Notes sur le wokenisme-seul (II)

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Notes sur le wokenisme-seul (II)

• Donnant au wokenisme ses lettres de noblesse opérationnelle (plus d’italique, guillemets facultatif), nous signifions qu’il ne s’agit plus dans notre conception d’un phénomène en attente d’homologation. • Il traduit le mouvement ‘woke’ opérationnalisé notamment par les Black Lives Matter [BLM], à rapprocher décisivement de toute la tendance française (‘pseudo-antiracisme’, ‘indigénisme’), passant par l’immigration, y ajoutant l’énorme pan sociétal (LGTBQ et sa traîne). • A cela, il faut ajouter tout le reste du dispositif du simulacreSystème, de Soros au globalisme néo-hyperlibéralisme, comme force de soutien, de financement et de manipulation. • Ce mouvement totalement inexistant par la pensée (le ‘Rien’) et d’une fantastique puissance de communication est un phénomène essentiel. • Il est à l’image de ce temps de notre maniaco-dépression cosmique. • Il faut le suivre et tenter de l’appréhender, sans lui ménager nos tendres et radicales critiques. • Ces Notes suivent et complètent une première partie qui présentait le phénomène avec ses liens étroits avec le capitalisme, etc.
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En guise d’introduction avertissement & le reste

Comme entame de cette analyse, nous développons quelques points spécifiques du contexte de notre sujet, certains qu’on jugerait d’ailleurs négatifs sinon répulsifs, en présentant ce que, selon nous, le wokenisme n’est pas. Ils permettront de mieux situer notre approche du phénomène du wokenisme, et même de le définir : dire ce qu’il n’est pas alors que ce qu’il est aboutit à un ‘Rien’ catastrophique, c’est déjà le définir. (Disons ‘Rien’ pour faire court dans un sens qui nous connaît et va de soi.)

Il faut évidemment avoir à l’esprit que nous n’incluons pas dans notre appréciation du wokenisme, même s’il y a des parentés évidentes, la ‘longue marche idéologico-radicale’ dont certains peuvent juger qu’elle conduit aux comportements actuels. C’est le cas, pour la question de l’actuel ‘néo-antiracisme’ (terme proposé par Pierre-André Taguieff), notamment pour les Africains-Américains aux USA à partir de 1967-68, et pour le courant indigénistes français à partir des années 1990. Tout cela est excellemment documenté dans le livre de Taguieff ‘L’imposture décoloniale : Science imaginaire et pseudo-antiracisme’, justement...

Et nous en faisons, ou plutôt ils en font, à l’image de notre président à l’incroyable pensée-communicante exposée dans son interview à L’Express au nom de son “privilège blanc”, le socle fluide et collant du ‘Rien’ en quoi s’institue notre époque-2020. Le wokenisme comme imposture et simulacre de l’imposture à la fois pour justifier une époque face à la métahistoire, et y demander son intégration non pour l’annexer triomphalement mais plutôt pour proclamer, à l’instar d’une sorte de Fukuyama-2020, ‘la fin de la métahistoire’.

Nous présentons le même jugement pour l’autre facette du wokenisme connu dans les diverses archives de nos mémoires sous les initiales LGTBQ+ (le signe ‘+’ signifiant ‘à suivre’, ‘ouvert à tous’, etc.). Nous estimons qu’il y a une rupture, un changement de nature comme pour l’antiracisme, entre les divers mouvements et événements de type féministe, genristes, etc., apparus pour la séquence actuelle dans les mêmes années 1960-1970, et les événements présents.

Nous considérons qu’avec 2020, dont le tout-début a été marqué par un événement qualifié d'« assassinat métahistorique » par un événement de toute autre nature (nous-mêmes, comme chacun, ne cessons d’aller de surprise en surprise), il y a un changement fondamental avec Covid19 et la crise de l’élection USA2020. L’accélération brutale de la Grande Crise [GCES] change la nature des choses, comme la crise elle-même change de nature du monde... S’il y a parenté avec les événements qui précédèrent, comme vu plus haut, l’on découvre que la parentèle a accouché d’un monstre, un Frankenstein.

Bert Weinstein exprime bien cela pour le mouvement wokeniste, à partir de sa démission quasi-forcée de l’université d’Evergreen en mai 2017, pour s’être opposée à une “journée interdite aux Blancs” ; Weinstein considère son éviction par démission forcée, qui fit grand’bruit à l’époque, comme un signe avant-coureur de ce que nous estimons être la nouvelle époque, le paroxysme de l’épisode maniaque : « Ma femme et moi avons eu le sentiment d’être aspirés, en mai 2017, par une tornade qui ne nous a toujours pas redéposés au sol ! [...] On a eu le sentiment d’avoir fait face à la tornade trois ans avant les autres. Ce qui veut dire que nous avons vécu une sorte d’avant-première du chaos qui venait. Evergreen est aujourd’hui partout ! »

Nous estimons que l’épisode maniaque (ce diagnostic de la maniaco-dépression est au centre de notre thèse) a littéralement explosé , et d’une façon symbolique extraordinaire grâce au fantastique rangement de la chronologie, dans cette année 2020-exactement ; avec Covid19, la mort de George Floyd révélant une sorte de BLM globalisée, l’élection du 3 novembre, la photographie d’Assa Traoré en Guardian of the Year pour faire la couverture délirante du Time de quelque part en décembre : une couverture folle pour clore une année folle qui ne fait que commencer. C’est là le domaine de notre épisode maniaque.

