RapSit-USA2021 : Après 1/06 au Capitole

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RapSit-USA2021 : Après 1/06 au Capitole

On peut revenir sur les événements de la journée du 6 janvier 2021, qui a, semble-t-il, secoué bien des establishment et des élites-Système de par le monde, mais aussi bien des citoyens. Certains vont jusqu’à en faire un événement équivalent à Pearl Harbor ou à l’attaque du 11 septembre ; on croit rêver, mais non on ne rêve pas, on simulacre, on continue à être emportés par les sentiments les plus extrêmes, on affirme que ces folles constructions de la colère et de la haine sont la réalité. Nous faisons ici appel à une plume remarquable, pour un compte-rendu et des réflexions qui ne le sont pas moins.

Nous voyons plus loin des extraits d’un texte de Glenn Greenwald... Nous rappelons que ce très grand journaliste qui dirigea de main de maître l’exfiltration de Snowden du territoire de l’hyper-démocrature US et mit en place l’exploitation mondiale des révélations de l’employé de la NSA, est d’abord et essentiellement un militant de gauche. Mais (restriction absolument nécessaire), s’il est de gauche Greenwald est également loyal et honnête, et absolument lucide ; si bien que sa ‘gauche’ à lui a de moins en moins à voir avec la ‘gauche’-Système qui a le contraire de ces qualités, devenue totalement la complice hystérique et l’exécutante zélée du Système et de ses appendices globalistes-capitalistiques et mililitaristes ; si bien qu’on dira de Greenwald qu’il est un résistant, à l’image de nombre de ses camarades ‘de droite’ et eux aussi en rupture avec les ‘droites‘ qui poursuivent leur alliance avec les capitalismes divers. La séparation est ainsi bien plus saine, entre résistants et collabos – sans guillemets nécessaires.

(Greenwald a récemment démissionné de l’entreprise Intercept, lancée par le milliardaire Pierre Omidyar, avec toutes les promesses d’indépendance qu’on imagine, et devenue de plus en plus censeur et fliquée ; d’où départ de Greenwald, qui a retrouvé son indépendance avec le site https://greenwald.substack.com. Re-bienvenue au club des âmes-résistantes.)

La grande différence (factuelle, – on discutera plus loin avec Greenwald de la validité complètement improbable sinon obscène de l’analogie) entre 9/11 et Pearl Harbor d’une part et 1/06 d’autre part est que, dans le deuxième cas, le simulacre très-probable est aussitôt apparu et largement documenté, notamment par des vidéos extrêmement explicite, avec référence vidéos d’autres occasion de manifestations Antifa, montrant que des Antifas jouèrent le rôle de provocateurs ouvrant l’incursion violente dans le Capitole. Certains d’entre eux sont identifiés nominalement et physiquement (voir Jacob Angeli) ; RT.com, de son côté, en a rendu compte (les autres références sont du site de bonne valeur RedState.com). Des vidéos montrent également des manifestants trumpistes empêchant des provocateurs de briser des vitres au Capitole (« Trump Supporters Stopped Agitators From Breaking Windows at Capitol Protest »)

Voici donc des extraits conséquents du texte de Greenwald référencé plus haut.

