Théo TER-ABGARIAN
20/10/2013
Jai lu, Monsieur Philippe Grasset, avec beaucoup de plaisir votre lettre sur le désamour du monde. Jai fait le rapprochement immédiatement avec linterview de Finkielkraut il y a quelques jours par un journaliste de France-Inter dont je nai pas retenu le nom. Evidemment, ce malheureux journaliste nétait pas à la hauteur de ce qui lui était dit, une seule chose le préoccupait essayer de déconsidérer Finkielkraut à laune de ses clichés de leur idéologie de plomb, le renvoyer à la mélancolie, à lamour des morts, au culte du passé. Voilà donc enfin clairement énoncé que le Beau, le Bien, le Juste des Mazdéens est à balancer aux débarras des accessoires périmés. Car, soyons lucides, le culte du moche, du con, du violent, cest leur société. Et ils nous limposent comme LA modernité. A cela Barbey dAurevilly qui a eu à subir la bêtise de son temps avait répondu magistralement : «je ne suis pas moderne, je suis vivant».
Car voilà le paradoxe, le journaliste de France Inter qui se faisait hérault de la modernité face à Finkielkraut, navait, en fait, rien dun être vivant. Vivant = vibrant. Barbey dAurevilly vibrait. Ces «agresseurs furieux» qui nous imposent ce monde hallucinant de médiocrité et de mocheté, mocheté des Zones Commerciales dentrée de villes, mocheté des plateaux télés, mocheté des programmes électoraux, mocheté des grouillances humaines qui ont choisi (oui, choisi) de survivre dans un univers sans cesse envahissant de mocheté et de bêtise. « Cest quoi ton problème ? », cest la réplique lancinante à ça sur les forums dInternet. Syndrome de Stockholm des ovins parqués à vie dans le laid, le con, linepte. « Mon problème ? » cest quils nous imposent leur mode de vie sans vie, ce sont eux les mortifères. Voyez comme le monde agréable à vivre se réduit comme une peau de chagrin. Brèves-sur-Yonne, Nièvre, 2013, un site immaculé à côté de léglise, des prés, des tilleuls centenaires, tout cela détruit en un clin dil par un crétin qui a gagné le gros lot à la Française des Jeux, et maintenant là se dresse, monstrueuse, en placoplâtre, une réplique de la villa d «Autant en Emporte le Vent ». Cest ça, lavancée irrémédiable de la connerie toute puissante.
On nous renvoie à la nostalgie. On pense aux Lamentations dIpw-Wr, un des plus anciens textes qui est la nostalgie dun homme à la fin de sa vie sur le passé. Ce texte il faut le lire parce quil nest pas de cela que vous évoquez ni ce quévoque Finkielkraut et que feignait de croire le garde-chiourme de France-Inter, le nud du problème actuel : cest que les horizons sont maintenant fermé. Quelque chose dirrémédiable sest perdu parce que nous sommes 7 milliards dindividus qui avons quadrillé cette Terre où les espaces vierges ne sont plus, où le ciel la nuit na plus détoiles visibles (ce que ne pouvait pas dire Ipw-Wr) et où le monde immonde a tellement infiltré les lieux quil ny a plus de replis possible nulle part, à moins davoir fait son deuil des lieux et de se résoudre, sur injonction des garde-chiourme, à se faire parquer en stabulation betonnée. La qualité de la vie sera un combat, ne comptons pas sur les écologistes pour ce combat-là, ils sont trop obsédés de croissance.
Arrou Mia
20/10/2013
Ce monde-ci est en train de s’achever.
À chacun de contribuer avec
vaillance
prudence
ténacité
amour
oui avec foi
à l’élaboration de celui qui tarde à naître car justement désespérer est un péché mortel.
olivier taurisson
19/10/2013
Si ce monde-là a plus du venin que d’une substance nutritive, il provoque sans nul doute toutes les nuisances d’une drogue; il est porteur de nombreuses addictions, et pléonasme compris, ” insidieuses”, et “pernicieuses”. Je partage votre sentiment: je n’aime guère le monde dans lequel je vis.
Corinne FALCONE D'ASTI
19/10/2013
Jusqu’où ira la “crise” économique-fiancière (et systémique)...?
La video du documentaire d’Arte sur Goldman Sachs et le communiqué du député Jacques Myard nous rappellent un peu à la réalité , au dessus du brouhaha permanent et abrutissant des médias et des discours politiques quotidiens…
Quelques liens:
Video Goldman Sachs
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3995
COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
Député de la Nation
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République
Le 17 octobre 2013
A/S : Mario Draghi est-il un agent américain ?
Cest avec une totale stupéfaction que Jacques Myard prend connaissance de la décision de la BCE, présidée par Mario Draghi, de confier au cabinet américain Oliver Wyman la mission deffectuer lappréciation des bilans de 130 banques de la zone euro préalablement à létablissement de lunion bancaire.
Voilà une décision qui permettra aux autorités américaines de tout connaître sur les banques européennes, à charge de passer les informations à leurs concurrents dOutre-Atlantique.
