RapSit-USA2026 : une défaite en forme de victoire

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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RapSit-USA2026 : une défaite en forme de victoire

Les suites de la défaite du Représentant républicain Thomas Massie lors des primaires républicaines du Kentucky donnent une mesure stupéfiante de l’extraordinaire importance de cette élection (primaire  d’un élu) par définition sans grande importance . On trouvera divers éléments sur diverses vidéo, ici, ici et tant d’autres pour nous décrire cette atmosphère, où le vaincu semble apparaître comme un vainqueur triomphal.

Aussitôt apparaissent, avec cette description, plus sieurs points significatifs :

• L’extraordinaire enthousiasme des partisans de Massie alors que leur candidat avait été battu aux premières nouvelles. On aurait dit qu’on célébrait la victoire de Massie, par exemple... à la présidentielle de 2028 ! Lui-même évoqua ce chiffre en matière de plaisanterie, d’ailleurs, dans un éclat de rire général. Voici une parole générale de Massie sur l’ambiance et nle paradoxe de cet enthousiasme :

« “Être ici et vous voir tous m'a vraiment redonné de l'énergie. Et ça a toujours été le cas. Mais pourquoi suis-je si optimiste maintenant ? Le résultat s'est transformé en un référendum sur la loyauté, le pouvoir et l'avenir du Parti républicain” [et qu’on croirait qu’il l’a emporté]. »

• Tous les échos enregistrés témoignent de ce caractère extraordinaire de cette primaire. Pour Ana Karyakan, de TYT, c’est parce qu’à l’évidence l’adversaire n’était pas l’élu final et peut-être temporaire (dont on oublie le nom), ni le simulacre de popularité de Trump, mais bien la massive intrusion des multimilliardaires suprémacistes sionistes, le lobby AIPAC, Israël lui-même, et enfin de toutes les crises et guerres internationales qui sont déclenchées par ces conglomérats...

Quelques échos de ces réactions :

« Le président Donald Trump s'est empressé de revendiquer la victoire. S'adressant aux journalistes, il a déclaré : “Nous avons gagné contre Massie”, ajoutant que la défaite était méritée. Mais la réaction la plus cinglante est venue de l'ancienne membre du Congrès Marjorie Taylor Green. Dans un article publié sur X, elle qualifia Massie de géant parmi des hommes faibles et pitoyables et déclara que l'avenir du Parti républicain était anéanti. Green imputa la défaite à l'implication de Massie dans la divulgation des documents relatifs à Jeffrey Epstein, arguant que la révélation de ces documents avait déclenché des représailles politiques. Elle accusa des forces non identifiées de contrôler les dirigeants élus et prédit l'émergence d'un véritable mouvement ‘L'Amérique d'abord’, mené par de jeunes conservateurs désabusés par la vieille garde du parti. »

• Ainsi et quoi qu’il en soit du reste, l’essentiel est la réaction des partisans de Massie et l’effet sur le candidat battu

« “... Plus sérieusement, être ici et vous voir tous m'a vraiment redonné de l'énergie. Et ça a toujours été le cas. Mais pourquoi suis-je optimiste maintenant ? Parce que si vous regardiez les résultats croisés des sondages, et je suis sûr que si nous avions des sondages à la sortie des urnes, cela montrerait la même chose. Nous avons le soutien des jeunes”.

» Après que le représentant Aaron Hchin eut célébré en ligne la victoire de l’adversaire de Massie, Massie observa avec ironie : “Il a fallu du temps pour que [la gloire atteigne les vassaux du roi perdu dans le royaume de son suzerain], car mon adversaire était à Tel Aviv”, une phrase qui circula rapidement sur les réseaux sociaux. »

• Enfin un nouvel élément de dernière minute, qui s’est aussitôt répandu comme une trainée de poudre : l’affirmation que l’élection a été truquée (aux dépens de Massie, certes) par l’équipe Trump ! Nous avions la totale ! Le “jamais une telle élection primaire” aurait tendance à devenir “jamais aucune élection aux USA n’a déclenché instantanément une telle marée humaine d’affrontements, d’enthousiasmes, de contestations virulentes, de mises en cause dans les affaires nationales et dans les crises internationales !”

Malgré l’estime que l’on peut lui porter, on comprendra aisément que tout cela n’est pas dû au seul Massie, mais au climat d’un paroxysme de la GrandeCrise (il y en aura d’autres) qui dévore l’Amérique de Trump et tous ses actes dans la séquence actuelle, sous la direction d’Israël, qui est en train de balayer le monde entier...

Un peu d’apaisement...

