Notes dans l'oeil au beurre noir du cyclone

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Notes dans l’oeil au beurre noir du cyclone

• L’essentiel d’une situation extraordinairement complexe, où l’intérêt n’est pas vraiment de dénouer les fils incestueux et paranoïaques de cette complexité (populisme contre wokenisme, fureurs intra-européennes, trumpistes contre démocrates-sociétaux, tout cela sur fond d’Ukrisis tambour battant), se trouve dans la limpidité de la GrandeCrise. • Pour reprendre notre idée d’introduction et de conclusion : nous regardons se faire, en temps réel et dans le temps-courant, la fusion des deux “subcrises” principales de la GrandeCrise. • Nous sommes irrémédiablement conduits à observer les convergences explosives d’une Europe qui plonge dans la catastrophe énergétique et économique du très long hiver-2022, et un chapitre intéressant et explosif, – les élections midterms, – de la ‘guerre civile’ américaniste déjà vieille de six ans, entre trumpistes pseudo-populistes et wokenistes sociétal-progressistes. • Quoi qu'il en soit, la Russie du président Poutine observe le spectacle et Zelenski affirme avec une fougue toute churchillienne que c’est lui et nul autre le spectacle.

1er septembre 2022 – Ce à quoi nous assistons dans le temps-courant, c’est la fusion inévitable des deux “crises” principales de la séquence, – nous les nommons comme les ‘subcrises’ constitutives de la GrandeCrise, – Ukrisis d’une part, la crise du système de l’américanisme d’autre part. Comme événement symbolique de cette fusion, nous empruntons l’entame d’un récent texte de Rachel Marsden.

« Il semble que ce soit au tour de l'Europe d'apprendre ce que valent les promesses de Washington. Dans une lettre que le comité éditorial du Wall Street Journal a qualifiée d’“intimidation”, la secrétaire d'État américaine à l'Énergie, Jennifer Granholm, exige que les principales sociétés de raffinage d'énergie du pays s'abstiennent d'augmenter les exportations de carburant à un moment où les alliés de l'Amérique en Europe en ont grandement besoin. “Étant donné le niveau historique des exportations américaines de produits raffinés, je vous invite à nouveau à vous concentrer à court terme sur la constitution de stocks aux États-Unis, plutôt que de vendre les stocks actuels et d'augmenter encore les exportations”, écrit Granholm, citant “les niveaux historiquement bas des stocks d'essence et de diesel dans certaines parties du pays”. En d'autres termes, l’Amérique d'abord. Qui est surpris ? L'Europe ne devrait certainement pas l'être, – malgré ce qu'on a pu lui faire croire.

» La position de Granholm est très éloignée de la déclaration conjointe publiée par l'UE et la Maison Blanche le 27 juin, faisant état d'une coopération pour “trouver ensemble des moyens de réduire davantage les revenus d'origine énergétique de la Russie dans les mois à venir”. Les alliés occidentaux avaient salué à cette occasion “des avancées importantes vers la réduction de la dépendance de l'Union européenne aux combustibles fossiles russes en diminuant la demande de gaz naturel, en coopérant sur les technologies d'efficacité énergétique et en diversifiant les approvisionnements énergétiques”. »

Un coup d’œil sur les États-Unis d’abord, en ayant à l’esprit que toutes les situations sont aujourd’hui considérées à Washington à la lumière de deux choses :
• La proximité galopante et obsessionnelle des élections midterms du 8 novembre, et
• La débâcle catastrophique de tout l’appareil policier, juridique et manipulateur antiTrump, avec des arguments d’un comique à-la-Marx Brothers, permettant à l’ancien président de tourner un formidable argument politique et idéologique auprès des électeurs en sa faveur et en faveur des candidats qu’il patronne.

Il découle de cela que toutes les mesures sont et doivent être prises par l’administration démocrate sur le “second front”, derrière celui de la polémique politique et idéologique. Ce “second front” est bien entendu celui de la situation économique catastrophique à la lumière des conditions internationales brutalement aggravées par la rupture avec la Russie et l’hostilité d’un bloc antiaméricaniste de plus en plus important dans le monde, – d’où l’intervention de Granholm selon la doctrine du “Fuck the EU !”.

