• Parmi les signatures régulières que nous affectionnons et auxquelles nous prêtons grande attention sur le net, il y a celle du russe Dimitri Orlov. • Il est le créateur d’une forme de pensée que l’on pourrait désigner comme une “science de circonstance”, une “science” suscitée par les circonstances même que nous traversons et que nous décrivons et désignons nous-mêmes comme la Grande Crise de l’Effondrement du Système (GCES) : la “collapsologie”, ou “science de l’effondrement”. • Nous pensons que suivre régulièrement ses écrits est d’un intérêt qui rencontre complètement l’orientation de dedefensa.org : cela peut être fait grâce à nos excellents rapports avec Le Sakerfrancophone, qui reprend systématiquement les textes d’Orlov (en général deux par semaine) et les traduit en français. • Avec l’accord du Sakerfrancophone, que nous remercions bien chaleureusement, nous allons donc reprendre les textes d’Orlov dans cette rubrique propre intitulée “Le monde d’Orlov”. • Son fonctionnement est régi par les mêmes règles que celui d’Ouverture Libre mais cette rubrique a désormais une place structurelle dans dedefensa.org. • Le premier texte, une interview d’Orlov par Le Sakerfrancophone du 15 juin 2016, à l’occasion de la sortie en français du livre d’Orlov (Les cinq stades de l’effondrement aux éditions Le retour aux Sources) sert parfaitement de présentation de cet auteur.

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Bolt-on, Bolt-off !    22/09/2019

Beaucoup de gens ont eu beaucoup de choses à dire au sujet du renvoi par Trump de son odieux et belliciste conseiller en matière de sécurité nationale John Bolton, mais aucun d’entre eux n’a dit ce qui semblait évident. C’est donc à mon tour, une fois de plus, d’entrer dans la brèche et de mettre tout le monde au parfum sur la logique de la folie de Trump, car elle existe réellement. Elle est simple, solide comme le roc et surtout efficace. De plus, cela fonctionnera à chaque fois, et personne ne peut rien faire pour l’arrêter. Trump a été élu président. Il s’agit d’une position d’autorité considérable, mais il doit quand même fonctionner dans le cadre d’un système washingtonienen grande partie corrompu et illusoire. Les agents de longue date dans le marais de Washington ont l’habitude de s’appliquer leurs propres lois pour eux-mêmes et de promouvoir fidèlement les intérêts de leur propre caste qui sont : s’accrocher au pouvoir ; et piller le trésor. Ils ont aussi l’habitude de générer leur propre réalité avec leur image du monde et de leurs propres capacités qui est en fort désaccord avec ce qui se passe réellement. Ce sont les gens avec qui Trump est forcé de travailler. (Suite)

Les bolcheviques arrivent ! (I)    18/09/2019

Supposons que vous soyez Américain. Et supposons que vous ayez passé les 60 dernières années à vous reposer tranquillement dans un congélateur après vous être injecté de façon experte suffisamment de glycérine pour empêcher les cristaux de glace de perturber vos membranes cellulaires. Dieu seul sait pourquoi vous avez fait ça, mais c’est du passé maintenant. Quoi qu’il en soit, nous sommes maintenant en 2019 et pour une autre raison insondable, vos arrière-petits-enfants vous sortent du congélateur, vous décongèlent, vous envoient plusieurs chocs électriques avec un aiguillon à bétail pour faire battre votre cœur, vous font marcher pendant un moment en vous donnant un café noir bien fort et vous voilà de nouveau, comme neuf et prêt à agir. Ensuite, vos arrière-petits-enfants (c’est du moins ce qu’ils vous disent) commencent à vous parler de la vie en Amérique en 2019. Ils vous disent que le loyer représente maintenant la moitié de leurs revenus et qu’ils ne peuvent même pas rêver d’acheter une maison, et encore moins espérer la posséder un jour. Ils vous disent qu’il leur faudra toute une vie pour  rembourser leurs frais de scolarité à l’université et qu’ils finiront probablement par puiser dans leur épargne-retraite (s’ils en ont une un jour, mais qu’ils ne préparent pas actuellement). Ils vous disent qu’au lieu de leur laisser un héritage, leurs parents sont décédés en laissant des biens inutiles et délabrés, lestés d’énormes dettes médicales pour leurs soins palliatifs de fin de vie. Quand vous vous demandez où sont passés tous les enfants, ils vous expliquent patiemment qu’il est maintenant trop coûteux d’avoir des enfants, même avec papa et maman qui travaillent à temps plein, à moins que maman ne soit une mère célibataire, auquel cas le gouvernement la paie en fonction du nombre d’enfants qu’elle a avec différents hommes qui ne sont pas autorisés à vivre avec elle (et qui passent la plupart du temps en prison dans tous les cas). (Suite)

