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Acta exteriora indicant interiora secreta

Article lié : Lavrov : “Ils parlent en bloc, – et ils en souffrent”

perceval78

  06/12/2014

Pour ce qui n’ont pu aller en suisse, il est prévu une session de rattrapage.

FX Bourmaud ?@fxbourmaud 25m25 minutes ago
Reporter, journaliste politique au Figaro.
De retour du Kazakhstan, François Hollande décide de s’arrêter à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine

Concernant Northstream/Southstream

Article lié : Notes sur le volte-quart du maître du “faire aïkido

dedefensa.org

  06/12/2014

Concernant les trois messages successifs de monsieur Crouail…

Il nous semble qu’il faut les lire en les enchaînant (en débarrassant les fins de textes de deux ou trois mots qui se retrouvent dans le début du suivant), et dans l’ordre inverse de la présentation.

Coquilles en stock

Article lié : Le Congrès US déclare la guerre à la Russie

dedefensa.org

  06/12/2014

Suite à l’intervention extrêmement justifiée de monsieur Eybert, la phrase a été relevée, jugée, condamnée et immédiatement exécutée. Elle est corrigée mais était effectivement aussi terrible qu’il le rapporte. On avait oublié de la fouiller pour la débarrasser de ses coquilles subversives, et l’on soupçonne qu’elle devait avoir été écrite dans l’ivresse d’une poussée d’eczéma de notre Grand Ordinateur. Donc nostra drôlement culpa…

Cela dit et corrigé, non, ne nous sommes pas le plus mauvais blog francophone à cet égard, parce que nous ne sommes pas un blog mais un site. Nous y tenons, c’est notre façon de voir et notre façon d’être. Alors, disons qu’il n’y a pas “un site de tout l’internet francophone avec une aussi mauvaise orthographe” si c’est votre jugement.

Cela dit sans le moindre mauvais sentiment; bien au contraire puisque nous tenons à remercier monsieur Eybert de sa vigilance qui nous apporte beaucoup d’aide.

Northstream / Southstream

Article lié : Notes sur le volte-quart du maître du “faire aïkido

Claude Crouail

  05/12/2014

L’Europe comptait payer du gaz à l’Ukraine en se payant sur les taxes de transit, voire en achetant le tuyau. La consternation vient donc aussi du fait que personne n’achètera un tuyau vide et que donc cette source de revenu disparait corps et bien.

Northstream / Southstream

Article lié : Notes sur le volte-quart du maître du “faire aïkido

Claude Crouail

  05/12/2014

Les deux tuyaux arrivant en Allemagne, Mme Merkel peut aujourd’hui se montrer exigeante, tatillonne, procédurière.
Mais elle est heureuse d’avoir du gaz qui ne passe par l’Ukraine, d’une part, et que les pays du sud européen dépendent totalement de l’Allemagne d’autre part
La réponse de M. Poutine est donc simple et triple, et non double: 1) le gaz passera par la Turquie (qui aura les taxes de transit), et donc ni par l’Europe ni par l’Ukraine, 2) sur les traces et peut-être en lieu et place de Nabucco comme l’a très bien dit le commentateur précédent, mais aussi, mais aussi, 3) l’Europe comptait aider l’Ukraine à payer son ga

Northstrem / Southstream

Article lié : Notes sur le volte-quart du maître du “faire aïkido

Claude Crouail

  05/12/2014

En réponse notamment au message de shalegas gate, je voudrais nuancer beaucoup la notion de “bonne volonté” ou de “souplesse” de la part de l’Europe.
A la suite des conflits sur les prix, les contrats et les paiements entre l’Ukraine et la Russie, l’Allemagne s’est retrouvée en grande difficulté lors de la 1ère crise et s’est immédiatement attelée à la recherche d’une solution. Rappelons qu’à l’époque, il n’existait qu’un robinet terminal de gaz qui se trouve au sud-est de l’Allemagne.
Sous le gouvernement du chancellier Schröder, une négociation tripartite a eu lieu pendant au moins deux ans si j’ai bonne mémoire, afin de parvenir à un partage des rôle et des coûts: modernisation du réseau, construction d’un tuyau “européen” totalement indépendant du réseau de distribution ukrainien. Cette né gociation n’apas abouti: l’Allemagne en voulait pour son argent, la Russie voulait sa part, mais l’Ukraine voulait garder le contrôle total du passage sur son territoire.
Northstream a donc été construit, et on peut affirmer que c’est autant “grâce aux” et “pour les” Allemands que la chose s’est faite aussi vite et aussi facilement. L’arrivée de Schröder à la tête du projet a contribué à  sa réalisation très rapide.
Les deux tuyauxarrivent d onc maintenantenllemagne et Mme Merkel n’a

