• Parmi les signatures régulières que nous affectionnons et auxquelles nous prêtons grande attention sur le net, il y a celle du russe Dimitri Orlov. • Il est le créateur d’une forme de pensée que l’on pourrait désigner comme une “science de circonstance”, une “science” suscitée par les circonstances même que nous traversons et que nous décrivons et désignons nous-mêmes comme la Grande Crise de l’Effondrement du Système (GCES) : la “collapsologie”, ou “science de l’effondrement”. • Nous pensons que suivre régulièrement ses écrits est d’un intérêt qui rencontre complètement l’orientation de dedefensa.org : cela peut être fait grâce à nos excellents rapports avec Le Sakerfrancophone, qui reprend systématiquement les textes d’Orlov (en général deux par semaine) et les traduit en français. • Avec l’accord du Sakerfrancophone, que nous remercions bien chaleureusement, nous allons donc reprendre les textes d’Orlov dans cette rubrique propre intitulée “Le monde d’Orlov”. • Son fonctionnement est régi par les mêmes règles que celui d’Ouverture Libre mais cette rubrique a désormais une place structurelle dans dedefensa.org. • Le premier texte, une interview d’Orlov par Le Sakerfrancophone du 15 juin 2016, à l’occasion de la sortie en français du livre d’Orlov (Les cinq stades de l’effondrement aux éditions Le retour aux Sources) sert parfaitement de présentation de cet auteur.

Respecter l’autre

  mercredi 17 avril 2019

Le père d’une de mes vielles amies était à un moment donné un peu comme un guerrier de la Guerre froide : il a fait une chose ou l’autre pour l’establishment de défense américain – lié à un sous-marin nucléaire, si je me souviens bien. Cette activité professionnelle l’a apparemment conduit à développer une forme particulièrement virulente de russophobie ; pas tant une phobie qu’une aversion prononcée pour tout ce qui est russe. Selon mon amie, son père parlait compulsivement de la Russie en des termes trop négatifs. Il éternuait aussi beaucoup (allergies, peut-être), et elle disait qu’il lui était souvent difficile de distinguer ses éternuements de son utilisation du mot “Russie” comme explétif. Mais peut-être qu’elle essayait de faire une distinction d’une équivalence : son père était allergique à la Russie, son allergie l’a beaucoup fait éternuer et lui a aussi fait développer une touche de  syndrome de Tourette, ainsi ses éternuements sont sortis en sonnant comme “Russie !”

Qu’est-ce qui l’a poussé à développer une telle vision maladive de la Russie ? La raison est facile à deviner : son activité professionnelle au nom du gouvernement l’a forcé à se concentrer sur ce que ses supérieurs qualifiait de “menace russe”. Un peu développé, il s’avérerait sans doute que ce que la Russie menaçait, c’était la fiction d’une supériorité militaire écrasante que les Américains avaient créée eux-mêmes. Contrairement aux États-Unis, qui avaient élaboré un certain nombre de plans pour détruire l’Union soviétique (dont rien n’est jamais sorti à cause de ce manque de supériorité militaire écrasante), l’Union soviétique n’avait jamais élaboré de tels plans. Et c’était tout à fait exaspérant pour certaines personnes aux États-Unis. Était-ce vraiment nécessaire ou s’agissait-il d’un accident ?

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La nef des idiots US fait eau de toutes parts

  jeudi 11 avril 2019

C’est certainement ce que ce pays semble faire, et le rythme s’accélère. Le fait d’avoir passé les trois dernières semaines dans un endroit discret, loin d’Internet, m’a permis d’observer l’augmentation de la montée des eaux dans les cales. Il y avait du Wifi à l’aéroport et j’ai téléchargé trois semaines d’articles que j’ai lus pendant le long vol vers la civilisation. Ce que j’ai lu a été un peu choquant, surtout après trois semaines de surf, d’oiseaux de mer, de crabes en ballade et de gens heureux et amicaux qui ne perdaient pas leur temps à se soucier des États-Unis.

