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Interprétation

Article lié : Fumer la moquette et voir de loin !

jc

  14/02/2017

Le problème général soulevé dans ce papier est celui de l'interprétation. 

Le leitmotiv fondamental de Thom est la citation d'Héraclite: "Le Maître, dont l'Oracle est à Delphes, ne dit ni ne cache, il signifie". Autrement dit, selon Thom:  "La Nature nous envoie des signes qu'il nous appartient d'interpréter".

Et, venant à point nommé, la théorie thomienne des catastrophes est une théorie de l'analogie, donc de l'interprétation.

Philippe Grasset cite souvent Steiner (ou Maistre?); de mémoire (parce que je n'ai pas accès au moteur de recherche du site depuis mon téléphone): "La dégénérescence du langage précède -accompagne?- celle de la société".

Pourquoi le langage dégénère-t-il? La réponse est selon moi très simple: parce qu'il ne remplit plus sa fonction. Et quelle est cette fonction?
Sa fonction est de signifier quelque chose. Ce qui renvoie inéluctablement à la sémantique.

Un pur nominalisme, une logocratie minusculée, est vouée à l'échec car, à partir du moment où la sémantique a disparu, l'intérêt de la syntaxe disparaît également, Et le langage se déstructure inéluctablement. N'est-ce pas ce qui se passe actuellement dans le langage-Système?

 Dans le "duel" syntaxe/sémantique c'est le sens qui est ontologiquement premier. Et c'est à la condition expresse de respecter ce principe que le Logocrate évite le piège du nominalisme, qu'il a droit à son "L", son "l" majusculé.

En France la perte "moderne" de sens peut se dater, à mon avis, très exactement à l'arrivée de Georges Pompidou (présenté au grand public comme un littéraire, comme Macron, venant de chez Rothschild, comme Macron). Ouverture des frontières financières et économiques, libéralisme, etc.

En mathématiques (enseignement primaire, secondaire et premier cycle du supérieur) avènement de la théorie des ensembles, réduction drastique de la géométrie (qui, seule, peut donner un sens à l'algèbre!): en bref, virage nominaliste des mathématiques.

En chapeau d'un article "Les mathématiques modernes: une erreur pédagogique et philosophique?", article qui traite des considérations ci-dessus, Thom note que son papier est alors remonté jusqu'au bureau présidentiel pompidolien. Manifestement sans effet.

 

La guerre civile

Article lié : Obama nous prépare “sa” guerre civile

Léa

  14/02/2017

Permettez-moi de vous citer, « cette fraction [la gauche progressiste-sociétale, donc] ne veut plus assumer l’histoire des USA avec ce qu’elle juge comme le péché originel de l’esclavage élevé comme symbole constitutif de leur contestation. Elle reporte ce péché sur l’autre faction, celle qui soutient Trump. »

Sauf qu'avec cet argument, nous sommes face à une hypocrisie sans précédent : à cause d'une faille dans leur Constitution, l'esclavage est autorisé à ce jour aux USA dans le cadre d'une peine de prison. Pour qui veut bien lire, ils ne prennent même pas le peine de s'en cacher, ou de nier les profits qu'ils en tirent. Des pans entiers de l'économie américaine dépendent encore aujourd'hui du travail forcé et gratuit, autrement dit de l'esclavage.

Un article de The Atlantic traduit en français.
http://www.entelekheia.fr/usa-lesclavage-encore-aujourd-hui/

Il suffit de taper 'Slavery legal today 13th amendment' sur Google pour trouver pléthore d'autres articles sur la question, y compris dans des organes-système comme le Guardian (ou The Atlantic précédemment cité).
Au hasard, un lien sur un article de USA Today sobrement intitulé « Yep, slavery is still legal : column ».
http://www.usatoday.com/story/opinion/2014/08/14/slavery-legal-exception-prisoners-drugs-reform-column/14086227/

