Le ridicule d’être leurs descendants

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Le ridicule d’être leurs descendants

22 août 2026 – Cela ! Jamais deux mots, au propre ou au figuré selon des sens si différents, n’eurent une signification aussi similaires jusqu’à les confondre. Je parle du mot “descendants”, qui est un autre mot, plus performant si l’on veut, que celui d’“héritiers”, mot noble perverti par le moderne parce qu’il suppose l’image de l’héritage devenu aujourd’hui matière sonnante et trébuchante sans aucun projet structurant pour le justifier. “Descendants”, mot que je préfère pour ce cas qui est celui de notre époque devenue folle, c’est aussi la chose qui descend, et celui-ci se confond avec celui-là, et “descendant” est bien celui qui descend. Nous sommes donc les descendants des temps d’Homère et d’Ulysse, comme le USS ‘Abraham-Lincoln’, masse impressionnante prenant presque toute la mer pour elle, puant à l’intérieur, pourrissant sans mesure, avec à son bord des hommes affamés et pourtant faisant la queue aux chiottes car les toilettes sont devenues chiottes au rythme des appontages et des catapultages. Là aussi, c’est de la matière descendante.

Pour cette raison, je n’irais pas voir ‘L’Odyssée’, un film de Christopher Nolan, ré-interprétant et ré-ré-actualisant, comme font les “descendants” arrivés en modernité et comptables d’un conformisme de fer, l’un des joyaux fondateurs de ce qu’on nomme “civilisation” ; et je parle de l’écrit fondateur perçu comme un symbole bien plus que comme un écrit imposant la lecture avec ses couleurs diverses (deux mots également importants).

Non que je recule devant la fonction de critique en proclamant ma volonté de non-lecture comme une provocation qui permet d’en débattre, puisqu’en effet je suis dans ce rôle sous le nom de “Pseudo-PhG” dans le livre que j’écris en consultation avec l’IA qui vaut bien dix fois l’espèce humaine. Pour Nolan, il me suffit de lire la distribution, — non pas que je sois raciste, vision terrifiante, mais parce qu’on me la présente d’une manière hyper-raciste. Ce n’est pas le mot “raciste” qui me fait peur, c’est la profonde et incompétente stupidité de ceux qui le prononcent par pure obéissance au diktat du conformisme.

Ici, l’on s’arrête un peu pour verser quelques larmes sur vous-savez-quoi. Avant il y avait l’arrêt-pipi, aujourd’hui il y a l’arrêt-jérémiades qui marquent tous les regrets encombrants et rangés dans un désordre larmoyant de notre passé, dont toute l’espèce humaine, les blancs certes mais ceux de l’arc-en-ciel aussi, est chargée comme un mulet, — cette si brave bête qui nous regardent, tristement et avec le fatalisme de qui sait qu’on n’y peut rien, la charger de cargaisons et mystifications diverses utilisées dans le rapport changeant de nos histoires respectives remises au goût du jour.

Je parle de l’article (‘Unz.com’, repris sur euro-synergies.hautetfort.com), de Hua Bin, du 16 août 2026 sur

« L'Odyssée et la futilité du faux universalisme culturel — Christopher Nolan a gâché un classique intemporel avec un symbolisme flagrant. »

Hua Bin commence en rapportant en quelques mots ce que fut ‘L'Odyssée’ d'Homère et, aussitôt un mot m’arrête, qui n’est pas lecture ni d’intrigue, qui ne parle ni de couleurs de peau ni de diversités de cultures. L’aurez-vous tous reconnu, ce mot qui se suffit à lui-même pour symboliser notre tragédie sans fin que nous avons réussi à transformer en tragédie-bouffe ? Je le souligne de gras, tant vous en retrouverez des traces dans les abondantes archives de ce site qui continue son chemin comme un glacier défiant les multiples “crises climatiques” :

« L'épopée raconte le long et traumatisant voyage de retour d'Ulysse après la guerre de Troie.

