• La série des “Carnets” abrite, dans dedefensa.org, les écrits de commentaires personnels d’invités du site. • Sur ce qu'on nomme “les réseaux” ou “la toile”, il s'agit  de ce qu'on désignerait en général comme un blog. • Les “Carnets”, ce sont donc les blogs des invités de dedefensa.org dont nous jugeons, en plein accord avec eux et à l'avantage et à la satisfaction de chacune des parties, qu'ils peuvent devenir des collaborateurs réguliers du site. • Il n'y a pas de limites aux sujets abordés et pas de sujets précisément assignés à ces collaborateurs : les seules exigences concernent la forme et la décence du propos, la responsabilité dans le développement du propos. • Sur le point très important du fond des textes, nous disons que dedefensa.org donne comme règle de ces “Carnets” une orientation générale des domaines abordés trouvant ses aises dans celle dont le site fait à la fois l'usage et la promotion. • Pour autant, il y a une règle impérative qui domine toutes les autres. • Il n’est pas assuré que tous les propos des invités soient dans le sens de ce qu’écrit et pense dedefensa.org, et il ne peut en aucun cas y avoir assimilation, de ce qu’écrivent nos invités avec la signature du site : l’invité est seul responsable intellectuellement de ses propos. • Il s'ensuit, cela va de soi et selon la formule consacrée, que les propos dont nous parlons n’engagent en rien et en aucune façon dedefensa.org, essentiellement bien sûr dans ce domaine intellectuel et de l'opinion. • Ces éventuelles différences et divergences ne seraient pas nécessairement signalées mais elles le seraient en cas de publicité dans ce sens ou de toute autre nécessité, avec conséquences ou pas c'est selon. • Le site décide, espérons-le en bon accord avec ses invités, des conditions diverses et de l’application des règles énoncées ci-dessus de publication de leurs écrits. • Les Carnets de Nicolas Bonnal sont tenus par l'écrivain, essayiste et commentateur dont on peut trouver une présentation dans le Journal-dde.crisis de Philippe Grasset, le 2 octobre 2016.

• Les livres de Nicolas Bonnal sont disponibles sur sa page Kindle/Amazon à l'adresse URL suivante:

 https://www.amazon.fr/Nicolas-Bonnal/e/B001K7A4X0

Pourquoi le système veut faire passer Marine

  samedi 18 février 2017

La rapidité de la soumission de Trump au système a été admirable, comme la soumission de Syriza en Grèce, ou la rapidité de l’annulation du Brexit ! Comme dirait Céline, la résistance populiste ne demande qu’à foutre le camp - ou à cliquer rageusement sur sa souris…

Voyons le cas de Marine élue.

La France aurait des taux d’intérêt pour rembourser sa dette qui monteraient le soir-même à 10%. La France aurait une révolution orange dans la rue. La France aurait une rébellion de la fonction publique. La France aurait une fuite de capitaux. La France aurait des bourgeois désespérés par l’effondrement du prix des appartements parisiens et des châteaux ancestraux. La France se ferait ferrer par l’Otan encore plus vite que la Serbie. La France se prendrait les attentats les plus rapides de sa carrière… Pour toutes ces raisons, le système veut Marine.

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Truman et le procès de la CIA (décembre 1963)

  jeudi 16 février 2017

Le 21 décembre 1963, un mois après un inopiné accident de voiture, l’ex-président Truman, célèbre pour sa doctrine éponyme, sa Guerre Froide, sa bombe d’Hiroshima, sa guerre de Corée, sa bombe de Nagasaki, son Otan et autres merveilles rédige une maladroite lettre publiée le matin et censurée le soir-même.

Il s’interroge sur le destin de son enfant terrible, la CIA. Et sans le vouloir il nous révèle (confesse ?) plus de choses que dix imaginatifs articles conspiratifs. Cochin et Tocqueville nous le disaient déjà (lisez mon livre sur Littérature et conspiration) : pourquoi en effet avoir recours aux conspirations quand il s’agit le plus souvent de pratiquer la théorie de la constatation dans les textes officiels ? Le système est en effet sûr de lui : il ne cesse confesser ses crimes et ses erreurs, préférant se fier à notre ineptie !

