• Parmi les signatures régulières que nous affectionnons et auxquelles nous prêtons grande attention sur le net, il y a celle du russe Dimitri Orlov. • Il est le créateur d’une forme de pensée que l’on pourrait désigner comme une “science de circonstance”, une “science” suscitée par les circonstances même que nous traversons et que nous décrivons et désignons nous-mêmes comme la Grande Crise de l’Effondrement du Système (GCES) : la “collapsologie”, ou “science de l’effondrement”. • Nous pensons que suivre régulièrement ses écrits est d’un intérêt qui rencontre complètement l’orientation de dedefensa.org : cela peut être fait grâce à nos excellents rapports avec Le Sakerfrancophone, qui reprend systématiquement les textes d’Orlov (en général deux par semaine) et les traduit en français. • Avec l’accord du Sakerfrancophone, que nous remercions bien chaleureusement, nous allons donc reprendre les textes d’Orlov dans cette rubrique propre intitulée “Le monde d’Orlov”. • Son fonctionnement est régi par les mêmes règles que celui d’Ouverture Libre mais cette rubrique a désormais une place structurelle dans dedefensa.org. • Le premier texte, une interview d’Orlov par Le Sakerfrancophone du 15 juin 2016, à l’occasion de la sortie en français du livre d’Orlov (Les cinq stades de l’effondrement aux éditions Le retour aux Sources) sert parfaitement de présentation de cet auteur.

Non-réciprocité, victimisation et logique occulte

  mercredi 30 novembre 2022

Peu importe le pourquoi, il s’agit juste d’une règle abstraite. Qu’en est-il si plus de 150 000 Juifs (techniquement appelés “Mischling”, ou métis) ont servi dans la Wehrmacht (un endroit sûr pour les Juifs à l’époque), dont un certain nombre avec beaucoup de courage, et si des centaines d’entre eux ont été décorés de la Croix de fer et 20 de la plus haute décoration du Troisième Reich, la Croix de chevalier (Ritterkreuz) ? Un exemple assez célèbre, sans cesse adulé comme un « parfait soldat allemand » dans la presse nazie, était le grand, blond, aux yeux bleus, à l’allure héroïque, Werner Goldberg, dont le père était juif. Donc, en fait, les Juifs pouvaient certainement être et ont été nazis. Il est clair qu’il ne s’agit pas d’une règle fondée sur la réalité ; mais alors qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit, à proprement parler, d’une règle occulte. Le terme “occulte” vient du verbe latin “occultare” (obscurcir, secréter) et le but de telles règles est de dissimuler la réalité et d’agir comme un bloqueur de pensée. Elle n’a rien à voir avec la religion, le mot “culte” étant dérivé du verbe latin “colere” (cultiver, adorer). Cette règle fonctionne comme un article de foi au sein d’un certain type de secte – une secte laïque. Ce culte vénère les victimes et, par extension, tout ce qui est inférieur, dégénéré ou faible, et impose à ses adeptes une discipline digne d’un culte. Enfreindre cette règle n’est pas un sacrilège ou un blasphème, c’est un “crime de haine”.

Curieusement, il n’est pas nécessaire de ressentir une émotion de haine pour commettre un crime de haine ; la haine est plutôt du côté du membre de la secte qui vous accuse d’un crime de haine. Ainsi, dans un crime de haine, l’auteur du crime n’est pas nécessairement le sujet mais peut être l’objet de la haine. Pour les membres de la secte qui ont intériorisé cette règle, la réaction de haine devient automatique et instantanée.

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L’année où l’on ne respecte plus les USA

  mercredi 23 novembre 2022

Il y a quelques jours, une attaque terroriste a eu lieu dans le centre d’Istanbul, en Turquie. Les détails ne sont pas importants et je ne vous en parlerais de toute façon pas car je ne suis pas une pute médiatique qui donne du pouvoir aux terroristes en leur faisant de la publicité gratuite. Ce qui est important, c’est la réaction officielle de la Turquie aux condoléances officielles américaines qui ont été offertes après les faits : la Turquie a refusé de les accepter. Le chef du ministère turc des affaires étrangères, Süleyman Soylu, l’a exprimé sans ambages : « Nous n’acceptons pas les condoléances de l’ambassade américaine ».

Il a également dit d’autres choses intéressantes. La Turquie sait où l’attaque a été coordonnée : aux États-Unis. Peu importe qui l’a exécutée, ce n’étaient que des ‘pions’. Et il a qualifié le comportement des États-Unis dans cette affaire de “retour du meurtrier sur la scène du crime”. Est-ce respectueux ou poli ? Oui, cela l’est ; c’est parfaitement approprié et diplomatique. Mais est-ce ainsi que l’on traite son seigneur et maître ? Non, pas du tout ! La conclusion inévitable est que les États-Unis ne comptent plus et que vous pouvez traiter les responsables américains de terroristes et leur cracher au visage en public. Ils sortiront leurs mouchoirs, essuieront délicatement la salive qui dégouline de leur visage et feront comme si rien de tout cela ne s’était produit. Pendant ce temps, leurs journalistes préférés fermeront les yeux d’un air penaud.

Et ainsi, la plupart des Américains ne seront même pas au courant. Et si on leur en parlait, la plupart des Américains penseraient, « Hmm. La dinde… [Turkey en anglais, NdT] oh oui, Thanksgiving est dans une semaine, n’est-ce pas ? Une délicieuse et juteuse dinde… » et ensuite, ils fredonneraient comme Homer Simpson, perdus dans un étourdissement anticipé de tryptophane, pensant à la farce, à la sauce aux canneberges, à la tarte au potiron et à de grands hommes en sueur qui courent et se rentrent dedans sur un terrain, s’abîmant les genoux et se donnant des commotions cérébrales, incapables à jamais de se mettre d’accord sur le propriétaire d’un certain objet oblong en cuir…

Il vaut peut-être mieux ne pas leur en parler. Il y a un vieux dicton : « Ne prenez pas dans les bras un bébé heureux. » Ou un bébé malheureux. Ou n’importe quel type de bébé, sauf si c’est le vôtre. Et ce n’est définitivement pas mon bébé. Mais puisque vous lisez ceci, je vais vous le dire.

