Jean-paul Baquiast
31/05/2017
Il est bien évident que les Zbig d'aujourd'hui, notamment au sein de la CIA, continuent à jouer le même jeu en mobilisant les gouvernements "occidentaux" contre Moscou. L'acceuil fait par Macron à Poutine le 30 à Versailles , ne doit pas signifier que ledit Macron pourra récupérer, entourage obligeant, la claivoyance et l'indépendance nécessaires
Serge Laurent
31/05/2017
Il n'est pas exact que les moudjahidin ont lutté "d’abord contre le régime communiste de Babrak Karmal puis, à partir de décembre 1979, contre les Soviétiques de l’Armée Rouge également".
En effet, Karmal a été mis en place au momment de l'intervention sovietique. Avant, le pays était dirigé par les communistes Taraki (tué par Amine) puis Amine (tué par les russes).
Il est incorrect de parler de prédestination pour décrire "les fruits amers" dont les USA ont semé les graines, mais plutot de loi du Karma : Les mauvaises actions provoquent une rétroaction négative sur leur auteur.
Autre mauvaises actions de Zbig, oubliées car sans feedback karmique pour l'instant, le soutien aux khmers rouges contre les vietnamiens, le soutien aux indonésiens contre les timorais, le soutien à Saddam pour envahir l'Iran. Ces bagatelles évitables ont massacré des centaines de milliers de gens. Cela suffit à faire de Zbig un super-criminnel à cornes et queue fourchue. Fourniret n'est qu'un amateur à côté de ce démon.
Ni Ando
31/05/2017
L’inconnaissance est cet état de « ni être – ni non être » déjà évoqué ici dans lequel les pensées suivent leur cours mais dans lequel, différence essentielle avec l’état mental habituel, l’être ne s’identifie plus à celles-ci. Ainsi libéré d’un fatras intellectuel (ce n’est pas forcément péjoratif) d’une nature essentiellement répétitive, l’être retrouve un espace intérieur qui permet au neuf d’apparaître. Ce neuf recouvre des sensations venues de l’inconscient (qui est en fait en grande partie un inconscient collectif) et de ses propres perceptions, la recréation d’une sensation d’unité où les éléments du monde se ré-harmonisent les uns par rapport aux autres pour former un tout cohérent lié à la seule chose qui soit vraiment c’est-à-dire ce qui se passe maintenant. Cet état permet une pensée plus libre, plus créative, car bien moins soumise aux automatismes de l’intellect. Il y a quelque chose qui « sait » déjà en nous, avant même le déroulé de la pensée qui « raisonne ».
Pour en revenir au Macron, ses déclarations concernant RT et Sputnik (des médias à la fois malins et intelligents) démontrent à la fois l’étonnante médiocrité intellectuelle de l’individu (on songe aux commentateurs de Fox News, de CNN, de la BBC, du Monde..) mais surtout la boursouflure de son ego : sa frustration semble surtout la conséquence de ce que, selon lui, sa modeste personne aurait été injustement mise en cause par les médias russes. Avec de telles dispositions de départ on peut d'ailleurs s'inquiéter de ce que le Macron sera devenu dans un ou deux an. La macronite de commande qui a submergé le système médiatique français ne l’avait pas habitué à un tel manque de déférence.
jc
31/05/2017
Je trouve que le simulacre sied bien à notre contre-civilisation, voire la caractérise.
Macron simule-t-il ou dissimule-t-il?
https://www.streetpress.com/sujet/1486723160-macron-le-monde
Jeannot
31/05/2017
L'Allemagne, autrefois national-socialiste, est devenue, croit-elle, place forte du global-capitalisme, comme on le lui avait demandé. C'est à ce titre qu'elle estime pouvoir se démarquer des Anglo-Américains. Son Quatrième Reich, l'UE, est entièrement soumise à la banque centrale de Francfort, et au principe du multikulti. N'est-elle pas obéissante, l'Allemagne ? N'applique-t-elle pas, mieux que ses occupants, les dogmes apportés si généreusement par Bomber Harris ?
C'est une approche très allemande : s'ordonner à partir d'une règle, que celle-ci vienne d'ailleurs ou de soi-même. Et si la règle, c'est la loi de la jungle, alors on s'adapte, on s'ordonne.
