H. Dhoukar
07/11/2015
Les rêves gagnent à être interprétés en les reliant bout à bout et en les approchant comme une série dans un temps donné. Ils sont une manifestation de l’inconscient qui se donne la force de parvenir à la conscience et de l’altérer de quelque façon avec le même pouvoir que le réel. Ces deux rêves qui se suivent évoquent tous les deux un arrachement de la réalité. Le premier, avec le déracinement de l’arbre, se déroule à l’extérieur, dans le monde familier. Le deuxième évoque un autre arrachement, mais celui-là se passe à l’intérieur de l’âme du rêveur qui passe d’une dimension, disons idéale (distorsions de l’espace et du temps, sentiment redoublé d’élévation subjuguant les sens, disparition des contrastes par diffusion de la lumière, beauté et harmonie…) à une dimension réaliste sordide qui dénote d’un affaissement, d’un abaissement qui est une souillure de la dimension idéale. Cette brusque substitution d’une dimension élevée jusqu’au sublime par une dimension basse et sordide correspond au déracinement de l’arbre (élévation) et la découverte de la cavité libérée par sa souche où grouillent les gorgones.
Ce qui est intéressant, dans le second rêve, c’est le passage à l’univers intérieur de l’âme (le premier rêve recourt à un langage réaliste, le second est réellement onirique). Il renouvelle l’avertissement du premier en insistant sur la dimension intérieure du rêveur, amplifiée par la présence d’êtres proches et sans doute chers, mais qui, dans le rêve, ne représentent que la subjectivité du rêveur à travers les sentiments qu’ils lui inspirent. Il est intéressant de relever que la dispersion de ce groupe est initiée par la femme et sa fille aînée, c’est-à-dire par des êtres liés au seins d’une relation juridique et non pas fusionnelle par le sang (second mariage et fille qui n’est pas celle du rêveur), tandis que la personne qui reste à ses côtés semble symboliser le regret du rêveur de ne pas avoir eu un fils, à travers l’évocation du neveu aimé comme un fils et dont l’image se substitue à un moment à celle de belle-fille cadette. Le langage du rêve semble solliciter dans cette figure d’une cellule familiale les failles qui permettent une mise en garde contre un délitement (l’arbre du premier rêve évoque aussi l’image du délitement). Il faut s’arrêter à ce niveau de la tentative d’interprétation car le rêve ne fournit plus de pistes. Cependant, l’insistance du rêveur sur le sentiment d’accablement ressenti au réveil et sur la façon dont il l’a surmonté, est peut-être le résultat recherché par le rêve en tant que message de l’inconscient : il faut rester attacher aux sommets et ne pas se perdre dans les sentiers de traverse qui le font perdre. C’est un sentiment d’ébranlement intérieur qui vous alerte et vous dit : ne vous laissez pas ébranler. Restez attaché à votre intuition haute, méfiez-vous des stations service qui sont le déclencheur de l’ébranlement intérieur. Étant donné l’activité du rêveur, ces stations qui lui sont si utile dans sa circulation dans le vaste monde de l’information, sont les sites qu’ils consulte et qui diffusent une information qui le minent intérieurement et lui font envisager l’inéluctable.
perceval78
07/11/2015
On a vu cette semaine notre ministre du travail Myriam El Khomri, qui prétend réécrire le code du travail et qui ne sait même pas combien de fois on peut renouveler un CDD lien
Nos experts juristes de la défense sont ils de la même qualité ? l'intervention Française en Syrie est elle légale ? rien n'est moins sûr
1) la France n'a pas été mandatée par l'ONU
2) le gouvernement Syrien n'a pas fait appel à la France
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Jean-paul Baquiast
06/11/2015
Bonjour. J'ai un peu commenté ce concept dans le petit article suivant http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2015/163/inconnaissance.htm
perceval78
06/11/2015
Frère ! de ces deux voix étranges, inouïes,
Sans cesse renaissant, sans cesse évanouies,
Qu'écoute l'Éternel durant l'éternité,
L'une disait : NATURE ! et l'autre : HUMANITÉ !
Alors je méditai ; car mon esprit fidèle,
Hélas ! n'avait jamais déployé plus grande aile ;
Dans mon ombre jamais n'avait lui tant de jour ;
Et je rêvai longtemps, contemplant tour à tour,
Après l'abîme obscur que me cachait la lame,
L'autre abîme sans fond qui s'ouvrait dans mon âme.