Nous estimons que l’événement du wokenisme, même s’il présente des similitudes, est d’une nature complètement différente des grands événements révolutionnaires du XXème siècle. Cette appréciation échappe à la ‘Raison-suffisante’ des sages rangements historiques, pour se référer à une extraordinaire intuition métahistorique. C’est à ce niveau, effectivement métahistorique qu’est le débat, entre la sage puissance de l’intuition haute et leur ‘Rien’ tonitruant qui triomphe par un formidable tohu-bohu sans la moindre signification..

Vertus innombrables du wokenisme

...Il est vrai que nous sommes placés devant un problème considérable. La sottise, l’ignorance, l’inculture, la médiocrité de la forme même de l’intelligence (quelle que soit son intensité, il s’agit d’une forme d’intelligence actant et tirant vers le bas, le encore-plus-bas, donc renforçant directement la bêtise en l’armant d’arguments, en la structurant littéralement), voilà leur lot... Tous ces travers avérés constituent les principaux caractères des thèses indigénistes et plus généralement wokenistes, pour ce mouvement que nous avons baptisé du néologisme de ‘wokenisme’ – pour notre propos et pour la facilité du propos, en France et aux USA. Cela est si incontestable, si évidemment mis en lumière par la réflexion, la mémoire, l’équilibre et l’harmonie du caractère comme moyen d’observation, qu’il n’y a nul besoin de démonstration, ni aucune possibilité de dialogue, – et d’ailleurs, pour quoi faire, pour quoi dire ?

On connaît la rigueur de la démarche ‘scientifique’ d’un Pierre-André Taguieff, et d’autant plus rigoureuse que les sciences sociales et idéologiques invitent à une invective qu’il prend soin d’écarter absolument. Cet intellectuel est réputé pour la précision logique de ses arguments, pour la fermeté de leur caractérisation et de leur identification... Dans ce cas, pourtant, Taguieff est conduit sans réticence ni la moindre hésitation, presque avec une rage contenue, à considérer la bêtise “comme une option’ : ce jugement essentiellement trivial et grossier de la bêtise effectivement posé comme une option sérieuse du diagnostic scientifique :
« On connaît le dogme des pseudo-antiracistes contemporains, que j’appellerai le dogme inexistentialiste : “Le racisme anti-Blancs n’existe pas.” On est tenté d’ajouter : sauf chez la plupart de ceux qui affirment cet énoncé dogmatique. Le déni du racisme anti-Blancs peut en effet exprimer soit une adhésion idéologique au racisme anti-Blancs doublée d’une volonté de cacher cette adhésion, soit une forme de conformisme relevant du politiquement correct, soit une forme de bêtise consistant à nier les évidences. » (‘L’imposture décoloniale’, 2020)

Cette bêtise constituait la donnée centrale d’un passage de notre conclusion de notre premier article sur le sujet, pour nous conduire à enchaîner sur la conséquence qui est l’absence complète de la possibilité d’argumenter et de dialoguer avec ces propositions théoriques du domaine ‘pseudo-antiraciste’ :
« Alors et enfin, on comprend que ce qui nous arrête c’est l’extraordinaire et catastrophique ingénuité de ces pensées, leur bêtise abyssale, qui décourageraient aisément la critique par leur aspect complètement déformé, vide, complètement dépourvu de la moindre ontologie ; au point, c’est vrai, où l’on serait tenté de dire “à quoi bon ?” (“A quoi bon répondre de façon argumentée à ces théories pour démontrer leur inanité par ailleurs évidente ?”) »

On ne fait ici, avec Taguieff, que transcrire en termes de jugements structurels sur le comportement fondamental ce que Anne-Sophie Chazaud constate du point de vue opérationnel, puisque le dialogue ne saurait exister en raison de la détermination de l’interlocuteur qui ne se voit qu’en justicier, et donc devenu ennemi sans retour remplaçant le dialogue avec l’autre à la capitulation de l’autre. “Tout ce que je dis est incontestable et ne peut être modifié, tout ce que tu dis est contestable et peut être modifié”, comme variante du “tout ce qui est à moi n’est pas négociable, tout ce qui est à toi est négociable”, – c’est ce qu’écrit  Chazaud :
« Accepter de parler cette langue de la justification, de l’excuse, de la défense, de la preuve (non !Je ne suis pas raciste, voyez comme je suis fréquentable, comme je suis bienveillant !) c’est être sur un terrain où l’on a déjà perdu... ». (‘Liberté d’inexpression, – Nouvelles formes de la censure contemporaine’, L’Artilleur, 2020.)

La même Chazaud nous livre une définition tout à fait convenable du petit monde du wokenisme, de cette nébuleuse surprenante par les raccourcis naïfs et les approximations infantiles de ce qu’elle érige en réflexion fondamentale, en grand tapage, en très-grand bruit par contraste avec le ‘bas-bruit’ qui est le dernier avatar du langage communicationnel dans sa dynamique pandémique pavlovienne, à la mode du temps-courant au galop ; ainsi Chazaud nous parle-t-elle de ce « moment social hystérique où les nouveaux censeurs se conduisent exactement comme s’ils n’avaient pas accédé au stade des compréhensions du petit enfant en éveil à la sémiologie, au langage, à la représentation : pour eux, le mot chien mord ; pour eux, ce qui est représenté est forcément la vérité toute nue, enclose sur elle-même, forclose du symbolique, et doit, d’ailleurs, être leur vérité, la vérité de leur insondable et permanente souffrance qui, comme chacun sait, finit toujours par être, d’une manière ou d’une autre, indicible... »