Je dois reconnaître que les lignes qui précèdent ont montré, de la part de l’auteur, PhG, un emportement et une agitation considérables. Je voudrais donc apaiser cela tout en restant dans le même domaine.

Cela signifie que je vais rompre, certes un peu brusquement mais tout le monde garde à l’esprit, j’en suis sûr, ce qui se passe, – l’affaire Massie et sa flambée de communication échevelée. Ainsi ai-je conçu que toute cette agitation pourrait être suivie de la reprise d’un texte qui se caractérise d’abord par l’originalité de son titre et l’apaisemernt de sa description imparable... Lisez plutôt :

« Le siècle d'humiliation de l'Amérique a commencé »,

Et admettez que parler d’humiliation pour un siècle (formule de style) à propos de l’Amérique représente un formidable changement qui doit porter des marques profondes dans notre psychologie.

... Et une vision à plus long terme

Ler texter de Greg Johnson du  19 mai 2026, sur ‘UNZ.com’, montre ebn effet comment, selon l’auteur, les USA ont entamé , pendant les quelques jours de Trump à Pékin, ce calvaire du “siècle d’humiliation”, à l’image de celui que les Chinois connurent justement., de 1839 à 1949.

Le lien est ainsi établi pour mettre en place une situation où les diverses péripéties que rencontre aujourd’hui l’Amérique constituent les composants d’une telle situation.

PhG – Semper Phi

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Le siècle d'humiliation de l'Amérique a commencé.

Le « siècle d'humiliation » de la Chine débuta en 1839 avec la première guerre de l'opium. La dynastie Qing était en déclin et les puissances étrangères commencèrent à s'emparer de territoires et à extorquer des concessions commerciales par la guerre et les expéditions militaires. Ce fut un long siècle qui ne prit véritablement fin qu'en 1949 avec la proclamation de la République populaire de Chine.

Mais même alors, des dossiers restaient en suspens : Macao, Hong Kong et Taïwan. Macao et Hong Kong ont depuis été rétrocédés à la Chine. Mais Taïwan demeure irrécupérable. En réalité, Taïwan existe pour empêcher la victoire de la République populaire. Aujourd’hui encore, Taïwan se proclame la véritable Chine et revendique sa souveraineté sur le reste du pays sous la protection des États-Unis.

C'est manifestement un sujet sensible pour Pékin. Tant que la question taïwanaise ne sera pas réglée, l'avènement de la République populaire n'aura pas véritablement mis fin au siècle d'humiliation.

On nous dit que nous devons risquer la guerre à propos de Taïwan parce qu'ils fabriquent des puces pour l'IA. Nous sommes engagés dans une « course à l'IA », tout comme nous le sommes dans une « course aux terres rares ».

Je suis sceptique face à ces arguments. Si nous étions engagés dans une course existentielle avec la Chine en matière d'IA, nous délocaliserions simplement nos usines hors de sa portée, comme Staline l'a fait en déplaçant des pans entiers de l'industrie derrière l'Oural. Mais je me souviens alors : l'histoire regorge d'exemples de dirigeants confrontés à des menaces existentielles et restés passifs.

Quand j'entends dire que « nous » devons acquérir des territoires sous peine de guerre pour les ressources et les technologies, je me demande avec cynisme qui est ce « nous ». C'est toujours nous, le peuple, qui finissons par payer. Chaque fois qu'on évoque la « géopolitique », c'est le signe que nous allons payer deux fois : d'abord en sang, puis en argent.

Pourquoi payer avec du sang ? Est-ce simplement parce que des oligarques proches du pouvoir ne veulent pas être en concurrence pour les contrats et qu'ils corrompent donc les politiciens pour qu'ils les attribuent ?

Tout cela, bien sûr, planait en toile de fond lorsque Donald Trump et un avion rempli de milliardaires ont atterri à Pékin pour un sommet.

Tout d'abord, envoyer Elon Musk en Chine revient à se présenter à un duel armé d'un couteau. Des questions de souveraineté et d'identité sont en jeu et ne peuvent être résolues par de simples accords commerciaux. Trump aurait dû le comprendre après l'échec lamentable de ses envoyés commerciaux, Witkoff et Kushner, à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Mais Trump ne peut pas apprendre cela. C'est un vieil homme. Ses facultés déclinent. Alors, il se replie de plus en plus sur ce qu'il sait faire de mieux : vendre des steaks, vendre des guerres, se vendre lui-même. C'est un marchand. Il ne pense qu'à l'argent.

