Alors que meurt la République...

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Alors que meurt la République...

Nous avons découpé en deux le titre de l’article de Tom Luongo, pour présenter notre commentaire de ce texte, et le texte lui-même : « Alors que meurt la République, la nouvelle génération doit se lever ». Effectivement, Tom Luongo apprécie la crise actuelle des USA (séquence de l’élection) comme celle d’une rupture ontologique, et il l’apprécie déjà dans la perspective de 2022 (élections mid-term) et de 2024 (prochaine présidentielle).

Pas une fois dans son texte n’apparaît le nom de Joe Biden, qu’il prête ou non serment le 20 janvier 2020 ; Luongo a raison, ‘Old Joe’ est de la substance d’une vieille poussière pourrie qu’un peu de sable, ou de vent, effacera sinon efface déjà. Par contre, Luongo nomme ceux qui selon lui annoncent la “nouvelle génération” : Tulsi Gabbard, les républicains-libertariens tous deux du Kentucky Thomas Massie et Rand Paul.
(Ne pas confondre du tout, s’il vous plaît et malgré leur origine linguistique commune, ‘libertarien’ qui a évolué en un mouvement de démocratie localiste à tendance centrifuge aux USA, et ‘libertaire’ qui a été annexé en Europe, et en France, par des pseudo-anarchistes de Mai68 [Cohn-Bendit par exemple], pour devenir ultra-libéral, capitaliste-globaliste, et ‘bobo’ parisien. D’autre part, il ne faut pas non plus s’en tenir précisément à ces étiquettes : il est manifeste que Luongo rapproche les populistes des libertariens, alors que les premiers sont plutôt étatistes et les seconds antiétatistes ; et il met également dans cette galère glorieuse une sociale-populiste antiguerre [Gabbard]. Tout cela nous conduit à penser qu’il est préférable de parler en termes de Système et d'antiSystème...)

Le texte de Luongo est chargé de constats et d’hypothèses puissantes  et amples, qui comprennent des visions décisives et volent autrement plus haut que les agitations spongieuses et frauduleuses de la crise au jour-le-jour. Sans nul doute, ce n’est pas pour nous déplaire, puisque ces supputations nous conduisent au niveau de la métahistoire ; il est donc très bon de rapporter ‘les essentielles’ parmi ces supputations, , tout en disant nos accords et nos désaccords. Il faut également avoir à l’esprit que nous partons, Luongo et nous, d’un jugement qui est un socle fondamental de la réflexion, qui nous est commun : l’Amérique telle qu’elle existait et prétend encore exister, en vérité s’effondre sous le poids d’un passé récent catastrophique, marqué par une corruption générale qui apparaît au grand jour avec les présidentielles du 3 novembre et leur ‘fraude du siècle’, et qui titube dans son effondrement sous le poids de cette charge qui atteint les limites de l’insupportabilité.

Donc, quelques remarques...

• Luongo sous-entend que la crise est profonde et se résoudra sans cesser, sur un certain temps qui peut être assez long, par quelque chose de rupturiel, de fondamental. C’est bien entendu notre avis depuis longtemps, et nous ajouterions que nous avons le sentiment que cet état de chose est en train de s’installer ; que, quels que soient les événements, la Grande Crise est en train de se séparer de la séquence de l’élection, et même de la personne de Trump, pour englober tout le pays et son irrémédiable destin des prochains mois, voire des prochaines années, le délai étant mesuré à la vitesse de l'effondrement ; l’impression que la Grande Crise s’installe en tant que telle et qu’elle peut déboucher sur des perspectives jusqu’alors jugées incroyables. A cela, nous ajoutons deux choses :
1). Luongo mentionne à peine le destin de Trump qu’il juge comme un homme de transition qui a fait sauter le verrou des évidences cachées (notamment l’impudence et l’illégalité dictatoriale du DeepState), ce qui est tout à fait notre analyse selon l’idée que le désordre-trumpiste a effectivement réalisé cette opération (Trump désordre à l’origine, Trump du désordre au chaos, Trump le “cocktail-Molotov humain”, etc.). Luongo ne croit pas que Trump ira plus loin que ce qu’il a fait jusqu’ici, alors que tant de rumeurs bruissent actuellement sur le fait que l’insistance de Trump contre Biden constitue essentiellement « le lancement de sa campagne de 2024 ». Nous n’avons aucune position à cet égard mais serions éventuellement d’accord avec Luongo, sans ôter à Trump sa capacité d’influence, – essentiellement à cause d’une chose : l’âge du capitaine (79 ans en 2024) ;
2). Luongo critique profondément la décision de la Cour Suprême en citant un texte très fouillé de Martin Armstrong. Nous partageons cet avis, et même encore plus : par courte vue et stupidité, sinon par couardise, SCOTUS s’est suicidée, tuant ainsi le dernière et suprême autorité légitime des USA en hyper-crise.