Place au dialogue non-dialogue

Cette position totalitaire de dialogue, ou ‘dialogue non-dialogue” sans échange ni réponse autorisée, réduit exclusivement à la capitulation de l’autre, en plus une capitulation à des termes stupide, grossiers, vides, au ‘Rien’ en ce mot qui semblerait définitif dans son entropisation, – cette position vide de sens et caractérisée par une bêtise surprenante d’ampleur est pourtant irrésistiblement conquérante et ne cesse de gagner du terrain en friche et des esprits vulnérables à cause de la puissance et de la brutalité de la forme de la dialectique. En effet et au contraire, la brutalité de la forme du discours, de son rythme et de son bruit vide de sens et ainsi discours totalement incursif et terroriste puisque rien n’arrête le ‘Rien’ qui est par définition sans matière intellectuelle à laquelle s’opposer, donne à ce ‘Rien’ des théories pseudo-antiracistes, indigénistes et wokenistes une puissance d’influence et une puissance dynamique paradoxales si l’on se réfère au jugement qualitatif ; mais influence et dynamiques inéluctables si l’on se réfère au règne de la quantité installé dans un univers saturé du poids de l’empire des moyens de la communication sans cesse animés d’une agitation convulsive.

Répétons-le, cette puissance est considérable et, bien sûr, elle forme un contraste complet avec le ‘Rien’ qui caractérise le fond de la pensée, le ‘Rien’ intellectuel qui caractérise le contenu du discours. Ce contraste, – impliquant un formidable déséquilibre comme indice (la “jauge” en langage covidien) de la puissance considérable de la crise générale semblant ainsi porter sur ‘Rien’ en particulier, c’est-à-dire sur le ‘Tout’ de la bêtise, –  ce contraste disons-nous est un point extrêmement important. Selon notre réflexion, ce n’est rien de moins que le nœud de notre démarche et le point nodal de notre approche intuitive.

Pour tenter de comprendre et tenter de décrire, sinon d’identifier ce phénomène incompréhensible et indescriptible parce que sans identité, notre référence sera pathologique et du domaine psychologique bien sûr. L’hypothèse que nous proposons est la référence de la maniaco-dépression.

Nous avons déjà consacrés divers textes, ou qui font référence d’une façon marquante à la maniaco-dépression prise comme référence, voire comme modèle de la crise de la modernité, et jouant un rôle essentiel, – et dans le cas qui nous occupe, “rôle essentiel” devenu ‘rôle exclusif’. Cette évolution (d’‘essentiel’ à ‘exclusif’) marque la différence, l’évolution radicale de la formule entre les temps où nous avons commencé à étudier le rôle de la maniaco-dépression comme modèle sinon structure promise à devenir péremptoire et exclusive de l’évolution métahistorique de la politique dans une époque d’hyper-accélération du Temps et de l’histoire (voir nos textes du 10 janvier 2012 [repris le 16 mars 2015 dans notre Glossaire.dde] et du 19 juin 2012 [repris le 30 mars 2015 dans notre Glossaire.dde]), – et les temps d’aujourd’hui, dans cette année 2020 si marquante, où cette transmutation est accomplie.

Pour mieux situer notre propos, notamment sur l’identification des divers concepts envisagés ici, nous introduisons un extrait du texte du 10 janvier 2012 déjà référencé, et qui nous paraît convenir parfaitement, mais à la lumière du constat de l’opérationnalité du phénomène accompli alors que notre propos de 2012 concernait un phénomène qui s’était mis en place mais qui, par l’évidence de la situation actuelle où apparaît la réelle maturité, n’avait pas atteint sa maturité. (On observera que nous gardons avec une idée d’exploitation la référence personnelle à la maniaco-dépression.)

« La maniaco-dépression du monde

» Nous avons déjà souvent cité le docteur psychiatre américain Beard, identifiant en 1879 la neurasthénie comme “le mal américain” ou, dit autrement, ce que nous pourrions désigner comme “le mal de la modernité”. A la lumière des plus récents événements et de l’évolution de l’interprétation que nous en faisons, nous serions tentés plutôt de choisir la maniaco-dépression comme “mal de la modernité”. Pourtant, la maniaco-dépression, qui est une maladie ancienne, n’est pas spécifiquement liée aux conditions de vie de la modernité, au contraire de la neurasthénie, ou “fatigue nerveuse”... (« La nervosité américaine est le produit de la civilisation américaine. [...] [N]ous ne pouvons pas avoir la civilisation et tout le reste ; dans notre marche en avant, nous perdons de vue, et perdons en effet, la région que nous avons traverse. »)

» Ce qui nous intéresse comme identification du “mal de la modernité”, c’est justement ce qui n’est pas lié à la modernité, pour mettre en évidence combien la modernité est pour nous une crise bien différente de la crise d’une époque, d’un temps, d’une technique, d’une circonstance ; combien la modernité est, pour nous, le terme irrémédiable de la crise fondamentale de notre civilisation devenue [définitivement] contre-civilisation [en entrant dans la modernité]... Dans ce cadre, la maniaco-dépression, selon son appellation classique, nous paraît être un “modèle” adéquat pour conduire notre enquête sur ce qui nous apparaît sans aucun doute comme une pathologie, non pas d’une civilisation, mais de “la” civilisation en général, là où nous l’avons conduite, comme terme qui se voudrait ultime pour ce qui est du sens du développement de notre espèce, – bref, ce qui serait la pathologie finale résultant de [l’entame de] notre chute [et accélérant notre chute], – si l’on accepte, comme nous y sommes inclinés, la théorie cyclique de la Tradition. Nous parlons bien de la maniaco-dépression et nullement de ce qu’elle est devenue, au travers de son nouveau nom d’“affection bipolaire”, selon une expression plus “scientifique” que nous n’affectionnons guère dans son énoncé, dans le sens où elle tend à neutraliser les caractères essentiels, et qui nous importent essentiellement, de la maniaco-dépression.

