USA2020, élection sous confinement

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USA2020, élection sous confinement

25 juin 2020 – En général, une campagne présidentielle aux USA est suivie avec intérêt sinon passion, aux USA et hors des USA. Après tout, comme auraient dit Bouvard et Pécuchet d’une seule voix (la sottise chorale est aujourd’hui une affaire qui roule), il s’agit d’élire “l’homme [la femme] [de couleur] le plus puissant du monde”. Sur ce lieu commun bien asséné, on observera aussitôt et tout de suite que, cette année, les circonstances sont un peu particulières.

Du coup, l’art du pronostic, même pour les esprits les plus indépendants et les plumes les plus douées, est devenu un exercice d’une très grande difficulté. D’une façon assez curieuse, nous avons ainsi noté que l’on trouve plus de logiques d’avertissement et de mises en garde, de la part de certains chroniqueurs intéressants pour les candidats qu’ils soutiennent, que d’argumentation pour voter pour ces candidats... L’une des explications étant d’ailleurs, fait très généralement répandu, que l’on se situe, chez les “chroniqueurs intéressants”, plutôt dans la position de type-“le moins pire”, c’est-à-dire d’être plus contre l’adversaire du candidat que l’on soutient du bout de la plume, qu’en faveur de ce candidat-là bien entendu.

En explorant et citant l’un et l’autre de ces “chroniqueurs intéressants” dont nous apprécions le franc-parler et l’indépendance de plume sans pour autant partager la position de l’un ou/et l’autre, on aura une bonne appréciation des faits spécifiques de la campagne présidentielle, celle-ci sortie de son contexte de crise du désordre extraordinaire des USA, mais en tenant compte de l’effet de cette crise. (On en verra plus, plus loin, dans le commentaire développé de ce texte.)

Nous prenons le cas d’Israël Shamir, que nos lecteurs connaissent bien, autant directement vers ses écrits que par les citations que nous faisons, en général de sa chronique régulière reprise par l’excellent site UNZ.com. Nous nous arrêtons à celle qu’on trouve sur ce siteUNZ.com le 23 juin 2020. Sa thèse est claire, et par ailleurs parcourue d’affirmations tout à fait crédibles qu’il n’est nullement un partisan de Trump à qui il reproche, souvent avec justesse, nombre d’erreurs et d’errements politiques, – mais Trump est bien pour Shamir “le moins pire” !

La thèse de Shamir est que la situation de crise aux USA est bien une “révolution de couleur” (il l’appelle “la révolution des Masques de couleur”), et l’on sait où cela mène quand cela réussit... Bien entendu, et selon le titre (‘Trump contre l’Etat profond’), il s’agit d’un coup monté, d’un complot en d’autres termes, puisque “révolution de couleur” il y a. A cet égard, Shamir est égal à lui-même, comme il l’écrivait récemment sur un petit air de plaisanterie ironique, et comme nous nous  en faisions l’écho : « J’aime bien les théories de la conspiration ; elles tentent d’injecter un sens à des ensembles de faits divers qui, autrement, n’auraient aucun sens. Elles font entrer le Logos dans notre vie, comme le dirait notre ami E. Michael Jones. »

Quoi qu’il en soit, DeepState ou BML, il reste que nous nous intéressons au sort électoral de Trump... Aussi Shamir détaille-t-il la position de plus en plus difficile de Trump, même s’il juge que son meeting électoral du 20 juin, à Tulsa dans l’Oklahoma, est un pas “dans la bonne direction”, une façon de riposter et de se battre, et de commencer à reprendre en main son électorat. Pour le reste, Shamir admoneste, – observation inhabituelle, qui confirme les divisions au sein de l’antiSystème, – certains autres chroniqueurs d’UNZ.com notamment, pour leurs commentaires sur Trump dans la crise actuelle. Son texte reflète bien l’extrême difficulté des choix aujourd’hui, quand on prétend se situer comme antiSystème, et l’extrême difficulté de l’évaluation qualitative (importance du qualificatif) des situations, jusqu’à implicitement prétendre déterminer une  vérité-de-situation.