« L’invasion du Capitole par une foule de partisans du Trump hier a certainement généré une passion politique intense et une rage unanime. Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi : l'introduction de la force physique dans la protestation politique est toujours lamentable, généralement dangereuse et, sauf dans les circonstances les plus rares qui sont clairement inapplicables ici, injustifiable. Il était prévisible qu'une action de ce type entraînerait des morts. Le résultat le plus surprenant est que “seulement” quatre personnes sont mortes : une femme non armée, partisane de Trump et vétéran de l’US Air Force, blessée mortellement au cou par un agent de la force publique, et trois autres manifestants qui sont morts d’“urgences médicales” non spécifiées (l'un d'entre eux serait mort en se déchargeant accidentellement du Taser, provoquant une crise cardiaque).
» Le Capitole américain reste un symbole puissant et respecté, même pour les Américains qui sont profondément cyniques à l'égard de la classe dominante et du système politique. Sa noblesse est quelque chose de continuellement ancrée au plus profond de notre psyché collective depuis l’enfance, et cette perception imposée perdure même lorsque nos facultés rationnelles la rejettent. Il n'est donc pas difficile de comprendre pourquoi le fait de regarder une bande de hooligans en maraude envahir et défigurer la Chambre et le Sénat, sans autre objectif identifiable que celui de manifester avec violence leurs griefs, engendre par réflexe un dégoût patriotique dans tout le spectre politique.
» C'est un acte insensé au point d'être obscène que de comparer l'incursion d'hier à l'attaque du 11 septembre ou (comme l'a fait le sénateur Chuck Schumer hier soir) à Pearl Harbor. À tous points de vue, l'ampleur et le caractère destructeur de ces deux événements se situent dans un univers complètement différent. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de leçons applicables à tirer de ces attaques antérieures.
» La première est que le fait de frapper des symboles nationaux que nous chérissons, – le World Trade Center, le Pentagone, le Capitole, – suscite la rage et la terreur sans rapports directs avec le nombre de morts ou d'autres préjudices concrets. C'est l’une des raisons majeures pour lesquelles l'événement d'hier a reçu beaucoup plus d'attention et de commentaires, et aura probablement des conséquences bien plus importantes que des incidents bien plus meurtriers, comme la fusillade de Las Vegas de 2017, aux motifs encore inconnus, qui a tué 59 personnes ou la fusillade d'Orlando de 2016 qui a fait 49 morts au night-club Pulse. Contrairement aux horribles fusillades aveugles, une attaque contre un symbole du pouvoir national sera perçue comme une attaque contre l'État ou même la société elle-même.
» Ce cadre binaire réducteur est anti-intellectuel et dangereux. On peut condamner un acte particulier tout en résistant à la tentative d’outrer les dangers qu'il représente. On peut reconnaître l'existence bien réelle d'une menace tout en mettant en garde contre les dommages, souvent bien plus importants, des solutions proposées. On peut rejeter les discours maximalistes et incendiaires sur un attentat (une guerre des civilisations, une tentative de coup d'État, une insurrection, une sédition) sans être accusé d’indifférence ou de sympathie à l'égard des agresseurs. »

Après 1/06, hypothèses sur les conséquences

La fin du très long article de Greenwald concerne essentiellement les conséquences après le 6 janvier. Cette conclusion est elle-même fort longue, mais il ne s’agit ni de rabâchages, ni de complaisance de style. Greenwald rappelle divers précédents, fait des comparaisons, met les choses en perspective. C’est un remarquable travail d’analyse, de bon sens, de sagesse, montrant bien que Greenwald est une grande plume de notre époque et un grand esprit de la résistance... C’est un homme qui est nécessaire parmi nous, et son départ d’Intercept pour retrouver toute sa liberté est un événement qu’il faut célébrer, et un rude coup porté au Système.

