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OMNIS HOMO MENDAX

Article lié : L’ours de la taïga, la dédollarisation et la question du fou

perceval78

  25/10/2014

Il y a toujours une raison à tout, le bloc BAO fonce tête baissée de peur qu’on ne s’aperçoive de ses turpitudes .

Ivan Krastev, un des fondateurs de l’ECFR, porte le bon diagnostic : que voulez vous faire quand la nouvelle norme semble être la défiance envers les gourvernements et les marchés lien .

Mais au lieu d’agresser la terre entière il serait peut être bon de savoir pourquoi la défiance n’est pas la même partout
lien car elle n’est pas la même partout.

Trop de mensonges peut être ?

Le mensonge n’est bon à rien, puisqu’il ne trompe qu’une fois.Napoléon Bonaparte.

Corruptio optimi pessima

Article lié : Journalistes achetés, journaux achetés

perceval78

  25/10/2014

Sachez une chose, je n’ai aucun regret de ma jeunesse disparue. Les femmes de mon âge ont à s’accommoder d’un tout autre mal qui n’est ni un mari manquant, ni les enfants qui s’éloignent, ni les règles révolues, ni même les rides qui viennent jour après jour ravager un visage. Non, c’est l’apprentissage de la transparence : jamais plus personne ne les regarde. Jamais ! C’est cela, la plus implacable des solitudes, la disparition des regards.

La compagnie des femmes. Yves Simon.

La corruption a atteint un tel niveau qu’il semble impossible de se passer d’une surveillance 3.0 de nos élites. Ce serait une punition absolue pour elles, mais il est donné qu’elles parviendraient à la contourner et à faire un pas supplémentaire vers l’abime.

Que faire alors ? gagner cette bataille, il sera bien temps ensuite d’en gagner d’autres ...

2008, nov (il y a six ans) la manipulation proPoutine est déjà là

Article lié : Soros contre Poutine, à en mourir

François Jéru

  24/10/2014

E&R


Conférence : Penser en terme de géopolitique

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Publié le : jeudi 20 novembre 2008
Auteur(s) : Christian Bouchet
Commentaires : Aucun

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Je voudrais tout d’abord remercier les organisateurs de cette université d’automne qui m’ont convié à traiter du thème « Penser en terme de géopolitique ».

La géopolitique, on en parle beaucoup, mais sait-on réellement ce que c’est ?

Je vais donc dans un premier temps rappeler ce qu’elle est, puis dans un second quels sont les grands axes du combat géopolitique qui se déroule actuellement avant de montrer comme cette science nous oblige à faire des choix qui doivent être issus de nos cerveaux et non pas de nos tripes.

Tout d’abord, qu’est-ce donc que la géopolitique ?

C’est la branche de la science politique, parfois appelée « géographie dynamique », qui étudie la part active prise par le milieu géographique dans la détermination des événements politiques et historiques affectant la population d’un territoire donné. Elle se distingue de la géographie politique dans la mesure où elle ne traite pas seulement de la situation naturelle des États et des peuples, mais aussi et surtout de la façon dont cette situation naturelle influe sur leur formation et leurs destins.

Elle tire son origine des travaux du géographe allemand Friedrich Ratzel, mais ce n’est qu’en 1916, qu’un suédois, Rudolf Kjellen, en fait une notion autonome. Cette science va être développée et enrichie, tout particulièrement, par deux personnalités dont tout le monde, ou presque, connaît le nom : l’anglais Halford John Mackinder et l’allemand Karl Haushofer.

On doit à Mackinder l’idée que le monde doit être perçu à partir d’une cartographie polaire et non d’une projection mercatorienne. On observe alors notre planète comme une totalité sur laquelle se situe une île mondiale formé par l’ensemble Europe-Afrique-Asie, au sein duquel se trouve une région-clef, le cœur du cœur, l’Heartland, qui correspond à la plaine s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie occidentale. La lutte pour la possession de ce secteur constitue pour Mackinder, au sens propre, le combat final, l’Endkampf. Il a résumé sa thèse en une phrase : « qui tient l’Europe orientale tient le Heartland, qui tient le Heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde ».