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La présidence ‘cheval de Troie

  mercredi 16 novembre 2022

Les élections américaines de mi-mandat approchent et, comme il se trouve que je suis un bon et patriotique ressortissant russe, il m’incombe de m’en mêler. L’ingérence dans les élections est un exemple de soft power de la Russie, qui est bien plus agréable que le hard power de la Russie, et vous devriez donc être heureux que l’option douce soit encore sur la table.

J’ai écrit à de multiples reprises et en de multiples endroits que « les États-Unis ne sont pas une démocratie et que l’identité du président n’a pas d’importance » et je m’en tiens à cette déclaration, que je considère comme un état de fait probant. Les statistiques montrent qu’il n’y a aucune corrélation entre les préférences du public et les décisions de politique publique, mais une forte corrélation entre les préférences des groupes de pression du big business et les décisions de politique publique. Ainsi, les États-Unis ne sont pas une démocratie (gouvernée par le peuple) mais un oligopole (gouverné par des groupes d’affaires). Il s’ensuit que l’identité du président importe peu, car les deux partis du duopole Démocrate-Républicain sont détenus par le même ensemble de groupes privés.

Et donc, peu importe qui est président et votre vote ne signifie rien ? Accordé ; mais alors, est-ce que ça importe qu’il y ait un président ? Je pense que oui !

Et si le président était un organo-servo-robot, une marionnette sénile, secondé par un vice-président spécialement choisi pour être encore plus faible d’esprit ? Il s’agit d’un excellent stratagème pour mettre au pouvoir un groupe extrémiste qui n’a qu’un lien indirect avec les lobbies commerciaux habituels qui déterminent ce qui se fait à Washington. Ne pensez pas à un ‘État profond’ vaste et amorphe : l’exécution d’un tel coup de force nécessite une coordination étroite, une certaine dose de secret ou, au moins, de discrétion et, bien sûr, d’énormes sommes d’argent. Pensez plutôt à un oligarque maléfique singulièrement bien doté et à ses multiples serviteurs qu’il a soigneusement préparés et insérés dans des positions de pouvoir.

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La fausse nouvelle crise des missiles de Cuba

  mardi 08 novembre 2022

La crise des missiles de Cuba est un terme mal choisi. Cuba n’a jamais eu de missiles nucléaires ; elle a temporairement accueilli quelques missiles soviétiques. La crise a commencé lorsque les Américains ont placé leurs missiles nucléaires à portée intermédiaire en Turquie, ce qui a constitué une nouvelle menace pour l’Union soviétique, qui a répondu en plaçant des missiles similaires à Cuba, égalisant ainsi le score. Les Américains se mirent en colère mais finirent par se calmer et retirèrent leurs missiles de Turquie. Les Soviétiques retirèrent leurs missiles de Cuba et la crise se termina. Et c’est pour cela qu’on aurait du l’appeler la crise des missiles américains.

Ce qui se passe maintenant est totalement différent. À moins que vous n’ayez passé les dernières semaines à vous cacher sous un rocher, vous avez probablement entendu dire qu’une sorte de nouvelle crise nucléaire était en cours à cause du « chantage nucléaire de Poutine » ou quelque chose du genre. Certaines personnes ont souffert d’épuisement nerveux en conséquence, négligeant leurs devoirs et se laissant largement aller. Prenez l’ancien Premier ministre britannique Liz Truss, par exemple. Cette pauvre idiote s’est accrochée aux propos de Poutine selon lesquels « la rose des vents peut pointer dans n’importe quelle direction » (une remarque factuelle sur l’inutilité totale des armes nucléaires tactiques). Elle a ensuite laissé l’économie britannique tomber en chute libre pendant qu’elle suivait obsessionnellement la direction du vent qui souffle au-dessus de l’Ukraine. Tout s’est mal terminé pour la pauvre Liz. Ne finissez pas comme Liz.

Je suis ici pour vous dire qu’il ne se passe rien d’autre que le train-train – c’est-à-dire, l’habituel trucage de la propagande occidentale.

En particulier, cela n’a rien à voir avec Poutine ou avec quoi que ce soit de nucléaire. Au contraire, tout cela fait partie d’une tentative désespérée de compenser un échec narratif, une tentative ratée de plus. Le problème pour l’Occident collectif est simplement le suivant : 80% de la population mondiale a refusé de se joindre à elle pour condamner, sanctionner ou punir la Russie, certains très grands pays (Chine, Inde) étant soit favorables à la Russie, soit neutres sur le sujet.

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L’ukrainien en toute simplicité

  mercredi 02 novembre 2022

De plus en plus de personnes en Occident commencent à se gratter la tête en se demandant pourquoi elles devraient souffrir d’une inflation galopante, de factures d’électricité inabordables et de foules indisciplinées de migrants ukrainiens profiteurs. Les esprits les plus curieux s’interrogent sur la vitesse étonnante à laquelle le gouvernement ukrainien engloutit les vastes sommes d’argent qui lui sont envoyées sans rien en retour, alors même que les services publics de l’Ouest sont défaillants par manque de fonds, ou sur la raison pour laquelle l’ensemble de l’OTAN est rapidement dépouillé de nombreux types de systèmes d’armes, qui sont expédiés en direction de l’Ukraine et sont ensuite soit détruits, soit vendus à des tiers dans le monde entier, soit pris comme trophées par les Russes, tandis que l’inflation rend leurs remplacements inabordables.

