• La série des “Carnets” abrite, dans dedefensa.org, les écrits de commentaires personnels d’invités du site. • Sur ce qu'on nomme “les réseaux” ou “la toile”, il s'agit de ce qu'on désignerait en général comme un blog. • Les “Carnets”, ce sont donc les blogs des invités de dedefensa.org dont nous jugeons, en plein accord avec eux et à l'avantage et à la satisfaction de chacune des parties, qu'ils peuvent devenir des collaborateurs réguliers du site. • Il n'y a pas de limites aux sujets abordés et pas de sujets précisément assignés à ces collaborateurs : les seules exigences concernent la forme et la décence du propos, la responsabilité dans le développement du propos. • Sur le point très important du fond des textes, nous disons que dedefensa.org donne comme règle de ces “Carnets” une orientation générale des domaines abordés trouvant ses aises dans celle dont le site fait à la fois l'usage et la promotion. • Pour autant, il y a une règle impérative qui domine toutes les autres. • Il n’est pas assuré que tous les propos des invités soient dans le sens de ce qu’écrit et pense dedefensa.org, et il ne peut en aucun cas y avoir assimilation, de ce qu’écrivent nos invités avec la signature du site : l’invité est seul responsable intellectuellement de ses propos. • Il s'ensuit, cela va de soi et selon la formule consacrée, que les propos dont nous parlons n’engagent en rien et en aucune façon dedefensa.org, essentiellement bien sûr dans ce domaine intellectuel et de l'opinion. • Ces éventuelles différences et divergences ne seraient pas nécessairement signalées mais elles le seraient en cas de publicité dans ce sens ou de toute autre nécessité, avec conséquences ou pas c'est selon. • Le site décide, espérons-le en bon accord avec ses invités, des conditions diverses et de l’application des règles énoncées ci-dessus de publication de leurs écrits. (Précision technique enfin valant pour toutes nos collaborations extérieures, qui est un classique de la collaboration extérieure à un média : titres et intertitres sont de la seule responsabilité de la rédaction. Les auteurs proposent titres et inter-titres et la rédaction se réserve de les modifier dans leur formulation, bien entendu sans en déformer le sens.) 

• Badia Benjelloun est une collaboratrice fidèle de dedefensa.org depuis des années. Sa formation est essentiellement scientifique (biologie, mathémathiques, médecine), ce qui lui permet d'écrire des articles extrêmement élaborés sur ces sujets. Bien entendu, ce n'est qu'une petite partie de ses activités de commentatrice, et elle explore également et surtiout les champs de la politique et de l'économie, et jusqu'à des textes empreints de poésie. Sa place dans la série des Carnets de notre site est absolument, à la fois méritée et nécessaire.

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Contre-réforme    20/01/2020

Réforme ? Mais c’est de contre-réforme qu’il s’agit, Sire. Venu s’encanailler dans un théâtre d’un quartier populaire, Monarc Premier ne s’attendait pas à être interpelé sur sa plus récente intervention de casse du système de protection sociale et du système public français. Des protestataires sont venu perturber sa soirée, débordant le cordon de police médusé dépassé par la détermination de la petite trentaine de personne venues le chercher.  Qu’ils viennent  tempêtait-il au plus fort de la crise Benalla. Ils sont donc venus ! Partout, là où se produisent les représentants d’un pouvoir obscène d’obséquiosité devant la finance, des Français en colère organisent des happening. Cette expression populaire est une nouvelle forme de guérilla qui perturbe le déroulement convenu des mises en scène où la parole revient exclusivement à des représentants qui jouent depuis plus de trente ans la cause du néolibéralisme. Où qu’ils apparaissent, ils sont hués et sommés de revenir sur la volonté de l’exécutif de faire céder l’une des dernières digues de la Sécurité Sociale. La branche vieillesse de cette vieille Dame, la Sécu, née dans un pays délabré par la guerre de 39-45 est alimentée par les cotisations sur les salaires des travailleurs. Sa gestion a été confiée d’abord aux syndicats des travailleurs et au patronat, indépendamment de l’Etat. Les réformes successives ont progressivement érodé le pouvoir d’intervention des travailleurs sur ces caisses par une double manœuvre perverse de l’Etat. (Suite)