Truman regrette donc le détournement et la détérioration de la CIA (pour notre ami Ralph Raico, la CIA est dès le début « comiquement inepte », inspiratrice de coups pourris et des pires scénarios hollywoodiens –voyez et revoyez le génial film germano-américain Red avec Bruce Willis). Et cela donnait ceci : Truman rappelle que l’on avait besoin d’intelligence et d’informations pour mieux agir. Son efficacité, écrit-il avec pompe, dépend de la qualité de ses informations.

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Guitry et le Grand Remplacement culturel

  mardi 14 février 2017

Enfant, quand je découvrais un Guitry à la télé, je ne comprenais pas cette France. Je cherchais des anciens pour me l’expliquer. Les châteaux, les villages, François premier, Talleyrand, les royalistes, l’héroïsme, les champs de bataille, la galanterie, le génie littéraire ? Revoyez la Symphonie fantastique sur Berlioz, Hugo, Gautier, chef d’œuvre de ce virtuose Christian-Jaque, pour comprendre de quoi je parle : d’une France, de la vraie France qui avait déjà été remplacée. Les zombis qui avaient succédé à ces anciens Français n’auraient aucune peine (autant dire tout de suite ce que j’ai sur le cœur) à se laisser remplacer. On ne peut tuer ce qui est mort, dit mon bon maître Michelet.

Moi j’avais été élevé par les seins nus sur les plages, par les Shadoks et par Charlie-Hebdo ; par le franglais de nos aéroports, les statistiques du chômage et les promesses sociales de l’Union de la Gauche. Alors Guitry c’était Jurassic Park. On avait changé de France. Le Grand Remplacement culturel avait déjà eu lieu et, aux toiles de Jouy et à Rameau, avaient succédé les enfants de Marx et de Coca-Cola. Tous les Maurice Chevalier et Mistinguett du doux Paris avaient été remplacés par Sylvie et Johnny (notez que Chevalier fut une star américaine), la presse Filipacchi et la bande de copains. Revoyez le film avec Brigitte Bardot La mariée était trop belle. On est encore dans la France du terroir, de la distinction, de la coquetterie bon aloi. Quelques années plus tard, avec la même Bardot on bascule dans la lessive de masse : c’est Vie privée de Louis Malle.

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Pourquoi la Nouvelle-Zélande fascine Wall Street

  dimanche 12 février 2017

Apocalypse Island : c’est ainsi qu’un rédacteur de Lewrockwell.com nomme la Nouvelle-Zélande. Le paradis tempéré du Seigneur des Anneaux est devenu depuis une dizaine d’années une capitale immobilière d’un genre particulier : on achète des îles hors de prix, des grandes propriétés, des haciendas comme en Patagonie. Mais la Nouvelle-Zélande précise l’article est avantagée car son archipel est loin de tout (la Patagonie n’est qu’à deux mille kilomètres du populeux Brésil ou de Buenos Aires…) et qu’il ne figure pas sur les cibles nucléaires. Le cinéaste  Peter Jackson a joué un rôle aussi ici en filmant ce paradis pseudo-médiéval propre à attirer les milliardaires en mal de résidence secondaire eschatologique. Les plus négligents oublieront de lire Jared Diamond et sa description du massacre cannibale des îles Chatham : toute une tribu fut exterminée et dévorée au début du dix-neuvième siècle par ses voisins maoris (1).

On sait qu’en Patagonie les Soros, Benetton, Joe Lewis, Ted Turner (aujourd’hui tous bien vieux) ont acheté, pour des raisons spéculatives, sportives, esthétiques ou écologiques. Le fondateur de North Face Douglas Thompson avait même coupé le Chili en deux pour créer sa réserve Pumalin. Avec les gouvernements actuels rien de plus simple ! Les bons Bush eux contrôlent une partie du Pantanal paraguayen.

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Périclès, Roosevelt et les démocraties impériales

  jeudi 09 février 2017

John T. Flynn est un pamphlétaire de la première moitié du siècle dernier. Il a écrit après la Guerre un best-seller contre Roosevelt, The Roosevelt Myth. Dès les années trente il reprochait au New Deal sa gabegie, son inutilité, sa dette immonde. Pour lui comme pour Georges Bernanos New Deal, fascisme et socialisme incarnaient une seule et même chose, l’Etat moderne qui met fin à notre simple autonomie.

Dans ses Leçons oubliées, Flynn compare Roosevelt au fameux stratège athénien Périclès : dette énorme, gesticulations médiatiques, grands travaux, constructions de prestige, bases, colonies (les bases US !), et une belle guerre mondiale et surtout perpétuelle. Tout rapproche Périclès de Roosevelt, y compris le prestige historique de ces deux grandes et catastrophiques figures. Roosevelt démantela les empires coloniaux et brada notre Europe - comme Périclès la Grèce avec la Guerre du Péloponnèse.

