Jean-Paul Baquiast
26/07/2013
Ne pensez vous pas que les amoureux inébranlables de l’Amérique, si nombreux en Europe, vont prendre argument de ces évènements, bien décrits par vous (Système versus anti-Système) pour se convaincre que le régime américain est et reste le pire et le meilleur du monde, comme on le dit de la démocratie. En effet, diront-ils, c’est le seul régime capable de susciter à la fois ses aspects opprimants et ses antidotes.
Autrement dit l’américanisme qui fait tant de dégâts chez nous va rebondir plus haut que jamais dans les esprits européens.
Il est vrai que l’on cherchera sans succès des caractères de cette nature en Russie ou en Chine… Quant à l’Europe, ayant abandonné toute originalité à part l’américanisme, inutile d’en parler…
Jean-Paul Baquiast
25/07/2013
Ces évènements déconsidèrent plus que jamais Obama, qui a défendu mollement la position de la NSA, sans répondre vraiment à aucune des objections des minoritaires de la Chambre.
Dans le même temps, dans la crise Syrienne, il ne donne aucune réponse aux inquiétudes des Israéliens, résumées par l’article de Debkafile que vous avez commenté dans l’article précédent face aux djihadistes .
Les Israéliens estiment que dune part les US ne feront rien face à la montée du djihadismes en Syrie et que dautre part personne ne remplacera Hassad, sauf les islamistes. Pour Israël, ce serait la pire des solutions. Je ne suis pas un pro-Israël incorrigible, loin de là, mais en lespèce jestime quils ont raison. Obama et les US sont inexistants en cette affaire
dominique
25/07/2013
Bravo pour votre résistance à tous les sens du terme. Il est certes difficile de trouver aujourd’hui l’angle par lequel vraiment s’opposer au Système sans être récupéré d’une façon ou d’une autre. Il y a aujourd’hui énormément de faux résistants et très peu de vrais comme Ellul, Murray, Gorz, Michéa, Castoriadis, Lash, vous-mêmes et quelques autres.
C’est pareil pour les sites et c’est pourquoi le vôtre est si précieux.
Personnellement je lis tous vos articles, j’en traduits certains que j’envoie à d’autres sites critiques et à des amis. J’ai acheté votre livre magnifique sur la guerre 14, bref j’ai pour vous une grande admiration et beaucoup de reconnaissance.
Quant à l’augmentation des mails grossiers et/ou idiots sur le forum, si je peux me permettre c’est plutôt bon signe. Ca prouve que vous êtes de plus en plus dangereux pour le Système et ses adeptes. Et votre décision de les éliminer est une bonne idée car les gens se découragent quand on ne les publie pas.
Bonne continuation donc jusqu’au 20 000ième article comme a dit plus haut un lecteur!
Olivier PICCIN
24/07/2013
Bonsoir M. Grasset,
10 000 articles ... Belle performance, et j’espère que vous atteindrez les 20 000 et même au-delà, toujours avec cette difficilement comparable profondeur d’analyse qui, assez souvent, force à le relecture (et à la re-relecture ... ) afin de bien vous comprendre.
Mes activités ne me permettent pas d’être un contributeur sur votre forum, que je lis toujours avec intérêt. Les dérives que vous évoquez ne sont rien par rapport à ce que l’on peut voir sur d’autres blog, et de toute façon, je les prends pour ce qu’elles sont !
Et j’ai pris le parti, afin que vous puissiez continuer sans trop d’ennuis votre travail, de vous verser 20 mensuels. Je ne fume pas et n’ai pas de télévision, ainsi le budget correspondant vous est donc consacré ! Rêvons un peu : si seulement 150 de vos lecteurs en faisait autant, vous n’auriez plus à relancer mensuellement sur ce sujet.
Bien à vous, et très longue vie à votre site. Et encore merci.
Olivier
Bruno MELI
24/07/2013
Mais pourquoi avez-vous écrit 10.000 avec un point ?! Vous êtes pourtant très attaché à l’usage du bon français.
Bon courage pour la suite.