Ressusciter l’économie américaine    04/09/2019

Donald Trump a récemment ordonné à des sociétés américaines de déplacer leur production hors de Chine vers les États-Unis. Plus facile à dire qu’à faire ! Ou plutôt à défaire. Le transfert de la production en Chine (et, dans le cas des technologies de l’information, en Inde) a permis aux entreprises américaines de profiter de l’écart salarial important et d’un environnement réglementaire moins strict afin d’être plus rentables. Elles ont dépensé ces profits excédentaires en rachetant leurs propres actions, en versant de généreux dividendes à leurs actionnaires et en utilisant leurs cours artificiellement gonflés pour justifier les salaires et primes exorbitants des dirigeants. En cours de route, ils ont appauvri les travailleurs américains en les privant d’une base d’emplois bien rémunérés, érodé la base de compétences de la population américaine et, ce qui est peut-être le plus important, détruit la demande pour leurs produits parce que de plus en plus d’Américains ne peuvent plus se le permettre. Au fur et à mesure que ces tendances se sont manifestées, rendant la Chine prospère et les États-Unis de plus en plus affectés et appauvris avec près de 100 millions de personnes en âge de travailler sans emploi permanent, les entreprises américaines ne pouvant plus profiter de leur production délocalisée dans la même mesure ont donc profité des faibles taux d’intérêt pour emprunter des sommes énormes et continuer à les utiliser pour acheter leurs propres actions, payer des dividendes et continuer à payer des rémunérations exorbitantes à leurs cadres. (Suite)

Devenir négatif    29/08/2019

L’article qui suit a été publié pour la première fois il y a trois ans. Depuis lors, la Réserve fédérale américaine a relevé les taux d’intérêt au-dessus de zéro, avant de les baisser à nouveau. Entre-temps, le montant total de la dette à rendement négatif dans le monde a atteint 13 000 milliards de dollars (USD). C’est plus que les budgets fédéraux 2019 combinés des États-Unis, de la Chine, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, du Japon, de l’Italie, du Brésil et du Canada (qui, soit dit en passant, sont neuf des économies les plus grandes, les plus surdéveloppées et les plus vulnérables à l’effondrement sur la planète). Il peut sembler surprenant que les investisseurs soient prêts à prêter de l’argent à un taux d’intérêt négatif, mais c’est une offre qu’ils ne peuvent refuser : ils préfèrent perdre leur argent lentement au fil du temps plutôt que d’un seul coup. Certains investisseurs (et banques centrales) ont décidé que les réserves en devises étrangères sont une mauvaise idée et achètent plutôt de l’or, mais cela ne changera pas la situation économique globale. Et dans l’ensemble, l’effondrement financier mondial est en pause depuis 2008, mais maintenant, quelqu’un a appuyé à nouveau sur le bouton “jouez”. Quoi qu’il en soit, le moment semble bien choisi pour dépoussiérer cet article du  7 juin 2016 et examiner une fois de plus ce que sont les taux d’intérêt négatifs et ce qu’ils font. (Suite)