Depuis quelque temps, les gens me disent que je devrais regarder le film Idiocratieparce qu’il montre ce que les États-Unis sont en train de devenir. Eh bien, je ne suis pas sûr qu’un film sur l’idiotie puisse éviter de devenir idiot, alors je vais passer mon tour, mais il y a une augmentation certaine du niveau de stupidité affiché par ceux qui font partie de l’establishment américain. Cela ne devrait pas être une surprise ; après tout, pourquoi quelqu’un qui possède de la sagesse et de l’intégrité voudrait-il avoir quelque chose à voir avec ce truc en ce moment ? Des sommets de stupidité – si stupides qu’on se fait du tort rien qu’en les regardant – sont tout autour de nous en ce moment. Permettez-moi d’en souligner quelques-uns parmi les plus importants.

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Pourquoi les capitalistes détestent-ils le socialisme ?

  lundi 11 mars 2019

Les capitalistes détestent-ils le socialisme ? Si vous lisez certaines publications capitalistes – qui sont presque toutes des publications privées, plus toutes les publications financées par le gouvernement – à moins que le gouvernement ne soit un gouvernement socialiste vous en sortez inévitablement en pensant que le socialisme est quelque chose de mauvais. Les raisons invoquées pour expliquer cette situation varient : le socialisme donne de mauvais résultats économiques ; le socialisme produit de graves effets moraux ; le socialisme finit par échouer. Rien de tout cela n’est convaincant. Le capitalisme est tout à fait capable de produire des résultats économiques inférieurs aussi et, en regardant autour de la planète, il le fait avec une certaine régularité. Le capitalisme produit un effet moral catastrophique, – faire passer l’argent et la propriété avant les gens – plus grave et plus socialement destructif que tous ceux créés par le socialisme. Et même si les régimes socialistes finissent par s’effondrer, il en va de même pour tous les régimes capitalistes, car rien ne dure éternellement. Ce ne sont évidemment pas les vraies raisons. Quelle est la vraie raison ?

Eh bien, ça pourrait être aussi simple que ça : les capitalistes détestent le socialisme parce qu’il n’est pas capitaliste. Par conséquent, il ne donne pas la priorité aux souhaits des capitalistes – pour accumuler une richesse et un contrôle illimités, pour créer des élites financièrement corrompues et prêtes à perpétuer des systèmes de gouvernance oligarchiques, pour ignorer les besoins sociaux et pour traiter la population comme une ressource naturelle à exploiter à des fins privées... – en oubliant les souhaits ou les besoins de la population.

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Jusqu’où les choses peuvent-elles mal tourner ?

  vendredi 08 mars 2019

Au cours de mes voyages, je revisite parfois des endroits où j’ai eu des connaissances, et il est toujours tentant d’aller les voir et de leur rendre visite en cours de route, même si je suis certain qu’entre-temps elles ont dégénéré à un point tel qu’elles ne sont plus adaptées comme simple compagnie. Un de mes parents éloignés a toujours insisté sur le fait que « les choses peuvent toujours être pires », et cette idée semble avoir infecté mon esprit comme un parasite du cerveau. Au lieu de l’accepter simplement comme axiomatique, je me consacré à des missions dangereuses juste pour confirmer que pour tout facteur négatif “n” il y a toujours un “n-1”. Mais alors je ne suis guère le seul : la curiosité morbide est à la fois courante et populaire. Beaucoup de gens aiment apprendre des choses qui sont vraiment mauvaises, et quand elles le sont, ils se demandent : “À quel point le sont-elles vraiment ?”

Il y a quelque temps, mes voyages m’ont emmené dans une ville médiévale de la Nouvelle-Angleterre qui était autrefois un endroit très prospère. Elle possédait une usine de textile qui fournissait un bon travail stable à tous les habitants de la région, mais depuis lors, la production textile s’est déplacée au Pakistan. La maison que j’ai visité était autrefois un logement ouvrier : l’ouvrier travaillait à l’usine textile et subvenait aux besoins de toute la famille tandis que sa femme, peut-être avec les parents et les beaux-parents, restait à la maison, prenait soin des enfants et cultivait peut-être un peu de nourriture. Ce fut à l’époque une demeure modeste mais bien tenue, bardée de planches à clins peintes et décorées d’un peu de dentelle. Elle donnait sur une rue bordée d’arbres avec un parc, des jardins potagers de l’autre côté ; des tramways longeant la rue, des diligences et des calèches passant périodiquement sur la chaussée pavée avec ce bruit de sabot si caractéristique.