Cette histoire a donné naissance au concept de nostos – le mot grec ancien pour retour au foyer , dont dérive le mot nostalgie... »

Puis défile la critique. Elle est tellement facile pour l’auteur de ces lignes qui n’en a pas lu une seule dans ce cas et selon le sens évoqué, pour qui Homère et Ulysse sont des symboles absolument intangibles et irréfragables de l’aventure humaine à ses débuts, — loin, si loin des babillages présents, des habiles tactiques de l’Hollywood de la modernité qui se débrouille pour peinturlurer en noir la blanche Hélène de Troie et ainsi de suite :

« Je ne parle pas de Robert Pattinson, l'acteur américain anglophone qui incarnait l'antagoniste Antinous – de façon très peu convaincante, d'ailleurs.

Je parle d'Hélène de Troie et d'Athéna, la déesse grecque de la sagesse et de la guerre. Deux personnages importants de toute cette histoire.

Hélène, décrite dans les livres d'Homère comme « aux bras blancs » et dont la beauté a poussé Pâris à la séduire et à l'enlever, ce qui a conduit à la désastreuse guerre de Troie, était interprétée par l'actrice noire Lupita Nyong'o.

Athéna, déesse de l'Olympe et fille préférée de Zeus, était interprétée par l'actrice métisse Zendaya, d'origine afro-américaine et germano-écossaise.

Ces choix d'actrices bouleversent complètement la façon dont les lecteurs, à travers les millénaires, imaginent Hélène et Athéna. »

J’espère simplement que les noirs-de-peau et métis de l’Olympe ne sont pas trop fiers et heureux qu’on se foute ainsi délibérément de leurs fioles. Un empire qui bascule parce qu’il s’est déguisé en un glacier trop grand pour lui, cela fait des éclaboussures et des glou-glou-glou, mais ça ne vaut pas tripettes dans les simulacres qu’il met en scène pour avoir encore l’air d’un empire.

La tentative se heurte à de terribles torpilles hypersoniques et missiles de la même eau, qui sont la représentation moderne, — technologies triomphantes retournées contre leurs inspirateurs, à la Sun Tzu, — la représentation moderne, disais-je, des symboles “absolument intangibles et irréfragables qu’ils prétendent récupérer pour boucler leurs sacs de milliards et trillions de dollars.

Alors, l’explication de “Nolan et du studio” est une occasion de bien en  rire, dans sa naïveté, son goût irrésistible du simulacre, son sens presque mécanique et fasciné du mot vide de sens, son ignorance abyssale de ce qu’est le symbolisme d’un symbole et de sa puissance réelle et ainsi de suite. Hua Bin parle d'un « symbolisme à l'extrême » pour décrire keur “explication”, mais c'est d'un symbolisme inverti, accouché d'une subversion dont il parle...

« Nolan et le studio ont défendu les décisions délibérées qui ont motivé ces choix de casting.

Ils affirment que l'intention de Nolan est de créer une version de l'épopée antique où les acteurs sont “représentatifs du monde” ».

Cette “explication”, extrêmement Woke comme on swingue et comme l’on est rock’n’roll, est complètement moderne et témoigne, comme le note Alastair Crooke à un autre propos qui est complètement différent et même objectivement contraire à celui que j’expose ici, de ceci qui caractérise l’état de l’esprit des Occidentaux transatlantiques confrontés à la véritable substance, ou non-substance plutôt, de leur destin tragico-bouffe :

« Mon argument… est que les modes de pensée occidentaux, séculiers et mécanistes, ne comprennent pas ces [réalités fondamentales]. L’Occident s’obstine à appliquer ses préceptes conceptuels occidentalisés à quelque chose — [le symbolisme et sa puissance créatrice] — qui échappe totalement au champ de conscience occidentale postmoderne. Nous comprenons bien la politique de puissance, mais l’eschatologie [symbolique] reste, dans une large mesure, un livre fermé pour la plupart des Occidentaux séculiers ».