• Luongo pense donc qu’une nouvelle génération “va se lever” et opérer une transformation de l’Amérique. Sans être en désaccord sur le thème de la “nouvelle génération”, nous doutons grandement qu’elle puisse sauver l’Amérique comme entité unifiée, d’autant qu’on trouve dans cette “nouvelle génération” un fort élément libertarien qu’il ne faudrait pas trop pousser pour qu’il devienne sécessionniste (Ron Paul, père de Rand et libertarien historique, en a déjà parlé plus qu’à son tour). Mais après tout et notamment diverses violences (Luongo en prévoit certes), peut-être la “nouvelle génération” sauvera-t-elle l’Amérique en la découpant en morceaux (comme les G.I.’s au Vietnam : “démolir un village pour le protéger avec l’artillerie qui rate souvent son objectif”).

• Nous pensons que Luongo sous-estime grandement les capacités de désordre et de nuisance des “barbares d’Obama”, c’est-à-dire la tendance wokeniste. Cette tendance est encore plus, bien plus démente qu’il ne dit, et en plus elle existe à travers le monde, avec une formidable capacité d’extension de sa stupidité de pensée grâce à sa puissance de communication. C’est-à-dire que son combat pour réaliser ses objectifs déments et son échec inéluctable devrait faire infiniment plus de bruits et de vagues que lui-même (Luongo) n’a l’air de craindre. Mais dans ce cas, n’est-ce pas, l’on parle du sort d’une civilisation, de notre-civilisation, bien plus que du seul sort de l’Amérique-USA, même s’il s’agit de la contre-civilisation irrémédiablement pourrie par l’américanisme.

• Luongo ressuscite Gabbard, pour notre plus grande satisfaction. Constatant ses multiples avatars, attaques, soupçons (agent russe, extrémiste de droite, marionnette du Système, LGTBQiste dissimulée), ainsi que les conditions étranges de son abandon dans les primaires, nous en étions venus à penser qu’elle partait pour ne plus revenir en politique, – malgré un certain optimisme de PhG à cette occasion. Luongo semble catégorique : Gabbard « continue d’ailleurs durant ces derniers jours de son mandat à défier la ligne du parti en introduisant des lois qui constituent la base d’une stratégie électorale populiste visant les élections de 2022 et 2024... Il est clair que Gabbard ne veut plus faire partie du Parti démocrate au pouvoir actuellement. C’est pourquoi elle ne s’est pas présentée aux élections et je pense que tous ces mouvements préparent le terrain pour un retour à la politique en 2024 en tant qu'indépendante ou outsider à la Sanders ». Si c’est le cas, pourquoi pas et bravo ; mais il se pourrait bien qu’en accord avec la “nouvelle génération”, elle obtienne au nom des USA-NewLooké un statut d’indépendance pour les îles Hawaii et fasse remettre sur son trône le souverain des îles qui revendique ce statut...

Voici donc le programme-Luongo pour les prochaines années, à partir de son site TomLuongo.me le 16 décembre 2020.

dedefensa.org

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... La nouvelle génération doit se lever

La première règle de l’écriture d’un scénario, et en fait de toute fiction, est la suivante : “Le conflit ne crée pas le caractère, il le révèle”. Les gens sont ce qu'ils sont et nous ne découvrons de quoi ils sont faits que lorsqu'ils sont confrontés à leur limite.

C'est l’essence même de tout bon récit : créer des personnages qui deviennent des modèles pour nous alors que nous naviguons dans un univers hostile à notre existence même.

Bien que j'hésite à attribuer des idées aussi nobles que celle de “personnage” à n'importe quel politicien, il y en a quelques-uns qui ont montré un grand potentiel. J'ai écrit sur chacun d'entre eux à différents moments au cours des dernières années.

Matteo Salvini en Italie, le premier ministre hongrois Viktor Orban, le président russe Vladmir Poutine, Nigel Farage au Royaume-Uni et même une personnalité imparfaite comme Donald Trump sont autant d'exemples d'hommes dont l'histoire se souviendra comme s'étant levés quand il le fallait.

Chacun d'entre eux a parfois tenté de remuer ciel et terre pour arrêter la dégradation de la société, de la culture et de la condition humaine face à un ennemi implacable, – des idéologues communistes déterminés à contraindre l'humanité à se soumettre à leur volonté.

Mais avec l'abdication par la Cour suprême de sa responsabilité première en vertu de la Constitution, la semaine dernière, en se citant elle-même dans un arrêt anticonstitutionnel de 1925 (voir Martin Armstrong pour cela), on doit comprendre que c’est la fin de la tentative de Trump et des États-Unis de stopper la transformation finale des États-Unis en une oligarchie dans la réalité sinon dans l'esprit.

Il n'y a pas de mécanisme permettant aux États de réparer les torts de quelque importance que ce soit maintenant. Ce qui restait de l’accord entre des États souverains égaux est mort dans un geignement dans les couloirs de la SCOTUS et sous les applaudissements tonitruants dispensés par les BlueCheckMarked Sneetches [progressistes-sociétaux et démagogues démocrates] sur Twitter.

Cela signifie qu’une élection escroquée sera selon toute probabilité acclamée le jour de la prestation de serment. L’oligarchie retranchée a gagné ce round.

Fort bien. Mais cela ne signifie pas pour autant que les efforts des personnes de la sorte de celles que je viens de mentionner auront été vains. En fait, c’est plutôt le contraire.

