Permettez-moi de ne pas pleurer pour nous

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Permettez-moi de ne pas pleurer pour nous

3 novembre 2020 – Comme chacun sait, avec moi-même parlant de mon monumental lectorat, je suis un observateur attentif, chenu et persévérant des multiples malheurs du monde. Je ne me cache en rien du parti que j’embrasse, lorsqu’il est écrit dans le chapô d’un texte : « Pour notre plus intense satisfaction, leur bêtise règne... » Le parti de la bêtise est chose bien connue, à droite, à gauche et ailleurs, et chacun en règle de cotisation y reconnaîtra les siens, frileusement regroupés autour du Système même quand on joue au simulacre complotiste de l’anti-système.

 Les événements de la semaine dernière et certes à suivre, pour ces quelques jours venus de cette « douce France, cher pays de mon enfance », et aujourd’hui-demain [le 3 novembre] illustrant ce qu’il reste de notre ‘American Dream’ qui prétend guider le monde dans un simulacre de l’Empire de Rome, ces événements extraordinaires comme d’habitude ont l’heur de ne pas me désespérer, malgré leur caractère tragique.

Au contraire, je dois le proclamer ! Une telle évolution catastrophique évoquée ici a toutes les bonnes chances d’avoir l’heur de m’emplir l’âme de satisfaction. L’expression “avoir l’heur de...” vient de l’approximatif latin agurium, lui-même venu du rigoureux latin augurium désignant les augures comme autant de promesses de félicité ; je veux donc dire que j’éprouve une intense satisfaction dans ce que nous annoncent en vérité ces événements, et pour cela pouvoir annoncer solennellement : “César, ô César Auguste, il semble bien que les augures soient diablement bonnes, encore plus pour les lupanar, latrinae et lustra que pour les élections légitimistes en cours... ”

Il faut que je m’explique précisément à l’égard de la situation française, – ce qui nous importe expressément et prioritairement, au moins pour les prochaines 24-48 heures, au rythme où vont les choses. Actuellement, la situation française est caractérisée par deux crises parallèles mais presque à se toucher, et qui se touchent et se rejoignent par instants, qui fusionnent même, qui se fondent comme deux en un, comme c’est le cas depuis jeudi dernier. Disons pour illustrer le propos selon un thème actuel de civilisation, qu’il est difficile de faire sur un ‘plateau’-TV ou tout autre lieu de haute culture, un débat sur Covid19 sans parler à un instant ou l’autre du terrorisme islamiste et de ses vilenies, et vice-versa exactement, aussi rapidement et aussi radicalement. Covid, terrorisme, on dirait les jumeaux tétant gloutonnement aux mêmes mamelles genrisées et racisées de notre hypermodernitré. Il m’apparaît complètement incontestable que l’évolution des choses va dans le sens de la ‘politisation’, et le sens le plus haut, pour le meilleur ou pour le pire et plus dure sera la chute, de tous les éléments de cette hypercrise qu’on pourrait juger à l’origine, pour l’élément qu’on devine (Covid19) en maîtrise de la dynamique, complètement innocente à cet égard de la susdite politisation ;
il m’apparaît donc complètement incontestable, du point de vue opérationnel...
• que vous ne pouvez parler du terrorisme islamiste si souvent consulté et commenté aujourd’hui, sans évidemment aborder un thème politique aux horizons vertigineux... Ainsi en ont décidé à la fois le ‘Politiquement-Correct’ [PC] et l’affectivisme qui sont les forces poussant l’essentiel du jugement politique, notamment sur le thème du Choc des civilisations, pour reprendre le titre du livre du professeur Huntington, dans les thèses duquel barbotent le terrorisme postmoderniste et ses activités subordonnées telles que le trafic de drogue, les contrats pour la CIA, les trafics d’organes et d’enfants, les équipes de tournage des dégâts et horreurs causés par les attaques chimiques d’Assad à venir [lieu du tournage encore non-déterminés], les montages complets dits ‘de simulacre’ destinés à désintégrer absolument la vérité, à désorienter la perception de la réalité jusqu’à la folie, etc. ;
• que vous ne pouvez évoquer l’actuelle crise dite Covid19 sans aborder, au-delà de l’approche sanitaire, un problème plus secret et profond que le philosophe Olivier Rey résume en citant l’anglais T.S. Eliot, dans un de ses poèmes, – qui est la question du “prix de la vie” à partir de ce qu’il nous reste de “l’essence de la vie”, non parce que nous avons été enchaînés par des Inquisiteurs et des Comploteurs, comme nous en informent les spécialistes, mais parce que nous avons désacralisé la vie, que nous l’avons bafouée, abaissée, humiliée, et que nous nous supportons nous-mêmes, dans cette absence de vie, de plus en plus difficilement, jusqu’à nous haïr secrètement...
Où est la Vie que nous avons perdue en vivant ?, interroge T.S. Eliot,
Où est sa sagesse que nous avons perdue dans la connaissance ?