Opposé à cet Heartland, on a les « îles périphériques », les Outlyings Islands, soit l’Amérique et l’Australie, auxquelles on peut appliquer une devise parallèle : « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

Cette vision géopolitique cristallise le rapport de force qui oppose les puissances thalassocratiques, nommées aussi puissance maritimes, (hier l’Angleterre, aujourd’hui les Etats-Unis) aux puissances continentales (hier l’Allemagne, puis l’URSS, aujourd’hui l’Europe, la Fédération de Russie et la Chine).

Mackinder a été complété par l’américain Nicholas Spykman qui a développé le concept de Rimland. Celui-ci étant le monde côtier formé par l’Asie des moussons et l’Europe péninsulaire que se disputent l’Heartland et la World Island et qui constituent l’enjeu historique, car, selon Spykman : « Qui contrôle le Rimland domine l’Eurasie ; qui domine l’Eurasie contrôle les destinées du monde »...

Pour sa part, Haushofer fait reposer sa conception du monde sur deux notions principales : l’espace, déterminé par l’étendue, les caractéristiques et le climat, et la position de cet espace par rapport aux espaces environnant. L’un des critères de l’action historique, précise-t-il, est le « sens de l’espace » ou aptitude à l’organiser en dotant le monde environnant d’un dynamisme créateur.

Développant ce que nous venons de voir, un certains nombre de chercheurs de moindre importance ont identifiés des lois géopolitiques subséquentes :

- le désir d’étendre son territoires ou sa zone d’influence est un des signes les plus élémentaires de la bonne santé d’un État. Ce fait, disent les géopoliticiens, prévaut sur tous les principes, et nulle autorité internationale ne saurait l’empêcher. Qu’elles soient maritimes ou continentales, les grandes puissances sont conduites à l’expansion territoriale. D’un point de vue géopolitique, celle-ci apparaît comme une fatalité. Elle fait partie des caractères biologiques de l’État, ou à défaut d’un groupe d’État apparentés par leur comportement, et la logique de la vie lui commande de s’étendre.

- un espace homogène ne peut jamais être définitivement fractionné.

- un État artificiel créé par une grande puissance étrangère pour faciliter ses desseins n’a pas d’avenir et ne dure que le temps d’une politique.

- a degré de coercition égale, la domination par une puissance continentale est plus durement perçue par le dominé que lorsqu’elle est le fait d’une puissance maritime. Cette dernière n’a, en effet, besoin que de bases sûres pour jalonner les routes maritimes mondiales, tandis que la première est obligée d’occuper l’espace total jusqu’à la mer.

- lorsque les puissances qui s’opposent potentiellement sur le même enjeu sont de forces égales, la stratégie dérive sur les régions périphériques.

Enfin, il faut avoir conscience que la géopolitique n’est pas un pur déterminisme. Le milieu naturel ne constitue en effet que le cadre dans lequel interviennent les facteurs humains spécifiques. Seules cette intervention actualise ce qui, sinon, n’est que potentialité. L’expansion d’un État est ainsi plus fonction de la vitalité intrinsèque de ses citoyens que de fatalités uniquement territoriales.

Cela étant, et en tenant compte que ce que je viens de vous dire n’est qu’une introduction très simplifiée à la géopolitique, essayons maintenant de comprendre celle-ci au quotidien.

Pour rester très schématique, pour ne pas rentrer dans des complexités qui m’entraîneraient à déborder le temps qui m’est imparti, je vais me limiter à vous montrer la stratégie géopolitique suivie par les États-Unis pour affaiblir l’Heartland, que certains nomment la stratégie de l’anaconda et celle qu’il serait souhaitable de lui voir opposer.

Pour bien comprendre la situation, il faut avoir conscience de la centralité de la Russie comme région pivot de l’Eurasie et de l’importance de la Chine comme élément de stabilité et d’équilibre pour la masse continentale eurasiatique et pour la planète entière. On retrouve donc les éternelles tensions entre, d’une part les puissances thalassocratiques, représentées aujourd’hui par les USA, et d’autre part les puissances continentales, constituées principalement par la Russie et la Chine.

Après la dissolution de l’URSS, et un très important recul géopolitique de la puissance continentale russe, nous avons assisté à la mise au point et au renforcement d’importants dispositifs géopolitiques, tels que l’Organisation de la Conférence de Shanghai et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective des Pays de la Confédération des États Indépendants, qui rassemblent la Russie et les principaux pays du continent asiatique. De tels dispositifs sont significativement ouverts aussi au Pakistan, à la Turquie et à l’Iran mais excluent les puissances occidentales et les USA.