» D’une affection à un destin

» Il doit être entendu et bien clairement compris et accepté que nous n’avons aucunement l’intention d’envisager la maniaco-dépression d’un point de vue médical classique. Ce point de vue ne nous intéresse en aucune façon, dans la mesure où il tend continuellement à se replier sur la chimie, sur la matière organique la plus grossière, pour éviter toute question qui risquerait de compliquer la problématique de la chose en la projetant hors des bornes de la soi-disant “hygiène mentale”. De même, cette démarche conduit nécessairement à attirer vers le bas une situation qui affecte l’âme et l’esprit.

» Il nous importe donc absolument d’éviter le labyrinthe des définitions et identifications d’une maladie à laquelle, manifestement, la “science moderne” (la médecine du monde occidentaliste et moderniste) ne comprend rien pour l’essentiel de la chose, – c’est-à-dire son essence même. Par contre, pour notre propos, il nous importe d’indiquer qu’il existe une touche personnelle dans notre démarche qui est de proposer une maladie humaine et individuelle comme modèle de la crise fondamentale de l’univers que nous traversons aujourd’hui. Disons que “nous avons connu et connaissons” de manière personnelle et intime la maniaco-dépression dans sa puissance comme source de souffrance et de désarroi, dans ses effets sur les relations et les sentiments entre des êtres proches, sur leurs jugements, sur leurs âmes même, dans sa capacité de subversion du monde au travers de la psychologie torturée. Nous introduisons une dimension personnelle qui n’est nullement anecdotique mais qui, au contraire, prétend rapprocher de ce que nous nommons “l’intuition haute”, c’est-à-dire l’intuition comme inspiratrice de la pensée, comme maîtresse de la raison elle-même en la protégeant de son travers infâme de [l’hybris]. (*)

» D’autre part, loin de donner à notre propos un aspect émotionnel, cette “touche personnelle” permet au contraire de comprendre combien l’émotion n’est qu’un facteur extrêmement relatif et malléable dans une circonstance qui touche si profondément aux fondements de l’âme humaine d’une part, aux fondements structurels de l’univers d’autre part, – si l’on accepte notre hypothèse en forme d’analogie. L’émotion n’est pas un facteur indifférent, elle n’est pas un facteur informe et sans signification; elle n’est pas un facteur, disons, “sentimental” dans le sens caricatural et informe du mot que l’on comprend bien... Elle est un facteur qu’on pourrait plutôt comparer à un détonateur ou à un incitateur, qui pousse vers l’exploration et la compréhension de certaines énigmes fondamentales. Comment est-il possible qu’une affection de la sorte puisse déranger si fondamentalement des engagements de l’âme qu’on croirait absolument assurés ? De quelle puissance s’agit-il en vérité, que la puissance de cette affection qu’est la maniaco-dépression ? Le sentiment n’est pas, dans ce cas, un facteur indifférent, d’autant qu’il gouverne bien plus que nous le croyons, certains de nos jugements et de nos choix fondamentaux. 

» Note

» (*) Cette “touche personnelle” n’est ni un symbole, ni une image, ni rien qui soit du seul champ théorique. L’auteur (PhG) a effectivement connu, non pas dans son chef mais dans le chef d’une personne qui lui était extrêmement proche, le drame individuel et humain de la maniaco-dépression, la catastrophe inimaginable que cette pathologie apporte à un destin (ou à un destin commun). Il a expérimenté combien est grande la tendance intuitive à identifier l’action du Mal dans cette affection, – qui est, certes, bien autre chose que la souffrance physique. Il est nécessaire, trois ans plus tard [cette note écrite en 2015, texte du 16 mars 2015], de donner cette précision, pour faire mieux comprendre combien cette démarche intellectuelle de porter une pathologie individuelle au niveau collectif fondamental d’une civilisation n’est pas le produit de la seule hypothèse intellectuelle. Il est par ailleurs possible, en présence d’une telle catastrophe individuelle, de nourrir son propre intellect en en tirant une telle hypothèse que celle qui est envisagée ici, et en même temps d’en faire une thérapie psychologique pour soi-même, pour faire sortir ce qu’on juge être un bien de cette manifestation évidente du Mal. »

(D’autres passages de ce Glossaire.dde nous paraissent extrêmement utiles pour éclairer notre propos sur le wokenisme, pour tenter de décrire sa forme et sa spécificité correspondant si bien à notre Grande Crise. Nous ne les incluons pas dans le texte général pour ne pas trop alourdir le propos ; nous les citons pourtant dans cet ensemble, pour une disposition plus rapide et, tout de même, une inclusion plus appuyée dans ce même propos. Nous les citons en notes après notre texte.)

 « Décompensation hystérique post-covidienne »

Aujourd’hui, nous sommes dans un temps de l’opérationnalisation finale de cette « maniaco-dépression du monde », pour expliquer que nous soyons effectivement dans la phase finale de la Grande Crise d’Effondrement du Système. A la lumière de ce que nous avons décrit ci-dessus, on comprend que notre hypothèse pose que la psychologie a achevé d’occuper la totalité du fonctionnement opérationnel de l’effondrement de notre civilisation.