Michel DELARCHE
24/07/2013
je crois que ce que veulent dire Borges (et Steiner à sa suite) peuvent s’analyser à partir du cas du cinéaste Carlos Saura dont les meilleures oeuvres (Pippermint frappé, La Cousine Angelique, Ana et les loups, Cria Cuervos…) furent produites sous le franquisme dont la censure aussi vétilleuse qu’absurde donnait de l’amplitude et du souffle à ses métaphores. Après la fin du franquisme, Saura n’a plus produit grand chose de vraiment intéressant, comme si la fin de la nécessité de contourner les contraintes imposées par le système avait en quelque sorte asséché sa créativité narrative.
On peut faire des remarques similaires sur quelques uns des grands écrivains russes soumis aux pressions et à l’oppression du système stalinien (et parmi lesquels je ne rangerais pas Brodsky qui n’est comme Soljenitsyne qu’un auteur assez mineur à qui sa position d’opposant emblématique a offert un costume un peu trop grand par rapport à son talent proprement littéraire) ; je citerais plutôt Boulgakov, Grossman ou Tarkovski.
Il me semble que c’est l’incroyable absurdité des contraintes imposées par les dictatures qui stimule et enrichit la création plutôt que les multiples souffrances que les dictateurs infligent (et je ne crois pas que les souffrances et humiliations subies aient jamais rendu les artistes meilleurs.)
pierre
23/07/2013
On cite souvent les mêmes extraits du fameux discours dit du CMI d’Eisenhower, alors que la citation ci-dessous, qui fait suite aux paragraphes souvent cités, est également un monument de clairvoyance (passage mis en exergue entre des !!!xxx!!!)
“La perspective d’une domination des spécialistes de notre nation par les emplois fédéraux, les budgets attribués aux projets et le pouvoir de l’argent, [cette perspective] est bien présente et doit être considérée avec gravité.
Cependant, tout en apportant à la recherche et scientifique le respect que nous leur devons, nous devons également être attentif à un danger à la fois aussi grave et opposé,
!!!!!!! à savoir que l’ordre public puisse devenir captif d’une élite scientifique et technologique. !!!!!
C’est la tâche de l’homme d’état que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, aux principes de notre système démocratique - en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre.
pierre
23/07/2013
Je découvert une galerie photos sur la ville de Détroit.
La charge symbolique de ces images incroyables semblent préfigurer la ruine en devenir dans ce pays…
bien à vous tous
pierre
voici le lien
http://www.marevueweb.com/photographies/la-ville-de-detroit-en-ruine/
Pascal B.
23/07/2013
Théo TER-ABGARIAN
22/07/2013
«Notre choix ontologique, notre conviction spirituelle si lon veut, relevant dune foi plus que dune croyance, foi vient du latin fides et signifie confiance, est au contraire que le Système, parce quil représente le Mal, ne peut être supérieur à tout et, par conséquent, nous ne tenons aucun compte de laxiome contraire »
Je crois que le Mal que vous définissez importe peu à nos pontifes politiques qui clament du matin jusquau soir quils sont les vestales du « vivre ensemble », slogan qui nous est jeté à la figure depuis 15 ans et érigé en Deus ex machina ontologique (cest-à-dire quils visent bien au-delà de la question des communautés). Jai limpression que la rhétorique du Mal et du Bien a été complètement biaisée par lidéologie dominante de la social-prédation généralisée. Cest très amusant dentendre pontifier les propriétaires et gardiens du Bien, dans nos médias, par exemple de Christophe Barbier de lExpress à Alexandre Adler. Ils ne doutent de rien. Leurs intérêts et leurs passions SONT le camp du Bien. Ils font en réalité comme si (« as if » disent les psychanalystes) le Bien était une notion abstraite, fluide, impalpable, définie ex cathedra à Bruxelles ou à Washington, ou tout lieu agréé. Il y a un petit livre passé inaperçu qui est de légyptologue Jan Assmann : «Maât, lEgypte pharaonique et lidée de justice sociale», on y comprend que dès quune conscience collective sest constituée il a été nécessaire de concevoir une harmonie sociale sans laquelle la vie nest plus vivable. Les prédateurs régnants nous ramènent à des temps davant la Maât
Jean-Paul Baquiast
22/07/2013
Il faut en effet méditer cet article sur Google et la façon dont nous sommes (ou allons être) manipulés http://www.independent.co.uk/life-style/gadgets-and-tech/features/inside-google-hq-what-does-the-future-hold-for-the-company-whose-visionary-plans-include-implanting-a-chip-in-our-brains-8714487.html
Larticle est plutôt indulgent. Faut-il pour autant que nous baissions les bras? Et si non, quoi faire? Et comment éviter de passer pour un vieux con n’ayant rien compris au monde en train de se faire?