Evolution des analyses de Meyssan ?

Article lié : Le Congrès US déclare la guerre à la Russie

Ouaille

  05/12/2014

http://www.voltairenet.org/article186084.html

La conclusion est assez intéressante, T. Meyssan commence à trouver des accents qui se rapprochent des vôtres. Plus besoin d’un complot maîtrisé, au final c’est la machine qui avance, incontrôlable et incontrôlée.

“Aux États-Unis comme en France, les présidents se succèdent sans parvenir à influer les événements. Peu importe que ce soit le républicain Bush ou le démocrate Obama, l’UMP Sarkozy ou le social-démocrate Hollande, la machine continue inexorablement sa course sans que personne ne sache qui l’a définie.”

in articulo mortis

Article lié : Le Congrès US déclare la guerre à la Russie

perceval78

  05/12/2014

Pour faire la guerre il faut un prétexte, il semble que les archivistes du département d’état en ont trouvé un, la violation du mémorendum de Budapest lien.

La semaine avait mal commencé,McCain a tenté en vain de s’opposer à la nomination d’un ambassadeur à Budapest, il n’aime pas l’opéra soap
lien.

Mais elle se termine bien entre amis.

Geoffrey Pyatt retweeted
John McCain ?@SenJohnMcCain Dec 3
Great conversation with my old friend Bob Kagan today @ForeignPolicyI #FPIForum
lien

J’ai vu en passant un monsieur de l’Isle qui va en Russie avec le prince de Ligne ; il m’a beaucoup parlé de Voltaire,
qu’il prétend avoir assisté in articulo mortis. J’aurais souhaité qu’il eût pu le ressusciter.
Frédéric II Lettre à d’Alembert.

Coquille !!!!!

Article lié : Le Congrès US déclare la guerre à la Russie

Stephane Eybert

  05/12/2014

Vous plaisantez ou quoi ?!

Je ne connais pas un blog de tout l’internet francophone avec une aussi mauvaise orthographe.

Voila 5 fautes enoooooooormes dans la moitie d’une phrase:

une siorte de patchwork auquel chaque geoupe de pression impose son exigence sans souci de lacohérence de l’enselmble, avec des contradictions et des erreurs criantes, ques les parlementaires endossent et votent sans sans doute la lire, parce qu’il s’agit de rester wrelevent…

Sans, sans doute la relire…

Rétablir certaines vérités concernant South Stream...

Article lié : Notes sur le volte-quart du maître du “faire aïkido

shalegas gate

  05/12/2014

Il est incongru d’affirmer que l’UE souhaite (a souhaité un jour) imposer à Moscou une privatisation du secteur gazier russe. Un tel propos relève du fantasme et atteste d’une méconnaissance du projet russe évoqué.

Les règles communautaires en matière énergétique (Third Energy Package) stipulent, notamment, qu’un gazoduc traversant le territoire européen ne peut être détenu par un seul et unique fournisseur. C’est d’ailleurs un principe qui a été accepté par Moscou pour le Nord Stream : 50% de la capacité des tronçons OPAL et NEL qui prolongent le Nord Stream en Allemagne sont réservés à un éventuel fournisseur non russe.

Mais l’UE n’est pas rigide (malgré les apparences!), il lui arrive même de déroger à ses propres règles et d’accorder avantages et exemptions. Le Nord Stream a ainsi bénéficié d’un statut privilégié lui permettant de bénéficier d’un financement européen. Puis (jusqu’au 23 février 2014, soit jusqu’à l’éclatement de la crise que l’on sait en Ukraine), des négociations ont été menées entre Bruxelles et Moscou pour que Gazprom puisse approvisionner le Nord Stream à hauteur de 100% de ses capacités. Rien qui ne dénote ici d’une volonté de “privatiser l’industrie gazière russe” !