« ...Mais Trump cède du terrain. Ils lui ont dit : “Comment osez-vous organiser un meeting le 19 juin ? C’est un jour férié pour les Noirs américains, l’anniversaire du jour où Lincoln a proclamé l’émancipation des derniers esclaves. En ce jour-Saint, il est impudent pour Trump de montrer son visage en public. Et Trump a battu en retraite, déplaçant le meeting au 20 juin, bien qu'il y ait eu ostensiblement des milliers d’inscriptions pour participer au meeting du 19 juin.
» Je ne suis pas un conservateur, pas du tout ; je ne suis pas un partisan du régime actuel. Je pense qu'une révolution, – même fausse et organisée par Soros à partir des foules activistes du LGTBQ légèrement saupoudrée d’Africains-Américains pour la couleur, – ferait du bien à l'Amérique et au monde. Les troupes américaines  quittent déjà l’Allemagne après seulement 75 ans d'occupation. Il existe plus de 100 grandes bases à l'étranger qui peuvent être évacuées si la révolution persiste. Excellent.
» Mais, C.J. Hopkins  [dans  UNZ.com] ne dites pas à Trump qu’il a choisi la bonne stratégie de survie. Comme si tout le monde allait respecter son autorité s’il cessait de se faire provocant. Soyons francs, camarade. Dites à Trump : si sa principale considération est avant tout de ne pas être traité de “tyran sanguinaire” par un site libéral, c’est qu’il a sa place dans l’hospitalière ville de Rostov, à côté de Ianoukovitch [le président ukrainien abattu par le putsch de Kiev de février 2014]. Qu’il se décide, Trump. Il peut acheter là-bas, à Rostov, une villa pour un bon prix.
» Ou alors, qu’il regagne du terrain et si certains monstres l’appellent Hitler, qu’il réponde par un “C’est terminé pour moi de jouer au brave type”, comme le protagoniste du film de Mel Brooks, The Producers. Qu’il écrase la révolution des Masques de couleur avant qu’elle ne le dévore.
» Notre estimé confrère André Vltchek  a suggéré que nous ne devrions pas décrire le processus en cours aux États-Unis comme une ‘révolution de couleur’. Premièrement, les manifestants ne devraient pas être découragés, et encore moins ridiculisés. Deuxièmement, toutes ces révolutions sont différentes, dit-il. Ce sont des arguments faiblards. Premièrement, je m’efforce de comprendre et d’expliquer les événements, et je laisse les encouragements aux autres. Deuxièmement, les révolutions de couleur sont des révolutions faites au profit de l'oligarchie. Elles éliminent le dirigeant qui a trop de volonté ou d’esprit social au goût des milliardaires. Et elles manipulent les griefs légitimes du peuple. Elles montent sur le peuple comme un cavalier sur un cheval. Une révolution de couleur peut changer et se transformer en réelle révolution, comme un cheval peut jeter son cavalier au galop, mais ce n’est pas la tournure habituelle des événements.
» La révolution des Masques de couleur aux États-Unis bénéficie d'un trop fort soutien de la part des entreprises pour être autre chose qu'une révolution de couleur. “‘Black Lives Matter’ a reçu 100 $millions de donations en plus des 33 $millions de subventions donnés à BLM par George Soros par le biais de sa fondation Open Society”, explique ‘Policemag’ (l’article a été supprimé mais peut être consulté via archives.com)...[...]
» Et maintenant, une autre raison pour laquelle je ne suis pas d'accord avec Vltchek. Ce n'est pas que BLM ou le DNC [Direction du parti démocrate]soient meilleurs ou pires que les guerriers de Trump. BLM et le DNC sont proches d’une puissance hégémonique. Ils sont cajolés  [par la presseSystème], par les Maîtres de la narrative. Si le candidat démocrate gagne les élections de 2020, l’Occident sera uni derrière lui. Il humiliera la Chine, la Russie, le Venezuela, l’Iran ; les ‘Deplorables’ seront déplorés ; les nationalistes européens seront éliminés ; le Nouvel Ordre Mondial avancera à toute vitesse. Non, merci, André. Il vaut mieux que l'Amérique et l’Occident soient divisés avec Trump plutôt qu’unis avec le DNC. »