Sous Obama, l'incarcération de masse qui en résulte s'est poursuivie et même développée (les USA sont le pays qui incarcère le plus au monde, et pour cause). Le problème concerne surtout les noirs (37% des personnes incarcérées pour 12-13% de la population générale), les Latinos et les pauvres, qui se retrouvent en prison pour un oui ou pour un non.
https://www.washingtonpost.com/news/wonk/wp/2016/02/26/america-has-locked-up-so-many-black-people-it-has-warped-our-sense-of-reality/?utm_term=.777cff782eb4

Obama a eu huit ans, pas moins, pour exiger une révision de la Constitution que personne, au Congrès, n'aurait osé lui refuser. Il ne l'a pas fait. Dans ces conditions, pour lui et ses soutiens, traiter Trump de raciste, se poser en champion de la justice sociale ou « rejeter le sombre héritage des planteurs du Sud », c'est se moquer du monde à un point cosmique.


Par ailleurs, Philippe Grasset, vous aviez demandé un jour, si quelqu'un savait et pouvait vous communiquer les raisons de la vindicte des Kennedy envers Castro. J'ai trouvé la réponse dans un livre, 'American Legacy: The Story of John and Caroline Kennedy', de C. David Heymann.
En substance, l'épouse d'un sénateur avait expliqué à Caroline Kennedy, qui se posait la même question, que papa Joe Kennedy avait investi des grosses sommes dans les casinos et tripots de la Havane de Batista et de sa bande de gangsters, toutes perdues à l'arrivée de Castro (page 86). Peut-être que ce renseignement explique aussi les rumeurs persistantes d'accointances entre la famille Kennedy et la mafia, mais j'avoue ne pas m'être penchée sur la question.

Et pour finir, pardon pour la longueur de ce commentaire et la pluie de liens dont il s'accompagne.

 

Alphabet grec

Article lié : L’Auteur marmonne...

jc

  14/02/2017

Avec ses "intuitions hautes" et ses subtiles analyses, PhG représente pour moi typiquement l'esprit de finesse.

Sur ce site je me suis pris à tenter de jouer* le rôle de l'esprit de géométrie, instaurant une sorte de contre point, de dialogue monologué.

Je suis en train de lire le tome II de "La Grâce" avec l'impression d'avoir passé assez honorablement les deux premières parties (ça ne se lit pas comme un roman de gare!). 

J'entame actuellement la troisième partie. Et là je suis bien obligé de constater que je coince complètement pour l'instant. Je coince sur  "cette précision [de PhG] comme une chose essentielle à répéter, -la psychologie comme outil de la pensée et nullement sa substance elle-même".

Me voilà donc pour l'instant coincé et paumé entre PhG et la psychologie.

Phi!  Qui?  Psy!


* Les mathématiques sont un jeu

@ François Jéru

Article lié : La bestiole & Delenda Est Systema

jc

  14/02/2017

Cher Monsieur,

Je ne crois pas qu'il soit d'usage sur ce site de dialoguer entre forumeurs. Je vous réponds néanmoins.

Tout d'abord mon pseudo est "jc", "JC" pouvant être considéré comme renvoyant à "Jésus Christ", un "Jésus Christ" d'ailleurs directement concerné ici.

J'ai commencé il y a une semaine "La Grâce de l'Histoire". Et je me suis aperçu que le mot "inversion" était un mot-clé dans la vision qu'a Philippe Grasset de l'Histoire. Je vais tenter, dans ce qui suit, d'expliquer les raisons de mon inversion, qui vous choque visiblement, mais que je vois dans le prolongement de ce qu'écrit PhG dans "La Grâce" (tome II, p.179): "... on assiste aujourd'hui… à une déroute complète des religions monothéistes".

Le Logocrate (je majuscule pour bien différencier du logocrate faussaire, du nominaliste) PhG a ses intuitions hautes qui ont force de démonstrations, intuitions hautes qui le confortent, l'intronisent même, dans sa position de Logocrate. Je respecte.