Et je me demandai pourquoi l'on est ici,
Quel peut être après tout le but de tout ceci,
Que fait l'âme, lequel vaut mieux d'être ou de vivre,
Et pourquoi le Seigneur, qui seul lit à son livre,
Mêle éternellement dans un fatal hymen
Le chant de la nature au cri du genre humain ?
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Rose-marie Mukarutabana
06/11/2015
“La perspective de la guerre mondiale est évoquée à la fois comme allant de soi et comme la plus probable dans les hypothèses de conflit.”
Il est logique que dans ces milieu les mentions de la 3e guerre mondiale – voire la 4e – soient devenues chose banale aujourd’hui. C’est depuis la fin de la 2e guerre mondiale que les néoconservateurs en parlent et la préparent.
Dans “The War Party,” un documentaire de la BBC (émission Panorama) sur les néoconservateurs (mai 2003): pour l’un d’eux, Eliot Cohen, professor d’histoire militaire et à l’époque, membre du US Defence Policy Board, “the Cold War against communism [was] World War Three and the conflict with "militant Islam" is World War Four.”
“And so I said World War Four… I believe we are locked in a long-term war with the radicalised branches of Islam…”
Psychologie marquée par la pathologie? C’est la le trait marquant de la psychologie des neocons, en effet. Et c’est pourquoi, chez les neocons, la question des “political conséquences” qu’évoque Patrick Martin ne se pose pas. Ni celle des conséquences d’une guerre nucléaire, d’ailleurs. Elle se pose chez le people, certes, mais les neocons répondent: “people are just going to have to live with whatever apprehension we generate.” (Richard Perle)
Video: https://www.youtube.com/watch?v=HLzCafoOoVE
Transcript: http://news.bbc.co.uk/nol/shared/spl/hi/programmes/panorama/transcripts/thewarparty.txt
Christian Feugnet
05/11/2015
Je ne sais vraiment plus ce qu'il faut prendre au sérieux , dans cette com . Je viens d'apprendre que selon Ben Carson , candidat républicain , anti-Trump , Joseph aurait construit les pyramides comme silos à blés .
Je crois que ses connaissances historiques se limitent aux péplums de Cecil B Demille . Parce que entre Joseph et les pyramides , ils doit y avoir déjà au moins deux mille ans et qu'à l'époque où elles ont été construites , les hébreux étaient au mieux des tribus sémites tout à fait insignifiantes , perdues dans la steppe Arabique , et ignorants , ne serait ce que de l'écriture .
Il se dit vraiment n'importe quoi .
perceval78
05/11/2015
François Heisbourg éminent expert au service du conglomérat militaro industriel anglo-saxon pense que nos problèmes sont dus à la confusion entre 9/11 (les tours à new york) et 11/9 (la chute du mur) lien
Ce faisant il suffirait donc que chaque écolier français apprennent à lire les dates en Anglais pour résoudre tous les problèmes
Malheureusement on se souvient que cet expert voyait des armes de destruction massive en Irak en 2002 et préconisait de suivre les américains, doit on le suivre à nouveau ???
le monde du 10 septembre 2002
cf page 2
le monde 16 septembre 2002
cf page1 et 13
Alexis Toulet
05/11/2015
Jacques Bainville, écrivant en 1920 dans "les Conséquences politiques de la Paix" un livre court mais prophétique, montrant en quoi la paix conclue à Versailles n'avait en rien réparé les déséquilibres, prédisant en se fondant uniquement sur sa connaissance classique des équilibres et de la vie des peuples qu'un dictateur se saisirait du pouvoir en Allemagne, qu'il attaquerait la Tchécoslovaquie et s'entendrait avec la Russie contre la Pologne, faisait résonner dans le chapitre V de ce livre "Ils ignoreront" une interrogation criante, scandalisée et presque métaphysique…
"Pourquoi ces choses et non d'autres ?"
Le livre est en téléchargement gratuit sur le site canadien des classiques http://classiques.uqac.ca/classiques/bainville_jacques/consequences_pol_paix/consequences_pol_paix.html
Je me permets de recopier quelques courts extraits du magnifique chapitre V :
"Notre sort est engagé pour plusieurs générations. De nouvelles tribulations commencent. Combien l'ont vu ? Combien s'en doutent ? Pourquoi ces choses et non d'autres ? À des sommes prodigieuses de dévouement et de sacrifice répondent des abîmes d'ignorance.
(...)
