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22 septembre 2026 (16H50) – Quasiment en même temps et bien que les circonstances techniques fussent différentes, les destins de l’Allemagne et de la Russie, une fois de plus liés par des proximités inéluctables, se sont croisés. Les votes régionaux en Allemagne dimanche ne déterminaient pas un changement de pouvoir, mais, plus gravement encore, un changement civilisationnel historique : la défaite d’une poutre-maîtresse de l’Occident-compulsif, l’Allemagne de l’Ouest [RFA], – absorbant ou dévorant l’Allemagne de l’Est [RDA] lors de la réunification de 1991, – qui triompha du temps de la Guerre Froide jusqu’à dimanche dernier.
C’est ce qu’explique l’Allemand Tarik Cyril Amar pour RT.com, s’attachant à l’événement symbolique qualifié de “désastre” par Merz, de la CDU ne parvenant même pas aux 5% de voix nécessaires pour être représenté au Bundestag régional du land de Mecklenbourg-Vorpommern (sans parler de Berlin, qui se nourrit de la même tempête) :
« C’est l’Histoire avec un grand H qui est en train de s’écrire. Car il ne s’agit pas seulement d’un fiasco irréversible pour la CDU ; la situation dépasse également le déclin et la chute, plus larges, des partis traditionnels allemands ainsi que de leur écosystème politique, médiatique et culturel. Ce qui se joue réellement aujourd’hui, enfin, c’est la fin de l’Allemagne de l’Ouest [RFA]. »
C’est donc la “revanche des ploucs” de l’ex-RDA en train de s’écrire, une sorte de ‘Métamorphose de cloportes’ qui voit les “grandes pointures” du Système encaisser des échec-et-mat en succession rapide de la part de seconds couteaux qui s’élèvent jusqu’à une position de puissance irrésistibles. Ils ont l’habileté et la fermeté de caractère que leurs chefs-tourmenteurs ont perdues dans une sorte d’atonie généralisée confinant à la folie sous la forme d’une torpeur intellectuelle réduite à la récitation d’une narrative encombrée de divers Zelenski devenus, eux, des cloportes sans avenir. Dans leurs bagages, les “ploucs” amènent une succession de mesures à faire trembler le Système lui-même... Ce qui importe n’est pas le sort de ces mesures mais les tremblements du Système, sortes de ‘Stupeurs et tremblements’ comme écrit la romancière.
Alexander Mercouris a fait de ce phénomène des “destins croisés” le cœur et l’allant de son commentaire du 21 septembre. On ne peut dire que ce commentateur-vedette de la presse alternative dissimule sa satisfaction de les voir, les uns après les autres, comme autant de pommes pourries, mordre la poussière. On se demande ce que Goldman-Sachs, son précédent employeur, a pu faire de Friedrich Merz qu’il eut à la tête de ses affaires européennes, quand on voit ce qu’il fait pour l’actuel, l’Allemagne réunifiée. Il a tout de même qualifié de « désastre » le résultat de son parti dimanche dernier dans le land , avec l’AfD inattendue bonne-première (vieille habitude désormais) dans le land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et à Berlin où ‘De Linke’ (sorte d’ancien parti communiste est-allemand) occupe cette place, — ce parti de gauche semi-antiSystème “autorisé” par le Système pour contrer l’AfD et qui se retrouve en antiSystème complet au côté de l’AfD.
« Désastre », dit-il ? Mais qui est le désastre dans cette affaire ? Alors, on en vient et revient au plus grand de tous (en taille, en stature, en lunatisme borné, en folie bien mal tempérée, etc.), — le chancelier Merz. Mercouris, lui, s’en est donné à cœur joie dans une critique vitriolesque de cet actuel chancelier totalement lunatique, exacerbé, hurlant et haranguant sur une autre planète des foules fantomatiques à l’assaut d’une Russie rêvée.
« À mon avis, Merz a réagi de manière absolument ridicule — une agitation incroyable, frisant l'hystérie — face au résultat en Saxe-Anhalt. J'ai pensé à l'époque, et je suis encore plus convaincu aujourd'hui, que sa réaction démesurée au succès de l'AfD en Saxe-Anhalt a très certainement affaibli davantage sa position et celle de la CDU lors des élections qui devaient encore se tenir en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin.
» Et l'on voit bien aujourd'hui que Merz continue de se poser en adversaire de l'AfD, qu'il tente fébrilement d'associer à Vladimir Poutine. À l'écouter, on a parfois l'impression que, lors des élections en Allemagne, il ne se présente pas — comme il le croit — contre l'AfD, mais plutôt contre Poutine lui-même, qui se trouve bien sûr à Moscou et ne fait pas du tout partie de la scène politique allemande.