Aujourd’hui, et cela depuis le début de cette terrible et bouleversante année avec les crises américaniste et du Covid19 conduisant à des conséquences catastrophiques pour la psychologie, nous sommes dans une phase d’hystérisation totale de l’épisode maniaque, avec étapes diverses, contre-la-montre, cols redoutables à conquérir... Anne-Sophie Chazaud baptise joliment l’étape dite George-Floyd (à partir de la mort de Floyd, le 25 mai 2020) . « Décompensation hystérique post-covidienne »

En un sens, et en se référant à des cas individuels, l’activation en surpuissance de l’épisode maniaque plus longuement qu’il ne devrait être jusqu’à devenir une nouvelle personnalité du sujet est notamment une dynamique compensatoire destinée la éviter la chute dans la dépression qui est dans la norme évolutive d’une maniaco-dépression. Le cas du maniaque pousse à l’extrême un caractère remarquable du comportement : un affaiblissement considérable de la pensée, marquée par l’incohérence, la perte des références de logique, notamment du cause-à-effet, le mensonge déconstructeur, le simulacre singeant la reconstruction, etc., tout cela jusqu’à l’idiotie (la bêtise déjà citée) confinant à la démence.

Inversement, cet affaiblissement dramatique de la pensée jusqu’à l’idiotie pure proche de la démence, est compensée par une si formidable puissance dialectique, activée par des forces maléfique, qu’elle en est absolument irrésistible. Cette puissance dialectique inarrêtable impose sa bêtise et son simulacre, avec l’appoint d’une moraline pavlovienne et d’une complète intolérance de forme puritaniste, par la puissance structurelle et de conviction du verbe faussaire. C’est la complète inversion du fameux « Au commencement était le verbe », parce que ce ‘verbe’-là est absolument faussaire : “au commencement était le simulacre du verbe”.

On doit noter une espèce d’effet de vases communiquant entre l’hyperpuissance de la forme dialectique et l’affaiblissement jusqu’à la désintégration de la pensé. Il y a donc, dans ce processus hypermaniaque un travail d’autodestruction de la pensée, donc de l’individu qui est porteur de ces caractères de la pathologie. On dégage alors le paradoxe que la conquête conduite et réussie dans l’affrontement dialectique par le maniaque est une fausse conquête, puisque la destruction totale concomitante de sa propre pensée empêche une exploitation organisée de cette conquête. C’est dire si nous sommes complètement dans notre équation ‘surpuissance = autodestruction’.

‘Vérité-de-simulacre’ et « pénis conceptuel »

On voit comment ce schéma clinique et individuel s’intègre parfaitement dans le développement du wokenisme dans un cadre civilisationnel où la communication s’est emparée de quasiment tout l’espace des rapports sociaux et politiques, et du pouvoir par conséquent, permettant ainsi aux caractères du maniaque de donner tous leurs effets. On voit comment on peut aisément comprendre la nullité tendant vers le ‘Rien’ de la pensée-wokeniste, alors que la puissance de la forme dialectique impose partout ce ‘Rien’.

Pour bien saisir la profondeur et l’ampleur du processus, il faut parfaitement comprendre l’opérationnalité sidérante de ce ‘Rien’. Des exemple à cet égard sont disponibles un peu partout, dans une bibliographie anti-wokeniste déjà bien fournie (ce qui est le paradoxe de la situation du point de vue du jugement normal, et le signe de l’affaiblissement sidérant de la pensée avec le wokenisme identifié comme épisode maniaque : sa censure [Tweeter, Facebook, presseSystème, Hollywood, etc.] est incapable de voir au-delà du tout-premier degré, d’un tweet de Trump par exemple, dans la graduation des critiques et des attaques contre lui). On illustrera ce propos en empruntant ces quelques précisions venues de Douglas Murray, dans sa ‘Grande Déraison’ (2019 en version originale, 2020 en français, chez L’Artilleur).

• En 2017 parut dans la revue ‘scientifique’ ‘sérieuse’ Cogal Species Science étudiant les questions de ‘Justice sociale’ et du wokenisme en général et alors en développement de formation un article intitulé « Le pénis conceptuel comme construction sociale ».
• Murray a sélectionné pour nous cet extrait : « Le pénis en regard de la masculinité est une construction incohérente. Nous soutenons que le pénis conceptuel est mieux compris non pas comme un organe anatomique mais comme construction sociale performative de  genre d’une grande fluidité... »
• Les deux auteurs de cette intéressante construction se nomment  Peter Boghossian et James Lindsay. Ils « s’étaient plongés dans la littérature académique de notre temps. Une fois [qu’ils] ont reconnu leur canular, la revue en question a dépublié l’article. Mais les coupables ont réussi à répéter l’exercice avec d’autres revues académiques dans les années qui ont suivi. »
• Boghossian-Lindsay ont poursuivi leurs pratiques avec d’autres articles-bidon. En 2018, il y eut « Réactions humaines à la culture du viol et à la performativité queer dans les parcs à chien, de Portland, Oregon », accepté sans broncher, sinon dans l’enthousiasme, par une revue de “géographie féministe”. Ils ont passé « Notre lutte est ma lutte » dans une revue de “travail social féministe” ; on y trouve amalgamés dans le texte, des passages de Mein Kampf et « des pastiches du jargon de la théorie féministe sur la justice sociale », le tout figurant une étude académique. Publié avec un enthousiasme pavlovien.

On comprend dans quel monde on se déplace. Il suffit de glisser dans le texte quelques formules-codes, quelques tournures dans leur vent, l’une ou l’autre expression, avec un titre parfaitement illustratif de la chose la plus tordue possible, et l’ensemble passe comme une lettre à la poste. Les esprits des lecteurs qui sélectionnent (ceux qui acceptent de publier) connaissent ces mots de passe et se mettent au ga        rde-à-vous devant eux ; le reste suit sans nécessité, ni de vérifier parce qu’il n’est pas question de censure dans le sens de cette dictature du non-sens, ni de comprendre là où il n’y a rien à comprendre. Les pastiches de Boghossian-Lindsay n’en sont pas vraiment, puisqu’ils sont quasiment ‘le vrai du simulacre’ ; nommons cela ‘vérité-de-simulacre’ si vous voulez, pour présenter l’exacte inversion dans le sens du bouffe et du ‘Rien‘ de notre ‘vérité-de-situation”.

