Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.
Août 2026 (9 articles)
31 août 2026 (19H45) – Il est remarquable de constater une certaine simultanéité de l’aggravation brutale des deux principaux conflits en cours, en Ukraine et en Iran. On ne donnera pas trop de détails sur cette double fournaise qui pourrait très bien paraître n’en faire qu’une, laquelle produit des masses d’informations pour la plupart sinon toutes invérifiables mais extrêmement caractéristiques de l’aggravation de la situation.
D’une façon générale, ce sont les deux “alliés” de fait, la Russie et l’Iran, qui sont le plus sur une position offensive (même si la première attaque dans le cas iranien est venue des USA). La violence des résolutions dans les divers points d’affrontement est telle qu’on observe une modification certaine du flux des informations du côté de la presseSystème dans l’Occident-compulsif. Il est devenu très difficile de continuer à parler, comme on le fit souvent, d’un avantage ukrainien ou d’une “guerre figée” en Ukraine. Pour l’Iran, le gros des informations va aux actions iraniennes, montrant que la perception des réactions iraniennes depuis le début du conflit a radicalement changé l’image que l’on avait des capacités de ce pays.
En Ukraine, ce sont les Russes qui ont brusquement accentué leur pression, aussi bien dans l’offensive aérienne que dans diverses offensives tout au long d’un front qui couvre l’énorme distance de plus de 1 200 kilomètres. L’attaque aérienne est surtout très intense à Kiev et autour de la capitale. Cette brusque accélération et intensification de la pression russe suit quasiment d’une journée la visite éclair-et-mystère du directeur de la CIA à Moscou dont on peut difficilement dire qu’elle ait apporté le moindre apaisement.
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29 août 2026 (16H30) – Finalement, je vais choisir ma version du voyage du distingué directeur de la CIA à Moscou, nom de code “Tintin” (Ratcliffe-Tintin pour les copains). A cette nouvelle lumière, que nous dispense le duo C&M (Christoforou-Mercouris), cette fois-ci travaillant véritablement en duo, coupé d’éclats de rire malicieux et d’un ton sarcastique unanime (inhabituel chez ces deux-là ; surtout Mercouris), le choix du C-17 en peinture de guerre transportant deux ou trois 4x4 de guerre tout de noir recouverts pour transporter et protéger le grand chef dans les rues hostiles de Moscou, est parfaitement dans la note. Ce gros avion terrible et effrayant, et baptisé ‘Maître du monde’ (c’est le troisième avion de transport lourd de l’USAF à porter ce surnom officiel de ‘Globemaster’, pour que nul n’en ignore), entré dans l’espace aérien russe comme chez lui et sans s’en cacher, complète admirablement l’ambiance superbement choisie pour achalander la visite de “Tintin”.
Entretemps, la “voix de son maître”, le ‘New York Times’, a tranché par un article expliquant enfin la véritable raison de la visite à Moscou. Je suis comme les deux C&M, je crois dur comme fer la nouvelle et définitive narrative que le menteur institutionnel et “de référence” rapporte de ses innombrables et impératives sources gouvernementales et CIAesques. Cela nous vaut un dialogue hautement rythmé d’éclats de rire devant le caractère extraordinaire de cette mission : le chef des espions US venant informer les chefs des espions russes qu’ils désinforment sciemment leur président et qu’il vient alors leur donner la narrative véridique. Narichkine, héritier d’une vieille et puissante famille noble des Tatars de Crimée affirmée depuis le XVIIème siècle, et présentement chef du SVR (équivalent russe de la CIA), en est resté, avec ses amis du FSB également présents, comme autant de ronds de flan.
Lisez donc et écoutez donc le dialogue des deux galopins du groupe C&M :
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26 août 2026 17H45) – Ce matin, dans la matinée, alors que résonnait le bruit des réacteurs d’un C-17 de l’US. Air Force se posant sur l’aéroport de Moscou avec à son bord, paraissait-il de diverses sources généralement désinformées, le directeur de la CIA, mes promenades erratiques sur l’internet me firent tomber sur un ensemble de textes et de schémas provenant du quotidien allemand ‘Bild’. La chose montrait comment l’OTAN, grâce à toutes les technologies secrètes venues des USA (‘Who else ?’), allait arrêter une attaque russe contre un des multiples pays baltes et, sans aucun doute, lançant une contre-attaque qui nous mènerait jusqu’à Moscou.