J'ai d'autres intuitions. Des intuitions basses, bassement matérialistes, diront certains (direz-vous?). Elles ne me sont pas venues toutes seules, je ne suis pas assez malin pour ça. Elles me sont venues de la lecture de l'œuvre de René Thom, René Thom qui a réussi selon moi, plus de deux mille ans après, à faire la première ébauche de synthèse d'Aristote et de Platon.

Pour Thom ce qui fonde et domine la pensée c'est l'opposition discret/continu. Et, pour des raisons qui apparaissent à la lecture de son œuvre, pour lui le continu précède ontologiquement le discret. Il s'ensuit que pour lui la Matière aristotélicienne précède ontologiquement la Forme (alors qu'Aristote n'arrive pas à prendre position entre le logocrate de l'Organon et le matérialiste de la Physique).

Aristote est substantialiste: pour lui, en aucun cas, la substance ne peut être un prédicat de l'étendue. Inversion fondamentale que fait Thom, Thom qui, par conséquent, est fondamentalement non aristotélicien. 

Thom est un géomètre. Comme Platon, qui écrit ("Dieu, toujours, fait de la géométrie") mais n'écrit pas (je crois…) "Dieu, toujours, fait de l'arithmétique"). Thom (très certainement) et Platon (à mon avis) privilégient la Matière par rapport à la Forme. Pour moi ce sont, à l'instant où j'écris ces lignes, des Matérialistes, pas des Formalistes, pas des Logocrates. (Selon moi Thom est aristotélicien de coeur et platonicien de raison).

Le vocable "Mère Nature" ne vient pas de moi, mais de Thom. N'ayant pas ma documentation avec moi dans mon camping-car, je cite de mémoire la fin de la conclusion d'un article de "Modèles mathématiques de la morphogénèse": "Le mathématicien est comme un nouveau-né qui babille devant Mère Nature. Seuls ceux qui arriveront à maîtriser son langage pourront ultérieurement engager le dialogue avec Elle. Les autres bourdonneront dans le vide, bombinans in vacuo."

Voilà, j'en ai fini. J'ai argumenté de mon mieux ma position.

Bien cordialement,
jc.

Le Temps des Cathédrales

Article lié : L’Auteur marmonne...

jc

  14/02/2017

Trois heures du matin. Une ombre se glissa dans la cathédrale. L'intérieur de l'édifice était éclairé par l'étrange lumière réfléchie de la lune. Qui incitait à la réflexion.

Tout était équilibre, ordre, harmonie.

C'est alors que moines et nonnes prirent en silence position dans le chœur. Et se mirent à chanter:

https://m.youtube.com/watch?t=0h0m1s&v=c_E95ZiTUUA


"La Grâce de l'Histoire", tome II, pp. 125 à 150.

M Flynn demissionne

Article lié : Obama nous prépare “sa” guerre civile

Laurent Demaret

  14/02/2017

Verbiage nominaliste vide de sens  Exemple

Article lié : La bestiole & Delenda Est Systema

François Jéru

  13/02/2017

en ref. eng.globalaffairs.ru/pubcol/A-view-from-Moscow-18573

" Russia and the U.S. could even try together and bringing in other partners on a common effort of strengthening international strategic, stability including finding a constructive role for nuclear weapons in the new more turmolous world."


Egalement vide de sens

 

That is why, while continuing its move to the East, Russia, this time with China and other Asian partners has officially started to promote the concept a partnership of Greater Eurasia – a common space of development, cooperation and security from Shanghai (or Singapore or Tokyo) to Lisbon

 

à JC :

Article lié : La bestiole & Delenda Est Systema

François Jéru

  13/02/2017

En ref. "Pourquoi ne se convertirait-elle pas en une religion matérialiste et féminine, Dieu devenant Déesse, La Mère Nature, à la Spinoza"
—————————————————————————————————————————-

Il est bon de chercher, mais là ;-) fausse piste. Les mots sont des pièges.
Mère est un mot clair ou à peu près, quand [Si] c'est naturel justement
Nature est un mot qui parle aussi à peu près  quand [Si] elle n'est pas défoncée, dévoyée, envahie par [...], infestée, rendue toxique et mortelle
Le mix des deux "Mère Nature" est une imposture, une séduction toxique insane, maléfique. Vous entrez dans un parc en fouchtra ou dessiné à l'anglaise ou à la française; ce Parc n'est pas une Mère.