Flynn se réfère à Plutarque, au merveilleux Plutarque.

On cite la Vie des hommes illustres, Périclès, chapitre IX et suivants.

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Notes sur les présidentielles et la future victoire du PS

  lundi 06 février 2017

Fillon a fait payer cher l’activité très pro de sa femme. En bon bourgeois catho, il a volé et s’est fait prendre la main dans le sac. Alors il crie au secours et demande à son avocat de service de le protéger (revoyez l’Affaire Von Bülow pour comprendre). Le grand ami de la Russie demande alors au rejeton BHL (oui, oui, de BHL) de le protéger des griffes du canard enchaîné, torchon des flics de la pensée et de la CIA depuis des lustres. BHL continuera de réclamer sa guerre contre la Russie. Votez Fillon, vous aurez le déshonneur et la guerre. Sans oublier le SMIG à trente euros par mois.

N’oubliez pas non plus, puisqu’on en est encore à cette incurable bourgeoisie collabo-catholique, les appartements des Gaymard à treize mille euros par mois. Et le pantouflage de l’épouse Gaymard chez General Electric où, en bonne agente américaine, elle a armé le dépeçage du nucléaire français sous les hourrah de notre presse aux ordres.

Car ces gens-là ne se refont pas.

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Amazon, Dostoïevski et le fascisme cool

  samedi 04 février 2017

Je n’ai jamais compris pourquoi les leaders fascistes prenaient l’air méchant. Il suffit pour imposer le techno-nazisme de sourire et de prôner la société ludique.

Le texte qui suit a fait le tour du web :

« L’entreprise américaine est accusée d’exploiter ses employés du centre de Dumferline, dans la région de Fife, en Écosse, à tel point que certains d’entre eux sont obligés de dormir dans des tentes à côté du bâtiment pour assurer leurs 60 heures de travail hebdomadaire. »

Les tentes pourquoi pas ? On ne peut plus se loger en effet en société néolibérale :

« En cause, les salaires cassés (entre 3 et 5,7 euros/heure après les charges) qui ne permettent pas aux employés d’utiliser la navette de l’entreprise pour rentrer chez eux, rebutés par son prix prohibitif de 7,35 livres sterling par jour (8,7 euros). Un des salariés interrogés par le journal écossais The Courier confie habiter à plus d’une centaine de kilomètres du site et ne pas pouvoir couvrir cette distance deux fois par jour, les billets de train étant trop chers. »

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Remarques sur la doctrine de Monroe et sa russophilie

  jeudi 02 février 2017

La doctrine de Monroe (1823) est souvent citée, jamais lue. Demandez aux journalistes-système s’ils la connaissent. Ils savent que Trump c’est Hitler, que Poutine c’est Hitler et qu’il faut se convertir à l’islam comme la machine Albright qui décima les enfants irakiens.

On ne lit donc jamais la doctrine de Monroe. Et c’est dommage. Car elle ne promeut pas l’impérialisme américain. Elle veut empêcher l’impérialisme européen dans un continent récemment décolonisé ; et surtout, elle est russophile cette doctrine. Voyez comme elle débute :

« Sur la proposition du Gouvernement impérial de Russie, transmise par le ministre de l'Empereur ici accrédité, les pleins pouvoirs et des instructions ont été envoyés au ministre des États-Unis à Saint-Pétersbourg, pour régler à l'amiable les droits respectifs et les intérêts respectifs des deux nations sur la côte nord-ouest de notre continent. »

A l’époque l’Alaska est encore russe (elle sera vendue par le tzar Alexandre II). Il y a même des implantations russes sur la côte ouest américaine (la Californie entre dans l’Union vingt ans plus tard) dont le légendaire Fort Ross (fort russe), présent dans pas mal de westerns épiques ou maritimes (sur le sujet voyez Le Monde lui appartient de Raoul Walsh).

Les imbéciles seront surpris. Le texte de la doctrine Monroe insiste nûment sur l’amitié russo-américaine :

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Pourquoi Trump et les USA nous affolent

  mardi 31 janvier 2017

Trump ne déçoit pas et il en devient bien affolant. Depuis vingt-cinq ans, depuis la chute du mur, l’Amérique nous affole. Et d’entraîner nos chères élites dans sa chute.