Certaines personnes commencent à penser que tout ceci n’est qu’un stratagème pour enrichir le clan Biden et remplir les caisses de sa campagne politique afin d’éviter une défaite politique désastreuse par l’achat de votes et une fraude aux sondages tout en maintenant Hunter, le fils de Biden, approvisionné en drogues et en prostituées ukrainiennes mineures, mais ce sont évidemment des théories du complot. Rassurez-vous, tout ce que l’Occident collectif fait à l’égard de l’Ukraine, si injustement envahie par la Russie après que son dirigeant ait simplement menacé la Russie d’une frappe nucléaire lors d’une conférence internationale sur la sécurité, est parfaitement propre et conforme aux règles.

Pour bien comprendre l’Ukraine, en tant qu’état d’esprit et aussi en tant qu’État en faillite, ce qu’elle est réellement à ce stade, il est essentiel de saisir un fait essentiel : l’ensemble de sa construction est un exercice d’ironie tragique. La meilleure façon de l’expliquer est de se référer à certains termes qui n’existent que dans la langue ukrainienne. Le reste de la langue ukrainienne peut être ignoré sans risque : elle n’est utilisée que comme un signal de vertu par les ukrainiens russophones  (cela ne durera pas), rien d’important n’est écrit ou publié dans cette langue, et elle fait essentiellement partie d’un continuum de dialectes russes du sud qui s’étend de Tambov et Voronezh à Lvov. De tous ces dialectes, c’est le seul à avoir été formalisé en tant que langue distincte, avec des résultats médiocres : il est faible en tant que moyen de pensée et lorsqu’il est temps d’arrêter de faire preuve de vertu et de commencer à résoudre des problèmes, les Ukrainiens se rabattent inévitablement sur le russe. Cela ajoute sans doute au sentiment d’ironie tragique qui est au cœur de l’identité ukrainienne.

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Quel empire occidental ?

  mercredi 26 octobre 2022

Certaines personnes observatrices commencent à soupçonner que tout ne va pas parfaitement bien dans le puissant empire occidental dont le siège est à Washington, DC. Certains des plus excitables de ces observateurs sont prompts à affirmer que ce dont ils sont témoins sont les premiers stades de l’effondrement. Mais ces voix sont rares, tandis que les autres observateurs se sentent obligés de suivre cette petite discipline mentale :

1). Le puissant Empire occidental est puissant. Il s’agit d’une tautologie et donc d’une évidence, qui ne souffre d’aucune discussion et ne nécessite aucune preuve supplémentaire.

2). Dominer le monde entier requiert un niveau d’intelligence absolument stupéfiant. C’est parce que le monde est grand et compliqué.

3). Si le puissant empire occidental semble faire quelque chose de stupéfiant, c’est parce que nous sommes nous-mêmes trop stupides pour comprendre la subtilité de son intelligence qui se fait passer pour de la stupidité pure ; voir le point 2 ci-dessus pour comprendre pourquoi.

4). Si le puissant empire occidental semble s’engager dans ce qui semble être une séquence sans fin de mouvements spectaculaires, stupides et autodestructeurs, alors cela se réduit itérativement à une application répétée du point 3 ci-dessus.

Mais il y a aussi le point de vue radical et extrémiste : le puissant empire occidental s’est déjà effondré et continue d’exister par simple inertie physique et mentale, tandis que ses dirigeants essaient de sauver les apparences et de retarder l’inévitable afin de mieux remplir leurs nids individuels. Ces extrémistes à l’esprit conspirationniste ont le culot d’imaginer qu’il n’existe pas de plan directeur stratégique étonnamment brillant et subtil au-delà des efforts individuels des joueurs pour continuer à obtenir tant qu’obtenir est possible – ou quelque chose d’aussi radical et extrémiste dans ce sens.

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Le joli pont que vous avez là…

  mercredi 19 octobre 2022

Je continue d’essayer d’écrire des articles sérieux sur des sujets sérieux, mais l’actualité ne cesse d’injecter des détails dans mon train de pensée, sur lesquels je dois ensuite passer du temps. Si je ne le faisais pas, nombre de mes lecteurs penseraient que je les ignore, et ce serait une mauvaise chose (à leurs yeux), car ces actualités sont tellement importantes ! Plusieurs tuyaux de grand diamètre ont explosé au fond de la Baltique, alors qu’ils n’étaient de toute façon pas utilisés. Un camion piégé a explosé sur le pont qui relie la Crimée à Krasnodar, le rendant inutilisable pendant presque toute une journée. Oh, et avant que nous n’oubliions, Krasny Liman, un nœud ferroviaire dans l’oblast de Donetsk, a été temporairement abandonné aux Ukrainiens qui l’attaquaient sans relâche (des mercenaires polonais pour la plupart, en fait) et qui l’ont inondé de leur sang et l’ont orné de leurs entrailles.

Ces événements, ainsi que d’autres moins importants, ont provoqué l’explosion de consternation d’une petite mais bruyante partie des médias sociaux russes, qui réclament vengeance et se montrent généralement mécontents des progrès réalisés depuis la déclaration de l’opération spéciale le 22 février 2022. Bien sûr, un grand nombre de ces voix hystériques sont en fait des agents ukrainiens rémunérés chargés de répandre la peur, l’incertitude et le doute et, bien sûr, l’Opération spéciale se poursuivra quoi qu’il arrive, donc tout cela n’est qu’un ennui temporaire. Tout cela n’est donc qu’une contrariété passagère. Mais je ferai des commentaires à ce sujet parce que j’estime que je dois le faire, puis je passerai à des choses plus importantes.

Le pont sur le détroit de Kerch était en discussion depuis de nombreuses décennies. Il était en cours de planification alors même que la Crimée était encore une autonomie au sein d’une Ukraine constitutionnellement intacte, avant le coup d’État violent de 2014 fomenté par les États-Unis. Après que la Crimée a rejoint la Russie, il est devenu extrêmement important de créer un lien de transport terrestre entre elle et le continent, et le pont a été construit en un temps record. Il s’agissait d’une entreprise de grande envergure et d’un objet de grand prestige pour le gouvernement russe. Mais il y a également eu quelques problèmes d’organisation.