Parce que ce qui se a été fait a révélé le caractère de tous ceux qui ont été impliqués dans cet affrontement. Ce qu'ils feront ensuite, maintenant qu'ils ont le pouvoir qu’ils ont toujours désiré pour transformer l'Amérique, déterminera ce que feront les gens qui ont des principes autres que la détention brutale du pouvoir.

Nous commençons à voir cette réponse se dessiner. Cette élection n'est pas terminée, mais le positionnement pour l’avenir d'une Amérique post-républicaine a déjà commencé.

Depuis le jour de l’élection, Tulsi Gabbard, une intermédiaire entre la Génération X et celle du Millenium, a été une source ininterrompue de propositions de loi rebelles ; il est vrai qu'elle a payé cette campagne d'insurrection lors des primaires démocrates, parce qu’elle est explicitement intéressée à régler les vrais problèmes fondamentaux du pays et la corruption bipartisane à Washington.

Elle continue d’ailleurs durant ces derniers jours de son mandat à défier la ligne du parti en introduisant des lois qui constituent la base d'une stratégie électorale populiste visant les élections de 2022 et 2024.

De la protection des lanceurs d’alerte à l'abrogation de la section 230 de la LDC [visant à briser la protection des GAFAM qui leur permet de censurer en toute impunité], en passant par le projet de loi HR8970 du 15 décembre d’abrogation du Patriot Act, coparrainé par le libertaire (républicain) Thomas Massie, Gabbard est un exemple de ce que l'avenir réserve à la politique une fois que cette période métastable et oligarchique de l’Amérique sera terminée.

Il est clair que Gabbard ne veut plus faire partie du Parti démocrate au pouvoir actuellement. C’est pourquoi elle ne s’est pas présentée aux élections et je pense que tous ces mouvements préparent le terrain pour un retour à la politique en 2024 en tant qu'indépendante ou outsider à la Sanders.

Cela fait des années que j’écris que nos problèmes proviennent de la réticence des anciennes générations de politiciens à abandonner le pouvoir. En fait, ils persistent parce qu’ils sont prisonniers des forces qui les ont mis en place en premier lieu pour réaliser cette trahison du peuple qui est en cours depuis des décennies.

Et ils resteront en place jusqu'à ce qu'ils ne soient plus nécessaires. Il suffit de demander son avis à Diane Feinstein, qui est maintenant sacrifiée pour permettre à l'équipe de transition de terminer le travail qu'elle a commencé.

J'ai toujours vu dans Trump le moment où la Génération X sort un Ronald Reagan de sa poche et dit : “M. Trump, démolissez ce cloaque de corruption” ; mais ce qui se passe finalement est que la Génération X laisse Obama et sa bande faire ce travail pour remettre ce qui reste aux anciennes élites monnayées.

Le combat se joue maintenant entre les courants antagonistes au sein de la Génération X. Les communistes et les libertariens en sont les protagonistes avec, comme seul principe pour les unir, le désir de réformer l'ancien ordre.

C’est mon appréciation que des gens comme Gabbard, Massie, le sénateur Rand Paul et quelques autres perçoivent effectivement l’ampleur de la crise dans la perception que j’en ai donnée. Gabbard est de gauche mais ce n’est pas une doctrinaire gauchiste. Cela fait d’elle une figure pivot intéressante autour de laquelle une coalition peut être formée pour reprendre le contrôle et reconstruire les Etats-Unis pour un mieux. Cela sera nécessaire une fois que l’équipe de barbares d’Obama aura dépassé ses limites et se sera fait éjecter.

Quelle que soit l'issue dans les mois et les années à venir, la relève de la garde est proche. L'Amérique post-Trump sera très différente de l'Amérique pré-Trump. Trump a été l'apothéose de la génération des Boomers (“baby-boom” de l’immédiat après-guerre).

Son héritage sera d’avoir forcé l’État profond à se découvrir, à se battre en pleine lumière et se montrer pour ce qu’il est.

Cependant, Trump n’est pas l'avenir de l'Amérique. Il est décisivement handicapé par la mythologie d’une Amérique qui n’a jamais vraiment existé.

Une mythologie, cependant, est quelque chose qui vaut la peine d'être reconstruit pour ne pas permettre aux barbares d’Obama de réaliser leur besogne de destruction. Je crois que Gabbard comprend cela.

Je crois aussi qu’au moins 75 millions d'Américains le comprennent.

Pour que le peuple américain ne soit pas entraîné dans le cauchemar dystopique des rêves [de ReSet] de Klaus Schwab, il faudra que le tempérament illustré par les Gabbards, Massies et Pauls prenne le dessus une fois que la violence aura atteint un crescendo.

Ne vous y trompez pas, il y aura de la violence. Elle est inévitable car les personnes qui ont voté pour Trump ne seront pas apaisées avec l’UBI, elles ne calmeront pas alors que leurs voix sont réduites au silence.

Les fraudeurs ne plus cesseront jamais de regarder obsessionnellement de tous les côtés, s’attaquant à la plus petite opposition comme à des traîtres terribles qu’il faut anéantir.

Tom Luongo