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Très dubitatif

Article lié : Les omega3, une métaphore de l’impasse.

Fabien Abraini

  12/06/2013

Bonjour,

Je suis totalement interloqué par cet article (la partie remise en cause des oméga 3), et ce d’autant plus que le premier lien censé pointer vers une réfutation définitive de l’ensemble des effets positifs allégés des oméga 3 ne mène vers rien me concernant, n’étant pas abonné, et que le second lien mène vers un PDF sur l’acide arachidonique, qui n’est pas un oméga 3.

Il m’est en conséquence impossible de juger de la pertinence de votre propos, qui semble ignorer que les différentes variantes de leucotriènes et de prostaglandines (dont vous parlez pourtant) sont justement issues du type d’acides gras initiaux, dont l’équilibre dans l’apport alimentaire est fondamental, et est justement totalement détruit dans l’alimentation industrielle, en défaveur des oméga 3.

De fait, votre argumentaire revient à défendre cette production alimentaire industrielle déséquilibrée, puisque vous affirmez (à partir de quel travail ?) que l’influence de l’alimentation est dix fois plus faible que celles d’autres facteurs environnementaux (dans ce cas, pourquoi s’acharner à essayer de manger et de produire correctement ?).

Toute la seconde partie de votre argumentaire devenant caduque si la première partie perd sa pertinence, je vous saurais gré de préciser cette première partie, notamment en l’étayant par des documents accessibles à tous.

Vous remerciant.

Snowden, un héros ou une machine de guerre contre Obama

Article lié : Notes sur un whistleblower intempestif

Jean-Paul Baquiast

  11/06/2013

Je pense que vous tous que Snowden est un vrai héros. N’empèche que j’entends dire qu’il a peut-être été diligenté par des ennemis d’Obama, pour déstabiliser complètement celui-ci.

Ceci dit, une fois de plus merci à Philippe G. pour ce nouvel excellent article.

L'homage de renaud Camus au persiflage incarné.

Article lié : Glossaire.dde : “notre” Psychologie

GEO

  11/06/2013

Communiqué n° 1585, mardi 11 juin 2013

Sur le départ de M. Michel Denisot de Canal Plus

Le parti de l’In-nocence, à l’heure où M. Michel Denisot annonce son départ de l’émission qu’il animait depuis neuf ans sur Canal Plus, “Le Grand Journal”, tient à rendre un hommage appuyé à cet homme et à son émission, tant ils ont constitué une sorte de paradigme de la grande déculturation au service de l’industrie du divertissement et de l’entreprise du Grand Remplacement ; les deux processus étant consubstantiels si l’on considère la communion étroite entre la promotion infatigable de la musak sous sa forme rap, consacrée au rang d’art majeur à l’exclusion de tous les autres hormis peut-être la variété désincarnée, et celle du type humain que symbolise le parvenu en provenance des périphéries dites sensibles. Cependant, Michel Denisot et ses équipes resteront sans doute dans l’Histoire pour leur contribution inestimable à l’humiliation du politique, en France, avec la complicité des politiques eux-mêmes, et au parachèvement de sa transformation en royaume dérisoire — placé sous la tutelle des ricaneurs salariés — où la dérision elle-même ne cède périodiquement le terrain, quelques quarts d’heure durant, qu’à la haine, délicatement mise au service du politiquement correct le plus intransigeant.

Le parti de l’In-nocence, dans ces conditions, ne peut que s’associer pleinement au constat d’Alain Finkielkraut quant à cette incarnation idéale du Zeitgeist : « une arrogance absolument fanatique, une bien-pensance en béton armé, une certitude de granit ».

MORITURI TE SALUTANT

Article lié : Salut au héros antiSystème

ZC

  11/06/2013

peut-on imaginer que l’institution des Nobel qui a attribué le Nobel de la Paix à OBAMA et à l’UE a encore quelque crédit? 

Je vote pour Bradley MANNING, Julian ASSANGE et Edward SNOWDEN .

Mais ces gladiateurs de ce temps finissant ont face à eux un peuple plus avachi et corrompu que le “peuple de Rome” et des empereurs qui ont asservi les institutions que l’on pensait, il n’y a pas si longtemps, à l’abri de la fureur du monde.

