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Une invention diabolique !

Article lié : Ainsi Rumsfeld avait-il raison...

David Doumèche

  01/09/2015

Fichtre, voila une invention qui va mettre les comptables, décideurs, gérants de fond de pension au chômage. Sans parler des rédacteurs de blog.

L’histoire dit-elle si ce saint esprit sera plutôt pro-impérialiste ou anti-impérialiste et n’aurait pas un biais vers la réduction à la baisse des dépenses.
A moins qu’il ne s’agisse d’une tentative nouvelle intoxication de la part de l’USAF : connaissez-vous l’histoire du turc mécanique ?

Je vous souhaite une bonne après midi, nous vivons une extinction de l’humanité formidable.

L'une n'est pas l'autre.

Article lié : L’orchestre s’est arrêté de jouer ...

Olivier Riche

  01/09/2015

Spirituelle ou shamanique,
quand la voie est liée au développement/renforcement de l’ego
et non à son abandon,
elle est matérialiste
et prend donc toute sa place dans le Système
qui l’assimilera aisément.

« En vous la plénitude de Connaissance,
la plénitude d’amour, la plénitude d’énergie.
En vous des trésors d’inspiration et de poésie,
en vous la beauté infinie, un océan de joie,
une montagne de paix.
Découvrez tout cela par la méditation.
Retrouvez la Connaissance que vous possédez déjà.
Devenez pur en contemplant votre pureté éternelle.
Libérez l’amour qui est en vous,
déjà parfait, déjà libre.
Prenez conscience de votre nature véritable,
et absorbez-vous en elle.
Tel est le but véritable d’une vie humaine. »

Swami Muktananda.

Chercher midi à 14 heure

Article lié : Il est en train de se passer quelque chose...

Subotai

  01/09/2015

Je vais peux être en bousculer certains mais Gnose, Kabbale, Soufisme et autres c’est spéculer sur le sexe des anges. La “modernité” de notre monde à ce sujet n’est qu’apparente.
L’expérience mystique, s’il en est, reste individuelle et pleine de tout et n’importe quoi. Avec toujours l’objectif final du mieux être dans ce monde rarement réalisé, parce que la névrose qui nécessite la recherche mystique se nourrit aussi du mysticisme. :-) Yep!

Finalement la réponse est ou shamanique (local - je précise; inutile d’aller chercher un shaman d’une culture exotique - le problème étant d’en trouver un dans sa culture) ou des ancêtres.
Ces derniers étant encore la plus sûre des réalités inconnues, puisque quoi qu’on veuillent croire ou penser, ils ont existé, ont fait tout ce qu’il fallait et ont réussit leurs entreprises puisque nous sommes là, vivants, à tenter à notre tour de perpétuer nos gènes. :-)

Rien ne nous empêche de croire à tout et n’importe quoi à condition d’en sortir pour vivre, ici et maintenant, l’harmonie nécessaire à notre survie… pour les siècles des siècles… Amen :-)

Les foudres de l’intelligentsia

Article lié : Le théorème irrésolu de Pier Paolo Pasolini

Alex Kara

  31/08/2015

“les foudres de l’intelligentsia”, quelle bonne formule pour expliquer le ratage quasi intégral du film d’Abel Ferrara sorti l’année dernière.

Quand l’œuvre d’un ennemi est trop respectée, il faut la réduire à ses aspects les plus médiocres- comme “Amadeus” de Milos Forman en son temps- et donc centrer le film (et donc la vie, la postérité) de Pasolini sur son homosexualité.

Pasolini, Alan Turing etc. n’auront donc vécu que pour servir de pionniers à la Gay Pride, et cela oblitère tout ce que ces gens ont bien pu faire pour accéder à leur notoriété.

Pasolini ne se retourne pas dans sa tombe puisqu’il s’agit du genre de choses qu’il voulait justement montrer.

Pour Alexis

Article lié : L’Europe qui bouillonne et tourbillonne

Olivier

  31/08/2015

Bonjour Alexis.

La signification du passage est autre que celle que vous avez. Basiquement il dit que à part eux ( en Europe) la seule à pouvoir faire quelque chose serait le Pen, non pas parce-que elle pense différemment que podemos ( sous entendu que si podemos ne peux rien faire ce n est pas parce que le Pen a une autre stratégie,  réflexion positionnement qu elle pourrait faire bouger les choses) mais parce que elle serait présidente d un pays important ( arme nucléaire, etc…)
Si tu veux, il reconnaît que l Espagne ne pourra pas peser dans la balance mais que la France si et que cela pourrait être dangereux si le Pen arrive au pouvoir.