Crime absurde    13/01/2020

L’assassinat – The Guardian quotidien d’une gauche aussi atlantiste que son équivalent français, l’imMonde  titre ‘assassinat’– de Qassem Suleimani est une agression selon le doit international à plus d’un titre. L’emploi de drones ou de tout autre moyen pour accomplir des assassinats ciblés en dehors d’un  contexte d’hostilités avérées selon Agnès Callamard, rapporteur spécial de l’ONU pour les exécutions extrajudiciaires et arbitraires est injustifiable au regard des lois internationales. Les assassinats commis à titre préventif sans recours préalable devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, très accessible pour les Usa, ils en sont membres permanents, relèvent également d’une violation patente des Droits de l’Homme selon  Dave Comar, avocat au sein d’un groupe de juristes à but non lucratif.  Cette intervention militaire d’un pays tiers sur le sol d’un autre pays occupé relève d’une agression qui peut être portée devant la  Cour Pénale Internationale afin d’y être jugée. L’administration de D. Trump  a échoué à convaincre les membres du Congrès du danger imminent que couraient les diplomates et les militaires étasuniens en Irak. Elle n’a pu apporter aucune preuve de ce qu’elle a avancé comme argument pour l’attaque soldée par l’assassinant de Soleimani, de Abou Mehdi Mouhandis, dirigeant du Hachd al Chaabi et de six autres Irakiens qui accompagnaient le convoi chargé d’accueillir Soleimani. Les foudres de guerre démocrates qui poussent depuis des décennies à l’affrontement sur une plus grande échelle fustigent maintenant l’irrationalité de Trump qui a mis en péril la sécurité des Usa. Le parti belliciste d’Hillary espère récupérer à son profit la base anti-guerre qui a permis l’arrivée au pouvoir de leur adversaire. Des dons importants démocrates ont fusé pour alimenter ANSWER, groupe dont les militants se sont toujours élevés contre les guerres impérialistes des Usa, pour financer manifestations et campagnes d’affichage anti-guerre et anti-Trump.  Un  sondage Today-Ipsos montre que les citoyens étasuniens interrogés estiment à deux contre un que les intérêts des Usa sont davantage en danger après cette exécution. (Suite)

Soleimani : ils partiront    04/12/2019

La réaction critique des Démocrates à l’assassinat du Général Qassem Soleimani ordonné (ou simplement autorisé et consenti) par Donald Trump peut sembler paradoxale. Les faucons bellicistes accueillent l’élimination ciblée d’un haut responsable militaire chargé des opérations extérieures de la brigade al Qods avec réserve en mettant en garde contre l’embrasement probable dans la région. De là à imaginer que l’attaque de l’aéroport de Bagdad avec des drones lanceurs de missiles qui ont ciblé l’un des personnages les plus éminents de la République islamique d’Iran, pressenti pour se présenter aux prochaines élections en Iran, s’apparente à une manœuvre électorale, le pas se laisse aisément franchir.  Dans le chef des politiques de la plupart des Etats occidentaux où le peuple abdique et donne son pouvoir à une représentation parlementaire, la préoccupation essentielle consiste à se faire élire et réélire. Trump a perdu son électorat ouvrier ainsi que le segment important des agriculteurs du Middle West. Les emplois n’ont pas été créés dans les anciens bassins industriels mais dans le précariat du tertiaire et la guerre des taxes douanières contre la Chine a ruiné nombre d’exploitations en monoculture particulièrement soja et maïs. On l’aurait persuadé que par un lâcher de bombes depuis drone il remonterait dans l’estime du Deep State. (Suite)

Les guerres jamais gagnées    03/01/2020

Quelle guerre auraient donc gagnée les USA depuis les deux bombes atomiques larguées sur un pays défait par une  formidable offensive soviétique menée depuis la Mongolie extérieure et les berges de l’Amour, alors qu’il se préparait à une reddition sans condition ? Aucune. Enquête de SIGAR Celle menée en Afghanistan depuis 2001 est devenue le prototype des guerres ingagnables. Le  Wash Post a publié  des éléments d’interviews de militaires et de diplomates étasuniens (après 3 années de bataille juridique) qui révèlent que de hauts responsables ont délibérément dissimulé les preuves qu’elle ne pouvait être gagnée et qu’ils ont ainsi trompé l’opinion publique. Ces entretiens résultent d’une enquête menée par l’inspection générale spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR), office  créé en 2008 pour enquêter sur les fraudes de guerre. Un général trois étoiles qui avait effectué son service sous Bush et Obama déclare que nul ne savait ce qu’il faisait en Afghanistan, pays dont personne ne savait rien. Un autre témoin confie comment chaque sondage ou rapport était transformé pour ne présenter que les aspects compatibles avec les ‘succès’ des forces US sans aucun égard pour la réalité. (Suite)