Quelle est la situation en perspective sur ce “second front” ? La récession grave, ou “le pire est devant nous”, et tout le monde le sachant et le disant...

« La croissance économique négative qui s'est produite aux États-Unis au cours du premier semestre de cette année devrait se poursuivre, selon l'économiste Stephen Roach. Le responsable de longue date de Morgan Stanley Asia a déclaré mardi à CNBC qu'un ralentissement économique beaucoup plus profond pourrait durer jusqu’en 2024, notant que les États-Unis avaient besoin d’un “miracle” pour éviter une récession.

» “Nous aurons certainement une récession lorsque les effets décalés de ce resserrement monétaire majeur commenceront à se faire sentir”, a prévenu M. Roach, ajoutant : “Ils ne se sont pas du tout fait sentir pour le moment”. »

... Jusqu’à la sacro-sainte “politique des sanctions” imposée par les USA, qui n’est même plus respectée. Par exemple, les Chinois font commerce pétrolier, avec des sociétés-écran qui ne trompent personne, avec le Venezuela et l’Iran sans que les USA, l’esprit ailleurs, ne fassent la moindre remarque... Il est tout à fait probable que les Chinois, dans cette occurrence, interviennent au moins autant pour mettre en évidence la débâcle des USA et renforcer des axes géostratégiques, que par besoin de pétrole

Complices entre soumission et rapacité

Ce qu’il est très important d’apprécier, outre le climat de panique générale au sein du bloc-BAO pour cette rentrée, ce “jour de rentrée”, c’est l’espèce de rapport de “servilité-complicité” qui unit les deux composants du bloc, l’UE et les USA. Ils sont tous deux à la fois pseudo-concurrents, traîtres et soumis entre eux, et pourtant parallèlement confrontés à la même crise (subcrise) d’un formidable coup de fouet en retour des sanctions “tueuses-de-Russie”, que chacun essuie à sa manière, avec ses faiblesses, ses tares et ses corruptions, comme on essuie avec un torchon déjà sale les reliefs d’un repas brutalement interrompu, – la “guerre des sanctions” n’aura pas lieu...

Les Européens plongent dans la panique de leur hypercrise tandis qu’ils continuent à réaffirmer un soutien qui va de l’hystérie à l’esquisse d’une retraite, au régime-gangster, corrompu, totalitaire, complètement habillé d’un simulacre de travesti, qui règne aujourd’hui et de façon très bancale, à Kiev. Les USA sont face à une crise immédiate (on parle des semaines à venir) moins graves que celle à laquelle l’Europe fait face mais les dirigeants et les élites américanistes sont d’ores et déjà, comme on l’a vu plus haut, dans une crise politique de rupture du Système, et dans ce cas “en avance” politiquement sur la situation crisique de l’UE... Néanmoins, certains insistent sur l’exceptionnalité américaniste, qui ne peut laisser cette puissance être dépassée, dans ce cas par l’UE, pour ce qui concerne la profondeur et la puissance de la crise :

« Le responsable de longue date de Morgan Stanley Asia, Stephen Roach, a déclaré mardi à CNBC qu’un ralentissement économique beaucoup plus profond pourrait durer jusqu’en 2024, notant que les États-Unis avaient besoin d'un “miracle” pour éviter une récession.

» “Nous aurons certainement une récession lorsque les effets retardés de ce resserrement monétaire majeur commenceront à se faire sentir”, a averti Roach, ajoutant : “Ils ne se sont pas du tout fait sentir pour le moment”.

» Ancien économiste de la Fed, Roach a suggéré que l’actuel président, n’avait d’autre choix que d’adopter une approche à-la-Volcker pour le resserrement. “Il faut revenir au type de contrainte que Paul Volcker a dû imposer à l'économie américaine pour arrêter l’inflation. Il a dû faire passer le taux de chômage au-dessus de 10 %”. “La seule façon d'éviter d'en arriver là est que la Fed tienne sa parole et reste concentrée sur la discipline et amène ce taux réel des fonds fédéraux dans la zone restrictive. Et, la zone restrictive est très loin de là où nous sommes actuellement”. »

Ce lien comme cette opposition, conjointement, entre les deux acolytes-collabos USA et UE emportés dans des rapports passionnés de soumission et de mépris, mais aussi d’un destin catastrophique commun, sont importants à observer. Nous sommes complices, l’acte de soumission de l’un et le cynisme de la rapacité hégémonique de l’autre n’empêchant absolument pas des dégâts similaires dans leurs catastrophiques effets. Nous sommes dans la même tourmente, la même monstrueuse usine à gaz devenue folle et produisant de la crétinerie comme Ford produisait ses modèles ‘T’.