Deuxièmement, Trump n'aurait jamais dû entreprendre ce voyage, car en déclenchant – et en perdant – une guerre contre l'Iran, il a compromis une grande partie de ses atouts à Pékin. Or, Trump refuse tout simplement d'admettre la réalité. Il prolonge le conflit – et en aggrave ainsi les conséquences néfastes – espérant apparemment un miracle pour ne pas avoir à reconnaître sa défaite.

Il n'a donc évidemment pas reprogrammé le sommet avec la Chine. Cela aurait été un aveu d'échec. En réalité, certains pensent qu'il espérait obtenir l'aide de la Chine pour se sortir du bourbier iranien. Il espérait aussi probablement remonter dans les sondages. Car c'est à cela qu'il en est réduit : se raccrocher à n'importe quoi, manipuler la bourse et les sondages d'opinion par des mensonges et des coups d'éclat.

Bien sûr, Trump se vante de belles choses à l'issue de ce sommet. Mais tout cela relève de l'utopie. Par exemple, la Chine a promis d'acheter des avions à Boeing. Or, premièrement, il n'incombe pas au président des États-Unis de démarcher des dictateurs communistes avec Boeing. Deuxièmement, cela pourrait bien ne jamais se produire.

Parlons de ce qui s'est réellement passé. Le sommet de Trump à Pékin me fait penser aux 36 premières heures du siècle d'humiliation des États-Unis. On a vu Donald Trump flatter Xi Jinping, le louant comme un grand dirigeant. Trump fait de même avec Poutine et Kim. Comparez cela aux insultes qu'il adresse aux alliés de l'Amérique. C'est le mode opératoire habituel d'un narcissique. Il considère ses amis comme acquis tout en recherchant l'approbation de ses ennemis.

Xi n'a pas répondu aux flatteries de Trump. Au contraire, il a dit la vérité. Il a déclaré sans ambages que les États-Unis étaient une puissance en déclin. Trump, bien sûr, a habilement esquivé la question, affirmant que cela concernait l'Amérique de Joe Biden, et non la sienne.

En réalité, l'Amérique était déjà en déclin bien avant la présidence de Joe Biden. Biden n'était qu'un symptôme de ce déclin. Mais Donald Trump l'a considérablement accéléré.

Je laisse aux historiens futurs le soin de débattre des causes et des tournants du déclin et de la chute de l'empire américain. Comme l'a démontré Gibbon, le déclin d'un empire est un processus complexe. Il se poursuivra probablement longtemps après ma mort.

Mais la guerre contre l'Iran marque un tournant.

L'Amérique a perdu la guerre contre l'Iran dès le premier jour, car il était impossible pour les États-Unis d'en sortir plus puissants qu'avant. J'éprouve une satisfaction amère à constater que le néoconservateur Robert Kagan a énoncé une évidence : Trump a été mis en échec par l'Iran .

La défaite américaine n'était pas conditionnée par le sort de l'Iran. Il arrive que les deux camps perdent dans une guerre. L'Iran aurait pu être anéanti. Il pourrait encore l'être. Mais cela ne change rien au fait que les États-Unis ont perdu plus qu'ils n'ont gagné, car leur statut de gendarme du monde repose en grande partie sur le bluff, et l'Iran l'a démasqué.

L'Iran a démontré que les États-Unis étaient incapables de protéger leurs dépendances du Golfe. Cette protection, de surcroît, était une contrepartie au système du pétrodollar, qui est essentiel au maintien de la solvabilité du plus grand État débiteur du monde. Ce système est aujourd'hui en train de s'effondrer.

Les monarchies du Golfe se tournent vers des pays comme l'Ukraine pour se prémunir contre l'Iran. Le prix des cargaisons est désormais libellé dans d'autres devises que le dollar. Les États-Unis accordent d'importants prêts aux Émirats arabes unis, en proie à de graves difficultés financières, afin de les empêcher de vendre leurs obligations du Trésor américain à prix réduit. Le Trésor américain a commencé à relever les taux d'intérêt sur les nouvelles obligations, ce qui signifie que les États-Unis paieront davantage leurs créanciers et moins leurs clients pour maintenir le système à flot.

La guerre entre dans sa onzième semaine. Le détroit d'Ormuz reste fermé. De fait, les États-Unis bloquent désormais le pétrole iranien, dont ils avaient initialement autorisé le passage afin d'éviter une flambée des prix mondiaux. Le monde est confronté à des pénuries de pétrole, de gaz naturel, d'engrais et d'autres produits chimiques indispensables à l'industrie moderne.

Cela signifie moins de tout ce qui est bon : moins de lumière, moins de chaleur, moins de médicaments, moins de nourriture. Pour les pays pauvres du monde, cela signifie la famine. Et cela signifie plus de tout ce qui est mauvais : plus d'instabilité, plus de violence, plus de réfugiés affluant vers les pays à majorité blanche.