L’œuvre patiente et continue de tissage de relations spéciales entre Russie, Inde, Chine, Iran et les pays d’Asie centrale, mise en oeuvre par Poutine, et diligemment poursuivie maintenant par Medvedev, a ralenti l’expansionnisme étasunien au cœur de l’Asie ; elle a aussi irrité fortement les lobbies européens et d’outre-atlantique qui espéraient, au début des années 1990, à force de « vagues démocratiques », ou de « bourrades démocratiques » - comme on le verra plus tard avec les agressions et les « guerres humanitaires » de l’Occident américano-centrique contre la Fédération yougoslave, l’Afghanistan, l’Irak, etc – qui espérait donc l’unification de la planète sous l’égide de Washington, champion de l’Humanité et, avant tout, la réalisation d’un gouvernement mondial fondé sur des critères libéraux de l’économie de marché. La fin de l’Histoire qu’on nous annonçait et qui ne s’est pas produite.

Sur l’échiquier mondial, s’est donc formé une sorte de bloc eurasiatique, qui n’en est pour le moment encore qu’à un stade embryonnaire et qui est déséquilibré vers la partie orientale de la masse continentale, à cause de l’absence de l’Europe comme entité politique cohérente et de son insertion artificielle dans le camp « occidentaliste ». Ce bloc a, en outre, et par effet de polarisation, favorisé les tendances continentalistes de certains gouvernements d’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Venezuela et Bolivie), en mettant ainsi en valeur l’hypothèse, réaliste, d’un scénario multipolaire en cours de constitution, articulé sur des entités géopolitiques continentales.

Les USA qui ont été quelques années après l’implosion de l’URSS dans une situation de seul grande puissance mondiale ont pris conscience du danger que représentait pour eux une jonction des intérêts géopolitiques entre les grandes puissances eurasiatiques (Russie, Chine et Inde) et les tendances continentalistes de certains gouvernements sud-américains. Cela a amené les analystes du Département d’État et de certains think tanks atlantiques, a identifier les zones de crise potentielles dans les régions de la masse continentale eurasiatique – et du sous-continent indio-latin – du fait de tensions endogènes historiques et encore irrésolues, et a définir des scénarios géopolitiques qui soient en syntonie avec les desiderata et les intérêts globaux de Washington et du Pentagone.

C’est donc dans cette perspective d’opérations de déstabilisation et de pression sur la Chine, la Russie et l’Inde et sur certains gouvernements latino-américains que l’on doit interpréter certaines situations critiques qui sont proposées, avec une emphase variant selon le moment et le pays, à l’attention de l’opinion publique occidentale, par les principaux organes d’information.

Nous faisons ici référence à ce qu’on désigne comme la question de la minorité du peuple Karen et de la « révolte » couleur safran du Myanmar, aux questions du Tibet et de la minorité ouigour en République Populaire de Chine, à la déstabilisation du Pakistan, au conflit du Cachemire et au maintien d’une crise endémique dans la région afghane.

En instrumentalisant les tensions locales de certaines aires géostratégiques, les USA, avec leurs alliés occidentaux, ont lancé un processus de déstabilisation – de longue durée - de tout l’arc himalayen, véritable charnière continentale, qui va impliquer huit pays de l’espace eurasiatique (Népal où d’étranges maoistes soutenus par Washington mais dénoncés par Pékin viennent de prendre le pouvoir dans l’indifférence des médias, Pakistan, Afghanistan, Myanmar, Bangladesh, Tibet, Bhoutan et Inde).

Ce processus de déstabilisation se coordonne avec celui déjà ébauché par les USA dans la zone caucasienne, sur la base des indications exposées, il y a plus de dix ans, par Brzezinski dans son ouvrage Le Grand échiquier ; ce processus semble en outre se conjuguer au Projet du Nouveau Grand Moyen-Orient de Bush-Rice-Olmert, destiné à redéfinir les équilibres de toute la zone en faveur des États-Unis et de son principal allié régional, l’entité sioniste, ainsi qu’à reconsidérer les frontières des principaux pays de la zone (Iran, Syrie, Irak et Turquie) le long de lignes confessionnelles et ethniques.