Nous savons ici que la marche inexorable vers la fin du système
ne peut être arrêtée;  les actes de ces hommes sont notre honneur, ils nous interdiront de prétendre que nous ne savions pas. Mais les Nobel, dans l’état de servilité dans lesquels ils se trouvent seraient prêts à accorder ce “prix” à un BHL pour son oeuvre que pour ces HOMMES .
L’inversion des valeurs est totale et c’est à des fauteurs de guerres que le Nobel “de-la-paix” va aujourd’hui e, dans un sens, ces hommes seraient protégés dans leur honneur et pour l’Histoire d’ en être aujourd’hui exclus ;
Pour autant je les voudrai saufs et serai prête à rêver avec vous.

et que Dieu les protège.

perte de confiance, hmm ?

Article lié : Notes sur un whistleblower intempestif

user von

  11/06/2013

la perte de confiance causée par cette affaire NSA/PRISM peut-être à multiples ressorts, une bombe à fragmentation de dimensions politiques mais aussi tehcno et économiques assez croquignolettes :

David Kirkpatrick pose la question ainsi : Obama ne vient-il pas de détruire l’industrie internet US ? [ ->  http://www.linkedin.com/today/post/article/20130609225334-16549-did-obama-just-destroy-the-u-s-internet-industry?_mSplash=1 ], analysant en détail les conséquences imaginables sur la confiance qu’on peut accorder à des sociétés comme google ou facebook etc. si l’on sait que tout ce qui passe par leurs serveurs finit mouliné par les logarythmes des analystes de la NSA ; et les répercussions sur leur business et leur santé..

eh ben c’est parti, la machine est lancée sur ce plan aussi : un député russe demande à son exécutif que soit déclaré illégal et passible de poursuites pour trahison l’usage de gmail ou facebook (ou autres des 7 de PRISM sûrement) par les “civils servants” : agents de l’État russe. -> http://rt.com/politics/gmail-facebook-treason-high-521/

décidément et à chaque instant plus vrai : nice move, Barack O’Bentham !

Le Titanic, l'écluse et les chutes du Niagara ...

Article lié : Notes sur un whistleblower intempestif

Pascal

  11/06/2013

“La RDA s’est sortie de “l’abysse” en s’effondrant”

L’analogie ne convient que modérément ici puisqu’autant la RDA était attendu à bras ouvert par la RFA, enfin l’effondrement de la RDA, et que les Allemands de l’Est étaient près à mourir pour passer à l’Ouest où ils espéraient, à tort ou à raison, mais ils l’espéraient, ils étaient porté par cet espoir, avoir enfin accès à un mode de vie autrement plus prospère et prometteur que le leur ! Et il est exacte qu’une alternative existait qui autorisait à envisager l’effondrement avec optimisme tant les perspective d’amélioration existaient.

Même en 1789 les cadres d’une nouvelles sociétés avaient été travaillé pendant plus d’un siècle par l’intelligentsia européenne de l’époque, autrement plus subversive et créatrice que la nôtre, il est vrai dans un contexte autrement plus favorable, tant le champ des possibles était propice à favoriser les projets d’émancipation et les desseins révolutionnaires ! Qui plus est, la bourgeoisie des villes attendait son heure.

Aujourd’hui, rien de tout cela : d’aucuns voient dans la post-modernité le dépassement de la modernité. Pour ma part j’y vois son achèvement. Comme si nous étions parvenus à un terminus, au bout d’une voie sans issue une impasse ! Comme si nous étions dans une écluse débouchant sur les chutes du Niagara ! Autrement dit, une configuration pire que celle du Titanic !

Dans ces conditions il ne fauit pas s’étonner que l’on fasse donner l’orchestre et que les passagers pour bon nombre d’entre-eux n’ont pas trop envie que la musique cesse sous peine qu’aux airs entrainants succèdent les cris effrayés des icelles et des iceux qui ont saisi la nature de la situation ...