Les nouveaux fermiers généraux    31/12/2019

Les cheminots et les employés de la RATP ont débrayé depuis le 5 décembre maintenant, ce sont eux que l’on cite en premier car leurs actions se sont immédiatement traduites par des perturbations des transports en commun empruntés chaque jour par des millions de migrants en Ile de France pour accomplir le trajet domicile-travail. D’autres secteurs sont entrés dans la contestation du projet de ‘réforme de la retraite’. Les remorqueurs du port Marseille-Fos, les raffineries de pétrole, les enseignants de l’Éducation nationale, le personnel hospitalier, les syndicats des transports en commun de Nantes ont déposé un préavis de grève de 6 mois. Les danseurs et les musiciens de l’Opéra Garnier de Paris sont entrés à leur tour dans la (f)ronde. La prétendue universalité de la réforme retraite entend effacer les particularités des carrières que les régimes spéciaux tentent de réparer. Un égoutier exerce son métier dans des conditions d’insalubrité notoire, un rat de l’Opéra de Paris ne peut décemment pas travailler au-delà de 40 ans, un conducteur de train, ‘privilégié du rail’,  accomplit sa tache selon des horaires qui l’empêchent le plus souvent de regagner son domicile après sa mission… (Suite)

Un petit bout d’histoire    02/12/2019

Les directions syndicales ne défendent plus les travailleurs ni leurs droits depuis longtemps. Les raisons de cette abdication sont multiples et intriquées. Il y eut la reprise en mains de la lutte (des classes et c’est bien parce qu’il y a lutte qu’elles existent) et l’offensive idéologique du patronat après 1968.  Le pouvoir avait chancelé et la bourgeoisie a pris peur devant l’ampleur des grèves et de la protestation sociale. (Suite)

Destituer et protéger    26/11/2019

La procédure engagée par le Pari démocrate en vue de destituer Trump passe par une première étape, celle de la mise en accusation. Elle se déroule publiquement selon le vœu des Républicains, appuyé par leurs interventions musclées lors des délibérations préalables et contre le souhait de la Présidente de la Chambre des Représentants, dominée par les démocrates. Malgré la complexité du mécanisme d’une destitution, difficile à comprendre pour qui n’est pas versé dans les institutions des Usa, il semble évident que le jugement qui revient au Sénat innocentera Trump pour la simple raison que les Républicains, tous unis pour la défense du Président, chacun espérant y trouver un bénéfice, y ont la main.  Lanceur d’alerte Revenons brièvement à la genèse de l’affaire. Elle survient près de trois ans après un Russiagate riche en confusions, qui a donné toute sa couleur à la vie publique étasunienne et a fini par s’éteindre sans preuve convaincante. Voilà un Président qui fut accusé à longueur de temps médiatique d’être d’intelligence avec l’ennemi, la Russie. Poutine aurait réussi à manipuler les électeurs en sa faveur en usant de moyens technologiques que la NSA est fortement dotée pour les contrôler. Un jour peut-être seront décortiqués les mécanismes qui ont été mis en jeu pour que dans la ‘plus grande démocratie au monde’  son chef d’Etat aura été traité par une bonne moitié de la classe politique – et la quasi-totalité des médias – comme un traître au pays qu’il était censé gouverner. (Suite)