Des dents et des griffes ...pas de papier!

Article lié : Ménagerie en papier

Auguste Vannier

  13/02/2017

Tout cela semble désormais devenu claire pour un grand nombre de citoyens, même très moyennement informés par des media en décrépitude:  les USA ont mené en douce une guerre économique implacable et quasi mafieuse en rackettant le monde entier  au nom de "leur globalisation".
Une grande partie des soi-disant "élites" européennes, fascinée par le "rêve américain Hollywoodisé" qui les a nourri,   ne voit toujours rien et persiste à ramper devant l'Empire. 
Tigre de papier certes mais qui fonctionne comme une icône sacrée et qui de ce fait possède des dents et des griffes bien réelles.
Un animal d'autant plus dangereux qu'il commence d'être aux abois…Prêt à entraîner la planète dans sa chute .

Tigre de papier , çà leur convient tout à fait .

Article lié : Ménagerie en papier

Christian Feugnet

  13/02/2017

La planche à billets çà va encore marcher dare dare . Ils ont ( on va dire Trump ) compris qu'ils avaient dépassé quelques limites , ils réajustent , tout au moins ils tentent de le faire , se disant qu'ils ont encore du mou , pour le faire . Alors çà s'éclaircit quelque peu , calmer le Pentagone , ou plutot le complexe , lui donner un os quand méme , l'Iran , la Chine ....
Pour l'essentiel , c'est pas le retour de l'Etat , en sa possibilité , peu probable d'intéret général , c'est d'autres lobbys plus "réalistes" , en l'occurence Goldmann Sachs  . Tout continue , en mieux ajusté , enfin autant que possible , parce que pour ce qui du bordel comme ne dit pas Ph Grasset , çà s'arrange pas , au contraire . C'est comme çà avec des lobbies , s'il n-y a rien pour les gouverner , y en a un qui tire à gauche , l'autre à droite , des fois en méme temps , des fois tour à tour , et encore on est dans une configuration ultra simple . Alors on est comme le héros d'Aghata Christie
Hercule Poirot , qui déjà n' a rien pu faire pour les empécher de nuire , sans toujours le méme succés pour résoudre l'énigme . La tentation est grande alors de laisser tomber le politique proprement dit , le laisser aller à son triste sort .

Sans

Article lié : Philosophie de l’hyperdésordre global

Ni Ando

  12/02/2017

Un point de vue russe sur le désordre en cours, qui reste assez général, mais confirme ce qui était déja visible avant l'avénement de D. Trump. La prise du pouvoir par Trump est bien sûr la conséquence d'une évolution passée beaucoup plus que le signe de ruptures à venir dont sans doute même Trump a des difficultés à prévoir le moment et la nature.

La politique russe vers l'Asie et la prise de distance à l'égard du bloc BOA remonte à 2005. C'est une politique du temps long. Il s'agit d'une décision stratégique qui prenait acte des grandes évolutions tectoniques alors en cours et qui sont loin d'être achevées.  Ce qui crée la difficulté c'est que les Etats-Unis n'ont pas de politique du temps long, juste le besoin de se rattraper aux branches d'un pouvoir qui fond inexorablement. 

http://eng.globalaffairs.ru/pubcol/A-view-from-Moscow-18573

 

Inversion

Article lié : La bestiole & Delenda Est Systema

jc

  12/02/2017

Je suis en train de lire le tome II de "La Grâce de l'Histoire" et je m'aperçois que le concept d'inversion   
apparaît central dans la vision qu'a PhG de la métahistoire, de l'Histoire.
(Sans rien dévoiler de ce qu'il dit, il y a, selon moi, un temps fort à ce sujet p.86).