Le cas de South Stream est particulier : ce projet de gazoduc a eu dès sa conception une dimension éminemment politique. Il n’a été qu’un levier actionné pendant des années par Moscou pour amener Kiev (y compris lorsque le régime Yanukovich était en place) à céder à Gazprom le contrôle de ses réseaux de transit reliant la Russie à la frontière slovaque. En d’autres termes : si Kiev s’obstinait à conserver la propriété de ses réseaux, Moscou allaient les boycotter en contournant l’Ukraine via un South Stream passant par la Mer Noire et la Bulgarie.

L’UE n’a jamais refusé catégoriquement d’accorder à un futur South Stream les mêmes avantages qu’au Nord Stream. On peut même dire que Bruxelles a joué le jeu de Moscou : alors qu’elle n’était pas dupe des intentions russes et subodorait un abandon du South Stream par Moscou dès lors que Gazprom aurait mis la main sur les réseaux ukrainiens, la Commission a ouvert des négociations et a rappelé ses conditions : que 50% des capacités du South Stream soient réservés à d’éventuels autres fournisseurs ; et que Moscou s’engage à négocier avec les instances communautaires -et non pas avec les pays membres concernés par le projet. Pris au piège par l’initiative européenne, Moscou a alors tenté de gagner du temps (l’Ukraine était économiquement aux abois bien avant la crise de 2014) en mettant dans la balance le procès de position dominante fait à Gazprom et en ouvrant des négociations en direct avec les gouvernements de Sofia, de Vienne et de Budapest.

Au mois de janvier 2014, les relations entre Bruxelles et Moscou étaient tendues sur les dossiers énergétiques mais rien n’était rédhibitoire. En atteste, le 13 janvier, la validation par l’UE de la prise de contrôle à 100% par Gazprom de Wingas (l’entreprise commune de Gazprom et de l’allemand Wintershall) : il s’est agi d’un renoncement pur et simple de l’UE à certains de ses principes du TEP.

Mais la crise ukrainienne a modifié la donne. Le basculement de Kiev dans le giron de Washington a sonné le glas des espoirs russes de mettre la main sur les réseaux ukrainiens. L’objectif des Etats-Unis est alors clairement apparu : préserver coûte que coût le rôle stratégique des réseaux ukrainien -et donc faire en sorte que le South Stream ne voit jamais le jour. L’arrivée du fils du vice-président américain Biden au board de Burisma (première compagnie gazière privée ukrainienne) est à l’image de la détermination américaine…

Incapable de s’opposer au “système US”, l’UE a alors pris acte du désastre : l’approvisionnement de l’Europe en gaz russe n’allait plus dépendre des traditionnelles chamailleries contractuelles entre Moscou et Kiev, il allait désormais être à la merci d’une aggravation de la crise entre les Etats-Unis et la Russie. De fait, l’UE a soudainement compris que ce South Stream longtemps perçu comme inutile était devenu de la plus grande importance. Cet aspect n’a pas échappé à la Russie qui, en déclarant le projet caduc, a décidé de punir à son tour l’UE et de lui imposer ses propres “sanctions”.         

Dans son édition du 1er décembre, le New York Times parle de “défaite pour Vladimir Poutine” et de “grande victoire pour l’Europe”. C’est précisément l’inverse car, en souhaitant confier les clefs de l’approvisionnement du “corridor gazier sud-européen” à la Turquie, le leader russe enfonce la tête de l’Europe sous l’eau. La métaphore échiquéenne convient mieux ici que celle des arts martiaux : Vladimir Poutine a sacrifié une pièce majeure pour un avantage positionnel augurant d’un mat retentissant… 

Pour compléter le précédent message

Article lié : Stephen Hawking et la fin de l’espèce (la nôtre)

Alexis Toulet

  05/12/2014

La question 2 citée dans mon précédent message, c’est-à-dire “le comportement de la matière à la base de la conscience est entièrement compréhensible en termes déterministes, les aspects quantiques n’y aient qu’un rôle spectateur”, fait encore l’objet d’études et de discussions.