C’est ainsi qu’il se trouve(rait) une majorité de citoyens US (56%) à approuver la surveillance à très large échelle révélée par le withleblower Snowden ! Seulement 41% pensent le contraire ! [ http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/06/11/97001-20130611FILWWW00247-usa-56-acceptent-la-surveillance.php ]

Autrement dit, même si le navire doit couler, tout le monde s’accroche au bastingage en espérant ainsi exorciser les démons dans l’espoir de retarder l’échéance le plus tard possible ! Voire de renverser la situation par on ne sait quel miracle accompli par les opérateurs en chef du système en qui les âmes contemporaines pour nombre d’entre elles ont placé leur foi.  Car si Dieu est mort le besoin de Dieu lui est bien vivant ! A une irrationalité a succédé le plus logiquement du monde une autre irrationalité. Plus crédible que l’autre ; crédibilité préservée à grand renfort de communication par les sorciers du marketing ! Et favoriser par l’impossibilité de manoeuvrer le paquebot dans l’écluse !

Et si les chutes du Niagara approchent, il faut coûte que coûte convaincre les passagers qu’il n’en n’est rien !

Affaire Snowden/PRISM : premières conséquences économiques.

Article lié : Notes sur un whistleblower intempestif

Jack v.

  11/06/2013

« The migration from desktop computing to the cloud is on every tech firm’s playlist this season, with Apple [AAPL] expected to deliver improvements to its iCloud service later today—but recent revelations regarding the US government’s PRISM surveillance technology could be the kiss of death to these future tech promises. »

http://blogs.computerworld.com/cloud-storage/22305/why-prism-kills-cloud

Snowden

Article lié : Notes sur un whistleblower intempestif

bernard pautremat

  11/06/2013

Vous allez forcément trouver cet article:
http://rt.com/news/russia-consider-asylum-snowden-517/
qui démontre qu’une fois encore Poutine et son équipes sont d’excellent joueurs aux échecs…en bons russes

Rêvons un peu...

Article lié : Salut au héros antiSystème

Jack v.

  10/06/2013

L’idée commence à circuler sur le net et notamment sur le site de Ron Paul : pourquoi ne pas lancer une campagne mondiale pour réclamer la nomination pour le prix Nobel de la Paix des whistleblowers comme Bradley Manning,Julian Assange et Edward Snowden, ce qui mettrait peut-être ces hommes à l’abri de la hargne du gouvernement US ?

Leur engagement au service de la liberté vaut largement le prétendu engagement de Obama pour la paix.

« Marge Simpson Présidente ! »

Article lié : Salut au héros antiSystème

Alain Vité

  10/06/2013

Cette affaire de NSA-leaks vient télescoper une tendance en cours dans le pays, celle des lois baillons interdisant de filmer la cruauté envers les animaux.

(Lien vers un article sur le sujet : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/11/filmer-la-cruaute-envers-les-animaux-devient-un-crime-aux-etats-unis_3157361_3244.html)

Depuis divers scandales, qui ont éclaté suite à des videos montrant le traitement cruel sur des animaux dans les entreprises d’élevage US, des lois dans plusieurs Etats ont été – ou sont en voie d’être – votées pour interdire, non seulement de filmer ces mauvais traitements, mais bien souvent, de diffuser ces films, sous peine de poursuite et de prison pour l’auteur du film et aussi pour les journalistes, blogueurs ou autre, l’ayant diffusé. Il me semble que ce sujet a déjà été abordé sur Dedefensa.org, mais je ne me rappelle pas quand.

Ces lois sont en contradiction complète avec le Premier Amendement, hypocrite cache-sexe d’une auto-censure largement détaillée sur Dedefensa, mais néanmoins Vache Sacrée dans ce pays. Avec ces lois, le cache-sexe est arraché brutalement. Ainsi, les entreprises d’élevage peuvent en toute impunité accroître leur productivité et réduire leurs coûts, au détriment de bêtes qu’on n’a plus le droit de défendre.

Ces lois sont prétendument pour préserver la vie privée des entreprises, et pendant ce temps, la NSA, le FBI, Google, Facebook et tous les autres s’invitent dans la vie privée des citoyens du pays et du reste du monde, et s’échangent les informations comme des cartes Panini.