Nous aurons les conséquences. Et nous les aurons tous. Elles viendront chercher l'ironiste et le philosophe. On ne sépare pas son sort de celui des nations. Ou bien on ne l'en sépare qu'à la condition de renoncer à soi-même pour se moquer du genre humain. Un jour, chez nous, la guerre a requis l'homme penché sur la glèbe, le bourgeois économe et prudent, le spéculatif désintéressé et la grande masse de ceux qui pensent qu'après tout, en tout temps et sous n'importe quel régime, on fait fortune et on organise librement sa vie. L'existence du plus grand nombre était fondée sur des calculs qui supposaient une longue stabilité. Ceux qui prédisaient des catastrophes n'avaient pas d'auditoire ou ne rencontraient que des incrédules. Encore personne n'eût osé annoncer la moitié de ce que nous avons vu. L'homme extraordinairement perspicace qui eût seulement approché la réalité eût passé pour un fou. Il était admis que chacun dispose de soi-même et que les peuples sont les maîtres de leurs destinées : cent causes ont disposé d'eux, causes lointaines, obscures, inaccessibles à la foule, si multiples, si mêlées qu'elles ressemblent à ce qu'on appelle, faute de mieux, le hasard. Cent causes, qui échappent de même à la foule, sont toutes prêtes à en disposer encore."
Christian Feugnet
05/11/2015
Précision supplémentaire , par taoisme , je ne désigne pas et mon diplomé de West Point non plus , le discours de Lao Tseu , c'est de la Com .
Mais le fond , que Lao Tseu s'est éfforcé de masquer , sous commande impérative , de l'empereur Tsin , 'Chine' , Aprés nous dit on il s'est acjeminé dans la Montagne , pour se faire oublier ou pardonner , de sa faiblesse , va savoir ...
Françoise Vivet
05/11/2015
Bis: concept d'inconnaissance intéressant, voir zététique ( Cortex, Grenoble). Pour pallier à souffrance de nos cervelles: sieste carpe dièmesque obligatoire+ silence ( forêt ou autre monastère…ou mer), sinon:1- souffrir par trop d'infos,2-par trop d'analyse en cours,3- par culpabilité si pas informé.Heureux ceux qui ne se posent pas de questions!( dixit mother!), trouver1 mode de vie cool mais sans théorie du chaos merci.
Christian Feugnet
05/11/2015
Dans le passage d'une gamme à une autre les moines avaient un pb , le passage du si au do de la nouvelle gamme . Ils estimaient le si diabolique . Puisque la mesure chiffrée , connue , donnait une salsa du démon , dont ont jouer abondamment les Rolligs Stones , entr 'autres , ou ils réglaient à l'oreille , mais alors sans raison , et çà marchait , mais fallait mettre un bémol . Pourquoi pas mettre un diése ? Aller de l'avant ( ou de l'arriére , je vais essayer de m'expliquer ) . Dans le cas où on se serait égaré dans l'erreur .
Contrairement aux apparences de la com , il semble que les
que les sortants de West Point , soit moins étroits du képi , que ceux de St Cyr , par lesquels on a tendance à juger des képis .
J'en veux pour preuve que l'unique et seule bonne traduction de Mong Tseu , Meng Tsu , on se perd en phonétique , l'écriture du Chinois , étant restée aux hyéroglyphes , trés archaiques , fut faites par un West Point . Traduction qu'on jugeait impossible depuis , au moins , 4 siécles .
L'affaire n'est pas banale , si l'on pense , que la formation de la Chine , depuis ce que l'on considére comme son premier empereur qui lui aurait donner son nom , aux environ de la 'naissance de Rome' , serait issu d'une révolte paysanne , autrement dit taoiste , autrement dit d'abord gestuelle , autrement dit , posant la chose en soi ou l'inconscient ou autre formile comme inconnaissable en soi , et le monde voué au Hasard , avec un grand H , comme dans le poéme de Mallarmé . Et c'est ce que nous dit Mong Tsei ( ou autre ) , et son traducteur de West Point .
Autrement dit , pour abréger , il se pourrait , que ce soit des Américains , eux mémes qui organisent , comme Néron pour Rome , leur propre suicide ...Mettre le feu , comme Gorbatchev , en Russie , mais d'une maniére inverse , parce que les plateaux de la balance , vont nécessairement en sens inverse ...
perceval78
05/11/2015
Aux États-Unis, la pénurie de produits utilisés pour les injections létales aux condamnés à morts conduit certains États à suspendre les exécutions, ou à se tourner vers d'anciennes pratiques
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Si l'Allemagne établissait actuellement le bilan des résultats de l'impulsion mystique qui l'a lancée sur le monde, elle trouverait à son passif : la mort misérable de plusieurs millions d'hommes, une perte de cent milliards et une aversion universelle.