J’exagère à peine ou bien je lis mal les langues étrangères, toujours est-il que je passais outre. Je le regrettais bientôt, après m’être un peu perdu dans la sarabande du C-17 et du directeur de la CIA ni vu ni connu selon le porte-parole de Poutine. Je décidais de m’adresser à l’IA-Google qui n’est jamais avare de détails en cascade, pour recevoir la réponse la plus brève, la plus sèche, et m’a-t-il semblé, la plus agacée que je n’ai eu sur ce canal. La voici :
« Selon le quotidien allemand Bild, l'OTAN a élaboré un nouveau concept opérationnel terrestre visant à contrer une éventuelle agression russe dans les pays baltes, structuré autour de l'arrêt de l'offensive et de l'affaiblissement des capacités russes. Cette stratégie repose sur la neutralisation aérienne, la création d'une zone autonome frontalière automatisée et des frappes en profondeur contre la logistique russe. Pour plus de détails, consultez ‘Bild’. »
Finalement, je fis une tentative sur l’URL proposée et tombais sur une avalanche de textes divers en pur allemand. Un autre texte qui trainait par là, d’un certain ‘news.liga.net’, prétendait donner un résumé (en anglais) des nouvelles développées, et je m’en tins au titre-soustitre qui donnait l’essentiel :
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22 août 2026 – Cela ! Jamais deux mots, au propre ou au figuré selon des sens si différents, n’eurent une signification aussi similaires jusqu’à les confondre. Je parle du mot “descendants”, qui est un autre mot, plus performant si l’on veut, que celui d’“héritiers”, mot noble perverti par le moderne parce qu’il suppose l’image de l’héritage devenu aujourd’hui matière sonnante et trébuchante sans aucun projet structurant pour le justifier. “Descendants”, mot que je préfère pour ce cas qui est celui de notre époque devenue folle, c’est aussi la chose qui descend, et celui-ci se confond avec celui-là, et “descendant” est bien celui qui descend. Nous sommes donc les descendants des temps d’Homère et d’Ulysse, comme le USS ‘Abraham-Lincoln’, masse impressionnante prenant presque toute la mer pour elle, puant à l’intérieur, pourrissant sans mesure, avec à son bord des hommes affamés et pourtant faisant la queue aux chiottes car les toilettes sont devenues chiottes au rythme des appontages et des catapultages. Là aussi, c’est de la matière descendante.
Pour cette raison, je n’irais pas voir ‘L’Odyssée’, un film de Christopher Nolan, ré-interprétant et ré-ré-actualisant, comme font les “descendants” arrivés en modernité et comptables d’un conformisme de fer, l’un des joyaux fondateurs de ce qu’on nomme “civilisation” ; et je parle de l’écrit fondateur perçu comme un symbole bien plus que comme un écrit imposant la lecture avec ses couleurs diverses (deux mots également importants).
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17 août 2026 (17H50) – Ce qui se passe aujourd’hui principalement avec les aventures des porte-avions US (USS ‘Gerald R. Ford’ et USS ‘Abrahazm-Lincoln’) et avec nombre d’autres unités et une organisation complètement désintégrée est un événement d’une portée symbolique, encore plus que stratégique, considérable. Il est plus grave de ridiculiser un porte-avions par le désordre du laisser-aller de l’incompétence, que de le couler...
En septembre 1945, l’US Navy constituait la force navale la plus puissante, la plus inimaginable de toute notre histoire et de celles qui oint précédé. Plusieurs. milliers de navire de surface, dont plus de cents porte-avions, avec bien plus d’une vingtaine de grands porte-avions d’attaque. L’US Navy était la force militaire, de puissance et d’influence, qui imprimait sa marque dans le monde entier, faisant claquer partout la bannière étoilée.
« En septembre 1945, au moment de la capitulation du Japon, l'US Navy comptait 3 261 723 officiers et marins en service actif, auxquels s'ajoutaient 481 311 membres de l'US Marine Corps. Sa flotte immense comprenait alors près de 110 porte-avions et une flotte totale de plusieurs dizaines de milliers d'appareils et de navires.
• Personnel de la Marine : 3 261 723 officiers et hommes du rang.US Marine Corps : 481 311 hommes.
• Porte-avions : Environ 110 unités (comprenant flottes lourds, légers et d'escorte).
• Combattants de surface : 408 navires de combat principaux (cuirassés, croiseurs, destroyers).
• Sous-marins : 203 unités.
• Aéronefs : Près de 24 000 avions en service combinés (Navy et Marines). (IA)
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14 août 2026 (17H30) – Nous abordons un problème qui, s’il est lié à l’antagonisme entre la Russie et ce que nous nommons et qualifions pour les meilleures raisons du monde l’Occident-compulsif, est en vérité un problème universel d’une gravité sans aucun précédent. Le qualificatif de “compulsif” a d’ailleurs un rôle éminent à jouer et il est dans ce cas un indicateur sérieux du “problème universel” qui est lié à des troubles également sérieux, diagnostiqués graves à très graves, affectant les capacités mentales, la perception, le force cognitive, l’interprétation psychologique, etc.