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Décodage de la « menace nucléaire de Poutine »

  mardi 11 octobre 2022

Cette phrase donne actuellement environ 6 590 000 résultats sur Google, elle doit donc être réelle – ou non ? Elle ne l’est pas. Mais apparemment, les personnalités les plus autorisées ont concocté un récit selon lequel Poutine, désespéré par la perte de Krasny Liman, un nœud ferroviaire situé dans le district de Kramatorsk de la République populaire de Donetsk, qui fait partie de la Fédération de Russie depuis hier, va s’emporter et attaquer les Ukrainiens avec des armes nucléaires tactiques. Puisque ce récit est faux, il doit y avoir quelque chose d’autre, comme un faux drapeau planifié par les États-Unis. Décortiquons ce récit et voyons où il nous mène.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Krasny Liman, vous êtes pardonné pour cette ignorance géographique. Elle n’est remarquable que pour deux choses : un nœud ferroviaire et le fait que les Russes ont récemment décidé de s’en retirer tout en infligeant d’horribles pertes aux Ukrainiens qui attaquaient. En ce qui concerne les pertes sur le champ de bataille, le rapport 10:1 (10 Ukrainiens morts pour chaque Russe mort) semble se maintenir. Étant donné que la population russe est 4 fois plus importante et que la Russie fabrique toutes ses propres armes alors que l’Ukraine est obligée de compter sur la bonté d’étrangers, la victoire russe sur le champ de bataille est entièrement assurée. Krasny Liman et sa majestueuse gare ferroviaire seront repris en temps voulu, car ils se trouvent désormais en territoire russe, mais il n’y a aucune raison de se précipiter. Ce qui se passe actuellement en Novorossiya (c’est ainsi que s’appelait la région lorsqu’elle a été colonisée par les Russes, qui ont déplacé les nomades errants restant de l’empire de Gengis Khan) est une opération antiterroriste, les Ukrainiens et leurs partisans occidentaux étant les terroristes. Les troupes russes se fraient lentement un chemin vers la victoire, définie comme la libération de la Novorossiya des forces ukrainiennes et des mercenaires étrangers, qui sont, puisqu’aucune guerre n’a jamais été officiellement déclarée, des combattants illégaux, c’est-à-dire des terroristes.

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NordStream Kaput !

  mercredi 05 octobre 2022

La grande nouvelle du jour est que Biden a fait exploser 3 des 4 pipelines qui ne fournissaient pas de gaz naturel russe à l’Allemagne. Biden a fait exactement ce qu’il avait promis et, à l’heure actuelle, je ne vois aucune raison de le mettre en doute, car il existe de nombreuses preuves indirectes de l’implication des États-Unis dans cet acte : Des navires de l’US Navy circulant dans la zone, posant probablement des mines sur les tuyaux et repartant juste avant les explosions. Nous devons attendre que la Maison Blanche rende la Russie responsable de l’incident ; cela constituerait une marque supplémentaire de culpabilité. (C’est toujours le voleur qui crie le plus fort “Attrapez le voleur !”). Mais je ne suis ni le juge ni le jury dans cette affaire, donc n’attendez rien de plus précis de moi.

Il y a juste quelques éléments importants à comprendre concernant la disparition prématurée de NordStream.

1. La puissance européenne qu’est l’économie allemande est maintenant kaput. L’ensemble du miracle économique allemand reposait sur la disponibilité d’un approvisionnement régulier en gaz naturel bon marché en provenance de Russie ; sans ce gaz, l’industrie allemande ferme ses portes, licencie des centaines de milliers de travailleurs et connaît un niveau de détresse et d’agitation publique jamais vu depuis l’époque de la République de Weimar. L’économie allemande ayant été la locomotive qui a tiré une grande partie du reste de l’Union européenne, la disparition de NordStream est également une mauvaise nouvelle spectaculaire pour le reste de l’UE. Les Européens sont maintenant confrontés à une tâche formidable : reprogrammer les cerveaux des uns et des autres pour qu’ils comprennent que l’Amérique n’est pas leur amie mais leur ennemie.

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Étouffer le bruit au sujet de l’Ukraine

  vendredi 30 septembre 2022

 

Il y a des choses plus intéressantes à écrire que ceci, et j’y travaille, mais en attendant, voici une note rapide sur les événements en Ukraine qui contrediront très probablement ce que les gens peuvent glaner en écoutant les médias occidentaux. Non seulement cela, mais certains idiots utiles à l’intérieur de la Russie ont commencé à hyperventiler dès que les troupes russes se sont retirées de la région de Kharkov, affirmant que “c’est maintenant une guerre !”. Ils devraient aller lire la résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations unies du 14 décembre 1974. Cela devrait tempérer leur enthousiasme à déclarer des guerres. Il s’agit d’une opération spéciale ; si vous l’appelez autrement, non seulement vous vous trompez, mais vous commettez un crime en vertu de l’article 207.3 du code pénal russe.

Je me contenterai d’énumérer quelques faits concernant le conflit et vous laisserai le soin de tirer vos propres conclusions.

Ce matin, le ministre russe de la défense, Sergei Shoigu, a donné une interview dans laquelle il a déclaré que les pertes de la Russie sur le champ de bataille au cours de l’opération militaire spéciale (un secret d’État jusqu’à présent) s’élevaient à 5 937 morts. Il a également déclaré que 90 % des blessés ont été soignés et ont repris le service actif. On donnera leur sens à ces chiffres en notant que cela représente 0,004 % de la population russe. Au cours de la même période, la Russie a perdu environ 5 600 personnes dans des accidents de voiture, plus de 10 000 du fait d'overdoses de drogue et plus de 50 000 du fait de l’alcoolisme.