» Merz accompagne cela de déclarations apocalyptiques sur l'avenir terrible que l'AfD pourrait engendrer, tout en ignorant la situation actuelle désastreuse que vivent de nombreux Allemands, alors que le pays sombre toujours plus dans la désindustrialisation et l'endettement. Le sujet principal de Merz à l'heure actuelle est l'importance d'augmenter les dépenses de défense, en accroissant l'endettement de l'Allemagne et en réduisant les dépenses sociales généreuses du pays. Il a récemment déclaré qu'il n'avait pas l'intention de changer quoi que ce soit, pas même d'un centime. Cela remonte bien sûr à avant ces deux derniers résultats électoraux, mais dans la foulée immédiate de ceux-ci, il a réitéré exactement la même position. »
L’Allemagne est dans une curieuse situation qui n’est pourtant pas inédite dans l’Europe de l’Occident-compulsif. Son chancelier est à la tête du parti soi-disant dominant, comme une sorte d’aimant attirant toutes les catastrophes possibles. Plus le temps avance, plus s’accumulent les défaites, — sans compter celle, possible sinon probable, de Zelenski, — et plu le cas-Merz devient en lui-même la crise qui secoue l’Allemagne. Bien entendu, elle n’est pas seule à subir cette marée, — derrière elle il y a l’Europe occidentale et l’UE, sinon l’OTAN et les USA où s’agite un étrange président vers lequel toutes les mains des élitesSystème se tendent à cause de ce qu’il représente, et qui vient tout de même de féliciter l’AfD après sa victoire en Saxe-Anhalt. Plus le temps s’accélère et plus on attend une démission de Merz, lequel n’est pas homme, si convaincu, à démissionner... A moins qu’il le fasse dans les quelques jours qui viennent, sinon aujourd’hui, puisque tout est possible !
C’est une situation si difficile pour le système de l’Allemagne, habitué à une stabilité démocratique de fer ; alors, le Système dans le chef de ses relais nombreux en Allemagne, comme indifférent à l’agonie de son rejeton de système allemand, l’observe se déstructurer, se désintégrer, se désagréger... C’est aussi comme faire durer le plaisir nécessairement pervers, et mourir de plaisir.
Mercouris n’ose y croire et pourtant tout pousse à y croire...
« Pour la première fois — pour la première fois depuis le début de l'opération militaire spéciale en 2022 — un tel basculement en Allemagne devient envisageable.
» Je ne dis pas que cela va se produire, mais il est impossible de minimiser l'ampleur et la portée des résultats que nous venons de voir, ainsi que la panique et l'hystérie qui se sont emparées de la classe politique allemande et de ses partisans en Europe et dans le reste de l'Occident collectif ; tout cela en dit long... »
Ce même dimanche, les bureaux de vote fermaient en Russie et tout s’est passé dans le calme de la stabilité derrière Poutine... Mais une “stabilité de guerre”, pour affronter la guerre que tous les Russes prévoient, sinon souhaitent
« Les élections législatives russes ont confirmé la domination politique de Poutine, alors même que la défense antiaérienne de Moscou a neutralisé la plus vaste attaque de drones et de missiles jamais lancée par l'Ukraine contre la capitale russe... Alexander Mercouris explique pourquoi le Kremlin en sort renforcé — contrairement à l'Allemand Merz, désormais politiquement condamné après les pertes catastrophiques de la CDU... »
Il est vrai qu’entretemps intervint une énorme attaque de drones lancé par l’Ukraine et ses amis de l’OTAN. Toute la presseSystème s’est exclamé devant cette initiative exceptionnelle, capable selon certains de renverser toute la situation opérationnelle. Ainsi raconte-t-on aux lecteurs bien sages et bien rangés les péripéties de cette étrange guerre qui se fait sur deux fronts dont l’un se situe dans les salles de rédaction également bien sages et bien rangées, installées sur la planète ‘Uranus’ selon le bon Marcel Aymé.
« Ainsi, il explique dans cette scène que la planète Uranus se rappelle à son souvenir tous les jours à l'heure du bombardement. »
L’autre font, on le connaît, vous et moi, c’est celui que défendent ceux qui mettent en cause les récits, les narrative bien sages que vous dispensent les esprits attentifs à suivre la ligne droite, si nécessaires à coup d’affirmations définitives et sensationnelles. Ceux-là prennent bien garde à ne pas trop paraître emportés dans leurs interventions, tout en affirmant des choses incroyablement contraires aux précédentes.
Et Mercouris, que pense-t-il de tout cela ? Il en appelle même à des témoins sur place, à Moscou. Il se contente de noter, entre les lignes et pour garder tout son calme objectif, que le communiqué du ministère russe de la défense fut “triomphal” pour décrire la défaite des drones, ce qu’il juge sans doute comme exagéré devant l’effet dérisoire de l’“énorme attaque de drone” lancée contre Moscou.
« Mais venons-en à la guerre elle-même. Eh bien, comme je l'ai évoqué dans mon émission d'hier, nous avons assisté à la plus vaste attaque de drones et de missiles jamais organisée par l'Ukraine contre Moscou.
