Macron-Nuland, ou l’idylle interrompue

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Macron-Nuland, ou l’idylle interrompue

9 mars 2024 (19H00) – Chaque jour défilent des images nouvelles de la folie qui est devenue le foin quotidien de l’étable immense comme un paquebot de riches vacanciers, où sont sagement rangés les bovidés faisant le gros du troupeau de nos dirigeants extrêmes-occidentaux. Bien qu’immobiles et bien rangés, avec les mêmes idées qu’ils maquillent et mastiquent comme l’herbe des près du ‘Soleil vert’, ils sont lancés  dans une bacchanale guerrière tout à fait originale, une ‘Fantasy’ au rythme d’une sorte de ces danses de la tarentelle dont le but était d’ôter la folie des esprits et des corps piqués par des tarentules, et ce but devenu dans cette époque invertie l’exact contraire : instiller dans ces esprits et ces corps la folie que nos ancêtres avaient réussi à écarter.

Nous eûmes donc, d’abord, à écouter le discours furieux, pétulant de colères accusatrices, d’un président américaniste qui avait ainsi retrouvé toute sa santé pour pouvoir mieux exprimer toute sa démence. Je crois que Mercouris remarqua ceci, ou bien je le fais parler comme ceci, – approximativement transcrit, sans garantie d’authenticité mais l’esprit l’emporte et c’est ce qui importe, – dans son commentaire stupéfait de ce “discours sur l’État de l’Union” :

« J’ai eu une grand’mère qui fut affectée de cette démence sénile. Elle ne pouvait parler à ma mère ou à moi que sur ce ton furieux d’une colère sans fin, comme si le seul moyen pour son cerveau épuisé de parvenir à une certaine concentration nécessaire à une sorte de conversation était cette colère sans fin, furieuse, emportée... Le problème à ainsi se servir de la colère pour rassembler les quelques restes de quelques-unes de ses idées égarées est que les idées ainsi rassemblées sont celles de la colère, de l’excès, de la démence, et ainsi ajouter plus de démence à la démence par la colère... »

Pendant ce temps ou bien à quelques heures de là, à quelques milliers de kilomètres de là, le président Macron parlait devant les principaux dirigeants de l’Assemblée Nationale, chefs de partis et quelques élus, aussi les anciens présidents, il leur parlait de sa nouvelle idée qui n’est rien moins que de lancer une guerre contre la Russie, par un moyen ou l’autre et par tous les moyens sans aucune limite, – et nul n’aurait l’outrecuidance d’écarter l’arme nucléaire, – et ainsi de s’imposer comme chef de guerre à l’image du Napoléon vainqueur de César au siège d’Alésia, près d’Austerlitz.

Florian Philippot, qui n’avait pas été invité, avait prémonitoirement déclaré au Salon de l’agriculture, dix jours avant et s’adressant à quelques bovidés rassemblés pour l’occasion, – de vrais bovidés, vaches d’un autre temps, vaches centenaires et fort honorables mâchant le foin lavé de toute folie, – ces quelques mots qui peuvent toujours servir :

« Ce type est fou, voilà, c'est fou. À un moment, il faut appeler les choses par leur nom. Macron est fou, donc il est fou, fou furieux. Soit on l'arrête, soit on va tous aller en guerre. Mais c'est pas lui qui est en guerre, il va pas envoyer Brigitte faire la guerre, il va pas y aller lui-même. C'est nos enfants et c'est nous-mêmes qui irons en guerre... »

Et alors, songeai-je mélancoliquement, quelle dommage que cette chère ‘Toria’ Nuland s’en aille alors que notre président se révèle à lui-même. Quel beau couple, – en tout bien tout honneur, certes c’est une image, une allégorie, un symbole, rien qui ne dérange la paix des ménages respectifs que les deux entretiennent chacun de leur côté, – quel beau couple ces deux-là eussent pu former, sur fond d’idylle franco-américaniste ! Ils eussent pu marcher au pas cadencé, « Glory, Glory Alleluïa ! », tandis que ‘Toria’ exposait à Manu ses plans mirifique consistant à diviser la Russie en 687 (ou 666, suggèreront les partisans du Chiffre de la Bête), après avoir obligé le rat d’égout Poutine à regagner son habitat naturel.

Je serai ta Grande Catherine », disait l’une ;

– Je serai ton Vladimir Illitch Oulianov », disait l’autre...

Et ainsi de suite... Allons, puisqu’il est temps arrêtons cette parodie ridicule, rangeons ces petits soldats de plomb avant que le grotesque ne nous touche nous-mêmes, comme pique une tarentule, et voyons ce qu’il demeure.... « Ils passent, je demeure », nous dit le temps, Maître du Monde, nous invitant à observer d’un regard qui ne faiblit pas ces restes de la pantomime.

Il me plaît, dans ce désordre immonde et cette exposition sans pudeur des vices les plus affreux de l’esprit, de voir poindre et d’entendre le galop puissant et grandiose de LEURS Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, ceux qui leur sont destinés, ceux qui ont pour tâche de réduire en poussières et caillasses le monde qu’ils prétendaient bâtir et parer de toutes les vertus. Il est bien difficile, bien douloureux, de devoir en passer par ces péripéties folles et pleines de souffrance pour pouvoir espérer voir poindre quelques lueurs dont on pourrait attendre qu’elles éclaireraient le premier de ‘Tous les matins du monde’, premier regard d’un nouveau-né venu d’autres entreprises, libéré de toutes ces prétentieuses novations, sourd aux promesses obscènes de nos bovidés installés dans leurs étables-palais dorés parcourus de courtisans empressés de leur plaire.

J’espèce que ce nouveau-né venu d’on ne sait où saura, lui, reconnaître un bovidé du premier coup d’œil. Il aimera ce noble animal qui ne prétend à rien d’autre que brouter l’herbe grasse des grands prés jamais foulés par les escarpins de nos diverses éminences menant ce monde à bride abattue, montés sur des charrettes affublées de statoréacteurs crachotant et de sirènes démentes, portés par des chassis de vingt ou trente roues en forme de Pentagones, – des roues à cinq côtés, quoi ! Pour fabriquer des missiles !

Ce sera le signe que la folie lancée partout pour qu’elle anéantisse cette lèpre qui depuis des siècles dévore nos esprits et pourrit nos âmes est arrivée au terme de son voyage et offre aux dieux, en ultime sacrifice, le Vide de ces espaces infinis enfin débarrassés du Rien qui menaçait de nous dévorer tous. Ce sera la fin du voyage et les bovidés extrêmes-occidentaux, ne disposant plus du foin qui rend fou, regagneront leurs terres laissés en jachère où ils s’éteindront comme telle vieille bougie consumée, d’un seul et ultime souffle haletant, n’ayant jamais rien éclairé et ne nous privant la vue de rien du tout, ni d’essentiel ni d’accessoire, en disparaissant.

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