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Poutine et les “pourceaux” d’Occident

  samedi 02 mars 2019

Un article que j’ai publié il y a près de cinq ans, « Poutine aux élites occidentales : Le temps de jouer est terminé », s’est avéré être la chose la plus populaire que j’ai écrite jusqu’à présent, ayant recueilli plus de 200 000 lectures au cours des années qui ont suivi. J’y écrivais sur le discours de Poutine à la conférence du Valdai Club en 2014. Dans ce discours, il définissait les nouvelles règles selon lesquelles la Russie mène sa politique étrangère : ouvertement, à la vue de tous, en tant que nation souveraine parmi d’autres nations souveraines, affirmant ses intérêts nationaux et exigeant d’être traitée en égale. Une fois de plus, les élites occidentales ne l’ont pas écouté. Au lieu d’une coopération mutuellement bénéfique, elles ont continué à parler un langage fait d’accusations vides de sens et de sanctions contre-productives tout autant qu’inoffensives. Ainsi, dans son discours [du 20 février] à l’Assemblée Nationale de Russie, Poutine a fait preuve d’un dédain et d’un mépris total pour ses “partenaires occidentaux”, comme il les appelle habituellement. Cette fois, il les a traité de “pourceaux”.

Ce discours annuel du président est une affaire d’importance. L’Assemblée Nationale de Russie n’a rien à voir avec, par exemple, celle du Venezuela qui n’est en réalité qu’une non-entité obscure du nom de Juan enregistrant des vidéos Youtube dans son appartement. En Russie, le discours rassemble un who’s-who de la politique russe, y compris des ministres, des membres du personnel du Kremlin, du Parlement (Douma d’État), des gouverneurs régionaux, des chefs d’entreprises et des experts politiques, ainsi qu’une foule énorme de journalistes. L’un des points saillants de l’allocution de cette année a été le niveau de tension très élevé dans la salle: l’atmosphère semblait chargée d’électricité.

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La mort de la liberté d’expression mène au fascisme

  mercredi 27 février 2019

La liberté d’expression est une valeur plutôt importante. Si les gens ne se sentent pas libres d’exprimer leurs pensées, alors tout ce qu’ils peuvent faire, c’est répéter sans cesse ce qui a été dit auparavant, créant une chambre d’écho qu’aucune nouvelle compréhension ne pourra jamais pénétrer. Ce qu’ils répètent peut avoir été un tissu de mensonges dès l’origine, ou peut avoir été vrai ou pertinent à un instant T, mais avec le temps, être devenu désuet et aussi bon qu’un mensonge.

Le mensonge engendre l’ignorance. L’ignorance engendre la peur. La peur engendre la haine. Et la haine engendre la violence. La capacité de dire ce que nous pensons et d’écouter les autres – même ceux que l’on dit être nos ennemis – est ce qui nous sépare des bêtes sauvages. Dépouillons-nous de ce droit et, aussi sûr que la pluie tombe, nous dégénérons en sous-hommes qui s’agrippent au sol, hurlant à la lune et mangeant de la chair humaine crue… ou quelque chose comme ça.

La pratique de la liberté d’expression est un art assez exigeant. Le simple fait de pouvoir émettre des sons intelligibles avec la bouche ou d’appuyer sur le clavier d’une manière qui plaît au correcteur orthographique ne fait pas de vous un praticien expert de la liberté d’expression, pas plus que la capacité de se lever de sa chaise et d’aller aux toilettes ne fait de vous une danseuse de ballet. La liberté d’expression englobe l’expression des faits et des opinions. Les faits ne peuvent pas être faux, ou vous pouvez être accusé de diffamation ou de diffusion de désinformation. L’opinion ne peut être pas incendiaire, ou vous pouvez être accusé de porter atteinte à l’ordre public.

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L’avenir de l’énergie est prometteur (III) : Radiophobie

  vendredi 22 février 2019

Au cours des derniers mois, je me suis plongé dans la technologie nucléaire afin de comprendre ses implications pour l’avenir de l’énergie. C’est un sujet important parce que l’avenir de l’énergie est l’avenir de la civilisation : si l’énergie fossile ne peut être remplacée par une autre énergie, il n’y aura plus de civilisation. Le retour à la combustion du bois de chauffage signifiera simplement qu’il n’y aura plus d’arbres non plus. Si vous pensez que les éoliennes et les panneaux solaires sont la solution, non : ils ne peuvent être construits ou entretenus sans combustibles fossiles.

