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18 mai 2026 (17H30) – C’est bien ce qui est en jeu aux USA : la terrible “politiqueSystème” que nous avions identifié sous ce nom au printemps 2009, bien qu’elle eut sévi depuis au moins le 11 septembre 2007. Quand je dis “bien en jeu”, je songe évidemment à l’influence grotesque d’omnipotence d’Israël sur la politique US, car désormais et sans le moindre doute, Israël est la matrice symbolique et horrible de la “politiqueSystème”, avec les neocon et la transmutation de ‘Tsahal’ sous l’influence sataniste du Pentagone, lui-même instrument satanique majeur du Système. De très nombreux juifs, notamment hors d’Israël et qui furent partisans d’Israël plus ou moins avérés, s’y sont laissés prendre et en subissent désormais les affreuses conséquences.
Écoutez le propos d’Alain Finkielkraut, d’il y a une dizaine de jours :
« Je suis dévasté, si vous voulez, je suis amené depuis quelques temps déjà à me battre sur deux fronts, contre l'antisémitisme qui a explosé après le 7 octobre et contre euh la les agissements du gouvernement Netanyahou, de ce répugnant fanatique et particulièrement contre ces colons qui en effet veulent que la majorité des Palestiniens s'en aillent.
» Israël pour une partie de la gauche n'était plus un pays de pionniers et de survivant mais après la victoire de la guerre des Six Jours, un pays de conquérant devenu maintenant des nazis. Ça donne aujourd'hui Bengvir et Smotrich, des gens qui s'adossent à la Bible, considérée comme un cadastre pour dire “Voilà, cette terre est à nous” et je dois dire que ces colons, non seulement ça m'attriste mais ça me fait honte. »
Ainsi en sont-ils arrivés là, avec un Finkielkraut qui avait du mal à contenir ses larmes en parlant d’Israël. Ces temps sont loin, même s’ils ont passés à la vitesse de l’éclair. On se trouve aujourd’hui devant un Mur, non pas celui des Lamentations mais celui de l’Extermination. Chris Hedges, homme de l’ultra-gauche, qui ne peut être suspectés des vices dont l’ultra-gauche fut toujours exemptée, qui dit, en écho à la bataille sans fiun du juif Finkelstein, famille massacrée dans les camps et auteur du livre ‘Shoah Business’ :
« Mort du business de la Shuah : Le génocide à Gaza a mis en lumière l'instrumentalisation de l'Holocauste, non pas pour prévenir le génocide, mais pour le perpétuer, non pas pour examiner le passé, mais pour manipuler le présent. »
Les Israéliens, Netanyahou en tête comme un, chevalier blanc, se rendent-ils compte de ce qu’ils ont perdu, – toute une histoire remontant aux temps les plus immémoriaux ? Ils ont été traînés là par ceux dont ils font d’ailleurs partie, les sionistes satanistes qui ne furent jamais très loin des nazis. Les sionistes étaient en cours de formation il yv a plus de deux siècles en tant que fleuron incroyable de la modernité accoucheuse des pires massacres de l’histoire, autour de juifs d’Europe de l’Est comme le messianique Jacob Franck et sa secte, alors que l’Amérique d’aujourd’hui était à peine en formation, ‘on the top of the Hill’.
C’est en son sein dès le XVIIème siècle, je veux dire dans sa radicalité absolue et sans limite, que l’on trouve chez les Puritains venus du terrible Cromwell, les germes des neocon d’aujourd’hui, des milliardaires sionistes renforcés des sionistes chrétiens. Toute cette troupe a excité dans Israël les instincts les plus bas. Le Pentagone a transformé son fils putatif IDF en un mini-Pentagone, tandis que le Mossad subjuguait tous les autres services du monde dans l’exercice des “sales coups”, – les ‘dirty tricks’, – et n’était nulle part dans le domaine de l’analyse géopolitique et métapolitique. Israël a tout raté du jour où elle a rompu avec son parrain français du temps de l’humble et médiocrement corrompue, et pourtant réaliste et humaniste, IVème République, pour choisir son mentor américain qu’elle jugea pouvoir mener par le bout du nez.
