Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

  Mars 2018 (12 articles)

“Parole contre parole” (suite)

  samedi 31 mars 2018

31 mars 2018 – M’étant engagé sur la voie du compte-rendu du vol hollywoodien et abracadabrantesque de deux JSF (F-35I) israélien en tournée promotionnelle au-dessus de la Syrie, de l’Iran et de quelques autres, je poursuis dans ces colonnes en apportant des précisions, cette fois sur un ton plus sérieux , plus comment dit-on, – “professionnel” ? En commençant par ce jugement qui servira à la fois d’introduction et de conclusion : pure FakeNews, grossier FakeNewsisme.

Il y a eu un écho assez retenu de cette affaire dans la presseSystème, comme si l’on sentait le terrain un peu glissant. Le Times de Londres a recopié sa copie, les journaux et organes juifs hors-Israël et pro-israéliens ont suivi de la même façon. On se demande pourquoi Veterans Today, qui fait profession d’un solide “antiSystémisme”, a repris intégralement le même texte... Deux textes ont publié la nouvelle en l’assortissant d’une critique extrêmement vive, qui renvoie la chose au FakeNewsisme. Le site SouthFront.org du 30 mars 2018 et, surtout, The Avionist du 29 mars 2018. (The Avionist n’est pas à proprement antiSystème dans le sens politique, et notamment il n’est pas spécifiquement/“politiquement” anti-JSF, mais il est très professionnel dans ses jugements sur les technologies de l’armement dans le domaine de l’aéronautique.) De tout cela, j’apporte quelques précisions inédites, venues surtout des antiSystème comme on le comprend, aussi bien que de sources personnelles.

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Parole contre parole

  vendredi 30 mars 2018

30 mars 2018 – Il faut dire, elle tombe bien cette nouvelle selon laquelle deux F-35 (JSF) de l’Armée de l’Air israélienne se sont baladés dans les cieux de Syrie, d’Iran et d’Irak, absolument incognito, même pas effleuré par la moindre onde-radar (surtout pas russe, les amis, parce que les radars russes sont alimentés par une nouvelle source d’énergie, dite “Skripal/Novichok”, dont le renseignement britannique vient fort à propos de mettre à jour la formule pour mieux la neutraliser).

(Pour notre/votre information, voir la nouvelle sur les JSF israéliens, largement développée, sur ZeroHedge.com et sur laquelle je reviendrai plus loin. ZeroHedge.com la prend pour du comptant, montrant en cela une audace considérable qu’on a déjà remarquée, par exemple lorsque ce site prestigieusement sérieux a repris sans le moindre froncement de sourcil la nouvelle concernant la fortune de Poutine, l’homme le plus riche du monde [$200 milliards].)

Il est vrai... Il faut avouer qu’il est fort sympathique de disposer d’une nouvelle arme “invisible”, indétectable, absolument stealthycapable de tout faire sans que vous, pékins ignares, n’en voyiez, entendiez ni sachiez quoi que ce soit. Le journal koweitien qui annonce la nouvelle nous donne d’autres précisions fructueuses et goûteuses : « Les sept F-35 en service actif [israélien]ont déjà effectué un certain nombre de missions en Syrie et sur la frontière entre la Syrie et le Liban. Il est mis en évidence que ces avions de combat peuvent aller d’Israël en Iran deux fois de suite sans ravitaillement... » Il paraîtrait qu’on pourrait même faire des barbecues à bord et effectuer en un seul vol in-dé-tec-ta-ble (ce pourquoi nul ne le sait) une seule attaque qui liquiderait Kim à Pyong-Yang, Khamenei à Teheran et Assad à Damas, – et peut-être même Poutine en Crimée... (Peut-être bien même que ces trois/quatre-là n’existent déjà plus, liquidés sans qu’eux-mêmes le sachent par les furtifs guerriers.)

Conversation avec les “forces suprahumaines”

  jeudi 29 mars 2018

29 mars 2018 – Comme souvent sur ce site, lors d’une analyse de fond où nous adoptons le point de vue de la métahistoire, il est, selon “notre point de vue” (formule consacrée), question des limites voire de l’impuissance de l’action humaine dans les évènements en cours. Bien entendu, cela rejoint une conception que je n’ai cessé de cultiver depuis plusieurs années, et de manière structurée depuis ce que je nomme “l’intuition de Verdun”, qui a débouché sur le livre Les Âmes de Verdun où je la présente sous une forme à la fois exploratoire, “opérationnelle” et symbolique, – là où d’autres y verraient tourisme historique, rien de plus...