Voilà ce qu’est être un homme    23/11/2019

Dans son roman inachevé, ‘Le premier homme ‘, largement autobiographique, Albert Camus fait dire à son père : « Non, un homme, ça s’empêche. Voilà ce que c’est un homme, ou sinon… » Moi, avait-il dit, d’une voix sourde, je suis pauvre, je sors de l’orphelinat, on me met cet habit, on me traîne à la guerre, mais je m’empêche.” Comery, c’est le nom du personnage, répondait à la proposition que dans certaines circonstances, un homme doit tout se permettre et tout détruire. Voilà un orphelin, très pauvre, auquel on fait porter l’habit du soldat et qui se construit autour d’une morale alors qu’il est enrôlé pour faire la guerre. Déraciné, sans famille et transplanté dans un pays qui va être conquis, il se cabre dans une colère qui lui fait refuser le tout et le n’importe quoi pour soumettre une population et la déposséder.  Il existe quelques Israéliens en général nés en Palestine occupée de parents ayant migré depuis l’Europe qui sont horrifiés du terrorisme d’Etat du régime sioniste. Il est mis en ouvre par chaque citoyen éligible pour le service militaire, soit tous les juifs et les druzes. Sans compter tous les Juifs européens et étasuniens qui viennent accomplir leur devoir supranational de formation et de répression au sein des Forces d’occupation. Les refuzniks ou objecteurs de conscience sont fort peu nombreux par rapport à la cohorte grandissante de ceux qui  se dérobent  sous des allégations diverses. (Suite)

Lettre à Georges, à propos de Jullian Assange    31/10/2019

Mon cher Georges, J’évite de t’écrire quand l’humeur ambiante chagrine ou impatiente risque de ternir l’aimable cordialité que tu offres à tes correspondants. L’éclat de ta foi inattaquable irradie quand tu leur consacres des conversations exigeantes, souriantes et exquises. Mais ici, il arrive souvent que les instants crépitent d’incertitudes. Le feu qui consume l’éphémère c’est-à-dire l’injuste ronronne, il flambe cependant de plus en plus fréquemment. De sorte que se vivifie parmi les cendres des illusions ce qui est utile pour l’homme. Les Chiliens viennent de perdre la peur qui les a bridés depuis l’intervention étasunienne du 11 septembre 1973 soldée par l’assassinat de Salvador Allende et la mise en pratique d’un capitalisme débridé sous l’autorité d’une dictature militaire sanglante. La mémoire traumatique des exécutions sommaires, des disparitions a été dépassée, grèves et manifestations géantes ont eu lieu malgré les blindés et les unités spéciales de l’armée dans les rues. Le chant de Victor Jara, tué d’une rafale de balles après que la junte lui aie brisé les poignets pour le punir d’avoir défendu la paix au Vietnam, retentissait depuis toutes les fenêtres ouvertes après l’heure du couvre-feu, signe de ralliement d’un peuple qui n’en peut plus de l’absence de services publics tous privatisés et des inégalités d’un niveau incompatible avec toute vie sociale. Cette séquence chilienne des services de la CIA en Amérique du Sud avait initié le triomphe de la théorie néo-libérale de Milton Friedman et le reflux mondial des mouvements qui revendiquaient la propriété collective des moyens de production déjà fortement socialisés. Les morts du stade de Santiago du Chili sont venus contaminer le mode de répression des militants partout dans le monde, jusqu’au Maroc où les opposants pouvaient connaître comme sépulture l’Océan Atlantique dans lequel s’engloutissaient des corps jetés depuis des hélicoptères, les pieds entravés et alourdis de kilos de béton comme viatique pour atteindre les fonds marins. La tradition de la répression s’est perpétuée mais avec une présentation moins sauvage. De lourdes peines de prison ont sanctionné la participation de quelques activistes au formidable Hirak du Rif en 2016-2017.  Des centaines de milliers de Marocains étaient sortis dire leur refus de la tyrannie et de la corruption après le broyage d’un poissonnier dans une benne à ordure française à Al Hoceima.   (Suite)

Épilogue  pour un perdant    24/10/2019

Le conseiller officiel des princes français, successivement Mitterrand, Sarkozy puis Hollande, vient de soutenir que le souverainisme, autre nom pour un nationalisme économique et diplomatique, serait une nouvelle manièrede formuler l’antisémitisme. Attali est un fervent défenseur du sionisme qui est précisément un nationalisme fondé sur la revendication d’une terre usurpée à ses occupants et réservée exclusivement  aux Juifs de tout pays. Mieux que toute autre démonstration, sa directionde l’hymne israélien devant un Shimon Peres, l’artisan des attaques sous faux drapeaux de communautés juives en Egypte et en Irak pour hâter leur émigration et père de la bombe atomique israélienne, dit son attachement viscéral à une entité coloniale raciale, expansionniste et belliciste. Tenir ensemble les deux positions tient lieu d’une acrobatie qui s’étaie d’une machinerie idéologique installant comme normalité acceptable et bien reçue ce type de dissonance cognitive. L’internationalisme d’Attali tel qu’il est prôné par les mass médias s’articule autour des intérêts des transnationales qui en sont les principaux actionnaires. Il préconise aussi l’interventionnisme militaire des Usa partout dans le monde qui assure leur domination sur un marché qu’ils ont souhaité sans limitation par des frontières. (Suite)