A signaler tout de même l’oeuvre de Roger Penrose, généralement reconnu comme l’un des plus grands esprits actuellement vivants, dans “les Ombres de l’Esprit”

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, Penrose y a proposé une démonstration formelle du fait qu’une opération au moins de l’esprit humain - discerner la vérité mathématique d’une certaine proposition - est impossible si l’esprit humain est compréhensible en termes calculables et déterministes. Comme cette opération a bien lieu - Penrose guide le lecteur jusqu’à ce qu’il la réalise lui-même - il s’ensuit que l’esprit n’est pas compréhensible en termes déterministes. Donc ne peut être reproduit informatiquement.

Dans une deuxième partie, il propose une hypothèse - plus aventurée - sur une explication physique du caractère non calculable de l’esprit, lié à son avis à des phénomènes quantiques intervenant notamment dans les microtubules des neurones et liés à la réduction du paquet d’ondes (qui est une notion de physique quantique)

Dans ce livre, Penrose répond à toutes les objections présentées à ses travaux précédents sur le même sujet. Le livre existe depuis une quinzaine d’années, et à ma connaissance personne n’a réussi à contrer le raisonnement de Penrose.

S’il a raison, alors “les Ombres de l’Esprit” sera probablement considéré un jour comme un livre fondamental dans l’histoire scientifique.

Et naturellement, le projet “Conscience artificielle” est sans objet.

Pour un résumé plus détaillé, voir Jean Staun http://www.staune.fr/Resume-et-commentaire-de-Les.html

Arôme artificiel et prestidigitation

Article lié : Stephen Hawking et la fin de l’espèce (la nôtre)

Laurent Caillette

  05/12/2014

L’IA entretient avec l’intelligence humaine le même rapport que l’arôme artificiel de fraise avec le fraisier. L’IA repose sur des algorithmes statistiques avec une boucle de rétroaction et des puissances de calcul sans précédent, c’est ce qui permet de répéter des bouts de phrases contextualisés pour donner l’illusion d’une conversation, ou de trouver très vite tous les mots en rapport avec un autre mot à partir d’un corpus de grande taille. Pour s’acquitter de ce genre de tâche un humain doit faire preuve d’un minimum d’intelligence ; par syllogisme on conclut que si une machine s’acquitte de la même tâche en mieux c’est qu’elle est plus intelligente qu’un humain. La nature immatérielle de la tâche contribue à brouiller les pistes, mais sinon l’IA ne vaut guère mieux qu’une pelleteuse, à ceci près que comme le fonctionnement de la pelleteuse est évident, on est moins enclin à lui demander autre chose que de creuser des trous.

Les domaines d’excellence de l’IA se limitent à des contextes extrêmement restreints, comme des jeux vidéos ou des analyses statistiques de données prémâchées, c’est à dire numérisées. C’est comme les prestidigitateurs qui commencent par une mise en scène pour qu’on ne regarde plus que leurs mains. Ensuite ils nous invitent à extrapoler les champ d’application de leurs pouvoirs.

Ce que les admirateurs de l’IA oublient volontiers, c’est la continuité de l’esprit et du corps, et le retour d’information produit par l’environnement. Admettons qu’on parvienne à produire une IA qui compte le même nombre de neurones qu’un cerveau humain et qui les connecte à la même vitesse. Eh bien ce sera pour affronter un défi encore plus immense : la connexion sensorielle qui implique des flux d’information encore plus colossaux. Comme le fait remarquer un autre commentaire, ça fait soixante ans que, juré craché, dans deux ans vous allez voir ce que vous allez voir.

Souvent on s’amuse à opposer l’Intelligence Artificielle et la bêtise naturelle. Au moins la première aide-t-elle à développer la seconde en supposant qu’il est possible d’isoler des variables et des comportements pour les bricoler à sa guise (mais ça c’est la profession de foi du technocratisme en général). Sans s’appesantir sur la définition, ce que nous appelons intelligence reste le sous-produit d’un monde dont le fonctionnement nous échappe toujours plus, alors que nous le complexifions sous prétexte de mieux le maîtriser.

mieux qu'un coup de maître, deux !

