Les guerres à reculons

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Les guerres à reculons

14 avril 2024 (16H10) – Il est plus que vrai qu’on croirait presque un complot, dans la façon dont les deux ‘sous-crise’ évoluent parallèlement, presque intimement comme l’on dirait d’une passion fusionnelle, y compris dans cette actuelle balade sur les cimes du paroxysme des cimes du paroxysme, des cimes du...

• Les Israéliens ne sont sûrs ni d’eux-mêmes, ni des Américanistes. Ils ont été attaqués mais ils ont “gagné l’attaque” en repoussant victorieusement ce qui ne prétendait pas à grand’chose (décidément les mollahs savent y faire). Les Iraniens ont annoncé qu’ils ont “puni Israël” comme il convenait, c’est-à-dire plus symboliquement qu’opérationnellement, mais qu’ils frapperaient bien plus fort si Israël ripostait à la riposte, ce qu’Israël ne fera pas puisqu’Israël a “gagné l’attaque”.

« À l’heure actuelle, les responsables militaires israéliens examinent les dégâts causés à leurs bases et comprennent ce qui suit : que l’Iran a délibérément choisi de ne pas infliger d’actions extrêmement meurtrières à Israël. Que l'Iran a frappé des bâtiments conçus pour envoyer un signal à Israël, et même aux États-Unis, qu'il pouvait faire ce qu'il a fait à Nevatim, à Ramona, n'importe où en Israël, n'importe où au Moyen-Orient, et que les États-Unis ou Israël ne pourrait rien empêcher. » (Scott Ritter sur tweeterX.)

• Les États-Unis considèrent que cela suffit comme ça. Biden a fait dire à Netanyahou quelque chose dans le genre de : “Bravo, vous avez gagné, ils n’ont pas tapé trop fort et on peut dire et faire dire qu’on les a quasiment tous descendus. Contentez-vous en, nous ne vous aiderons pas dans une riposte selon ce que m’ont soufflé mes conseillers.” En fait, le Pentagone avait attendu avec angoisse l’attaque iranienne, voyant son système d’attaque et les défenses de ses propres forces (40 000 hommes tout de même, répartis en un ensemble sablonneux de bases diverses) complètement désorganisé par les décisions inconvenantes sinon franchement impolies des pays musulmans les plus importants pour leur déploiement (Arabie, Qatar, UAE, Oman, et peut-être même la Turquie de l’OTAN) :

 « La Turquie, membre de l'OTAN, aurait également interdit aux États-Unis d'utiliser son espace aérien pour des frappes contre l'Iran, mais Spoutnik n'a pas été en mesure de vérifier cette information de manière indépendante.

» “C’est un désastre”, a déclaré un haut responsable américain, faisant référence au casse-tête auquel l'administration Biden est confrontée alors qu'elle se prépare à une éventuelle frappe de représailles iranienne contre son principal allié régional, Israël, à la suite de l'attaque de Tel Aviv le 1er avril contre l'ambassade iranienne à Damas, en Syrie.

» Le rapport de ‘Middle East Eye’ fait suite à un rapport d’‘Axios’ publié vendredi citant des responsables américains qui ont déclaré que l’Iran avait averti en privé les États-Unis qu’il ciblerait les forces américaines au Moyen-Orient si Washington s’impliquait dans une confrontation militaire entre l’Iran et Israël. »

• Pour dire un mot de ce qui se passe en Ukraine, on peut signaler que, pour se mettre à l’abri et retrouver le calme, les soldats ukrainiens se rendent aux forces russes en bon nombre et en bon ordre lorsqu’ils le peuvent. Ceux qui ne parviennent pas à s’échapper se sentent “trahis par la conscription” ou sont examinés pour troubles psychiatriques.

« “Les chefs nous laissent mourir comme des déchets, tandis qu'ils se tiennent à l'écart”, a déclaré le soldat Valery à ses interlocuteurs russes. “Lorsque nous avons été emmenés en captivité, nos propres forces ont commencé à nous bombarder, montrant ainsi qu'elles n'avaient plus besoin de nous. J'ai été capturé et c'est grâce à cela que je suis en vie et que je ne serai pas exécuté. La situation est pire dans l'armée ukrainienne que dans la captivité russe”, a-t-il déclaré. »

Ce sont quelques échos, évidemment fort douteux puisque venus de sources on ne peut plus suspectes, – mais un enquêteur aventureux se doit d’explorer les terres qui ne sont pas éclairées par les lumières rutilantes des vertus américanistes-occidentalistes, et françaises en particulier. Il y trouvera, sur ces terres plongées dans la pénombre de l’in-civilisation, de nombreuses indications qui rappellent que tout ce qui brille un peu trop, –  dans notre presseSystème, autour des plateaux luxueux des TV et sur les visages avenants de nous gouvernants, – relève très souvent du stratagème, du simulacre et de la mise en scène. (“Et alors ?” s’exclament les gens de Hollywood qui vous collent sous les yeux les derniers décomptes en $trillions des ‘block busters’ nucléaires.)