Le rusé et habile Nixon les avait pourtant avertis, sans pourtant trop les brusquer mais pourtant en ne leur cédant rien... Et pourtant, et pourtant :
« Laissez-moi vous expliquer ce qu’est ce qu’on nomme le lobby juif dans ce pays. Signifier que l’on est pour ‘Israel First’ ne signifie pas que l’on est pour ‘America Second’. Un président américain doit envisager les choses d’une façon différente, à mon avis. Il doit toujours penser d’abord à ce qu’il y a de mieux pour les intérêts américains. Un président américain ne doit en effet pas prendre une décision qui donne à Israël un chèque en blanc. Je vous donnerai l’exemple d’une décision que j’ai prise. J’ai décidé d’abord que nous aurions de bonnes relations avec l‘Egypte. Cela n’a pas plus à nombre de mes amis juifs... »
De tout cela, les neocon, juifs américanistes dans leur écrasante majorité, ne surent ni ne comprirent absolument rien. Ils s’emballèrent pour Reagan dont ils firent quasiment l’un des leurs, ils proclamèrent que les États-Unis avaient remporté la Guerre Froide contre l’URSS. Dans tous les sens où l’on examine cette affirmation, ce n’est qu’une vaste blague grossière. Tout au long des années 1985-1990, – je le sais bien, je les ai vécues à Bruxelles et à l’OTAN, où tout se passait, – les USA et les Européens étaient menés par le bout du nez par les initiatives de Gorbatchev, stupéfaits, interdits, paralysés par cette incroyable audace qui lui donna la force de briser un système, ou plutôt une partie de ce système, qui semblait devoir tenir pour un million d’années.
Note de PhGBis : « Ce n’est pas un exemple de réécriture de l’histoire n’est-ce pas, mais de non-écriture pure et simple de l’histoire par les neocon qui mentent plus vite qu’ils ne respirent, pour pouvoir déployer leur simulacre. A aucun moment, Gorbatchev ne craignit la supériorité US, qui n’était plus à l’ordre du jour puisqu’il désarmait unilatéralement. Ce que craignait Gorby, c’était un coup d’Etat intérieur, comme Attali en témoigne dans son ‘Verbatim’ de cette année 1990. Gorby demanda au dernier moment que la bilatérale France-URSS de 1990 n’eut pas lieu en France, comme prévu, mais en URSS, à Kiev. Il craignait de quitter le territoire de l’URSS et de se retrouver avec un pouvoir pris par sa droite bureaucratique et militaro-industrielle. Sa demande fut bien entendu acceptée tant tout le monde, – Mitterrand, Kohl, Bush père, etc., – sentait cette tension terrifiante de cette période pourtant pleine de folles espérances... »
Enfin, brièvement dit, tout ce qui a été fait depuis ces années 1990 de la fin de la Guerre Froide ont été la transmutation définitive de la politique extérieure US en “politiqueSystème”, et les neocon, avec Netanyahou comme réceptacle, comme purs animateurs de la chose. Gaza et l’Iran sont, à cette lumière, les saloperies les plus naturelles du monde.
Le reste, chose littéraire et documentation abondante, est contenu par exemple dans ce vaste extrait d’un article de Philippe Giraldi, sur ‘UNZ.com’, le 16 mai 2026.
Geraldi nous présente le paysage neocon au jour d’aujourd’hui, en remontant aux origines. Il s’interroge :
« Nouvelles guerres et rumeurs de guerres...
» N'y a-t-il donc aucune fin en vue pour les États-Unis et l'Iran ?»
Poser la question..., diront certains. Il est vrai que les perspectives sont loin d’être roses, même et surtout lorsque les neocon jugent que la guerre contre l’Iran est catastrophique et qu’elle vaut bien “le-pire-du-pirer”. La possibilité du nucléaire n’est pas écartée du tout... D’où ce texte de Giraldi.
