Une rubrique qui s'attache aux faits et aux commentaires les plus en relation avec l'actualité immédiate. Les faits sont mentionnés rapidement, éventuellement avec les liens nécessaires, le tout assorti éventuellement d'un commentaire de présentation ou/et d'appréciation.

Une élection entre survie et cocktail-Molotov    03/10/2016

• Malgré les tentatives constantes du Système de banaliser et de phagocyter l’élection présidentielle USA-2016 en un affrontement “idéologisé” classique (Gentille contre Très-Méchant, démocratie contre fascisme, tolérance contre racisme, etc.), des appréciations toujours plus intéressantes surgissent pour donner quelques arguments supplémentaires à notre conception qu’il s’agit d’un événement Système-versus-antiSystème fondamental. • Les deux commentateurs auxquels nous faisons appel, – de notoriétés contrastées, mais que nous importe la notoriété, – nous donnent du matériel intéressant pour explorer et enrichir cette voie de réflexion. • Selon leurs deux approches différentes, dans cette élection USA-2016, les candidats n’ont guère d’importance comparés au poids énorme d’une dynamique collective et antiSystème en train de se manifester. • Pour Michael Moore, l’un des deux commentateurs, Trump est complètement manipulé par ses électeurs et ses partisans, et il est en vérité “un cocktail-Molotov humain” que ses électeurs rêvent de lancer à la figure du Système (« Ils adorent l’idée de faire exploser le système »). • Il est sas aucun doute impossible, bien entendu, de dire où tout cela conduira, notamment le 8 novembre prochain et le lendemain, mais dans une époque aussi riche et puissante de bouleversements fondamentaux, à chaque jour suffisent nos questions-du-jour.

Moby Dick ? Mutinerie à bord !    26/09/2016

• Il y a une mutinerie au Pentagone, qui discute, sinon refuse ouvertement les ordres de son Commandant-en-Chef, le président Obama. • C’est une situation singulière : cette mutinerie se fait au grand jour, éventuellement par voix de porte-parole (celui du Pentagone), sans aucun doute lors de réunions plus discrètes, et personne ne semblerait pourtant y trouver à redire. • La crise qui motive cette mutinerie qui est elle-même une crise, c’est la situation en Syrie, et la perspective ouverte par le cessez-le-feu, le temps du cessez-le-feu, d’une coopération entre militaires russes et militaires US. • Le Pentagone ne mange pas de ce pain-là, il le dit haut et fort et, s’il le faut, il commet des “erreurs” lors d’une attaque ou l’autre, qui torpille le processus qu’il refuse. • Il faut tout de même savoir qu’il s’agit d’une situation dans précédent, qui met en cause l’autorité du président et toute l’architecture de la direction du système de l’américanisme. • Dans toute l’histoire des USA constitués en superpuissance, il n'y a jamais eu une situation pareille, et cela est d’autant plus remarquable qu’aucune personnalité n’émerge du côté des mutins, tant la direction (militaire et civile) du Pentagone est terne et médiocre comme elle a rarement, sinon jamais été auparavant. • En d’autres mots, il s’agit de l’action du Système lui-même, qui se déroule sous nos yeux, et ainsi la mutinerie sans exemple ni précédent du Pentagone entre-t-elle dans le cadre bouleversé de la situation de crise du Système.

Washington, nihilisme-turbo    23/09/2016

• Il apparaît de plus en plus que la “politique” US en Syrie s’est transformée en une dynamique de surpuissance incontrôlable dont les caractères sont le nihilisme, l’affirmation absurde de l’hégémonie de l’impuissance US, l’irresponsabilité totale quant aux conséquences. • Le personnel-Système n’a jamais été aussi adéquat pour cette entreprise, réduit à une addition vertigineuse de zombies-Système qui ne font qu’acquiescer à cette dynamique de surpuissance toute entière inspirée par le Système. • Particulièrement, le Pentagone, qui a agi ces dernières semaines dans la plus complète illégalité et en transgressant ouvertement les tentatives politiques d’Obama-Kerry, est conduit par le couple (secrétaire à la défense/président du Joint Chief of Staff) le plus inconsistant, le plus humainement dégradé, le plus complètement inféodé au Système qu’on ait vu à cette position. • On pourrait croire qu’un engrenage vers l’affrontement avec la Russie est en marche, mais il resterait à voir si cette inexistence de caractère des zombies-Système leur permettrait l’audace et la volonté d’un tel acte. • Une inconnue très intéressante est de savoir si une connexion pourrait être établie entre la campagne présidentielle et les événements en Syrie, ce qui conduirait à l'affirmation de ce que certains jugent comme une Guerre Mondiale d'ores et déjà en cours, comme duplication de notre Grande Crise.