A son actif figurerait seulement l'annexion de quelques provinces impossibles à garder sans des dépenses militaires très lourdes. Gustave le Bon. 1917
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Alexis Toulet
05/11/2015
A toutes fins utiles, je signale que le livre de Le Bon est visiblement du domaine public puisqu'il peut être téléchargé gratuitement sur ce site canadien :
http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/enseign_psycho_guerre_euro/ens_psycho_guerre.html
Il s'agit d'une version numérique de la deuxième édition du livre, qui fut réédité dix fois au total jusqu'en 1919 :
"Enseignements psychologiques de la guerre européenne (1915). Les causes économiques, affectives et mystiques de la guerre. Les forces psychologiques en jeu dans les batailles. Les variations de la personnalité. Les haines de races. Les inconnues de la guerre. Les problèmes de la paix. — L'avenir"
Alexis Toulet
04/11/2015
Je me réjouis que mon commentaire d’il y a quelques jours ait donné l’occasion à notre hôte de préciser plusieurs points du regard et de l’analyse qu’il porte sur les événements, et notamment de la méthodologie appliquée. Pour parler personnellement, c’est en premier lieu l’originalité de la démarche de Philippe Grasset qui m’attire sur ce site, mieux comprendre cette démarche m’intéresse d’autant plus.
Pour préciser quelque peu mon propre point de vue, non pas dans un but de contradiction mais plutôt pour exposer loyalement mes raisons, davantage que dans un commentaire qui n’était que quelques courtes phrases, et avant tout au sujet de la Russie – et avec mes excuses pour cette réaction un peu tardive, il m’a fallu un certain temps de réflexion et de mise en forme – je dirais ceci :
Ce ne sont pas seulement les organismes étatiques dont il convient de « se méfier » – je maintiens pour ma part le mot. Cependant, eux aussi, et – c’est important – les organismes étatiques russes aussi. Mais méfiance n’est probablement pas un mot suffisamment clair, et il peut créer des malentendus je le reconnais. J’aurais pu écrire confiance au contraire !
Confiance dans les institutions de propagande de l’Etat russe pour remplir leur rôle. Car si bien des médias occidentaux et bien des débats qu’ils rapportent peuvent parfois donner l’impression de zoos où des idéologues déchaînés – mais souvent désordonnés, voire désarçonnés eux-mêmes par les événements, d’où des positions surprenantes ou intéressantes à l’occasion, que notre hôte nous signale assez régulièrement – vaticinent et se renforcent l’un l’autre dans leurs illusions, les médias télévisuels russes – par parenthèse totalement sous la coupe du gouvernement – donnent aussi souvent cette impression. Je dirais encore plus souvent, et surtout avec la différence d’un ordre beaucoup plus grand – c’est que dans leur cas il y a bien une volonté, un Etat qui pense et organise cette propagande. Qui dans le cas de la Russie – et dans ce cas principalement – mérite bien le nom de propagande, avec ce que cela suppose d’analyse, de volonté et d’action, plutôt que de désordre et turpitude inquiète, ce qui décrirait mieux les tentatives propagandesques d’origine Bloc atlantique.
Ma vision de la position de la Russie par rapport au « Système » ne peut être que paradoxale. Si l’on appelle « Système » un ensemble d’habitudes, de préconceptions, d’idées avantageusement fausses de soi-même et des autres, de messianisme terrestre et faux poussant à l’hubris telle que les Grecs la connaissaient déjà – définition très limitative et floue par rapport à celle de notre hôte j’en conviens, mais j’utilise là mes mots – la position de la Russie par rapport à ce « Système » est au mieux très fortement ambigüe.
D’une part, la Politique étrangère, certains éléments de politique interne telle la gestion financière, pour autant que l’on parle des actions concrètes de l’Etat lui-même : on y trouvera attachement aux réalités, attachement aux principes, bon sens. Et c’est là une rareté. Et un contraste tout spécialement frappant notamment à côté du comportement de plus d’un gouvernement européen, par exemple le gouvernement français, sans parler de celui de la Grande République, et ce qui passe pour politique étrangère de tous ces pays.
Et sans doute dans plus d’un cas on pourrait défendre l’idée que la politique étrangère russe défend la vérité des choses, dans le sens où elle s’appuie sur la réalité des choses, comme toute bonne politique le doit, voire dans le sens où dire voire asséner la vérité peut lui servir d’arme ou d’outil stratégique.