C’est un sujet assez difficile à aborder en raison de toute la confusion semée par les différents “négationnismes” : négationnistes du pic pétrolier, négationnistes du changement climatique, négationnistes de la dette… Il y a aussi de vains espoirs semés par des technophiles qui pensent que la fusion nucléaire est proche d’aboutir ou qui rêvent de miroirs géants dans l’espace, d’une économie basée sur l’hydrogène ou d’autres technologies qui n’existent pas encore. Pour faciliter la discussion sur ce sujet, je formulerai certaines hypothèses. Je suppose que la technologie inexistante… n’existe pas, donc il n’y a rien à discuter. Veuillez emmener vos réacteurs à fusion, vos réacteurs au thorium, vos miroirs spatiaux et vos moteurs magiques à mouvement perpétuel ailleurs. Je ne m’intéresse qu’aux technologies existantes et éprouvées qui peuvent être mises à l’échelle.

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La mort du traité INF

  mercredi 13 février 2019

Le 1er mars 2018, le monde a appris l’existence des nouveaux systèmes d’armes de la Russie, qui seraient fondés sur de nouveaux principes physiques. S’adressant à l’Assemblée fédérale, M. Poutine a expliqué comment ils en étaient arrivés là : en 2002, les États-Unis se sont retirés du Traité sur les missiles antibalistiques. À l’époque, les Russes ont déclaré qu’ils seraient forcés de répondre, et on leur a essentiellement dit “Faites ce que vous voulez”.

Et c’est ce qu’ils ont fait, développant de nouvelles armes qu’aucun système de missiles anti-missiles balistiques ne pourra jamais espérer arrêter. Parmi les nouvelles armes russes, il y en a une qui est déjà en service dans des unités de combat (Kinzhal), une qui est en cours de préparation pour sa production en masse (Avangard) et plusieurs qui sont actuellement testées (Poséidon, Burevestnik, Peresvet, Sarmat). Leurs caractéristiques, brièvement, sont les suivantes :

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Pourquoi le Venezuela doit être détruit

  jeudi 07 février 2019

La semaine dernière, Trump, son vice-président Mike Pence, le directeur du département d’État américain Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, ainsi qu’un groupe de pays d’Amérique centrale, qui sont grosso modo des colonies américaines et qui n’ont pas de politique étrangère propre, ont annoncé, en même temps, que le Venezuela avait un nouveau président : une non-entité virtuelle nommée Juan Guaidó, qui ne s’était jamais présenté à ce poste, mais qui a été en quelque sorte formé pour ce poste aux États-Unis. Guaidó est apparu lors d’un rassemblement à Caracas, flanqué d’une petite clique de flagorneurs très bien rémunérés. Il avait l’air très effrayé lorsqu’il s’est autoproclamé président du Venezuela et s’est mis à remplir ses fonctions présidentielles en allant se cacher immédiatement.

On ne savait pas où il se trouvait jusqu’à ce qu’il fasse surface lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il n’a pas répondu à la question de savoir s’il avait été contraint de se déclarer président ou s’il l’avait fait de son propre gré, sans hésiter. Il y a beaucoup de choses à la fois tragiques et comiques dans cette histoire, alors démontons-la morceau par morceau. Ensuite, nous passerons à la question de savoir pourquoi le Venezuela doit être détruit (du point de vue de l’establishment américain).

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Éteignez tout !

  lundi 04 février 2019

À moins que vous ne vous cachiez dans une grotte depuis quelques mois, vous avez probablement entendu dire que depuis environ 1 mois, près d’un million d’employés du gouvernement fédéral américain n’ont pas été payés. Certains se présentent encore au travail tandis que d’autres ont décidé de se joindre à l’économie informelle et prendre des petits boulots en attendant. Le personnel non essentiel a été mis en congés forcés. Il est assez curieux de constater que le gouvernement fédéral emploie près d’un million de personnes qui ne sont pas essentielles. Si le shutdown ou “arrêt des activités gouvernementales” dure assez longtemps pour leur permettre d’obtenir des emplois réels et essentiels dans le secteur privé, tout le monde en bénéficiera certainement.