De l’utilité de la critique inutile

Par cet exemple sympathique et édifiant, nous voulons laisser voir, sans agressivité particulière, combien la critique du wokenisme en général est d’une facilité déconcertante, à la mesure de la stupidité assise confortablement dans l’hystérie  du domaine, de son essence du ‘Rien’ justement. Nous avions abordé ce problème dans le précédent texte, cette sorte d’introduction sur le wokenisme (Voir nos Notes sur le wokenisme globalisé) et nous avions remarqué après une longue citation d’Alain de Benoist mettant en évidence la stupidité complète des indigénistes de faire du colonialisme le capitalisme, et de réduire le capitalisme au colonialisme...

« Nul ne niera le brio et la profondeur du propos d’Alain de Benoist, mais pour aussitôt admettre qu’il ne nous apprend évidemment rien. De même pourrions-nous donner un avis assez proche du livre de Pierre-André Taguieff (‘L’imposture décoloniale : Science imaginaire et pseudo-antiracisme’). Ce que nous disent ces deux intellectuels sur l’absurdité de prendre comme référence le colonialisme, à la lumière de définitions extrêmement contestables du colonialisme (alors qu’il y eut et qu’il y a des colonialismes), pour définir, quasi-ontologiquement, le capitalisme, est une évidence qu’il ne devrait même pas être nécessaire de décrire. Mais les pitreries du ‘Rien’ y obligent, en quelque sorte. »
Et plus loin : « Alors et enfin, on comprend que ce qui nous arrête c’est l’extraordinaire et catastrophique ingénuité [dans le sens de la sincérité et de la naïveté de l’absolue bêtise] de ces pensées, leur bêtise abyssale, qui décourageraient aisément la critique par leur aspect complètement déformé, vide, complètement dépourvu de la moindre ontologie ; au point, c’est vrai, où l’on serait tenté de dire “à quoi bon ?” (“A quoi bon répondre de façon argumentée à ces théories pour démontrer leur inanité par ailleurs évidente ?”)... »

Mais justement, il faut continuer “à faire”, pour ceux dont c’est la capacité intellectuelle  de disséquer et contrer très logiquement les arguments de leurs adversaires dans ce qui serait un simili-dialogue et qui n’en est pas un certes. Ce qui importe dans le chef de de cette constante montée de la critique mordante et de plus en plus radicale (la bêtise) de la non-pensée du wokenisme, c’est d’alimenter une dynamique grandissante de pression psychologique (et non intellectuelle) sur le simulacre wokeniste. Il ne s’agit aucunement de convaincre de leurs erreurs les wokenistes (tâche impossible et surtout absurde) ; il s’agit d’exacerber leur épisode maniaque qui devient une ‘ontologie maniaque’ (on pousse le paradoxe oxymorique jusqu’à ses limites), jusqu’à toujours plus d’absurde bêtise, de façon à les épuiser secrètement, en-dessous de l’excitation maniaque, en-dessous de la dépression comme l’on dit ‘en-dessous de la ceinture’, là où se trouve la voie triomphale pour eux de l’effondrement psychologique... “Triomphale pour eux” car seul leur effondrement peut les sauver.

Il faut continuer, pour ceux qui en ont le goût et les moyens intellectuels, à analyser les caractères du phénomène, sa bêtise en majesté qui se découvrira de plus en plus. Il s’agit d’épuiser la société née du Système et qui a enfanté ces monstres , jusqu’à ce que, épuisée, cette société vomisse le wokenisme comme un œuf pourri, et se vomisse elle-même, société effondrée en même temps que le wokenisme s’effondre.

Complicité avec le Mal

Cette thèse de la maniaco-dépression débouche donc sur le constat d’une phase maniaque aigüe, et de plus en plus aiguë pour éviter la dépression, conduisant à une hystérie qui finit par prendre une position d’un état constant, comme on le voit chaque jour sous des formes diverses ; l’hystérie devenant une nouvelle façon d’être, et habillant la bêtise avec une élégance ‘tendance’. Cette situation psychologique particulière s’appuie et se nourrit à des événements d’une extraordinaire puissance : Covid 19, explosion de wokenisme transnational sous ses diverses formes, remous profonds et désordre de l’élection américaniste dont on sait de moins en moins où elle nous conduit.

Nous sommes désormais dans une phase extrême, sinon ultime de surpuissance, à ce moment où la surpuissance se transforme subrepticement en autodestruction. Cette phase maniaque constitue une béance considérable de la société, toutes structures démantelées, toutes cohérence et cohésion brisées ; la société devenue molle, fluide, sans structure ni référence, elle est complètement ouvertes aux influences les plus terribles, aux abaissements les plus fangeux dans les cloaques marécageux.