Avant-hier encore, cette conception était abordée dans l’article sur “notre méthodologie schizophrénique”, notamment dans le chef de ce passage, – assez long, on m’en excusera, mais placé dans le texte en exergue pour attirer l’attention et susciter la réflexion.

« Chaque jour qui passe, chaque nouvelle crise qui s’installe dans le “tourbillon crisique” qui définit la situation du monde, confirme et confirme encore que la cause de cette grandiose et furieuse époque de désintégration du monde est nécessairement de forme et d’essence suprahumaine. L’énigme est à ce niveau, à cette forme de manifestation de puissance hors de portée de l’action et de l’explication de l’esprit humain.

» Nous ne cessons pas d’en revenir sempiternellement à ce constat, sans pour autant apporter quelque élément que ce soit qui puisse ressembler à une explication accessible à la raison, – et pour cause d’ailleurs, puisque nous savons bien que l’énigme est ce qu’elle est à cause de notre incapacité de la percer à jour avec les instruments disponibles dans la réduction au seul esprit tel que nous croyons trop souvent qu’il est. Nous ne cessons pas d’en revenir sempiternellement à ce constat qu’il faut ouvrir notre esprit à l’intuition dans l’attente d’en obtenir quelque lumière ; car cette lumière, nécessairement, éclaire parfois et éclairera encore ce que nous nommons des vérités-de-situation, parcelles d’une Vérité d’au-delà de l’humain qui est seule capable de rendre compte des fondements, des ambitions et des projets d’une telle époque de déchaînement métahistorique, pour enfin ouvrir une porte à ce qui doit suivre, au-delà de la catastrophe. »

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Le crépuscule de l’ombre

  samedi 24 mars 2018

24 mars 2018 – Le fondement de la brève mais essentielle interrogation qui sous-tend cette courte réflexion est que, voyez-vous, je pense et crois de toutes les fibres de mon être qu’Emil Cioran n’a pas tort, et même qu’il décrit une vision fondamentale et fondamentalement véridique lorsqu’il écrit les quelques lignes qui suivent. (Il faut savoir qu’elles sont extraites de son Précis de décomposition publié en 1949, – son premier livre écrit en français ; cité ici à partir du volume de La Pléiade, « Cioran, Œuvres », p. 61.)

« Nous sommes en droit d’imaginer un temps où nous aurons tout dépassé, même la musique, même la poésie, où, détracteurs de nos traditions et de nos flammes, nous atteindrons à un tel désaveu de nous-mêmes, que, las d’une tombe sue, nous traverserons les jours dans un linceul râpé. Quand un sonnet, dont la rigueur élève le monde verbal au-dessus d’un cosmos superbement imaginé, quand un sonnet cessera d’être pour nous une tentation de larmes, et qu’au milieu d’une sonate nos bâillements triompheront de notre émotion, – alors les cimetières ne voudront plus de nous, eux qui ne reçoivent que des cadavres frais, imbus encore d’un soupçon de chaleur et d’un souvenir de vie.

» Avant notre vieillesse, viendra un temps où, rétractant nos ardeurs, et courbés sous les palinodies de la chair, nous marcherons mi-charogne mi-spectre... Nous aurons réprimé – par peur de complicité avec l’illusion, – toute palpitation en nous. Pour n’avoir pas su désincarner notre vie en un sonnet, nous traînerons en lambeaux notre pourriture, et, pour être allés plus loin que la musique ou la mort, nous trébucherons, aveugles, vers une funèbre immortalité... »

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L’Europe buissonnière

  mardi 20 mars 2018

20 mai 2018 – J’emprunte le titre de cette chronique à ce premier livre d’Antoine Blondin, par sympathie sinon par affection, également parce que Blondin était sans doute le plus innocent, le plus attendrissant et le plus pathétique des “hussards” (Nimier, Laurent, Déon, Blondin) ; et puis, bien entendu vous vous en doutez, parce que “son” Europe est infiniment plus vraie que celle que nous avons aujourd’hui.