Autopsie de la révolution de couleur    21/08/2019

Au cours des dernières semaines, deux tentatives de révolution de couleur se sont déroulées en parallèle, l’une à Moscou et l’autre à Hong Kong. Alors qu’un observateur occasionnel pourrait penser que le lien entre les deux est, au mieux, ténu, un examen plus attentif révèle que la méthodologie est exactement la même que celle qui avait été utilisée avec succès lors des divers exercices de changement de régime par le passé – plus d’une fois dans le cas de l’Ukraine – mais récemment beaucoup ont fait long feux. En particulier, une de ces révolutions avait déjà échoué de manière assez décisive en Russie. Comme je l’ai écrit dans mon livre Shrinking the Technosphere,  « La Révolution du ruban blanc au square Bolótnaya [“Marais”]à Moscou le 6 mai 2012, juste avant la réélection de Poutine comme président, n’a mené nulle part ; dans ce cas, les changeurs de régime ont été contre-productif, l’objet était plus gros que ce que les gens pouvaient avaler, et leurs agents locaux dans l’“opposition”  sont maintenant parmi les personnes les plus méprisées de toute la Russie ». Et elle avait déjà échoué de manière assez décisive à Hong Kong lors de la “Révolution des parapluies” de 2014 ; après 75 jours de protestation, elle a fléchi et l’ordre public a été restauré. J’étais prêt à déclarer le “Syndicat de la Révolution Colorée”  presque mort en 2016, quand ce livre est sorti ; je suis maintenant prêt à confirmer qu’il est aussi mort qu’un clou de porte. Alors, pourquoi ses membres frémissent-ils encore ? Peut-être ne sait-il pas qu’il est mort ? Il semble que les organisations mortes, en particulier celles qui sont bien financées, sont a peine différentes des mille-pattes ou des poulets sans tête partiellement écrasés, par exemple : elles peuvent volontairement exclure toute reconnaissance de leur disparition prématurée et persister dans un état zombie. C’est ainsi que la CIA, le Département d’État américain, l’USAID, diverses ONG occidentales [dont la NED]  et les médias occidentaux s’appuient tous sur des mouvements hautement coordonnés qui tentent de fomenter la révolte, de saper l’autorité légitime et d’installer un gouvernement fantoche, suivant le guide officiel de la Révolution Colorée, qui a été élaboré avec minutie dans tous ses détails. Dommage, leur méthodologie ne fonctionne plus ! (Suite)

La révolution technologique dévore ses enfants    14/08/2019

Cela fait presque trois ans que j’ai publié mon livre  Shrinking the Technosphere, et un critique avisé pourrait faire remarquer que cela n’a pas fonctionné comme prévu parce que la technosphère ne s’est pas rétrécie. C’est vrai qu’il s’agissait d’un guide pratique un peu ironique, mais on ne sait pas combien de personnes ont pris la peine de le lire et de mettre en pratique ce que je prêche. Il est possible d’être un peu équivoque sur le fait que la technosphère ne rétrécit pas : par exemple, les commandes de camions lourds aux États-Unis sont  en baisse de 81%  par rapport à l’année dernière. Ces camions de classe 8 transportent la grande majorité des marchandises aux États-Unis et cet effondrement signale un ralentissement majeur de l’économie dans son ensemble. La technosphère n’est peut-être pas tout à fait florissante, mais elle ne semble pas non plus particulièrement rétrécir. Ce ne sont pas les techno-optimistes qui manquent pour parler des nouvelles technologies comme les nanotechnologies, la biotechnologie, la technologie moléculaire, cellulaire et nucléaire, la technologie des cellules souches, la culture des tissus et des organes, la nanobiotechnologie, la biomimétique, la nanobionique, la nanotronique, sans parler des éternelles techno-utopies autour de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, des voitures électriques sans conducteur et de l’internet des objets. “Une nouvelle révolution technologique est à portée de main !”,s’exclament-ils. D’accord, je dis, mais quelle est la nouvelle ressource surabondante pour cette nouvelle révolution technologique ? (Suite)

Les illusions des médias de masse    07/08/2019

Pour tous ceux qui vivent en Occident (les États-Unis, l’UE et ses différents partenaires comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande) et qui veulent savoir ce qui se passe réellement dans le monde, un obstacle majeur est le filtre puissant imposé à la réalité par les médias occidentaux. Ils utilisent deux méthodes pour empêcher la réalité de s’infiltrer dans le public, l’une passive, l'autre active. La méthode passive utilise l’omission et l’obscurcissement : certains événements et faits ne sont tout simplement pas rapportés. Certains sont délibérément supprimés, d’autres soigneusement sous-estimés, d’autres encore sont présentés dans un contexte destiné à masquer leur signification. Par exemple, toute personne suffisamment attentive aurait pu facilement établir que Robert Mueller est sénile et qu’il n’a jamais été capable de mener une enquête ou de rédiger un rapport, quelle qu’en soit la forme. Et pourtant, ce fait saillant n’a pas été rapporté du tout ; c’est une suppression volontaire. (Suite)