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Chats dans une pièce sombre et encombrée

  mercredi 28 septembre 2022

J’ai reçu des demandes de commentaires sur les récentes contre-attaques ukrainiennes, certaines personnes estimant que « le vent a peut-être tourné ». Il y a eu deux contre-attaques, l’une dans la région de Kherson, au sud, qui a été repoussée. Les forces ukrainiennes ont subi des milliers de pertes, remplissant tous les hôpitaux et morgues de la région et nécessitant des collectes de sang d’urgence. Cette petite attaque a coûté aux Ukrainiens une centaine de chars et autres véhicules, 4 000 morts et 8 000 blessés. Rassurez-vous, certains se réjouissent de la tournure des événements, en particulier ceux qui tirent profit du découpage des foies, des poumons et des reins des cadavres pour les expédier vers des cliniques en Israël et ailleurs en vue d’une transplantation (étant donné le grand nombre de victimes, cette activité est devenue une véritable industrie, au même titre que le blanchiment d’argent et la contrebande d’armes). Lors d’une autre attaque, censée être beaucoup plus réussie, le camp ukrainien a repris les zones autour d’Izyum et de Balakleya, avec des pertes tout aussi impressionnantes.

Comme il s’agit du seul cas où les Ukrainiens ont réellement gagné du terrain depuis le début de l’opération, certaines personnes ont immédiatement commencé à hyperventiler et à prétendre que les Russes allaient certainement être mis en déroute et chassés de Crimée. Je ne dirai pas cela et j’expliquerai plutôt pourquoi la Russie, qui a engagé peut-être 16 % de ses soldats professionnels (pas d’appelés ni de réservistes, mais un nombre croissant de volontaires), est en train de réussir sa mission de démilitarisation et de dénazification de l’Ukraine, d’assurer la sécurité de la région du Donbass et, au-delà, de faire évoluer ses relations avec l’Occident (si elles existent) vers une base plus équitable. Tout se déroule selon le plan, et bien que nous ne connaissions pas les détails de ce plan à l’avance (il s’agit normalement d’un secret d’État), nous pouvons discerner certains de ses détails au fur et à mesure de son déroulement.

Tout d’abord, il est important de noter que si, pour l’Occident, l’action en Ukraine est une« guerre totale » existentielle (comme l’a déclaré le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian), pour la Russie, il s’agit d’une opération militaire spéciale, et la Russie est prête à s’engager simultanément dans trois, voire quatre d’entre elles sans avoir à mobiliser ou à appeler des réserves. La raison pour laquelle il s’agit d’une question existentielle pour l’Occident est liée à l’énergie. Le pic pétrolier étant largement dépassé et le phénomène de la fracturation hydraulique aux États-Unis étant prêt à s’éteindre d’ici un an ou deux, le pétrole et le gaz russes, ainsi que de nombreux produits de base dont la production nécessite du pétrole et du gaz bon marché, sont absolument essentiels si l’Occident veut conserver ne serait-ce qu’une trace de sa position dominante dans le monde. Qui plus est, le pétrole et le gaz russes doivent être rendus très bon marché, alors qu’ils sont aujourd’hui beaucoup trop chers pour que l’Occident puisse maintenir sa capacité industrielle, avec des usines chimiques et métallurgiques, et même des boulangeries, qui ferment chaque jour. Ainsi, si l’Occident veut survivre, la Russie doit être détruite et son trésor de combustibles fossiles et d’autres matières premières doit être pillé.

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Une nouvelle guerre civile américaine ?

  mardi 20 septembre 2022

Les États-Unis tiendront-ils le coup jusqu’en 2024 ? Au début de l’année, des complications liées à la Covid-19 ont coûté la vie à Vladimir Jirinovsky, l’éternel et grandiloquent leader du Parti libéral démocrate de Russie. Il était connu non seulement pour sa rhétorique inimitable, mais aussi pour la précision étonnante de ses prédictions. Par exemple, il a prédit le début de l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine presque jour pour jour, des mois avant le fait et à un moment où personne d’autre n’avait la moindre idée de ce qui allait se passer. Une autre de ses prédictions se lit comme suit : « Il n’y aura pas d’élection présidentielle américaine en 2024 parce qu’il n’y aura plus d’États-Unis. » S’avérera-t-il également prémonitoire sur ce point ? On verra bien !

Jirinovsky est loin d’être le seul à faire une telle prédiction. Selon des sondages récents, plus de 40 % des Américains craignent qu’une nouvelle guerre civile n’éclate au cours de la prochaine décennie. Que l’on n’aille pas croire que les personnes interrogées ont effectué une analyse indépendante, sur la base de laquelle elles ont pu calculer la probabilité d’une guerre civile ! Aujourd’hui, la grande majorité des Américains ont été conditionnés à percevoir la réalité comme une mosaïque composée de courts extraits de journaux télévisés, d’extraits sonores, de scènes dont la longueur ne dépasse pas celle de deux publicités télévisées et de récits miniatures qui présentent tel ou tel objet imaginaire sous un jour positif ou négatif. Ils pensent qu’une guerre civile est probable parce que c’est ce qu’on leur a dit à travers les médias de masse ou les médias sociaux, invisiblement mais implacablement chaperonnés.

L’oligarchie, qui contrôle tout ce qui précède, joue avec deux business plans alternatifs. Le plan A, plus rentable et moins risqué, ne prévoit pas de guerre civile, tandis que le plan B, risqué mais toujours rentable, en prévoit une. Dans les deux cas, les profits proviennent de la confiscation des richesses de la population ; avec le plan A, une moindre partie de ces richesses est détruite, d’où des profits plus importants. Mais le plan A exige de s’assurer l’obéissance et la docilité totales d’une population de plus en plus désemparée et rétive. Pour paraphraser Klaus Schwab, ils doivent s’accommoder de ne rien avoir et faire semblant d’être heureux (à condition d’être autorisés à rester à l’intérieur et à être nourris).

