RapSit-USA2021 : Plus ça change... WoT Again !

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RapSit-USA2021 : Plus ça change... WoT Again !

Glenn Greenwald n’en croit pas ses yeux : ils remettent ça, constate-t-il, à propos de la ‘Guerre contre la Terreur’ (WoT, ou War on Terror). Le grand journaliste indépendant, et néanmoins progressiste et de gauche, s’est tiré à temps du piège omidyarien (de Pierre Omidyar, milliardaire qui finance, entre nombre d’autres choses, le site The Intercept, dont Greenwald était l’un des co-directeurs) ; cela, pour se retrouver absolument en première ligne, – à nouveau, lui qui vécut de fond en comble l’extraordinaire aventure de l’exfiltration d’Edward Snowden et de l’exploitation mondiale des documents de l’ancien employé de la NSA.

Stupéfait, Greenwald relève cette observation du Wall Street Journal selon laquelle Biden, – qui juge que les ‘émeutiers’ du Capitole sont en vérité des ‘terroristes intérieurs’, –  a comme priorité de mettre en place un ensemble législatif de lutte contre le terrorisme intérieur, avec notamment la création d’un poste spécial de direction à la Maison-Blanche. Stupéfait mais ayant aussitôt saisi de quoi il retourne, Glenn Greenwald nous explique la chose vendredi, selon le rapport qu’en fait RT.com :

« “Il y a absolument une nouvelle guerre contre la terreur qui est en train d'être lancée”, a tweeté [Greenwald]. “Cette nouvelle guerre est dirigée vers l’intérieur, au niveau national.”
» “J'ai passé la première décennie de ma carrière de journaliste à exposer et à dénoncer les excès de la première guerre contre la terreur, et je vois exactement la même tactique se former”, poursuit-il.
» Les démocrates qui sont derrière tout cela n’auront même pas besoin d’étudier les tactiques des néoconservateurs du WoT original - car “les néoconservateurs sont leurs alliés à part entière dans tout cela”, a noté Greenwald. Toute personne ayant des questions ou des inquiétudes à ce sujet sera diabolisée comme un sympathisant ‘terroriste’. »

Le lendemain (pour nous), Greenwald tweete à nouveau, à nouveau stupéfait et cette fois de plus en plus confirmé dans son jugement : les neocons , dont il signalait la proximité, sont effectivement de retour, frétillants d’aise, se croyant vingt ans plus tôt exactement (ou presque, disons), c’est-à-dire extrêmement rajeunis...

 « Incroyable – j'écrivais hier : la même tactique qui fut utilisée contre les critiques de la première Guerre contre la Terreur devrait être utilisée pour la nouvelle : diaboliser ceux qui remettent en question ses excès en les qualifiant de ‘pro-terroristes’.
» Aujourd’hui, le néocon @DavidFrum reprend du service, cette fois-ci en se présentant comme inspirateur de la pensée progressiste. »

Les réactions diverses qui suivent les propos de Greenwald ne partagent pas tous sa surprise intellectuelle, même si la plupart n’en conteste pas une seconde le sens. C’est une première indication sur la façon dont les jugements collent aux faits sans chercher vraiment à en comprendre le sens. Pour notre compte, nous comprenons parfaitement la réaction de Greenwald.

(Par contre, pas de surprise pour les neocons, éternels drogués de toutes les guerres possibles, absolument déconstructeurs jusqu’à l’entropisation. Pas de surprise non plus de voir un Frum se parer du manteau de la vertu progressiste. Les neocons viennent du trotskisme, puis des démocrates de gauche regroupés dès le début des années 1970 autour du sénateur Jackson, ami d’Israël et de Boeing [Jackson, dit Scoop, sénateur de l’État de Washington, très wokeniste aujourd’hui, où se trouvait la direction de Boeing à l’époque]. Les neocons sont donc faussement classés à la droite extrême/interventionniste ; ils sont déconstructeurs, globalistes, progressistes guerriers, comme le sont les R2P type Hillary et Samantha Powers, autour d’Obama ; comme le fut en vérité un GW Bush, à la fois monument stupéfiant de bêtise exposée en plein jour et progressiste-déconstructeur qui s’ignore derrière son étiquette de conservateur qui fit mourir de rire les vrais conservateurs rype-libertariens comme Ron Paul et Justin Raimondo. [On relira dans notre « T.C.-78 : Vertigo » la très longue note consacrée au délire dostoïevskien de G Bush en janvier 2005, parfaitement décrite par son speechwriter ; il s’agit d’un discours de déconstructeur sinon d’un discours trotskiste-nihiliste, – Trotski pour la méthode, le ‘Rien’ accouché par la déconstruction pour l’objectif.])