Orfèvrerie russe    16/10/2019

Une certaine presse, celle-là qui fabrique le plasma dans lequel nous sommes immergés pollué de travestissements de la vérité tant elle nous la sert estropiée, invalide, sans substance car elle se trouve tronquée de l’essentiel qui est tu, se lamente récemment sur les Kurdes promis à une mort certaine.  Depuis 2014, une coalition dirigée par les Usa ‘contre Daesh’ opère en Syrie et en Irak et mène des attaques aériennes sur ces deux pays. Airwars estime qu’elle a tué entre 8 214 et 13 125 civils au cours de 2 890 incidents distincts dont environ 2000 enfants et 1300 femmes. Le porte-parole du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies déclarait pour sa part en début d’année que les 30 000 attaques aériennes conduites par la coalition depuis  auraient fait 11 800 morts parmi les civils syriens et irakiens. Pour lui, ce nombre élevé est une violation claire des lois internationales et de la Convention de Genève selon lesquelles les belligérants ont le devoir de protéger les populations civiles. En avril 2017, une attaque aérienne sur un site densément peuplé à l’Est de Mossoul avait tué près de 300 personnes en une seule fois, performance la plus meurtrière depuis la guerre du Vietnam.  (Suite)

Fureur    08/10/2019

Pourquoi une telle fureur et tant de passion mauvaise ? Un acharnement en illégitimité a débuté aussitôt qu’il fut déclaré élu. Des fonds furent très rapidement levés pour procéder à un  nouveau décompte  des voix dans trois États, des anomalies statistiques relevées par des experts ont fait soupçonné un piratage électronique en faveur du vainqueur. Son investiture le 20 janvier 2017 fut saluée dès le lendemain par des manifestations monstrueuses  mobilisant des millions d’opposants. Des marches ont été organisées pour la défense des droits civiques dans les plus grandes villes, les femmes et les minorités se sont senties menacées alors que Trump n’a jamais affiché que des positions modérées sur les questions sociétales ( mariage des homosexuels et droits des transgenres par exemple). D’emblée, les intenses campagnes de diffamation menées contre le 45ème Président des Usa ont fait régner une atmosphère de guerre civile  larvée. L’ampleur et la durée des réactions hystériques de l’establishment et de ses institutions patentes ou fondues dans le paysage (l’État profond) ne peuvent s’expliquent par l’aversion pour l’isolationnisme clairement affiché de Donald Trump. Après tout, il ne sera jamais malaisé pour le Pentagone de faire voter des budgets en accroissement constant en accord ou en dépit de l’hôte de la Maison Blanche. L’enveloppe budgétaire de la Défense  a progressé, 585 $ milliards en 2017,  640 en 2018. En réalité, les sommes allouées au Pentagone et autres composantes du dispositif de défense nationale ont atteint 717 $ milliards pour 2018. Pour 2019, une hausse de 7% a été consentie pour le budget du Pentagone. (Suite)