On connaît tout ça, – alors revenons aux choses sérieuses.

Comment être sans avoir été ?

.... C’est-à-dire, effectivement, cette éblouissante coordination montrant la déroute générale sur tous les fronts des forces américanistes-occidentalistes, en même temps, le même jour, dans la plus parfaite coordination. Parvenir à se contenter d’une attaque symbolique faite pour faire très peu de dégâts, pour proclamer que c’est une belle et bonne victoire de n’avoir que très peu de dégâts, il faut vraiment être Biden-Netanyahou pour parvenir à un tel exploit dialectique.

Pendant ce temps, Poutine signale qu’il ne resterait pas indifférent à ce qui pourrait (ce qui aurait pu) se passer en Iran, et il tient prêt à serrer les mâchoires d’acier qui tiennent les derniers points forts d’une Ukraine totalement à la dérive. Certains, au National Security Council de la Maison-Blanche ont compris qu’une riposte pour suivre en Iran ne vaut pas le risque de perdre de perdre Kharkov illico, et d’ailleurs aussitôt rassurés de voir que les Israéliens n’y songent pas puisqu’ils ont compris que les gros B-52 de l’USAF ne pourront plus prendre leurs aises dans les espaces aériens arabes. Pendant ce temps, faute de missiles, la frégate ‘Alsace’ rentre à Toulon pour éviter un Trafalgar moderniste contre les Houthis. Tout cela illustre une journée étonnante qui a mis à nu l’exceptionnelle dégradation des capacités militaires américanistes-occidentalistes(-israélistes), en confirmant certaines affirmations audacieuses...

« Dire ce qu'on ne peut pas dire : Israël a été vaincu, – une défaite totale

» Les objectifs de la guerre ne seront pas atteints, les otages ne seront pas rendus par la pression militaire, la sécurité ne sera pas rétablie et l'ostracisme international d'Israël ne prendra pas fin. » (‘Haaretz’, le 11 avril.)

C’est nous qui l’avons voulu, de A jusqu’à Z, y compris les points d’exclamation : c’est sur le terrain que se régleraient toutes les grandes affaires du monde, en agissant “comme des hommes” (refrain ‘neocon’ après la prise de Bagdad de 2003, affirmant que la virilité américaniste-occidentaliste, – c’était du temps d’avant la guerre des genres, – nous faisait un devoir d’aller jusqu’à Téhéran). Nous l’avons eue, notre démonstration, mais, selon l’habitude de nos temps satanistes, en mode complètement inverti : inutile d’essayer d’aller jusqu’à Téhéran (et jusqu’à Moscou par la même occasion)... Euh, on verra plus tard.

Alors, que nous reste-t-il ? Peut-être bien que l’Intelligence Artificielle fera l’affaire, dont on dit qu’elle est largement utilisée par l’IDF, ex-‘Tsahal’, dans ses opérations si parfaitement réussies  à Gaza. Cela me permet de glisser ce texte de ‘Louder News’ du 10 avril, avec quelques mots en caractère gras pour terminer fastueusement le festin qu’ils nous préparent :

« Dans une déclaration commune, Nippon Telegraph and Telephone (NTT) et Yomiuri Shimbun Group Holdings, deux des principales sociétés japonaises, ont émis un sévère avertissement concernant les dangers potentiels de l’intelligence artificielle (IA). La déclaration, décrite comme un manifeste de l’IA, met en lumière les inquiétudes selon lesquelles, à moins qu’une législation appropriée ne soit introduite rapidement à travers le monde, l’IA non contrôlée pourrait détruire la démocratie et provoquer des bouleversements sociétaux massifs et des guerres.

» Faisant référence à la technologie de l’IA développée par les grandes entreprises technologiques aux États-Unis, le manifeste prévient que “dans le pire des cas, la démocratie et l’ordre social pourraient s’effondrer, entraînant des guerres”. [...]

» Des événements précédemment documentés, tels que le système Gemini AI de Google et Firefly d’Adobe affichant des préjugés discriminatoires à l’égard des Blancs, soulignent les préoccupations exprimées dans la déclaration commune. Plus tôt cette année, des simulations de guerre ont été réalisées avec des modèles de langage étendus (LLM) d’IA, tels que ChatGPT d’OpenAI, et ont révélé que les programmes avaient tendance à transformer les conflits en guerre nucléaire. »

J’aime bien la douceur presque printanière de l’expression “avaient tendance” pour déboucher sur la Troisième Dernière toute habillée du dernier nuke à la mode... Comment disait-il/-elle, déjà, ce type, cette personne du genre masculin d’un autre temps ? Ah oui :

« Les ‘fucking connards’ ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

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