Robocop se fiche de la GCES

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Robocop se fiche de la GCES

29 mai 2020 – La mort de Robert Floyd qui a servi de détonateur à des émeutes d’une énorme puissance à Minneapolis avec des répliques de moindre ampleur dans d’autres villes US, et notamment à Saint-Paul, autre grande ville du Minnesota, constitue peut-être, éventuellement, un événement capital dans l’évolution de ce que nous avons désigné comme la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES). Les détails de la mort de Floyd ont été largement filmés et diffusés, et sont particulièrement horrible, pouvant être décrits comme un acte de torture. Floyd est bloqué sous une voiture, tête et épaules seules dépassant, avec l’officier de police Derek Chauvin qui tient son genoux sur la gorge de Floyd et pèse de tout son poids. L’agonie de Floyd, par étouffement progressif, a duré sept minutes.

Quelles que soient les circonstances entourant cette affaire, dont certaines inattendues et impossibles à mesurer (*), il reste les faits eux-mêmes qui illustrent l’extraordinaire brutalité de la police aux USA. La violence intrinsèque de la police aux USA est une tradition certes, sans qu’il soit nécessaire de parler d’État policier au sens courant, mais elle prend aujourd’hui des proportions inédites qui indiquent un changement de nature, malgré la charge extraordinaire de déstabilisation que cela implique pour la situation générale, – observation qui devrait pousser le Système à contenir cette violence si dommageable pour la stabilité d’un pays qui lui est entièrement acquis dans ses structures et sa politique.

Scott Ritter, qui a une grande expérience militaire (il fut dans les Marines jusqu’au grade de major avant de quitter le service et d’évoluer vers une position de commentateur très critique du Système), propose  une analyse intéressante  concernant le phénomène de “militarisation” de la police US, intensive depuis l’attaque du 11-septembre à la lumière des événements déclencheurs des troubles à Minneapolis. Il part de l’exemple de l’Afghanistan, où l’armée US a mené des années d’une campagne vaine et stérile, marquée par une extrême violence de sa part, allant jusqu’à la décision récente du Tribunal Pénal International (TPI) d’enquêter et d’inculper des éléments de l’armée US pour crimes de guerre sur ce théâtre d’opération :

« L'administration Trump, selon sa politique typique, a rejeté la juridiction et la légitimité de la CPI, plaçant en fait les soldats et les agents américains au-dessus de la loi lorsqu'il s’agit de leurs actions en Afghanistan. Il est vrai que des incidents isolés ont été poursuivis en vertu du Code de justice militaire, mais les “crimes de procédure” liés à l’exécution de la mission de ‘nation-building’ [construction d’une la nation]resteront impunis.
» Parmi les nombreuses leçons tirées de la débâcle actuelle en Afghanistan, il faut noter que l'armée fonctionne très mal en tant qu’organe pacificateur de police. Pour que la police soit efficace, elle doit être en harmonie avec la communauté qu’elle sert, en partageant les mêmes idéaux, les mêmes valeurs et le même respect pour son environnement et les personnes qui y vivent. Lorsque les forces militaires américaines sont insérées de force dans un pays et une culture étrangers, il y a inévitablement des frictions qui se transforment en conflit. Le mode par défaut de l’armée américaine est la violence extrême, et les communautés ne peuvent évidemment être satisfaites d’une telle approche.
» Si l’armée américaine est mal adaptée au travail de police, l'inverse est tout aussi vrai : la police américaine est mal adaptée à la militarisation. La juxtaposition d’un état d'esprit militaire et des notions de justice et d’équité requises pour maintenir l’ordre et l’harmonie de la société civile entraîne invariablement des incompatibilités inhérentes qui se traduisent par des actions criminelles de la part de ceux qui sont ostensiblement responsables du maintien de l’ordre. »

Allant ensuite plus en profondeur dans le problème qu’il a identifié et défini, Ritter développe ses observations sur la façon dont cette police “militarisée” opère et intervient, particulièrement dans les mégapoles et les grandes villes, où les conditions sont favorables à une vision “militarisée” des problèmes, avec la violence rampantes et la délinquance, l’anonymat, les conditions de vie souvent difficiles, les contrastes souvent insupportables entre les extrêmes richesses de la minorité (les 1%) et la pauvreté des classes défavorisées, etc.

Il s’agit évidemment d’une situation de type hyper-capitalistique et postmoderne qui exacerbe tous les travers déjà évidents d’une police “militarisée” et d’un maintien de l’ordre focalisée sur le soupçon de la violence, de l’illégalité et de l’antagonisme. C’est parfaitement la situation que voulaient (on parle au passé en raison des péripéties et des échecs de l’application de ce projet) imposer les neocons et autres penseurs stratégico-culturels de l’américanisme, dans leur entreprise d’établissement de l’américanisme dans le reste du monde dont personne ne doutait qu’il n’attendait que cela. 