En l'absence de règle venant d'Amérique, l'Allemagne version Francfort, cherchera donc à imposer la sienne.
Comme j'ai bien lu Nicolas Bonnal et Philippe Grasset (pas encore en livre), je sais que le discours des lumières est engendré par la promesse de l'industrie. Que la haute-finance y a pris son parti, et que celle-ci s'est étendue en répandant, dans ses propres médias, devenus nouveau clergé, un persiflage démocratiste (contre ses ennemis de l'ancien monde). En 3 siècles on a pan par pan supprimé les lois divines des peuples pour celles du marché unique, le nouveau tout-puissant. Soit par des révolutions de couleur, soit par des guerres, ou quelque chose qui mêle les deux, comme les élections 'libres' à l'américaine.
L'Amérique est une industrie de la promesse de l'industrie. Mais, pour parachever le système relativiste, à base de cryptomonnaie globale, de démocratie liquide, il faut mettre fin à toute politique, même américaine.
Trump enclenche donc chez les Illuminés la mécanique qui permettra la dissolution finale des États-Unis dans l'architecture globale. Être sincèrement anti-impérialiste, quand on est POTUS, c'est fatalement se tirer une balle dans son pied. Or, si cela n'arrange pas l'establishment à première vue, à y voir de plus près, c'est le défi dont il a besoin. L'option très crédible, c'est que Trump prenne le rôle de Buchanan en 1856-1860, ce démocrate (au sens encore jacksonien, donc populiste) qui fut élu pour éviter Frémont (du tout nouveau parti républicain, ultra-libéral et modèle de tous nos partis de révolution bourgeoise). Vers 2020, comme en 1860, l'impérialisme du Nord, cette fois-ci globalisé et globaliste, pourrait l'emporter. Il suffirait d'un petit effort de censure sur le réseau social de Marc Montdesucre. Tout le monde comprendra, comme ce mois-ci avec Macron, de quoi il en retourne, et ce sera enfin la guerre totale, de l'Empire ésotérique contre les derniers îlots de résistance aujourd'hui coalisés.
À moins que d'ici là, les Occidentaux comprennent le monstre qu'ils ont créé, et en viennent à ouvrir une nouvelle ère qui remette en cause le pire de ces 3 siècles. Mais il ne faudra pas attendre quoi que ce soit de la Russie : depuis 3 siècles aussi, c'est l'Ouest qui invente, l'Est qui résiste, et enfin qui cède… à nous donc, de trouver en nous le meilleur…
Marc Gébelin
30/05/2017
Qui s’intéresse aux "apparences" c'est-à-dire à l’essentiel, aura remarqué le ton et le discours de notre président. Une élocution fluide et structurée contraire à celle de l’ex-poire qui, de ses gestes mécaniques et malvenus pour appuyer une idée, était la risée de tous. Il aura remarqué aussi quelque façon pourtant de son mentor, notamment cette main qui essaye d’appuyer un propos mais à contre temps, et surtout un faciès calme, un ton adapté à l’évènement, un regard assuré et des mots formant des phrases structurées qui avaient quand même un sens clair. Donc première impression, la souris n’est pas accouchée de la montagne mais un gros rat se positionne bien au sortir de son terrier fraichement percé dans colline.
Quand on se rappelle le vide sidéral de ses discours de campagne on se pose des questions… Macron a-t-il joué l’idiot ("il n’y a pas de culture française mais une culture en France", ou bien "la colonisation fut un crime contre l’humanité"), ou a-t-il depuis reçu une grâce que son boulgi boulga ante-présidentiel nous interdisait de voir? S’il a joué l’idiot c’est qu’il est plus qu’intelligent, car une idiotie jouée ça se prépare et ça se maitrise, et c’est pas Jacob Attali, cette vieille bique mondialiste qui vend des pantalons à une jambe à Christian, qui maîtrisait ça pour son poulain. Et ces envolées, ces rugissements d’estrade, cette hystérie parfois où certains ont vu de la poudre blanche en arrière plan ?