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De quoi ‘Gorby’ est-il le nom ?

  vendredi 16 septembre 2022

On dit qu’il faut parler des morts en bien ou ne rien dire du tout ; et bien que je serais heureux d’envoye  ‘Gorby’ dans l’oubli instantané, mes lecteurs m’ont demandé mon avis, alors je vais m’acquitter d’une brève nécrologie. Il y a peut-être une valeur résiduelle à extraire du vieux récit fatigué de ‘Gorby’. Comme je le soutiendrai ici, il n’est pas tant une personne qu’une unité pratique de dysfonctionnement organisationnel au sein d’un empire qui s’effondre.

Il est assez révélateur que ‘Gorby’ (qui était le surnom affectueux dont Margaret Thatcher avait affublé le secrétaire général du Politburo du parti communiste de l’Union des républiques socialistes soviétiques, Mikhail Sergeevich Gorbachev) ait été célébré par les ennemis de la Russie et presque universellement méprisé par les Russes et les amis et alliés de la Russie. Pour les Chinois en particulier, il a donné une précieuse leçon sur le type de personnalité qu’il ne faut pas laisser s’approcher de la direction du parti communiste chinois. Les Chinois ont également appris de Staline qu’il n’est pas sage de permettre à vos ennemis au sein du parti de vous survivre, comme l’a fait Nikita Khrouchtchev, et de Khrouchtchev qu’il n’est pas sage de dénigrer vos prédécesseurs au pouvoir à moins que vous ne vouliez qu’on vous fasse la même chose. Les Chinois n’ont pas fini d’apprendre des leçons des Russes, mais de nombreux Russes souhaiteraient qu’il en soit autrement. Il est certain que les Chinois ont eux-mêmes donné de précieuses leçons, notamment que la libéralisation économique et la libéralisation politique doivent être dissociées, afin que le libéralisme économique puisse être freiné lorsqu’il entre en conflit avec les intérêts nationaux.

Il convient également de noter que la plus grande réussite de ‘Gorby’ au cours de sa vie, selon lui-même, a été de quitter volontairement son poste de président de l’Union soviétique (comme on l’appelait pendant son bref règne). Il a dit qu’il l’avait fait pour éviter une grande effusion de sang ; or, c’est ce que son départ précipité, et le vide du pouvoir qu’il a créé, a facilement produit, ayant donné libre cours à de petits nationalistes et à leurs manipulateurs étrangers parmi les ennemis permanents de la Russie. En cela, il a échoué ; il a également échoué dans sa campagne de “glasnost” (remplaçant la censure d’État par un déluge de ‘fake news’), dans sa campagne de “perestroïka” (détruisant l’économie soviétique en quelques années seulement), dans sa campagne contre l’alcoolisme (conduisant à une crise historique d’alcoolisme dans tout le pays), dans sa tentative de réforme du parti communiste (remplaçant les personnes réellement compétentes par des opportunistes, des arrivistes, des carriéristes et des criminels purs et simples) et dans la négociation (ou la capitulation) de la fin de la guerre froide à des conditions qui, à long terme, se sont avérées inacceptables pour la Russie. Il a échoué, échoué, et encore échoué.

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Comment s’opposer aux récits malsains ?

  mardi 13 septembre 2022

L’une des principales techniques de guerre psychologique contemporaine est l’utilisation forcée de récits. Un récit établit un ensemble de définitions qui servent ensuite de filtre à la réalité : tout pas hors du chemin étroit que ces définitions fournissent est considéré comme automatiquement offensant et nécessitant une action disciplinaire, tandis que contester l’exactitude de ces définitions est aussi inutile que de contester des axiomes géométriques. Certains récits équivalent à un discours de haine et, en tant que tels, peuvent être combattus par des moyens légaux en tant qu’extrémistes, pour avoir encouragé la division sociale et les conflits. D’autres sont fondés sur une sorte de fausse moralisation, faisant appel à nos meilleures natures et réprimandant et cherchant à punir ceux qui refusent de suivre le programme.

Il est difficile de s’opposer à de tels récits car ceux qui tentent de s’y opposer commettent souvent une seule et même erreur fatale : ils tentent de combattre le récit dans ses limites et ses définitions. Mais dès que vous acceptez la terminologie de la narration, vous en devenez le prisonnier. Dès lors, toute lutte pour s’en libérer devient futile. L’approche correcte consiste à priver le récit de toute sa validité en refusant d’accepter ses termes clés. Prenons quelques exemples.

Une cible particulièrement facile est le récit des “droits des homosexuels” : les journalistes étrangers, faute de pouvoir poser des questions plus utiles, s’enquièrent souvent des droits des homosexuels, par exemple en Tchétchénie, une république musulmane qui, conformément à l’enseignement coranique, considère l’homosexualité comme ‘haram’ (interdite). Exiger d’eux qu’ils changent leurs habitudes en raison de la préférence culturelle d’une autre nation est une atteinte à leur liberté religieuse ; de plus, c’est complètement futile.

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Des choses absolument horribles

  mercredi 07 septembre 2022

C’est le pire moment possible pour être un nazi ukrainien. Je déteste avoir à les évoquer encore et encore. Heureusement, je n’aurai plus à le faire longtemps : ils disparaissent assez rapidement. Mais pendant ce temps, des choses vraiment horribles se passent. Pour résumer, le but de l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine est de démilitariser et de dénazifier l’Ukraine… et d’assurer la sécurité des régions de Donetsk et de Lugansk… et de la région de Kherson, et de Zaporozhye, et de Kharkov, et de Nikolaev… et d’Odessa… et ensuite d’organiser des référendums dans toutes ces régions pour qu’elles rejoignent la Fédération de Russie. Appelez ça de la folie des grandeurs. Mais c’est le bon genre de dérive de mission du point de vue russe : Les frontières de la Russie se déplacent dans la bonne direction et englobent de plus en plus de terres historiquement russes. Ces terres faisaient partie des « terres sauvages », où les Russes se sont installés pour la première fois sous Catherine la Grande, mettant ainsi fin aux incursions étrangères des Polonais et des Turcs et aux raids des tribus nomades.