Pour moi (et pas que!), nous arrivons actuellement à la fin de quelque chose.
- Ce peut être un effondrement qui laisse le monde chaos-debout*, c'est ce que nous a prédit Margaret Thatcher (TINA);
- Ce peut être la fin d'un cycle et donc le début d'un nouveau, une transition de phase, comme disent les physiciens.

Dans la deuxième hypothèse les physiciens nous disent qu'il y a une hiérarchie dans la catastrophe que constitue dans tous les cas une transition de phase: il y a des transitions abruptes et des transitions lisses, continues.

Dans l'hypothèse d'une transition abrupte, d'une inversion brutale de quelque chose, quel pourrait être ce quelque chose.

L'un des exemples physiques les plus simples de transition abrupte est le passage de l'eau liquide à la glace ou de l'eau liquide à la vapeur d'eau.

On sait, en consultant par exemple Wikipédia, que l'on peut maintenir de l'eau liquide à nettement plus de 100 degrés Celsius et à nettement moins que 0 degrés Celsius: il suffit d'une pression plus élevée que la pression atmosphérique. On sait également que la transition de phase s'effectue lorsqu'on introduit où apparaît spontanément un germe de la nouvelle phase (bulle de vapeur dans un cas, cristal de glace dans l'autre). Et, pour terminer, on sait que la transition sera d'autant plus abrupte (éventuellement dangereuse) que l'on se sera écarté des températures normales de changement de phase.

Notre situation sociale actuelle est mauvaise, tout le monde le sent. Mais nous restons dans l'état où nous sommes en retenant notre souffle tant que nous ne savons pas comment notre société va évoluer, TINA oblige. La tension sociale, la pression, monte, mettant de plus en plus les citoyens dans l'état psychologique "tout sauf cette souffrance insupportable, et tout de suite" (état psychologique qui peut rapidement mener au désastre si, par exemple, un charismatique tribun à moustache et mèche pendante passe à proximité).

Voit-on apparaître des bulles ou des cristaux "sociaux" qui nous indiquent vers quelle transition de phase sociétales on se dirige probablement. 

J'en vois trois.

- L'un assez ancien, qui remonte au début du XXème siècle (suffragettes anglaises) qui concerne la place de plus en plus importante de la femme dans la vie publique, la société civile, avec toute récente accélération brutale aux USA avec une importante manifestation féminine anti-Trump.

- Le deuxième plus récent (post 2008) qui voit des tentatives de court-circuiter la finance internationale (food-stamps aux USA et maintenant, paraît-il, en Grèce, tentative d'instauration de monnaies d'échange, de troc, bitcoin, etc., MLP annonçant qu'elle allait (r)établir une monnaie nationale en restant dans l'Euro.

Le troisième, tout récent, étant la réinstauration par Trump de barrières douanières (voire de barrières tout court!).

Compte tenu des points 2 et 3, j'entrevois la possibilité d'une transition de l'économie marchande actuelle (la chrématistique d'Aristote) vers une économie domestique (l'oeconomia d'Aristote), économie domestique (mondialisée) qui peut être gérée en "bon père de famille" ou en "bonne mère de famille".
Compte tenu du point 1 et de la façon dont je vois évoluer les religions, je la vois plutôt du type "bonne mère de famille".


* I like!

Logocrate nominaliste

Article lié : La bestiole & Delenda Est Systema

jc

  12/02/2017

Nominalisme.


https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Nominalisme


Le nominalisme est un penchant naturel pour le logocrate ("l" minuscule).

