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21 février 2026 (20H45) – J’ai déjà écrit ce que je commençais, timidement et prudemment, à penser de l’IA, dans un texte du 1er février 2026. Je rappelle une partie de ce texte où je présente ma position opérationnelle sur l’usage de l’IA pour fabriquer des doubles, ou des clones, etc., de commentateurs connus. Cela venait après que plusieurs lecteurs m’ait interpellé, fort aimablement d’ailleurs, sur ma citation d’un faux Mercouris (un Mercouris-IA) que j’avais pris pour le vrai. J’en convins sans être tout à fait convaincus, mais conscient d’avoir tort après tout, – et surtout, c’est là l’essentiel du propos, quelle importance ?
Petit rappel d’un passage utile pour mon propos et la suite ? Voici :,
« La dernière phrase de notre lecteur nous donne la clef de l’enchaînement : “Attention à la manipulation” [comme pour ce texte d’aujourd’hui 21 février !]. Quelle manipulation ? Dire qu’il s’agit de Mercouris alors que ce n’est pas Mercouris mais Mercouris-IA ? Si c’est de cette manipulation que l’on parle, elle est bien gratuite et inutile pour mon compte, et portant simplement sur la notoriété d’un auteur qui, pour moi, n’importe pas (sa notoriété, veux-je dire.)
» Je suis venu à Mercouris parce que ce que disait Mercouris était intéressant. Je n’ai jamais varié et continue à juger Mercouris sur ce que dit Mercouris. (Parfois, il m’ennuie tellement avec ses détails et précisions, – tous exacts d’ailleurs, – qu’il m’endort au rythme de son remarquable anglais. Je ne lui en fais pas reproche, pas du tout, il ne m’en veut pas et nous sourions l’un et l’autre.) Dans le cas envisagé, le Mercouris-IA, s’il s’agit bien de cela, a parlé exactement dans l’esprit et dans la perspective du Mercouris-vrai. C’est cela, la manipulation ? Si oui, comme c’est le cas, elle ne m’importe strictement en rien et n’autorise certainement pas la condamnation de l’IA, mais au contraire des félicitations pour nous donner des textes aussi intéressants.
» La seule chose qui m’importe, c’est le contenu, et là je suis assez couturé de cicatrices de décennies de travail et d’expérience dans le domaine pour monter la garde sans l’aide de personne, y compris contre l’IA. Si un jour Mercouris me dit que les Ukrainiens sont dans les faubourgs de Moscou et que Zelenski est un nouveau Talleyrand qui a sa place au plus haut sommet de l’Europe, je laisse Mercouris et je passe à autre chose. C’est déjà arrivé avec le colonel Pat Lang, sans aide de l’IA, mais la seule aide de la mesure de la faiblesse de l’intelligence humaine selon mon constat qui est le maître et le seul maître de mon jugement général. (Voir le long commentaire à l’intertitre « Position de Pat Lang » du texte du 26 juin 2022, disant mon désaccord complet avec Lang, qui annonce sa liquidation complète comme source de ‘dedefensa.org’ après avoir été une source constante du site pendant près de 15 ans.) »
J’en viens à mon propos d’aujourd’hui en reprenant un ajout fait à cette situation par une remarque [entre crochets] :
« “Attention à la manipulation” [comme pour ce texte d’aujourd’hui 21 février !]. Quelle manipulation ?... »
En effet, le texte, ou plutôt la vidéo dont je vais parler me semble être du style dont on fait l’IA. Je ne dis rien d’affirmé, je rapporte une sensation que rien ne vient contredire : le site d’où jaillit la vidéo m’est inconnu, ainsi que le commentateur. Son parler est impeccable, ce qui est une marque de l’IA, me dit-on. Nous écoutons donc monsieur Julien Martei, sur le site de vidéos ‘Géopolitique & Analyse’, mis en ligne le 18 février 2026.
Nous l’écoutons parce qu’à mon sens ce qu’il nous dit n’est pas sans intérêt pour comprendre et décrire l’affrontement qui se prépare à pas lourds et vociférations à mesure du côté de l’Iran, sous le titre « Le moment où l'alliance Iran Russie Chine change de nature ».
Le commentaire de monsieur Martei s’attache en effet au rassemblement que nous trouvons constitué dans la crise entre l’Iran et les USA, avec une certaine surprise parce que si inattendu, – notamment, de la part de la Chine certes en retrait mais pourtant, – elle si connue pour sa prudence, et même, pour certains, pour sa pusillanimité.
« L'affrontement qui se développe actuellement entre Washington et Téhéran dépasse largement ce que l'on pouvait imaginer. Il ne s'agit pas d'une nième tension régionale au Proche-Orient. Nous sommes face à quelque chose d’infiniment plus significatif, d’une configuration qui pourrait transformer les équilibres planétaires pour les générations futures. Et le plus inquiétant, c’est l’absence quasi totale de cette perspective dans le débat public.
» Les menaces de Trump envers l'Iran saturent l'actualité. C'est un fait. Mais ce qui échappe à la majorité des observateurs, c'est la véritable nature de cette confrontation. En défiant l’Iran, l'administration américaine ne se heurte pas à une nation isolée. Elle fait face à une constellation stratégique regroupant trois acteurs majeurs, l'Iran, la Russie et la Chine. »
Bien entendu, tout le monde observe que c’est la pression militaire des USA, qui rassemblent une force considérable contre l’Iran, qui se trouve être la cause de ce rassemblement. La montée en tension, les menaces de Trump, poussé par la bourdonnante mouche du coche Netanyahou, l’occasion faisant le larron d’une éventuelle échappatoire médiatique des mâchoises du piège-Epstein se refermant sur le président, tout cela a exercé indirectement une pression de plus en plus forte d’abord sur la Russie, puis ensuite sur la Chine pour former ce rassemblement que nous voyons.
