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25/11/2009 - Bloc-Notes
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Saint-Petersbourg est l’une des plus majestueuses villes du monde, mais tout de même très au Nord – et, tout de même, le Mistral est parvenu à y monter pour y souffler. Mais il ne s’agit pas de cette spécificité météorologique provençale mais du porte-hélicoptères du même nom, si fameux désormais, dont Novosti fait des gorges chaudes et un superbe diaporama, à l'amarrage le long du quai Koutouzov, qui ne fut pourtant pas le meilleur ami de l’Empereur (celui des Français).
La même agence Novosti signale, le 23 novembre 2009, l’arrivée du porte-hélicoptère à Saint-Petersbourg. Puis ces quelques détails, outre celui d’apprendre que le Mistral doit évoluer en manœuvres avec des unités de la flotte russe, en Baltique:
«Le chef d'état-major adjoint des forces navales russes, Oleg Bourtsev avait auparavant annoncé à RIA Novosti que le commandement de la flotte jugeait nécessaire d'acquérir un porte-hélicoptères de ce type et de construire quatre autres navires sous licence française. Ces navires, destinés à appuyer des opérations de débarquement, de maintien de la paix et de sauvetage, doivent équiper les flottes russes du Nord et du Pacifique, estiment les militaires. Leur utilisation dans la lutte contre les pirates, au large des côtes somaliennes par exemple, est également possible.»
Observons également que l’OTAN, où, officiellement, on ne pense rien, mais strictement rien à propos de ces échanges pouvant aboutir à un achat du Mistral, on a bien été contraint d'en parler puisqu’une question a été posée. Finalement l’OTAN en pense quelque chose: on est amis avec tout le monde, donc avec les Français et avec les Russes, et on espère, et on ne doute pas que la transaction se fera, si elle se fait, “dans tout le respect des transactions diuanières”. Donc, pas de trafic de cigarettes prévu… Cela, selon Novosti du 24 novembre 2009, qui avait organisé une vidéo-conférence de presse.
«L'OTAN n'a pas de position officielle sur l'intention de la Russie d'acheter les porte-hélicoptères français Mistral, a déclaré mardi le porte-parole de l'Alliance James Appathurai lors d'une vidéoconférence de presse organisée par RIA Novosti. “L'OTAN ne possède pas de point de vue officiel sur ce problème. Nous sommes au courant des négociations menées. La Russie est un partenaire de l'Alliance et la France en est membre. Nous n'avons aucun doute que si ce marché est conclu, il le sera dans le respect de toutes les engagements douaniers”, a indiqué M.Appathurai.»
Par contre, l’Estonie n’est pas du tout satisfaite, et elle le dit. Elle voit dans cette visite l’annonce des plus noirs desseins. C’est encore et toujours Novosti, le 24 novembre 2009, qui nous fait part des inquiétudes estoniennes, notamment par le ministre des affaires étrangères Urmas Paet, qui annonce que l’Estonie soulèvera cette question avec la France lors d’une prochaine réunion de la commission de l'Union européenne pour le contrôle des armements conventionnels: «Les Russes ont annoncé vouloir l'utiliser au sein de la Flotte de la mer du Nord dans le Pacifique, mais rien ne les empêchera de le transférer vers d'autres mers et océans.» Novosti remarque ceci, qui prolonge les propos de Urma Paet:
«Plusieurs militaires et politiques estoniens estiment que le porte-hélicoptères peut être également utilisé en mers Noire et Baltique, ce qui est susceptible de constituer une menace pour la sécurité de l'Estonie et ses alliés. Selon le commandant des Forces de défense estoniennes le général Ants Laaneots, les militaires estoniens craignent que le porte-hélicoptères Mistral ne stationne en mer Baltique, en créant une menace contre la sécurité du pays.»
D’autres indications provenant d’Estonie rapportent que le chef d’état-major de la marine russe aurait dit, le 23 novembre, pour apprécier la capacité du Mistral, qu’un tel navire permettrait, du point de vue du déploiement des forces, d’effectuer en 40 minutes un déploiement de forces équivalent à celui qui prit 26 heures aux Russes, lors de la crise de Géorgie d’août 2008. Les mêmes sources estoniennes s’affirment persuadées que les Russes tenteront de déployer le Mistral dans un port de la Mer Noire, menaçant directement la Géorgie et l’Ukraine. L’Estonie a la vue large, qui s’intéresse à la sécurité de la Géorgie et de l’Ukraine.
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