Les nombreuses implications m’échappent, et surtout la vue d’ensemble, mais voici quelques pistes :

Les associations de protection des animaux trouveront peut-être quelque chose à faire de cette contradiction.

On peut aussi s’attendre à ce que ce soit un premier pas vers d’autres interdictions, de filmer de dangereuses conditions de travail, des comportements inacceptables en entreprise, de mauvais traitements de détenus dans les prisons, et tout pleins d’autres qui ne me traversent pas l’esprit.

Par ailleurs, ce sont des lois d’Etats (Iowa, Utah et Missouri déjà votées. Arkansas, Californie, Indiana, Nebraska, New Hampshire, Nouveau-Mexique, Pennsylvanie, Tennessee, Vermont et Wyoming en projet) et non une loi fédérale. Selon les cas, ce peut être la nouvelle marque d’un divorce entre Washington et les Etats, qui se moquent de la Constitution. Ce peut aussi être un hubris des Gouverneurs et des parlements d’Etats – ou l’hubris de leurs mécènes privés - qui perdent toute mesure et se sentent pousser des aile en voyant le mépris de Washington pour le droit à l’information et les libertés des citoyens. Ou un mélange de tout ça.

Si la presse et les médias ne réagissent pas devant cette attaque, ce sera un aveu de plus, flagrant et public, de leur complicité et leur soumission aux autorités, ce qui risque d’accroître encore la dislocation entre les élites politico-médiatico-mafio-économiques et les populations.

Si Washington ne fait rien pour protéger ce fameux Premier Amendement, alors qu’il justifie par ailleurs son droit à l’incquisition dans la vie des individus, le déséquilibre brutal entre la « vie privée des entreprises » et celle des citoyens risque d’être là aussi, encore, une fissure supplémentaire, et la menace pour chacun d’eux une réalité affirmée.

Il est aussi possible que tout cela paraisse normal tant à la Presse, qu’aux Etats, qu’à Washington, et que personne parmi eux ne fasse rien que raconter ce qu’on n’aura plus le droit de raconter, pendant que d’autres voteront des interdictions au nom de la liberté.

Il y a quelque chose d’halluciné dans tout cela. Peut-être qu’à force de compromissions intérieures et avec le monde réel, d’abstraction, de réthorique et de PowerPoint, ce petit monde élitiste est devenu tant déconnecté de la réalité, que la réalité leur est peut-être devenue une fiction. Le citoyen moyen n’est peut-être plus qu’un héros de dessin animé, et un héros de dessin animé n’existe pas en vrai, il n’a pas vraiment de vrai droit.

Cela soulève la question de savoir qui, “en réalité”, est “coincé dans la Matrice” ; et même pas pour rire.

Peut-être que nous sommes entrés dans une nouvelle époque, avec un nouveau slogan citoyen et un nouveau thème pour les manifestations.

« Nous sommes tous des Homer Simpson ! »

Il y a vraiment de quoi se demander ce qui arrivera tant pour “eux”, que pour “nous” quand le réveil sonnera. Des guillemets parce que concrètement, nous vivons bien tous sur la même planète : la nature humaine étant ce qu’elle est, dans la grande majorité des cas les individus qui composent ces élites pourraient tout à fait être nous, et nous eux, si “eux” et “nous” échangions nos places. Et plus on se croit imperméable à ce danger, plus on y est exposé, c’est une des particularités de ladite “nature humaine” (qu’on observe aussi dans les sociétés de babouins et d’autres mammifères ; c’est alors peut-être une particularité des mammifères sociaux)

Mince alors ! du coup, peut-être que Jessica Rabbit existe en vrai !

Que le "monde libre" se mobilise pour la défense de Snowden

Article lié : Salut au héros antiSystème

Jean-Paul Baquiast

  10/06/2013

Bel article.
J’ajouterais, au delà de mon souhait exprimé dans le titre de cette réaction, que Snowden donne un exemple, nécessairement inattendu, de la façon dont les systèmes complexes que j’appelle pour ma part anthropotechnique peuvent se heurter à des éléments destructeurs internes, provenant soit de leurs composantes humaines, soit de leurs composantes technologiques, Nul en leur sein ne peut l’empêcher. Une situation par définition chaotique, au sens matheux du terme, peut toujours engendrer une réorganisation du Système entier.