Plaidoirie invertie pour Hillary    11/08/2016

• Ce qui se passe aux USA, depuis plusieurs mois et pour trois mois encore pour la séquence en cours, et beaucoup plus après croyons-nous, est un événement, une crise exceptionnelle qui supplante toutes les autres. • La crise USA-2016 conduit ce que nous nommons la crise haute à un nouveau paroxysme, et l’on sait que ce paroxysme, lorsqu’il sera “le bon”, sera celui de la transmutation décisive du Système de la surpuissance en autodestruction. • Cela posé, on peut s’interroger hors de tout parti-pris, humeur, réaction politique et réflexe idéologique, sur le véritable rôle (involontaire, inconscient, puisque les événements décident et nullement les piètres desseins humains dans ce qui est une crise formidable de la pensée) des principaux acteurs de cette tragédie qui ne peut être réduite à son côté “bouffe”, “tragédie-bouffe” qui est aussi une tragédie.. • Cette réflexion s’attache à Hillary Clinton, dont on connaît les problèmes de santé et ses effets sur une psychologie déjà singulière, et dont un auteur fait l’hypothèse que, peut-être, le Deep State US, en principe relais du Système, est divisé à son égard alors qu’on croit qu’elle en est la représentante. • L’hypothèse est intéressante d’autant qu’elle n’est pas absurde, et elle brouille le rangement des uns et des autres par rapport au Système. • La conclusion pose la question : une Hillary évidemment maximaliste élue, et travaillant effectivement pour le Système, ne serait-elle pas la clef de la transmutation décisive de la surpuissance du Système en autodestruction, conduisant la crise haute à sa mission ultime de la rupture fondamentale ?

Veillée d’armes...    08/08/2016

• Les Turcs disent que c’est “une rencontre historique”, et les Russes ne les démentent pas. • Il s’agit de la rencontre, demain, entre Erdogan et Poutine, à Saint-Petersbourg. • C’est la première rencontre du plus haut niveau et le premier voyage hors de Turquie du président turc depuis le putsch avorté : non seulement signe de l’importance de la rencontre, mais signe du resserrement spectaculaire des liens entre les deux pays, et signe de la reconnaissance d’Erdogan pour l’aide que les Russes lui ont apporté pour mettre en échec ce putsch du 15 juillet. • Il n’y a plus guère de doute que ce putsch a été au moins inspiré, sinon dirigé et coordonné par les USA, notamment de la base D’Incirlink, en Turquie, pays de l’OTAN, base où ils (les USA) règnent en maîtres. • Tout cela mesure l’ambiguïté extrême de la situation et la position encore incertaine de la Turquie, mais aussi les possibilités de rupture radicale, menaçant toute l’architecture de puissance des USA/bloc-BAO si Erdogan se tourne complètement vers Poutine. • Mais cette rencontre, surtout, se fait à l’ombre des élections USA-2016, qui apparaissent de plus en plus comme un point crucial pour la puissance US aux abois, à un moment où, évidement si Clinton est élu (mais même un Trump nouveau-venu pourrait être berné à cet égard), l’establishment US veut aller jusqu’au bout pour rétablir sa puissance en train de s’effondrer. • Poutine et Erdogan, mis par les événements dans le même camp des ennemis de Washington, doivent avoir cette situation comme principal (mais discret sinon secret) sujet de conversation.