Ainsi voit-on qu’au travers de deux crises encore plus proches qu’on ne le croit à suivre seulement leur tracé opérationnel, nous retrouvons la seule Grande Crise qui compte, celle de notre civilisation, entraînant celle de notre perception du monde jusqu’à la complète schizophrénie de la fabrication du simulacre d’une part, celle de notre rapport à la vie et à la mort d’autre part.

(Sur ce dernier point, je crois que le texte du 26 octobre 2020 sur le poète américain Alan Seeger, mort sur la Somme en juillet 1916, en traitait absolument : “J’ai rendez-vous avec la mort”. Tout cela nous conduisant effectivement à nous interroger à propos de ce qu’il nous reste de la vie, nous autres qui sommes bien vivants, qui ignorons totalement la Mort, qui la dénonçons, qui l’emprisonnons comme un vulgaire Covid19, qui lui dénions toute existence.)

D’une certaine façon, ces deux crises que l’on considère séparément mais que l’on rapproche politiquement finalement, sont encore plus proches, jusqu’à se fondre et se confondre, si l’on songe à elles d’un point de vue tout uniment métaphysique et absolument spirituel. Moi-même, je suis cette démarche, silencieusement, par en-dessous comme le fait une rivière souterraine, comme fait la solennelle survenue de la Mort, à partir d’une histoire qui m’est proche et dont je n’arrive pas à me débarrasser, et dont je ne veux pas me débarrasser, à) aucun prix...

« Notez le “C’est un bouleversement qui intéresse ma propre mémoire, et j’y reviendrai un jour ou l’autre”, et admettez que je ne perds pas de temps. Le vrai est que, depuis quelques temps, disons quelques semaines, et comme parallèlement au mouvement intellectuel général d’une réelle importance qui est signalé dans la citation, revient en moi une conscience enfouie, ou plutôt écartée, mise à part, mise en réserve, qui est la conscience que je n’en ai pas eue lorsque survinrent ces évènements terribles de la fin de cette terre, de mon Algérie-perdue.
» Il est vrai, en effet, que je vécus tous ces évènements, disons des années 1958-1964, avec une sorte de détachement qui m’était venu naturellement et que je juge aujourd’hui extraordinaire, hors du commun, certains pourraient dire “insouciant”, “désinvolte” sinon “insensible” ; mais détachement qui n’est plus désormais et pour mon compte, inexplicable comme l’on aurait pu en juger sur l’instant. Depuis, il m’est arrivé bien entendu de parler notamment d’Algérie, directement ou indirectement et selon des approches qui évitaient de trop m’attarder aux évènements sinon à l’événement lui-même, qui concernaient essentiellement mes propres sentiments, les effets sur ma perception et mes conceptions générales. Rien de tout cela ne peut être renié, sans aucun doute, et même, au contraire, tout cela peut et doit se trouver renforcé, enrichi, consolidé... »

Cela pour en venir au fait, disons au premier fait, que je tiens après tout de ma jeunesse, comme un sentiment qui ne me quitta guère : je n’ai peur ni des épidémies (« le temps de la  “grippe asiatique”  de 1957 [4 millions de morts, venue de Chine, – tiens donc] et celui de la “grippe de Hong-Kong” de 1968 [un à 2 millions de morts, venue de presque-la-Chine, – tiens donc].), ni de la guerre de religion que mèneraient les musulmans sur la bonne terre de France, alors que ce fut en Algérie, d’abord et avant tout avec ce qu’on découvre aujourd’hui comme le stalinisme-radicaliste et les façons du type crime-organisé du FLN, que se développa, avec l’aide empressée de Saint-Germain-des-Prés et alentours (sauf la splendide Germaine Tillion, je le dis bien haut), le modèle originel des attaques présentes. Je voudrais bien que les Français envisagent l’hypothèse hollywoodienne que ce fut leur lâcheté d’alors qui prépara la terreur d’aujourd’hui, tout comme leur lâcheté de1940-1945 permit aux “colonies”, – et aussi bien sinon plus les Pieds-Noirs que les Arabes, de ce point de vue, – de constituer la 1ère Armée Française Libre qui donna à la France le droit “par les armes” de tenir une zone occupée en Allemagne et un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. (*)

