Gilles Gomel
26/04/2013
Je pense que vous avez mal lu l’article de l’“Independent”.
Vous commencez par citer les premières lignes de l’article en soulignant quelques mots (“even the Guardian”) et en omettant les mots qui suivent (s own comment section) lesquels ont évidemment toute leur importance. Ce n’est pas le Guardian lui-même qui fait partie, aux yeux de la journaliste, des propagateurs des informations alimentant les thèses complotistes, mais les lecteurs qui ont posté des commentaires.
Quant au propos de l’article, il vise bien à tourner la démarche “complotiste” en ridicule. Chaque paragraphe se termine par une remarque sarcastique ou finalement par le renvoi à une photo lui-même ironique, puisque le sac du jeune homme n’y apparaît guère.
Et les guillemets dont est affublé le mot “officiel”, ils sont là pour singer la rhétorique des “complotistes”.
Ouaille
25/04/2013
Puisqu’on parle déchainement de la matière, je vous signale un livre potentiellement intéressant sorti très récemment
Théorie du drone
http://lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=763
« Oh, la belle cible ! J’essaierais de passer par l’arrière pour la mettre en plein dans le mille. » Ce n’est pas un sniper qui parle depuis un toit d’immeuble, c’est un personnage confortablement installé à la base de Creech, dans le Nevada. Il pilote un drone qui s’apprête à lancer un missile Hellfire sur un groupe suspect en Afghanistan. Avec le drone armé, entre la gâchette sur laquelle on a le doigt et le canon d’où va sortir le projectile, ce sont des milliers de kilomètres qui s’intercalent. Cette mise à distance fait éclater la notion même de guerre : qu’est-ce qu’un combattant sans combat ? où est le champ de bataille ? et peut-on vraiment parler de guerre quand le risque n’est pas réciproque, quand des groupes humains entiers sont réduits à l’état de cibles potentielles en attendant de devenir légitimes ? Dans la guerre à distance, peu importe que ce soient des machines qui tuent des êtres humains : l’essentiel est qu’elles les tuent humainement. Ce livre montre la gravité des questions éthiques, psychologiques, juridiques, que pose cette nouvelle merveille de la technologie militaire.
Agrégé de philosophie, Grégoire Chamayou est chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Cerphi ENS Lyon.
dominique
24/04/2013
L’article est sur Alterinfo avec les parties en Anglais traduites: http://www.alterinfo.net/Washington-et-le-fantome-de-Chavez_a89572.html
Jack v.
24/04/2013
Voilà un nouveau type d’attaques auquel les analystes politiques vont devoir trouver un nom.
Une fausse info diffusée sur Twitter a provoqué une amorce de krach qui a entraîné 134 milliards de dollars de pertes en seulement 4 minutes avant d’être démentie.
Le responsable de la diffusion de cette annonce serait un groupe de supporters de Bachar El Assad, the Syrian Electronic Army, qui a lancé une nouvelle selon laquelle deux bombes ont explosé à la maison Blanche, blessant Obama.
La raison pour laquelle le marché a réagi aussi violemment et si vite à cette nouvelle est que les robots traders qui scrutent l’info en permanence étaient programmés pour vendre au plus vite dans l’hypothèse d’un tel évènements.
Voilà qui va donner des idées à certains !
René M
24/04/2013
@ Thierry de RAVINEL
Suite à votre commentaire : Expériences Anciennes et Nouvelles , ( citation) : (....) “Je pense qu’il faudrait remonter à la réforme (....) “
Cliquez donc sur la rubrique LA GRÂCE de l’HISTOIRE
Vous y trouverez il me semble un développement sur le sujet que vous évoquez . De même vous trouveriez dans de nombreuses chronique du site cette piste de réflexion très ancienne pour ne pas dire fondatrice chez Philippe Grasset. C’est même un leitmotiv.
Le site réclame je crois une longue fréquentation pour bien le découvrir
Cordialement
Un lecteur de Dedefensa
Jack v.