Au sujet de “mas poder administrativo” il veut dire: être présent dans tout type de pouvoir exécutif, mairie, région… Car cela permettrai tordre le bras des exécutifs des autres partis ( donc limiter la corruption)

Olivier

Précision supplémentaire

Article lié : L’Europe qui bouillonne et tourbillonne

Alexis Toulet

  31/08/2015

La vidéo de l’intervention de Pablo Iglesias en date du 1er août se trouve ici http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article89999

Je ne parle pas espagnol et dois me reporter aux sous-titres anglais de la vidéo. Si cependant ceux-ci sont fidèles, alors les mots précis de Iglesias sont très intéressants - pour ne pas dire ahurissants.

“Sinon, la personne qui pourrait faire quelque chose est une femme qui vient du fascisme et de l’extrême-droite, qui s’appelle Marine Le Pen, non parce qu’elle pense différemment de nous, mais parce qu’elle vit dans un pays qui a des armes nucléaires, qui s’appelle la France, et s’ils faisaient un référendum pour quitter ou rester dans l’Union Européenne, et que le résultat était Non, et s’ils établissaient des alliances diplomatiques avec la Russie, peut-être serions-nous au bord d’une troisième guerre mondiale, mais il est certain que beaucoup de choses changeraient”

Nous avons ici le dirigeant du parti de gauche Podemos, issu du mouvement des indignés, qui déclare tout naturellement que sur le sujet de l’Euro et de l’UE Marine Le Pen “NE PENSE PAS DIFFEREMMENT DE NOUS”.

Il est heureux que je n’aie pas été en train de boire un café, sinon j’en aurais mis plein ma chemise !

Ce qui est le plus hallucinant n’est pas encore que cette remarque soit véridique, c’est le fait que Iglesias dise tout ouvertement une telle chose !

Et le ton de son intervention est très clair : il est une chose “horrible, abjecte” c’est que Podemos ne puisse proposer que très peu de variations par rapport à la politique du parti au pouvoir en Espagne. Quant à Marine Le Pen à l’Elysée, la France qui sort de l’UE et s’allie avec la Russie, eh bien nous aurions peut-être une troisième guerre mondiale “mais il est certain que beaucoup de choses changeraient” !

L’original en espagnol est :
“La que sí que puede hacer cosas es una señora que procede del fascismo y de la extrema derecha y se llama Marine Le Pen, y no porque piense diferente a nosotros, si no porque vive en un país que tiene armas nucleares, y se llama Francia. Y como Francia decida hacer un referéndum sobre si seguir en la UE y salga que no, y establezca alianzas diplomáticas con Rusia, entonces estaremos en vísperas de la tercera guerra mundial y seguro que cambiarán muchas cosas”

Sur la position de Pablo Iglesias

Article lié : L’Europe qui bouillonne et tourbillonne

Alexis Toulet

  31/08/2015

Un autre entretien de Pablo Iglesias, avec un journaliste de Libération, publié dans la revue Politique Internationale, permet de mieux comprendre son regard sur l’euro et la position particulière de la France. Le lien est http://www.politiqueinternationale.com/revue/article.php?id_revue=148&id=1400&content=synopsis

Voici l’extrait significatif :

“P.I. - (...) En France, cet espace occupé par l’extrême droite aurait pu être accaparé par la gauche, mais celle-ci n’a pas disposé des leaders audacieux capables de modifier son discours et ses priorités. En mettant de côté les socialistes les plus souverainistes, François Hollande a récemment confirmé cette tendance qui consiste à abandonner les classes populaires. Je crois que, au sein du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon aurait été capable de récupérer cet électorat ; mais il lui a manqué du pouvoir au sein de son mouvement. C’est désormais le populisme de droite de Marine Le Pen qui l’emporte. C’est ce qui arrive lorsque, à certains moments historiques, la gauche s’emmure dans une forme de conservatisme.

F. M. - En poursuivant la comparaison avec le Front national, pourquoi Podemos ne milite-t-il pas en faveur d’une sortie de l’euro ? Ne serait-ce pas cohérent avec vos prises de position en matière de souveraineté financière ?