Dans son bouquin qui est le premier d’une lignée assez courte mais où les phrases sont belles, il décrit ses deux années passées en STO en Allemagne, en 1943-1944. Ce n’est pas une aventure de héros, quelque chose de prévisible, de bien lisse, d’hollywoodien si vous voulez... C’est compliqué et banal tout en étant extraordinaire, plein de sentiments perdus et de craintes cachées, de médiocrités quotidiennes et d’instants d’ironie pour le plaisir, – ah les formules de Blondin, les jeux de mots et jeux de phrase d’anar désabusé et presque innocent, il n’y résiste pas : « La guerre est perdue, ce qui n’est pas grave, car vous me direz : une de perdue, dix de retrouvées » ; nous le lui dirons, au fantôme d’Antoine... Et parfois, bien dissimulé, je suis sûr de cela, – un éclair d’héroïsme chez lui, le sens du tragique, comme s’il devinait notre époque qui vient. 

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Le F-35 Monad face au USS Leibnitz : l’Unité suprême

  dimanche 18 mars 2018

18 mars 2018 – Ceci ne vous apprendra rien de nouveau mais il est intéressant de mettre en confrontation amicale mais totalement impuissante deux systèmes spécifiquement développés pour opérer l’un avec l’autre, et qui ne marchent ni l’un ni l’autre pour les opérations conjointes envisagées.

Tout le monde devrait bien savoir que le premier porte-avions de la classe USS Gerald Ford (100 000 tonnes, bien plus de $20 milliards l’unité sans qu’on puisse déterminer un prix précis) possède un système d’opérationnalisation des avions embarqués (catapulte et barrières d’arrêt) qui ne fonctionne pas. Tout le monde sait bien que le modèle d’avion embarqué qui doit équiper les porte-avions US désormais est le F-35C (*),version embarquée du JSF/F-35, et qu’il n’est pas dans l’état actuel des choses apte aux opérations embarquées selon les pilotes de l’US Navy. (Pour approcher la vérité-de-situation fiscale, je dirais que le prix actuellement débattu selon les impératifs de communication du temps du F-35C (*), que je fixerais arbitrairement mais presque précisément, se situerait selon ma vieille calculette à autour de 180-220 $millions l’exemplaire.)

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Le ballon rouge dans un miroir russe

  vendredi 16 mars 2018

16 mars 2018 – L’étonnante et élégante volte-face d’un Macron aussi léger qu’une plume du cul d’un moineau entendant soudain une grosse détonation ressemblant à quoi, – à un pet ou à un rot, qui sait le Quai d’Orsay enquête, –  du président Donald Trump ; passant, Macron, du “Attendons les résultats de l’enquête” pour savoir ce qui s’est passé à “l’attaque dégoûtante“ de la Russie ; cette volte-face, donc, est un élément parmi d’autres d’un feuilleton en folie tournant autour de “l’affaire du poison” (à ne pas confondre avec “l’affaire des poisons” de la Montespan). Cela vaut au Français-jupitérien, version A la Samaritaine, une médaille de bronze en chocolat de la marionnette la plus rapide à valser dans l’actuelle tragédie-bouffe. “Marionnette” de “D.C.-la-folle” ? “Est-ce bien sûr ?”, comme on dirait “L’ai-je bien descendu ?”.

On va trop vite en besogne en disant cela, on se croit encore aux temps ordonnés de l’Empire-majestueux qui suivait sa feuille de route et contrôlait l’alignement du personnel, de la basse-cour et de l’arrière-cuisine. On est bien trop occupé, à “D.C.-la-folle”, à naviguer de “coup d’État” en “purge” dont on ne sait s’il y a seulement un manipulateur-comploteur à la barre.

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Tourbillon crisique-45

  mercredi 14 mars 2018

14 mars 2018 – La vitesse de l’embrasement surprend toujours par son accélération chaque fois plus forte. Cette fois, cette accélération tourbillonnante, au cœur de ce tourbillon crisique dont nul ne sait où il mène sinon dans un Trou Noir au-delà d’où on ne sait rien, passe tout ce qu’on a connu.

Trois situations crisiques permanentes ont brusquement et parallèlement éclaté dans un nouveau paroxysme, en une seule journée. Elles paraîtraient volontiers coordonnées à ceux qui y voient le lien des manigances d’une organisation rationnelle ; elles nous paraissent beaucoup plus simplement mais irrésistiblement jaillir conjointement à partir d’une tension extrême que des forces supérieures font peser depuis si longtemps, et en constant crescendo, sur la situation générale en établissant ainsi un lien d’enchaînement psychologique. « Je ne vois aucun terme normal qui puisse satisfaire à la description de tout cela », observe Lavrov.