« Ayez peur, ayez très-très peur »

Après tout, l’ancien officier de la CIA et du contre-terrorisme devenu l’un des critiques les plus acerbes du Système qu’il connaît bien, Larry C. Johnson, nous entretient aussi bien que n’importe quelle sommité économico-communicationnelle de ce lien crisique, qui nous découvre dans cette posture fameuse du « Ayez peur, ayez très-très peur », comme le “Vil Coyote” découvrant soudain qu’il continuait à courir dans le vide, et aussitôt, réalisant l’absurdité de son effort, emporté tout autant soudain, par lui-même, dans sa chute... Il parle, lui, Johnson, d’une entrée dans quelque chose d’aussi grave que la Grande Dépression... Encore n’est-ce qu’un aspect du monstrueux ouragan dont nous nous croyions les maîtres parce que placés dans son œil, là où règne le calme trompeur du trou noir.

« Tout comme le “Vil-Coyote” des dessins animés, les États-Unis et l'Europe découvrent que leur plan incroyablement “intelligent” visant à punir et à provoquer l’effondrement de la Russie par des sanctions économiques draconiennes se retourne contre eux. Et ce retour de flamme est très violent.

» Regardez le marché boursier américain. Il a perdu près de 1900 points depuis vendredi dernier, soit quatre jours de baisse consécutifs. Et ce n'est qu'un début... [...]

» L'économie américaine est confrontée à des vents contraires importants à l’approche de l’automne. Biden et son équipe continueront à mettre du rouge à lèvres sur un cochon pour peindre la situation sous le jour le plus positif possible, mais cela ne résoudra pas les pénuries de la chaîne d’approvisionnement et la croissance continue de l'inflation.

» En Europe, la situation est nettement plus grave. Le Royaume-Uni et l'Irlande sont aux prises avec la flambée des coûts de l'énergie qui contraint de nombreuses petites entreprises à cesser leurs activités [...].

» Pendant ce temps, l'économie russe se porte bien. C'est parce qu'elle produit de l'énergie, des matières premières et des métaux dont le monde a besoin. Elle ne dépend pas des importations pour se maintenir à flot. Et, malgré les sanctions, la Russie continue d'exporter du pétrole, du gaz, des engrais et des céréales.

» Les messages de la série ‘Game of Throne’ de HBO et du film ‘The Fly’ sont repris dans la presse : “L’hiver arrive” et “Ayez peur, ayez très-très peur”. À l’approche de l’hiver, la détermination européenne à continuer de punir la Russie par des sanctions s'effritera. Il y aura une rupture entre l’Europe et les États-Unis sur la politique à l'égard de la Russie. Malheureusement, cette rupture arrivera probablement trop tard pour éviter que les habitants d'Allemagne, de France et du Royaume-Uni ne soient confrontés à des maisons non chauffées et à une augmentation spectaculaire du chômage. Nous allons probablement entrer dans une période de chaos et de bouleversements économiques sans précédent depuis la Grande Dépression des années 30. J'espère et je prie pour avoir tort. Mais les indicateurs ne sont ni prometteurs ni rassurants. »

La ‘Grunen’ de Kiev

En Europe, où l’on découvre les monstrueuses augmentations des dépenses d’énergie, touchant les commerces, les industries, les particuliers, les démunis, etc., avec des perspectives catastrophiques (22% d’inflation en Angleterre en 2023, dit Goldman Sachs), le lien est tout aussitôt fait avec l’aspect militaire d’Ukrisis. Le degré d’imposture stupide, en plein bourdonnement des rumeurs de troubles sociaux et d’émeutes, a été atteint par la ministre des affaires étrangères allemande, que nous choisissons comme modèle, comme emblème et comme symbole de la posture européenne/sociétale-progressiste, – et “écolo” bien sûr puisque Annalena Baerbock est du parti ‘Grunen’.