« Reformulons cette réalité. Trump ne mène pas une partie d'échec conventionnel contre un adversaire unique. Il se trouve engagé dans une configuration où trois puissances ont choisi de synchroniser leur mouvement. Cette différence change radicalement la donne.
» L'ironie de cette situation atteint des proportions considérables. Elle frôlerait l'absurde si les conséquences n'étaient pas aussi graves. En appliquant sa doctrine de pression maximale contre l'Iran, Washington a obtenu un résultat non anticipé, le rapprochement de trois États qui, pris individuellement, constituaient déjà des défis monumentaux pour la puissance américaine. Réunis, ces trois acteurs couvrent l'ensemble du spectre de la puissance mondiale : ressources énergétiques, capacité militaire conventionnelle et nucléaire, poids économique, corridors commerciaux stratégiques. Tous les éléments sont présents.
» Prenons un instant pour mesurer cette réalité. L'Iran exerce un contrôle direct sur le Détroit d'Ormouz, passage obligé pour environ un tiers du pétrole maritime mondial. La Russie dispose de l'arsenal nucléaire le plus vaste au monde et a démontré sa volonté de s'opposer frontalement aux positions occidentales. La Chine représente la deuxième économie planétaire et propose désormais une alternative viable au système financier centré sur le dollar. Lorsque ces trois nations alignent leurs intérêts stratégiques, même de manière partielle ou informelle, on ne fait plus face à des adversaires distincte, on fait face à une structure intégrée. »
Notre commentateur, monsieur Martei, termine ici la partie de son propos qui nous intéresse. Il a décrit la formation d’un “rassemblement”, d’une “coalition”, quel que soit le nom que vous lui donnez, d’une forme et d’une dynamiques très particulières. Il s’intéresse à l’une et à l’autre. Il en décrit le fonctionnement, les avantages, la souplesse et l’efficacité, la capacité d’initiative et l’adaptabilité. On sent bien qu’il décrit exactement ce que n’est pas l’OTAN, ce que ne pourra jamais être l’OTAN corsetée dans un centralisme américaniste et anglo-saxon, interdisant “la souplesse et l’efficacité, la capacité d’initiative et l’adaptabilité”.
« Voici précisément ce que les cercles stratégiques à Washington semblent avoir sous-estimé. Nous ne sommes pas en présence d'une alliance formalisée avec traités signés et engagements militaires explicites gravés dans des accords contraignants. La configuration est à la fois plus fluide et paradoxalement plus préoccupante pour l’adversaire. Il s'agit d'un alignement d'intérêts convergents. Chaque État agit selon ses propres impératifs nationaux mais tous partagent un objectif stratégique commun, – contenir l'hégémonie américaine.
» Et voici le mécanisme clef. Lorsque vous tentez de sanctionner l'un, les deux autres absorbent le choc et compensent les pertes. Lorsque vous exercez une pression sur l'un, les autres redistribuent les ressources. C'est comparable à l'action de frapper un matériau flexible. Plus l'impact est violent, plus l'énergie se disperse sans créer de dommage structurels. »
Nous quittons maintenant définitivement, pour ce texte s’entend, le domaine de l’IA après avoir constaté une fois de plus l’intérêt d’un propos et renouvelé le constat que c’est le contenu qui importe, et pas le contenant. Ce propos nous a conduit à donner forme à ce qui se déroule sous nos yeux, notamment sous l’apparence, en cet instant, d’un exercice naval irano-russe, puis irano-sino-russe, d’ailleurs prévu depuis longtemps et nullement provoqué » par la pression de l’US Navy, dans la zone du détroit d’Ormouz. En effet, cela n’a rien à voir avec l’armada de l’US Navy mais nous ne parlons pas ici de ferraille ni de tonnage. Nous sommes dans le domaine du symbolisme créatif qui nous annonce des aubes nouvelles.
Il y a par exemple ce commentaire du Russe Patrouchev, conseiller spécial du président Poutine connu pour sa position politique de fermeté, qui nous explique :
« L’exercices irano-sino-russe en cours dans la zone d’Ormouz fait partie de la coordination élargie des BRICS »
BRICS... Nous y sommes. Ce 21 février 2026, il y a un intéressant entretien sur sa chaîne entre Danny Haiphong et la pétulante Charmaine Narwani, du site et de la publication ‘Cradle’, dont elle est l’une des meilleures éditorialistes. Le dialogue se fait entre deux spécialistes des affaires stratégiques de l’Asie, et notamment du sous-continent, lorsqu’ils constatent que les trois pays sont des piliers des BRICS, et que leur position symbolique commune, outre de soutenir l’Iran, constitue un appel aux aitres membres des BRICS, – à l’Inde en particulier.
Haïphong-Charwani constatent que la question de la sécurité des voies maritimes est une question stratégique, certes, mais aussi une question économique. Les BRICS, qui affirment haut et fort ne pas être un rassemblement d’alliance (stratégique), constituent par contre un rassemblement de coopération économique. Ils ont donc une charge stratégique à supporter, sans quoi qui leur assurera la sécurité des voies maritimes ? Les USA, comme ils l’ont fait depuis 1945 ? Mais c’est justement contre eux que l’on doit agir pour assurer cette sécurité stratégique, puisqu’ils passent leur temps à la violer comme des pirates, des terroristes, des termites devenues folles à l’imazge du président.
Dernier détail pour la fin : la “première” des Anglais depuis si, si longtemps. Le refus d’autoriser les forces aériennes US à utiliser les bases britanniques, notamment celle de Diego-Garcia, base arrière idéale pour une attaque de l’Iran par le Sud. Special relationships.