24/04/2013
Merci ZC. Mais vos remarques sont, à mon sens, judicieuses. Vous dites :
« Et nous que sommes nous devenus? où est notre degré d’empathie à l’égard des victimes des guerres pilotées par le “SYSTEME”; notre ambassade qui explose à Tripoli a une importance moindre que le circus maximus bostonien. Que penser de ceux qui “souffrent ” moins de la violence qu’ils subissent que de celle infligée à leur Maitres.
Qui a dit que nous sommes tous américains?
Qu’est-ce qu’une affirmation pareille a de signifiant? Aujourd’hui nous devons nous rendre à une seule évidence: le conscient et l’inconscient européen a tout cédé à l’impérium américain. De la part de la puissance US, il n’y a que du positif à une telle rédition civilisationnelle, mais l’Europe qu’en restera-t-il lorsque l’effondrement de la puissance US sera réalité.»
Tout en prétendant construire une Europe indépendante, les élites européennes ont joué la carte d’une sujétion aux US, par veulerie, par paresse et parce que leur mode de recrutement suppose un caractère moutonnier. Elles ont, de mille et une façons, affaibli les nations européennes et l’Europe elle-même, pour les rendre plus digestes pour l’Empire. Elles tentent maintenant insidieusement de nous imposer Washington comme centre de nos préoccupations personnelles dans le cadre d’une vision supranationale qui ne se manifeste pour l’instant de façon ouverte qu’à travers son influence sur la manière dont les média établissent une hiérarchie dans les informations. Il s’agit par exemple de nous faire admettre le principe US selon lequel un mort US vaut plus qu’un autre pour nous préparer à accepter l’autorité de Washington sur nos propres vies.
On pouvait déjà percevoir cette évolution dans le domaine du commerce des logiciels, par exemple, où il est courant de trouver des notices signalant que tout litige concernant le produit relève de telle ou telle entité US, ce qui est en contradiction flagrante avec les principes de la souveraineté nationale dans le monde entier.
On pourrait discuter du silence des élites européennes sur de la façon dont les US conçoivent les pratiques en matière d’extradition, voire de kidnapping de citoyens étrangers, d’exécutions extra judiciaires, sur la façon dont le gouvernement US a sciemment et plus d’une fois trompé l’ONU, c’est à dire, en principe, nous tous. Le soutien sans faille des instances européennes à la politique US malgré ses frasques relève de l’adoration inconditionnelle et aveugle. Dans le meilleur des cas, ce soutien est ne peut se comprendre qu’à partir du moment où on admet le fait qu’on ne peut pas dire non aux US parce qu’ils ont une puissance économique et militaire qu’on ne peut pas questionner.
De ce point de vue, l’uvre libératrice des «termites», voués à saper les structures de l’Empire pour rendre leurs souverainetés à leurs pays, un travail consistant par exemple, à relever et rendre publique toutes les failles, notamment technologiques du Système, comme le fait Dedefensa.org, par exemple en traitant du thème des déboires technologiques du JSF, est très précieux.
Il me semble que plus l’image des US, définis comme le parangon en matière de réussite économique et technologique aux yeux du public et aussi des élites, est ternie, plus ces dernières seront amenées à douter de leurs choix d’alliance et à trouver d’autres voies de progrès en matière d’organisation politique.
Toutefois, il faut agir vite, miner sans relâche, car l’Empire en désagrégation, engagé dans une course contre la montre a déjà amorcé la zombification de nos pays, qui sont en voie d’être transformés en satrapies dirigées par des satrapes formatés chez Goldman-Sachs.
Thierry de RAVINEL
24/04/2013
Ce qui apparait en filigrame (mais restons prudent bien entendu), c’est la nième apparition du méchant monstre créé par des démiurges maladroits pour servir la “liberté”, mais ayant malencontreusement ayant échappé au controle de ses créateurs.
Si l’on se souvient que Oussama Ben Landen avait lui même été “utilisé” par les services américains contre les russes en Afghanistan (sans remonter à la longue liste allant de Ho Chi Minh à Kabila, en passant par M Kagame), la répétition des mêmes erreurs et de leurs conséquences désatreuses invite à la reflexion.