Simulacre d’une mission impossible    03/08/2019

Certaines personnes, incapables de contester toutes les preuves que les missions Apollo sur la Lune étaient toutes truquées, se rabattent sur l’argument qu’il aurait été trop difficile de les truquer et de garder ce secret. Il est possible de les contrer simplement en leur lançant dans les pattes un petit exercice de logique : qu’est-ce qui est le plus difficile à faire, alunir six fois avec zéro perte, ou simuler le tout en gardant le silence ? Ce dernier choix n’est qu’un exercice de relations publiques, et les relations publiques ne sont pas de la science spatiale. Une autre approche consiste à être précis. Il n’est pas particulièrement difficile de trouver de l’information sur la façon exacte dont le tout a été truqué, si vous savez où chercher. Les étapes pour simuler l’atterrissage sur la lune étaient les suivantes : (Suite)

L’“hautement improbable“ complot    01/08/2019

Il y a un an et demi, le Premier ministre britannique Theresa May a stupéfié le monde en introduisant dans les relations internationales une nouvelle norme de preuve, plutôt décontractée – le “hautement probable” – en ce qui concerne le cas très étrange de l’empoisonnement de Sergei Skripal. Cela fait partie d’une technique qui s’applique comme suit. Produire une accusation non fondée contre une partie qui est “hautement probable” d’avoir commis un certain crime. Exiger que l’accusé avoue le crime, divulgue toutes les informations pertinentes et accepte de payer une réparation. Si cette demande n’est pas satisfaite, imposer une sanction. Il est “hautement probable”, selon le gouvernement britannique, qu’un couple de touristes russes secrètement employés par une agence gouvernementale russe inexistante appelée “GRU” ait vaporisé un gaz toxique sur la poignée de la porte de la maison occupée par Sergei Skripal, un ancien officier russe qui avait été pris en train d’espionner, qui a fait de la prison en Russie et a été libéré lors d’un échange de prisonniers. Cet acte odieux consistant à étaler un gaz toxique sur la poignée de la porte s’est produit après que Skripal eut quitté sa maison, pour ne jamais y revenir. La poignée de porte était tellement contaminée par le produit toxique qu’il a fallu remplacer tout le toit de l’édifice. Le nom du gaz toxique en question, appelé “Novichok”, a été emprunté à une série télévisée britannique. “Novichok” (le mot russe pour “apprenti”) a été soi-disant conçu par les Russes – les Soviétiques, en fait – qui l’avaient fabriqué à l’époque dans une usine à l’extérieur de la Russie, qui a ensuite été détruite par les États-Unis. La Russie – contrairement à l’URSS – n’a jamais eu de programme d’armes chimiques, du moins selon les inspecteurs internationaux, mais les Britanniques en ont toujours un, et ils ont conservé des échantillons de “Novichok” dans une installation située juste à côté du lieu de ces événements. Ils ont utilisé leurs échantillons pour identifier le gaz qui était vaporisé sur la poignée de porte, déclarant qu’il était très pur. (Suite)

Profiteurs de guerre et disparition du CMI    24/07/2019

Au sein de la vaste étendue bureaucratique du Pentagone, il existe un groupe chargé de surveiller l’état général du complexe militaro-industriel (CMI) et sa capacité continue à répondre aux exigences de la stratégie de défense nationale. Le Bureau de l’acquisition et de la maintenance et le Bureau de la politique industrielle dépensent quelque $100 000 par année pour produire un rapport annuel au Congrès. Il est  accessible au grand public. Il est même accessible au grand public en Russie, et les experts russes se sont vraiment bien amusés à l’examiner en détails. En fait, cela les a remplis d’optimisme. Voyez-vous, la Russie veut la paix, mais les États-Unis semblent vouloir la guerre et continuent à faire des gestes menaçants contre une longue liste de pays qui refusent de faire ce que les USA demandent ou qui ne partagent tout simplement pas leurs “valeurs universelles”. Mais il s’avère maintenant que les menaces (et les sanctions économiques de plus en plus impuissantes) sont à peu près tout ce que les États-Unis sont encore capables de faire, et ce malgré des niveaux de dépenses de défense absolument astronomiques. Voyons à quoi ressemble le complexe militaro-industriel américain à travers une lentille russe. (Suite)