On aura garde de ne pas oublier deux constats opérationnels fondamentaux venant compléter le dispositif :
• L’interférence entre l’état maniaque, la maniaco-dépression et les événements déstructurants est constante et ambivalente, sans qu’on sache si ce sont les uns (les événements) qui alimentent les autres (les comportements maniaco-hystériques) ou le contraire ; cette parentèle est essentielle pour notre propos, en liant le wokenisme et ses humeurs maniaques aux événements de la Grande Crise ;
• Les structures qui sont démantelées, les références qui sont réduites par la fureur maniaque du wokenisme, ce sont les structures et les références d’un mode déjà complètement sous la coupe, sous la tyrannie du Système ; les processus de destruction sont donc eux-mêmes des processus de destruction de soi, renvoyant au caractère d’autodestruction au terme de la surpuissance. Cette destruction comporte une ambiguïté qui met en cause un constat de catastrophe sans retour pour celui d’une catastrophe nécessaire pour des possibilités de reconstruction inédite.

L’explication de tous ces phénomènes de destruction ne peut être réduite aux seules capacités humaines de destruction, ainsi que l’impulsion de destruction elle-même. L’ouverture, la béance catastrophique d’une société produite par le Système sollicite l’hypothèse d’une cause fondamentale, extrahumaine, d’origine maléfique, ou dit autrement, de l’ordre du satanisme. Comme dans le cas du wokenisme qui semble tout avoir pour être une création de cette cause par le biais de l’épisode maniaque, il importe de ne pas concentrer notre énergie pour chercher ni à comprendre, ni à expliquer, mais réservant toute cette énergie à notre capacité de constater ce phénomène, et à notre capacité de l’accepter tel que nous en voyons la possibilité, à distinguer en lui une vérité-de-situation certainement essentielle. De cette façon, nous pouvons mieux accepter cette possibilité, et nous ouvrons notre esprit à une plus vaste perception de la situation ; là aussi, possibilité de vérité-de-situation.

Dans le cadre de cette hypothèse et pour tenter de la clore temporairement dans le cadre de ce propos, et en son temps, on peut également avancer deux autres constats essentiels pour déterminer la position de l’être humain, nous dirions presque la position “du vivant” comme sous y englobions les mondes de la faune et de la flore, qui constituent l’environnement également dans la même crise profonde... Mais pour finir, dans notre propos, à nous en tenir dans l’acte d’accusation aux sapiens sapiens qui portent absolument toutes les responsabilités de l’habituel “idiot (outil) utile”, d’avoir servi aveuglément l’évolution jusqu’à la catastrophe actuelle au son très rock’n’roll de ‘hymne au Progrès (‘En-Marche’) :

• Nous avons d’abord la nécessité, pour accorder cette analyse à une influence maléfique/démoniaque, d’observer l’épisode maniaque comme une main tendue, une invite lancée au Mal pour qu’il pénètre les circonstance et les événements ainsi créés, et justement aisément pénétrables dans l’extraordinaire expansion de leur inconsistance due à l’influence maniaque productrice de simulacres divers, d’hystérie d’attitude et de bêtise du jugement chez les Sapiens. Pour nous, la complicité entre épisode maniaque et Mal est avérée (Voir notre note [2] reprenant un passage consacré à cette question, du texte du 16 mars 2015)

• Pour autant, cela n’implique nullement la condamnation absolue du Sapiens. En l’occurrence, les  Les hommes sont perçues comme jouets du Mal, comme inconscients du Mal, n’étant pas le Mal en soi selon la formule de Plotin. Là aussi, on donne sa juste place, quasiment centrale et ordonnatrice, à, l’influence maléfique/satanique).. (Voir notre note [3] reprenant un passage consacré à cette question, du texte du 16 mars 2015)

Vertu réelle du wokenisme

Pour nous l’irruption du wokenisme permet de rassembler enfin sous un seul vocable, dans une seule dynamique, selon un seul simulacre conceptuel où la zombification de la bêtise et la surpuissance de l’hystérie tiennent toute la place. L’objectif évident est la déconstruction et la dissolution vers le ‘Rien’ de l’entropisation conceptuelle.

Tous les composants habituels de l’activité sismique du Système peuvent y être rassemblés en plus et avec les composants directs : les courants progressistes et sociétaux, les BLM & les néo-antiracistes de Taguieff, les pesanteurs cruelles du DeepState américaniste, les courants globalistes et néo-hyperlibéraux, les $trillions, les machinateurs du type Soros & Cie, les néo-dictatures postmodernes du type-UE pour la structure, du type-Covid19 pour l’événement, du type sublime-tocquevillien pour la hauteur de vue et la perception géniale du simulacre, lui-même (Tocqueville) résumant l’ensemble en suggérant la succession dégradante des cycles jusqu’à la chute achevée de l’Âge de Fer :
« Les monarchies absolues avaient déshonoré le despotisme ; prenons garde que les républiques démocratiques ne le réhabilitent, et qu’en le rendant plus lourd pour quelques-uns, elles ne lui ôtent, aux yeux du plus grand nombre, son aspect odieux et son caractère avilissant. »

La grâce évidente du néologisme ‘wokenisme’, venu de l’anglais to woke et transformé en argot des rues, des quartiers black puants de drogue du crack au tar, de Chicago, aux salons fleurant l’encens du Park Avenue libéral-progressiste (et blanc, ma chère) de New York, pour exprimer tous ces courants vus plus haut, – cette grâce est justement d’exprimer à peu près n’importe quoi à partir du concept de l’‘éveil’ (to woke up : se réveiller après le sommeil de la nuit). Confronté aux événements et à leur contenu tels qu’on les a vus, au degré intellectuel des composants, à la stabilité psychologique qu’on a observée, le wokenisme en vient à signifier à peu près n’importe quoi dans le sens de l’agitation et de la déstabilisation au service du Système, pour exécuter les consignes inapplicables du Système en un ‘Rien’ final et éjaculatoire de rien-du-tout. Fidèle serviteur du Système, il finit par exposer contre son gré (plein et entier) les tares irréfragables et le vide-totalitaire du Système.