Moi qui n’ait pas lu ‘L'Odyssée’ d'Homère mais qui sait parfaitement, d’intuition et de nostalgie aidant, ce dont il s’agit, je laisse à votre connaissance et à votre sagacité ce qu’un spectateur critique en écrit. A mes descendants, je lègue la nostalgie d’une enfance baignée dans les eaux souvent plus froide qu’on ne croit à l’automne perdue de notre espèce, — de cette mer sacrée, cette Mare Nostrum de l’espèce humaine dont la sacralité doit tant à Homère et à Ulysse. Je vous jure que, dans le roulis des vagues et l’écume de leurs énergies, l’on entend dans cette Méditerranée des Anciens des voix venues de l’au-delà des mers, souligner des éclats de rire presqu’olympiens devant les effets et les conséquences des réalisations humaines.

PhG — Semper Phi
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L'Odyssée’ et leur futilité

L'Odyssée d'Homère est un trésor culturel occidental. Elle constitue sans aucun doute un pilier fondamental de la littérature et de la mythologie occidentales.

L'épopée raconte le long et traumatisant voyage de retour d'Ulysse après la guerre de Troie.

Cette histoire a donné naissance au concept de nostos – le mot grec ancien pour retour au foyer , dont dérive le mot nostalgie

J'ai adoré cette histoire dès ma première lecture, enfant. J'appréciais aussi Ulysse, héros intellectuel, contrairement à Achille de l' Iliade , qui ne jure que par la force physique.

Il y a deux ans à peine, j'ai relu cette histoire avec ma fille de 10 ans, alors qu'elle traversait une phase de passion débordante pour la mythologie grecque.

Elle connaît par cœur les noms et les histoires de tous les dieux, demi-dieux et héros grecs. Elle maîtrise leurs relations complexes. Son préféré est Persée.

Pour visiter certains des anciens sites mentionnés dans les récits, nous nous sommes rendus sur les sites archéologiques de Mycènes, Sparte, la Crète et Çanakkale lors de nos voyages en famille en Grèce et en Turquie durant l'été et l'automne 2024.

Alors, quand le film L'Odyssée de Christopher Nolan est sorti en salles, je l'attendais avec impatience et je suis allé le voir la semaine dernière après mon voyage.

Je suis également fan de Nolan, ayant déjà apprécié plusieurs de ses chefs-d'œuvre : le captivant Oppenheimer , le complexe Inception et l'ingénieux Memento .

Mais le film s'est avéré une grosse déception. La photographie est puissante, comme prévu. Matt Damon livre une nouvelle performance crédible et intense. L'intensité est une qualité que j'apprécie particulièrement chez une personne.

Mais le train a déraillé avec les choix de casting « non conventionnels » de plusieurs personnages familiers.

Je ne parle pas de Robert Pattinson, l'acteur américain anglophone qui incarnait l'antagoniste Antinous – de façon très peu convaincante, d'ailleurs.

Je parle d'Hélène de Troie et d'Athéna, la déesse grecque de la sagesse et de la guerre. Deux personnages importants de toute cette histoire.

Hélène, décrite dans les livres d'Homère comme « aux bras blancs » et dont la beauté a poussé Pâris à la séduire et à l'enlever, ce qui a conduit à la désastreuse guerre de Troie, était interprétée par l'actrice noire Lupita Nyong'o.

Athéna, déesse de l'Olympe et fille préférée de Zeus, était interprétée par l'actrice métisse Zendaya, d'origine afro-américaine et germano-écossaise.

Ces choix d'actrices bouleversent complètement la façon dont les lecteurs, à travers les millénaires, imaginent Hélène et Athéna.

Nolan et le studio ont défendu les décisions délibérées qui ont motivé ces choix de casting.

Ils affirment que l'intention de Nolan est de créer une version de l'épopée antique où les acteurs sont « représentatifs du monde ».

Parce que l'Odyssée est une grande épopée mythologique plutôt qu'un document historique strict, Nolan a choisi de s'affranchir des clichés hollywoodiens traditionnels.

Le choix d'une actrice noire à la peau foncée pour incarner Hélène de Troie remet intentionnellement en question les stéréotypes cinématographiques eurocentriques qui, historiquement, représentent Hélène exclusivement comme une femme blonde à la peau claire.

Nolan a abordé ce concept lors de la tournée de presse du film, expliquant que sa stratégie de casting pour L'Odyssée équilibrait la représentation mondiale avec une technique narrative spécifique : utiliser le casting pour mettre en évidence les divisions structurelles et culturelles.