D’un autre côté c’est aussi un gamin qui s’imagine que le sort de LGBT en Tchétchénie ça touche Poutine, lui qui a mis le paquet il n’y a pas si longtemps pour dératiser cette république « jusque dans les chiottes » et qui l’a payé de plusieurs milliers de morts, Tchétchènes et Russes, et qui maintenant, a un fidèle en la personne de Kadirov qui lui a dévoué une armée prétorienne au cas où il en aurait besoin, sans toutefois violer la constitution russe qui l’interdit. Un gamin aussi qui se croit permis de mettre des "lignes rouges" sur "le chimique" évidemment en provenance d’Assad et en menaçant Vladimirovitch de représailles à 100% françaises au cas où ça se renouvellerait!... Poutine, les traits un peu tirés, vraisemblablement fatigué a dû bien se marrer in petto lui qui foutu en l’air la moitié de missiles de croisières dernier cri des amerlos, que l’autre connard de la maison blanche a cru devoir envoyer quand le président chinois Xii Ping avalait son dessert?
Il était attendu que le jeunot de 39 ans fasse la leçon à l’autocrate de toutes les Russies, sans se rendre compte du ridicule. D’ailleurs personne ne s’est rendu compte du ridicule, même pas Poutine qui l’écoutait blasé!... Il faut bien que jeunesse se passe, n’est-ce pas ?... En toute objectivité, sur le plan Com, Versailles était bien choisi, Pierre le Grand aussi surtout si on se souvient que le roi Soleil était derrière la Lune depuis deux ans déjà et que le petit Louis XV était effectivement petit en 1717!
Si notre Emmanuel va trainer ses guêtres à Saint Petersburg et visite le Peterhof qui plonge dans la Baltique, il pourra se rengorger encore plus en se disant que ce palais a été construit à l’imitation de Versailles et que là, comme en beaucoup de lieux du monde, domine la « culture française » qui d’après lui n’existe pas.
Théo Ter-Abgarian
30/05/2017
Il est certain que Zbig oblige à nous faire changer de grille de lectures. Ses paramètres n'ont rien à voir avec nos paramètres d'Européens Old School. Ils sont plus que post-modernes, mais en même temps vieux comme le monde voir Hobbes : La Passion et les Intérêts…
Zbig c'est l'intérêt-pétrodollar et la passion-russophobie. Rien de neuf, mais pour un Européen Wetphalien, tout un monde. L'Islam est évidemment absent des radars de Zbig et c'est normal. Je n'ai vu la guerre du Yémen pays peuplé des musulmans les plus pauvres de la Terre condamnée nulle part par les défenseurs de causes qui "méritent" d'être des causes (la galaxie BHL, entre autres, en hibernation au find fond des glaces de ses calculs égoïstes).
Georges Dubuis
30/05/2017
FANTAISIE sociétale,pré dévoreuse, pré occupant de temps, le monde meilleur sans cesse renouvelé style IKEA, liberté uber alles vs servitude à l'Est juste remis d'une vérole du vraisemblabla théorique…le marxisme qui se décompose rapidement ici….avec Mélanchon comme dernier des héros quoi de la REVOLUTION…. dernière religion du délire du mieux qui comme chacun sait est l'ennemi du bien.
GPS: un autre autodidacte, Mr Grasset….à la poursuite de l'étude Damien Viguier…... toute la, sa, vie.
https://www.youtube.com/watch?v=YuN1xydKheY
jc
29/05/2017
Je suis de ceux qui pensent que le monde numérisé que l'on nous propose (et parfois nous impose) n'est, ne peut être, que simulacre.
Typiquement il s'agit métaphoriquement de l'inversion carte-territoire, la numérisation donnant l'illusion que la carte est plus réelle que le territoire. Formidable inversion qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives et tous les délires*. Citations:
" (...) où se trouve le monde réel, l'univers concret dans lequel nous vivons? La réponse est simple: le monde concret se trouve immergé dans cet abîme, qui sépare le vrai continu, celui que nous procure l'intuition immédiate du temps, du faux continu pseudo-numérique [la simulation] que nous fabriquent les Logiciens et autres théoriciens des fondations de la Mathématique."
(Je rappelle que "le faux continu pseudo-numérique" ne permet pas de résoudre les paradoxes de Zénon.)
" En ce qui me concerne je préfère croire à un réel - non globalement accessible parce que de structure stratifiée - dont l'herméneutique de la théorie des catastrophes permettant de dévoiler progressivement les "fibres" et les strates. Mais tout progrès dans la détermination d'une telle ontologie stratifiée en "couches" d'être nécessitera: i) l'emploi de mathématiques pures spécifiques - parfois bien difficiles - dans les théories jusqu'ici purement conceptuelles des sciences de la signification; ii) La reprise d'une réflexion philosophique sur la nature de l'être que les divers positivismes et pragmatismes ont depuis longtemps occultée."