Humain, trop humain, parce que fidèle, trop fidèle.

 

Notes

(1) Nécessité de l’épisode maniaque comme main tendue au Mal, dans sa puissance extraordinaire d’inconsistance. (Extrait du texte du texte du 16 mars 2015, du Glossaire.dde sur « La maniaco-dépression du monde » )

« Ce qu’il importe d’observer, c’est que la modernité, essentiellement à partir de la rupture du “déchaînement de la Matière” qui lui donne tout son sens, a modifié le rythme et le sens des évènements psychologiques, – et, par conséquent, le rythme et le sens de ses caractères extrêmes qui peuvent devenir des pathologies. Avant le “déchaînement de la Matière” et, plus largement d’un point de vue chronologique, avant la modernité, existait un état plus stable, notamment pour la psychologie. Les conceptions admises, notamment concernant la dépression, étaient alors entièrement fondées. La modernité introduit le rythme, le mouvement, c’est-à-dire le changement permanent, et le changement permanent de plus en plus en forme d’obsession compulsive parce que le but général du changement jusqu’à l’inversion de l’essence du monde tarde à se réaliser alors qu’il s’agit là du but ultime et du but de sauvegarde de la modernité. Si ce but n’est pas atteint, la modernité meurt d’elle-même, et plus elle croit approcher de ce but, plus l’essence du monde résiste à ses consignes d’inversion, plus l’obsession compulsive s’accentue. En termes psychologiques, cette attitude se traduit par cette agitation permanente, par l’affirmation d’un univers de faux semblant, par un simulacre de vérité qui demande un mouvement constant pour l’empêcher de se dissiper comme font les illusions. Ce sont les caractères mêmes d’une phase maniaque.
» Ainsi dirions-nous qu’à la lumière et sous la pression de la modernité, l’épisode maniaque, qui est tromperie pure, inversion de la vérité, simulacre du monde, constitue effectivement la démarche centrale de cette modernité. C’est dans ce cas que se manifeste le plus précisément le Mal, comme si l’individu, ou l’époque, était complètement possédé par le Mal (sans en être pour autant, ni la source, ni même la substance). Et le Mal se manifeste sous son vrai visage, qui est simulation du contraire de lui-même, inversion de la vérité du monde, tandis que le mouvement marqué par l’obsession compulsive, par sa pression permanente et désordonnée, empêche la pensée, notamment sous la forme de la raison, de se rassembler, de se retrouver et de s’ouvrir à l’intuition haute. »

(2) Les Sapiens comme jouets du Mal, comme inconscients du Mal. (Extrait du texte du texte du 16 mars 2015, du Glossaire.dde sur « La maniaco-dépression du monde » )

 « Cette démarche d’interprétation de la situation de crise ultime où nous nous trouvons dans le temps présent par la pathologie de la psychologie (la maniaco-dépression) nous conduit à observer combien ce schéma implique l’appréciation de la plus grande proximité possible du Mal. On observera que cette idée s’accorde avec notre perception de l’épisode métahistorique de la modernité, tel que nous l’avons rappelé plus haut, où la phase maniaque qu’a constitué l’évolution psychologique au XVIIIème siècle, conduit au “déchaînement de la Matière” de la fin du siècle, avec la Révolution française.
» On rappellera la position que nous avions défendue [Glossaire.dde-crisis du 28 janvier 2015] dans notre démarche d’identification du Mal, comme étant la Matière en tant que déstructuration et dissolution absolues, équivalent en termes physiques à l’“entropisation”. La référence que nous citions était celle de Plotin (Traité 51 des Enneades), qui détermine la présence du Mal en l’homme selon les faiblesses de l’homme, ditto selon sa proximité de la Matière: “Car on pourrait dès lors arriver à une notion du mal comme ce qui est non-mesure par rapport à la mesure, sans limite par rapport à la limite, absence de forme par rapport à ce qui produit la forme et déficience permanente par rapport à ce qui est suffisant en soi, toujours indéterminé, stable en aucun façon, affecté de toutes manières, insatiable, indigence totale. Et ces choses ne sont pas des accidents qui lui adviennent, mais elles constituent son essence en quelque sorte, et quelle que soit la partie de lui que tu pourrais voir, il est toutes ces choses. Mais les autres, ceux qui participeraient de lui et s’y assimileraient, deviennent mauvais, n’étant pas mauvais en soi.”
» Par conséquent, il nous semble logique de considérer qu’une ‘pathologie’, qui est une manifestation d’une faiblesse du corps comme [de la psychologie conduisant à l’intellect], soit effectivement une interprétation tout à fait convenable et juste pour décrire la proximité du Mal de l’homme ; plus précisément, une pathologie de la psychologie, affectant ainsi la spécificité humaine par où transitent les courants d’influence essentiels pour l’esprit, précisément aujourd’hui où la raison subvertie ne peut plus tenir son rôle central d’acceptation de ses courants ou de défense contre eux en raison de sa faiblesse ; plus précisément encore, la maniaco-dépression, dans la mesure où cette pathologie offre deux épisodes d’elle-même dont on a vu que l’un est l’archétype même de l’exacerbation de toutes les faiblesses de la tromperie et de l’illusion, ruses essentielles du Mal, et l’autre une réaction certes dépressive mais également de soudaine lucidité sur le mécanisme pervers de l’épisode maniaque, contre cet épisode maniaque. On voit combien cette pathologie est définie, dans notre interprétation, en termes métaphysiques et non plus en termes médicaux, et combien il est par conséquent justifié de lui accorder l’importance universelle que nous proposons. »

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