Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

  Novembre 2017 (8 articles)

Salut “la Compagnie” !

  mercredi 22 novembre 2017

22 novembre 2017 – J’avais oublié la réflexion qui suit, qui peut aller comme complément de l’autre texte du jour sur “la Compagnie” (à propos, ce surnom entre guillemets signifie, vous l’aviez deviné, la CIA pour les très-intimes). Mais d’abord, en guise de commentaire général pour tout ce qui s’écrit, se fait et se commente autour de nous par les temps qui courent, cette citation de Paul Yonnet, dans son livre Zone de mort (Stock 2017), un magnifique et poignant carnet de route d’un condamné à mort, qui trépasse dans l’horreur de l’univers hospitalier de la postmorbidité-tardive, cet univers de torture-sanitized, frappé d’un mal atroce à l’image de toute cette postmodernité-tardive qu’il nous est imposé, comme une épreuve ultime, de traverser.

... Cette citation comme principal enseignement de notre vie actuelle, par les temps qui courent, que Yonnet a emporté dans son dernier voyage vers la maison des morts : « Seule la connerie est invincible. Jamais aucune médication n’en viendra à bout. C’est même le privilège de l’espèce. »

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Les silences de StratCom

  lundi 20 novembre 2017

20 novembre 2017 – Je ne cesserai pas, dans tous les cas pour quelques heures ou quelques jours avant qu’une autre stupéfaction ne me submerge, d’éprouver et de tenter de faire partager ma stupéfaction justement devant ce concert de silences du commentateur qui accompagne les frasques des généraux des forces américanistes, particulièrement le commandement essentiel de StratCom. (Voir les deux textes du site sur ce sujet, le 17 novembre et le 19 novembre 2017.) On signale la chose ici et là dans les divers réseaux de communication, mais sans trop s’attarder aux circonstances, aux conditions générales, à la signification de ces événements et à leurs effets possibles.

Depuis que les USA sont engagés dans la folie de 9/11, dont tout ce que nous connaissons de ce laps de temps procède peu ou prou, y compris l’arrivée de Trump au pouvoir, il y a eu bien peu de remous publics, de contestation chez les militaires US pourtant si largement mis à contribution. Pourtant, je crois fermement qure cette mise à contribution de les ravit guère, surtpout à suivre les folies des civils type-neocons... Je fais un rapide décompte, sorte de “pour rappel” et je ne trouve guère que trois occurrences de remoius d’une certaine importance et d’une réelle signification générale :

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Souvenir de Zbig : couardise-Système

  mardi 14 novembre 2017

14 novembre 2017 – Quoi qu’on pensait de Zbigniew Brzezinski, et quoique je pouvais en penser moi-même, une chose me semblait incontesrable : c’était un dur, un caractère solide, qui n’avait pas peur de tenir ferme sur les actes et les déclarations les plus controversées qu’il avait faits. Comme on le lit, le passé est de rigueur ; parce qu’il est mort (en mai dernier) et parce que je crois bien pouvoir dire que, comme tant d’autres, Zbig-le-dur fut un couard et nullement un dur.

Au départ, il y a cette interview de Zbig au Nouvel Observateur, en date du 15 janvier 1998. Assez courte, elle ressortit quelques temps (quelques mois ? Un, deux ou trois ans ?) après l’attaque 9/11 pour rappeler que les USA, et Zbig lui-même, étaient à l’origine de la formation, de l’équipement du soutien constant, etc., des terroristes islamistes ; de tous ceux qui nous ont donné al Qaïda au départ, puis se sont multipliés en une extraordinaire nébuleuse de terrorisme, crimes, de trafics, de manipulations et de vraies corruptions, de false flags et de vrais attentats, d’instrument global de désordre principalement manipulé par les USA sans rien comprendre à la stratégie de ses propres actes, jusqu’à l’actuel apothéose avec le symbole du califat/Daesh.

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Wall Street avant Wall Street

  vendredi 10 novembre 2017

10 novembre 2017 – Il y a à peu près trente ans, disons pour être précis trente ans et 20 jours, Wall Street nous offrait la plus belle chute boursière de son histoire. Ce fut le Black Monday du 19 octobre 1987. L’effondrement se faisait simultanément, à quelques jours près, avec la sortie du film d’Oliver Stone, Wall Street (première en octobre, sortie en salle tout début décembre 1987).