Ainsi se conclut-il de ce qui précède que, pour mon compte personnel et jugeant d’après mon expérience aussi bien que selon mon caractère,  je ne partage en rien les terreurs françaises, aussi bien des périls sanitaires du Covid que des invasions de conquête des musulmans, tout en admettant sans aucun doute que les deux sont liés mais pour nous dire autre chose que ce que nous entendons. Et les deux (les deux crises) liées, nous avons en effet sur les bras et dans la tête une chose différente, une crise ultime et la plus formidable qui se puisse concevoir, qui est celle du délitement du passé métahistorique d’une entité qui avait une mission spécifique et très haute dans ce monde. C’est à ce prix de l’affrontement de la vérité-de-situation du passé, qui a la sublime vertu de nous sortir des frustrations et des terreurs communicantes du présent, notre époque, que je considère avec quelque intérêt ces menaces qui pèsent sur la France, ou disons plus exactement on en conviendra, sur “les restes de la France”, comme l’on parle de poussières et de saletés diverses.

C’est en effet à cet état crépusculaire où l’on trouve la France aujourd’hui ; cet état de réduction infâme et assez puant, de la puanteur de ses élitesZombie et zombieSystème que je baptiserais bien un soir d’ivresse du surnom de “ZélitesZombie”, qui passent leur temps d’antenne bien rétribué à nous “oukaser” et à nous “ultimataumiser” au nom de leur moraline. Il m’apparaît que cet état d’une telle réduction ne peut exiger une haute et grandiose tragédie pour être défait ; une telle médiocrité ne peut dépendre pour se dénouer que d’une tragédie d’égout et de dégoût. De ce point de vue est la médiocre cause entendue, et rien ne me convaincra de verser une larmes sur les pseudo-tragédies qui menacent la France de l’entreprise Macron & Macron.

Mais certes, si de façon très différente sinon au contraire,  les deux crises sont incorporées l’une dans l’autre et modifiées dans leur essence de ce fait, pour créer une crise d’une toute autre tournure, alors la considération change du tout au tout. L’accident vaut le détour parce qu’il devient essence pure. Dans ce cas, je veux bien aussitôt ressentir le trouble et l’alarme qui résonnent dans tant de commentaires, auprès d’événements que l’on voit venir depuis si longtemps que la marée de soir en est devenue presque étale. Mais j’en fais plus le sujet d’une réflexion extérieure que la potion d’entraînement dans des fantaisies relevant de la sidération du drogué, qui caractérisent le discours commun que nos ZélitesZombie parisiennes nous assènent avec un zèle épuisant.

Ce qui me conduit au final, qui est, si vous voulez, comme une sorte de Troisième Considération Inactuelle (par rapport à ce qu’ils jugent “actuel”) d’un PhG qui se prendrait pour Nietzsche avec ses Unzeitgemässe Betrachtungen. Car alors, la Grande Crise est mise à nu par la lumière de l’intempestif et elle se déploie superbement, parfaitement pour ce qu’elle est, immense et sans équivalent comme une aurore boréale de la Fin, des Temps ; et alors, je ne peut cacher plus longtemps ma jubilation sans mesure ni restreinte ! La Grande Nouvelle est clamée, qui nous dit que s’ouvre à nous la Vérité, qui est celle de la Grande Crise, car seule la Grande Crise nous apporte la vérité de la situation de monde dans cette tourmente catastrophique des dieux.

D’où voici accomplie la vérité comme une vision prophétique, dont j’ai depuis longtemps été l’adepte : seul un tel grand bouleversement de cette sorte de la Grande Crise peut nous déciller et nous placer sur ces sommets où souffle le vif air glacé de la vérité-de-situation. Ainsi devenons-nous nietzschéen, diablement. Il n’y a rien que je ne puisse plus souhaiter que cette lumière qui, soudain, magnifie le monde plongé dans sa Grande Crise, de sanitaire devenant salutaire. A ce prix, je l’avoue, je retrouve le goût de la vie et un goût plein du terreau vivace de la réaction vitale, quand la perspective de la Mort est de nouveau une compagne qui ne nous terrorise plus.