» J'ai souligné hier que les résultats de cette attaque massive étaient totalement disproportionnés par rapport à son ampleur réelle ; les conséquences ont été dérisoires. Un entrepôt apparemment détruit et quelques impacts sur une raffinerie qui sera rapidement réparée. Un immeuble résidentiel a également été touché, peut-être par accident. Deux personnes ont perdu la vie — ce qui est une tragédie —, mais cela n'affectera pas la Russie en tant que pays, ni même Moscou, une ville de 17 millions d'habitants.
» Larry Johnson, ancien responsable du renseignement et de la CIA — et figure éminente de VIPS (Veterans Intelligence Professionals for Sanity), l'une des meilleures organisations des États-Unis à mon avis — se trouve toujours à Moscou. Il a déclaré qu'il ignorait, alors qu'il se trouvait dans sa chambre d'hôtel toute la nuit, que cette attaque massive de drones et de missiles avait lieu en plein centre de Moscou — dans le secteur du Kremlin, dans les hôtels voisins, les zones résidentielles du centre-ville et les bâtiments gouvernementaux. Cette attaque colossale de missiles et de drones est passée — et, dans le cas de Larry Johnson, est effectivement passée — totalement inaperçue.
» Compte tenu de l'ampleur de l'attaque, c'est déjà, comme je l'ai dit, extrêmement décevant ; toutefois, le ministère russe de la Défense a publié ce que l'on ne peut qualifier que de communiqué triomphal. »
Je me permettrais de me dispenser d’ajouter toutes les analyses sur la situation sur le terrain (Mercouris bien mieux que beaucoup), qui évolue très vite et de plus en plus vite, et dans le sens que les deux fronts imaginent, chacun pour leur camp. Mais on admettra qu’au bout s’établissent certains faits et je dis ici ma conviction que le bon résultat électoral de Poutine (certains jugeaient que son parti pourrait reculer tout en restant le premier à la Douma) est dû en bonne partie au durcissement, évidemment ordonné par lui, observé ces dernières semaines dans les attaques russes par missiles et drones contre l’Ukraine jusqu’à frôler les frontières de l’OTAN (pardon : des pays membres de l’OTAN).
Poutine a averti qu’il accentuerait radicalement la guerre russe après les élections, mais ses actes ont précédé cette promesse et le durcissement était déjà largement amorcé avant les élections. Il est logique, sinon inévitable dans le climat d’escalade opérationnel et de l’information qui prévaut, de faire l’hypothèse que ce durcissement se poursuivra et conduira à une guerre russe de très haut niveau. Les Européens se trouveront alors devant des choix terribles, et d’abord l’Allemagne qui se trouve dans le climat qu’on voit, elle aussi poussée par le temps qui a provoqué cette formidable accélération de la popularité de l’AfD.
Car il y a un seul vainqueur pour moi, un vainqueur incontestable dans cette séquence germano-russe, — et toujours le même, et c’est le temps considéré aussi bien du point de vue symbolique et métaphysique que du seul point de vue physique qui est le rejeton des précédents. Je cite bien volontiers, à la demande des divers et multiples PhG qui parsèment ces pages, le passage qui lui est dédié, qui m’apparaît plus vrai que jamais. Le temps sans cesse accéléré déroule devant nos yeux stupéfaits des séquences d’événements complètement improbables, devenus soudain évidents, qui chaque jour bouleversent notre vision au jour le jour, qui organisent des croisements extraordinaire des destins, qui prêtent la main au chaos pour qu’il se développe jusqu’à produire des effets que nous n’imaginons pas...
Ici et en un instant, les élections russes qui organisent une sorte de “stabilité de guerre”, donnant la main à un Poutine déjà plus dur hier et bien moins que demain ; l’Allemagne sur le point de chavirer dans une tempête qui menace son passé depuis 1945 ; cette « attaque colossale de missiles et de drones passée [...] totalement inaperçue », bien dans la manière des observateurs utilisant leurs longues-vues à l’envers ; la guerre sur tous les fronts, vue de planètes distantes de millions d’années-lumière. Le temps est “le maître des horloges”... Il aurait fallu que le jeune et sémillant président s’y fasse au lieu d’écouter ses conseillers en communication répétant le slogan ; le fait est qu’il s’y est brûlé et s’y brûlera bien plus encore, à peu près comme Friedrich Merz.
« Le temps a accéléré et ne cesse d’accélérer à chaque instant de temps, — et je dis cela, non comme une image, mais comme une vérité (vérité-de-situation) insensible à la relativité décrite plus haut et sur laquelle nous ne pouvons rien. Cette vitesse du temps est un facteur absolument réel, plus réel que nos propres incompréhensions, qu’on peut donc qualifier d’Absolu totalement inapprochable et intangible à notre échelle. Il précipite toutes les situations hors des effets marquants des manœuvres et des manigances humaines, surtout dans l’Occident-compulsif. Il acte plus que tout autre facteur la vaniité des prétentions humaines à la maîtrise du monde ; en premier lieu d’ailleurs les milliardaires de l’IA. »