P. I. - Eh bien, je crois que pour défendre une telle position il faut être français. Un leader français aurait le poids nécessaire, au nom de la tradition de grandeur de la France, pour envisager une telle rupture. Et cela, même si la domination de l’Allemagne est chaque jour plus manifeste. Bien évidemment, une sortie française signifierait l’implosion communautaire. Ici, en Espagne, et dans tout autre pays du Sud, ce n’est pas imaginable. Malgré toutes les difficultés et les contradictions du projet européen, on associe l’appartenance à l’UE et à la monnaie unique à la prospérité. Il y a un consensus espagnol pour dire que quitter l’UE reviendrait, pour notre pays, à être relégué à un rôle insignifiant dans le monde. Personnellement, je n’aime pas la façon dont l’euro a été implanté, mais je trouverais aberrant le retour à la peseta. Je me sens européiste et je veux défendre, dans le cadre de cette Union, une Europe des droits sociaux, une Europe plus démocratique. Mais, pour revenir à votre question, ni le Portugal, ni la Grèce, ni même l’Italie ou l’Espagne ne pourraient se permettre de quitter la zone euro.”

La position est claire :
- d’une part Pablo Iglesias est européiste (ce n’est certes pas original)
- d’autre part, et là est l’intéressant, son jugement est que pour défendre la sortie de l’euro “IL FAUT ETRE FRANÇAIS”. Que même l’Italie ou l’Espagne n’auraient pas le poids suffisant ni ne pourraient “se permettre” de sortir de l’euro

On pourrait interpréter cette position comme une simple justification de la position européiste adoptée par Podemos, c’est-à-dire d’une part “Nous ne pouvons pas” (l’inverse du sens de Podemos, soit dit en passant), jointe à un avertissement “Le pays qui pourrait, s’il s’y résolvait, ne le ferait que pour une cause fasciste”, la sortie de l’euro étant donc d’autant plus effrayante qu’elle ne pourrait qu’être associée avec fascisme voire guerre mondiale.

On n’est pas certes obligé de s’en tenir à cette interprétation… Finalement, Pablo Iglesias souhaite-t-il l’accession au pouvoir de Marine Le Pen ? Et si lui ne la souhaite pas, qu’en pensent les autres responsables ou militants de son parti ?

Crispation de l'égrégore ?

Article lié : L’Europe qui bouillonne et tourbillonne

Michel Donceel

  31/08/2015

Je remarque, sur Fesse-de-Bouc par exemple, une remarquable crise d’affectivisme allant jusqu’à l’agressivité violente dès lors qu’on tente d’aborder la GCM en des termes non-Système, c’est à dire hors des champs “ouverture au monde”, “multiculturalisme” et tutti quanti, dès lors donc qu’on aborde la question de la déstructuration qu’entraînerait pour ce qui reste de nos cultures et nos modes de vie traditionnelles un immigration non encadrée, selon les non-règles du Marché et du libéralisme culturel.

Au point qu’on peut soupçonner une crispation de l’égrégore-Système tout entier, s’exprimant comme toujours selon deux extrêmes en apparence contradictoires. Ce qui fait penser à la formule de Reich:

http://www.arc-ethic.com/wordpress/wp-content/uploads/2014/10/Wilhelm-REICH-figure.jpg

Le royaliste bertrand Renouvin en défense de Sapir...

Article lié : Tout les sépare, l’essentiel les rassemble

GEO

  31/08/2015

ou du moins distribuant des baffes a ses procureurs.
http://www.bertrand-renouvin.fr/

(.....)

Pour le moment, j’observe que la formation d’un « front de libération nationale » suppose que la gauche dite radicale se mette d’accord sur un programme de sortie de l’euro et qu’elle s’entende avec la droite gaulliste et diverses personnalités hétérodoxes. Ce n’est pas demain la veille, puisque les ténors de la gauche dite radicale en restent à une religiosité grossière qui sépare le pur et l’impur – du moins dans le ciel des idéalités car les ténors du Parti de gauche, qui jettent Jacques Sapir sur le bûcher pour trois phrases n’hésitent pas à envisager une alliance électorale – c’est-à-dire des places et des sous – avec Europe Ecologie-Les Verts qui veut abolir la nation dans le fédéralisme européen. Ceci au moment où Jean-Luc Mélenchon déclare qu’il choisira la souveraineté plutôt que l’euro ! A gauche, les Principes sacrés font toujours bon ménage avec les petits arrangements. Mais quand les petits arrangements sont passés entre gens de la Gauche, tout est possible et immédiatement pardonné car la Gauche purifie tout ce qu’elle touche.
Si la religiosité sectaire de la Gauche était efficace, il serait possible de s’en accommoder.
J’en reviens à Marcel Gauchet qui n’est pas l’une des têtes de l’hydre réactionnaire mais un philosophe qui s’inscrit dans le cadre de la démocratie libérale. A la fin de son dialogue avec Alain Badiou, Marcel Gauchet disait que « le réformisme conséquent a besoin d’être épaulé par l’hypothèse communiste » (1). Oui, nous avons besoin des communistes et de la gauche socialiste pour la politique de redressement national que la sortie de l’euro permettra. Encore faudrait-il que cette Vraie Gauche fasse son autocritique et reconnaisse que, depuis trente ans, ses anathèmes contre la Bête immonde, et ses excommunications majeures n’ont pas empêché le Front national de monter en puissance et de gagner en séduction. Mais il est tellement plus facile d’accabler un chercheur qui explique depuis des années que les formations de la gauche radicale ne peuvent pas combattre efficacement le Front national sans défendre la souveraineté nationale et sans préparer, par conséquent, la mise à mort de l’euro !