Il y a la “crise du poison”/UK (l’espion Skripal), qui voit la montée aux extrêmes ; hystérique et incontrôlable du côté UK avec ultimatum à la Russie, et cette fois avec la Russie proche de ne plus freiner. La Syrie est toujours brandie comme au bord d’un nouveau paroxysme, cette fois avec une possibilité d’attaque US et l’annonce officielle d’une riposte russe proche d’être assurée dans ce cas. La “crise du chaos” courante à Washington, “D.C.-la-folle”, connaît un nouveau paroxysme avec le limogeage de Tillerson puis d’un de ses adjoints du département d’État, et des remous importants dans l’équipe de sécurité nationale du Président ; elle porte la marque d’un Trump toujours insaisissable, toujours imprévisible, et cette fois en phase de turbo-activisme... A Washington même, aujiurd'hui, dans cette séquence, tout peut se passer.

Malgré l’importance provocatrice qu’on accorderait aux agitations démentes de nos directions dont l’existence semble se nourrir voracement à la rhétorique la plus extrême, l’essentielle nouveauté est le durcissement russe. « On n’adresse pas un ultimatum de 24 heures à une puissance nucléaire », a dit hier la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Maria Zakharova. TheDuran.com observe : « Il s’agit seulement d’une spéculation (erronée, espérons-le !!), mais en se référant aux discours de Poutine du 1er mars sur l’état de la nation, avec les tests opérationnels du missile Kinzhal et les révélations faites par le président Poutine sur d’autres systèmes d’arme très avancés, autant qu’à la situation britannique et désormais qu'à la situation syrienne, il apparaît que la Russie, bien qu’elle veuille éviter l’affrontement, semble admettre qu’il devient inévitable. »

La véritable inconnue de cette phase crisique exceptionnelle de paroxysme reste tout de même la situation washingtonienne. Les menaces US contre la Syrie viennent de Haley, à l’ONU, et l’on ne sait à qui elle obéissait (à Tillerson le partant ? A Pompeo qui le remplace ? A Trump lui-même ? Ou bien à personne, agissant de son propre chef ?). Sur la “crise du poison”/UK, la position US est incertaine et varie selon la source consultée, certains allant jusqu’à dire que le renvoi de Tillerson a été brusqué et rendu très brutal à cause de son soutien affirmé à 100% à la thèse et à l’action britanniques.

Cette phase dramatique et tragique est à l’image de Trump, l’homme qui a imposé cette descente dans le chaos et dans les situations de tous les risques, d’affrontement et d’effondrement, – elle est insaisissable et imprévisible. Elle est une répétition ou bien elle est la réalisation de l’acte final de la Grande Crise d’Effondrement du Système. Plus que jamais à l’extrême incandescent de ce processus, nul ne sait s’il s’agit d’une finalité d’une part, nul ne sait la forme que prendra cette finalité si c’est le cas d’autre part.

D’une façon générale et à cause de plusieurs éléments, dont l’extrême médiocrité de nombre des acteurs humains n’est pas le moindre, nous sommes dans une situation bien plus grave que lors de la crise des missiles de Cuba de 1962. Bien peu de gens, dans le vaste public du monde, le réalisent ; peut-être, d’ailleurs, dans ce climat d’inversion totale de la culture, bien peu de gens, dans le vaste public du monde, savent ce que se passa en octobre 1962...

L’espion et le XXIème siècle

  mardi 13 mars 2018

13 mars 2018 – Ils ont donc une nouvelle affaire d’agression russe par des matières toxiques, ce qui semble être la méthode favorite (des Russes) pour correspondre parfaitement au scénario prévu, avec indignation et déclaration de guerre comprises, sans supplément et hors-taxe en plus. L’attaque individuelle au poison, ou au gaz, ou à un truc de ce genre, vaut assez bien dans la galerie des simulacres par son rapprochement avec les attaques chimiques montées par les divers gredins qu’on connaît pour avoir l’argument d’une attaque contre Assad, par son rapprochement aussi avec les armes de destruction massive (chimique également) de Saddam qui, après-coup, furent découvertes en quantité astronomique et justifièrent totalement l’attaque comme chacun devrait le savoir au creux de son cœur puisque ni “D.C.-la-folle” ni le bloc-BAO jamais ne mentent ni ne se trompent.