(La déclamation  fameuse et complètement grossière d’hybrispostmoderne datant de 2002 : « Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, – judicieusement, si vous voulez, – nous agirons de nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c’est ainsi que continuerons les choses. Nous sommes [les créateurs]  de l’histoire... »)

Ritter, donc... « ...N’importe quelle enquête sur le meurtre de Floyd ne peut guérir la maladie de la militarisation inoculée dans la culture même de la police américaine. Les policiers considèrent souvent les quartiers dans lesquels ils patrouillent comme une zone de guerre, et les citoyens qui y résident comme l’ennemi. Les policiers américains s’habillent comme s’ils allaient à la guerre, souvent en portant des uniformes de style militaire, équipés d’armes militaires de surplus, dans des véhicules militaires de surplus. Cette mentalité du “nous contre eux” crée exactement les mêmes frictions qu’en Afghanistan, conduisant à la même escalade de violence de la part de la police militarisée exercée contre une population déshumanisée par cette approche.
» Le modèle américain de maintien de l'ordre est une maladie aux proportions pandémiques, qui infecte tous les secteurs de la société américaine. Les partisans de la police américaine dénoncent souvent les actes des “quelques pommes pourries” sans réfléchir au fait que l'ensemble du système est dysfonctionnel en termes de service et de protection de la société civile. S'il existe sans aucun doute de nombreux “bons” policiers, ils se trouvent dans un système qui pousse irrésistiblement à l’autoprotection, à la non-dénonciation des infractions commises par leurs collègues et à l’acceptation des types de croyances racistes et misogynes que la société qu'ils prétendent protéger rejette. »

Le résultat est finalement fort simple. De même que les populations envahies par l’armée américaniste incapable d’effectuer un travail d’intégration (la “conquêtes des cœurs et des esprits”, l’idéal de la “démocratie jeffersonienne”) se révoltent plus ou moins vite, de différentes façons, créant des conditions de tension permanente et de dégradation des structures et des conditions de vie, de même fait la police “militarisée” dans les grandes villes américanistes. La différence, bien entendu, c’est que l’armée US peut évacuer l’Afghanistan, si la situation devient intenable, alors que la police américaniste ne peut évacuer son propre territoire...

« L’expérience américaine en matière de ‘nation-building’ est souvent imprégnée des notions de ‘démocratie jeffersonienne’, la notion paisible de l’idéal américain de bonheur né de la révolution et de la libération de la tyrannie. Mais la pièce maîtresse de la ‘démocratie Jeffersonienne’, la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis rédigée en 1776, contient des mots qui, après réflexion, devraient faire frissonner chaque citoyen américain. “Mais lorsqu’une long succession d'abus et d’usurpations, poursuivant invariablement le même Objet, démontre une volonté de placer  [les citoyens]  sous le joug d’un Despotisme absolu, c’est leur droit, c’est leur devoir, de se débarrasser d’un tel gouvernement.”
» Cette déclaration s'applique à tout peuple opprimé, qu'il réside en Afghanistan ou à Minneapolis, dans le Minnesota... [...]
» Contrairement à l'Afghanistan, les Etats-Unis [leur police] ne peuvent pas se retirer de leur propre territoire. Ce qui peut arriver alors, c'est que comme tout peuple occupé, les citoyens américains cherchent à se libérer du despotisme de cet État policier américain, en se débarrassant de cette chape d’oppression et en redéfinissant la relation entre la police et les citoyens. Il faudra peut-être une révolution dans les urnes pour élire un gouvernement capable de maîtriser un État policier incontrôlable. Ce serait un combat qui en vaudrait la peine. »

C’est donc ce que tenteraient de faire nombre de citoyens de Minneapolis et d’autres villes éventuellement, où une certaine agitation semble s’installer, – « se libérer du despotisme de cet État policier américain ». Mais si Ritter a évidemment raison dans cette description de la “militarisation” de la police américaniste, il est évident pour nous que certaines notions demandent à être précisées et nuancées, et d’autres encore à être ajoutées. Son texte et son analyse sont néanmoins précieux pour donner une mesure de plus de ce que nous considérons comme le blocage de la situation et l’inéluctable marche vers le chaos, l’affrontement, vers une sorte de “guerre civile”, et sans doute une espèce de déstructuration, de déconstruction des Etats-Unis d’Amérique.

Si nous prenons un extrait  du texte de WSWS.org  sur les événements de Minneapolis et autres, alors que ce site n’est pas avare d’attaques contre la “militarisation” de la police, son racisme, l’“État policier”, etc., on s’aperçoit qu’effectivement il faut pousser l’analyse bien plus loin que ne le fait Ritter, mais en utilisant les éléments qu’il nous donne.