Je devrais rebaptiser mon livre sur Trump et le nommer : Donald Trump et le KO américain. Car il semble que ce drôle ait été mis là pour accomplir une mission qui relève de l’eschatologie – une eschatologie un rien comique.

Il en est des présidents américains comme de ce tyran de l’antiquité grecque : on prévenait un jour Denys de Syracuse qu’une vieille dame priait  pour lui, alors qu’il en avait déjà commis de belles. Il la fit mander et la dame lui révéla qu’elle priait pour lui car le tyran précédent était moins nocif, et le tyran d’avant encore moins. Et de vouloir conserver le Denys par conséquent.

Voyez la montée en grade : Bush, Obama, Trump. Et on aurait pu avoir des boutefeux comme McCain ou la Clinton. Pauvre Amérique, pauvre monde !

J’en reviens comme toujours à Leslie Nielsen. Les méthodes de Trump s’apparentent à celles du flic le plus sous-doué de l’histoire (je reconnais au passage que l’attentat de Boston et sa bruyante résolution possédaient un style, une aura Leslie Nielsen).

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Dostoïevski et la prophétie du Nouvel Ordre Mondial

  dimanche 29 janvier 2017

Dostoïevski a annoncé dans ses Possédés le bric-à-brac souffreteux de notre enseignement avancé, des magistrats subversifs et de l’avant-garde ploutocratique qui rêve de parader humanitaire dans les soirées milliardaires et philo-entropiques. Notre société ne se renouvelle pas, elle fait du surplace depuis longtemps en fait, et Tocqueville, Edgar Poe, Tolstoï ou Dostoïevski s’en rendaient très bien compte.

Toute cette théologie les pieds dans l’eau aura liquidé notre bonne vieille civilisation en un siècle et demi ; et ce qui reste de monde libre n’a qu’à bien se tenir, car le feu nucléaire n’est pas loin. On devient, si l’on n’est pas un dégénéré, une menace pour la sécurité nationale américaine.

Dostoïevski décrit le basculement occidental vers l’adoration du mal à cette époque flétrie ; Il écrit :

« Le précepteur qui se moque avec les enfants de leur dieu et de leur berceau, est des nôtres. L’avocat qui défend un assassin bien élevé en prouvant qu’il était plus instruit que ses victimes et que, pour se procurer de l’argent, il ne pouvait pas ne pas tuer, est des nôtres. Les écoliers qui, pour éprouver une sensation, tuent un paysan, sont des nôtres. Les jurés qui acquittent systématiquement tous les criminels sont des nôtres. Le procureur qui, au tribunal, tremble de ne pas se montrer assez libéral, est des nôtres. »

Les assassins d’Alep sont des nôtres, rien de nouveau sous le sommeil !

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Comment Sénèque évoque nos problèmes de santé

  jeudi 26 janvier 2017

La médecine moderne, toujours plus chère et techno, nous ruine ou nous déçoit ;  Obamacare est liquidé sans gloire et on se prépare à nous rembourser et à nous soigner toujours plus mal ; la durée de vie diminue dans plusieurs pays. D’ailleurs à quoi sert-elle ? Ce qui compte c’est une bonne vie, pas une longue vie. Mais allez l’expliquer.

En relisant mon Sénèque, je tombe sur la LETTRE XCV, sous-titrée Insuffisance des préceptes philosophiques. Il faut encore des principes généraux. Sur l’intempérance.

Voici ce qu’il écrit, reflet du présent éternel dans lequel nous vivons, nous qui feignons de voir du progrès - depuis l’illusion industrielle en fait :

« L’antique sagesse, dit-on, ne prescrivait rien de plus que ce qu’il faut faire ou éviter ; et les hommes d’alors en valaient beaucoup mieux ; depuis que sont venus les docteurs, les gens de bien ont disparu ».

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Aventures de Trump dans les griffes du mandarin

  dimanche 22 janvier 2017

On a tous dit ouf. On évite au moins la guerre nihiliste des néocons et des harpies comme Hillary et Angela. On va peut-être vers une déconstruction de l’Europe post-nazie que l’on a construite depuis les années 80, et que mon ami John Laughland avait décrite sans sa Tainted Source. En tant que patriotes on doit observer encore comme en 40 que les dangers ne viennent jamais pour nous du supposé complot judéo-bolchévique mais de l’extrême-droite supranationale, celle des banquiers et des dynasties (monarques russophobes et tous membres de plein droit des Bilderbergs), des hauts fonctionnaires gourmands et des rêveurs illuminés et post-terriens. Ils en veulent  tous à mort à Trump d’ailleurs.