Juste une série de simulacres qu’il faut avoir à l’esprit lorsqu’une affaire comme celle qui nous occupe passagèrement, d’un piètre intérêt pour mon goût et que je ne fais que signaler en passant, celle de l’espion-agent double dit-Skripal se présente, qui doit prendre sa place dans le Grand-Simulacre, et cette série, voyez-vous, comme un chapelet de pets de lapin sur une toile cirée si vous voulez, aussi fuyant, aussi insaisissable, et par conséquent saluée à grands bruits et à grands frais par les moralistes du XXIème siècle (voir plus loin). Quand même, cet entêtement à faire des montages avec des trucs au gaz, au chimique, au poison, tout cela finit par révéler chez le patient qui en fait si grand cas jusqu’à lancer des ultimatums (les SR-BAO, leurs innombrables petites mains et l’une ou l’autre Première Ministre de Sa Très-Gracieuse Majesté), comme le produit d’une sacrée frustration qui intriguerait le docteur Freud.

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Les Âmes de retour

  lundi 12 mars 2018

12 mars 2018 – L’idée m’en est venue sans préméditation, sans planification, sans machinations, l’esprit simple si l’on veut : rééditer le texte des Âmes de Verdun, qui avait paru une première fois en 2008 dans l’écrin d’un superbe appareil de photos. C’est chose faite, par la filière Amazon-Kindle, depuis ce jour.

Je ne sais pas comment se présente exactement dont je parle ici dans sa forme ; je ne l’ai pas encore eu en mains et je sais désormais par expérience qu’il y a toujours des anicroches, des bavures ici ou là ; peut-être n’y en aura-t-il pas cette fois, – ainsi va la publication dans ces temps étranges... Quoi qu’il en soit, je tenais à vous annoncer cette parution, amis lecteurs, parce que ce livre me tient tant à cœur et qu’il m’était d’une grande souffrance que nous en soyons restés à un certain échec de la vente de l’album qui avait tant de mérites. Désormais, il y a cette deuxième édition. Je ne me fais guère d’illusions sur son destin, mais je ne suis pas là pour vous parler d’illusions ; qu’importe son destin, leurs destins, – je parle de ces divers livres qui démarrent à partir du site, – tant que je le pourrais je continuerais sur cette voie.

De la “psychologie fatiguée” de Justin

  mercredi 07 mars 2018

7 mars 2018 – Pour ne pas faire mentir mes compagnons d’infortune, je m’exécute ; je veux dire, à propos de la présentation conjoint de textes de Raimondo et de Kunstler en réaction au discours de Poutine su 1er mars, où il est écrit ceci :

« Nous ne cacherons certainement pas que la réaction de Kunstler a notre préférence, tandis que le cas de Raimondo, que nous suivions depuis près de vingt ans, doit retenir toute notre attention du point de vue de la “fatigue de la psychologie”, – et c’est dire que, peut-être, sans doute, son cas précis intéressera-t-il PhG dans une futur page de son ‘Journal-dde.crisis’. »

... Je parle donc du texte de Justin Raimondo, nullement de celui de Kunstler dont il est vrai que je n’aurais rien à redire, que ses réactions avec son style propre, se retrouveraient dans les miennes, avec mon style propre. Au contraire, ce qui est remarquable chez Raimondo, et qui m’est complètement étranger, que je trouve inhabituel chez lui, c’est une sorte de dichotomie, ou bien une schizophrénie de la pensée si vous voulez. Chacune des deux démarches chez Raimondo a une logique interne mais ces logiques sont également un piège qui se referme lorsqu’on atteint la nécessité du jugement général, qui est le seul qui importe et qui, lui, n’a que faire de la Logique puisque sa seule référence est la Vérité, – en ce cas, la “vérité-de-situation”.

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Tourbillon crisique-44

  samedi 03 mars 2018

03 mars 2018 – Deux grands évènements dominent, écrasent, ébranlent cette fin de semaine... Il est intéressant de les comparer, autant dans leur sens que dans leurs effets profonds. Les deux évènements sembleraient de pure remise en ordre, comme s’ils affirmaient brutalement ce qu’on pourrait considérer comme des “vérités” que les simulacres tendent à obscurcir ; certes, mais quels peuvent être leurs véritables effets ?