XoffSystem compatible = consistent with Supramonde (supra_g20)

Article lié : Drogue, pétrole et guerre

François Jéru

  10/06/2013

Peter Dale Scott
http://www.dedefensa.org/article-drogue_p_trole_et_guerre_10_06_2013.html

Diplomate à ranger à proximité du sociologue Immanuel Wallerstein ” Cortex XIXe siècle ou Manipulateur ?”
(ref. Forum 09/06/2013 Pas de salut par les BRICS

Peter Dale Scott, résumé en 3 lignes :

Auteur en Catégorie XoffSystemCompatible

( compatible = consistent with subConflicts needed by supra_G20)

Catégorie Piedi : Pacifistes en inter-étatique dupeur et impuissant

Ici et là, des informations non politiques intéressantes

Pour séduire ? Dois-je écrire je ne sais pas ? Enfonceur de portes ouvertes ?

Ah! 1961: Maître de conf’ à Berkeley (Californie) - 1962: Maître assistant vacataire, etc.
patte blanche >> De 1966 à 94 : Professeur à Berkeley



Cette catégorie de causeurs, de bonne foi ou non,  n’a pas cessé depuis le XIXe siècle;

consciemment ou non ils leurrent leurs lecteurs et auditeurs;

ces derniers croient jouir d’une meilleure représentation grâce à des détails de terrain sur çi ou ça
et se trouvent avec de mauvaises cibles et des orientations inopérantes.



Ce constat, induit par cette conférence spécifique, peut être argumenté en quatre points.

Toujours difficile de trancher entre N et M ?

Article lié : Au hasard, le pouvoir

François Jéru

  10/06/2013

Rien sur le supranational - Que du baratin sur l’inter-étatique vassal.
Cet Immanuel Wallerstein est-il une Nullité (N) ou un Manipulateur (M) ?
... Difficile de trancher ...
... sans doute une bonne part des deux
formaté et payé par qui celui-ci, avec le principe de Perter faisant le reste ?
... il serait Sociologue ... pourquoi pas
ce pourrait être un Historien, un Philosophe, un ScPo, un ScEco
Ne sont-ils pas trop nombreux les experts spécialisés et médiatisés de cette espèce “N et/ouM” où il est difficile de trancher ?

Les Brics

Article lié : Au hasard, le pouvoir

Arrou Mia

  09/06/2013

@ geo trouve-tout (:°)
Dans cette configuration, les Brics sont une réplique au sens de réplique sismique.
Le capitalisme dit d’État chinois est lui aussi assurément un truc de coquins copains mais il met en péril relatif l’hégémonie militaire et économique du monstre à mille têtes zunien.
Ce n’est pas un mode de sortie du système, mais une manière de le clore peut-être.

Pas de salut par les BRICS.

Article lié : Au hasard, le pouvoir

GEO

  09/06/2013

http://www.medelu.org/A-qui-servent-les-BRICS

A qui servent les BRICS ?

Par Immanuel Wallerstein |  3 juin 2013

En 2001, Jim O’Neill, alors directeur des études économiques internationales de Goldman Sachs, écrivait un article destiné à ses abonnés. Il s’intitulait « Le monde économique a besoin de meilleurs BRICs ». O’Neill venait d’inventer l’acronyme pour désigner les économies dites « émergentes » du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine. Ce faisant, il les recommandait aux investisseurs, ces pays incarnant selon lui l’« avenir » économique de l’économie-monde.

L’expression a fait florès : les BRICs sont devenus un ensemble bien réel qui se réunit régulièrement, et auquel s’est joint plus tard l’Afrique du Sud (les BRICs devenant les BRICS : « S » pour « South Africa »). Le « s » minuscule devenait un « s » majuscule. Ils connaissent depuis 2001 un fort développement économique, du moins par rapport à d’autres Etats du système-monde. Ils sont également l’objet de très vives controverses. D’aucuns y voient l’avant-garde de la lutte anti-impérialiste. D’autres, à l’inverse, y voient de simples agents « sous-impérialistes » du vrai Nord (Amérique du Nord, Europe occidentale et Japon). Enfin, un troisième groupe y voit les deux à la fois.