Le gouvernement travaille au ralenti parce que les démocrates ne veulent pas approuver l’argent pour le mur de Trump à la frontière mexicaine. Les démocrates sont officiellement en faveur d’une clôture, mais appeler cela un mur est un anathème pour eux. On pourrait penser que Trump pourrait accepter de l’appeler temporairement “clôture”, juste pour faire approuver le financement, et ensuite revenir en arrière pour l’appeler à nouveau “mur” plus tard, une fois qu’il aura été construit, mais il n’y a peut-être pas de place dans son… vocabulaire parcimonieux pour deux termes aussi semblables. Et maintenant, dans une escalade majeure, on empêche Trump de faire son discours annuel sur l’état de l’union devant le congrès. Mais c’est peut-être exactement ce que cela devrait être : De quelle “union” peut-il encore parler ?

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L’avenir de l’énergie est prometteur (I & II)

  vendredi 01 février 2019

Il y a de nombreux désaccords sur le thème de l’énergie avec des divergences d’opinion substantielles et bien fondées entre des personnes bien informées. Les gens ont tendance à être pris de court parce que ce sujet est à la fois viscéral (on sait très bien quand on a trop froid ou trop chaud, et quand on est dans le noir), politique (on sait très bien quand les factures incompressibles nous laissent sans le sou) et technique (on ne sait pas nécessairement la différence entre un kilowattet un kilowatt-heureou qu’un térawatt vaut un million de mégawatts). Mais il est très important de ne pas être pris au dépourvu par ces désaccords, car si vous vous retrouvez du mauvais côté de cet argument, votre manque d’accès à de l’énergie abordable va vous garantir de sérieusement compromettre votre style de vie.

Mais il semble y avoir un point d’accord quasi universel : les formes concentrées d’énergie, et en particulier l’électricité, sont un ingrédient essentiel de la civilisation moderne. Les pénuries de carburant et les hausses de prix sont une cause majeure de bouleversements sociaux et de troubles. Les coupures d’électricité sont perturbatrices, en particulier pour les installations de production industrielle qui ont besoin d’un régime permanent. Dans les hôpitaux et les centres médicaux, ils peuvent être mortels. Les pannes de courant prolongées entraînent souvent des émeutes et des pillages. Sans réfrigération, les stocks alimentaires sont gaspillés ; sans chauffage ni climatisation, les centres urbains deviennent inhabitables. Le commerce, de plus en plus dépendant des réseaux d’information distribués pour le traitement des paiements et le contrôle des stocks, s’arrête. Sans ascenseurs, les immeubles de grande hauteur deviennent inaccessibles.

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Les 5 étapes de l’effondrement : mise à jour 2019

  mercredi 23 janvier 2019

L’effondrement, à chaque étape, est un processus historique qui prend du temps pour se dérouler à mesure que le système s’adapte aux circonstances changeantes, compense ses faiblesses et trouve des moyens de continuer à fonctionner à un certain niveau. Mais ce qui change assez soudainement, c’est la foi ou, pour le dire en terme plus cru, le sentiment. Une grande partie de la population ou toute une classe politique d’un pays ou du monde entier peut fonctionner sur la base d’un certain nombre de postulats pendant beaucoup plus longtemps que la situation ne le permet, puis, sur une très courte période de temps, basculer vers un autre ensemble de postulats. Tout ce qui maintient le statu quo au-delà de ce point, c’est l’inertie institutionnelle. Elle impose des limites à la vitesse à laquelle les systèmes peuvent changer sans s’effondrer complètement. Au-delà de ce point, les gens ne toléreront plus les anciennes pratiques que dans l’attente des pratiques de substitution.

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Les USA sont-ils toujours une superpuissance ?

  vendredi 18 janvier 2019

Certains pensent que les États-Unis sont une superpuissance. Ils citent les chiffres du PIB, les dépenses militaires, la capacité de contraindre divers vassaux américains à accéder aux demandes américaines/israéliennes aux Nations Unies. Ils soulignent également sa capacité à forcer d’autres nations à respecter ses sanctions unilatérales, même si elles sont au mieux inefficaces, généralement contre-productives et tendent à nuire aux alliés des États-Unis. Ne s’agit-il pas là des signes distinctifs d’une véritable superpuissance ?

Voyons voir…. Si les États-Unis étaient un super-héros doté de plusieurs super-pouvoirs, quels seraient-ils ?