Il y a d’une part le discours de Poutine, avant-hier, essentiellement son volet portant sur les armements. On en a dit quelques mots hier, d’une façon substantielle il me semble. Je suggérerais d’y ajouter ces observations de Gilbert Doctorow (son article du 2 mars 2018) qui nous dit assez bien, me semble-t-il, la signification profonde de la chose, compte tenu de tout ce que nous savons de la portée opérationnelle révolutionnaire de ce qu’a annoncé Poutine... (Une signification qui prend assez justement le contrepied des lectures conventionnelles de ce discours : « En réaction aux menaces des États-Unis, le président de la Russie déclare une course à l'armement nucléaire », selon WSWS.org, – que je contesterais complètement pour cette fois et pour l’occasion.) :

« À sa manière, écrit Doctorow, ce discours était aussi important, peut-être plus important que le discours de Poutine à la conférence de Munich sur la sécurité en février 2007, dans lequel il exposait longuement les griefs de la Russie à l’encontre de l'hégémonie mondiale des Etats-Unis établie dans les années1990 aux dépens des intérêts nationaux russes. Ce discours (de 2007) avait marqué un tournant dans les relations américano-russes, nous conduisant à la confrontation extrême d'aujourd'hui. Le discours de jeudi ne suggère pas le début d'une nouvelle course aux armements, mais sa conclusion avec la victoire russe et la défaite américaine. »

Il y a d’autre part, le même jour, la décision de Trump d’imposer des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, cela posant ainsi un acte de protectionnisme particulièrement marquant de son slogan de communication America First. Trump a choisi les mesures les plus dures parmi celles qui lui étaient proposées, dans la confusion générale (personne à la Maison-Blanche n’était averti de sa décision) et contre l’avis de nombre des membres de son cabinet. (Jusqu’au général Mattis, le chef du Pentagone et l’homme qu’on voit comme “la main de l’ombre” [DeepState] qui manipule la marionnette, qui avait dit son opposition à une mesure pourtant sans rapport direct avec la chose militaire ; au fait, Mattis qui ne manipule pas si bien...).

La décision du président Trump, dit ZeroHedge.com, « a provoqué un tollé dans le monde entier, signe d'une guerre commerciale imminente et de la fin du monde tel que nous le connaissons... [...]

» Le comité de rédaction du Wall Street Journal, [habituellement partisan de la politique économique de Trump] estime que Donald Trump a fait la plus grande erreur politique de sa présidence jeudi en annonçant que la semaine prochaine, il imposera des droits de 25% sur l'acier importé et de 10% sur l'aluminium. Cette augmentation fiscale punira les travailleurs américains, invitera à des représailles qui nuiront aux exportations américaines, divisera la coalition qui lui sert de base, rendra furieux les alliés des USA et sapera ses réformes fiscales et réglementaires. »

Lorsque je dis que deux “vérités” s’affirment, c’est d’une façon subjective, à-la-hussarde, au sens de véritables évènements engendrant une communication qui perce le filet opaque du simulacre que le Système a construit. Cela ne signifie pas que ces deux évènements établissent à eux seuls une nouvelle situation, qu’on nommerait alors “vérité-de-situation”, qui serait directement dans leur logique.

Dans ce cas, Poutine et Trump, tantôt ennemis, tantôt “alliés objectifs”, de caractères opposés et de conceptions qui ne le sont pas moins, se retrouvent avec leurs deux actes en ennemis de la globalisation puisqu’ils affirment à leur façon deux entités nationales. La curiosité est qu’ils devraient être, chacun de leur côté, opposés à l’acte de l’autre selon ce que sont ces deux actes. Cette logique-là, humaine trop humaine, est déplacée là comme ailleurs. Pour ce cas, ce sont deux semeurs de trouble antiSystème qui agissent involontairement de concert. C’est une “main invisible”, “divine” si vous voulez, qui les a fait agir en même temps, le même jour.

Je crois au contraire de la façon dont on serait tenté de les présenter que ces deux évènements incontestablement puissants accélèrent d’une façon radicale le désordre-chaos, encore lui, en semant des oppositions nouvelles, des antagonismes internes autodestructeurs, etc. Combien, dans les divers camps concernés, vont se trouver et se trouvent déjà à la fois pris à contrepied, stupéfaits, furieux de ces deux “vérités”, et bientôt encore plus actifs dans leur travail de simulacre qui œuvre dans ce cas dans le sens de la déstabilisation. Ce n’est pas la “vérité” qui triomphe, c’est la déstructuration de l’architecture-Système. Cette dynamique de déstructuration, voilà la véritable “vérité-de-situation” de la séquence.