Génocide retardé    27/09/2019

Vaille que vaille et plutôt avec un train de sénateur, l’Irak, avec en arrière-plan historique l’anniversaire de la guerre Iran-Irak débutée septembre 1980 pour une durée de huit années et son million de morts, tente de ramasser ses débris épars, résultat des effroyables interventions étasuniennes, un continuum depuis 1991 jusqu’à nos jours. Des  chercheurs indépendants  ont trouvé à la suite de travaux épidémiologiques de médecins irakiens des taux significativement élevés de métaux lourds radioactifs, produits de dégradation de l’uranium appauvri, chez des enfants nés avec diverses malformations. Ce type d’anomalie est surreprésenté dans les zones qui ont connu de violents combats au cours de l’invasion de 2003. L’horreur de l’occupation militaire se poursuit silencieusement au travers d’une pollution radioactive rémanente. De tels crimes, bien documentés, sont perpétrés à Gaza par l’armée sioniste. De même un silence parfait est gardé sur les études concernant les conséquences du largage de tonnes de bombes  à l’uranium appauvri sur  la Serbie et la Kosovo en 1999. Le directeur de l’institut de médecine du travail de Belgrade décrit ces effets comme un « génocide retardé ». Plus de quinze ans après l’opération Iraqi Freedom menée par les néoconservateurs étasuniens, les Irakiens continuent de souffrir d’une pénurie d’électricité en raison des infrastructures détruites et/ou non entretenues. L’été 2018 a été l’occasion de  manifestations massives contre les pannes de courant chroniques plus difficiles à supporter par fortes chaleurs au cours desquelles 14 personnes furent tuées. Ce déficit en approvisionnement électrique résulte également du manque d’entretien du réseau pendant les années d’embargo et un peu plus tard, l’effondrement de l’Etat irakien, armée et administration, a permis une corruption endémique et  le développement de cliques mafieuses. Le chaos institué a  en effet induit une situation  digne des Etats faillis d’Amérique latine livrés aux prédateurs transnationaux après le renversement de régimes progressistes par la CIA dans les années cinquante et soixante. (Suite)

Quelques petits drones et puis s’en vont    18/09/2019

La ferblanterie étasunienne, achetée à prix d’or noir par les Bédouins du Nedjd a une fois de plus montré son inefficacité. Fin juin 2019, l’Iran avait abattu un dronequi coûte la bagatelle de 220 millions de dollars. L’Homme orange à la Mèche blonde a vite abandonné ses menaces twittées à l’encontre la République islamique d’Iran pour se mettre à l’abri derrière une excuse rapiécée et pitoyable qui ne met en cause qu’une mauvaise interprétation d’un exécutant iranien.  Une dizaine de drones d’allure pacifique, indétectables, déjouant toutes les barrières électroniques de brouillage et de surveillance partis à mille kilomètres de là mettent hors jeu près de 5% de la productionmondiale du pétrole. Lors des universités de la Défense qui se sont tenues près de Bourges la semaine dernière, il a été admis qu’il existe un trou « capacitaire » face à ce type d’attaques. Thales et les services de sécuritéaérienne tentent de mettre en place des radars holographiques susceptibles de détecter les drones à 7km (versus 3 avec les radars habituels) couplés avec beaucoup d’IA pour ne pas prendre en charge de fausses cibles comme des éléments naturellement ailés, les oiseaux. Le système de neutralisation devra mettre en jeu un arbre décisionnel complexe dans des zones habitées.   A dire vrai, les hypothèses abondent sur l’origine de la destruction du principal site de transformation du pétrole d’Aramco d’Abqaiq et de l’incendie qui a ravagé le champ pétrolifère de Khurais. Missiles balistiques lancés depuis l’Irak qui dément catégoriquement ou même de l’Iran ? Mike Pompeo déclare être persuadé de la responsabilité de l’Iran qui aurait selon lui mené pas moins de cent opérations de sabotage ces derniers temps alors que Trump reste évasif sur l’identité des auteurs et attend une confirmation du régime des Bédouins. (Suite)