Une telle naïveté laisse pantois et ne sexplique que par les relations anciennes et ambivalentes de Mario Draghi et de quelques autres membres du Conseil des gouverneurs de la BCE avec les milieux bancaires américains, dont lineffable banque Goldman Sachs !
*
Cette décision est inacceptable et la BCE ne peut se retrancher derrière son indépendance. Cest une question de sécurité nationale.
Jacques Myard demande au Gouvernement dinscrire cette affaire au prochain Conseil européen afin que le Conseil exige le retrait de cette décision.
A défaut, le gouvernement français doit interdire aux banques françaises douvrir leurs comptes à ces agents étrangers.
« Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial »
par Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3973
Jean-Paul Baquiast
19/10/2013
J’ai peine à croire pour ma part que des actions offensives sérieuses et massives puissent être menées avec des drones. Les capacités adaptatives de ceux-ci me semblent insuffisantes.
Richard RUTILY
18/10/2013
Deux document pour mesurer les effets de la séquestration sur l’évolution des armées US :
http://bipartisanpolicy.org/sites/default/files/full%20deck%2010%2010%2013.pdf
http://secondtonone.org/wp-content/uploads/2013/10/Sequester-Defense-Budgets-and-the-Industrial-Base.pdf
Corinne FALCONE D'ASTI
18/10/2013
F-35 : après les Pays-Bas, la Belgique ?
Michel Cabirol | 17/10/2013
LA TRIBUNE
Alors qu’il existe trois avions de combat européens disponibles, la tentation de la Belgique d’acheter l’avion de combat de Lockheed Martin est très forte. Une décision devrait être prise en 2015. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian reçoit ce jeudi son homologue belge Pieter de Crem, très favorable à l’achat du F-35.
Ah l’Europe de la Défense Après la Grande-Bretagne, l’Italie, la Norvège et les Pays-Bas, la Belgique est fortement tentée de s’offrir, sans même lancer un appel d’offres international, l’avion de combat américain F-35, qui est pourtant aujourd’hui un gouffre financier et est confronté à nombreux problèmes techniques. Pourtant trois avions européens sont disponibles : l’Eurofighter, du consortium européen formé par BAE Systems, EADS et l’italien Finmeccanica, le Gripen de Saab et, enfin, le Rafale de Dassault Aviation.
Un choix que le ministre de la Défense, Pieter de Crem, pourrait expliquer à son homologue français, Jean-Yves Le Drian, qui le reçoit ce jeudi à Paris en compagnie de Roman Jakic, ministre de la Défense de la Slovénie, et Vlastimil Picek, ministre de la Défense de la République Tchèque. Les Belges ont besoin de renouveler leur flotte de F-16 modernisés au-delà de 2020. Dans ce cadre, la Belgique envisagerait d’acquérir de 35 à 55 avions de combat, selon Reuters.
Pourquoi la Belgique roule pour le F-35 ?
Bruxelles est très tentée par le F-35. Pourquoi ? Parce que l’armée de l’air belge est équipée actuellement de 59 F-16 AM/BM. Après l’achat de Mirage 5 en 1968 et d’Alpha Jet en 1973, deux avions de Dassault Aviation, Bruxelles avait fini par choisir le F-16A/B de Lockheed Martin en 1975 au détriment du Mirage F1. La Belgique se ralliait ainsi au choix des Pays-Bas, de la Norvège et du Danemark pour le F-16 et signait un chèque à Lockheed Martin pour 116 F-16A/B. Car ces quatre pays de l’OTAN avaient décidé de faire un choix commun pour leur futur avion de combat. En 1983, elle avait signé un nouveau chèque à Lockheed Martin pour l’achat de 44 F-16A/B supplémentaires. Soit au total 160 F-16A/B.
Aussi, la Belgique devrait être naturellement tentée de reformer le club des quatre (Belgique, Pays-Bas, Norvège et Danemark). D’autant que selon l’agence Reuters, une délégation officielle américaine a même présenté en septembre le F-35 aux Belges. Contrairement à son prédécesseur, André Flahaut, Pieter de Crem est très favorable à un tel achat sur étagère ainsi que le chef d’état-major des armées, le général Gérard van Caelenberge. Bref, la messe semble dite. Et la Belgique devrait tourner une nouvelle fois le dos à la préférence européenne.
Le Rafale a-t-il des chances d’espérer ?
Face au rouleau compresseur des Etats-Unis, la France devrait crânement jouer ses quelques atouts. Tout d’abord la société belge SABCA, qui a assemblé dans ses ateliers les Mirage 5, puis les Alpha Jet, et enfin les F-16A/B de l’armée de l’air belge, est une filiale de Dassault Aviation (53,28 %), le solde étant détenu par Stork (43,57 %) et par Euronext (3,15 %).
En outre, Paris et Bruxelles ont lancé en 2004 une coopération pour la formation des pilotes de chasse, nommée l’AJeTS (Advanced Jet Training School). Un officier belge, le lieutenant-colonel Guy Jacquemin, a même pris les commandes de l’école de transition opérationnelle (ETO) de Cazaux en septembre 2010. C’est le premier officier étranger commandant une unité aérienne française. Depuis il a été fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2012.