En tous cas, le salut ne viendra pas de quelques Snowden, qui seront de plus en plus rares parce qu’éliminés. Je pense que c’est l’ensemble du Système qui se transforme actuellement, avec les Googles divers et leurs utilisateurs passionnés.
Crapaud Rouge
21/07/2013
C’est une chronique complètement hallucinante ! Je ne sais pas si vous mesurez à quel degré d’absurdité vous êtes amené à force de jouer dans la subtilité. Borges a donc raconté que les dictatures sont “mères de toutes les métaphores”, et vous en faites une justification des dictatures par “pression interposée”. Il avait besoin de se justifier, c’est tout, il avait besoin de se sentir “en contact” avec la dictature, ce qui peut être un stimulant intellectuel parmi d’autres, mais ne saurait être une cause universelle. Les dictatures, matrice de la poésie… C’est la meilleure de l’année ! Et c’est un intellectuel juif qui a dû fuir la pire des dictatures qui s’en fait l’écho ! Comme si Borges était le seul écrivain au monde digne de ce nom !
Pour ce qui est de la démocratie, “ennemie même de lexcellence ?”, donc terreau de la médiocrité, je vous signale qu’elle n’interdit à personne, y compris aux intellos les plus verbeux, de développer tous leurs talents, et dans n’importe quel domaine. Les masses, elles, se contentent de peu, les petits plaisirs de la vie leur suffisent, mais, philosophiquement parlant, cette option de vie, aussi involontaire soit-elle, n’en a pas moins ses mérites. La vie n’assigne à personne aucun but, et il est aussi stupide et/ou intelligent de jouer aux cartes que de dessiner des figures dans le ciel, ou de lire Homère dans le texte.
Quand vous, les intellos élitistes, en aurez fini avec votre “excellence”, vous aurez peut-être plus d’égard pour les “masses incultes”, et vous découvrirez ENFIN que vos belles constructions se font une à une récupérer par “le système”. Ce que vous appelez le “déchaînement de la matière” ne se fait pas sans un habillage intello emprunté aux meilleures sources, et ce ne sont pas celles des anar, mais ceux des gens comme vous.
Théo TER-ABGARIAN
21/07/2013
Si le dispositif est en pleine défaillance, c’est que le facteur humain a encore de l’efficacité. La capacité de révolte de Snowden et de beaucoup autour de lui est potentialisée par une excellente capacité à se faufiller dans les mailles grossières des programmations. Il y a un côté tigre en papier dans ces systèmes de contrôle orwelliens qui générèrent plus de violence de révolte libertaire que d’intimitidation. On notre que les programmateurs aussi sont atteints de la maladie du politcally correct et, du coup, marchent sur des oeufs.
Les affaires de Benghazi et de Boston nous offrent le spectacle de ce gâchis : beaucoup d’investissements pour rien. On a envie de leur dire tous ces crédits, mettez-les plutôt dans la recherche du Parkinson, d’Alzheimer ou de la MS.
dedefensa.org
20/07/2013
Greenwald a exposé indirectement cet aspect dans une interview à AP le 14 juillet.
Voyez aussi notre texte :
http://www.dedefensa.org/article-addendum_l_nigme__15_07_2013.html
marc gébelin
20/07/2013
Georges Steiner est un érudit se délectant de son érudition et se délectant dêtre flatté par les moins érudits que lui. Cest dit sans la moindre animosité. Le propre de notre époque est justement cela que des hommes puissants, travailleurs, intelligents, diplômés ou hyper-diplômés finissent par devenir insignifiants. Voyez Jacques Attali. Plus il écrit, plus il ennuie, plus il bave et plus on le loue et plus on linvite dans les talk show. Voyez Michel Foucault en son temps. Combien ont gloussé sur sa « Volonté de punir » et le cite pour justifier linanité ou la petitesse de leur thèse ?