« ...Il est stupéfiant de voir aujourd'hui que toutes les tactiques rhétoriques de la guerre contre le terrorisme visant à justifier les érosions des libertés civiles sont désormais invoquées au nom de la lutte contre le trumpisme, y compris l’exploitation agressive des émotions déclenchées par les événements d’hier au Capitole pour accélérer leur mise en œuvre et diaboliser la dissidence sur le consensus rapidement formé. Le même cadre utilisé pour s’attaquer aux libertés civiles au nom du terrorisme étranger est maintenant appliqué de manière transparente – souvent par ceux qui ont passé les deux dernières décennies à s'y opposer – à la menace posée par les “terroristes nationaux de la suprématie blanche”, le terme préféré par les élites libérales, surtout après hier, pour les partisans du Trump en général. À bien des égards, hier était le 11 septembre pour les libéraux, car même les commentateurs les plus sensés d’entre eux ont recours à la rhétorique la plus déséquilibrée qui soit.
» Dans les heures qui ont suivi l'évacuation du Capitole, nous avons entendu des propositions vraiment radicales de la part de nombreux membres du Congrès. Les sénateurs et les membres de la Chambre qui se sont opposés à la certification du Collège électoral, ou qui ont mis en doute sa légitimité, devraient être formellement accusés de sédition et ne pas être expulsés de la Chambre s'ils ne sont pas poursuivis, a soutenu la représentante Cori Bush (D-MO), avec le soutien d'autres membres de la Chambre. Même les manifestants non armés qui sont entrés pacifiquement au Capitole devraient, selon beaucoup, être poursuivis par le FBI en tant que terroristes nationaux.
» Les appels se sont multipliés pour l'interdiction des comptes sur les médias sociaux des instigateurs et des participants aux manifestations. Les journalistes et les politiciens ont applaudi la décision de Facebook et Twitter d'interdire temporairement au Président d'utiliser leur service, puis se sont réjouis à nouveau lorsque le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a annoncé mardi que l'interdiction de Trump s'étendait jusqu'à l'inauguration de Biden. Certains journalistes, comme Oliver Darcy de CNN, se sont plaints que Facebook n’était pas allé assez loin, qu'il fallait davantage de censure de masse des voix de droite. L'argument Gingrich de 2006, autrefois radical – selon lequel certaines opinions sont trop dangereuses pour être exprimées parce qu'elles sont pro-terroristes et insurrectionnelles – est maintenant florissant, proche de faire consensus.
» Ces appels à la censure, en ligne et officielle, se fondent sur l’opinion longtemps discréditée, souvent rejetée et dangereuse, selon laquelle une personne doit être tenue légalement responsable non seulement de ses propres actions illégales, mais aussi des conséquences de son discours protégé : c’est-à-dire des actions que les autres entreprennent lorsqu’ils entendent une rhétorique incendiaire. Telle était la mentalité déformée utilisée par l'État du Mississippi dans les années 1970 pour tenter de tenir les dirigeants de la NAACP responsables des actes violents de leurs partisans contre les contrevenants au boycott après avoir entendu des discours pro-boycott enthousiastes de la part des dirigeants de la NAACP. Il a fallu attendre 1982 pour que la Cour suprême rejette unanimement ces efforts au motif que “si l’État peut légitimement imposer des dommages et intérêts pour les conséquences d'un comportement violent, il ne peut pas accorder de compensation pour les conséquences d’une activité non violente et protégée”, ajoutant que même “l’appel à l’usage de la force ou de la violence ne soustrait pas le discours à la protection du premier amendement.”
» Le revirement complet des mentalités par rapport à il y a quelques mois à peine est vertigineux. Ceux qui ont passé l’été à demander le remboursement de la police sont furieux que la réponse de la police au Capitole n’ait pas été suffisamment robuste, violente et agressive. Ceux qui ont demandé l’abolition des prisons exigent que les partisans de Trump soient emprisonnés pendant des années. Ceux qui, sous la bannière de l’“antifascisme”, ont exigé le licenciement d'un rédacteur en chef du New York Times pour avoir publié un article du sénateur Tom Cotton (R-AK) préconisant le déploiement de l'armée américaine pour réprimer les émeutes – un point de vue jugé non seulement