Le lecteur n’est pas plus avancé dans son jugement sur le processus, l’enjeu et l’issue de cette élection présidentielle ? Nous non plus, certes... D’autant que l’argument en faveur de Biden (de la victoire de Biden) est tout aussi difficile à développer et à endosser, surtout lorsqu’il s’agit d’une plume comme celle de Michael Moore. Ardent progressiste et donc démocrate, et donc adversaire de Trump, Moore passe son temps à fustiger et à critiquer violemment les démocrates, à les engueuler tout simplement... pour leur tactique fautive, leur comportement, leur aveuglement. Il est donc partisan de Biden, à peu près comme Shamir est partisan de Trump, et voyez comment Moore traite Biden et les partisans de Biden ; en gros : « Il n’y a aucune passion, aucune affection pour Joe Biden. »

BreitbartNews.com a évidemment  récupéré à son profit un développement de Michael Moore sur son site, ne manquant pas de rappeler, – c’est l’exacte conformité aux textes, – que Moore disait en août 2016, alors que tout le monde ironisait sur Trump, que Trump et ses  Deplorables avaient toutes les chances de l’emporter contre Hillary Clinton en novembre 2016. (C’est la thèse du ‘cocktail-Molotov humain’.)

 « “Ne vous moquez pas de ces Bubbas[barbares] à Tulsa aujourd'hui et ne ricanez pas sur le nombre d’entre eux qui vont se retrouver avec le Covid-19”, a écrit Moore dans un Instagram samedi[20 juin]. “Ils vivent, ils mangent, ils respirent Trump, – et aucun d'entre nous ne fait ça avec Joe Biden. Nous comptons sur la haine de Trump, – et non sur l’amour de Biden, – pour gagner la bataille. C’est vraiment ce que vous pensez sur le choix à faire, – la haine est préférable à l’amour ? Compter sur la haine pour notre voisin partisan de Trump, c'est le moyen de gagner ?”
» “Ils ont commencé à s’aligner le mardi à Tulsa pour le rassemblement de Trump aujourd'hui ! 100 000 personnes sont attendues... Trump n’a rien perdu de sa base et ils sont plus enragés que jamais. Dormir sur le trottoir pendant cinq nuits juste pour aller voir Trump ? C'est ça l’engagement.”
» “Ne croyez pas que Trump est dans la poche. Ne pensez pas qu'il ne peut pas gagner. Ne soyez pas arrogants en disant à tout le monde qu'il n’a aucune chance de gagner la Maison Blanche parce que, franchement, vous parlez à peu près exactement comme vous le faisiez il y a quatre ans.
» “J'ai une question à laquelle je veux que vous répondiez, et je vous demande de me répondre honnêtement : ‘Combien de personnes feraient la queue pendant cinq jours juste pour entendre parler Joe Biden ? 12 ? 5 ? Personne...”[...]
» Moore a ajouté que “le candidat qui inspire le plus de gens dans les États charnière à se rendre aux urnes avec enthousiasme” est celui qui remporte la Maison Blanche.
» “Nous ferions mieux de trouver une solution", a prévenu Moore. “Biden ferait mieux de sortir de sa cave. Nous avons besoin de savoir qu'il va bien. Nous avons besoin de savoir quel est le plan B. Nous ne pouvons rien risquer avec cette élection. Biden doit bouleverser le monde entier pour gagner.” »

Le même texte de BreitbartNews.com, pour appuyer les propos de Michael Moore, reproduit des extraits  d’un reportage  du New York Times sur une réunion électorale de Biden. On sait combien le grand “quotidien de référence”, la vieille Grey Lady  de New York a su si bien s’adapter aux pratiques de la déconstruction postmoderne, combien le NYT est favorable aux démocrates, donc à Joe Biden ; pourtant on y publie ce reportage qui met en évidence l’extraordinaire inexistence du personnage le manque presque apocalyptique d’intérêt public pour lui, etc., et l’on comprend ce que Moore veut dire lorsqu’il dit qu’« il n’y a aucune passion, aucune affection pour Joe Biden. »