D’autre part, le Regard porté sur le monde, notamment répandu et entretenu dans les médias surtout à usage interne en direction de la population russe : là le tableau est fort différent ! C’est que la propagande d’une part est plus organisée que celle de médias occidentaux qui sont moins ordonnés et coordonnés entre eux – eh, c’est que ce n’est pas un Etat constitué qui s’exprime par ces médias – d’autre part elle est encore plus hallucinée et déformée. Au passage, cette politique du gouvernement russe de répandre une vision propagandesque à tendance extrémiste à l’attention de la population du pays n’a pas commencé avec la crise et le coup d’Etat ukrainien, elle ne se réduit donc pas à une propagande de guerre, à la politique d’un Etat mobilisant sa propre population – et peu importe les moyens utilisés – pour la guerre ou disons au minimum l’affrontement.
Un exemple révélateur est la réaction des médias télévisuels russes en 2013 lors de l’affaire du mariage homosexuel en France et des manifestations d’opposition qu’il provoqua. Quoi que l’on pense du fond de l’affaire – c’est-à-dire que l’on soit favorable ou opposé à la création d’un « mariage » homosexuel – il faut savoir que l’opposant français le plus décidé se serait senti perdu au milieu d’un carnaval de fous s’il avait participé à l’un des débats télévisuels russes sur le sujet. Il faut savoir que les hypocrisies les plus éhontées ont été mises au service de l’idée – totalement fausse – comme quoi les Français maltraiteraient leurs enfants davantage que les Russes – c’est malheureusement l’inverse qui est vrai.
Si je devais résumer la position de la Russie en tant que société vis-à-vis de la réalité des choses, je dirais politique étrangère réaliste, solide et se faisant un levier de la vérité des situations, mais politique de mobilisation interne de la population par une propagande hallucinée à un point où seuls les pires et les plus pitoyables des idéologues occidentaux pourraient rivaliser. Et encore ne l’emporteraient-ils pas nécessairement.
Si cette propagande dans une certaine mesure est l’instrument d’un Etat, servant à la défense d’une politique étrangère dont je suis le premier à reconnaître les qualités et notamment le rapport beaucoup plus étroit que celle du Bloc atlantique aux réalités comme aux principes d’organisation traditionnels du système international, il reste qu’il s’agit d’une propagande extrémiste et hallucinée, et je ne peux en aucun cas l’oublier. Mais cela soulève une interrogation et ce qui est pour moi une énigme.
Faut-il comprendre que des dirigeants à la pensée froide ont fait le choix conscient d’utiliser de tels instruments, par mépris de la capacité des petites gens à comprendre et à adhérer à des arguments plus solides et à une présentation plus nuancée et plus vraie ? La chose n’est pas impossible. Il faut rappeler que la domination à la fois de la caste des super-riches et du groupe des « siloviki » les membres des structures de force sur la société russe est beaucoup plus prégnante que celle de leurs équivalents sur les sociétés occidentales.
Faut-il comprendre que les dirigeants, en pratique le groupe autour de Poutine, peuvent bien être des animaux à sang froid autant qu’on le voudra, c’est la société russe elle-même qui s’abandonne d’elle-même à sa propre version d’idées avantageusement fausses de soi-même et des autres, de messianisme terrestre et faux, bref de « Système »… Pour dire les choses de manière nette, si l’on appelle « Système » une force de mensonge, d’illusion et de perte de connaissance de soi-même, dont on supposerait – ou non – l’existence indépendante de toute volonté humaine, le « Système » n’est-il pas au moins aussi fort en Russie que dans le Bloc atlantique ?
Les dirigeants russes certes plus lucides que les occidentaux ont-ils les yeux ouverts fait alliance avec ce « Système » ? Et que vaudrait alors à long terme, et sur le fond, et en principe, une politique qui prétendrait en même temps s’appuyer sur les réalités et les principes quant à sa face externe, et en même temps sur non seulement mensonges mais encore hallucinations quant à sa face interne ?
Ou bien ne sont-ils au fond que les jouets de forces internes à la société russe, qu’ils essaient d’utiliser et de contrôler à la fois, mais contre lesquelles en vérité ils ne font en fait pas le poids ?
Je ne sais.
Et c’est sur cet aveu que je dois terminer, avec mes remerciements à Philippe Grasset pour son travail et l’originalité de sa pensée.
Olivier
04/11/2015
Et très bien documentée…
Il ne me reste plus qu'à ajouter:
"Mais se rendent-ils compte de ce qu ils ont fait?"
De plus en plus je désire me désolidariser de ces élites mondiales, là se trouve peut-être une amorce de solution.
Bonne soirée et encore merci
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