erroné, mais inqualifiable dans une société décente – sont aujourd'hui furieux que la Garde nationale n’ait pas été déployée au Capitole pour réprimer les partisans de Trump. Les partisans de l'Antifa s'efforcent de dévoiler les noms des manifestants du Capitole afin de permettre au FBI de les arrêter pour terrorisme. Et alors que la proposition de la représentante Cori Bush de destituer des membres du Congrès pour leurs opinions subversives a pris des proportions gigantesques, beaucoup oublient qu'en 1966, l’assemblée législative de l'État de Géorgie a refusé de faire siéger Julian Bond après qu'il ait refusé de répudier son travail anti-guerre avec le Comité de coordination des étudiants non violents, alors considéré comme un groupe terroriste national.
» Ceux qui ont fait valoir cet été que les dommages matériels sont insignifiants, voire nobles, traitent les vitres brisées et les podiums pillés au Capitole comme une trahison, comme un coup d’État. Il n’est pas nécessaire de rejeter les actions lamentables d’hier pour rejeter simultanément les efforts visant à appliquer des termes qui sont manifestement inappropriés : tentative de coup d'État, insurrection, sédition. Il n’y avait strictement aucune possibilité pour que les quelques centaines de personnes qui sont entrés dans le Capitole puissent renverser le gouvernement américain – l’entité la plus puissante, la plus armée et la plus militarisée du monde – et elles n’ont pas non plus essayé
» Peut-être que beaucoup considèrent plus bouleversant de voir d'augustes membres du Congrès se cacher dans la crainte d’une émeute que de voir de simples propriétaires de petites entreprises pleurer alors que leur magasin multigénérationnel brûle. Il ne fait aucun doute que les journalistes nationaux qui passent beaucoup de temps au Capitole et qui ont des amitiés de longue date avec les sénateurs et les membres de la Chambre sont plus horrifiés, et de loin, par les bandes violentes qui sévissent dans la rotonde du Capitole que dans les rues de Portland ou de Kenosha. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne soit pas nécessaire de faire preuve de retenue rationnelle dans la recherche d'un langage sobre permettant de décrire ces événements avec précision.
» Il y a une énorme différence entre, d’une part, des milliers de personnes qui se dirigent vers le Capitole après un complot coordonné et planifié de longue date dans le but de s'emparer d'un pouvoir permanent et, d’autre part, une foule impulsive et animée par des griefs, qui entre plus ou moins dans le Capitole grâce à la force du nombre et qui repart quelques heures plus tard. Le fait que la seule personne abattue soit un manifestant tué par un agent armé de l'État montre clairement à quel point ces termes sont irresponsables. Il existe d’autres adjectifs que “trahison fasciste” et “protestation inoffensive”, un espace énorme entre ces deux pôles. Il n’est pas nécessaire d'être forcé de choisir entre les deux.
» Il est clair depuis longtemps que, dans l’ère post-Trump, les médias qui cherchent à maintenir leur audience, et les responsables gouvernementaux qui cherchent à accroître leur pouvoir, feront tout leur possible pour dramatiser la menace posée par les factions de droite. Je l’ai dit plus de fois que je ne peux le compter au cours de l’année dernière au moins.
» Comme toutes les menaces exagérées, celle-ci a un noyau de vérité. Comme c'est le cas pour toutes les factions, il y a des militants de droite remplis de rage et qui sont prêts à faire preuve de violence. Certains d'entre eux sont dangereux (tout comme certains musulmans de l'après-11 septembre et certains nihilistes d'Antifa l’ont été et le sont toujours). Mais, comme ce fut le cas pour la guerre froide, la guerre contre le terrorisme et tant d’autres réactions suscitées par la crise, l’autre face du tableau – les pouvoirs d’État draconiens étant manifestement planifiés, exhortés et préparés au nom de leur arrêt – comporte ses propres dangers extrêmement redoutables.
» Refuser de considérer ces dangers par crainte d'être accusé de minimiser la menace est la tactique la plus courante des défenseurs autoritaires de l'utilisation du pouvoir de l’État. Moins de vingt-quatre heures après la brèche du Capitole, cette tactique est utilisée avec beaucoup de flamboyance et de puissance, et il est certain qu'elle se poursuivra longtemps après le 20 janvier. »