Une terrasse pour arène    22/08/2019

L’élève du professeur de théâtre, bien appliqué à tourner ses phrases, parle des massacres d’innocents à Idlib par le ‘régime’. Poutine répond qu’il faut débarrasser la région des terroristes takfiristes (*). Régler la question de l’Ukraine, maintenant dirigé par un amuseur public préféré à l’ancien fabricant de confiseries, oui dans le cadre du format Normandie c’est-à-dire en l’absence des Usa. Avec cependant la référence explicite à l’autonomie du Donbass. L’appui de Moscou aux séparatistes de l’Est du pays, russophones, dépendant entièrement de leurs échanges économiques avec la Russie ne s’est jamais matérialisé par l’envoi de chars mais davantage par l’accueil de plus d’un million d’ émigrés. D’ailleurs le Kremlin n’a réagi que peu lorsque Alexandre Zakharchenko, principal chef militaire et politique des séparatistes a été  assassiné en août dernier. Faire cesser les conflits entre bandes armées dans une Libye, prospère et stabilisatrice de l’Afrique sub-sahélienne sous Kadhafi et transformée en État failli par l’intervention de la France et désormais pourvoyeuse de migrants et d’esclaves pour l’Europe. L’Asiate au regard bleu s’est abstenu de commenter la responsabilité du pays hôte et l’inefficacité de l’agitation française commise par l’entregent d’un  Ghassan Salamé. Quand le verbeux Napoléon de pacotille cite dans une élocution laborieuse Dostoïevski, le fils de prolétaire, lettré selon les normes élevées de l’enseignement en Urss, oppose la guerre patriotique dont la commémoration est toujours fervente, qui a permis de délivrer l’Europe du nazisme. Le sacrifice de 23 millions de Soviétiques est une dette de sang et un titre qui peuvent fonder l’européanité de la Russie bien supérieur à un quelconque passage littéraire. Sur la question des tensions dans le Golfe arabo-persique et de l’Iran, l’invité est moins laconique. Il est vrai que la France a reçu des remontrances des Affaires étrangères étasuniennes quand elle a pris langue avec la diplomatie iranienne au plus fort de la crise du détroit d’Ormouz tout en refusant d’appuyer l’idée d’un contrôle occidental de mers et détroits dépendant d’une souveraineté nationale légalement reconnue.  (Suite)

En transition    18/09/2019

Récemment, une branche culturelle de l’AIPAC, le puissant lobby pro-israélien qui assure le monitoring de tout élu ou élu potentiel aux USA, a invité des membres du Congrès étasuniens à visiter Israël.  C’était début août 2019. Parmi les 41 du Parti démocrate, aucun n’a communiqué sur son séjour alors que les 31 Républicains ont envahi la twitoosphère de leurs commentaires laudateurs et enthousiastes. Ils exposent dans les réseaux sociaux leur rencontre avec Netanyahu et leur visite aux installations anti-missiles, le fameux  Dôme de fer censé arrêter les roquettes artisanales lancées par les Palestiniens assiégés à Gaza.  Ce système a été co-développé par la firme américaine Raytheon et l’israélienne Rafael, il est en partie fabriqué aux Usa. Récemment, le Pentagone a  passé commande de deux unités, les batteries devraient être déployées et entrer en service d’ici 2020. Le but serait de moderniser la capacité de défense anti-aérienne et anti-missile. Compte tenu de l’inefficacité relative de ces batteries démontrées par le nombre des roquettes palestiniennes qui ne sont pas interceptées, cette dépense supplémentaire sur le budget de 2019 dit exactement l’essence de ce qu’est devenu l’État fédéral étasunien. A la fois premier consommateur de l’armement produits par les firmes étasuniennes et machine de guerre. Ce mutisme obstiné des Représentants démocrates sur leur périple en terres palestiniennes témoigne d’une légère bascule de l’opinion américaine, en particulier l’électorat démocrate. Bernie Sanders n’a pas renié la photo prise avec des activistes juifs du groupe  IfNotNow où il se tenait devant une pancarte où était inscrit ‘Juifs contre l’occupation’. Le groupe a engagé des permanents pour cet été chargés de mener une campagne auprès des candidats aux primaires du Parti démocrate sur cette question de l’occupation des Territoires palestiniens. Elizabeth Warren qui faisait campagne dans le New Hampshire a déclaré qu’elle  ferait pression sur Israël pour qu’il cesse une occupation militaire sur les Palestiniens dépourvus de droits dans les territoires saisis par la force en 1967.  (Suite)

Ruptures d’arc ?    13/08/2019

L’ouverture d’un nouveau front au Sud Yémen complexifie un peu plus la situation dans ce pays au seuil d’une crise humanitaire effroyable (plus de 20 millions en insécurité alimentaire, des régions entières au bord de la famine) sous l’effet d’une guerre menée contre lui  par la coalition dirigée par les Ibn Saoud.  Le mouvement séparatiste du Sud vient d’occuper ce dimanche la ville d’Aden, devenue capitale pour le gouvernement de Abdou Rabo Mansour Hadi, client des Séoud et exilé à Ryadh depuis l‘entrée dans Sanaa des Houtis en septembre 2014. Mis à l’écart de la vie économique et politique, la forte minorité zaydite du Nord du pays (40% de la population) est en situation de révolte ouverte depuis 2004. Ils rompent à l’été 2014 les tractations avec le gouvernement de transition nationale mis en place en 2012 après le départ de Ali Abdallah Saleh chassé par des manifestations hebdomadaires énormes dans le sillage du ‘printemps arabe’. Abd Rabo Mansour Hadi en charge du dialogue national pour transformer le pays en fédération de 6 provinces prévoit une partition dans laquelle les Houtis reçoivent un territoire plus étendu que leur zone d’influence mais sans accès à la mer.