mes yeux vivent là-haut, dans la masse palpitante de la lumière

Article lié : L’Europe qui bouillonne et tourbillonne

perceval78

  31/08/2015

On remarquera le très bon texte de Dmitri Orlov sur le trou noir financier retranscrit sur le site les-crises.fr lien

Les contradictions s’accumulent, Paul Valery le disait déjà lors de son admission à l’académie en 1927 lien

Je crois bien, Messieurs, que l’âge d’une civilisation se doit mesurer par le nombre des contradictions qu’elle accumule, par le nombre des coutumes et des croyances incompatibles qui s’y rencontrent et s’y tempèrent l’une l’autre ; par la pluralité des philosophies et des esthétiques qui coexistent et cohabitent si souvent la même tête. N’est-ce point notre état ? Nos esprits ne sont-ils pleins de tendances et de pensées qui s’ignorent entre elles ? Ne trouve-t-on pas à chaque instant dans une même famille plusieurs religions pratiquées, plusieurs races conjointes, plusieurs opinions politiques, et dans le même individu, tout un trésor de discordes latentes ? Un homme moderne, et c’est en quoi il est moderne, vit familièrement avec une quantité de contraires établis dans la pénombre de sa pensée.

J’observerai ici que la tolérance, la liberté des opinions et des croyances est toujours chose fort tardive ; elle ne peut se concevoir, et pénétrer les lois et les mœurs, que dans une époque avancée, quand les esprits se sont progressivement enrichis et affaiblis de leurs différences échangées.

Chacun interprétera comme il l’entend Le Dialogue de l’Arbre daté de 1943 lien

TITYRE
... cet arbre devint le foyer de la plus puissante poussée et la forme de la force la plus tendue que la vie eût jamais produite, force énorme, mais insensible à chaque instant, qui peut soulever peu à peu un rocher gros comme une colline ou renverser un mur de citadelle, On dit qu’au bout de mille siècles, il couvrait de son ombre toute l’immense Asie…

LUCRÈCE
Quel empire mortel dut exercer cette ombre !...

...

TITYRE
Mais tu deviens toi-même un arbre de paroles…

LUCRÈCE
Oui… La méditation rayonnante m’enivre… Et je sens tous les mots dans mon âme frémir.

TITYRE
Je te laisse dans cet état admirable. Il me faut à présent rassembler mon troupeau. Prends garde à la fraîcheur du soir qui vient si vite.

L'air du Grand Large

Article lié : Les deux derniers jours...

Michel Donceel

  31/08/2015

Il suffirait ( certes, c’est du “yaca” ) de 300 lecteurs s’engageant à activer un ordre permanent de 10 euros par mois, pour assurer une certaine sécurité au vaisseau. Somme abordable même par un faible revenu, le prix de quatre bières, ou d’un paquet de clopes. Et quand on sait l’importance du dit vaisseau pour ceux qui aiment respirer l’air du Grand Large…

Méditer, n’est-ce point s’approfondir dans l’ordre ?

Article lié : L’éléphant affolé et les souris qui rugissaient

perceval78

  30/08/2015

Raymond Kurzweil, le futrologue de Google lien
, nous annonce un programme capable de détecter les psychoses mieux que ne le font les psychiatres lien.

Gageons que le pentagone saura utiliser au mieux cette nouvelle invention.

La gauche au couteau....