Toutes ces conséquences étaient parfaitement prévisibles pour moi, et je ne suis ni économiste, ni analyste géopolitique, ni membre d'un think tank. Je me contente de suivre l'actualité en toute connaissance de cause. Ce qui signifie que Donald Trump, son gouvernement et les hauts gradés du Pentagone en avaient également connaissance.

Mais la guerre a quand même eu lieu, car elle n'a rien à voir avec le renforcement de l'Amérique. Elle n'a rien à voir avec l'Amérique. Cette guerre, c'est Israël qui enchaîne l'Amérique et la saigne à blanc pour anéantir un autre de ses ennemis régionaux.

Tout comme la guerre en Irak, la guerre contre l'Iran reposait sur des mensonges concernant les armes de destruction massive et était présentée comme rapide et facile car, bien sûr, les Iraniens aspirent à la « liberté », et ils « veulent donc que nous les bombardions ».

Bush II n'était ni assez stupide ni assez déloyal pour attaquer l'Iran. Obama non plus. Ni les conseillers de Biden. Seul Trump a été assez fou et traître. Et son gouvernement était trop traître, trop stupide ou trop faible pour l'arrêter.

Je ne croyais pas à la possibilité d'une guerre contre l'Iran, car je ne pensais pas que Trump et son entourage puissent être aussi stupides et malfaisants. Je me suis trompé.

Trump n'a aucun atout dans la situation dans le Golfe. S'il persiste dans ses attaques contre l'Iran, ce dernier continuera de riposter contre les États du Golfe.

Jusqu'à présent, l'Iran a provoqué une crise économique mondiale par de timides représailles réciproques. Si Trump s'engage pleinement dans cette voie, l'Iran a probablement la capacité non seulement de détruire l'économie du Golfe, mais aussi de rendre la région inhabitable en détruisant les usines de dessalement. Cela déclencherait une dépression mondiale, si nous n'y sommes pas déjà plongés.

Rien ne permet de penser que les États-Unis pourraient paralyser la capacité de riposte de l'Iran avant la destruction complète du Golfe – et de ce qui reste de la crédibilité mondiale de l'Amérique en tant que superpuissance.

Quel est le meilleur scénario possible avec l'Iran ? Les États-Unis doivent admettre leur défaite et mettre fin à la guerre au plus vite, car plus nous tardons, plus les conséquences seront graves pour tous. Le détroit d'Ormuz restera sous contrôle iranien. Le monde sera contraint de composer avec l'Iran, à commencer par les pays du Golfe. Des têtes couronnées pourraient tomber. Les bases militaires américaines dans la région seront probablement abandonnées. L'Iran s'imposera comme la nouvelle puissance régionale.

L'Amérique n'a pas simplement perdu de la puissance en attaquant l'Iran. La puissance ne disparaît pas, elle se déplace. Dans le Golfe, la puissance américaine ira à l'Iran.

Mais l'Amérique n'a pas été affaiblie uniquement dans le Golfe. Les États-Unis y ont perdu tellement d'équipements et de matériel qu'ils ne peuvent plus assurer une protection crédible de Taïwan et de la Corée du Sud. Or, ces régions sont l'arrière-cour de la Chine. Ainsi, la Chine pourrait bien être la grande gagnante de la guerre contre l'Iran, puisqu'elle n'y a pas participé directement.

Trump ment tellement que le monde finit par l'ignorer. Mais si vous croyez vraiment que l'Amérique est engagée dans une course existentielle à l'IA avec la Chine, et que Taïwan y joue un rôle crucial, alors certaines déclarations de Pékin devraient vous inquiéter : l'affirmation de Trump selon laquelle le projet de vente de 14 milliards de dollars d'équipements de défense américains à Taïwan serait un « moyen de pression », l'allégation selon laquelle NVIDIA pourrait être autorisée à vendre des technologies sensibles liées à l'IA à la Chine, et la déclaration optimiste selon laquelle il serait bon que davantage de capitaux et d'étudiants chinois affluent aux États-Unis.

Trump laisse-t-il entendre qu'il est prêt à brader l'Amérique à la Chine parce qu'il veut l'aide de la Chine pour se sortir de la guerre contre l'Iran, dans laquelle nous sommes embourbés parce que Trump a trahi l'Amérique face à Israël ?

Je ne vois tout simplement pas comment les Américains patriotes pourront un jour récupérer leur pays, comment Elon Musk ira un jour sur Mars, et comment la Silicon Valley gagnera un jour sa course à l'IA tant qu'Israël passera toujours en premier.

Rand Johnson