(IA) « Le terme compulsif “désigne ce qui provient d'une compulsion, c'est-à-dire une envie irrationnelle d'agir malgré soi” (par exemple dans le Trouble Obsessionnel Compulsif ou TOC). »
« Dans le langage courant, il décrit une habitude ou une manie automatique et excessive qu'une personne a du mal à s'empêcher de répéter, comme l'achat compulsif ou le grignotage compulsif. »
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12 août 2026 (10H15) – J'avertis du sérieux du projet de cette page : il s’agit d’abord de donner une appréciation des intentions prêtées au président turc d’établir un blocus dans le détroit des Dardanelles pour contrecarrer les avancées russes vers Odessa et toute la côte ukrainienne sur la Mer Noire. Mais on verra plus loin. Pour l’immédiat, je me suis dit que puisque nous parlons donc d’Erdogan, et pour mieux ce faire, je crois qu’une toile de fond de la séquence n’est pas inutile.
A l’origine, je l’avoue sincèrement, — je parle de l’époque du “printemps arabe” organisé par l’équipe de Première Division CIA-MI6, — j’avais été une sorte d’admirateur d’Erdogan. A cette occasion, la chose, — la caractéristique que suggèrent les remarques faites ici, vaut d’être rappelée, pour disposer d’un dossier complet permettant d’embrasser les temps que nous vivons et les aventures chaotiques des ambitions humaines. Des remarques donc,
• sur l’extraordinaire lenteur des actes et l’exceptionnelle paresse d’esprit jusqu’à une sorte de réduction totale façon-Jivaro des dirigeants, essentiellement de l’Occident-compulsif où l’on met ce pauvre Erdogan cette fois ;
• alors que les événements hors-portée humaine se déroulent à une exceptionnelle vitesse et avec un esprit d’une extraordinaire vivacité, bien et loin au-dessus de nous (d’eux).
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5 août 2026 (20h15) – La situation générale actuelle est l’objet de la part des esprits indépendants,— plutôt hors-Système qu’antiSystème bien que l’antiSystème soit inclus naturellement dans l’Hors-Système, — d’un nombre interminable de recherches fondamentales allant dans une quasi-infinité de sens divers. Nous avons beau chercher autour de nous, avec PhG (moi-même) en poisson-pilote, nous ne voyons que cela. Partout domine le catastrophisme, état évident pour tous bien entendu, et par conséquent les “recherches fondamentales dans une quasi-infinité de sens divers” s’enlisent très vite dans un fourmillement de détails, d’hypothèses, de certitudes absolument incertaines, de complots extraordinaires, de croyances terribles et de principes exceptionnels pour n’aboutir qu’à des conclusions qui n’en sont nullement, des conclusions qui réfutent la possibilité actuelle de conclure.
Dans cette dernière phrase, le mot “actuelle” (“la possibilité actuelle de conclure”) est essentiel. Que nous nous voulions et soyons Hors-Système et antiSystème ne change rien au fait que nous parlons de l’intérieur du Système, c’est-à-dire d’un lieu métahistorique qui ne peut être défini que par le concept de nihilisme-total ; et ce concept, d’ailleurs, tout entier emporté par la tâche de la négation et de la destruction de la métahistoire sans la moindre conscience qu’il se détruit lui-même. Nous sommes au cœur du Néant et mesurons combien le monde en folie est guidé par le Rien. A partir de cette position que nous ressentons comme insupportable, nous voudrions déjà définir une construction nouvelle pour l’à-venir qui soit cohérente, structurée. C’est une ambition bien imprudente : à partir du Néant et du Rien qu’est le nihilisme-total, les matériaux dont nous disposons sont les débris et les restes du monde dont le nihilisme-total qu’il a lui-même créé a achevé la destruction. Comment, dans de telles conditions et avec de tels moyens, espérer trouver une amorce de stabilité, une esquisse d’unité, l’aurore d’une harmonie ?
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2 août 2026 (15H45) – On dit, — mais que ne dit-on pas ! — que Trump prépare un formidable best-seller pour saluer l’écrasante victoire des trumpistes aux élections de novembre prochain. Une source incontestable par la clarté de l’eau qu’elle dispense nous a soufflé le titre— à moi personnellement : ‘The Art of the Self-Made Traps’. Toute l’expérience de ses deux formidables premières années de son formidable deuxième mandat y sera exposée.
Le présidents des pièges pour soi-même, ainsi, — sous ce surnom ou sur ce sousnom, — l’histoire retiendra-t-elle cette présidence. Tout le monde est d’accord là-dessus : Trump est fichu, en bon pervers-narcissique poussé à l’extrême de ses capacités du domaine, — et l’Iran est vraiment un exemple excellent. Alastair Crooke, par exemple :
« Je pense qu'au bout du compte sur le plan militaire, les États-Unis sont vaincus. Ils peuvent faire ce que nous avons vu hier soir, mais fondamentalement, ils n'ont pas les moyens d'obtenir le genre de changement d'attitude en Iran que Trump recherche.
» Et cela frustre profondément Trump. Ça le met très en colère. Comme vous l'avez dit, il y a probablement eu une réunion assez tendue avec son équipe parce qu'il est frustré qu'il y ait pas de solution.
» Mais je pense que enfin, disons les choses ainsi, voilà où on en est. Il y a des choses à faire, il y a des options mais aucune ne fonctionne vraiment... »
(Suite)