Les américains ne sont certes pas idiots et naifs au point d’ignorer volontairement toutes les leçons de l’histoire. S’il le font, c’‘est qu’ils y sont conduits (pour ne pas dire forcés) par une culture profondement et lourdement marquée par une idéologie très structurante, dont on a sans doute pas assez analysé jusqu’ici l’origine, les contours, et surtout les effets .(je ne vais pas entreprendre de le faire je n’en ai ni les compétences ni la place :)).
Puisque c’est de l’idéologie ultra libérale dont il s’agit, elle a au moins deux effets majeurs : évacuer totalement l’histoire de l’analyse, et simplifier à outrance le réel en construisant des catégories totalement inadéquates pour l’appréhender avec réalisme.
Je pense qu’il faudrait remonter à la réforme ( en particulier au puritanisme) pour analyser en toute rigueur le phénomène.
Je ne vais pas m’atteler à cette tâche redoutable, mais je voudrais tout de même en souligner la réalité et surtout les conséquences sur des individus qui pour certains ont l’avenir de notre monde entre les mains…
Comme pour les communistes russes en leur temps, le remède viendra d’abord d’une prise de conscience par les américains eux même de cette emprise et de ses effets… Souhaitons qu’un penseur éclairé les affranchisse. Il y a urgence…
ZC
23/04/2013
Bonne analyse de JACK V.
Oui bien sûr l’américain moyen dans sa tranquille forteresse ne peut ni comprendre ni même réaliser ce que les convulsions du monde doivent à ses dirigeants et selon le principe bien connu que la douleur ne prend sens que lorsqu’on en est la victime, les bombes qui explosent dans les “mondes barbares” n’émeuvent que les marchands de “bons sentiments” qui décernent les labels “terroristes” “rebelles” “resistants” ou “criminels” selon les nécessités de stratégies qui restent hermétiques à la “masse” heureuse et anesthésiée.
Mais peut-on se pencher un instant sur le “déchainement de la matière bostonienne” vu de notre vieille Europe. Et nous que sommes nous devenus? où est notre degré d’empathie à l’égard des victimes des guerres pilotées par le “SYSTEME”; notre ambassade qui explose à Tripoli a une importance moindre que le circus maximus bostonien. Que penser de ceux qui “souffrent ” moins de la violence qu’ils subissent que de celle infligée à leur Maitres.
Qui a dit que nous sommes tous américains?
Quest-ce qu’une affirmation pareille a de signifiant? Aujourd’hui nous devons nous rendre à une seule évidence: le conscient et l’inconscient européen a tout cédé à l’impérium américain. De la part de la puissance US, il n’y a que du positif à une telle rédition civilisationnelle, mais l’Europe qu’en restera-t-il lorsque l’effondrement de la puissance US sera réalité.
L’esclave s’est trouvé plus pauvre et plus esclave que jamais quand le NORD a brulé les domaines des seigneurs du SUD à la fin de la guerre de secession.
La fin de l’esclavage légal des noirs a ouvert une longue et sinistre période d’insécurité et de précarité pour les Noirs des Etats du SUD;
Si comparaison n’est pas raison, il n’en reste pas moins que sans reflexion sur les racines de notre servitude intellectuelles et les voies pour nous en libérer avant que nous ne soyons abandonnés à notre propre sort, je crains que nous ne soyons à terme les vrais dindons de la farce.
Jack v.
23/04/2013
En écrivant, “Monday showed us how fragile life and social tranquility are. Today shows us how fragile liberty is”, Anthony Gregory montre qu’il n’a pas vraiment conscience d’être dans un pays qui est en guerre depuis très longtemps, et même dans pays qui est structuré et organisé pour la guerre et qui n’excelle plus que dans ce domaine, comme le disait très bien l’humoriste George Carlin .