Nolan a fait valoir qu'en confiant le rôle principal à une star hollywoodienne reconnue comme Damon, face à une distribution internationale très diversifiée, le film présentait visuellement le voyage d'Ulysse comme une force agressive et colonisatrice confrontée à des cultures qu'elle ne comprend pas.

Franchement, je pense que Nolan et le studio ont complètement perdu le fil.

Ce film aurait dû être une adaptation cinématographique d'un classique épique, et non un discours politique à visée didactique.

Dans une vaine tentative de construire un fragile « universalisme culturel » par le biais d'une « diversité de casting », et au mépris total de la conception originale d'Homère, Nolan & Co. ont poussé le symbolisme à l'extrême.

Curieusement, aucun des personnages principaux du film n'était interprété par une personne d'origine grecque.

Il est tragique que le Hollywood moderne doive renier l'histoire pour être « politiquement correct » et considéré comme « multiculturel ».

Il n'en résulte pas le multiculturalisme, mais plutôt la destruction de la diversité raciale et historique unique qui fait de notre monde un lieu si riche et coloré. L'exact opposé de la véritable diversité.

C’est la même logique qui explique que la mondialisation soit incarnée par la présence de McDonald’s et de Starbucks à chaque coin de rue.

Ils ne représentent pas la mondialisation. Ce sont des chaînes de magasins standardisées, produisant en masse.

Lorsque les spectateurs vont au cinéma voir une épopée grecque, ils s'attendent à voir des Européens, idéalement des Grecs.

Une distribution « multiculturelle », réunie comme un symbole de « diversité », est un manque de respect envers le public et les générations de lecteurs d'Homère.

Le choix d'une femme noire pour incarner Hélène et d'une actrice métisse pour interpréter une divinité grecque est délibérément inexact par rapport à l'œuvre originale.

Il ne s'agit pas d'une liberté créative acceptable, mais d'un geste provocateur et irrespectueux.

Ce film instrumentalise délibérément les « guerres culturelles woke » pour s'attaquer à un classique intemporel.

Et si l'on n'est pas charitable, il s'agit d'un acte mesquin, d'un stratagème marketing de bas étage.

Nihilisme culturel post-moderne et survie des civilisations

Modifier l'origine ethnique des personnages des épopées européennes antiques efface les réalités culturelles, géographiques et historiques spécifiques de la Grèce mycénienne et archaïque.

Lorsqu'une société cesse de préserver les caractéristiques spécifiques et uniques de son histoire fondatrice, cela conduit à un effondrement de son identité culturelle.

Globaliser les épopées européennes en appliquant les normes modernes de diversité occidentales produit en réalité l'effet inverse de celui recherché pour la célébration de la culture.

Elle homogénéise l'histoire, traitant les lignées historiques européennes, asiatiques ou africaines spécifiques comme des pages blanches interchangeables.

Au final, de telles adaptations infidèles témoignent d'un épuisement culturel de la part d'une industrie tellement déconnectée de ses propres racines qu'elle ne peut plus apprécier les textes anciens pour ce qu'ils sont.

En réécrivant certains détails, comme la description d'Hélène par Homère, le film privilégie les tendances politiques contemporaines à la réalité historique.

Ce rejet de la tradition et de l'histoire est la cause directe du nihilisme occidental post-moderne.

Elle est une cause directe du déclin de la civilisation européenne.

Arrêtez de détruire les trésors culturels

Certaines choses méritent une fidélité historique. Et Hollywood n'a pas le droit de s'approprier les trésors culturels d'autrui à des fins commerciales.

Si Hollywood souhaite promouvoir sa version de « l’universalisme culturel », qu’il le fasse avec ses franchises superficielles de Captain America ou ses séries de faux héros remplies de violence factice comme John Wick.

N’expérimentez pas avec les classiques comme une concession extrême et discordante au multiculturalisme moderne.

Box-office et hypocrisie suprême

Les défenseurs de l'adaptation controversée des personnages par Nolan affirment que, puisque le film a rapporté 1,1 milliard de dollars au box-office, le choix d'un casting « multiculturel » a permis de célébrer la « diversité » tout en étant rentable.

