrand du 10 mai 1981, – je rappelle aux esprits légers qu’elle eut 40 ans hier, – se situa à l’OTAN. A cette époque, j’étais encore bien vu dans cette sympathique organisation qui n’était pas encore envahie par tant d’alliés d’infortune flairant le magot. J’avais quelques bons amis, dont un bien placé à la communication, un vieux dur-à-cuire parlant une bonne demi-douzaine de langues, et qui était déjà complètement de nationalité otanienne avant même que tout ce bazar soit transféré de France en Belgique. Il m’avait pris en amitié et se fichait bien de mon orientation politique à venir ; il y avait, comme ça, parfois, des vieux dur-à-cuire otanien qui ne vous saoulait pas avec le politiquement-correct de l’OTAN. (*)

Pour lui, l’événement le plus important de cette élection de Mitterrand fut la visite impromptue et terriblement amicale que lui rendit le vice-président George H.W. Bush (disons le VP Bush-père), le 24 juin. Quelques années plus tard, évoquant vaguement ce souvenir, mon vieux dur-à-cuire otanien me glissa, énigmatique et l’air de rien : “On l’a échappé belle”. Cela demandait des explications et cela me valut un déjeuner hors de la cantine du Quartier-Général, dans un joli restaurant d’Evere.

Il faut se rappeler que cette époque de l’arrivée de Mitterrand était terriblement tendue, pour plusieurs raisons. J'en rappelle rapidement quelques-unes :