* La dette mondiale cumulée (publique et privée) est, paraît-il, de l'ordre de 100.000 milliards de dollars. Cela représente une liasse de billets de 1 dollar (épaisseur 0,13 mm) dont la hauteur est de l'ordre de 10 fois la distance terre-lune (10 fois plus pour un empilement de pièces de 1 dollar). Et au cours actuel cela représente environ 3 millions de tonnes d'or (30.000 tonnes avant guerre, réserve supposée US actuelle de l'ordre de 10.000 tonnes).
eric b.
29/05/2017
tout d'abord, chronologiquement, l'affaire de crimée est arrivée aprés le début du foutoir en ukraine ( il faut aussi comprendre poupou, au bout d'un moment, comme disent les douaniers, passées les bornes, y'a plus de limites !).
deuzio, le mépris semble devenu réciproque, du point de vue européen, et c'est tant mieux et j'imagine que le premier monténégrin ne s'en plaindra pas.
ça fait quand même un moment que les chefs UE se font marcher sur la tête en remerciant l'oncle sam ( en france depuis le départ de chirac ).
c'est un peu comme dans un vieux couple où le (la) soumis(e) se décide à enfin riposter et ça peut aller loin ...
point suivant, c'est à dire l'impérium profond : j'ai l'impression tenace que les grands chefs étoilés sont terrorisés par la versatilité et le coté éruptif de leur commander in chief, en particulier actuellement au niveau de la péninsule coréenne, où tout est proche de tout, géographiquement parlant bien sûr, et où la déconne pourrait vite dégénérer, même sans missiles, la bonne vieille artillerie étant largement suffisante.
j'imagine, et ça doit être mon coté méchant, que ce pauvre mattis doit avoir un sommeil bien agité en plus de journées carrément stressantes…
quatro, le pognon : là, il est possible que nos avis divergent légérement.
je vois mal les grands chefs du corporate power, type google, microsoft, etc, avec des chiffres d'affaires de puissance moyennes, et surtout des bénéfices annuels de milliards de dollars, rester sans rien faire si des mesures de rétorsion commerciales devaient s'appliquer à leurs précieux produits.
de plus, pour ces boites mondialisées, le plus important du plus important, c'est l'image qu'elle donne à voir aux foules ébahies et être d'accord avec une administration qui nie, par exemple, la réalité de la catastrophe écologique déja enclenchée, ça peut faire tâche sur un cv (de futur prétendant à la fonction suprème type zuckerberg ?).
sans compter aussi les états progressistes-sociétaux-et-compagnie côtes est et ouest qui peuvent mener, dans certaines limites, leur propre politique.
je n'irai pas jusqu'à imaginer que la planète puisse être sauvée par le capitalisme mais, tactiquement parlant, ces loups pour l'homme peuvent être amenés, si vraiment les circonstances l'exigeaient et en dernières extrémités, à tempérer quelque peu les ardeurs du donald.
sinon, et pour conclure sur une note optimiste, je suis assez d'accord avec vous sur le fait que le président actuel des états unis d'amérique est un personnage flippant.
portez-vous bien
Ni Ando
28/05/2017
Les vassaux qui faisaient semblants d'être des commensaux font mine de vouloir assumer une nouvelle liberté en dehors des liens de vassalité qui les attachent au régime de Washington. Tel n'est pas le souhait de ce dernier qui entend conserver en l'état le lien de subordination mais souhaite désormais lever un impôt, une sorte de quote-part pour frais et charges. Pourquoi pas?. Ce n'est pas la première fois que le suzerain entend faire payer ses vassaux.
Vu du côté du club UE c'est un facteur de désordre. Sans suzerain pour unifier les ressources pas de puissance intégrée, et donc retour à l'Europe des Nations. Perspective abhorrée à Bruxelles. Qui prendrait donc le relais de la puissance chancelante de Washington? L'Allemagne ? L'on voit déja les mines s'allonger en Pologne, en France, en Hongrie, en Grèce et ailleurs. L'"amitiè franco-allemande" c'est une chose (qui n'existe d'ailleurs réellement que du côté français), un lien de subordination de facto c'est tout autre chose. Les déclarations de Mâme Merkel, si elles sont suivies d'une quelconque traduction opérationnelle, vont soulever bien des chamailleries mesquines.