Le chaos et son principe d’incertitude structurée    18/07/2016

• Le rythme des crises marquées par des violences dont le système de la communication se fait le relais empressé et implacable se poursuit à une cadence accélérée, et selon une courbe d’une accélération qui semble ne jamais devoir s’apaiser. • Ainsi, en quatre-cinq jours, voit-on se succéder le massacre de Nice, le putsch avorté en Turquie, l’attaque contre les policiers de Bâton Rouge et l’ouverture de la Convention républicaine de Cleveland, tout cela dans un formidable tintamarre de la communication tant conformiste que critique, sans qu’aucune parmi les nombreuses autres crises du tourbillon crisique ne s’apaise. • Parallèlement, on peut aisément identifier des circonstances, des événements, des modes, des tendances, qui montrent les “citoyens”, les sapiens-avatars comme nous pourrions les nommer pour l’occasion et pour nous changer du terme zombie-Système qui irait aussi bien, réduits à un comportement d’auto-néantisation qu’un auteur qualifie d’“Empire du Vide”. • Les deux circonstances semblent vivre comme dans deux univers parallèles qui, par définition, ne se rencontrent jamais. • Pourtant, elles font partie toutes les deux du même chaos qui domine et régit notre univers et par conséquent elles sont nécessairement en état de confrontation potentielle ou en situation d’accumulation explosive. • Ce point-là, précisément, est le nœud gordien de la Grande Crise de notre époque.

Flynn en mode-turbo    14/07/2016

• Depuis quelques mois, il apparaît que le général Flynn, célèbre depuis son interview à Aljazeera de fin juillet 2015, est le “général favori” de Donald Trump. • Une interview de Flynn à DailyCaller.com, la plus révélatrice à ce jour tant de Flynn que de ses relations avec Trump, nous permet, à partir de notre point de vue et de notre méthodologie, de donner des éléments personnels sur ces acteurs et des éléments politiques permettant de développer des considérations psychologique et politiques très précises sur un aspect essentiel de la situation politique US actuelle, plongée dans une phase crisique paroxystique et par conséquent facteur plus que jamais essentiel de la crise du Système. • Les indications concernent moins ce que serait précisément une position éventuelle de Flynn dans une éventuelle administration Trump, que ce que pourrait être le caractère fondamental d’une administration Trump. • Nous n’avons jamais disposé d’éléments aussi précis permettant de substantiver l’hypothèse qu’une telle administration serait vraiment révolutionnaire selon le langage courant, et véritablement antiSystème selon notre rangement dialectique. • Cela n’implique en rien une prospective quelconque de la situation US, essentiellement dans le cas d’une victoire de Trump même si cette victoire semble devenir aujourd’hui devenir une option assez probable : il y a en effet bien trop d’autres facteurs de désordre pour orienter décisivement la spéculation dans ce sens. • Par contre, cela permet de mieux fixer ce qu’est la dynamique-Trump, et bien entendu la mesure réelle de son caractère antiSystème.

Notes sur le tsunami-USS Titanic    10/07/2016

• Plus que jamais, toute notre attention doit se porter vers la situation intérieure des USA, où la fusillade de Dallas (suivie par d’autres incidents du même type, moins graves) est venue non pas supplanter mais aggraver la situation extrêmement tendue des présidentielles. • Le phénomène que nous identifions à cette occasion est fondamental, parce qu’il concerne les USA qui sont la matrice et le principal exécutant du Système : la crise US passe majoritairement du domaine extérieur au domaine intérieur. • C’est-à-dire que nous atteignons rien de moins que le cœur en fusion de la crise d’effondrement du Système. • Dallas & le reste ont multiplié le poids tragique et rupturiel de Clinton-Trump : l’espèce de “guerre ethnique” que manifestent les fusillades se greffe directement sur l’affrontement électoral pour en mieux éclairer la polarisation et en faire un enjeu civilisationnel, ce que ne voulait ni n’attendait aucun des partis ni aucun des candidats, pour une fois unis dans leur jugement. • Là-dessus, l’imbroglio cauchemardesque Clinton-emailgate, qu’on devait élargir à l’étiquetage “Clinton-emailgate-FBI”, apporte la dimension bienvenue qui empêche le manichéisme trompeur d’étouffer le reste, celle de l’absolue corruption que suscite le Système parfaitement incarnée en la personne de Hillary Clinton. • Il importe donc de garder ceci à l’esprit pour définir cette situation essentielle : la cohésion et l’unité des USA sont la digue ultime protégeant le Système du tsunami de son autodestruction, – et la digue craque...