Une définition comme “la superpuissance pour les nuls et en toute impunité” figurerait certainement en tête de liste. Si l’on soustrait l’augmentation de la dette de l’augmentation du PIB, jusqu’à présent, au cours de ce siècle, l’économie américaine s’est contractée, elle n’a pas cru. Une foule d’autres statistiques – chômage, inflation, réserves de pétrole de schiste – ont également été falsifiées. Cette superpuissance est super mal en point, mais elle a la super-capacité de cacher la chose à la plupart de ses propres citoyens pour le moment en leur envoyant un super-flux de super-désinformation dans les médias chaque jour de l’année. Seuls les plus intelligents parviennent à éviter l’impact.

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Un jeu de société : La Faillite Nationale

  mercredi 16 janvier 2019

La plupart des gens sont familiers du jeu de Monopoly. Son but est d’enseigner aux enfants des capitalistes une leçon précieuse sur le capitalisme, à savoir qu’en dirigeant une entreprise, il n’est pas utile de viser un minimum d’accommodement avec ses concurrents ou de s’efforcer d’atteindre un état stable durable. Au lieu de cela, ce que vous devez faire pour survivre (sans parler de gagner), c’est grandir le plus rapidement possible et manger vos concurrents vivants, sinon vous vous ferez dévorer vous-même. Ce n’est pas seulement un jeu ; c’est exactement comme ça que le capitalisme fonctionne réellement, et si cela ne fonctionne pas pour vous (c’est le cas pour la plupart des gens) alors c’est exactement comme ça que le capitalisme ne fonctionne pas.

Ainsi, les Walton ne pouvaient pas se contenter de diriger Walmart comme un simple supermarché ; ils devaient en faire un empire mondial, juste pour survivre. Aujourd’hui, la plupart des gouvernements dans le monde réalisent que ce type de capitalisme débridé est nuisible et cherchent à le réguler. Par exemple, la Russie dispose d’un Service fédéral antimonopole. Le ministère américain de la Justice a une division anti-trust, qui porte bien son nom si sa mission est de détruire la confiance (*) des Américains dans la capacité de leur gouvernement à réglementer les affaires. Il a aussi un site Webqui nous dit ceci : « En raison du blocage des dépenses, les sites Web du ministère de la Justice ne seront pas mis à jour régulièrement »(**). C’est peut-être acceptable pour un pays qui cherche à tout monopoliser – la finance internationale et le droit, les marchés publics de la défense et, bien sûr, l’exercice de la “liberté et de la démocratie” et des “valeurs universelles”.

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L’année où la planète s’est retournée

  vendredi 11 janvier 2019

Le début d’une nouvelle année est un bon moment pour tirer des conclusions sur ce qui a changé, ce qui a fonctionné et ce qui a échoué. L’année écoulée a été remarquable à bien des égards en raison d’un grand nombre d’événements irréversibles et transformateurs. D’une certaine façon, en 2019, nous aurons affaire à une planète très différente. Voyons ce qui a réussi et ce qui a échoué.

Voyons d’abord ce qui a échoué et qui a perdu. On peut d’ores et déjà affirmer sans risque que le plan de Trump pour redonner sa grandeur à l’Amérique (MAGA) est un échec. Sous les statistiques optimistes de la croissance économique américaine se cache le fait hideux qu’elle est le résultat d’une exonération fiscale accordée aux sociétés transnationales pour les inciter à rapatrier leurs bénéfices. Non seulement cela ne les a pas aidées (les cours de leur action s’effondrent actuellement), mais cela s’est avéré un désastre pour le gouvernement américain ainsi que pour le système économique dans son ensemble.

Les recettes fiscales ont diminué, ce qui a entraîné un déficit de plus de 779 milliards de dollars. Pendant ce temps, les guerres commerciales que Trump a lancées ont fait augmenter le déficit commercial de 17% par rapport à l’année précédente. Les plans de rapatriement de la production industrielle des pays à bas coûts restent vaseux parce que les trois éléments clés dont la Chine disposait en s’industrialisant (énergie bon marché, main-d’œuvre bon marché et faible coût des affaires) font totalement défaut [aux États Unis].