Jirai jusquà croire que se mesure le vrai génie au fait quil reste quasi invisible de sa génération et nest découvert que plus tard et encore, pas par tous ! Il faut aussi être « bien né » pour avoir la grâce de découvrir les vrais génies. Je veux dire que celui qui les découvre possède aussi une forme de ce génie, une graine de lui qui lui permet de reconnaître la plante entière issue de cette graine et de savoir aussi quil nest quune graine et pas larbre admiré et admirable. Jai souvent trouvé Steiner prétentieux enfonçant les portes ouvertes et, je le répète, je mincline devant ses connaissances, sa maitrise mais il nest quun commentateur pas un poète, pas un créateur comme Borges ou comme Céline.
Alors nous, on a Attali, les Allemands ont Reich Ranicki, deux Juifs savant voulant en remontrer à ceux qui ne le sont pas mais qui, sils létaient, nen seraient pas « remontrés ». Pour les pas trop vieux mais les pas trop quand même jeunes rappelez-vous les articles dithyrambiques de Josiane Savigneau, lorsque féministe mysogine, elle régnait sur la page littéraire du QVM (le Quotidien Vespéral des Marchés, le « Monde »). Les Etatsuniens ont Chomsky qui dit aussi de grosses bêtises. Le Système a besoin de pontifes et le pontifical, il y a peu encore, avait son pontife en la personne de Benoit XVI plus théologien, c’est-à-dire Steiner de lEglise, que pape. Je doute quon relise sa théologie dans mille ans comme celle de Saint Augustin ou de Scott Erigène. Le Steiner de la nation française il y a cinquante ans cétait de Gaulle mais cétait un Steiner qui mettait ses mains dans le cambouis, cest pourquoi lire ses « Mémoires de guerre » est peut-être plus formateur. Qui na du mal à dire de Hugo, cet homme immense, intelligent, sensible, érudit, et
féministe ! louant les femmes, les mères, les vestales dans ses discours et ses poèmes et ayant des besoins sexuels à la mesure de son génie pan-créateur. Jaccepte sur ce plan, pour ce qui me concerne, plus sa face noire que sa blanche quand je vois ce que ce féminisme produit aujourdhui comme immondices dans le monde moral et comme insanités dans tous les autres. Même un anticlérical convaincu peut difficilement accepter que des putains viennent, dénudées, hurler comme des possédées à Notre Dame. Baudelaire na-t-il pas écrit des absurdités à Wagner ? Je le pense mais je suis un petit garçon à côté de lui, tout en sachant que sa haine de la démocratie à son époque, ne justifie pas que ce qui pourrait vraiment être de la démocratie chez nous, un jour, soit honni. Cest vrai, la foule ne pense pas, la foule est bête. Il a raison. Seul un homme ou des hommes pensent pour elle. Ça cest de la sociologie. Il ne faut pas tout mélanger. La révolution française pour de Maistre cest, à quelque chose près, du satanisme. Daccord. Mais Rousseau est un grand penseur et Robespierre un grand homme qui aurait pu devenir un bon Talleyrand « si Dieu lavait voulu ».
Le peuple qui aime les romans des grands écrivains, et qui pourtant ne sait pas écrire, est un juge aussi grand que Salomon mais que ce nest pas une raison pour faire de la démagogie en lui faisant croire que tout le monde peu écrire. Il y a de petites intelligences qui jugent les grandes parfois sans en avoir la capacité intellectuelle, mais justement, cest bien lillustration que ce qua dit un homme génial « le cur à ses raisons que la raisons ne connaît pas » est vrai, que les « demi-habiles » ne sont pas tous, nécessairement, ad aeternam, des crétins. Borges qui se moquait de Dieu, a dit des choses qui passent pour dimmenses pensées et qui ne sont que remarques théologiques privées de leurs enluminures. Exemple : L’avenir est inévitable, mais il peut ne pas avoir lieu. Dieu veille aux intervalles.
Merci à Philippe Grasset qui a produit ce texte qui mérite mieux que des compliments à deux balles.
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