Mais qu’en est-il des objectifs initiaux de démilitarisation et de dénazification ? La façon dont se déroule la démilitarisation est décrite par des tableaux ennuyeux publiés régulièrement par le ministère russe de la défense : tant de chars, d’obusiers, de transports de troupes blindés, de mortiers, de lance-roquettes, de drones et d’hélicoptères détruits. À ce jour, 267 zones de population, grands et petits, ont été libérés, même si certains d’entre elles sont encore bombardées par des mortiers et de l’artillerie. À l’heure actuelle, les Russes ont détruit une grande partie du matériel de guerre initial, d’origine soviétique, et sont occupés à dévorer les armements occidentaux fournis par l’OTAN.

À ce rythme, les forces ukrainiennes n’auront plus rien pour se battre. Déjà, les obus d’artillerie et les mortiers sont rationnés, chacun ne tirant qu’une poignée de missiles par jour, juste assez pour dissuader les Russes de déborder leurs positions défensives. Plusieurs des grands pays de l’OTAN, qui étaient au départ disposés à fournir des armes aux Ukrainiens, ont déjà changé d’avis, d’abord parce qu’au lieu d’être utilisées pour combattre en Ukraine, ces armes apparaissent sur les marchés noirs internationaux, à des prix très raisonnables, et ensuite parce qu’ils commencent à manquer d’armes.

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L’assassinat de la fille d’Alexandre Douguine

  mercredi 24 août 2022

Le samedi 20 août 2022, dans le quartier Odintsov de Bolshaya Vyaz’ma, près de Moscou, une voiture piégée avec la charge placée sous le siège du conducteur a coûté la vie à la journaliste Darya Dugina [Daria Douguine], 29 ans, fille du philosophe et politologue russe Alexandre Douguine. La bombe a été placée par la citoyenne ukrainienne Natalya Vovk, née en 1979, qui était arrivée en Russie le 23 juillet avec sa fille Sofia Shaban. Elles avaient loué un appartement dans l’immeuble où vivait Douguine et l’avaient suivie dans une Mini Cooper, utilisant trois plaques d’immatriculation différentes : de Donetsk, du Kazakhstan et d’Ukraine. Le jour de l’attaque terroriste, Vovk et sa fille étaient présents au festival « Tradition » auquel participaient Alexandre Douguine et sa fille. Après avoir déclenché l’engin explosif, les deux femmes ont fui vers l’Estonie en passant par Pskov. Alexander Douguine suivait Darya dans une autre voiture et a été témoin de l’explosion. Il se trouve actuellement dans un hôpital, où il est traité pour un traumatisme psychologique. Lui et sa fille étaient très proches et travaillaient ensemble sur divers projets.

Bien que les médias occidentaux se soient empressés de qualifier Douguine de « conseiller de Poutine » ou de « nationaliste russe » ou de toute autre épithète insensée, il ne s’agit là que de la bêtise habituelle des médias occidentaux. Douguine est un philosophe et, étant plutôt controversé, il n’est en aucun cas proche du Kremlin. Il a produit une œuvre très impressionnante et ce n’est peut-être pas une bonne idée de la résumer en quelques phrases, mais je vais essayer.

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En attendant les Russes

  mardi 26 juillet 2022

Lorsque le bataillon ukrainien Azov (des nazis tatoués et drogués) a finalement été chassé des rues de Marioupol, une ville russe d’un demi-million d’habitants située sur les rives de la mer d’Azov, pour se réfugier dans les sous-sols caverneux de l’usine métallurgique, les habitants, qui avaient été contraints de se cacher des mitrailleuses et des bombardements dans les sous-sols de leurs propres immeubles, ont d’abord hésité à quitter leurs abris. Puis certains d’entre eux, en écoutant le bruit à l’extérieur, ont entendu de puissants « Allahu akbar ! » (« Gloire à Dieu !»), ils ont poussé un profond soupir de soulagement – “les Russes sont enfin là !” – et ont envahi les rues pour accueillir leurs libérateurs russes, qui étaient, dans ce cas, les forces spéciales tchétchènes.

Cette petite vignette de la vie réelle peut vous laisser perplexe. Comment vos vaillants amis ukrainiens peuvent-ils être des nazis ? Votre gouvernement leur a prodigué d’innombrables milliards d’euros d’aide militaire, qui ont rapidement disparu dans une sorte de trou noir sans que rien ne soit montré, si ce n’est une suite ininterrompue de retraites militaires, de défaites et d’humiliations. Pendant ce temps, de plus en plus de vos concitoyens n’ont même pas les moyens de chauffer ou de refroidir leur maison ou de nourrir correctement leurs enfants. Cela doit vraiment faire mal ! Et comment Marioupol, un important centre industriel ukrainien qui représentait autrefois environ un dixième du PIB de l’ancienne Ukraine, peut-il se révéler être habité presque exclusivement par des Russes patriotes, brandissant le drapeau blanc-bleu-et-rouge ? Et comment les Russes peuvent-ils se sentir heureux d’être libérés par des combattants musulmans criant « Allahu akbar ! » – ne sont-ils pas des chrétiens orthodoxes, et non des musulmans ?

Les nazis ukrainiens sont des nazis parce que leur idéologie est nazie. Selon cette concoction diabolique, les Ukrainiens sont racialement supérieurs et distincts de tous les autres Russes parce qu’ils sont de purs Slaves, alors que les autres Russes sont un mélange de Slaves, d’Ugro-Finlandais, de Turcs et d’autres groupes ethniques. Leur pureté et leur supériorité raciales supposées leur permettent de tuer et de torturer tous ceux qui ne sont pas eux – les Polonais, les Russes et surtout les Juifs. Ils se sentent parfaitement justifiés de bombarder les quartiers résidentiels peuplés de ces Untermenschen et d’utiliser ces civils comme boucliers humains. Et lorsque cette tactique échoue et qu’ils sont contraints de battre en retraite, ils bombardent des écoles, des hôpitaux et des jardins d’enfants dans les quartiers qu’ils ont abandonnés. Rien qu’à Donetsk, plus d’une centaine de bâtiments doivent être réparés avant le début de l’année scolaire. Il est beaucoup plus sûr de bombarder des malades et des enfants que de bombarder les troupes russes, qui ripostent immédiatement.