Ainsi dira-t-on que cette perspective oppressante de la Grande Crise ne m’effraie en aucune façon, mais alors vraiment pas, au point que mon médecin me trouve guilleret et plein d’allant ; dans tous les cas en configuration hors-masque. Tout, absolument tout au contraire, cette mise à nu, cette révélation de la grandeur terrifiante et de la profondeur abyssale de la Grande Crise, son statut de Grande Crise insoluble pour les Lilliputiens et autres ZombieZystème et jusqu’alors dissimulé par eux, – mon Dieu, cela est si complètement libérateur, et si complètement source de joie, et si absolument matière grandiose du Gai Savoir.

Comment ne pas saluer ce Grand-Jour de leur re-confinement, de leur bétise hors-masque exposée, nue comme un ver gras, aux yeux étonnés et un peu gênés des foules parisiennes de ZombieZystème ?

Pardonnez-moi si je suis à court de larme pour enterrer le Système ; chez moi, les larmes sont également confinées...

 

 

(*) Note sur une circonstance retrouvée & fort atténuante

... Voici un aparté historique qui peut être lu à part et nous emmène dans un tout autre débat, dont je pense pourtant qu’il n’est pas inutile ni qu'il nous perdre notre temps précieux, sur les circonstances franco-françaises des années 1943-1945 et sur ses conséquences lointaines dans la guerre d’Algérie, et dans les effets jusqu’à nous, ces effets contenus dans les errances terrifiantes de nos “fous de la repentance”.

En effet et rétrospectivement, je trouve qu’il y va fort, notre héros national, le grand général de Gaulle. S’il n’avait eu en 1943 (après le débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942) les Pieds-Noirs qu’il liquida en 1962 sous les applaudissements d’un consensus national en France se débarrassant d’un passé gênant attribué à d’autres, eh bien cette même France n’aurait eu ni sa zone occupée en Allemagne en 1945, ni son fauteuil permanent avec droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU. Pardonnez-moi ou maudissez-moi qu’importe, – mais je tiens, moi, à cette précision, chiffres en mains, qui concerne également des hommes comme Michel Jobert et le père de Philippe Séguin ; puisque dans l’Armée d’Afrique qui était alors devenue l’“Armée de la France Libre” (400 000 hommes à l’automne 1944), commandée par le général Alphonse Juin, fils de chef de gare dans la région de Constantine, pied-noir, plus tard maréchal de France, seul personnage humain à tutoyer de Gaulle puisque de la même promotion de Saint-Cyr, admiré comme le plus grand général-stratège occidental par son chef en Italie, le général commandant la Vème armée de l’U.S. Army Mark Clark ; puisque dans cette armée de 400 000 hommes dis-je,168 000 Pieds-Noirs furent incorporés à partir d’une population générale [pied[e]-noir[e] des trois pays du Maghreb] de 1 076 000 personnes ; tandis que les Arabes (“Français-musulmans” disait-on poliment à l'époque)  qui allèrent se battre si glorieusement au sein de cette même armée en Italie, en Provence, à Belfort et à Strasbourg, et jusqu’en Allemagne, et qui sont rappelés à nos mémoires aujourd’hui, et fort justement car c’étaient absolument des braves qui furent les cibles privilégiées des liquidations auto-ethniques et anti-Algérie française du FLN-gangstéro-stalinistes des années 1950, étaient dans cette 1ère Armée, – 132 000 pour une population arabe générale du Maghreb de 18,5 millions. (**)

C’est le même, de Gaulle, dont nous nous chargeons volontiers de toute sa gloire aujourd’hui, le même dis-je dont le vieux Frédéric Mitterrand qui était sur les mêmes bancs de Philo 4 à Janson en 1963 que mézigues, nous précise qu’il [de Gaulle] s’exclamait en 1961 que « tous les pieds-noirs sont des pétainistes ». Je veux bien que la gloire de la France vaille bien une messe comme Paris pour Henri IV, mais, ‘mon-Général’ comme ils disent, elle doit être servie décemment cette messe, par des gens de bonne compagnie et pas par des Jean-Foutres qui se targuent de leur ignorance comme d’un bouillon de culture, comme d’un revolver Browning chargé d’être  dégainé dès que l’on prononce le mot “culture”, selon cette formule dont les salons-TV font des gorges chaudes, du fameux Bal[a]dur von Schirach de 1933, lui le chef des fameux “bambins hitlériens” (Hitlerjugend).