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Homélie saisonnière : gratitude et joie !

  mercredi 03 janvier 2018

Joyeux Noël ! Mais si vous n’aimez pas l’idée de célébrer le 2019ème anniversaire d’un enfant, né d’une chaste union entre une vierge et le Saint-Esprit, qui est ensuite mort pour vos péchés afin de vous sauver d’une éternité en enfer, alors bonne année ! Soyez reconnaissant que la Terre – notre seule et unique planète – ait réussi à faire le tour du soleil une fois de plus sans se faire frapper par une roche géante ou stériliser par une explosion de rayonnement interstellaire. Votre reconnaissance peut être plus efficace si votre gratitude est dirigée vers une divinité ou des divinités de votre choix qui, selon vous, vous ont fourni de si bonnes conditions. Cela peut vous aider à ressentir une certaine joie.

Sinon, vous pouvez me remercier personnellement de vous avoir fourni des choses à lire et à écouter pour vous garder sain d’esprit au milieu d’un monde de plus en plus fou. Si oui, vous pouvez cliquer ici et m’envoyer un cadeau. Et alors je ressentirai aussi de la joie.

La gratitude est importante. C’est la voie du monde sur laquelle les reconnaissants et les satisfaits prospèrent tandis que les ingrats et les mécontents languissent et périssent. Peu importe à quel point les choses vont mal, vous pouvez toujours être reconnaissant pour quelque chose. La situation de chaque personne est différente en ce qui concerne la gratitude, mais en zoomant un peu et en regardant autour du monde en cette fin d’année, nous pouvons facilement repérer un certain nombre de choses pour lesquelles nous pouvons tous être reconnaissants.

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RIP Union européenne, 1973-2019

  vendredi 28 décembre 2018

En 2019, l’Union européenne, dans un sens, cessera d’exister : la Grande-Bretagne, qui n’est plus si grande, n’en fera pas partie. Certes, elle comprendra encore des joyaux inestimables comme la Lettonie et la Moldavie, mais sur les trois principales nations d’Europe occidentale, il n’en restera que deux, et sur ces deux, l’une est en proie à des manifestations populaires, la sortie de l’Union européenne figurant en bonne place parmi les revendications des manifestants.

Si l’Union européenne perd des membres jusqu’à ce qu’elle se dissolve, une telle évolution devrait être considérée comme parfaitement normale. L’Europe n’est jamais restée unifiée longtemps et l’UE, que l’on peut considérer comme le Quatrième Reich, n’aura duré que 46 ans (depuis l’adhésion de la Grande-Bretagne en 1973). C’est beaucoup plus long que les 12 années de vie du Troisième Reich, mais encore assez modeste par rapport aux autres unions eurasiennes : 279 ans pour la Horde d’or ; 298 ans et plus pour l’Empire russe/Union soviétique/Fédération de Russie, multinational, multi-ethnique.

Les Européens se sont généralement unifiés sur une base temporaire, afin d’attaquer et de piller d’autres régions, comme Byzance et la Palestine pendant les Croisades – avec des résultats mitigés – ou la Russie, sous Napoléon, puis à nouveau sous Hitler – les deux fois sans succès. L’OTAN n’était et n’est toujours qu’une occupation américaine de l’Europe et elle ne compte pas. L’effort d’unification sans précédent, et actuellement en échec, pour tirer pleinement parti de l’effondrement de l’Union soviétique a été, brièvement, un peu plus fructueux.

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La séquence d’auto-destruction

  lundi 24 décembre 2018

Nous approchons de la fin 2018 avec un rythme accéléré d’articles et d’analyses annonçant la disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale, leurs énormes problèmes politiques, économiques et sociaux et leur liste toujours plus longue d’échecs stratégiques et géopolitiques, trop évidents pour être ignorés. Il peut y avoir de nombreux points de vue possibles sur la suite, d’une descente graduelle ou progressive vers la dépression, le dysfonctionnement et l’insignifiance jusqu’à la catastrophe mondiale par le biais d’un anéantissement nucléaire, et il existe à peu près autant de façons de raisonner à ce sujet, sur la base de modèles macroéconomiques, de méthodes d’évaluation des risques, de croyances ardentes en la seconde venue du Christ ou sur de bonnes vieilles méthodes démodées des boules de cristal. Je voudrais proposer une autre méthode : le raisonnement par analogie. Cela m’a déjà été très utile.