C’est dans ce cadre que Paris est prêt à proposer à la Belgique une coopération très large sur le Rafale.
Des partisans de la préférence européenne
La Belgique compte aussi malgré tout des partisans de la préférence européenne, à l’image de l’ancien ministre de la Défense, aujourd’hui président de la Chambre des représentants depuis 2010 et ministre d’Etat depuis le 7 décembre 2009.
C’est lui qui avait décidé de ne pas lancer la Belgique dans le programme F-35, contrairement aux Pays-Bas, à la Norvège et au Danemark. Peut-être une chance pour un avion de combat européen Mais il sera difficile de dénouer les liens opérationnels très forts entre les armées de l’air néerlandaise et belge.
dominique
18/10/2013
L’article est sur http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14098 avec les parties en Anglais traduites.
Jean-Paul Baquiast
17/10/2013
Je vous trouve un peu optimiste concernant les aptitudes à se positionner comme anti-système d’un multi-milliardaire. On verra…
En attendant le plus anti-système, celui qui mériterait le prix, n’est pas loin. C’est vous, cher ami…
Franck du Faubourg
16/10/2013
Rarement lu un texte aussi percutant sur les fondements de notre “contre civilisation”, et comme souvent sur dedefensa, on médite sans prendre le temps - le faut-il forcément?- d’y apporter un commentaire.
Il faut donc remercier Jean Paul Basquiat de nous contraindre à rebondir!
En général, “prendre le maquis” signifie qu’on fait partie des vaincus, et qu’on se met à l’abri pour préparer une éventuelle “contre-attaque”. Mais prendre le maquis aujourd’hui, en dehors de se couper du monde et contruire une “base autonome durable” dans un fin fond de campagne, comment fait-on?
Dans notre univers ou la Communication est l’essentiel, prendre-le-maquis signifie quoi? faire le Mort? aller sur le “darknet”?
La première des batailles est au contraire d’ètre présent, le plus possible, quelqu’en soient les moyens, pour aider au développement de l’esprit critique, d’analyse.
Travaillant sur une analyse de nos dérives “urbaines”, j’ai affiché sur un mur une déclaration de Chris Hedges (comme drapeau?):
“Je défierais le Pouvoir Corporate par tous les moyens, petits comme grands. J’investirais désormais mon énergie uniquement en actes de résistance, en désobéisance civile et en défiance. Ceux qui se rebellent sont notre seul espoir.”
Ainsi soit-il.
olivier taurisson
15/10/2013
Une nouvelle fois, tout est juste, justement posé, établi, comme une sculpture sur l’établi du maître, justement exprimé, comme dans les extraits limpides de “La grâce de l’histoire”, et comme à chaque fois on ne peut que se sentir “aspirer” et “inspirer” par la démonstration appuyée de la catastrophe annoncée.
olivier taurisson
15/10/2013
Soudain, à la lecture d’un de vos articles ( et particulièrement lorsque vous citez des extraits de La grâce de l’Histoire) je ne peux m’empêcher de me sentir aspirer (inspirer) vers le haut , de me retrouver au sommet d’une montagne et d’observer ce qui se passe en bas…mais là-haut, l’oxygène est plus rare , pour l’amateur d’alpinisme que je suis, et la vision donne le vertige…mais que cela fa
Ouaille
15/10/2013
A propos, Greenwald quitte le Guardian
http://www.buzzfeed.com/bensmith/exclusive-glenn-greenwald-will-leave-guardian-to-create-new
Il va être intéressant de voir ce que va devenir le Guardian.
Jean-Paul Baquiast
15/10/2013
Je suis surpris qu’avec tant de considérations justes sur les catastrophes qu’apporte le système néo-libéral, PCR ne sorte pas de sa posture confortable de témoin pour brandir le drapeau de la révolte, à la tête de jeunes qui ne demanderaient pas mieux que le suivre. Ce serait un peu plus difficile, surtout pour un vieux monsieur. Mais il a le statut social qui lui permettrait de prendre de vrais risques.
Nous, nous pouvons toujours critiquer, personne ne nous écoute.
J’ajoute un mot concernant Toynbee. Où a-t-il vu, comme vous le rapportez, que l’islam n’encourageait pas au racisme?
jean-jacques hector
15/10/2013
Les civilisations bien connues de l’antiquité ne manquaient pas de rendre un hommage respectueux et intéressé à celles qui les ont précédées.
Les Romains aux Etrusques et aux Grecs en empruntant aux uns les rites religieux, les haruspices et les livres sibyllins si féconds et bavards en période de crise et aux autres les oracles de Delphes auxquels ils envoyaient régulièrement des ambassades pour les éclairer sur des problèmes épineux.
Le pouvoir du clergé catholique naissant a su faire fond, au bas moyen-âge, sur les legs du droit romain pour installer ses propres instruments de domination en créant le Saint Empire.
La Renaissance elle-même, bien qu’en partie responsable de l’état actuel de notre civilisation, recherchait ses origines humaniste dans la culture (et non la civilisation) grecque.
Où, quand et comment, notre (anti)civilisation rend elle hommage à ses origines ?
L’affirmation de l’absence d’alternative est la conséquence obligée du déni du passé.
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