Tandis que déclinent la puissance, le prestige et l’autorité des Etats-Unis - entrés désormais dans une phase post-hégémonique -, le monde s’organise, semble-t-il, autour d’une structure géopolitique multipolaire. Dans la situation actuelle, où coexistent entre huit et douze pôles importants de puissance géopolitique, les BRICS sont incontournables. En s’efforçant de créer de nouvelles institutions sur la scène internationale, telle que la structure interbancaire qu’ils ambitionnent de mettre en place à côté, voire à la place, du Fonds monétaire international (FMI), ils contribuent un peu plus à l’affaiblissement des Etats-Unis et des autres composantes du vieux Nord. Et ce, au bénéfice du Sud, à tout le moins des BRICS eux-mêmes. Si l’anti-impérialisme se définit comme la volonté de réduire la puissance des Etats-Unis, alors les BRICS représentent sans nul doute une force anti-impérialiste.

Cependant, le sujet ne se réduit pas seulement à la géopolitique. Il faut s’intéresser également aux luttes des classes au sein des différents BRICS, aux relations entre chacun des pays du bloc et, enfin, à la relation des BRICS avec les pays non-BRICS du Sud. Or, sur ces trois plans, le bilan des BRICS n’est pas brillant, c’est le moins qu’on puisse dire.

Comment se faire une idée des luttes de classes au sein des différents BRICS ? On peut d’abord – c’est la manière traditionnelle de procéder – considérer le degré de polarisation du pays en question, tel qu’il se manifeste à travers l’indice de GINI qui mesure les inégalités. Ou bien examiner la part d’argent public consacré à la réduction de la misère dans les couches les plus pauvres de la population. Dans ces domaines, le Brésil est le seul des cinq BRICS à avoir amélioré de façon significative ses performances. Dans certains cas, malgré l’augmentation du PIB, les indicateurs sont pires qu’il y a trente ans par exemple.

Si on s’intéresse aux relations économiques entre BRICS, la Chine surclasse les autres en termes de croissance du PIB et d’avoirs accumulés. L’Inde et la Russie semblent penser qu’il est nécessaire de se protéger de la puissance chinoise. Quant au Brésil et à l’Afrique du Sud, ils paraissent pâtir des investissements chinois présents et à venir dans plusieurs secteurs clés.

Sur le plan des relations des BRICS avec les autres pays du Sud, des critiques de plus en plus nombreuses se font entendre sur leur façon de se comporter avec leurs voisins plus ou moins immédiats, qui rappelle beaucoup la façon dont les Etats-Unis et le « vieux Nord » se comportaient jadis. Les BRICS sont parfois accusés non pas d’être « sous-impériaux », mais tout simplement « impériaux ».

Ce qui donne aujourd’hui aux BRICS leur importance, ce sont les forts taux de croissance qu’ils ont connus depuis à peu près l’an 2000. Ces taux ont été notablement plus élevés que ceux du vieux Nord. En sera-t-il toujours ainsi ? Ils commencent déjà à s’affaisser. Par ailleurs, d’autres pays du Sud (Mexique, Indonésie, Corée du Sud, Turquie) semblent maintenant les égaler.

Néanmoins, dans la mesure où la dépression mondiale s’approfondit et qu’il est peu probable qu’une reprise significative ait lieu au cours de la prochaine décennie, on peut douter que, dans dix ans, un nouvel analyste de Goldman Sachs s’aventure encore à présenter les BRICS comme incarnant l’avenir (économique) de la planète. Plus encore, la probabilité est faible que les BRICS continuent de se réunir régulièrement en tant que groupe menant des politiques communes.

La crise structurelle du système-monde évolue trop vite, et de façon trop incertaine, pour garantir une stabilité relative suffisante permettant aux BRICS de continuer de jouer un rôle particulier, tant sur le plan géopolitique qu’économique. Comme le concept de mondialisation lui-même, les BRICS pourraient en définitive se révéler n’être qu’un phénomène passager.

Immanuel Wallerstein