Article lié : Notes sur le volte-quart du maître du “faire aïkido

Pierre de Callonne

  04/12/2014

A bien y regarder, Poutine encercle mieux l’Europe avec ses tuyaux à gaz que l’OTAN n’encercle la Russie avec ses bases qui, en soi, n’ont rien de bien dangereux d’un point de vue tactique !
Mais il y a mieux, on peut constater que le “turkstream” ressemble a s’y méprendre au tracé du Nabucco et cà, stratégiquement, c’est autre chose !
D’un coté du tuyau, la Russie et l’Iran et de l’autre, pas très loin en tout cas, le maillon faible de l’Europe, la Grèce !
Il semble que Poutine joue deux parties en simultané, l’une sur l’échiquier politique, et l’autre sur l’échiquier économique et, apparemment, il ne mélange pas ses coups !

Robolution dans les affaires militaires

Article lié : Stephen Hawking et la fin de l’espèce (la nôtre)

eric smith

  04/12/2014

source : http://angoulmois.hautetfort.com/archive/2014/12/04/robolution-dans-les-affaires-militaires-5503690.html

Dans cet article, robolution dans les affaires militaires, j’étais en train justement de passer en revue les effets sociaux de la révolution robotique dans les affaires militaires.

J’expliquais en quoi l’espèce humaine était menacée.

Puis j’ai découvert cet article relayant une seconde prophétie apocalyptique de M. Hawking ( après la dématérialisation !).

Nos scénarii divergent, même si le résultat est analogue:
1/ pour moi aussi l’IA forte ( conscience artificielle) est hors d’atteinte pour des raisons PHYSIQUE.
2/ le schéma Darwinien n’a rien d’évident : radotage Anglais.
3/ l’auto-création de l’IA par l’IA n’est que le reflet ne notre propre auto-création schizoïde au sein du Vivant. C’est effectivement le point Gamma de notre auto-destruction. Mais l’IA n’y sera pour rien.

De la conscience artificielle et autres fariboles

Article lié : Stephen Hawking et la fin de l’espèce (la nôtre)

Alexis Toulet

  04/12/2014

En cette époque où l’humanité fait face aux prodromes d’une crise gigantesque, vague scélérate additionnant fragilités du système financier et entrée dans l’âge des limites notamment en énergie fossile sur fonds de catastrophe écologique en cours notamment dérèglement climatique qui menace de devenir auto-alimenté, il est très agréable de découvrir - pour une fois ! - que tel nouveau monstre menaçant sortant du brouillard… n’est finalement qu’un banal épouvantail et un jouet pour faire peur aux enfants.

En l’espèce, la menace d’une conscience artificielle née de l’informatique parvenant à supplanter les humains.

Pour commencer, le mythe de la création prochaine d’esprits artificiels est vivace depuis les années 1950. Ce qui, comme on dit, ne nous rajeunit pas. Il est en général annoncé pour le prochain coin de rue, dans quelques petites années. Puis, lorsque les prédictions ne se sont - à l’évidence - pas réalisées, d’autres reprennent le conte - on peut aussi dire la narrative pour faire américain - en toute bonne foi, et roulez jeunesse ! Jusqu’à la prochaine fois.

Cependant, les réalisations de la discipline appelée “IA” ne sont pas du tout à la hauteur des craintes et espoirs tonitruants. Ce n’est pas qu’elles soient inexistantes, ni négligeables ! Simplement, la reproduction informatique - on pourrait dire le mime - d’activités humaines généralement considérées comme intelligentes ne mène pas à l’apparition d’une conscience artificielle. La carte serait-elle différente par nature du territoire ? La simulation, différente de la réalité ?

Naturellement, l’augmentation exponentielle des capacités de traitement informatique - la puissance des ordinateurs, jusqu’ici très inférieure à celle d’un cerveau humain, constitue une explication possible de l’échec de l’IA jusqu’ici, et pourrait amener à penser que le Saint Graal d’une conscience artificielle en revanche sera bientôt à portée.