« Entre-temps, la réunion de Biden en Pennsylvanie mercredi[17 juin] semble avoir suscité une réponse exactement inverse[à ce qui s’est passé au meeting de Trump à Tulsa], – selon  un reportage du New York Times, qui a noté que “pratiquement aucun électeur” n'avait assisté à l’événement.
» “Une vingtaine de fonctionnaires locaux, de propriétaires de petites entreprises et de journalistes triés sur le volet se sont assis sur des chaises pliantes, chacune placée dans un grand cercle blanc scotché au sol d'un centre de loisirs pour maintenir, – ou du moins encourager, – la distanciation sociale”, a rapporté le New York Times. “Quelques participants chuchotaient entre eux pendant que les photographes bavardaient tranquillement”, ajoute le texte décrivant l'événement. “On pouvait entendre le claquement des touches des ordinateurs résonner dans toute la salle. Le silence était saisissant".
» “Ensuite, Biden est apparu”, a ajouté le New York Times. “Il est arrivé avec si peu de fanfare que je ne l'ai même pas noté qu’il était entré dans la pièce.” »

Delenda Est Trumpum

On commencera cette partie “commentaires” de ce F&C par évoquer, de façon anecdotique, une soirée de 28 minutes (le 28 minutes de Arte, hier soir) consacré à la situation de la course à la présidence aux USA. On notera la nuance fondamentale que nous introduisons : “ la situation de la course à la présidence aux USA”, et non pas “la situation aux USA”, ou bien “la crise des USA”, en ajoutant dans les deux cas, éventuellement et accessoirement car c’est bien le moins important, –  “... dans cette année des élections présidentielles”.

Dans le débat rappelé ici, il n’était en effet question que de sondages, des pseudo-programmes des deux candidats, de leurs positions par rapport à l’élection, et d’ailleurs non sans une certaine jubilation puisque Trump est largement distancé par Biden, lequel prenait par conséquent dans les divers commentaires l’allure d’un candidat exceptionnel. Il y eut un intervenant pour remarquer que la situation actuelle ne permettait pas à Trump de présenter un bilan satisfaisant : la pandémie qui se poursuit et s’aggrave à nouveau, la situation économique très mauvaise, la situation internationale très compliquée. Il y eut même une question intéressante de la meneuse de jeu, question aussitôt noyée comme un poisson pourri : « Mais est-ce que la défaite de Trump, c’est suffisant comme programme ? »... Mais non, pas de réponse compréhensible, de même que pas un mot digne d’intérêt et donnant la mesure de la chose, sur les événements de désordre, de chaos et d’anarchie en cours actuellement, – pas un seul traître mot, – car effectivement, ce “seul mot” constituerait une trahison du réel de ces gens.

Plus haut, effectivement, nous nous posions implicitement la question de savoir comment il se faisait que le NYT avait laissé passer ce reportage sur l’inexistence totale de Biden (“pourtant on y publie ce reportage qui met en évidence l’extraordinaire inexistence du personnage le manque presque apocalyptique d’intérêt public pour lui, etc.”). Le NYT, qui détient toutes les vérités premières dont l’univers dispose, n’a pas l’habitude de lésiner sur le caviardage lorsqu’il s’agit de défendre une bonne cause, “sa” bonne cause, the Bonne Cause... 

On en conclut donc que 1) Biden n’existe pas comme candidat, d’ailleurs il est mauvais comme un cochon  mais personne ne peut songer à le dire puisqu’il n’existe pas ; 2) cela n’a aucune importance, puisque la seule chose qui importe c’est de battre Trump ; et donc 3) la réponse à la question est bien que “battre Trump” suffit essentiellement sinon exclusivement comme programme pour les quatre années, avant tant d’autres mandats quadriannuels, qui viennent dans la Grande République restaurée dans sa splendeur, son organisation exceptionnelle, sa grandeur indescriptible.

Du coup, le reste s’éclaire. Ils vivent tous dans le même univers, les invités de 28 minutes, le New York Times, le parti démocrate (DNC + BML), l’internationale des salonards transatlantiques et des intellectuels du Nouveau Monde, les bobos (pendant qu’on y est) et les anti-Deplorables. On comprend alors parfaitement ce que veut dire Michael Moore à ses divers confrères, amis et autres, du parti démocrate : « Franchement, vous parlez à peu près exactement comme vous le faisiez il y a quatre ans. » La même suffisance, la même arrogance qui entouraient Hillary Clinton, les mêmes sondages également...