La Route de la Soie et les poux    12/07/2019

La Route de la Soie originelle était une route commerciale qui reliait l’Empire romain à la Chine, d’où venait la soie. On l’appelait ainsi parce que la soie était au cœur du commerce. La soie arrivait en Europe, l’or et les produits de luxe en partait. La soie était importante parce que les vêtements de soie portés contre la peau empêchaient les poux sur le corps, et les riches citoyens romains étaient prêts à payer avec de l’or pour cette soie, parce que l’alternative était de regarder leurs femmes et concubines se gratter. En plus de porter de la soie, les Romains construisaient des bains, ainsi que des aqueducs pour les approvisionner. La procédure romaine d’épouillage consistait à se faire épiler tous les poils de son corps (ouch !), à se huiler, à transpirer en faisant semblant de se reposer, puis à se gratter la peau avec un outil en forme de faucille appelé  strigile. Ensuite, ils trempaient dans un bain chaud, enfilaient des sous-vêtements de soie et restaient exempts de démangeaisons jusqu’au lendemain du bain. Les Romains dépensaient tellement d’or pour la soie chinoise qu’il ne leur resta plus assez d’or pour payer leurs légionnaires, ce qui provoqua de nombreuses révoltes et révolutions, et finalement ils durent diluer leur monnaie, qui, à la fin de l’Empire, contenait surtout du cuivre. L’or a fini en Chine, où il a causé une corruption sans fin, parce que les fonctionnaires impériaux, qui recevait l’or en échange de la soie, qu’ils obtenaient de la paysannerie qui élevaient eux le ver à soie, l’utilisaient pour s’enrichir plutôt que pour augmenter le trésor impérial. Après avoir développé l’exécution de fonctionnaires corrompus, on a découvert qu’ils enterraient toujours leur trésor par anticipation, afin que leurs familles puissent le récupérer après leur exécution. Le plan B a donc été d’exécuter tous les membres des familles de ces fonctionnaires. Cette situation a entraîné à son tour une grave pénurie de fonctionnaires impériaux. Ainsi, le commerce de la soie provoqua l’effondrement de deux empires – le Romain et le Chinois – le premier par manque d’or, le second par excès, et tout cela à cause d’un certain parasite de la peau. (Suite)

La mort de l’idée libérale    10/07/2019

Le sommet du G20 qui s’est tenu la semaine dernière à Osaka a été un événement marquant : il a montré à quel point le monde avait changé. Les pièces maîtresses de la nouvelle configuration sont la Chine, la Russie et l’Inde, l’UE et le Japon étant des partenaires enthousiastes et l’intégration eurasienne étant la priorité absolue. L’ordre du jour était clairement établi par Xi Jinping et Poutine. May, Macron et Merkel – les dirigeants européens ne méritant pas vraiment ce titre – étaient clairement relégués en périphérie ; deux d’entre eux sont en train de s’en aller tandis que celui qui garde sa place (pour l’instant) ressemble de plus en plus à un  toyboy. Les Européens ont perdu leur temps à marchander sur la question de savoir qui devrait diriger la Commission européenne, pour ensuite faire face à une rébellion ouverte sur leur choix dès leur retour au pays. Et puis il y a eu Trump, qui se lâche maintenant que la farce de Robert Mueller est arrivée à son inévitable conclusion. Il courait dans tous les sens pour savoir lequel des “partenaires” de l’Amérique peut encore être jeté sous le bus avant que le toit ne s’écroule sur la Pax Americana. C’est un vœux pieux parce qu’il n’a plus de munitions. Il a déjà menacé deux fois, une fois la Corée du Nord, une fois l’Iran, mais, étant donné les catastrophes en Afghanistan, en Irak, en Syrie et en Libye, sa raison l’a poussé à garder son jouet militaire bien à l’abri. (Suite)