Je l’ai utilisé pour la première fois il y a 13 ans – le 1er juin 2005 à 9h du matin, pour être vraiment trop précis – lorsque j’ai publié mon tout premier articlesur le sujet (partie 2partie 3et le tout en français), dans lequel je considérais sérieusement l’idée que les États-Unis allaient suivre le chemin de l’URSS, qui s’était écroulée 14 ans auparavant, le 25 décembre 1991. Je l’ai suivi d’une présentationexpliquant en détail comment la population de l’URSS était par inadvertance, à cause de ses nombreux déficits et inefficacités, beaucoup mieux préparée à survivre à un effondrement que ne le sera jamais celle des États-Unis.

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Planétoïde d’excréments ravagé par des vers frétillants...

  mercredi 12 décembre 2018

Je crois qu’il est malséant de dire du mal des personnes récemment décédées. Cela peut blesser les êtres chers qu’ils ont laissés derrière eux et créer de l’animosité parmi les vivants. La mort doit être traitée avec dignité et décorum. Les morts devraient être pardonnés pour leurs transgressions, car même les vrais méchants pourraient être considérés comme ayant fait une bonne chose à la fin, mourir, débarrassant ainsi le monde de leur présence immonde, leur mort même étant un acte d’expiation.

Mais cette façon de penser est-elle pertinente pour la disparition opportune des orbespolitiques américains, qu’il s’agisse de sacs sphériques démocrates suppurants ou de planétoïdes d’excréments républicains ravagés par des vers frétillants ? Ne serait-il pas profondément malhonnête de votre part de faire autre chose que de crier joyeusement à son expulsion finale vers les profondeurs de l’enfer ? N’avez-vous pas ressenti un petit spasme d’exaltation en apprenant que Richard Nixon était mort ? N’avez-vous pas ressenti l’envie de faire une petite danse de joie quand John McCain a calanché ? Et n’aurez-vous pas à vous retenir d’agiter vos petits poings en l’air en criant “Ouaiiiis !” quand vous entendrez qu’Henry Kissinger a finalement passé l’arme à gauche ?

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Le vol du poulet sans tête

  jeudi 06 décembre 2018

Quand j’ai eu cinq ans, j’ai passé l’été dans un petit village à quelques fuseaux horaires à l’est de Moscou et j’ai assisté à l’exécution d’un coq. Mon frère et moi étions allés chez un voisin chercher des œufs. Juste au moment où nous arrivions, le voisin avait attrapé le coq et lui a coupé la tête. Le coq, qui n’avait plus de tête, a alors effectué une acrobatie aérienne tout à fait étonnante. Après avoir effectué un impressionnant décollage, il s’est relevé et a rechuté à plusieurs reprises. Ayant exécuté plusieurs courses folles, il n’a pas été découragé par ce qu’il aurait perçu auparavant comme des collisions frontales. Je connaissais bien les piètres qualités aérodynamiques des oiseaux de basse-cour et j’ai été impressionné par le comportement énergétique et erratique d’un oiseau libéré de la camisole de force mentale de son cerveau. Malheureusement, le spectacle n’a duré qu’une minute environ. Pour être complet, j’ai appris plus tard qu’il est possible de prolonger le spectacle, au besoin, en chauffant la hachette de façon à cautériser le cou coupé. Plus récemment, j’ai appris que l’aérobic sans tête ne se limite pas aux poulets.

Les oiseaux figuratifs, de la variété mécanique, peuvent présenter quelque chose de similaire. Le plus grand gâchis de l’histoire de l’aviation militaire, l’avion d’attaque interarméesF-35, en est un bon exemple. Lui aussi risque de perdre la tête, dans le sens où le pilote peut subir un voile noir et s’évanouir. En plus d’être ridiculement coûteux (plus de 1 500 milliards de dollars de coûts prévus pour le projet) et d’être aux prises avec des problèmes (seulement la moitié des avions construits sont considérés comme prêts pour simplement sortir en mission et il y a plus de mille défauts connus qui n’ont pas été corrigés, dont ceux qui les rendent inutiles pour le combat air-air ou le soutien au sol). Les pilotes des F-35 se sentent souvent malades et ils ont perdu connaissance lors de nombreux incidents probablement attribuables à une panne de courant et des problèmes de circulation d’air.

(Suite)