Parallèlement à ce processus de déstabilisation, déjà en cours dans l’arc himalayen, il semble que les USA en aient lancé un autre, analogue, dans leur ex-arrière cour, en Bolivie : précisément dans la « région de la demi-lune » sur la base des tensions ethniques, sociales et politiques qui affectent toute la zone.

Dans le cadre des stratégies destinées à fragmenter les espaces continentaux en voie d’intégration, il faut souligner le grand rôle que jouent les Organisations Non Gouvernementales dites humanitaires. Comme l’a démontré Michel Chossudovsky, directeur du Centre pour la recherche sur la mondialisation (CRM-CRG), certaines d’entre elles sont reliées à la CIA, directement ou indirectement, par l’intermédiaire de la National Endowment for Democracy, puissante organisation étasunienne créée en 1983, dans le but de renforcer les institutions démocratiques dans le monde au moyen d’actions non gouvernementales. NDA qui est, comme par hasard, très active dans le financement de tout le mouvement pro-tibétain en Occident

Le quotidien de notre planète dans les années à venir sera, selon toutes vraisemblance, marqué par l’affrontement entre deux tendances opposées : l’une initiée par les USA, visant à la fragmentation de la planète, et l’autre, souhaitée par les plus grandes puissances eurasiatiques et par certains gouvernements du sous-continent indio-latin, allant dans le sens d’intégrations continentales.

Qu’elle sera la place de l’Europe dans tout cela ?

Je l’ai dit précédemment l’Europe est insérée artificielle dans le camp « occidentaliste » et elle n’est pas une entité politique cohérente.

On a là le résultat d’un long travail du Département d’État.

D’un côté se gagner les élites politiques et économiques des pays européens et en faire de parfaits serviteurs des yankees aux intérêts desquels ils s’assimilent. Il faut là absolument signaler pour notre pays le rôle joué par la French American Foundation et son programme Young leaders, ou le travail actuellement mené par l’ambassade des États-Unis à Paris en direction des jeunes les plus brillants des communautés immigrées.

De l’autre empêcher que l’Europe puisse devenir une puissance géopolitique. Cela de deux façons. D’un côté, en la poussant à atteindre un tel niveau qu’il devient impossible de la faire fonctionner démocratiquement comme une entité cohérente, c’est l’Europe des 25, et c’est aussi les manœuvres des USA favorisant l’entrée en son sein de la Turquie. D’un autre, en poussant à la roue pour sa landerisation. Il faut avoir conscience que l’Europe aux cent drapeaux que certains peuvent trouver sympathique est aussi l’Europe aux cent Kosovo potentiels.

Cela étant, la situation actuelle ne doit pas nous empêcher de dire ce qui serait souhaitable et de soutenir les hommes politiques susceptibles de rendre le souhaitable réalisable.

Depuis des années déjà, moi-même et mes amis militons et prêchons en faveur de ce qui semble la seule et unique solution possible pour assurer la survie de notre Europe : l’union stratégique de l’Ouest et de l’Est du continent.

Cette unité de la « plus grande Europe » est une question de vie ou de mort : elle ne se réalisera que par la réactivation et la consolidation d’un nouvel « axe carolingien », l’Axe Paris-Berlin-Moscou, et par l’invention révolutionnaire d’une « alliance continentale-méditerranéenne », d’un Axe Madrid-Rome-Belgrade-Moscou, capable de fermer les côtes méridionales de l’Europe à toute influence hostile émanant de l’atlantisme.

Telle est notre « utopie réalisable » (et, en partie, elle est déjà en voie de réalisation) : construire un double axe géopolitique assurant la défense et la sécurité en Europe.

L’objectif, de fait, est de rendre la souveraineté aux États nationaux européens, qui ont été transformés, par les Anglo-Américains, en un chapelet de petites colonies satellisées. L’objectif, pour tous les peuples d’Europe, c’est de faire converger leurs forces, de les additionner et de les joindre à celles de la Russie, l’unique Etat national européen encore capable de donner à notre « plus grande patrie » un avenir dans l’unité sur tous les plans : culturel, social, économique et politique.