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Le simulacre crevé de l’unité occidentale

  vendredi 22 juillet 2022

Il est souvent possible de diagnostiquer les problèmes des gens en prenant note de ce qu’ils évoquent de façon répétitive et compulsive dans la conversation. Il s’agit généralement des objets d’un désir ardent qui leur font cruellement défaut dans la vie.

Par exemple, les Américains parlent souvent de manière compulsive des armes à feu, qu’ils considèrent comme un moyen d’assurer leur sécurité personnelle. C’est parce qu’ils manquent cruellement de sécurité personnelle : à tout moment, un maniaque fou armé jusqu’aux dents (il y en a des millions qui circulent librement parmi eux) peut venir les attaquer et les faire disparaître – pendant qu’ils dorment, qu’ils vont chercher leurs enfants à l’école, qu’ils sont assis sur les toilettes ou qu’ils se baissent pour ramasser un penny. Ils s’arment donc jusqu’aux dents et vivent dans un état de rage paranoïaque.

Autre exemple : les dirigeants américains mentionnent compulsivement “la liberté et la démocratie”. Ce sont des choses qu’ils sont censés posséder et qu’ils doivent répandre sur le reste de la planète, que celle-ci le veuille ou non. Plus précisément, le reste de la planète ne devrait pas être autorisé à voter démocratiquement contre cette absurdité américaine de “liberté et de démocratie” et à en rester béatement libre. Étant donné que les États-Unis eux-mêmes ne sont pas une démocratie (comme on peut facilement le prouver avec des chiffres), ce que les politiciens américains entendent par “démocratie” est tout sauf cela.

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D’une époque l’autre

  mardi 19 juillet 2022

Le plus difficile, lorsqu’on vit une période de profonds changements, c’est que personne ne se soucie de vous informer que les temps ont changé et que rien ne sera plus comme avant. Certainement pas les têtes parlantes à la télévision, qui sont souvent les dernières à le savoir. Vous devez vous en rendre compte par vous-même, si vous le pouvez. Mais je suis là pour vous aider.

Tout est lié à l’énergie. Rien à la technologie – c’est accessoire -, rien à la supériorité militaire – c’est éphémère et largement imaginaire – et certainement rien à une quelconque forme d’autosatisfaction politique ou culturelle – c’est illusoire. Il n’y a pas de substitut à l’énergie. Si vous en manquez, vous ne pouvez pas faire fonctionner votre économie industrielle avec des baguettes de bois. Elle s’arrête tout simplement. Pire encore, les sources d’énergie ne sont même pas particulièrement substituables les unes aux autres. Si vous manquez de gaz, vous ne pouvez pas passer au charbon ou au fumier sec, même si vous en avez jusqu’au cou. L’industrie moderne fonctionne au pétrole, au gaz naturel et au charbon, dans cet ordre, et les substitutions sont très limitées.

De plus, l’énergie doit être très bon marché. Le pétrole doit être le liquide le moins cher que vous puissiez acheter – moins cher que le lait, moins cher même que l’eau en bouteille. Si l’énergie n’est pas assez bon marché, toutes les industries énergivores qui en dépendent deviennent non rentables et ferment leurs portes. C’est le stade auquel nous sommes actuellement dans la plupart des pays du monde. Alors, que s’est-il passé ?

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Le vrai mouvement perpétuel

  mardi 19 juillet 2022

Les rêves d’une machine monétaire à mouvement perpétuel s’effondrent, pour être remplacés par la douleur et le désenchantement. Les États-Unis sont passés sous sédation monétaire lourde en 2020 et n’ont pas encore repris conscience. Ils ont tenté de créer l’illusion d’un mobile à mouvement perpétuel : un état de fait où il est possible d’inonder chaotiquement les marchés de liquidités illimitées sans en subir les conséquences, tout en jouissant d’un sentiment éphémère d’immortalité. Les marchés sont en ébullition, le déficit budgétaire est illimité, il n’y a pas d’inflation et tout est doux et léger !

À cette époque, le gouvernement fédéral américain, séduit par un sentiment d’invulnérabilité et souffrant d’une perte de raison permanente, a généré des plans de sauvetage sans fin. L’argent jeté par hélicoptère n’en finissait pas de voltiger : environ 1 000 milliards de dollars en mars-mai 2021 ; 1 200 milliards de dollars de plans d’infrastructure à partir du 7 novembre 2021. Il y a eu des dizaines de plans de ce type créés par Biden & Cie.

Lorsque leur foi en l’immortalité a atteint son apogée, la peur s’est estompée, les cerveaux se sont éteints et 6 000 milliards de dollars ont été distribués à tous ceux qui pouvaient les engloutir sous n’importe quelle excuse bidon. Les gens étaient littéralement forcés de se taire et d’accepter la fausse monnaie.

À l’époque, en 2020 et dans la première moitié de 2021, alors que l’inflation était encore faible, il semblait que cet état de fait allait durer éternellement. À l’époque, on disait que l’inflation était temporaire et qu’elle était causée par divers facteurs transitoires et non récurrents. Ces facteurs disparaîtraient, disait-on, et la situation se normaliserait. Maintenant, il y a un nouveau sujet pour ce badinage éhonté : il n’y a aucun risque de récession, aucun ! Ils essaient de manipuler l’opinion publique en utilisant les prévisions officielles idiotes d’une croissance du PIB de 2,5% pour 2022.

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