De The Donald à l’“Internationale-antiSystème”    01/07/2016

• Evènement rarissime sinon inédit pour un président français : Hollande condamne durement Donald Trump et invite les citoyens américains à voter pour Hillary Clinton. • Il (les citoyens américains) seront certainement très sensibles à cette injonction d'une évidente sagesse. • Obama lui-même dénonce devant le Parlement canadien Trump (et le Brexit). • L’excellente société d’enquête statistique US Rasmussen place pour la première fois, pour son compte, Trump en tête devant Clinton (44% contre 39%). • Ces divers évènements font prendre conscience d’un phénomène en train de prendre forme, qui est une sorte d’institutionnalisation de Donald Trump en candidat antiSystème, par ses adversaires eux-mêmes, et au-delà des frontières. • Même si la chose se dit depuis longtemps (le caractère antiSystème), cette institutionnalisation est un fait important. • De même le Brexit est lui aussi perçu comme antiSystème. • Cet ensemble nous fait émettre l’hypothèse de la formation, par les seules attaques des zombies-Système, d’un phénomène qu’on pourrait baptiser de l'expression “Internationale-antiSystème”.

L’effet Brexit, d’abord pour les USA ?    25/06/2016

• Un facteur important du Brexit, affaire européenne s’il en est, est justement qu’il n’est pas seulement une affaire européenne. • L’effet du Brexit aux USA est considérable, et il a été très fortement amplifié par la présence de Donald Trump en Ecosse, au lendemain du vote. • Certains, dont notamment Newt Gingrich, estiment que le Brexit renforce notablement Trump et donne à sa campagne une dimension internationale. • C’est en effet notre appréciation : le Brexit est d’abord un évènement antiSystème et la présence de Trump, les connexions qu’il a affirmées et le soutien qu’il a apporté au Brexit rejaillissent sur sa campagne pour lui donner une dimension internationale, dans la logique de l’insurrection antiSystème. • De même, pour les Européens qui vont dans le même sens antiSystème (anti-UE pour leur compte), cet aspect de l’événement établit un lien puissant entre leur combat à celui qui est en cours aux USA et doit faire de Trump, s’il est élu, un soutien puissant pour eux. • La condition pour profiter d’une telle circonstance, c’est de déposer une fois pour toutes les idéologies aux poubelles de l’histoire, là où est leur place. • L’ensemble donne un aspect ironique et complètement inattendu des special relationships USA-UK, exactement dans le sens contraire de ce qu’on entend d’habitude par cette expression.

Su-34 versus département d’État    21/06/2016

• Un “incident” aérien a eu lieu il y a cinq jours, au-dessus de At Fan, sur la frontière jordanienne de la Syrie, et on y a vu un affrontement complexe, sans engagement mais avec attaque au sol, entre deux Su-34 russes et des F-18 de l’US Navy. • Les avions russes effectuaient une mission d’attaque contre des “rebelles” syriens soutenus par les USA, qu’ils ont réussi à mener à bien. • Le Pentagone, qui ne s’attendait à rien de semblable, a exprimé son indignation aux Russes, qui ont d’abord accueilli la chose avec placidité. • Hier, le chef d’état-major général russe, plus du tout placide, s’est exprimé pour dire que la Russie était “en train de perdre patience” devant le comportement des USA en Syrie. • L’incident a eu lieu le même jour (le 16 juin) où la presse US rendait publique la déclaration collective dite-“dissidente” de 51 fonctionnaires du département d’État demandant que les USA lancent une attaque contre Damas et le régime Assad. • Les deux faits peuvent être mis en parallèle pour nous faire comprendre l’importance explosive de l’enjeu de l’évolution de la situation dans les mois à venir, et plus précisément l’enjeu des élections présidentielles US.