Voici quelques bruits de son intervention au cours d’un séminaire à Prague mercredi, qui firent grand bruit puisqu’il s’agit de dire que même si les Allemands descendent dans la rue pour se révolter contre les prix ahurissants de l’énergie, il faut continuer à soutenir les Ukrainiens, donc les sanctions contre les Russes ; c’est une sorte d’improvisation sur le thème du “se battre jusqu’au dernier Ukrainiens”, qui serait “tenir jusqu’au dernier manifestant-chômeur allemand” :

« Alors que la plupart des membres du cabinet allemand étaient en retraite au château de Meseberg, dans la banlieue de Berlin, Mme Baerbock était à Prague pour une conférence intitulée “Le danger clair et présent de la démocratie : comment y répondre ?”

» “Si je fais une promesse aux Ukrainiens, – ‘Nous sommes à vos côtés, aussi longtemps que vous aurez besoin de nous’, – alors je veux la tenir. Peu importe ce que pensent mes électeurs allemands, mais je veux tenir mes promesses au peuple ukrainien"”, a-t-elle déclaré.

» “Je dois être claire : cela tient tant que l'Ukraine a besoin de moi”, a-t-elle ajouté, en faisant référence à l'embargo de l'UE contre la Russie. “Nous sommes maintenant confrontés à l'heure d’hiver, lorsque nous serons mis au défi en tant que politiciens démocratiques. Les gens descendront dans la rue et diront ‘Nous ne pouvons pas payer nos prix de l'énergie’. Et je leur répondrai : ‘Oui, je sais, alors nous vous aidons avec des mesures sociales’. Mais je ne veux pas dire ‘OK, alors on arrête les sanctions contre la Russie’. Nous resterons aux côtés de l'Ukraine, et cela signifie que les sanctions resteront en vigueur même en hiver, même si la situation devient très difficile pour les politiciens”. »

En 2021, tous les Sergents-Majors de la presseSystème française et béate trempaient leurs plumes du même grade dans un bénitier pleins d’une liqueur extatique : « Pragmatiques, ouverts et professionnels, les Verts allemands sont prêts à gouverner », écrivait ‘Le Monde’ le 22 avril 2021. ; c’est-à-dire, prêts à faire la guerre à outrance et rencontrer, – comme cela se trouve, – les consignes du Système et de son bras armé de Washington D.C... Ainsi Baerbock est-elle le plus sûr relais de la politiqueSystème de Washington, avec Ursula von der Layen (une autre Allemande) et certainement Elizabeth Truss, – si elle est désignée, comme c’est probable, Première Ministre de Sa Majesté.

Ces femmes européennes au pouvoir, essentiellement anglo-saxonnes et germano-nordiques si vous y ajoutez la ravissante Première finlandaise qui danse et pleure sur le rythme de l’OTAN enfin adoubée, renvoient aux Harpies” d’Hillary Clinton et à l’interventionnisme progressiste (R2P) pour affirmer une dimension guerrière du féminisme triomphant, qui n’était pas précisément ce que les communicants de la chose nous annonçaient. (Cela est plutôt au contraire de leurs consœurs plus sudistes qui aimeraient bien retrouver le “modèle” Evita-Peron du populisme-tragique.)

Quant à l’écologisme... Oh lui ! Lui aussi radicalisé comme il se doit, il plonge dans la bouillie wokeniste pour s’ériger, au côté du zélenskisme, doctrine manifestement hypermoderniste, contre tout ce que la Russie (re)présente de structurée et d’anti-décadentiste.

Incertitude, instabilité & contradictions

On voit ainsi se dessiner, sur le canevas des différentes subcrises en cours, plusieurs tendances qu’on jugera importantes sans pouvoir rien dire de leurs effets, – sinon que c’est le désordre qui s’empile sur le désordre :

• Le maintien d’une très forte tension guerrière dans certains grands pays de l’UE comme dans la bureaucratie de l’UE elle-même, qui implique une proximité des USA en même temps que le maintien des conditions (sanctions) qui favorisent le contrecoup dévastateur dans le bloc-BAO, avec des possibilités de révoltes populaires. L’essentiel est donc cette perspective de désordre qui transit d’angoisse et de colère démocratique nos dirigeantsSystème.