« Trump a appelé les manifestants “VOYOUS” et a dit qu'il “vient de parler au gouverneur  [du Minnesota] Tim Walz et lui a dit que l'armée est avec lui aussi longtemps qu’il le faudra. En cas de difficulté, nous prendrons le contrôle de la situation ; quand les pillages commencent, on commence à tirer”.  [...]
» L’éruption de colère ne concerne pas seulement le meurtre de George Floyd. Ce n’est que le dernier d'une série ininterrompue de meurtres et de brutalités. Chaque année, la police américaine tue 1 000 personnes dans les villes et les États du pays, qu'ils soient dirigés par des démocrates ou des républicains.
» À l'indignation suscitée par la violence policière s'ajoute la situation explosive créée par la réaction de la classe dirigeante à la pandémie de coronavirus. Des centaines de $milliards ont été distribués aux riches, tandis que des dizaines de millions de travailleurs sont sans emploi et ne retrouveront pas leur travail.
» L’administration Trump cherche à utiliser la détresse sociale de masse pour forcer un retour au travail qui entraînera une forte augmentation du nombre de cas et de décès. Déjà, plus de 100  000 personnes sont mortes du coronavirus. »

Le Système dans tous ses États

Comme on l’a lu chez Ritter, avec la police “militarisée”, les USA sont devenus un “État policier”. Est-ce bien sûr ?

Que fait donc l’“État policier” alors que “Minneapolis Is Burning” depuis maintenant trois jours, que les émeutiers ont pris d’assaut le commissariat du 3èmedistrict dont dépendent les policiers impliqués et y  ont mis le feu, après que les dits policiers et leurs collègues aient décampé presto prestissimo ? Alors que les échos de solidarité avec les émeutiers de Minneapolis commencent à résonner dans des manifestations comme autant de foyers pour l’instant peu importants mais qui ne demandent qu’à se développer ? A Saint-Paul, ville voisine de Minneapolis, à New York City, à Columbus dans l’Ohio où les manifestants ont failli investir le Congrès de l’État, à Albuquerque dans le Nouveau Mexique, à Pensacola en Floride, à Louisville dans le Kentucky, à Los Angeles... Qu’est-ce que fiche donc l’“État policier” ? Et la Garde Nationale, annoncée depuis trois jours, et dont le maire de Minneapolis et le gouverneur du Minnesota se disputent le commandement ? Oh, elle va arriver, vous verrez, au milieu des ruines fumantes de Minneapolis, mais que sera-t-elle autorisée à faire, précisément ? Tirer sur les “voyous”, comme le recommande Trump ? On verra, mais l’“État policier” ne se presse pas trop.

Que se passe-t-il ? C’est l’Amérique parvenue au terme de son voyage, de sa méthode et de son organisation, sans jamais avoir été un “État policier” et ne l’étant pas plus aujourd’hui. Il est évident que les Pères Fondateurs, lorsqu’ils établirent les fondements, les fondamentaux du pays, ne faisaient pas confiance à la seule bonne volonté humaine pour accomplir ce que Jefferson avait dessiné à grands traits.

(Jefferson n’était d’ailleurs pas un optimiste à cet égard malgré son idéal radieux : entre sa lettre à Washington du mai 1791 où il dénonce la terrible corruption du Congrès comme un facteur d’échec de la Grande République, jusqu’à sa mort en 1825 où son dernier mots, à propos de cette même Grande République et de son système politique, sont « Tout, tout est perdu ».)

Les structures originelles, qu’on a conservées le plus possible selon l’axiome qu’elles étaient parfaites, comme la Constitution qui n’a pas changé sinon par l’ajout de divers amendements, comme l’Amérique elle-même, comme l’American Dreamfinalement, ont surtout recherché de multiples équilibres pour qu’aucun pouvoir ne puisse prendre le pas sur les autres et établir une dictature. L’évolution de l’Amérique et la montée de sa puissance ont vu le renforcement de tous les pouvoirs et l’apparition de nouveaux pouvoirs, sans qu’il y ait de changement structurel fondamental (l’ajout d’éléments nouveaux se faisant effectivement dans la structure originelle). Aujourd’hui, vous avez les trois branches du gouvernement, Wall Street est toujours là, et le Corporate Power, le Big Oil(les pétroliers), le Big Pharma dont on parle beaucoup en ce moment, la Big Money (les très-riches), la Big Tech (les GAFAM de Silicon Valley), le Big Mob (le crime organisé),Hollywood, la presseSystème, le Complexe Militaro-Industriel, le DeepState (en général la communauté du renseignement), et quelques autres ; et notamment la police “militarisée” (Big Cop ?), dont nous parlons.