Disneyland à Ramstein Air Force Base    11/06/2016

• Nous envisageons une circonstance particulière, qui est le “renforcement” de l’USAF (USAFE) en Europe en 2015, face à la “menace russe” et pour empêcher d’“autres agressions russes”. • Nous faisons une comparaison avec une situation assez similaire il y a quarante ans, précisément en 1975-1977, qui aboutit également à un renforcement de la même USAFE. •  Le résultat est extrêmement surprenant, comme si nous parlions de deux planètes différentes. • Un exemple similaire touche la situation de deux porte-avions de l’US Navy dans les jours qui viennent, en Méditerrané orientale. • Là aussi, nous faisons une comparaison avec une situation similaire, devant l’Iran, il y a dix ans : deux mondes complètement différents. • Bref, en parlant de ces exemples de 2016, nous aussi, nous avons l’impression de parler d’un monde (englobant ces deux exemples) qui est d’une planète qui n’est pas la nôtre. • Il s’agit d’une évolution de la psychologie des chefs militaires US, qui était jusqu’alors très différente de celle des dirigeants-Système, et qui tend à s’en rapprocher. • Triomphe l’indéfectibilité (et l’inculpabilité), spécificité du caractère US. • La réalité n’existant plus, la vérité-de-situation est méprisée avec mépris au profit de la narrative.

Au grand galop et à la fortune du pot    04/06/2016

• Il est de moins en moins possible de distinguer les crises les unes des autres, de même que les concepts crisiques qui se mélangent en une seule nébuleuse incandescente. • Nous sommes aussi bien dans une chaîne crisique qui s’est transformée en tourbillon crisique, et celui-ci représentant la dynamique évidente de la crise haute, qui apparaît enfin pour ce qu’elle est évidemment, ce qu’elle ne peut qu’être : la Grande Crise Générale d’effondrement du Système. • Il en résulte que toutes ces choses que nommons “les crises” sont connectées entre elles, sinon mélangées, sinon transmutées chacune en l’autre. • De la crise intérieure US, de la crise des relations avec la Russie à ce qu’on nommerait la “crise nucléaire”, de la crise syrienne à la crise des migrants qui est devenue la crise de l’UE liée à la crise des relations avec la Russie, de la crise du “printemps français” à la crise du Brexit, de la crise des souveraineté devenant “grande crise d’insurrection contre la globalisation”, — et ainsi de suite, en un tourbillon intégrateur de tout ce qui est crisique dans la civilisation. • Que dire d’autre sinon que nous sommes à un Moment de la métahistoire de ce temps, qui succède à d’autres Moments, chaque fois chacun de plus en plus grave ? • Est-ce le “bon Moment ?” Question posée...

Le Grand Retournement    30/05/2016

• Cette idée d’un “Grand Retournement”, à ne pas confondre avec le “Grand Remplacement”, s’applique à une hypothèse que nous développons sur le rôle possible de Trump dans les mois à venir puis dans l’hypothèse de sa victoire, avec une connexion et une complicité active du président russe Poutine. • Il s’agit d’une hypothèse et rien de plus, et les “possibles”, les “peut-être” abondent, et c’est avec cet esprit de complet relativisme, – l'époque l'impose, – qu’il faut lire tout cela. • D’autre part, dans une époque justement aussi singulière, aussi détachée de tout précédent, il est difficile de faire passer devant le tribunal de l’inquisition de la raison de telles aventures de l’esprit que ne démentent pas la personnalité d’un Trump, la ruse et l’habileté d’un Poutine, autant que les commentaires d’un Raimondo et d’un économiste russe tel que Mikhail Khazine. • Qui ne sent d’ailleurs la puissance des terribles remous qui la secouent, cette époque, comme si l’on arrivait à l’acte final, comme si, enfin et une fois pour toutes, il fallait absolument tenter de trancher le noeud gordien ? • Brièvement dit, l’hypothèse n’aborde rien de moins que la possibilité d’une attaque directe, frontale et que l’on espère décisive, contre les structures fondamentales du Système.

