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5 août 2026 (20h15) – La situation générale actuelle est l’objet de la part des esprits indépendants,— plutôt hors-Système qu’antiSystème bien que l’antiSystème soit inclus naturellement dans l’Hors-Système, — d’un nombre interminable de recherches fondamentales allant dans une quasi-infinité de sens divers. Nous avons beau chercher autour de nous, avec PhG (moi-même) en poisson-pilote, nous ne voyons que cela. Partout domine le catastrophisme, état évident pour tous bien entendu, et par conséquent les “recherches fondamentales dans une quasi-infinité de sens divers” s’enlisent très vite dans un fourmillement de détails, d’hypothèses, de certitudes absolument incertaines, de complots extraordinaires, de croyances terribles et de principes exceptionnels pour n’aboutir qu’à des conclusions qui n’en sont nullement, des conclusions qui réfutent la possibilité actuelle de conclure.
Dans cette dernière phrase, le mot “actuelle” (“la possibilité actuelle de conclure”) est essentiel. Que nous nous voulions et soyons Hors-Système et antiSystème ne change rien au fait que nous parlons de l’intérieur du Système, c’est-à-dire d’un lieu métahistorique qui ne peut être défini que par le concept de nihilisme-total ; et ce concept, d’ailleurs, tout entier emporté par la tâche de la négation et de la destruction de la métahistoire sans la moindre conscience qu’il se détruit lui-même. Nous sommes au cœur du Néant et mesurons combien le monde en folie est guidé par le Rien. A partir de cette position que nous ressentons comme insupportable, nous voudrions déjà définir une construction nouvelle pour l’à-venir qui soit cohérente, structurée. C’est une ambition bien imprudente : à partir du Néant et du Rien qu’est le nihilisme-total, les matériaux dont nous disposons sont les débris et les restes du monde dont le nihilisme-total qu’il a lui-même créé a achevé la destruction. Comment, dans de telles conditions et avec de tels moyens, espérer trouver une amorce de stabilité, une esquisse d’unité, l’aurore d’une harmonie ?
Eh bien certes, la seule certitude qu’il nous reste est la surpuissance irrésistible du phénomène d’autodestruction du Système,— notre fameuse équation “surpuissance = autodestruction”. C’est une idée qui est à la base de notre travail et que nous avons formalisée comme telle, sous forme d’“équation” concernant l’activité d’une entité déjà partout présente dans nos réflexions, et parfaitement identifiée et nommée Système depuis au moins 15 ans.
On donnera deux exemples à partir de deux théâtres très différents, celui de l’environnement et celui de la pensée elle-même, qui illustrent cette démarche :
• Un extrait du texte « Le système contre lui-même », du 26 mai 2011, qui concerne le Brésil et la destruction de sa forêt amazonienne :
« Bien entendu, l’histoire ne s’arrête pas là, comme c'est la règle aujourd’hui dans les cas de cette sorte. Le Système est maître et le Brésil qui lui est en bonne partie hostile s’y soumet ; mais cette soumission est telle qu’elle se place dans un contexte général qui n’est plus celui du triomphe du Système, mais celui de sa grande crise, dont on sait qu’elle passe principalement par l’acquisition sans fin d’une surpuissance qui alimente une impuissance à mesure, et accélère la contradiction interne du Système, sa tendance à l’autodestruction. Le Brésil cède, certes, mais le Système ne fera de cette victoire qu’un aliment de plus de sa propre crise. Un jour prochain, inéluctablement, nous atteindrons le cœur de la tragédie. »
• Un extrait du texte, 14 (15) ans plus tard, le 26 août 2025 « De la surpuissance à l’autodestruction », qui relie un auteur autrefois fameux que je connus dans les années 1983-86, alors qu’il était animé d’une ardente foi anticommuniste et se satisfaisait parfaitement, sinon cyniquement, de la vie américaniste qu’il menait : il lui restait vingt ans à vivre pour modifier complètement son jugement. Il est présenté ici comme un critique de plus en plus virulent de la démocratie, fille presque-ainée du Système, au côté du professeur et philosophe italien Andrea Zhok, de la même eau.
« “Je suis moyennement démocrate”, disait (titre d’un de ses derniers livres) Vladimir Volkoff. Nous qui l’avons fréquenté durant quelques mois, voire deux ans, alors qu’il avait créé sa pièce ‘Yalta’ à Bruxelles, en 1984, savions bien que son ironie extrêmement sarcastique et nullement exempte d’une méchanceté habile s’exprimait surtout à propos des choses que le système occidental jugeait sacrées et sacro-saintes. Bref, pour ce cas, il avait raison, lui qui jugeait la “moyenne” comme la chose la plus détestable et haïssable du monde, lui préférant les cavalcades de Cosaques.
» Quant à Zhok, la description qu’il fait de l’état actuel de la démocratie “comme modèle de la modernité”, l’affichage hurlant de ses contradictions et de ses attentats à toute idée de justice et de bonne entente dans les sociétés nous conduisent à renforcer notre jugement sur l’effondrement crisique non seulement qui nous attend, mais qui se déroule actuellement sous nos pieds et sous nos yeux. Ainsi est réalisé le modèle parfait de la modernité, résumé dans notre équation favorite : surpuissance = autodestruction. »
Nous avons poursuivi avec opiniâtreté (l’entêtement de PhG, je le connais bien) dans cette voie du constat du règne enfin établi du nihilisme-total sur le monde avec en tête de la musique un fou-bouffe couleur orange-fanée qui ne cesse de se proclamer empereur de tous les empires : puis, au-delà, alors que la musique s’arrête, de son trépas (celui du nihilisme-total) qui s’ensuit pas très loin d’immédiatement. Cela, comme vu encore le 25 juillet 2026 ; à la suite des « Galipettes, palinodies et pantalonnades nietzschéennes » de PhG :
« Le nihilisme, devenu suppositoire aux riches atours recouvrant cette masse de merde nommée nihilisme et réduit à l’odorat du néant et du rien, et donc préparée à trépasser de la plus belle des manières... [...] Jusqu’à, peut-être, le croche-pied divin de l’IA.
» Conclusion ? Nietzsche a trouvé la façon élégante, radicale, sans appel ni retour, de liquider le nihilisme enterré à ses côtés et salué par son ricanement de Machiavel postmoderne, avec l’inscription :
« “Ci-gisent Nietzsche et le nihilisme, le second cocu jusqu’au très-profond du suppositoire des redoutables moustaches ravageuses du premier.” »
Je sais bien que cela ne plaira pas beaucoup aux philosophes académiques, aux experts, aux prévisionnistes à la longue vue mais à la vue courte, etc. Mais je m’y tiens ! Laissez faire le temps et la sottise humaine, qui se déplacent et grandissent ces temps derniers à une vitesse hypersonique (12 000-13 000 km/h et 5000-6000° degrés Kelvin, chaleur de la surface du soleil, à l’impact). Nul besoin de complots ni de grands principes saccagés lorsqu’on contemple le “travail” déjà accompli depuis, disons, 2001 (9/11 comme date symbolique). Il suffit simplement du suppositoire concocté par Nietzsche selon la formule « il ne reste que la noblesse du nihilisme à la philosophie », — et l’autodestruction sera achevée.