En dépit de toutes les vicissitudes, et même des vicissitudes négatives, jour après jour, année après année, notre vision commune s’est renforcée et n’a cessé de se renforcer en Europe. Notre voix, n’est plus une voix qui crie dans le désert, mais une voix qui a suscité, en dehors de son vivier d’origine, un écho tangible et des analyses similaires, désormais partagées par de nombreux cercles et personnalités.

De l’effondrement du Mur de Berlin à nos jours, l’histoire européenne a enregistré et subi des offensives répétées contre son territoire. Par le miroir aux alouettes du bien-être occidental ou par les armes de l’OTAN, les fédérations des États d’Europe orientale, soit l’URSS et l’ex-Yougoslavie, ont été brisées, émiettées et fragmentées par l’offensive anglo-américaine et néo-libérale, agissant souvent par le biais de « révolutions oranges », financées par des fonds issus de l’usure et de la finance.

Actuellement, les fondations et les groupes de pression occidentaux (Rockefeller, Agnelli, Trilatérale, Davos et autres) ont juré de détruire tous les États nationaux et tous les systèmes de protection sociale qu’ils ont mis sur pied, en faisant miroiter les délices d’un fédéralisme composé d’autonomies régionales, alors que leur objectif réel est tout entier contenu dans le vieil adage latin « Divide et impera » (Diviser pour régner), à appliquer, cette fois, à tout le globe, par ceux qui détiennent le maximum de pouvoir sur les plans politique et économique.

Mais voilà que l’attaque en direction du coeur de la Russie, attaque qui était censée constituer la manoeuvre principale dans la conquête définitive de l’Europe, vient d’échouer.

Le Kremlin a repris les rênes du pouvoir en ses terres propres. Il a utilisé les mêmes armes que les puissances atlantiques, le pétrole et l’énergie, mais sans avoir eu besoin, pour ce faire, d’envahir d’autres pays et de les occuper. Ainsi, le Kremlin est revenu à un status quo ante qui hisse à nouveau la Russie au rang de puissance planétaire et non plus régionale.

J’ai l’habitude de dire que le soleil se lève toujours à l’Est. Ajoutons qu’il est plus éclatant depuis cet été.

Pour le bien commun de toutes nos terres européennes, pour le bien de l’humanité toute entière, il faut qu’échoue la stratégie mondialiste qui, sous les oripeaux de la « globalisation économique » et sous la bannière du « libre marché », cherche en réalité à imposer à toutes les nations la domination unipolaire des Anglo-Américains, orchestrée par la haute finance.

L’enjeu est énorme, extrême. Notre tâche, à nous européens, est de travailler à l’alliance méditerranéenne/continentale, à l’Axe qui nous unira à Moscou.

La phrase est belle, convenez-en.

Maintenant est-elle réaliste ? Telle est la véritable question.

Et nous, vous et moi, que pouvons nous faire ? Peu et beaucoup.

Tout d’abord créer un état d’esprit, une opinion publique. Celle-ci, vous le savez, n’est pas sans compter sur la réalité des faits. Il faut se souvenir que l’aventure coloniale des pays européens au XIX° siècle ne fut possible que grâce à l’action de diverses structures qui créèrent un état d’esprit, une opinion publique, favorable à ces orientations géopolitiques. Alors par nos faibles moyens, par nos journaux, par nos sites, par nos blogs, nous pouvons y contribuer.

Ensuite, il faut réfléchir aux positions que nous prenons, aux choix que nous faisons, non pas en fonction de nos sympathies politiques mais de leurs conséquences géopolitiques.

Je vais vous citez quelques exemples, mais je pourrais vous en donner une multitude d’autres.

La lutte des Karens est vue d’une manière assez favorable par nombre des nôtres, or les Karens sont un pion dans la stratégie géopolitique des USA pour affaiblir le Myanmar, un pays alliée de la Chine et de la Russie. Donc on oublie les Karens et le soutien qu’on pourrait souhaiter leur apporter par romantisme.

Il est possible que comme moi vous soyez fasciné par le Tibet, ses moines et sa religion. Vous pourriez donc être tenté de leur apporter un soutien quelconque. Or le Dalaï Lama et son bouddhisme tibétain sont des pions dans la stratégie géopolitique des USA pour causer des troubles sur les marches de la Chine. Donc on oublie le Dalaï Lama, on oublie le Tibet et ses moines et le soutien qu’on pourrait souhaiter leur apporter par romantisme.