Une guerre nucléaire ? Unthinkable ! Quoique...    29/05/2016

• Déclaration notable et notablement alarmiste de Poutine, vendredi en Grèce, alors qu’il était reçu par Tsipras. • Il a averti les Roumain (et les Polonais, pour un peu plus tard) que l’ouverture d’une base US sur leur territoire faisait d’eux, d’ores et déjà, une cible privilégiée de la Russie en cas de conflit. • L’avertissement, fait assez rare, est assorti de considérations opérationnelles extrêmement précises, le président russe parlant de la possibilité de tirs de missiles Kalibr ou Iskander contre les bases impliquées, et donc contre les pays qui les abritent. • L’ouverture de ces bases fait certes partie de l’agitation provocatrice extraordinaire de l’OTAN sur les frontières russes, mais en même temps, elle renvoie à un programme vieux de presque vingt ans (le programme de missiles antimissiles BMDE). • L’avertissement de Poutine contient pourtant la description d’un risque certain d’affrontement, qui risquerait de passer très rapidement au niveau nucléaire. • Personne n’a l’air de s’apercevoir de la chose, aux USA, à l’heure d’élections présidentielles que l’on s’accorde à juger extraordinaires. • Tout est donc extraordinaire dans cette situation, à la fois la façon dont le danger d’un conflit a surgi jusqu’à dépendre d’une erreur de calcul ou d’un geste maladroit, à la fois dont on l’ignore complètement.  

Du Texit à JASTA, la dissolution-turbo    19/05/2016

 Une proposition de référendum sur la sécession du Texas dans le projet de plate-forme du parti républicain de cet État de l’Union repoussée par deux petites voix. (Nous nommerions cela, suivant la mode en vogue, un “référendum sur le Texit”.) • Un vote du Sénat de la loi JASTA qu’Obama avait condamné, qui permet à des citoyens US d’attaquer en justice un État étranger pour son soutien ou son action de terrorisme, ce qui constitue une préoccupation majeure pour l’Arabie qui pourrait se trouver confrontée à des plaintes pour son rôle dans l’attaque 9/11. (• En même temps, des révélations sur les “28-pages” gardées secrètes du rapport de gouvernement sur 9/11 pourraient donner des armes irrésistibles à ceux qui voudraient ainsi attaquer l’Arabie en justice.) • Ces affaires constituent des signes indéniables du courant d’extrême confusion révolutionnaire qui balaie aujourd’hui les USA et s’exprime de toutes les manières possibles, désormais au sein même de l’establishment. • Ce courant, qui s’aligne sur les conditions extraordinaires de ces  présidentielles-2016 et de “la-possibilité-de-Trump”, constitue, selon nos références, une très forte dynamique de dissolution de la formidable architecture du système de l’américanisme, qui a auparavant commencé à être déstructurée par ses diverses erreurs, impuissances, décadences, etc

L'USAF, ou la dévoration de soi-même    15/05/2016

• La chaîne US Fox.News a fait un reportage sur l’état des forces dans deux bases de l’USAF, suivant un reportage sur les Marines qui avait donné les mêmes orientations. • Cette fois, le reportage nous donne des précisions exceptionnelles, d’un aspect spectaculaire, complètement inédit pour une machinerie de guerre de la sorte qu’est l’USAF, qui maintint depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale la maîtrise absolue du ciel pour les USA. • L’on voit, sur une base où est stationné une unité de 20 bombardiers stratégiques B-1B, neuf avions seulement en état de vol, avec le personnel obligé de cannibaliser l ‘un ou l’autre appareil cloué au sol pour récupérer des pièces de rechange, voire même récupérer un ancien B-1A que l’USAF avait cédé à un musée, toujours dans cette chasse aux pièces e rechange. • L’USAF d’aujourd’hui n’est plus que l’ombre catastrophique de ce qu’elle fut : 134 escadrons d’avions de combat en 1991 (première Guerre du Golfe) contre 55 aujourd’hui, et en vérité 30-35 vraiment opérationnels. • Et l’on voit mal comment elle s’en relèverait, car le JSF veille... • Le symbole le plus marquant de cette déroute, c’est l’emploi par ces forces du processus de cannibaliusation.