Trump peut construire un mur, on s’en fout. Les autres passeront quand même, car on est dans la modernité liquide décrite par le regretté Bauman. Ils feront le mur. Trump peut menacer la Chine, on s’en fout moins. La Chine c’est le piece of cake de ce siècle, c’est le gros morceau, qui tient plus comme disait Philippe Cohen du vampire du milieu que du dragon taoïste.

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Tocqueville et la destruction des Indiens en Amérique

  jeudi 19 janvier 2017

Sur ce sujet essentiel on observe un silence prudent de nos jours. Pourtant Tocqueville s’en est mêlé ; et voici ce que l’auteur de De la démocratie en Amérique écrit à ce sujet, que l’on peut appliquer au monde entier colonisé par la sous-culture américaine imposée :

« En affaiblissant parmi les Indiens de l'Amérique du Nord le sentiment de la patrie, en dispersant leurs familles, en obscurcissant leurs traditions, en interrompant la chaîne des souvenirs, en changeant toutes leurs habitudes, et en accroissant outre mesure leurs besoins, la tyrannie américaine les a rendus plus désordonnés et moins civilisés qu'ils n'étaient déjà. »

Comme tous les humanistes et les gens de droite traditionnelle, comme tous les gentilshommes en fait, Tocqueville avait une très haute opinion des Indiens d’Amérique :

« La chasse et la guerre lui semblent les seuls soins dignes d'un homme. L'Indien, au fond de la misère de ses bois, nourrit donc les mêmes idées, les mêmes opinions que le noble du Moyen Âge dans son château fort, et il ne lui manque, pour achever de lui ressembler, que de devenir conquérant. »

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Comment l’empire US plagie l’empire romain

  lundi 16 janvier 2017

L’empire américain procède et progresse par la pratique du signe : dollar, films, fastfood, musique, mode, constructions, supermarchés, télé, feuilletons, ce qu’on voudra. Pour reprendre l’expression de Roland Barthes l’Amérique est un empire des signes. Les Mythologies de Barthes avaient d’ailleurs comme par hasard une cible américaine, du chewing-gum à la conquête spatiale en passant par l’anticommunisme ou la sempiternelle et hypomaniaque rage antirusse.

Les mêmes signes qui ont servi ici à anéantir les nationalités qui venaient d’Europe composer cet empire servent à anéantir les nationalités outremer, à mettre fin à l’histoire et sa diversité, et ce où que ce soit, à coups d’experts et de banquiers, d’humanitaires ou de tueurs-saboteurs.

L’empire américain se présente volontiers comme un convertisseur pacifique et bienveillant, ce qui ne l’a pas empêché d’utiliser une violence sans égale dans l’histoire du monde : coups d’Etat à la carte, destruction de l’Europe sous les bombes (la thérapie de choc), anéantissement de l’Allemagne et du Japon, rasage gratis de la Corée ou du Vietnam. On ne parle pas de ce que cet empire fait subir aux Arabes depuis soixante ans avec la complicité des traîtres de la tribu de Riyad.

Ceci dit, le petit Obama qui se lance comme un gosse mal élevé dans une campagne puérile contre la Chine ou la Russie, avant de sortir par la petite porte de l’Histoire, devrait au moins savoir une chose : l’empire américain n’a rien d’original !

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La reculade de Trump et le chaos américain

  vendredi 13 janvier 2017

Et une reculade, une ! Le nouveau président américain a choisi de faire plaisir au parterre sociétal. Ne sait-il pas que quand on choisit le déshonneur on a le déshonneur et la guerre ?

A moins que cette reculade ne soit qu’une pirouette tactique, entre deux Tweets pour sauver 300 emplois ? A ce propos Trump ferait mieux de découvrir Walter Isaacson. Dans son livre sur Steve Jobs, ce dernier évoque une discussion entre Obama et les techno-lords qui tiennent la cuisine du monde libre. Il est impossible de rapatrier nos usines en Amérique, dit Steve Jobs à Obama (qui va bientôt être privé de golf pour antisionisme) : nous n’avons pas assez d’ingénieurs. Les usines Apple sont en Chine parce que la Chine a la plus grande population au monde d’ingénieurs et de travailleurs qualifiés. Donc pas de rapatriement de jobs (c’est le cas de le dire). On continuera à faire le barman ou de vivre des bons de nourriture comme cinquante millions d’Américains.