La chaîne Arte a programmé lundi dernier le film de Stone, suivi d’un documentaire sur le film, de la série Un Film & son époque, emprunté à la chaîne Histoire qui diffuse cette série et rebaptisé pour l’occasion Il était une fois… Wall Street. C’est du second que je veux vous entretenir, le film lui-même étant connu et ne pouvant prétendre apporter beaucoup à nos conceptions et à nos connaissances.

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Grandeur & Décadence de la Flotte

  jeudi 09 novembre 2017

9 novembre 2017 – L’article sur l’US Navy et les mots venus naturellement sous la plume, à propos de ses aspects de tradition, d’une institution structurante aujourd’hui menacée du pire, rappellent à ma mémoire un récit qui m’avait édifié. Peut-être même, je le croirais volontiers, ces “mots venus naturellement sous la plume” pour définir l’article doivent tout à cette mémoire, dont le récit fait ici comme s'il en était un effet en était la cause secrète..

J’avais une excellente connaissance à Bruxelles, l’ambassadeur Jan Adriaenssens (disons JA, pour faire court), – excellent homme dont j’ai déjà parlé, et beaucoup plus qu’en passant. (« [L]e diplomate et ambassadeur belge Jan Adriaenssens, merveilleux d’humour, de culture et de joie de vivre malgré les malheurs sans fin et les blessures profondes de sa vie personnelle. ») Je ne m’attarde donc pas à le décrire bien que sa mémoire en vaille la peine, et sa disparition reste pour moi une source vive de nostalgie pour un tel personnage que j’ai peu rencontré mais que j’ai tant apprécié, comme si la qualité de mon estime remplaçait avantageusement la brièveté de nos relations épisodiques. (*)

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Humeur crisique-39

  lundi 06 novembre 2017

6 novembre 2017 – C’est un très-gros temps crisique depuis quelques jours, avec la revigoration de plusieurs foyers qui n’ont jamais cessé de gronder. Qu’on en juge, comme on dirait “pour mémoire” : les peu ordinaires développements de la situation dans le royaume de la maison des Saoud, débouchant aussi bien sur des promesses de réforme ou de déstructuration internes que des perspectives de guerre avec l’Iran. Mais l’Iran, justement, secoue la région avec les prolongements discrets sinon secrets de la visite de Poutine à Téhéran, au niveau de la sécurité pour les deux pays. Par ailleurs, on sait que Ryad n’est pas indifférent à un rapprochement avec la Russie et continue à jouer avec son “pourquoi pas ?”.

Il y a aussi un sommet en préparation entre Trump et Poutine en marge de la réunion de l’APEP au Vietnam, le premier voulant l’aide du second pour avoir le scalp élégant de Kim-le-Nord-Coréen. Le sénateur russe Klintsevitch, de la commission de défense de la Fédération, remarque en pensant à la Syrie que ce sommet se tiendrait alors que « l’époque qu’on traverse est semblable à celle de Yalta il y a 70 ans ». Cela dit pour la chronique, on se demandera pour la bonne forme ce qu’on peut faire d’un Trump alors que plusieurs sources nous annoncent sa mise en accusation prochaine pour une destitution assurée. Mais au profit de qui, alors que le parti démocrate se déchire, où la poor-Donna est accusée d’être un agent russe pour avoir mis en cause la Grande-Prêtresse Hillary ?

(Encore ne vous parlerais-je pas des crises LGTBQ, moi-même absolument stupéfait par la violence des diatribes d’extrême-démonisation qui se relaient, de “Hollywood-la-folle”  à Paris-sur-Seine, pour mettre en accusation des siècles et des siècles insensées d’asservissement épouvantable. Je ne parle ni de la justesse des causes, ni de leurs fondements ni même de leurs vertus évidentes à l’œil nu… Je parle de la violence extraordinaire des procureures, comme autant de Sainte-Just.)