Réalisant une simulation précise du fonctionnement physique des neurones, l’un des plus grands calculateurs début 2014 a pu simuler le fonctionnement d’ 1% d’un cerveau humain pendant une seconde… mais le calcul lui a pris 40 minutes. De ce point de vue, les plus puissants ordinateurs actuels sont très loin du compte. Voir par exemple http://www.huffingtonpost.fr/2014/01/14/supercalculateur-japonais-simulation-cerveau_n_4593633.html

En revanche, en se limitant à une simulation logique en réseau de neurones en revanche, la puissance nécessaire à un “cerveau humain” en temps réel devrait logiquement être déjà disponible, en regardant les ordres de grandeur : 10^10 neurones reliés chacun à au plus 10^4 autres, effectuant des “calculs” à un rythme inférieur à 10^2 par seconde, soit 10^16 opérations par seconde nécessaires… le plus grand superordinateur en décembre 2014 est le Tianhe-2 chinois, il peut effectuer 3,4. 10^16 opérations par seconde.

Cependant, même dans ce cas… quelques petites questions se posent… quelques menues difficultés se profilent.

A) Les questions, pour commencer. Elles sont philosophiques.

C’est que pour que le projet de construire une conscience artificielle ait ne serait-ce qu’un sens, quelques préconditions sont nécessaires :

1. Il faut que la conscience, telle qu’elle se manifeste par exemple dans la tête de tout un chacun, soit entièrement compréhensible en termes matériels. Position matérialiste. Qui n’a rien d’évident

2. Si la première condition est remplie, il faut encore que le comportement de la matière à la base de la conscience soit entièrement compréhensible en termes déterministes. Il faut notamment que les aspects quantiques n’y aient qu’un rôle “spectateur”. Position déterministe et objectiviste. Qui là encore n’a rien n’évident - j’oserai dire, encore moins

3. Enfin, il faut que cette conscience compréhensible en termes matériels uniquement, et en termes déterministes et objectivistes exclusivement - je parle ici de la conscience qui se trouve dans le cerveau de l’inventeur - soit capable de concevoir le fonctionnement d’une autre conscience - celle que l’inventeur cherche à créer. Ce qui signifie que cette conscience présente dans le cerveau doit avoir la capacité de se comprendre elle-même ! En effet, si l’inventeur n’en était pas capable, comment pourrait-il déterminer les plans, méthodes et principes de la construction de l’IA ? Une troisième fois, cette position n’a rien d’évident - je serai prêt à dire qu’elle est la plus suspecte de toutes

Les réponses à ces trois questions sont parfaitement inconnues. Il existe des positions et des arguments philosophiques, naturellement, chacun avec leur validité. Mais il n’existe pas davantage de réponse au sens scientifique à aucune de ces questions. Peut-être cela changera-t-il un jour. En attendant, ces questions sont aussi indécidables scientifiquement que celle de l’existence de Dieu.

Si UNE SEULE des réponses aux trois questions ci-dessus est négative, alors la création d’une conscience artificielle est une chimère, irrémédiablement : on pourra reproduire sous forme informatique tous les processus mentaux qu’on voudra, on pourra créer des solutions logicielles pour traiter tel problème intellectuel particulier, souvent mieux qu’un être humain - c’est d’ailleurs l’objet de la discipline IA, la vraie non la fantasmée ...on n’arrivera jamais à obtenir un objet avec qui on puisse sérieusement tailler une bavette, un objet qui serait quelqu’un. L’idée est à ranger dans le même rayon que les histoires de fée et du Père Noël.

Si, et seulement si les TROIS réponses sont positives, alors la construction d’une conscience artificielle est théoriquement possible.

A ce sujet, on demandait la différence entre théorie et pratique. Un plaisantin répondit : “En théorie, c’est la même chose. En pratique, non”

B) Il est temps de parler des “menues” difficultés pratiques pour la création d’une conscience artificielle.