Article lié : Tout les sépare, l’essentiel les rassemble

GEO

  29/08/2015

Ou les bonnes raisons de frédéric Lordon contre la “ligne Sapir”:

http://blog.mondediplo.net/2015-08-26-Clarte

(...........) sortir de l’euro quelles qu’en soient les voies. Si la sortie de l’euro a à voir avec la restauration de la souveraineté, peu importe de quelle souveraineté l’on parle. Et en avant pour le front indifférencié de « tous les souverainistes ». Nicolas Dupont-Aignan est « souverainiste » : il est donc des nôtres. Et puis après tout Marine Le Pen aussi, ne le dit-elle pas assez. Alors, logiquement, pourquoi pas ? Car voilà la tare majeure du mono-idéisme : il est conséquent sans entraves. Il suivra sa logique unique jusqu’où elle l’emmènera par déploiement nécessaire des conséquences qui suivent de la prémisse unique. Peu importe où puisque, l’Idée posée, on ne peut qu’avoir confiance dans la logique qui, ancillaire et neutre, vient simplement lui faire rendre tout ce qu’elle porte.

On l’a compris puisque la chose entre dans son concept même : le mono-idéisme suppose l’effacement radical de toutes les considérations latérales – de tout ce qui n’appartient pas à son Idée. Que, par exemple, le Front national – ses errances idéologiques en matière de doctrine économique et sociale l’attestent assez – ait pour seul ciment véritable d’être un parti raciste, que la xénophobie soit l’unique ressort de sa vitalité, la chose ne sera pas considérée par le souverainisme de la sortie de l’euro quand il se fait mono-idéisme. Puisque la Cause, c’est la sortie de l’euro, et que rien d’autre n’existe vraiment. On envisagera donc l’âme claire de faire cause commune avec un parti raciste parce que « raciste » est une qualité qui n’est pas perçue, et qui ne compte pas, du point de vue de la Cause. Voilà comment, de l’« union des républicains des deux bords », en passant par « le front de tous les souverainistes », on se retrouve à envisager le compagnonnage avec le Front national : par logique – mais d’une logique qui devient folle quand elle n’a plus à travailler que le matériau de l’Idée unique.

Il faut avoir tout cédé à une idée despotique pour que quelqu’un comme Jacques Sapir, qui connaît bien l’histoire, ait à ce point perdu tout sens de l’histoire. Car la période est à coup sûr historique, et l’histoire nous jugera. Si l’on reconnaît les crises historiques à leur puissance de brouillage et à leur pouvoir de déstabilisation – des croyances et des clivages établis –, nul doute que nous y sommes. Nous vivons l’époque de toutes les confusions : celle de la social-démocratie réduite à l’état de débris libéral, celle au moins aussi grave de révoltes de gauche ne se trouvant plus que des voies d’extrême-droite. Or on ne survit au trouble captieux de la confusion qu’en étant sûr de ce qu’on pense, en sachant où on est, et en tenant la ligne avec une rigueur de fer. Car en matière de dévoiement politique comme en toute autre, il n’y a que le premier pas qui coûte – et qui, franchi, appelle irrésistiblement tous les suivants. C’est pourquoi l’« union de tous les souverainistes » mène fatalement à l’alliance avec l’extrême-droite.

C’est pourtant une fatalité résistible : il suffit de ne pas y mettre le doigt – car sinon, nous le savons maintenant à de trop nombreux témoignages, c’est le bonhomme entier qui y passe immanquablement. Ici la rigueur de « ne pas mettre le doigt » n’a pas de meilleures armes que la robustesse de quelques réflexes – où en est-on sur la question du racisme –, et le décentrement minimal qui, ne cédant pas complètement au mono-idéisme, permet d’identifier les périls. La fermeté des concepts aussi : en l’occurrence ceux par lesquels on fait sens des signifiants « nation » et « souveraineté », faute desquels on est voué aux sables mouvants de la confusion puisqu’ici ce sont la droite et l’extrême-droite qui tiennent la lecture dominante, à laquelle on succombera nécessairement si l’on n’a pas une autre lecture à leur opposer fermement.

(.............)

il y a pire que l’égarement : l’égarement pour rien. Car voici la tragique ironie qui guette les dévoyés : le FN, arrivé au pouvoir, ne fera pas la sortie de l’euro. Il ne la fera pas car, sitôt que la perspective de sa réussite électorale prendra une consistance sérieuse, le capital, qui ne se connaît aucun ennemi à droite et aussi loin qu’on aille à droite, le capital, donc, viendra à sa rencontre. Il ne viendra pas les mains vides – comme toujours quand il a sérieusement quelque chose à réclamer ou à conserver. Aussi, contre quelques financements électoraux futurs et surtout contre sa collaboration de classe – car, comme s’en aperçoit, pour sa déconfiture, le pouvoir actuel avec son pacte de responsabilité en bandoulière, le capital a bel et bien le pouvoir de mettre l’économie en panne par mauvaise volonté [3] – contre tout ceci, donc, le capital exigera le maintien de l’euro, son vrai trésor, sa machine chérie à équarrir le salariat. Croit-on que le FN opposera la moindre résistance ? Il se fout de l’euro comme de sa première doctrine économique – et comme de toutes les suivantes. Le cœur de sa pensée, s’il y en a une, est bien ailleurs : il est dans une sorte de néocorporatisme vaguement ripoliné pour ne pas faire trop visiblement années trente, et s’il est une seule chose à laquelle il croit vraiment, elle est sans doute à situer du côté du droit du petit patron à être « maître chez lui » (éventuellement additionné d’une haine boutiquière pour l’impôt qui nous étrangle).