J’ai hésité pendant tout mon livre sur Trump  entre optimisme et pessimisme. Un ton populiste dans un pays parano et branché sur le web était facile à prendre ; mais la trahison des intérêts des partenaires de golf en était une autre, comme je l’expliquais. L’autre jour Paul Craig Roberts écrivait que Trump était en train de plier. Eh bien c’est fait.

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Comment l’occident zombie survit à sa mort

  mardi 10 janvier 2017

« Pour être tué, il faut vivre. »

 

Vladimir Poutine et la Russie dominent, mais l’occident se maintient avec sa dette, son hypocrisie, ses casseroles coloniales. Dix techno-lords US sont plus riches que tous les africains. Bruxelles agonise en nous volant argent et liberté.

Jean Baudrillard parla d’hystérésis (1) pour décrire ce monde. Il évoquait même je crois cette barbe qui continue de pousser au poil de menton du cadavre.

Qu’est-ce qui n’est pas mort en Occident ?  Qu’est-ce qui ne relève pas encore du phénomène zombi ? Les économies hallucinées (James Kunstler), les cent mille milliards  de dettes qui ne terrorisent que les naïfs (on ira tous à un million de milliards de $, imprimez !), les nations abolies, fusionnées, les peuples remplacés ou stérilisés, les religions profanées, tout en fait, y compris la terre et son atmosphère (voyez comment vivent la Chine ou l’Inde de notre René Guénon pour rire un peu), relève de la parodie, de la mort défigurée et du mort-vivant. Le public se reconnaît du reste dans ce type abominable de série yankee : les morts qui font semblant de vivre. Je continuerais durant des pages, si je ne craignais de me répéter. Le mouvement autonome du non-vivant, disait-on du mouvement matériel en ces temps aéroportés et précipités.

Je ne suis pas plus pessimiste que cet historien progressiste, qui est passé de mode en ces temps divagants, palabreurs et parkinsoniens. Michelet s’étonne en son temps de républicanisme alors prometteur, de l’hystérésis  médiévale, du maintien incompréhensible, des siècles durant, du clergé et de la féodalité, maintien  qui aboutit aux violentes révolutions qu’on connaît.

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1898 : comment les USA violèrent Cuba et les Philippines

  samedi 07 janvier 2017

On a beaucoup parlé de Cuba à cause de la mort de Fidel Castro, on parle aussi des Philippines, devenues rétives avec un président considéré incontrôlable par « l’opinion » occidentale.

J’ai déjà rappelé la formule de l’historien Joseph R Stromberg : « il n’est pas une situation dans le monde que l’intervention du gouvernement américain ne puisse aggraver ». Stromberg a une deuxième loi : « tous les pays que les Américains veulent sauver les détestent. » Et de citer Cuba, l’Irak, le Nicaragua, la terre de l’United Fruit…

Quelle ingratitude tout de même !

Prenons l’exemple de Cuba et des Philippines que Mr Stromberg a étudié dans un texte exceptionnel (1). Cuba, terre du castrisme ; les Philippines, terre du président rebelle Dutarte. Dans les deux cas, une vieille présence impériale américaine (bases et bordels, puis usines textiles), dans les deux cas une exaspération nationale - et ce que le vieux JF Revel nommait l’hystérie anti-américaine. Dans les deux cas aussi une longue occupation américaine, une interminable occupation américaine.

Voyons ce qui s’est passé. En 1898 la pression montre outre-Atlantique pour, une fois la Frontière passée sous contrôle et les derniers indiens évacués dans de minuscules et sordides réserves, décrocher de nouveaux marchés.

Alors on gamberge.

On envahit l’île d’Hawaï et on détrône la pauvre reine Liliuokalani avec une poignée de marines (car la révolution orange n’a pas attendu Soros) ; Hawaï devient un « état américain » peu après. Le logement et le vêtement US déciment la moitié de la population (voyez Jared Diamond).

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Jules César et les méfaits du commerce en général

  jeudi 05 janvier 2017

Dans le monde moderne, on nous répète souvent que la Russie joue le rôle de Sparte et l’Amérique celui d’Athènes. Cela tombe bien.