Pour en savoir plus, pour ceux que cela intéresse s’il y en a encore, je recommande, au-delà de tous les pensums sur la guerre d’Algérie publiés par le gang Paris-Alger des  historiens de fortune et de circonstance, le livre ‘Algérie : mémoire déracinée’ (L’Harmattan, 2000), d’un nommé René Mayer, pied-noir, capitaine de la 1ère Armée en Italie en 1943, devenu Ingénier Général des Ponts & Chaussée en Algérie puis haut-fonctionnaire international dirigeant un service d’ingénieurerie de l’ONU. Mayer venait d’une migration bien peu connue, plus de 50 000 habitants du Bade Wurtemberg, chassés de leur Principauté par les Prussiens en 1848 et choisissant l’exil en Algérie où les fonctionnaires français leur faisaient miroiter des perspectives payantes qui ne se réalisèrent jamais (les futurs colonialistes destinés à s’en mettre plein les poches en “faisant suer le burnous” se retrouvant chef de gare ou miteux fonctionnaires des postes hyper-endettés dans la région de Constantine). Mayer joua un rôle dans une tendance ‘libérale’ (progressiste) qui, d’Albert Camus à Ferhat Abbas, offrait pour l’Algérie une alternative démocratique acceptable jusqu’en 1955 ; cette année-là, le projet fut anéantie, par une campagne délibérée de terreur ‘progressiste’ et ‘libératrice’ contre les pieds-noirs et les Arabes modérés, campagne que le FLN lança en Algérie au mois d’août de cette année-là pour radicaliser tous les acteurs et nous faire passer en mode de haiune irréversible. Espérons que le mouvement Woke et autres transgenres, et partisans des migrations libératrices, effacera toutes ces Fakesbêtises de notre temps passé.

(**) Note dans la Note...

Ce pourcentage de pieds-noirs mobilisés représente le plus haut pourcentage de mobilisation qu’ait jamais connu un territoire français, y compris la France de la Grande Guerre. Par exemple, ceux qui, parmi nos belles voix des ZélitesZombie  dénonçant l’immonde répression qui s’est abattu sur Sétif le 8 mai 1945 à la suite des émeutes nationalistes (algériennes ? Musulmanes ?) peuvent-ils prendre en compte cette remarque de Mayer : « On ne peut pas comprendre la panique qui s’est emparée des autorités gouvernementales et militaires françaises, ni la brutalité de la répression qu’elles ont improvisées, si on ne sait qu’il n’existait à ce moment sur le sol de l’Algérie plus aucune force de l’ordre organisée pouvant être opposée aux émeutier » ? Pardi, ces invétérés et insupportables racistes étaient en train de sauver l’honneur drôlement sali de la France, par la collaboration notamment des ZélitesZombie, en conquérant quelques villes allemandes. Je ne pense pas que quiconque ait exactement mesuré la puissance et l’importance métahistorique essentielle du drame de l’Algérie, lequel est sous haute surveillance du gang ZélitesZombie de l’axe Paris-Alger. Ce conflit est absolument un symbole et une métaphore de la profondeur, de l’infamie, et du simulacre de la crise de la modernité ; il est donc d'une signification exceptionnelle, que personne n'a jusqu'ici vraiment explorée (peut-être Camus aurait-il pu envisager de le faire s'il avait vécu?).

Nul qui ne l’a pas connu ne peut dire ce que fut le climat des relations entre Arabes et Pieds-Noirs en Algérie. Germaine Tillion en parle bien, tout comme le docteur et recteur de la Mosquée de France Dalil Boubakeur, qui était en même temps que moi (période 1958-1962) au lycée  Bugeaud d’Alger, le plus grand établissement d’enseignement jamais conçu par l’Éducation Nationale française : « Que ce soit dans donc dans mon rapport affectueux avec les autres communautés de France, les catholiques, les juifs, je retrouve la camaraderie, la fraternité qui nous unissaient à Alger, dans mon quartier, dans mon lycée. Dans le quartier de ma grand’mère, par exemple, au-dessus du lycée d’Alger, il y avait une telle interpénétration des familles que c’était d’abord l’affectif qui comptait : c’étaient d’abord les menus services, les menus rapports quotidiens que les familles entretenaient entre elles ; aucune porte n’était fermée à personne à ce moment-là, ; et personne n’avait le droit de manquer de quelque chose à partir du moment où son voisin était là, qu’il soit juif, musulman ou d’une autre religion. On avait appris à vivre ensemble et beaucoup de Français de métropole se mettaient au diapason. » (Dans ‘Sud-Nord, cultures coloniales en France, XIXème, XXème siècles’, Privat, 2004.)

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