Tragique destin pour tous ceux qui auront cru voir en lui la dernière église des vrais croyants et qui finiront à l’état de recrues scientologues, essorées et refaites, rendus par-là à avoir partagé, quoique depuis le bord opposé, la même croyance que les propagandistes eurolibéraux, la croyance du FN qui chamboule tout, quand il est si clair qu’il ne chamboulera jamais rien (à part les vies des immigrés, ou des fils d’immigrés, qui vivent en paix sur notre sol et qui, elles, seront bel et bien dévastées) : car enfin a-t-on jamais vu le parti de l’ordre perturber l’ordre ? Et croit-on que le parti des hiérarchies ait à cœur de déranger les hiérarchies – en l’occurrence celles du capitalisme ? Au moins les eurolibéraux ont-ils, pour ce qui les concerne, leurs intérêts obliques à entretenir cette effarante bêtise : c’est qu’il faut bien que le FN soit assimilé à une sorte de révolution pour mieux éloigner le spectre de toute révolution – soit encore et toujours le travail de la symbiose fonctionnelle, et l’éditorialisme, empressé d’accorder au FN sa revendication la plus centrale et la plus frauduleuse (« il va tout bousculer ! »), lui rend sans même s’en rendre compte le plus signalé des services.

Ceci d’ailleurs de toutes les manières possibles. Car on n’en revient pas du rassemblement parfaitement hétéroclite des visionnaires en peau de lapin occupés à déclarer caduc le clivage de la droite et de la gauche – jamboree de la prophétie foireuse où l’on retrouve aussi bien l’extrême-droite (mais c’est là une de ses scies de toujours) que l’extrême-centre, de Bayrou à Valls, pour qui la raison gestionnaire permet enfin de faire l’économie d’inutiles querelles (« idéologiques » disent les parfaits idéologues de « la fin des idéologies »). Malheureusement pour eux, le déni du réel s’accompagne immanquablement du retour du refoulé. « Ça » revient toujours. C’est même déjà revenu : en Grèce, sous le nom de Syriza – avant qu’un incompréhensible Tsipras ne sombre dans un tragique renoncement. Le tsiprasisme n’est plus qu’un astre mort, mais certainement pas la gauche en Grèce – et partant en Europe.

Or cette persévérance suffit à ruiner et les imputations immondes de l’européisme et les dévoiements d’une « gauche » qui croit pouvoir passer par la droite de la droite. Car de même qu’on ne prouve jamais si bien le mouvement qu’en marchant, on ne démontre pas plus irréfutablement la possibilité d’une sortie de gauche de l’euro… qu’au spectacle d’une incontestable gauche qui se propose de sortir de l’euro – drame de l’insuffisance intellectuelle : à certains, il faut le passage au concret pour commencer à croire vraiment à une possibilité que leur esprit ne parvient pas à embrasser tant qu’elle demeure simplement abstraite.

Dieu sait qu’il fallait être ou bien de la dernière mauvaise foi ou bien intellectuellement limité pour ne pas concevoir une sortie de gauche de l’euro – c’est-à-dire une vision de gauche de la souveraineté. Mais maintenant elle est là : une grosse minorité de Syriza, défaite par la trahison de Tsipras, mais décidée à continuer de lutter sous les couleurs nouvelles de la Gauche Unie, établit désormais in concreto l’existence de la « sortie de gauche » : une sortie que rien n’entache à droite, ni « repli nationaliste » puisque nous avons là affaire à des gens dont les dispositions internationalistes sont insoupçonnables, ni « dérive xénophobe » puisque pour le coup le seul point d’accord, mais absolu, au sein de Syriza, touche à la question de l’immigration, de son accueil et de sa régularisation. Et seuls les deux neurones de Jean-Marie Colombani, la haine incoercible de Quatremer pour tout ce qui est de gauche, mais aussi les préventions affolées de l’alter-européisme, pourront trouver justifié de s’exclamer au repli identitaire.