Mon troisième exemple m’oblige à être en désaccord avec Alain Soral qui a dit, hier, que tout le mouvement national soutenait la Russie et que cela était parfait. Or, où je suis en désaccord avec lui c’est qu’il ne faut pas soutenir la Russie mais Vladimir Poutine et la Fédération de Russie. Je m’explique, on annonce prochainement une marche russe à Moscou, c’est-à-dire une manifestation des mouvement nationalistes russes se dirigeant symboliquement vers le Kremlin. La plupart des sites et blogs identitaires s’en sont fait l’échos et il a même été prévu que des délégations de mouvements de l’Europe de l’Ouest y soient représentés. Fort bien, le nationalisme russe nous est a priori sympathique. Mais si on y réfléchit, qu’est-ce que c’est ? C’est un nationalisme ethnique de division opposé au nationalisme étatique et multi-ethnique de la Fédération de Russie qui est un nationalisme de réunion. Donc cette marche russe, c’est une marche anti-Poutine, une marche anti-eurasiste, une marche qui défend des idées géopolitiques à l’opposé des nôtres. Donc c’est une marche de salauds, d’alliés des USA et tous ceux qui en font la promotion dans nos rangs sont des idiots utiles de l’Empire du mal…

Voilà, je pourrais encore vous dire qu’un tel schéma d’analyse me conduit tant à défendre Cuba qu’à considérer le Vlaams Belang ou la Ligue padane comme des groupes ennemis…

Mais si vous m’avez écouté et compris, ces conclusions vous êtes tout à fait capables de les faire vous-même.

Christian Bouchet
Docteur en ethnologie, enseignant, rédacteur en chef adjoint chargé des pages internationales du bimensuel Flash, éditorialiste du site voxnr.com

Références

Alain de Benoist, Vue de droite, p. 237 et s., Le Labyrinthe, 2001.

Tiberio Graziani, « Le temps des continents et la déstabilisation de la planète », Résistance n° 51, septembre 2008, p. 3 et s.

Ugo Gaudenzi, « Consolidons deux axes contre l’atlantisme ! », idem, p. 2.
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DULCE ET DECORUM EST PRO PATRIA MORI

Article lié : Soros contre Poutine, à en mourir

perceval78

  24/10/2014

Gérard Araud n’est peut être pas le mieux placé pour ce combat, harcelé par la fille de Brezinski en septembre, il avait fini par laché: There are moments when you have to put your financial interest behind your strategic interest. What the Russians are doing, is such a threat to the world order, such a threat to European security right now that we had to react
lien

L’époque est aux femmes, Nuland, Merkel, Timochenko, il faut donc une femme, n’ayons pas peur des mots le sort de l’indutrie de défense Francaise est dans les mains de Laurence Parisot, supplions là à genoux d’aider la mère patrie. Elle a de l’entregent, on a vu qu’elle connaissait le papa de Mika, Zbigniew Brezinski

Laurence Parisot ?@LaurenceParisot 3 sept.
Il y a eu aussi des décisions dignes aujourd’hui @zbig: Vive la France!

On se doute qu’elle a du côtoyer Georges Soros sur les bancs de l’ECFR lien et lors du diner annuel du Crisis Group
dans la résidence particulière du susdit haut spéculateur lien

Laurence Parisot ?@LaurenceParisot 17 juil.
La France ne doit pas livrer les Mistral. #MH17

Peut être peut elle en toucher un mot à Hillary lien

Hollande saura y faire, il a bien su défendre l’ignoble Mc Carthy, il saura défendre les ouvriers de Saint Nazaire ...
allez soyons grand seigneur proposons à Parisot le ministère de la culture.

Il y a des moments dans l’histoire ou il faut savoir prendre une décision, car les avocats affûtent déjà leurs armes
lien

Pendant ce temps, les peuples...

Article lié : Les destins de l’Ukraine et des USA sont-ils similaires ?

Jack v.

  24/10/2014

Il est troublant de constater que les consommateurs d’information insatisfaits, de plus en plus nombreux sur le net, se comportent comme les dissidents soviétiques du temps de Brejnev. Ceci n’est que le reflet de ce qui se passe dans la société civile, en Occident et dans le monde.