Je ne m’étendrai pas sur le fait que personne à ce jour n’a la moindre traître idée de comment au juste il faudrait s’y prendre. Ce que font les spécialistes en IA, ce qu’ils construisent dans la réalité, est bien différent, comme déjà dit. Et ce n’est pas faute d’essayer ni de réfléchir au moyen de construire une conscience…

D’une part il n’est pas charitable de tirer sur les ambulances, d’autre part et plus important, cela n’exclut pas la possibilité que l’IA n’attende son Newton, son Galois, son Darwin ou son Einstein. Bref que la définition de la méthode générale ne soit à portée du prochain génie qui se penchera sérieusement sur la question. Le premier génie qui saura comprendre comment sa propre conscience fonctionne - rappelons que nous sommes dans l’hypothèse où la réponse à la question 3 ci-dessus soit positive…

Une difficulté plus grave se présente. C’est que une fois publiée la “théorie générale de la conscience” avec sa petite annexe “travaux pratiques - comment on fait” par Jeannot Génie (ou quel que soit son nom), il faudrait bien la construire en réalité cette IA au sens vrai. Et là se situe un problème, une difficulté... du format “mise en abîme”

Notre hôte Philippe Grasset nous entretient périodiquement des distrayantes nouvelles de l’avion de chasse JSF. Non seulement le bouzin ne vole-t-il que peu et mal, mais surtout ses difficultés persistantes semblent bien résulter au fond d’un défaut de maîtrise de sa complexité, qu’un optimisme illuminé a laissé croître au-delà de toute raison comme d’ailleurs de toute nécessité. Si bien que la complexité risque bien de s’avérer impossible à maîtriser par les équipes d’ingénierie, dont il est pourtant permis de penser qu’elles ne sont pas constituées de rigolos, mais plutôt de certains des meilleurs des meilleurs, à la mesure des capacités financières de l’Oncle Sam à motiver ce genre d’ingénieurs pour travailler sur ce projet. Ce phénomène est particulièrement criant s’agissant du logiciel embarqué du JSF et de ses 24 millions de ligne de code.

Pardon ?

Vous avez bien dit : 24 millions ? Une quantité aussi réduite d’instructions élémentaires, une complexité si ridiculement faible, tellement hors de proportion avec celle d’un cerveau humain, et déjà les meilleures équipes ne savent pas faire face !

Alors, quelles sont les chances que qui que ce soit arrive à appliquer les principes et méthodes découverts par Jeannot Génie, une fois qu’il aura eu l’obligeance de se présenter ?

Il est temps de conclure. Le projet “IA véritable”, c’est-à-dire conscience artificielle, quelqu’un dans la boîte :
- soit est par principe impossible - c’est mon opinion, les conditions pour qu’il en soit différemment étant si lourdes, mais je reconnais que la chose n’est pas prouvable
- soit est théoriquement possible, auquel cas il sera peut-être réalisé une fois que ces deux conditions seront remplies : naissance du génie comprenant le fonctionnement de sa propre conscience +  apparition d’une civilisation capable de coordonner les talents, les intelligences, bref de faire travailler ensemble des êtres humains à un niveau fantastiquement au-delà de ce à quoi l’humanité est parvenue à ce jour. Au point de pouvoir réaliser des projets informatiques incluant à coup sûr des milliards, probablement des milliers de milliards d’instructions.

Dans cette deuxième hypothèse, l’humanité réalisera peut-être en effet un jour une IA véritable, dont l’orientation vis-à-vis de l’humanité posera effectivement question. Ce jour n’arrivera pas du vivant d’aucun d’entre nous. J’aurais tendance à estimer qu’il est probablement aussi loin de nous que ne l’était la construction d’un réacteur atomique au moment où Démocrite spéculait sur l’existence de l’atome…

Pour aller plus loin, je conseille l’excellent résumé du professeur en informatique Lucien Roy http://www2.cegep-rimouski.qc.ca/isc/?p=402

Quant au fantasme de l’esprit artificiel se retournant contre ses concepteurs et à son rôle dans les doutes et l’évolution intellectuelle d’esprits brillants influencés par le mythe prométhéen de la technoscience promise inéluctablement à réaliser tous les rêves et satisfaire touts les volontés de puissance,  tels ceux de Hawking ou Musk… Philippe Grasset nous a déjà fourni quelques éclairages. C’est à mon sens le véritable sujet et la véritable question posée par ce retour sur le devant de la scène du vieux fantasme.