Vous êtes en train d’être trollés    07/07/2019

Le monde est de nouveau au bord de la guerre, encore une fois. Et, oui, encore une fois. Et puis il n’est plus au bord de la guerre…. mais attendez, il y a plus ! Bien sûr qu’il y a plus, il y a toujours “plus”. Les groupes aéronavals américains se dirigent vers la Corée du Nord … ou bien non, pas vers la Corée du Nord. Ils se promènent sans but, loin de la Corée du Nord, mais d’une manière très menaçante. Puis Trump et Kim Jong Un se rencontrent, s’entendent bien, signent un bout de papier qui ne veut rien dire et se séparent en amis. Aujourd’hui, les porte-avions sont beaucoup moins menaçants. Puis Trump et Kim se rencontrent à nouveau, pour signer un autre bout de papier insignifiant, mais John Bolton la ramène et le marché est rompu. Mais Trump et Kim continuent d’échanger des lettres d’amour, donc leur  bromance  n’est pas morte. Quoi qu’il en soit, la guerre entre les États-Unis et la Corée du Nord n’est pas seulement impossible à gagner, mais aussi à imaginer. La capitale de la Corée du Sud est à portée de tir de l’artillerie nord-coréenne et toutes les bases militaires américaines de la région sont à portée des roquettes nord-coréennes. La guerre avec la Corée du Nord est définitivement impensable. Donc en résumé : rien ne se passe. Alors, c’était quoi tout ça ? Maintenant, parlons du Venezuela. Son chef démocratiquement élu est déclaré usurpateur et un remplaçant approprié est trouvé sous le nom de “Guido-hasard”. Les États vassaux américains du monde entier sont contraints de lui accorder une reconnaissance diplomatique en tant que président du Venezuela, même si ce n’est qu’un type pris au hasard dans un appartement à Caracas. Des camions sont incendiés sur un pont entre la Colombie et le Venezuela. Ils transportaient des marchandises humanitaires telles que des bobines de fil de fer. On parle d’intervention militaire, mais ce ne sont que des paroles. La Banque d’Angleterre confisque l’or vénézuélien, les États-Unis gèlent les comptes bancaires de la compagnie pétrolière vénézuélienne aux États-Unis et les remettent à une bande de Vénézuéliens louches qui le volent. Cette partie a du sens ; le reste ? Euh... Quoi qu’il en soit, une incursion militaire américaine au Venezuela n’est pas envisageable : Le Venezuela possède des systèmes de défense aérienne russes qui en font une zone d’exclusion aérienne pour l’armée de l’air américaine ; en outre, la lutte contre une guérilla dans la  Selva  vénézuélienne n’est pas quelque chose dont l’armée américaine est capable. Résumé : il ne se passe rien, encore une fois. (Suite)

Du multiculturalisme au culte du diable    04/07/2019

La semaine dernière, un articleque j’ai écrit il y a un an, « Les barbares envahissent le cimetière européen », a connu un regain d’intérêt. J’y décrivais comment la dégradation constante des pays occidentaux est accélérée par l’arrivée de migrants issus de groupes ethniques incompatibles. Ce qui a provoqué ce regain d’intérêt, c’est un articlede Paul Craig Roberts dans lequel il a décrit mon essai comme « la nécrologie de l’Europe et de l’Amérique ». Je maintiens tout ce que j’ai écrit – peu importe le nombre de personnes qui ont du mal à l’avaler – mais au cours de l’année écoulée, j’ai fait des recherches qui m’ont aidé à comprendre pourquoi exactement le projet occidental a déraillé, et il s’avère que j’ai beaucoup plus à dire sur ce sujet. Il y a une tendance médiatique à dénigrer ce qu’on appelle le “déterminisme biologique”. Des facteurs tels que notre sexe biologique (et non notre genre, me direz-vous), notre reproduction (le résultat des pressions environnementales auxquelles notre ascendance a été soumise) et nos réactions et pulsions organiques instinctives (dont notre esprit conscient essaie de rendre compte en créant des histoires fictives et en concoctant des justifications après coup) sont dénigrés. La nature humaine est traitée comme infiniment malléable et façonnable sous n’importe quelle forme imaginable grâce à l’endoctrinement et à l’éducation. L’instinct maternel de prendre soin des jeunes en toutes circonstances (ou pour toute espèce) et l’instinct paternel de s’opposer aux menaces extérieures et de repousser les agressions extérieures, même au prix de sa propre vie, sont considérés comme résultant du conditionnement social et de rôles sexués fixes et restrictifs, qui sont considérés obsolètes et nuisibles, et non de l’instinct. Lorsque cela se manifeste chez d’autres espèces de mammifères, c’est bien sûr de l’instinct, mais nous ne sommes pas des animaux (c’est du moins ce que nous nous disons). Selon certaines personnes, les seuls comportements instinctifs qui nous sont accordés sont la respiration, la tétée et, bien sûr, la masturbation. Selon eux, c’est le seul comportement où notre nature instinctive doit régner librement. Et c’est, bien sûr, grotesque. (Suite)

