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Idéalisme quand tu nous tiens.

Article lié : La Russie qu’ils ont perdue

Ni Ando

  22/11/2014

On ne voit jamais que ce que l’on veut voir. Avec sa génération, Dimitri Sokolov-Mitrich a vu ce qu’il voulait voir et la mesure de sa déception en dit davantage sur l’état de la Russie elle-même que sur ce que sont les Etats-Unis. Emmanuel Todd date du milieu des années 70 le début de l’effondrement intellectuel, éducatif, des Eats-Unis. Ce processus d’appauvrissement, de “bétification” collective (la bêtise mère de tous les crimes) était donc déja bien avancé lorsque Dimitri se prit d’admiration pour son modèle. Mais peut-être que Dimitri a oublié, ou ne sais pas, le rôle substantiel que jouèrent en 1917 les banques de son modèle dans l’avènement du bolchevisme dans la Russie impériale et libérale du début du vingtiéme siècle (le doux et inoffensif Nicolas II était alors l’homme à abattre et derrière lui une Russie impériale en plein essor démographique, culturel, économique), ou le soin attentif avec lequel son modèle attendit le tout dernier moment pour ouvrir enfin un second front en Europe en 1944 faisant sciemment peser au moins les trois quarts de l’effort surhumain de la victoire de 1945 sur les épaules du peuple russe (après les hécatombes des années de guerre on confiait le grade de capitaine à des gamins de 17 ans dans l’Armée rouge). Mais les vilénies de l’“Amérique”, sa bêtise profonde, rempliraient des bibliothèques et la question n’est plus vraiment là. Le modèle était déjà épuisé en 1991. Il n’avait plus rien à offrir que du cynisme, de la guerre, de l’arrogance, du dollar. L’admiration de Dimitri n’était que la conséquence du dégoût de ce qu’était devenue l’Union soviétique en 1989, sa colère d’aujourd’hui est la conséquence de ce que la Russie est en train de redevenir depuis la fin des années 90.  Mais merci Dimitri pour ta franchise et ton honnêteté. Je retrouve bien là les Russes que j’aime.

Temps suspendu.

Article lié : Chronique du 19 courant… De la demi-honte d’être Français

christophe

  21/11/2014

François Hollande est lui-même ce moment T de l’oeil du cyclone.
Moment de répit ou tous, nous nous s’apercevons que l’oeil fait bien parti du cyclone.
Moment de vent léger qui permet à tous, passé la stupeur de la 1er vague de tempête, de constater les dégâts, de reprendre conscience de nous-même et d’envisager notre survie face au 2sd passage du cyclone qui vient.
Je repense maintenant à ce tout petit livre, publié en 2007, écrit par quelques anarchistes français nommé “Comité invisible”.  Le titre de l’ouvrage est “L’insurrection qui vient”. Son contenu relève bien de la subversion et du principe de réalité : les liens humains plutôt que la marchandise, l’Amérique et les bourgeois (libertaires forcement) comme bras armé de la soumission et du nihilisme de la vie.
Au delà de ce groupe, la France bouillonne d’idées et de contre-idées. Les français se retiennent.
Ils sont au bord de quelque chose. Des choses
foudroyantes :
“(La France a toujours été comme ça, en avance sur les autres, on n’y peut rien elle est ainsi faite ; en avance sur les autres pour les catastrophes épouvantables comme pour les choses les plus sublimes.)” PhG.
L’Amérique le sait, c’est pour cela qu’elle s’emploie à nous émasculer consciencieusement depuis des décennies.
Entre l’énervement des peuples - des français en particulier, peuple qui rumine fort et tragiquement- et la colère hystérique d’un empire des bourgeoisies-unis qui sont prêts à tout pour survivre et prospérer, je ne fait aucun pari car je suis aussi dans l’oeil du cyclone,  un peu groggy, je reprends modestement conscience du réel et du spectacle du réel.
Je ne me considère pas comme quelqu’un d’intelligent et mon quotidien est très très modeste. J’ai compris, pourtant, qu’on ne me parlait pas comme à un homme, mais comme un enfant.
Nous sommes aujourd’hui nombreux à comprendre cette supercherie.
Nous sommes nombreux à percevoir qu’on veut que nous nous détestions entre frères et soeurs.  que nous ayons la haine de nous même.
J’ai entr’aperçu cela dès la fin des années 80 à la télé -j’avais à peine 20ans-  je ne comprenais pas ce masochisme.
“Le cercle de minuit” de Michel Field était l’endroit parfait pour exprimer la haîne de la France, Laure Adler lui succèda…
On connait tous le parcours professionnel de Michel Field à TF1.. et de Laure Adler à France cul.
Aujourd’hui cela est bien loin du monde dans lequel nous vivons, cependant,  ce qui passait à 23h30 en 1988 est la norme aujourd’hui de 23h à22h.