« Depuis les années 1990, les néoconservateurs américains sont une force majeure dans le soutien à la politique de domination militaire des États-Unis. Ils ont lancé la dimension internationale de leur mouvement en 1996 avec le document « Une rupture nette : une nouvelle stratégie pour la sécurité du royaume », une déclaration de politique générale préparée par un groupe d'étude dirigé par l'éminent néoconservateur juif Richard Perle pour le Premier ministre israélien de l'époque, Benjamin Netanyahu (qui l'est toujours). Ce rapport affirmait que la sécurité d'Israël serait mieux assurée par un changement de régime dans les pays voisins, obtenu grâce à l'aide et au soutien des États-Unis. Cette « rupture nette » rejetait les accords d'Oslo, qui visaient en réalité à instaurer un modus vivendi entre Israël et les Palestiniens. Ce projet a été suivi en 1997 par le Projet pour le nouveau siècle américain (PNAC), dont l'objectif déclaré était de « promouvoir le leadership mondial américain ». L'organisation affirmait que « le leadership américain est bénéfique à la fois pour l'Amérique et pour le monde », ce qu'elle décrivait comme « une politique reaganienne de force militaire et de clarté morale ». Clean Break et le PNAC s'accordaient parfaitement pour promouvoir une politique de domination politique et militaire des États-Unis. Et, comme la plupart des néoconservateurs étaient juifs, l'un de leurs principaux arguments était qu'une Amérique confiante et offensive serait mieux à même de soutenir et de protéger Israël dans sa volonté d'établir sa domination sur le Moyen-Orient.
L'un des fondateurs du néoconservatisme (et du PNAC) était Robert Kagan, qui a récemment publié un long article dans le magazine Atlantic le 10 mai , intitulé « Échec et mat en Iran : Washington ne peut ni inverser ni contrôler les conséquences de la perte de cette guerre ». Il commence ainsi :
« Il est difficile d’imaginer une défaite totale des États-Unis dans un conflit, un revers si décisif que la perte stratégique ne puisse être ni réparée ni ignorée. Les pertes catastrophiques subies à Pearl Harbor, aux Philippines et dans tout le Pacifique occidental durant les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale furent finalement effacées. Les défaites au Vietnam et en Afghanistan furent coûteuses, mais n’ont pas durablement nui à la position globale de l’Amérique dans le monde, car elles se situaient loin des principaux théâtres d’opérations mondiaux. L’échec initial en Irak fut atténué par un changement de stratégie qui, en fin de compte, laissa l’Irak relativement stable et non menaçant pour ses voisins, et maintint la domination des États-Unis dans la région… La défaite dans la confrontation actuelle avec l’Iran sera d’une tout autre nature. Elle ne pourra être ni réparée ni ignorée. Il n’y aura pas de retour au statu quo ante, pas de triomphe américain final qui puisse effacer ou surmonter les dommages causés… Loin de démontrer la prouesse américaine, comme les partisans de la guerre l’ont maintes fois affirmé, ce conflit a révélé une Amérique peu fiable et incapable de mener à bien ce qu’elle a entrepris. Cela va… » « Déclencher une réaction en chaîne à travers le monde, amis et ennemis s’adaptant à l’échec de l’Amérique. »
Max Boot, autre figure emblématique du néoconservatisme, a préparé le terrain en publiant, avant Kagan, une tribune dans le Washington Post du 8 avril intitulée « Le cessez-le-feu iranien était un mardi de paix, et heureusement : Trump peut ainsi faire comme si ses menaces terrifiantes avaient fonctionné, alors qu'il cède bien plus que Téhéran ». Kagan et Boot sont tous deux des personnalités connues et respectées du mouvement néoconservateur. Kagan est l'époux de la déplorable Victoria Nuland qui, en tant que diplomate américaine, a largement contribué à la crise politique en Europe de l'Est, crise qui a mené au conflit actuel entre la Russie et l'Ukraine. Kagan et Boot ne sont pas particulièrement considérés comme des partisans de Donald Trump, mais ils sont des soutiens indéfectibles d'Israël et de toutes ses activités, un élément à prendre en compte lorsqu'on examine leurs écrits et leurs discours sur l'Iran, qu'ils seraient ravis de voir anéanti.