La gauche est là. Même réduite au dernier degré de la minorité institutionnelle, elle ne mourra pas. Elle vit en Grèce. Elle revivra ailleurs en Europe, et spécialement en France, pour peu qu’on s’y aperçoive, l’échec de Tsipras enfin médité, qu’elle n’a de salut qu’hors de l’euro – et bien sûr qu’en en sortant par son côté à elle. Mais il faut être en proie au fétichisme de la sortie pour ne plus désirer sortir que pour sortir, c’est-à-dire pour se préparer à sortir accompagné n’importe comment. Et avoir sérieusement oublié de se poser la seule question qui vaille, la question de savoir pour quoi faire, et par suite avec qui ? – la seule qui ramène quelque clarté et fasse apercevoir certaines improbables alliances pour ce qu’elles sont : aberrantes, dévoyées, et promises à la perdition, au double sens de l’égarement moral et de l’échec assuré.

L'avertissement de Ron Paul.

Article lié : Notes sur 2008-2015 et la chronique de l’effondrement

Jack v.

  29/08/2015

En réponse à Bertrand

Article lié : Il est en train de se passer quelque chose...

Pierre Audabram

  28/08/2015

Bonjour Bertrand,

D’abord je vous remercie d’avoir bien voulu apporter du grain à moudre à ma première intervention sur ce forum. Je salue aussi la pertinence de vos positions. Vous me permettrez néanmoins d’examiner celles-ci en tâchant d’être constructif. A propos des élites, je ne me cantonne pas, contrairement à ce que vous laissez entendre, aux seules élites politiques, mais aussi au monde très large des media mainstream, ainsi qu’à l’univers de la science universitaire. A un niveau moindre, les élites locales ne doivent pas être oubliées non plus. Je sens bien vous chagriner un peu en ce qui concerne les hommes de sciences, mais il est des vérités qu’il convient de sortir de sous le boisseau. Vous n’ignorez pas, je suppose, la réalité de la participation de non-professionnels à des projets scientifiques. Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau, loin de là. A côté de ceux et celles qui veulent réellement aider la recherche de manière sincère, se trouve une armée d’intervenants, souvent plus ou moins vaguement issus de l’univers assez glauque de la sociologie, et qui n’entendent pas contribuer à l’effort de « plus de science », mais veulent une autre science. Dans un excellent article tout juste paru le 25/08/2015, Sciences « participatives » ou sciences captives ? », l’auteur, Marcel Kuntz, met en garde contre les agissements par ruse de ces intervenants extérieurs qui entendent peser sur la science en se mêlant aux soutiens sincères de celle-ci, se servant d’eux comme caution. Je le cite : « Les associations de malades sont ainsi souvent instrumentalisées, dans des colloques par exemple, comme étant exemplaires de la science participative. Qui peut être contre le rapprochement de la médecine et des malades ? Les deux parties ont chacune intérêt à « plus de science », même s’il peut y avoir divergences de vues ». Par contre, je ne suis pas Marcel Kuntz dans sa déclaration selon laquelle nous assistons à une déclinaison de la démocratie participative, soupçonnant cette dernière de profiter essentiellement aux mouvements populistes dont on sent bien qu’il ne porte pas ceux-ci dans son cœur. Point clé maintenant de son analyse, je cite : « L’idéologie postmoderne comprend un ensemble de déconstructions qui incluent celle des valeurs des Lumières. Elle n’ouvre pas seulement la porte à toutes sortes de charlatanisme, elle promeut un relativisme au cœur même de l’activité scientifique. Nous basculons ici des illusions d’un progrès inéluctable par la science vers un excès inverse : une science qui ne serait qu’une opinion comme une autre, qui produirait plus de mal que de bien et qui, par conséquent, doit être maintenue sous contrôle « citoyen », c’est-à-dire captive ». Que dire encore sur les grossières manipulations dans le domaine du climat qui n’ont de scientifique que le nom, mais servent des buts politiques ? Point n’est besoin de réfléchir longtemps au dénominateur commun qui relie entre elles les dérives des diverses élites ; il s’agit, encore et toujours du mensonge utilisé plus que jamais comme outil de pouvoir. Et qu’on n’essaie pas de minimiser la responsabilité personnelle de chacun de ceux qui appartiennent à cette élite, arguant qu’elles sont manipulées de l’extérieur, etc. Non, chacun y gagne un certain avantage, une notoriété scientifique pour l’un et la publication de ses travaux, une promotion dans l’appareil politique pour l’autre, etc. Tous sont responsables et, ma foi, la situation est à ce point inextricable, que je défie quiconque de me dire vers qui nous pouvons maintenant nous tourner. Il va de soi que si la corruption de nos élites est à son comble, l’effet mimétique produisant les mêmes résultats sur la masse du peuple, la priorité qui se dégage de ce constat ressort en la nécessité absolue de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour favoriser la rotation des élites en faveur d’hommes et de femmes insensibles à l’appât du gain, aux honneurs, aux plateaux de télévision, etc. Cette nouvelle élite existe déjà virtuellement parmi nous et, grâce à l’élévation naturelle de son état de conscience, débusque plus ou moins consciemment, selon les degrés atteints par chacun, les mensonges et les illusions de notre société postmoderne. Si on ajoute à cela les sublimes qualités humaines qui la caractérisent, son honnêteté absolue, son souci permanent du bien-commun, sans rechercher un quelconque avantage pour elle, ses dispositions particulières lui permettant de détecter sur le champ toutes sortes de mensonges, comment ne pas imaginer qu’à la faveur d’un événement populaire ayant son origine dans le manque de confiance grandissant que ressent le peuple envers ses dirigeants, comment ne pas imaginer un scenario providentiel grâce auquel ces hommes et femmes nouveaux pourraient accéder aux affaires ? C’est ce qu’il nous faut croire car, qu’on le veuille ou non, nous nous trouvons face à un phénomène irréversible mais encore souterrain, qui deviendra de plus en plus visible au cours des années qui viennent.
Je vous rejoins tout à fait sur la probabilité d’une guerre car les ingrédients, hélas, sont maintenant au complet. Métaphysiquement cette échéance s’apparente tout à fait à ce qu’on fait subir les hordes de Gog et Magog, plus explicitement dénommées « le fléau de Dieu ». Les exemples regorgent, dans l’histoire, de ces civilisations qui, ne croyant plus en elles-mêmes, s’employaient par la licence et les déviances innombrables à favoriser leur auto-destruction. Le fléau de Dieu n’est jamais loin : nous sommes dans la même situation et devrons probablement très bientôt subir ce qu’un bourgeoisisme athée, bouffi et lâche mérite comme calamités.