Le soutien à Poutine qui apparaît dans les sondages, les réseaux sociaux, les sites alternatifs renvoie à l’attitude des opposants au régime de Moscou des années 80. A l’époque, on rêvait de passer à l’ouest, on voyait l’espoir à l’ouest.

Aujourd’hui, beaucoup de contributions parues sur le net critiquent les régimes des pays occidentaux et les qualifient de régimes de parti unique bicéphale. On retrouve cette analyse dans les commentaires de leurs lecteurs. Certains ne cachent pas qu’ils mettent leurs espoirs dans une Russie plus forte, un Poutine plus ferme avec l’OTAN. Il suffit, par exemple, d’ouvrir facebook et de rechercher certains sujets pour tomber sur des messages très nombreux allant dans ce sens.

L’opposition entre les pays de l’OTAN et la Russie est en train de mettre en évidence une polarisation de l’opinion en Occident et dans les pays environnants qui peut déboucher sur une guerre civile. En France, par exemple, certains vont jusqu’à considérer que le pays n’est plus indépendant mais qu’il est gouverné par une faction pro-sioniste qui a pris le pouvoir à l’issu d’un coup d’état silencieux amorcé en 68 et qui s’y maintient par des artifices qui n’ont rien à voir avec la Démocratie.  Pour ces dissidents, le pays doit être libéré de cette emprise, ce qui ne pourra pas se faire sans violence ni sans d’abord établir une alliance avec la Russie et d’autres pays confrontés au même ennemi.

Une chose est certaine : les élites politiques, économique et journalistique, pour ne citer que celles-là sont de plus en plus perçues comme les composantes d’une structure étrangère, oppressive tout à fait comparable à celle du régime soviétique et sont l’objet d’une haine croissante (lisez les commentaires ! ) qui ne manquera pas de finir par s’exprimer d’une manière ou d’une autre.

Absit reverentia vero

Article lié : Mémoires du dehors: DIA-PhG à Bruxelles, 1987-1988

perceval78

  24/10/2014

Il faut absolument publier ces Mémoires du Dehors, cela ferait un beau succès de librairie ...

Rafale, vrai avion européen ?

Article lié : Journalisme made in CIA (III) : DIA-PhG, Belgique et JSF-Rafale

Ribinn

  24/10/2014

L’article suggère que les chances du Rafale en Belgique reposent sur une image européenne à cultiver.
J’ai effectivement l’impression qu’au delà d’une posture moins gaulliste de la France, c’est l’éclaircissement de la concurrence européenne dont il faut profiter avec 1/ un Eurofighter que les pays fondateurs ne soutiennent plus vraiment (en dehors de vains efforts de communications) après les échecs en Corée, aux EAU et un demi échec avec les saoudiens, 2/ un Gripen NG, pas du tout situé sur le même créneau comme l’a révélé la Suisse.
En dehors des US, il reste les russes dont il me semble toujours aussi difficile de se faire une idée, sauf à rappeler 1/ que les deux produits actuels (Mig 35 et Su 35) ont toujours été éliminés au premiers tours des compétitions, 2/ sauf à citer l’excellent site “American Innovation” qui montre que le futur T50 devrait être meilleur que le JSF F-35 (ce n’est pas dur), mais qu’en termes de furtivité, en dehors de ses munitions en soute, il est assez poussif en le réduisant à un “vieux Su 27” légèrement relooké et toujours aussi grand !

Les trucages du NIST dans la duperie 11Septembre étalés publiquement

Article lié : Suite : le journalisme made in CIA... (II)