Les Kagan, en particulier, sont friands de provoquer des conflits alors que d'autres solutions existent. Le frère de Robert, Frederick, est chercheur résident à l' American Enterprise Institute, un think tank néoconservateur . Son épouse, Kimberly, est la fondatrice et directrice de l' Institut pour l'étude de la guerre, un nom on ne peut plus approprié. Et, assurément, le cœur des Kagan n'appartient qu'à Israël…
On pourrait légitimement s'interroger sur les intentions de Kagan en critiquant la guerre menée par Trump. À mon avis, il s'attache délibérément à dépeindre et à dramatiser les conséquences d'un scénario catastrophe : la panique qui s'installerait si Trump, pris de panique, ignorait les demandes d'Israël et décidait de mettre fin au conflit. En adoptant une position conflictuelle, il joue la carte de la personnalité de Trump en mettant en lumière sa vulnérabilité manifeste lorsqu'il s'agit d'envisager rationnellement les options politiques. Dans ce cas précis, Kagan, tout comme Boot, cherche à humilier Trump en soulignant combien le statu quo constitue une défaite désastreuse. Leur véritable objectif est en effet de tirer profit des capacités mentales limitées et de l'absence totale de scrupules d'un Trump déséquilibré pour le contraindre à modifier le récit de son échec personnel en optant pour la solution la plus catastrophique, selon de nombreux observateurs : une guerre totale contre l'Iran, utilisant toutes les armes disponibles, y compris l'arme nucléaire, pour l'anéantir complètement.
D'autres néoconservateurs reconnaissent également que la guerre contre l'Iran tourne au désastre, mais se montrent moins ambivalents quant aux options qui s'offrent à eux : s'engager résolument et sans équivoque pour remporter la victoire. Danielle Pletka, de l' American Enterprise Institute, estime que le succès passera par un changement de personnel à la Maison-Blanche et dans son entourage, conjugué à une volonté de vaincre plus affirmée de la part de Trump. La Fondation pour la défense des démocraties (FDD), organisation néoconservatrice centrée sur l'Iran, souhaite elle aussi une escalade du conflit, quel qu'en soit le prix, pour anéantir les Perses.
Globalement, je pense que certains néoconservateurs comme Kagan et Boot appellent à ne pas reprendre une guerre mal gérée et inutile car ils croient qu'un Trump embarrassé et imbu de lui-même cherchera à redorer son image et à inverser la tendance, ce qu'il ferait précisément. C'est exactement ce qu'ils souhaitent ! N'oublions pas que Trump subit de fortes pressions de la part du lobby israélien et de ses donateurs milliardaires comme Miriam Adelson pour poursuivre la guerre. Sans compter les appels quasi quotidiens du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui poursuit le même objectif : maintenir l'Amérique dans la lutte pour éliminer l'Iran. On peut donc supposer que si Trump voulait réellement sortir du bourbier iranien, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles il ne le ferait pas. En réalité, Trump a déjà déclaré qu'il se moquait de la situation économique américaine catastrophique et des élections de mi-mandat à venir. Il a déclaré aux journalistes : “Je ne pense pas à la situation financière des Américains, je ne pense à personne. Je ne pense qu'à une chose : nous ne pouvons pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire.” Malheureusement, cela ouvre la porte à ce qui va suivre. Oserait-on évoquer le fait que des fous comme Trump et Netanyahou pourraient bien envisager que, s'ils peuvent impunément mener une guerre sans fin qui ruine l'économie mondiale, ils peuvent aller encore plus loin en utilisant l'arme nucléaire pour en finir ?
Eh oui, “l’on oserait” puisque nous avons affaire à des fous. Ainsi les affaires les plus complexes, encombrés de multiples complots et manœuvres terribles, se réduisent-elles à ce constat de la folie humaine et fort ordinaire ma foi, rencontrant enfin la folie de la matière et de la technologie. Ainsi périrait l’étrange et terrible aventure des neocon qui, finalement, comme l’écrit notre Kagan du jour, ne jugent pas le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan comme de si mauvaises affaires, quelques millions de morts ne font pas un trop mauvais cas. Par contre, l’Iran doit mourir ou ils mourrons tous. L’Amérique vivra sa folie messianique jusqu’à son terme.