C'est un argument fallacieux.

D'une part, la fréquentation du public serait sans doute bien meilleure si le film restait fidèle à la vision traditionnelle d'Homère.

Ne pas s'aliéner le public est généralement un pari plus sûr pour obtenir de meilleurs résultats financiers.

Le film Gladiator de Ridley Scott ou la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson me viennent à l'esprit comme exemples de films à la fois couronnés de succès commercial et fidèles à l'histoire et aux sources originales.

Le film Troie de Wolfgang Petersen (2004) , qui fait écho à L'Odyssée , en est un autre exemple.

Deuxièmement, le choix de Matt Damon pour incarner le protagoniste Ulysse révèle l'hypocrisie du symbolisme multiculturel du film.

Damon est le choix par excellence, une valeur sûre : une superstar hollywoodienne blanche, confirmée et rentable, de premier plan.

Nolan et le studio n'auraient jamais envisagé de confier ce rôle à un acteur indien ou hispanique, même si un tel choix aurait favorisé l'universalisme culturel.

Parce que vous pouvez être absolument certain qu'un acteur indien ou hispanique dans le rôle d'Ulysse fera un carton au box-office.

Nolan et son équipe le savent, et c'est pourquoi ils ont opté pour la solution de facilité. Helen, noire, et Athena, métisse, n'apparaissent à l'écran que quelques minutes au total, sans pour autant gâcher le film.

Hollywood peut considérer la grande épopée comme un contenu malléable permettant de maximiser son attrait mondial et de prêcher sa vision de l'universalisme culturel au moyen de quelques gestes symboliques.

Elle n'a aucun scrupule à traiter un patrimoine civilisationnel unique comme une marchandise générique, en gommant toute vérité historique spécifique pour créer un produit qui corresponde à sa vision de la « diversité ».

Mais risquer le succès commercial et la rentabilité financière en choisissant un acteur non conventionnel pour le rôle principal, c'est aller trop loin.

Au final, l'objectif principal d'Hollywood est de servir le consumérisme post-moderne et de générer des profits démesurés pour les producteurs.

Un véritable multiculturalisme et le respect de tous

La véritable diversité culturelle repose sur la préservation fidèle des racines, des contextes et des caractéristiques spécifiques de chaque civilisation.

Cela signifie respecter les différences et préserver l'histoire unique des différents peuples.

Vous protégez l'intégrité, les frontières et les identités uniques de chaque civilisation en veillant à ce que les histoires européennes, asiatiques et africaines soient racontées en respectant leurs origines réelles.

En les mélangeant tous dans un creuset moderne et interchangeable sous couvert d’« universalité », on efface l’identité civilisationnelle même qu’elle prétend célébrer.

Nolan et Hollywood n'ont pas non plus rendu service aux races « défavorisées » en les incluant dans une représentation historiquement inexacte.

Intégrer des acteurs de couleur dans des rôles européens historiquement ou textuellement inexacts est un raccourci superficiel.

Au lieu d'écrire des épopées originales à gros budget ancrées dans les histoires et mythologies africaines, asiatiques ou autochtones, Hollywood se contente de changer la couleur de peau de personnages européens existants.

C'est du cynisme d'entreprise.

Elle considère la vérité historique, les textes objectifs et les traditions ancestrales comme totalement dénués de sens.

Dans cette vision du monde, rien du passé n'est considéré comme sacré ou immuable.

Un texte fondateur comme l'Odyssée d'Homère n'est pas considéré comme un artefact historique à préserver et à respecter, mais simplement comme une propriété intellectuelle brute et malléable, à remodeler selon les sensibilités politiques et sociales de l'époque.

La liste de critères démographiques soigneusement élaborée dans The Odyssey ne fait que feindre superficiellement une véritable représentation.

Il est triste de voir une grande épopée, chérie par des générations de lecteurs, servir de prétexte à un symbolisme culturel bon marché.

Si vous avez 3 heures à tuer, je vous suggère plutôt de regarder 2001 : L'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, avec une distribution entièrement blanche et presque exclusivement masculine .

Hua Bin