• Une très forte idéologisation de cette posture extrémiste européenne, à la fois wokeniste, écologiste, féministe, etc., se résumant par le fait d’une démarche de déconstructuration qui est parfaitement l’ennemi contre lequel la Russie s’affirme. Cette démarche rencontre parfaitement celle qui pousse l’administration Biden et le parti démocrate dans ses diverses actions. C’est aussi de ce point de vue que cette fraction européenne se trouve proche des USA, et donc singulièrement intéressée par la crise interne de l’américanisme, sachant qu’en cas de victoire républicaine la position des USA vis-à-vis d’Ukrisis dans toutes ses dimensions (guerre en Ukraine, relations avec la Russie/sanctions) va devenir plus incertaine, plus nébuleuse, plus énigmatique – avec d’ailleurs des tensions au sein même du parti républicain, entre des ultra-interventionnistes (le sénateur Graham) et des “modérés” à cet égard du fait d’un isolationnisme rampant mais extrême (Trump, d’une certaine façon).

• Par ailleurs, se poursuivent les lamentations et les incantations sur l’“unité retrouvée” de l’UE, comme à l’habitude troublées par les plus radicaux, c’est-à-dire la Pologne et ses trois petits adjoints du Nord. Le Premier Ministre polonais est venu à Paris venir rappeler au président Macron et à la presseSystème du lieu-dit qu’il « existe un risque d’implosion de l’Europe » à cause des différences d’évaluation du conflit ukrainien entre les uns et les autres ; en gros, Macron parle beaucoup-beaucoup trop à Poutine, pas assez à Zelenski... Cette querelle de clocher entre les différents degrés de l’insoumission est lassante. Plus intéressante est de connaître le sentiment des Polonais “tradi-cathos” par rapport aux règles d’engagement de la Baerbock allemande, et aux préférences wokenistes de ses correspondants féministes-américanistes. Enfin, ce sont quelques grains de poivre de plus sur la confusion interne régnant dans le bloc-BAO, section Europe-Unie dont on ne cesse d’acclamer tout haut et dans l’extase l’unité retrouvée à l’occasion d’une si belle cause.

• Le seul argument intéressant que l’on peut sortir de ce qui précède concerne notre principal constat : l’inexorable rencontre et mélange explosifs entre ceux qui campent aux deux ailes du Système s’affrontant (pour ou contre) autour des tendances hypermodernistes de la déconstructuration doit hâter la fusion des deux subcrises, – celle de l’Europe confrontée à Ukrisis, et celle des USA confrontés à ses tensions internes avec les élections midterms. Effectivement, rien n’est simple dans ce chamboulement de l’affrontement “autour des tendances hypermodernistes de la déconstructuration”, avec les proximités s’opposant aux alliances, les perceptions contredisant les psychologies, les pulsions de puissance brouillant les intérêts. Dans ce cas de la fusion des deux subcrises, on risque de rencontrer des contradictions difficiles au sein du bloc-BAO, et par conséquent une plus grande difficulté encore à maîtriser les diverses facettes d’Ukrisis.

C’est-à-dire qu’au bout du compte s’ouvrent deux nouvelles ramures de la GrandeCrise, tandis que se poursuit la Grande Crise de Russophobie à l’occasion d’Ukrisis :

• les crises internes européennes du fait de l’explosion des prix de l’énergie et ses effets sur une situation  économique et psychologique calamiteuse ;
• la crise interne de l’américanisme opposant clairement et jusqu’à l’affrontement de guerre civile les partisans d’un pseudo-populisme (les trumpistes et assimilés pour faire court) et les hypermodernes-nihilistes du wokenisme et du sociétal-progressisme.

Que se passe-t-il ? Comme l’écrit, pour la rentrée et d’une façon très churchillienne, Bill Blain de ‘MorningPorridge.com’, à propos de la situation en rapide dégénérescence de la réputation de la place financière de Londres/‘The City’ :

« Cette année, l’incertitude est empilée sur l’instabilité et l’ensemble est installé sur des contradictions. »

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