François Jéru

  23/10/2014

Message personnel à M. Grasset

Article lié : Chine et Russie pourraient faire antimissiles commun

Mario Pelletier

  23/10/2014

Monsieur Grasset,

Permettez-moi de vous témoigner ici toute mon admiration.
C’est la crise ukrainienne qui m’a permis de vous découvrir, le printemps dernier, et, depuis, je vous lis chaque jour avec avidité. J’ai acheté aussi votre livre La Grâce de l’Histoire. Je suis un journaliste et écrivain québécois réfractaire au Système, et je viens de publier un article sur vous dans L’Encyclopédie de l’Agora, un site qui diffuse une lettre mensuelle rejoignant plus de 10 000 abonnés, non seulement au Québec mais dans toute la francophonie. Il s’agit, tout au plus d’une introduction à votre pensée, que j’espère ne pas avoir trop trahie, dans un premier temps. L’important c’est qu’on vous découvre, commed je l’ai fait. Voici le lien pour l’article : http://encyclopedie.homovivens.org/documents/philippe_grasset_ou_les_identites_contre_le_systeme
J’avais aussi publié, le mois dernier - sur un autre site québécois «anti-Système», disons : ils sont plutôt rare ! - un article sur l’Ukraine où je vous citais. Voici le lien : http://www.vigile.net/L-Ukraine-sera-t-elle-le-Waterloo
Voilà, je voulais que vous sachiez qu’on vous suit et qu’on vous applaudit ici, au Québec, une nation «résistante» au coeur de l’Empire.
Merci de nous apporter la grâce de votre Résistance !

Mario Pelletier

Merci à Philippe Grasset

Article lié : Suite : le journalisme made in CIA... (II)

Jean-Paul Baquiast

  23/10/2014

Merci pour cette réponse, appuyée sur l’expérience incomparable qui est la vôtre.
Je vais pour ma part essayer de faire une synthèse des 4 ou 5 articles que vous avez consacré à ce sujet, à destination de mes correspondants.
J’ajoute que les mensonges et la désinformation ne sont pas le seul fait des journalistes. Voyez cet article, ignoble, j’insiste, ignoble de George Soros, dans la “prestigieuse” NYReview of Books
http://www.nybooks.com/articles/archives/2014/nov/20/wake-up-europe/?insrc=hpss

SEMPER AD EVENTUM FESTINAT

Article lié : Les destins de l’Ukraine et des USA sont-ils similaires ?

perceval78

  23/10/2014

Un article de Dmitry Orlov qui résume la situation, il y a trop de vieillards séniles et trop de jeunes cocaïnomanes dans cette histoire, titre de son article : comment commencer une guerre et perdre un empire ...
lien

Le fait est que ça va pas fort, Oleh Lyashko est obligé d’annuler ses meetings, car des extrémistes veulent y faire des attentats,
oui, mais c’est quoi des extrémistes pour Oleh Lyashko ?

Comme Poutine

Article lié : Suite : le journalisme made in CIA... (II)

Trader

  22/10/2014

Passer pour un agent du KGB aux yeux des… agents US censément renseignés, est-ce une volupté de fin gourmet ?

Tout à fait d'accord !

Article lié : Suite : le journalisme made in CIA... (II)

Jack v.

  22/10/2014

Ce qui importe, c’est la valeur de l’information elle-même, pas la vertu de l’informateur : que m’importe au départ qui se cache derrière le Saker ou ZeroHedge.com dès lors que les informations qu’ils publient me satisfont d’une façon ou l’autre, – après enquête sur la valeur et la validité des informations, certes…

Voilà un point de vue respectable, propre à pousser les lecteurs à multiplier et diversifier leurs sources d’information sans en exclure aucune a priori !

Depuis les années 70-80, les média installés nous bassinent à propos de la crédibilité des sources d’information en semblant accorder la primauté aux média dont la diffusion est nationale ou mieux, globale, et dénigrant les allégations des sources alternatives d’information sans même se préoccuper d’étayer leur jugement.

Le lecteur était conditionné, préparé à croire sur parole Le Monde, Libération, The Herald Tribune, Fox News ou Le Monde Diplomatique et à douter des infos rapportées par des sites d’amateurs, pourtant les premiers sont surtout soucieux d’aider les différentes gouvernances qui leur donnent leur pouvoir et les seconds, souvent animés par des amateurs passionnés qui payent de leur personne pour révéler des éléments de vérité.

Depuis le 11/09/2001, beaucoup de ces lecteurs, dont moi-même, en sont venus à ne lire les média embarqués que pour y trouver de quoi confirmer leurs soupçons personnels à leur propos et sonder les orientations rédactionnelles qui permettront d’anticiper leurs prochains mensonges.

Journalisme et survie

Article lié : Suite : le journalisme made in CIA... (II)

perceval78

  22/10/2014

Robert Parry essaye de diminuer le nombre de donateurs
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Sur le rivage

Article lié : Suite : le journalisme made in CIA... (II)

Christian Merlinki

  22/10/2014

Je me demande si le colonel dont vous évoquez l’amitié n’était pas chauve et n’avaient pas les initiales J. D.V…