Mais ce qui est le plus caractéristique dans ce tournant qu’observe Greenwald, – qui mérite de plus en plus des guillemets tant elle a des aspects bouffe et des aspects-bidons à côté de la tragédie des 4 morts, – c’est cette intention aussitôt affichée de radicaliser la situation en aggravant d’une façon outrageusement exagérée la perception de l’événement. (« C'est un acte insensé au point d'être obscène que de comparer l’incursion d’hier à l’attaque du 11 septembre ou [comme l’a fait le sénateur Chuck Schumer hier soir] à Pearl Harbor », écrit déjà Greenwald.) On aurait pensé qu’une pente naturelle de la part du DeepState aurait été, une fois Trump éliminé, de rétablir un semblant de normalité sous son strict contrôle ; c’est d’ailleurs ce que les imbéciles d’outre-Atlantique, les scouts de l’UE, attendent avec émerveillement et des étoiles plein les yeux de la venue de saint-Biden (on peut en effet le canoniser temporairement).

Le climat qu’on ressent, les premières mesures radicales envisagées, et maintenant cette War on Terror nouveau-style, nous disent complètement le contraire. Le DeepState, les GAFAM, les sociétaux-progressistes, les pseudo-antiracistes (selon la formule-Taguieff), c’est-à-dire tout ce qui fait désormais la foule du wokenisme qui a l’avantage d’offrir une base idéologique remarquable d’originalité et de ‘Rien’, tous veulent la radicalisation, l’affrontement, la liquidation de tout ce qui fait la ‘foule’ trumpiste, jusqu’à y mettre des gens nettement à gauche comme un Greenwald : tout ce qui “n’est pas avec nous” (à fond et sans réserve, et comment !) “est contre nous”, – reprise verbatim du motto du grand philosophe du début du siècle GW Bush... Tout ça (depuis 9-11) pour ça, et “Plus ça change plus c’est la même chose” dans la nef des fous.

Reste à avancer une explication à cette tendance qui semble irrésistible, passant par la haine inextinguible contre Trump, jusqu’à la haine des électeurs de Trump, les Deplorable, et bientôt la haine de tous ceux qui ne sont pas wokenistes-compatibles. Cette explication est qu’il n’y a aucune direction humaine dans ce phénomène, – dans tous les cas, le manque d’intelligence et de caractère est hurlant dans le camp démocrate-wokeniste, autant chez les leaders politiques (tous gérontocrates affirmés) que chez les accompagnants (la foule des idiots-milliardaires à la tête des GAFAM). Plus encore et plus précisément, cette explication est que nous nous trouvons dans le cœur grondant de la Grande Crise d’Effondrement du Système, et que nous assistons aux derniers spasmes de fureur de la Bête, – du Système, disons, – et que cela tangue drôlement.

Dans cette dynamique nous disent les nouveaux ‘Masters of Universe’, nous irons jusqu’au bout, et, comme l’on dit, “ça passe ou ça casse”. Ni 2021, ni les années d’après ne seront de tout repos, semble-t-il – à moins qu’un  nouvel événement extraordinaire, comme le Ciel en a le secret (Trump-élu en 2016, Covid19), nous prenne à nouveau par surprise, et surtout prenne à nouveau le Système par surprise. Braves cœurs, nous tablons sur cette hypothèse.

 

Mis en ligne le 10 janvier 2021 à 15H20

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