Pourquoi nous a-t-on cassé les pieds, ce peu viril président US en tête, avec ce traité de commerce transatlantique ? Pourquoi sommes-nous à ce point obsédés par ce commerce et par ces traités de commerce ? Pourquoi cet ivre libre-échange qui commence à nous les casser menu, qui a créé l’Europe actuelle, marquée par la déconstruction de notre patrimoine et de nos vraies valeurs ? Quelques rappels.

Une des phrases-clés du légendaire film Blade runner (1) est : « le commerce est notre seul but à la Tyrrell corporation. » Et le lugubre leader ajoute (il fait penser à Gates, Venter ou Elon Musk) : « plus humain que l’humain telle est notre devise ».  Remplacer l’homme de A à Z. Lisez à ce sujet les pages lumineuses de PhG sur le racisme mystérieux de ces anglo-saxons qui finit par s’appliquer à toute l’humanité qu’ils veulent remplacer.

Je cite d’ailleurs Philippe :

« Le suprémacisme qui s’est emparé des psychologies anglo-saxonnes à partir des années 1945 est l’enfant incontestable et direct du système du technologisme, une affirmation de supériorité fondée sur une sorte de puissance intrinsèque de la technologie, quelque chose qui est exsudé par le Système, qui est accouché par lui, qui impose sa loi hégémonique, avatar ultime à prétention politique du déchaînement de la Matière ».  « Le “racisme anglo-saxon”, désigné par nous comme une catégorie spécifique de la sociologie de la culture, etc., n’est qu’un brouet préparatoire… (2)»

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La sagesse de Sénèque en 2016 de notre ère

  mardi 03 janvier 2017

Précepteur de Néron, Sénèque fut bien placé pour savoir que les bons conseils n'ont pas de bons suiveurs. Pourtant, à vingt siècles de là, et dans les temps postmodernes, désabusés et désertiques où nous vivons, nous ne pouvons que nous émerveiller de la justesse de ses analyses, de ses observations, parfois de ses conseils, comme si Sénèque, à l'instar d'un Montesquieu, d’un Arioste ou d'un la Boétie faisait partie de ces penseurs qui cogitent dans ce que Debord appelait le présent éternel. En lisant Sénèque, on croit lire le journal d'un grand contemporain.

Je lui laisse la parole :

Sur les temps obsédés par l'argent et par l'insatisfaction : "les riches sont plus malheureux que les mendiants; car les mendiants ont peu de besoins, tandis que les riches en ont beaucoup".

Sur l'obsession des comiques et de la dérision, si sensible depuis les années Coluche et Mitterrand : "certains maîtres achètent de jeunes esclaves effrontés et aiguisent leur impudence, afin de leur faire proférer bien à propos des paroles injurieuses que nous n'appelons pas insultes, mais bons mots."

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Drieu la Rochelle et le grand remplacement en 1918

  vendredi 30 décembre 2016

En 1921 Drieu la Rochelle publie un beau et grand livre, Mesure de la France, déjà étudié ici. Il est préfacé par Daniel Halévy. Drieu n’y va pas de main morte avec la France et sa république déjà crépusculaire.

Voici ce qu’il écrit, que je relierai à la riche notion de Grand Remplacement – on comprendra pourquoi :

« Pendant cinq ans la France a été le lieu capital de la planète. Ses chefs ont commandé à l'armée des hommes, mais son sol a été foulé par tous et par n'importe qui. Tout le monde est venu y porter la guerre : amis et ennemis. Les étrangers s'y sont installés pour vider une querelle où tous, eux et nous, avons oublié la nôtre.

Notre champ a été piétiné. Sur la terre, notre chair ne tient plus sa place. L'espace abandonné a été rempli par la chair produite par les mères d'autres contrées. »

C’est le début du grand remplacement ! Un autre à l’avoir compris est Céline sur lequel je compte publier quelque chose cette année. Il ne voit plus un Français à Paris en 1918-1919 et même l’inoffensif Marcel Proust comprend confusément quelque chose. Tiens, citons Proust pour une fois :

… les rares taxis, des Levantins ou des Nègres, ne prenaient même pas la peine de répondre à mes signes… »

On le met en prison Proust aussi ? Plus un blanc à Paris ! De quoi se plaint Camus ?

Drieu insiste sur cette profanation de la vieille France :

« Mais après la Marne, l'ennemi s'est planqué dans notre terre. Il s'y est vautré, la défonçant à grands coups de bottes. Et nous ne l'en avons pas arraché. Si nous étions restés seuls, que serait-il arrivé ? »

(Suite)