Après 1/06 vu par Greenwald,  hypothèses

On peut ajouter un commentaire au texte fourni de Glenn Greenwald si fourni. Arrêtons-nous aux références passées qu’il a évoquées, essentiellement parce qu’il n’a fait que répercuter certaines remarques et amorces d’initiatives de diverses personnalités, – on parle ici, essentiellement, de 9/11 et des mesures extrêmement dures qui ont suivi (Patriot Act, mesures anti-terroristes, surveillance physique et électronique, censure des communications, emprisonnements arbitraires, tortures, etc.). La grande différence avec cette référence 9/11, c’est que l’‘Ennemi’ (terme volontairement fort, plus fort qu’‘adversaires’, qui est trop personnalisé et humanisé pour le propos) contre lequel on prit ces diverses mesures coercitives et souvent liberticides se trouve ailleurs, qu’il était a priori et ‘officiellement’ (selon la version officielle) inconnu, impossible à situer, hors des juridictions nationales, etc., – puisqu’il s’agit, enfin, du terrorisme par définition extérieur aux États-Unis.

Dans le cas de 1/06, c’est tout différent sinon complètement le contraire : l’‘Ennemi’ est connu, il est identifié, il est situé, il est même citoyen américain (cas différent a priori de 9/11), il a même le droit de vote (et comment !), il est dans un parti, il a des représentants au Congrès, etc. Les furieux parlent d’“insurrection”, de “sédition”, mais on ne peut pas nier que tout cela n’est pas né d’un complot mystérieux ni d’une tentative clandestine de renversement d’un régime, puisque tout cela est, dans cette séquence, parti d’un vote auquel les deux factions antagonistes participaient.

Certes, on peut songer à toutes les mesures que rappelle Greenwald, et aussi à celles qu’ont évoquées nombre de parlementaires, journalistes, etc., du parti des bienpensants-PC, c’est-à-dire du Système. Toutes ces mesures constituent le début très-accéléré de la mise en place d’une dictature, – non pas ‘démocrature’ pour rester en registre assez soft, mais bien dictature. Dans ce cas, la situation change de nature, de même que l’‘Ennemi’ lui-même comme on l’a vu.

... Puisqu’en effet, voilà que l’‘Ennemi’ est là ; que ce n’est, comme on l’a dit, ni une faction, ni une entité partisane quasi-clandestine, ni un groupe de comploteurs ; que c’est un groupe massif de la population des Etats-Unis, en gros et au maximum, les 74 millions de citoyens qui ont voté pour Trump. Sur la course qui s’engage avec les propos sur les analogies de Pearl Harbor et de 9/11, c’est la logique dont l’aboutissement serait une agression dictatoriale contre une quasi-moitié de la population des Etats-Unis qui est mise en branle. Au contraire de la situation de 9/11 en théorie, c’est en théorie une orientation qui porte la potentialité à la fois de la destruction ou de la privation de ses droits et de sa liberté d’une patrie de la population, et qui transformez le gouvernement des Etats-Unis en une dictature au nom d’un ‘Parti’ (que ce soit le parti démocrate, ou tout autre entité développée sur sa gauche).

En d’autres mots, et peut-être pour changer d’hypothèse et départir du simple affrontement binaire des justiciers ou des bourreaux qui ont les moyens de neutralisation sinon pire à exercer contre les coupables ou les victimes mal organisés, il s’agit finalement du processus d’accélération de l’affrontement qui progresse depuis au moins cinq années. On va parler de la voie classique qu’on évoque depuis ce délai, qui est celle de la guerre civile, ou de l’autre issue que nous évoquons plus souvent du processus de désintégration. Il y a là une dramatisation extrême d’un antagonisme existant déjà, et ce qui peut paraître nouveau, c’est l’extraordinaire surenchère à laquelle nous avons assisté telle que Greenwald la rapporte, qui est effectivement un accélérateur de l’affrontement. Dit autrement, ce n’est pas tant l’aggravation des mesures de rétorsion et de censure des autorités qu’il faut attendre (et craindre, et dénoncer) exclusivement, mais d’abord l’aggravation de l’antagonisme existant aux USA, et que toutes ces mesures, y compris leur seule évocation, vont accélérer dans une mesure et à un rythme qu’on n’imagine sans doute pas.

Et, bien entendu, le gauchisme que le parti démocrate a réchauffé en son sein, et qui est peut-être le vrai opérateur de 6/01, serait absolument à la manœuvre, pour aggraver l’affrontement, radicaliser le parti démocrate, bref wokeniser tout ce beau monde...

 

Mis en ligne le 8 janvier 2021 à 12H30