Les gros yeux de l’été    26/09/2019

Il n’y a pas grand-chose à signaler que je n’ai pas déjà signalé. Ce qui se passe est plus ou moins une redite, mais les attitudes semblent avoir changé. Il y a un nouveau développement qu’on désignera “faire les Vrais Gros Yeux” et, à ce rythme, cela pourrait bientôt devenir un sport olympique. Les États-Unis sont en pilote automatique, en mode de croisière vers l’effondrement, submergés par la dette et politiquement dysfonctionnels, mais toujours en train d’essayer d’intimider le monde. En réponse, le monde s’est mis à faire les gros yeux de manière coordonnée à l’échelle mondiale : les Américains (et/ou leurs mandataires) endommagent certains pétroliers dans le golfe Persique et accusent l’Iran d’avoir fait le coup. Comme cela n’a pas eu l’effet escompté, les Américains (et/ou leurs mandataires) … ont décidé qu’il fallait endommager d’autres pétroliers dans le golfe Persique et blâmer l’Iran – c’est le moment de refaire les gros yeux. Pendant ce temps, il y a beaucoup de navires de la marine américaine qui naviguent dans le golfe Persique, et c’est un signe certain que les hostilités ouvertes avec l’Iran seront évitées parce que ces navires sont très chers, qu’il n’y a pas d’argent pour les remplacer. Étant donné les capacités très avancées en missiles et torpilles diverses de l’Iran, ils sont des cibles faciles. (Suite)

Les plus gros problèmes résolus dans le monde    17/06/2019

Il y a cinq ans, lorsque Angela Merkel – à l’époque leader respecté de la plus grande économie de l’Union européenne – a été interviewée au sujet des plus grands problèmes auxquels le monde était confronté, elle a estimé qu’il s’agissait des trois suivants : • Annexion de la Crimée par la Russie • Épidémie d’Ebola • ISIS en Syrie Je suis heureux de vous annoncer qu’au cours de la période qui s’est écoulée, les trois problèmes les plus importants auxquels Mme Merkel était confrontée dans le monde ont été résolus et qu’elle peut maintenant prendre sa retraite en paix. Ironiquement, aucun d’entre eux n’a été résolu par elle, son gouvernement, sa nation, l’UE ou l’Occident dans son ensemble. (Suite)

Sémantique des partis    11/06/2019

Après avoir passé un bon moment à m’émerveiller des résultats des récentes élections du Parlement européen, je suis parvenu à une conclusion quant à l’orientation de tout cela. Dans le passé, le mot anglais “party”avait deux significations distinctes : • Un rassemblement social d’invités, généralement autour d’un repas, d’une boisson et d’un divertissement ; • Un groupe politique officiellement constitué, opérant généralement sur une base nationale, qui se présente aux élections et tente de former un gouvernement ou d’y prendre part. Par le passé, les partis politiques étaient fondés sur une idéologie qui leur permettait de formuler des programmes et des plans d’action. Toutes ces choses étaient discutées au cours de débats au sein des partis et de polémiques entre partis dans la presse. Il s’agissait d’institutions durables, souvent à la limite de l’austère, qui ont persisté pendant des décennies. Les fêtes sociales, d’autre part, étaient des occasions joyeuses où les gens se réunissaient pour essayer de s’impressionner mutuellement par leur esprit, leur style, leur sens de la mode et leurs connaissances, où les discussions politiques animées étaient fortement découragées, et qui ne duraient que très rarement plus de deux semaines et se terminaient souvent le soir même lorsque les invités se séparaient en deux ou trois groupes avant de prendre congé. (Suite)

Limites du pouvoir destructeur américain    06/06/2019

La politique étrangère américaine a toujours eu pour but de détruire tout ce qui n’était pas jugé suffisamment américain et de le remplacer par quelque chose de plus acceptable, surtout si cela permettait aux richesses d’affluer aux États-Unis depuis sa périphérie. Des compromis étaient réservés à l’URSS, mais même là, les Américains essayaient constamment de tricher. Pour tous les autres, il n’y avait que la soumission, habituellement déguisée avec tact, sous des abords positifs, une place à la grande table qui offrait de meilleures chances pour la paix, la prospérité et le développement économique et social. Bien sûr, il était assez simple de percer ce voile de politesse hypocrite et de souligner que les États-Unis, vivant bien au-dessus de leurs moyens, n’ont réussi à survivre qu’en pillant le reste du monde, mais quiconque osait le faire, était ostracisé, sanctionné, changé de régime, envahi et détruit – quoiqu’il en coûte. L’establishment américain s’est fâché contre quiconque a osé s’y opposer idéologiquement, mais il a réservé ses formes les plus extrêmes de malice à ceux qui ont osé commettre le péché capital de tenter de vendre du pétrole contre autre chose que des dollars américains. L’Irak a été détruit pour cette même raison, puis la Libye. Avec la Syrie, le géant s’est enlisé et embourbé ; avec l’Iran, il est peu probable qu’il puisse même jamais commencer. (Suite)