"Les nominalistes rejettent la conception idéaliste platonicienne (nommée aussi réalisme dans la thèse : universalia sunt realia ante rem) selon laquelle ils ont une existence immanente a priori, et lui oppose que ces universaux sont définis essentiellement par leurs noms(« nomina »). "

Cette citation montre que PhG n'est pas, surtout pas, un nominaliste (tel Hobbes, "l'homme est un loup pour l'homme").

J'ai déplié mon divan psychanalytique pendant plus de cinq ans sur le blog du médiatique Paul Jorion, anthropologue de formation initiale, cultivé, curieux de tout, économie, philosophie, intelligence artificielle, etc. J'ai été attiré par son blog parce que non seulement il a lu Thom, mais, chose rarissime, il a utilisé ce qu'il a lu (et j'ai fait du prosélytisme pour l'œuvre de Thom, pendant toutes ces années). D'une part en tant qu'anthropologue où il a reconnu dans les populations Xwéda du Bénin un fétichisme(?) où il a reconnu les sept catastrophes élémentaires de Thom, d'autre part dans son "Principes des Systèmes Intelligents" (qu'il considère comme ce qu'il a produit de plus élaboré) où il utilise le concept de "chréode" (dû à l'embryologiste Waddington, concept mathématisé ultérieurement par Thom) pour implanter son logiciel ANELLA d'intelligence artificielle.

L'approche de son PSI est clairement nominaliste (auto-organisation d'un univers de mots). Et on voit que ça bloque (à mon avis bien entendu), du côté du chapitre XIII, où il avoue qu'il n'existe pas de théorie de la signification*, et donc que ce qu'il fait n'a pas de sens, qu'il manque le pendant sémantique à la partie syntaxique" (tout à fait intéressante, autant que je sache, c'est-à-dire bien peu, car originale, sortant des sentiers battus) développée dans le douze chapitres précédents.

Jorion n'est pas nominaliste seulement dans PSI. Il l'est tout le temps (et donc, sur ce point, est cohérent). Dans son deuxième bouquin phare "Comment La vérité et la réalité furent inventées" il se mesure à Thom:

Thom: "La Physique est une magie contrôlée par la géométrie";
Jorion: "La Physique est une religion contrôlée par des noms communs".
Plus nominaliste que Jorion tu meurs!

De façon là aussi très cohérente Jorion est antiplatonicien et son dernier bouquin est un brûlot contre Platon (pas du tout convaincant à mon avis), alors qu'il est à la gloire d'Aristote (vu par Jorion puisqu'il le qualifie de nominaliste!).

Là où, à mon avis, Jorion n'est pas cohérent, c'est qu'il se trouve, en tant que nominaliste, avec le Systémiste-en-chef Hobbes, alors qu'il le combat farouchement par ailleurs.

Pourquoi dis-je tout ça?

D'une part parce que j'ai envie de dire ça sur Jorion et qu'il n'est pas question, par correction, que je le dise sur son blog. 

D'autre part parce qu'il représente typiquement le penseur-Système qui essaie de combattre le Système de l'intérieur. Voué à l'échec à mon avis, et là je ne pense pas que PhG me contredira.

Enfin parce que son approche est, toujours à mon avis, typique de toutes les approches purement nominalistes: les nominalistes ne sont pas de véritables Logocrates, ce sont des Logocrates (parfois subtilement) faussaires. 

Et c'est, à mon avis, au fond le reproche que l'on peut faire aux informaticiens. Pour Thom en effet "c'est la géométrie qui évite le décollage sémantique de l'algèbre" donc , en particulier, des logiciels informatiques trop volumineux. Décollage sémantique qui empêche peut-être justement le F-35 de décoller. 


 * ce en quoi il n'a pas lu (ou mal lu) Thom.

Dieu nécessaire pour bien penser?

jc

  12/02/2017

Dieu nécessaire pour bien penser?


C'est ce que préconise PhG.

Pour un matheux la question est: l'infini est-il nécessaire pour un mathématicien?