La volonté d'en découdre.

Article lié : Le double jeu de Poutine

Claude Crouail

  21/11/2014

Vous avez tout à fait raison de souligner que le système BAO ne “veut” pas attendre et qu’il souhaite un conflit avec la Russie. En effet, pour ce qui concerne l’Ukraine, il aurait suffi d’attendre une année et Yanoukovitch aurait sans doute été débarqué sans heurts, mais probablement pas par ceux qui sont aujourd’hui aux manettes, tout au moins un gouvernement plus équilibré aurait pu être mis en place.
La même chose ou presque vaut pour la Russie: quand on pense aujourd’hui aux énormes manifestations organisées contre le retour de Poutine en 2012 (Bolotnaia), on peut se demander si le fruit ne serait pas tombé de lui-même dans deux ou trois ans.
Alors, on peut se demander pourquoi cette précipitation ? Vérifier “l’état des troupes” ? C’est “réussi” si on considère dans quel trente-sixième dessous sont tombés les Nemtsov, Kasparov ou autres et à quel niveau de popularité est remonté Poutine. Comme vous le dites bien, dans le cas de la Russie (notamment), l’agression extérieure est une sorte de catharsis qui fonctionne indéfectiblement.
“Donner du temps au temps” n’est pourtant une stratégie absurde. Alors pourquoi cette précipitation ? Y a-t-il à ce point le feu à la maison BAO ?

Le fatalisme contre le désespoir

Article lié : Le double jeu de Poutine

Laurent Caillette

  21/11/2014

Ces mots-là, qu’on trouve dans l’article “Le double jeu de Poutine” et qui s’appliquent à la Russie, sont lumineux : “un avantage paradoxal de son fatalisme qui lui évite le désespoir”. On pourrait essayer de réduire le mot de fatalisme à une forme d’acceptation passive et résignée, mais cette réduction apparait vite comme une tricherie flagrante qui ne dure que ce que dure un éditorial du Monde.

En considérant le fatalisme comme une vertu édificatrice on met à nu tout le caquetage hystérico-atlantiste, ce vertige égotique basé sur l’aversion du vide qui constitue pourtant sa substance principale.

Et pourquoi ne pas étendre cette description au Système, le rejeton monstrueux d’une tentative de ramener tout ce qui peut l’être à une dimension intentionnelle, au nom de la flatterie d’un ego qui lui-même n’est qu’un produit manufacturé. Il faut voir la valeur accordée à des mots comme “innovation” et “changement de paradigme”. Bon aujourd’hui quoi de plus lassant que l’innovation et les changements de paradigme ? Le fatalisme c’est frais, naturel et reposant, il faut en importer des tonnes, en riant haut et fort de l’incapacité uniopéenne à imposer un embargo là-dessus.

Accessoirement, la caractéristique fataliste fournit une ligne de partage entre les démarches au service du Système, et celles susceptibles de s’y opposer.

Merci...

Article lié : Chronique du 19 courant… De la demi-honte d’être Français

Morbihan

  20/11/2014

... de nous permettre d’écouter - et d’entendre - ce qu’a dit Emmanuel Todd sur Europe 1.

Tout y est dit de la vacuité de nos “élites”.

Tout y est dit de l’Ukraine, de la Russie, de l’Allemagne.

Merci, une fois encore.

MRD! Lol! et autre novlangue

Article lié : Contre l’abolition de l’homme

pierre

  20/11/2014

@Bernard Scaringella
Bravo pour l’intensité et la profondeur de votre argumentation.
Voilà bien ce qui s’appelle une critique constructive.
Chapeau bas. Mais alors très très bas.
bien à vous
Pierre

La grâce de l'ecrit

Article lié : Chronique du 19 courant… De la demi-honte d’être Français

Stephane Eybert

  19/11/2014

Bonjour,

A moitie de lecture de cet article, j’en jurais mes petits dieux que le texte n’etait pas de vous mais d’une autre personne. Ceci, car son style semble si different de celui auquel vous nous avez habitue. La, le souffle et l’harmonie ont une signature inattendue, comme s’il s’agirait d’une autre. Moins combattante, resolue toujours, mais detachee. Vos textes sont souvent incisifs et croustillants. On atteint ici un degre superieur. La grace est vivante je me dis.

Cordialement,

Stephane Eybert

La modernité est-elle une contre-évolution ?