Christian Merlinki
28/05/2017
"de la logique des causes à effets" :
La vitrine en images de l'Amérique des affaires doit troubler le 45ème président puisqu'il en oublie, dans son énumération venimeuse, la célèbre Mercedes qui fut conduite par tous les protagonistes de la série Dallas, véritable fleuron télévisuel de l'american way-of-life oligarchique dont il est un digne héritier spirituel de J.R.
François Jéru
26/05/2017
Oh, comme il est migon ce chou [[ tZhou]]
De Montbrial le 23 mai 2017, après avoir cité Pascal
"Mathématicien d’origine, j’ai étudié les modèles théoriques du marché parfait. C’était absolument fascinant, il y avait des théories magnifiques de la perfection des marchés, d’ailleurs récompensées par plusieurs prix Nobel et enseignées dans toutes les grandes universités
jc
25/05/2017
" (...) rappelle Mattei, depuis Platon : « Au troisième niveau de réalité, on constate une rupture : la simulation se substitue à la modélisation et à la représentation. Le simulacre, en tant que résultat de cette opération, possède un pouvoir de déréalisation des précédents niveaux de réalité en raison de son procès de virtualisation. »
PhG: " (...) l’allégorie de la caverne de Platon est le simulacre-type."
En général je me prétends* en symbiose avec ce que je crois comprendre à la fois de René Thom, esprit de géométrie, et à la fois de Philippe Grasset, esprit de finesse. Mais là ("l’allégorie de la caverne de Platon est le simulacre-type") il ne fait guère de doute pour moi que les deux appréciations de RT et de PhG diffèrent fondamentalement.
Voici en effet ce qu'écrit Thom dans la dernière partie de la conclusion de "Esquisse d'une Sémiophysique", intitulée "Démiurgie et herméneutique", après avoir dans un premier temps qualifié l'approche des physiciens modernes de "démiurgique":
"A cela s'oppose une attitude que j'appellerai "herméneutique". Là on se place dans la situation de l'homme assis dans la caverne de Platon, qui voit les ombres projetées par la lumière d'un feu sur le mur de la caverne. Et l'on essaie de reconstruire les êtres réels dont on voit les ombres. Reconstruire un corps tridimensionnel à partir de son contour apparent, telle est la tâche herméneutique par excellence. Elle peut conduire à la manifestation d'entités permanentes, dont on s'efforcera de préciser les contraintes qualitatives ou quantitatives pesant sur leurs interactions. L'observation fait alors place à cette "démiurgie contrôlée" qu'est la modélisation (qualitative ou, dans le meilleur des cas, quantitative). On peut aussi avoir à changer d'ontologie sous-jacente si cela conduit à une modélisation plus compréhensive, plus exacte et plus intelligible. On trouvera dans le tableau ci-contre une classification des grands modes d'explication du réel."
Ainsi, pour Thom, le problème soulevé par Platon relève de la modélisation** et non du simulacre, et renvoie à sa citation héraclitéenne favorite:
"Le Maître, dont l'oracle est à Delphes, ne dit ni ne cache; il signifie". Autrement dit la Nature nous envoie des signes qu'il nous appartient de tenter d'interpréter.
Par contre lorsque les mathématiciens croient modéliser adéquatement le continu unidimensionnel par "la droite réelle", il ne s'agit en fait que d'un simulacre de modélisation, simulacre qui se révèle par l'impossibilité de résoudre les paradoxes de Zénon (cf. Guénon ou Thom). (Et pour moi, l'informatique, la robotique, etc., ne peuvent être que simulacres…)
Pour ceux qui ne s'intéressent pas à la science:
"Finalement le problème de la démarcation entre scientifique et non scientifique n'est plus guère aujourd'hui qu'une relique du passé; on ne le trouve plus guère que chez quelques épistémologues attardés -et quelques scientifiques particulièrement naïfs ou obtus".
* Je suis prétentieux.
** Son "Stabilité structurelle et morphogénèse" est sous-titré: "Essai d'une théorie générale des modèles".
Marianne
25/05/2017
Tkt, PhG, les insoumis sont bien réveillés :))
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