Il s’agissait de quelques échantillons, et bien entendu et là aussi,  comme autant de crises qui semblent ne jamais devoir finir, ni ne jamais devoir nous présenter leur vraie nature… En vérité, toutes ces “crises” qui méritent les guillemets d’une communication omniprésente dépendent d’une seule logique qui les dépasse ; elles ne représentent, malgré l’énormité de certaines, qu’un aspect de la gigantesque-Grande Crise d’Effondrement du Système aux multiples facettes.

C’est pour ces raisons...

que ces crises ne sont que représentations, parfois même des simulacres lorsqu’on leur accorde une importance de rupture globale ;

que ces crises ne sont que du second degré crisique ;

qu’aucune de ces crises ne domine toutes les autres et ne polarise l’essentiel de l’attention et de l’énergie comme il serait normal que cela se produise dans des relations internationales...

Le “tourbillon crisique”, forme maîtresse et informe de contraction du Temps et des crises, (*) implique un “désordre crisique” qui interdit très logiquement, par inversion de facto, une “mise en ordre crisique” autour d’une seule crise qui s’imposerait comme fondamentale et dont une issue ou l’autre serait inévitable. Nous ne distinguons pas encore la véritable et formidable nature de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) mais nous nous en approchons à grands pas, écartant tous les simulacres...

 

Note

(*) … Je vais me dépêcher, je ne cesse de me le promettre, de terminer le Glossaire.dde sur ce sujet.

Poor-Donna...

  dimanche 05 novembre 2017

05 novembre 2017 – Comme l'on sait, il s’est passé quelque chose de très important à “D.C.-la-folle”, ces derniers jours. Une dirigeante du parti démocrate, Donna Brazile nous a dit et continue à nous dire la vérité sur la campagne présidentielle USA-2016, sur les incroyables manigances des Clinton, leur quasi-théologie de la corruption, leur arrogance et leur hybris plaqué-or, et par conséquence indirecte sur le bidonnage sensationnel de grossièreté et de vulgarité que fut et reste plus que jamais ce simulacre absolu qu’on nomme Russiagate. Bel effort de la poor-Donna pour nous permettre de boucler la vérité-de-situation de ces élections : nous savions tout ce qu’elle nous dit, mais qu’elle l’ait dit et que cela soit écrit sur le solide papier d’un bouquin qui sort actuellement dans toutes les bonnes pharmacies est vraiment une nouvelle sensationnelle.

Là-dessus, on pourra rajouter les dernières nouvelles (les plus récents extraits) du bouquin, où la poor-Donna nous confie qu’elle a craint jusqu’à la paranoïa d’être éliminée comme elle s’était mis à penser que l’avait été Seth Rich ; c’est-à-dire, flinguée par un porte-flingue d’Hillary, devenu(e) sniper (c’est à la mode pour l’occasion). Ces confidences remarquables ont paru hier dans, – surprise, surprise, – le Washington Post. Comme le dit très justement notre ZeroHedge.com toujours à l’affut du sarcasme : « ...et, franchement, nous sommes surpris que le Post, compte tenu de son statut quasi officiel de protecteur de l’establishment, ait pu daigner de publier ça ».

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La contraction du Temps

  jeudi 02 novembre 2017

02 novembre 2017 – Cette réflexion a pour point de départ un incident bien anodin. Il s’agit de ce texte du 30 octobre 2017 sur Erdogan-l’irritant et ses missiles S-400 où était mentionné la tentative de putsch, située en 2015 et non 2016. (« Il s’agit de généraux plus ou moins poursuivis par les autorités turques après la tentative de coup d’État de l’été [2015] 2016, et qui préfèrent rester dans les pays où ils travaillent, notamment en Belgique. »)

Un lecteur remarqua l’erreur et nous en fit part le plus aimablement du monde. Nous rectifiâmes et j’expliquai ceci :

« Qu'on nous pardonne, et merci d'avance.

» Tant il est vrai que les événements sont si nombreux, et les crises tout autant par conséquent, et l'Histoire qui ne cesse d'accélérer, que le temps nous paraît plus long qu'il n'est. (Je veux dire que ce 2015 n'était pas un lapsus, mais bien une conviction fausse et faussement assurée que deux années s'étaient écoulées depuis le putsch raté...) »

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