Pour moi la réponse est "oui". Précisément parce qu'un mathématicien qui limite son horizon en refusant de penser l'infini s'appelle un informaticien.

Comme Dieu pour le penseur "classique", l'infini apporte au mathématicien une cohérence impossible à obtenir sans.

Sans l'infini ce qui reste des mathématiques est ce qu'on appelle la mathématique combinatoire: on se donne un ensemble fini, des règles, et on se pose des questions, des devinettes, auxquelles on tente de répondre. Ainsi le Sudoku, le Rubik's cube. Parfois par essais-échecs, parfois par pur raisonnement, souvent par une combinaison des deux, on trouve la solution, on est content. Mais souvent on est frustré, on a résolu le problème, on sait comment ça marche, mais on ne sait pas pourquoi ça marche.

Et, parfois, la réponse au pourquoi est donnée grâce à l'infini. Un cas typique est le théorème de classification des groupes simples finis:
  
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Classification_des_groupes_simples_finis

Voir aussi le court et limpide "A quoi sert l'infini en mathématiques" de Patrick Dehornoy:

http://www.math.unicaen.fr/~dehornoy/Talks/DymRouenS.pdf

Il y a deux sortes d'infini en mathématiques: l'infini de l'arithméticien, le "etc." du 0,1,2,3,..., etc.
et l'infini du géomètre, le continu.

L'infini du géomètre a une importance considérable, beaucoup plus, selon moi, que l'infini de l'arithméticien. Car c'est l'infini du géomètre, c'est le continu qui assure l'intelligibilité, c'es la géométrie qui donne son sens à l'arithmétique.

Il n'est pas inutile, à ce point, de quitter les mathématiques et de revenir dans la vraie vie. Par les correspondances arithmétique-forme-verbe et géométrie-matière-chair. Au flair (je n'y connais rien en religions), je vois les trois religions monothéistes comme des religions du Verbe, des religions Logocratiques et masculines. 

Je suis en train de lire la partie "Christianisme" du tome II de "La Grâce*". Et j'y apprends que pour PhG le Catholicisme est mal en point, et ce depuis fort longtemps. Pourquoi ne se convertirait-elle pas en une religion matérialiste et féminine, Dieu devenant Déesse, La Mère Nature, à la Spinoza?


* A lire absolument

Contre-sens?

Article lié : La bestiole & Delenda Est Systema

jc

  12/02/2017

J'ai repéré je ne sais où sur le site cette phrase que j'ai trouvée sublime (mais malheureusement hors contexte) que je restitue ici approximativement: "Il faut reconstruire la pensée comme jadis on bâtissait les cathédrales".

Et, avec mes idées thomiennes (j'adore les oxymores), j'ai aussitôt glosé sur la rationalité thomienne, rationalité topo-logique, différente de la rationalité basique, de la rationalité-Système (en gros ce qui reste de l'organon aristotélicien après laminage par le Système -Boole, Frege, la rationalité des ordinateurs, etc.-). Dernier en date: la séquence naissance-vie-mort traduite en
- dynamique de gradient-source,
-bifurcation (de Hopf),
- dynamique cyclique (hamiltonienne),
-bifurcation again,
-dynamique de gradient-puits.

Mais je suis actuellement en train de lire le chapitre "Cathédrales" du tome II de "La Grâce"* et je m'aperçois que j'ai peut-être fait un contre-sens.

Il m'apparaît en effet à la suite de cette lecture que PhG veut dire par cette phrase qu'il faut absolument faire une place à Dieu dans nos pensées si nous voulons penser correctement. (Et PhG de détailler sa méthodologie p.103, en grassant -Grasset adore grasser-) "presqu'avec l'état d'un athée s'il le faut")

Finalement ce contre-temps, ce contre-sens, ne me dérange pas, au contraire. Car pour un matheux, Dieu c'est l'infini, et l'infini, le matheux joue (les mathématiques sont un jeu) avec tous les jours.

* A lire absolument!