C’est ce que nous dit un commentateur d’occasion, un auteur de “comics” et spécialiste de jeux vidéo, et journaliste à ses heures, comme ici avec RT.com, et lui, Micah Curtis, ne craint certes pas d’évoquer les désordres et les déprédations qui scandent aujourd’hui la respiration du système de l’américanisme et de l’Amérique :

« Toutes les émeutes, les statues renversées et les attaques contre l'histoire américaine ne se termineront pas à l'Année Zéro souhaitée et annoncée par les manifestants. Ce sera exactement le contraire, comme le démontrera la majorité silencieuse des Américains en novembre.
» La majorité silencieuse est l'un des facteurs X les plus importants de la politique américaine. Peut-être même le plus grand. Tous les Américains ne sont pas du genre à tout crier à ciel ouvert, même si nous avons la réputation d'être audacieux et bruyants. Beaucoup d'entre nous préfèrent laisser leurs actions parler plutôt que leurs paroles. 
» À moins de 150 jours de l'élection présidentielle, la gauche doit reconsidérer sa position et les moyens qu'elle met en œuvre, si elle veut débarrasser la nation de Trump, comme ses partisans le proclament avec passion.
» Les résultats des sondages ne sont guère surprenants. Biden se situe entre 42 et 56 %, tandis que Trump se situe entre 37 et 48 %, selon Five Thirty Eight, ce qui n'est pas différent de ce qu'était la situation en 2016, lorsque les sondages montraient qu'Hillary Clinton détenait régulièrement une avance à deux chiffres sur Trump. 
» Après la victoire de Trump (bien qu’avec un nombre de voix inférieur à celui de Clinton), on s’est beaucoup demandé comment les sondages avaient pu se tromper, et tout le monde est arrivé à la même conclusion : la majorité silencieuse. Cette large frange d’Américains qui ne se sont pas prononcés sur la question de savoir pour qui ils allaient voter, mais qui n’étaient pas satisfaits de l’état du pays et qui ont laissé leurs actions parler d’elles-mêmes... »

Nous serions bien en peine, nous, d’avancer un pronostic, tant les événements semblent nous l’interdire, tant la situation est volatile et incertaine. Nous n’aurions même pas, loin de là, l’assurance que montre Curtis sur l’existence de la “majorité silencieuse”... Par contre, nous pouvons avancer plusieurs constats que nous tenons pour irréfutables dès lors qu’on accepte d’ouvrir les yeux, et d’arrêter l’exercice de pure croyance hébétée consistant à accepter l’idée enrobée d’une raison arrogante que la lecture du NYT + The Guardian Le Monde  suffit à comprendre cette époque, ou même  plus simplement, suffit à la voir telle qu’elle est. 

(Mais dire cela à des gens qui sont enfermés dans un simulacre qu’ils ont eux-mêmes dessinés autour d’eux et dont “la lecture du NYT + The Guardian Le Monde” leur confirme l’existence, c’est peine perdue. D’ailleurs, qu’importe de tenter de leur faire faire cette expérience, voire même de leur en suggérer la possibilité.)

Plusieurs choses, donc :

• Les élites (élites-Système s’entend) vivent dans un monde qui leur est propre, essentiellement définis par des canaux bien identifiés, du type “la lecture du NYT + The Guardian Le Monde  suffit”. Ces canaux ne disent mot de tous les problèmes auxquels nous sommes accoutumés, – par exemple, celui de l’âge et de la santé de Biden, du choix de sa vice-présidente (puisqu’il s’agit d’une femme, qui sera “de couleur” dit-on), qui deviendra rapidement présidente.