Saccharomyces, la parabole de la bactérie altruiste    08/08/2019

Bien sûr, cela ne se passera probablement pas de cette manière. La projection faite par Scott Burns prédit que dans 33 ans  les 10 % les plus riches des ménages étasuniens posséderont la totalité de la richesse des USA. Il examine les chiffres donnés par l’enquête de la Fed menée tous les trois ans portant sur la consommation. La part de richesse détenue par les 10% les plus riches est passée de 2013 à 2016 de 75,3% à 77,2%, soit un gain de 1,87%. Il en déduit que les 22,8% encore entre les mains des 90% seront phagocytés par les plus riches en 33 ans environ. Il observe également que les 9% qui se placent juste derrière les 1% du sommet ont vu leur part croître régulièrement mais elle accuse un décrochage en 2013-2016. Ces 9%, actuellement détenteurs de 38,54% de la richesse totale, seront sans doute eux aussi la proie des 1% du dessus du panier. Or il se produit toujours des ruptures imprévisibles dans les systèmes non clos mais abouchés au reste du Monde et ce type de phénomène n’évolue que rarement de manière continue. L’une des métaphores qui vient à l’esprit pour approcher la transformation abrupte d’un système complexe est la rupture de tolérance en biologie humaine. A un instant T, l’organisme ne tolère plus ce qui lui était indifférent jusque-là en vertu du dépassement des mécanismes qui le lui faisait accepter. Pourquoi cet instant T ? Le processus de l’usure d’une corde est amorcé depuis longtemps quand survient la secousse ou l’effondrement qui signalent la rupture des derniers brins encore intacts qui supportaient toute la tension. (Suite)

Eté    28/07/2019

Une ombre poisseuse avait enseveli l’âge Où la bêche retourne le présent,  Qu’il présente sa face d’avenir. Les mains nues de la poésie  Ne défaisaient plus l’étroitesse des cages Où battaient les cœurs d’un siècle douloureux. La défaite bordait les temps L’herbe, sombre, fronçait, hostile, à leur lisière. Les renards, vif argent, en bandes organisés,  Glapissaient leur appel au bal  Conviaient les chiens aux troupeaux décimés. La source se confondait avec les marais, Enlisée du poids de ses eaux longues à se rompre. La lune quand elle s’allumait Faisait couler dans sa clarté Les larmes qu’aucune joie n ‘endiguait. Le poing de la tristesse s’écarte alors de la clairière. L’euphorie des énergies persévérantes se redresse Ferme dans ses épis épris d’altitude. Les cœurs trempés dans cette lactescence Frétillent d’être dégrafés  Et enjoints de se battre à nouveau. L’été débarrasse le courage de son givre Colore ses joues Il relève ses jupons pour moissonner  Les saisons profuses abandonnées.

Appui et levier    25/07/2019

Il aurait plutôt dit « Depuis un point où je puisse me tenir fermement, je ferais mouvoir la Terre ».  Peu importe qu’il ne l’ait pas formulé précisément ainsi mais Archimède, fils de Phidias de Syracuse, élève de l’école d’Alexandrie, a énoncé le principe qu’une faible force peut se décupler par un effet de levier exercé depuis un appui. L’ingénierie financière de Wall Street tout en ayant l’air d’avoir inventé un moteur perpétuel semble basée sur ce principe de physique pré-newtonienne. Le capitalisme à ses débuts a transformé le mode d’échange entre les hommes qui de  Marchandise ->  Argent -> Marchandise, est devenu Argent -> Marchandise -> Argent. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et singulièrement depuis le début des années 70 du siècle dernier, les flux financiers mondiaux circulent fermement branchés sur l’étalon qui s’est substitué à l’or, le dollar étasunien. (Suite)