Vous avez raison d’affirmer le caractère central de la spiritualité dans la condition humaine, évidence qui apparaîtra de plus en plus dans les mois et les années qui viennent. Par contre, je ne vous suis pas sur vos conclusions par rapport à la Gnose chrétienne. C’est un lourd débat sur lequel je compte revenir. Vous semblez confondre gnosticisme avec gnose ce qui est la posture la plus commune de nos jours. Si la Tradition est universelle, la forme qu’elle emploie pour se divulguer est chaque fois adaptée au groupe humain auquel elle s’adresse. Pour ce qui concerne le Christianisme, celui-ci contient en lui-même des enseignements d’une telle profondeur que, pour le chercheur averti, son œcuménicité, à savoir sa capacité à résumer en lui-même toutes les autres doctrines, ne fait plus aucun doute. C’est aussi un vaste débat sur lequel j’aimerais revenir. Mais un obstacle de taille devra au préalable être contourné : quand on parle de Gnose, on imagine tout de suite une part d’enseignements secrets auxquels n’ont pas accès ceux qui ne sont pas initiés. En réalité, ceux qui s’adonnent à ce genre de travail sont arrivés dans la vie avec, déjà, une certaine conviction de leur vie spirituelle en ses possibilités de développement. Par l’étude et, surtout, par la pratique des vertus et l’éradication totale du mensonge fait aux autres et à soi-même, ceux-là accèdent graduellement à d’autres états de conscience pouvant aller jusqu’à un point à partir duquel les découvertes qui y sont faites ne peuvent plus être traduites en langage humain. C’est bien là la signification réelle du terme ésotérisme. Cette Gnose ou cet ésotérisme existent toujours et, pour mieux illustrer mes propos et en guise de conclusion, je laisse la parole à Saint Paul : « C’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits (1), sagesse qui n’est pas de ce siècle (2), ni des chefs de ce siècle (3) qui vont être anéantis (4). Nous prêchons la sagesse divine, mystérieuse et cachée, que Dieu avant les siècles avait destinée pour notre gloire (5), sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue ».

1) Pour ceux qui arrivent en ce monde avec ce bagage spirituel évoqué plus haut.
2) Connaissance qui est totalement inconnue de la science de l’époque.
3) Qui ne provient pas des autorités de l’époque : rois, reines de l’époque.
4) Qui vont tous mourir alors que cette sagesse est éternelle.
5) Que Dieu a de tout temps réservé à cette élite spirituelle qui traverse les âges.

Bonne soirée à tous.

Pierre Audabram