(Il est aujourd’hui majoritairement et d’ores et déjà admis et souvent répété sinon écrit que Biden ne fera pas de second mandat, sinon qu’il devra cesser d’exercer ses fonctions durant son mandat 2021-2025 s’il est élu. Ces “hypothèses” écrites comme des certitudes, y compris dans certains organes de la presseSystème, n’éveillent aucun intérêt, aucune question sur les années 2025 et après, voire “plus tôt et après”. Une seule chose compte, but universel, nécessaire et suffisant, programme en soi, excommunication du monde, sinon étape ontologique du monde : Trump doit être battu parce que Trump droit s’en aller, – Ainsi soit-il, Amen.)

• L’inexistence de Biden est un fait logique de ce qui précède. Ce n’est pas tant que Biden est ce qu’il est, la médiocrité totale ajoutée à la filouterie saupoudrée de corruption : peloteur compulsif, peut-être violeur, un tantinet raciste, évidemment corrompu surtouts en Ukraine, et ainsi de suite. Ce n’est pas pour cacher tout cela que Biden n’existe pas, ou “que tout se passe comme si Biden n’existait pas“. C’est simplement que les élitesSystème sont dans une posture complète de déni vis-à-vis du “candidat démocrate” tel qu’il est, son identité, ses handicaps, ses défauts, et même ses avantages et ses qualités ! Biden n’existe pas parce que le problème que s’attachent à résoudre les élitesSystème du fait de leur perception ne comprend pas “le cas-Biden” ni le cas “candidat-démocrate“, – mais une seule chose : Delenda Est Trumpum ! L’inexistence de Biden n’est pour nous ni le produit d’une censure, ni le produit d’une consigne, mais le produit d’un déni total, absolu, du niveau de la pathologie de la psychologie.

• L’irresponsabilité des Démocrates, finalement, si l’on se place de leur point de vue, est un autre constat important. Quelques interventions, comme celle de Moore, mettent la chose en évidence : comment peut-on admettre de partir dans une campagne si vitale, si essentielle, – puisqu’on ne cesse de nous le répéter, – avec un candidat comme Biden ? Comment est-il possible que personne ne sorte de son simulacre pour considérer la situation et sonner l’alarme ? Enfin, comment est-il possible que l’on n’ait pas songé à tenter de convaincre un véritable “poids lourd“, efficace, capable d’affronter Trump avec de très bonnes chances de l’emporter ? Bien entendu, on songe au  couple Obama, car l’ancien président ne porte-t-il pas dans ce cas une réelle responsabilité et ne devrait-il pas aller jusqu’à envisager sa propre présence dans la candidature démocrate ? Mais peut-être a-t-on peur un peu partout, sauf chez les lunatiques (Trump) et les incontinents (Biden), d’envisager la présidence d’un pays d’un tel poids et d’une telle puissance en cours de dissolution, alors qu’on n’est pas sûr de soi-même et de son passé ? ...  A moins, à moins, qu’ils nous fassent une surprise à la “convention” confinée quoique démocrate, qui n’aura pas lieu ou qui aura lieu, plus personne ne le sait, ni où d’ailleurs !

Plutôt qu’au problème de l’élection et de ses résultats, à propos desquels nous redisons notre complète incapacité de prévision, nous nous intéressons donc à ce comportement des dirigeants démocrates dans leur étrange posture, – sans nous dissimuler une seconde que c’est le même type de comportement qui existe chez les républicains, où l’on soutient Trump alors qu’on le hait en général. 

Se poursuit sous nos yeux ce qu’on a déjà identifié comme une “révolte des élites”, et bien entendu précisément “des élitesSystème”, une révolte contre le monde tel qu’il est, contre les électeurs, contre tous les Deplorables, et même contre les autres qui ne sont pas assez anti-Deplorables, ce monde qui ne correspond en rien à ce que leur puissante raison et leur superbe intelligence ont créé. Tout cela n’est pas dit par sarcasme : leur raison est si puissante et leur intelligence si superbe que ces élitesSystème en révolte ont produit un formidable simulacre de la psychologie produisant un déni d’une puissance inouï et superbe, déni absolu de ce qui existe, qui n’est pas conforme à ce qu’ils savent puisqu’ils sont des “sachants”, qu’ils repoussent absolument parce que non-confirmes et non-autorisé.

Par conséquent, Joe Biden tel qu’on le voit n’existe pas.