The Donald et la “crise des traités”    03/05/2016

• L’élection présidentielle US est, dans cette année 2016 comme jamais auparavant dans l’Histoire depuis la création des USA, une affaire vitale pour le sort du monde, qui intéresse directement le sort du monde, qui interfère directement dans le sort du monde. • A la base de ce constat, il y a moins un personnage improbable devenu candidat presque inarrêtable (The Donald Trump) qu’une rencontre de circonstances de déstabilisation dont le caractère déstructurant diluvien s’est découvert très sensibles à des détonateurs de diverses formes et de divers domaines. • Il se trouve que Trump est l’un de ces détonateurs, et que le slogan qu’il a affiché dans son discours de politique extérieure de la fin avril en est un autre. • America First, expression absolument diabolisée depuis 1941-1945, implique la menace du retour au monde d’avant l’internationalisme triomphant qui, depuis 1945-1947, avait enfanté tous les aspects, les conceptions, les perceptions et les prières du bloc-BAO. • C’est dire qu’on parle, dans cette affaire, au-delà de la question de l’isolationnisme et du protectionnisme, au-delà de la question des traités type-TTIP/TAFTA, de l’équilibre, de l’orientation, voire de l’existence de notre civilisation (ou contre-civilisation). • Pour suivre la progression de cette pièce tragique qui est en train de se dérouler sous nos yeux, on suivra particulièrement, outre l’élection US bien entendu, un des indicateurs les plus spectaculaires et les plus significatifs, ce qui est en train de devenir la “crise des traités”.

Un “incident” pas si innocent...    15/04/2016

• Nous prenons l’“incident” du (des) Su-24 et de la frégate USS Donald Cook à la fois comme symbole et comme démonstration archétypique d’une situation d’une extrême tension. • Il ne fait aucun doute que l’activité aérienne russe durant ces deux jours a été extrêmement agressive. • Elle a été soutenue et applaudie par un organe représentatif de la direction chinoise, indiquant fermement par là que la Chine est au côté de la Russie et qu’elle considère effectivement l’“incident” comme une “riposte” agressive et d’une agressivité justifiée. • “Justifiée” par quoi ? Par le comportement constamment provoquant, agressif, arrogant, etc., des USA et du bloc-BAO en général, contre la Russie comme contre la Chine, dans ces affaires de sécurité nationale. • Mais c’est surtout de la Russie qu’il s’agit... • Derrière tout cela, derrière le comportement du bloc-BAO et plus précisément des Européens qui contribuent sans le moindre moyen ni le moindre but à l'aggravation de cette tension paroxystique, il y a ce qu’on ne peut considérer que comme une pathologie de la psychologie dans le chef de cet antirussisme que rien ne peut faire reculer. • L’enjeu n’est donc ni politique, ni stratégique, bien qu’il soit tout cela à la fois : l’enjeu concerne d’abord notre civilisation, avec l’Europe au centre, et sa prodigieuse capacité de dissolution interne en mode-turbo.

De Panama au Wisconsin et retour    07/04/2016

• Nous faisons un parallèle entre deux affaires, deux crises, deux processus que nous jugeons absolument autodestructeurs : l’affaire de Panama, ou Panama Papers (que nous avec rebaptisé affectueusement Panamagate) d’une part, les élections présidentielles US qui évoluent de plus en plus vers des situations chaotiques dans les deux grands partis d’autre part. • Ce rapprochement a moins à voir avec des circonstances opérationnelles, avec des orientations politiques, avec des situations structurelles, qu’avec un processus qui affecte l’entièreté du Système, et dont ces deux crises sont des illustrations remarquables et des moteurs actuellement d’une efficacité remarquable. • Que ce soit le Panamagate, que ce soit les élections, nous en entendons chaque jour les grondements révélateurs. • En même temps que nous sommes passés de l’époque du désordre et de l’hyperdésordre à l’époque du chaos notre analyse est que nous sommes passés décisivement, dans la dynamique du Système, de la dynamique de la surpuissance à la dynamique de l’autodestruction. • Nous tentons de nous expliquer de ce parallèle et d’analyser rapidement les circonstances de ces situations, en même temps que le rôle que nous, antiSystème, devons tenir.