Comment peut-on prétendre aspirer à la paix et à la tranquillité quand on est en guerre de façon quasi-permanente avec le reste du monde ? Cette contradiction n’avait pas échappé à Oussama Ben Laden quand il faisait observer : « ... qu’il ( Bush) explique pourquoi nous ne frappons pas, par exemple, la Suède ? »
Ce que l’on appelle l’inculpabilité sur dedefensa.org n’est peut-être qu’une conséquence de l’impunité dont profitent les US. Celui qui ne peut être puni pour ses actes peut-il réellement concevoir sa propre culpabilité ? Mais cette indifférence envers le sort des autres peuples apparaît-elle spontanément chez le citoyen US ou n’est-elle pas plutôt le résultat d’un conditionnement qui permet d’obtenir chez l’individu une forme d’insouciance vis à vis des dégâts occasionnés par la politique agressive raciste de son pays dans le reste du monde (essentiellement le monde des « brown people » comme le fait observer George Carlin) ?
On rapporte qu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, dans l’Allemagne vaincue et occupée, les Allemands furent effarés en réalisant la nature des crimes du régime nazi. Il devait sans doute s’agir d’un retour du sentiment d’empathie avec les victimes de ces crimes chez un peuple qui savait pratiquement tout de ce qui se passait chez lui mais qui, convaincu de vivre entouré d’ennemis mortels et grisé par la puissance de son pays, se croyait peut-être au-dessus de la condition des autres hommes, un peu comme le citoyen US des dernières décennies, pour qui les seules victimes humaines qui comptent dans un conflit impliquant son pays sont ses compatriotes.
Aujourd’hui, en regardant les images montrant Boston «occupée» par les forces de police, on peut penser que l’Amérique, qui est en régression sur bien des plans, s’est aujourd’hui ratatinée, réduite à cette caricature d’état, l’état guerrier/policier que décrivait George Carlin où aujourd’hui, la guerre s’introduit insidieusement dans les murs et envahit la vie quotidienne, un peu comme dans l’Allemagne aux abois des années 44-45.
Jean-Paul Baquiast
23/04/2013
Vous avez sans doute remarqué que pour certains commentateurs (par ex. le WSWS) ce coup de Boston aurait été monté pour répéter et tester ce qui pourrait être une prise en mains de l’ensemble des USA (ou de certains Etats seulement) par une dictature s’établissant à la suite de révoltes populaires massives naissant de laggravation de la crise économique.
http://www.wsws.org/en/articles/2013/04/22/pers-a22.html
Franck du Faubourg
22/04/2013
Olivier Taurrison a bien parlé!
en cadeau une devinette; le lieutenant colonel Potter dit-il vrai?
http://www.youtube.com/watch?v=biuXEQHDCYE&feature=player_embedded#!
olivier taurisson
22/04/2013
Oui, c’est mieux ainsi, une pointe d’humour nous va mieux.
Philippe Grasset
21/04/2013
Merci et correction fait, avec nos excuses. Il s’agit de l’Iran, certes.
PhG
charles
21/04/2013
“dévaluation du riyal, qui avait été décrite par les commentateurs-Système comme particulièrement catastrophique pour le Système”
Pour le Système ou pour l’Iran ?
Jack v.
21/04/2013
Lambassadeur de la République tchèque à Washington, Petr Gandalovic, s’est fendu d’une déclaration dans laquelle il rappelle que “les suspects sont Tchétchènes et pas Tchèques”.
Lambassadeur n’a pas pris le risque de tabler sur les connaissances du citoyen US moyen dans ce domaine.
Sa prudence est d’ailleurs partagée par le Tchétchène Ramzan Kadyrov qui déclare que “les suspects n’ont aucun lien avec la Tchétchénie”.
D’aucuns relèvent que les deux suspects ont rejoint les US depuis la Turquie. On attend les explications des Turcs.
A Paris, on espère que les deux frères n’ont pas fait escale en France et ne connaissent personne ici.
Curieusement, personne à part quelques conspirationnistes ne s’intéresse à la façon dont le FBI en est arrivé à se focaliser sur les deux hommes.
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