Dans un pays (le mot convient mieux que celui, singulièrement impropre, d’“État”) où le domaine régalien n’existe pas ontologiquement, et donc où la puissance publique n’existe pas en tant que telle, ce système de puissances d’intérêt conglomérés n’a cessé de se développer et de gagner en fausse-légitimité, en simulacre de légitimité là où la légitimité n’existe pas par absence ontologique de dimension régalienne. Cela implique d’une certaine façon l’impossibilité de parvenir à un système dictatorial, et encore moins totalitaire d’un point de vue politique (à moins qu’on considère l’américanisme comme un totalitarisme, ce qui se défend mais ne s’exprime pas par la dictature politique). Il y a nécessairement partage des pouvoirs, compromis de pouvoir, contrôle réciproque des pouvoirs. (La seule chose qui pourrait briser ce monolithisme parcellaire serait la fracturation de l’Amérique, d’où la hantise de la sécession, et le pari de certains, sinon l’espoir [nous n’en sommes pas avares] que la crise actuelle débouche sur la  dévolution.)

Il se déduit de tout cela, bien entendu, qu’il n’y a pas d’“État policier”. Il y a une police “militarisée”, évoluant dans une certaine impunité, corrompue, agissant souvent dans l’illégalité, usant de la violence parfois d’une façon insupportable, etc., mais il n’y a pas d’“État policier”. A partir d’un certain point, la police se heurte à des groupes de pression qui ont leur propre puissance, et que l’équilibre général des pouvoirs leur fait un devoir de respecter.

A côté de cela, l’évolution du système de l’américanisme telle qu’on l’a présentée, a sans doute atteint son “Principe de Peter” dont il était déjà fort proche avec la fin de la guerre froide, avec le choc du 11-septembre et les bouleversements qui ont suivi, notamment la radicalisation de tous les actes et conceptions américanistes ; cette radicalisation, désormais, c’est celle de toutes les fautes, de toutes les erreurs, de toutes les impuissances et paralysies, de tous les aveuglements.

La police est devenue cet énorme monstre sanguinaire, qui recrute d’ailleurs souvent des soldats ayant fait des campagnes en Afghanistan, en Irak, etc., en fin de service mais qui ont gardé la main pour le brio sanguinaire. Il n’empêche qu’il n’y a absolument pas d’“État policier”, et l’on peut brûler pendant trois jours Minneapolis sans qu’une autorité légitime y mette le holà. Si l’on veut absolument employer le mot “État” malgré qu’il soit impropre pour les USA, on dira qu’il s’agit d’un “État-incohérent” ou d’un “État-désintégré”, – sinon, pour nous satisfaire nous-mêmes, pourquoi pas, d’un “État-entropique”.

Aussi la principale vertu de ces événements de Minneapolis (et sans doute la suite) à partir de l’acte d’une extrême brutalité et d’une complète illégalité d’un officier de police, c’est ce que laissait entendre involontairement le texte de WSWS.org cité plus haut : le lien entre les événements de Minneapolis (“et sans doute la suite”), avec la crise Covid19 aux USA (» À l'indignation suscitée par la violence policière s'ajoute la situation explosive créée par la réaction de la classe dirigeante à la pandémie de coronavirus. Des centaines de $milliards ont été distribués aux riches, tandis que des dizaines de millions de travailleurs sont sans emploi et ne retrouveront pas leur travail. »)

En effet, on trouve là comme une sorte de détonateur, de courroie de transmission entre la crise Covid19 elle-même détonateur de la GCES et intégrée dans elle, pour trouver la voie de l’expression violente, au travers de l’émeute sociale, qui secoue encore plus le Système et accélère son effondrement. De ce point de vue, les violences policières ont elles-mêmes, avec ce cas de Minneapolis, accéléré l’accouchement du monstre, et ainsi aidé à l’accélération de la GCES, en fait sans égard pour la phase si délicate que l’on traverse où il eût été préférable de montrer de la retenue pour ne pas risquer de faire d’une illégalité coutumière le détonateur de l’expression de la Grande Crise. C’est à notre avis infiniment plus important que le sempiternel débat sur le racisme de la police américaniste, des “suprémacistes blancs”, etc., qui emplit nos esprits et nos cœurs de belles envolées lyriques nous dispensant d’en comprendre beaucoup plus.

Au reste, l’officier Derek Chauvin ne pensait sans doute pas à cela (la façon dont il aiderait la GCES à accélérer) alors qu’il tenait ferme son genou appuyé de tout son poids sur le cou de George Floyd. Lui, effectivement, il pensait au racisme.

 

Note

 (*) Une  nouvelle  très récente, dont nous ne savons que faire pour l’instant, établit un lien entre Floyd et Chauvin. Tous deux étaient agents de sécurité, – Chauvin comme deuxième emploi, – au club El Nuevo Rodeo, selon Maya Santamaria qui possédait ce club jusqu’à il y a six mois. Chauvin y était employé depuis 17 ans. Santamaria n’a pu dire si les deux hommes se connaissaient, la sécurité du club comptant seize personnes.