Ethnogenèse : géographie et données    04/06/2019

Avant d’aborder les implications contemporaines très importantes de la théorie de l’ethnogenèse  de  Gumilëv, j’aimerais présenter, sous forme condensée et sommaire, les données sur lesquelles repose cette théorie. Selon cette théorie, le phénomène biogénétique qui sous-tend toute l’histoire humaine est déclenché deux ou trois fois par millénaire, apparemment de façon aléatoire, et toujours le long d’une bande de quelques centaines de kilomètres de large qui ne couvre qu’un côté de la planète et suit le grand cercle (qui est le plus court chemin entre deux points sur une sphère). Ces bandes sont orientées différemment et se trouvent à l’extérieur du plan du système solaire, ce qui suggère que les rafales de rayonnement mutagène proviennent de l’extérieur du système solaire. Après le bombardement par ce rayonnement d’une population humaine qui se trouve dans la bande étroite, il s’ensuit une période d’incubation de plus d’un siècle au cours de laquelle le gène mutant se répand dans la population ; c’est alors seulement que le spectacle commence. Tout cela rend le sujet très difficile. Un vulcanologue pourrait être satisfait de la fréquence de deux ou trois événements majeurs par millénaire, mais ne serait pas aussi satisfait de l’absence totale de preuves géologiques ; tout ce qui reste, c’est de l’histoire et de l’archéologie. Un biologiste de l’évolution dirait que quelques milliers d’années, c’est trop peu de temps pour travailler (toute  l’histoire de l’humanité  tient à peine sur 40 siècles). Et comment un généticien chercherait-il des marqueurs dans le chromosome Y d’hommes morts depuis de nombreux siècles qui sont en corrélation avec le trait de « volonté de mourir pour une cause abstraite » ? Mais ce n’est pas parce qu’une théorie ne peut être attestée sur la base de preuves physiques qu’elle est automatiquement invalidée. Il y a une autre méthode, celle de la prépondérance des  preuves circonstancielles, et c’est là que Gumilëv brille vraiment. Il a rassemblé 40 siècles de données historiques et archéologiques en une seule carte qui montre qui a été bombardé par les rayons spatiaux, où et quand, et a discuté des résultats de chacun de ces événements en détail. (Suite)

Échec et mat pour l’hégémon    30/05/2019

Selon les analyses de beaucoup de commentateurs intelligents et bien informés, une guerre entre les États-Unis et l’Iran pourrait éclater à tout moment. Leur preuve en faveur de ce point de vue consiste en quelques porte-avions américains qui sont censés être en route vers le golfe Persique, que l’Iran a menacé de bloquer en cas d’attaque. Pour ce faire, l’Iran n’aurait pas à faire quoi que ce soit de militaire ; il suffirait que ce pays menace d’attaquer certains pétroliers pour que leur couverture d’assurance soit annulée, les empêchant de charger leur cargaison ou de prendre la mer. Cela bloquerait les livraisons de près des deux tiers de tout le pétrole brut transporté par mer et causerait des dommages économiques vraiment stupéfiants, – si stupéfiants que les économies pétrolières des pays importateurs de pétrole (et même de certains des pays exportateurs de pétrole) pourraient ne jamais s’en remettre. Examinons d’abord ces quelques éléments de preuve. À mon avis, le fait de voir des porte-avions américains près d’un adversaire potentiel bien armé comme l’Iran, la Chine ou la Russie est une indication très claire qu’il n’y aura aucune escalade militaire. Le calcul ici est simple. Pour être efficace, un porte-avions américain doit se trouver à moins de 500 km des cibles que ses avions vont bombarder. C’est la portée aller-retour typique d’un avion sans ravitaillement en vol. Mais si ledit porte-avions s’approche à moins de 1000 km dudit adversaire potentiel, il peut être coulé à l’aide de toute une série d’armes modernes contre lesquelles il n’a aucune défense. Évidemment, dans de telles circonstances, le commandement du porte-avion évitera de faire quoi que ce soit de provocateur tout en faisant tout son possible pour afficher son absence totale d’intention hostile. (Suite)