Article lié : La leçon du G20 et le jeu de la Russie

Aruna Baoro

  19/11/2014

En 1905 déjà Rudolf Steiner avertissait le public qui assistaient à ses conférences à Berlin par une sentence remarquable. (Je donnerai l’extrait à la fin de mon post.) Le progrès technologique s’est produit trop tôt selon lui, il fallait que l’humanité mûrissent davantage parce que l’homme façonne le monde extérieur à son image. Il est courant de penser que le développement de la fission nucléaire était inévitable (entre autres exemples) mais c’est exactement ce qu’il ne faut pas penser. Pour l’anthroposophie de Steiner le progrès technologique est d’abord l’aboutissement de la disparition des Mystères de l’antiquité et la compensation d’un état primordial dont l’humanité est désespérément coupée. La réalité ayant été réduite aux caprices des atomistes et des rationalistes (même avant Platon et Socrate), il en a découlé des aberrations comme l’arme nucléaire. Le progrès technique n’était pas un dénouement logique de l’avancée de l’histoire. Le moteur à explosion aurait pu apparaître dès l’antiquité tardive vers le VIème siècle à Gundishapur dans l’académie éponyme en Perse. Les savants matérialistes et autres atomistes aurait pu y développer les techniques qui sont apparues au cours du XIXème siècle et ceci bien avant le second millénaire. C’est la chute de l’empire sassanide qui a mis fin à la quiétude de l’académie, les princes de l’empire ont été chassés par les arabes musulmans et les dirigeant ont été remplacés. Gundishapur était le plus grande centre intellectuel du monde avant l’époque moderne, l’académie a disparu progressivement avant le X ème siècle. On a aussi retrouvé en Grèce des artefacts d’instruments qui n’était pas censés exister dans l’antiquité. Il est évident qu’il y avait une forme de tempérance et de spiritualité dans l’Antiquité et durant une bonne partie de la Renaissance, rédhibitoire pour les matérialistes, et qui empêchait naturellement le développement de la thermodynamique et du binaire (réduction du monde aux chiffres). La doxa de la modernité méprise ces faits, la vertu des peuples et des nations se juge maintenant à l’aune du progrès technique et technologique. Le monde est pâmé d’admiration devant les prouesses de la Silicon Valley (Apple, Microsoft, etc…). Cette évolution du monde par le progrès technique est en vérité une contre-évolution, c’est l’exclusion des choses spirituelles et à terme l’abolition de l’homme lui-même (sur le même principe évoqué par Pierre Vaudan). Max Weber estimaient que les Protestants anglo-saxons et germaniques (ainsi que les juifs pharisiens) étant plus attachés aux biens terrestres ont aménagé la “vie ici bas” avec plus d’opiniâtreté que les catholiques. Pour la théosophe Alice Bailey le retard technique des peuples d’Inde, de Chine, d’Afrique, etc.. est dû à une orientation éthique conservatrice ou spiritualiste, orientation qu’elle juge excessive puisqu’elle a assuré aux occidentaux la domination matérielle (et surtout matérialistes du monde). Il faut faire remarquer, même si c’est hors sujet, que Ghandi a salué le rôle des théosophes dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde ainsi que l’irritation (faite de complot et de coup bas) des britanniques à leur égard. Voici l’avertissement prophétique de Steiner (ancien théosophe) en 1905 :

« L’égoïsme universel émane de la race anglo-américaine. Partant de là, l’égoïsme couvrira toute la Terre. Toutes les inventions qui recouvrent la Terre d’un réseau d’égoïsme viennent d’Angleterre et d’Amérique. A partir de là-bas donc, toute la Terre sera recouverte d’une toile d’égoïsme, de mal. Mais une petite colonie se formera à l’est comme la semence d’une vie nouvelle pour l’avenir. La culture anglo-américaine consume la culture de l’Europe [...] mais la race elle-même va à sa ruine. Elle porte en elle la disposition à être la race du Mal. »

A la cape, ou la juste place retrouvée ?

Article lié : Chronique du 19 courant… De la demi-honte d’être Français

Alain Vité

  19/11/2014

Peut-être effectivement que la France est à la cape, comme un navire empêché par une trop grosse tempête, qui ne peut que fermer les voiles pour s’épargner le vent, et espérer être encore en état au retour du calme. Toutes ces agitations du monde sont au delà des capacités d’intervention de la France. Peut-être que les gesticulations des divers dirigeants ne servent qu’à distraire les foules, “rassurer les marchés” [soupir las] et autres conventions de l’époque, avec un théâtre de Guignol permanent en attendant une époque meilleure.

D’un autre côté, peut-être que de Gaulle a été une exception amenée par les circonstances, qu’il a temporairement donné un sursaut à la France et l’a déroutée de sa médiocrité en progression depuis au moins les années 1870. Ce qu’on voit aujourd’hui dans la presse sur la Russie, n’est guère plus bête que ce qu’on lisait à l’époque sur la Prusse. Depuis les années 1970 avec l’après de-Gaulle, le pays retrouve peut-être sa trajectoire d’égaré, avançant sur son erre et précipitant toujours mieux son échouage. La France comme un canard sans tête, qui tient compagnie à Obama le “lame duck”.

D’un autre côté, la pression nord-américaine - fruit démesuré et hors de contrôle de la culture anglaise, né sur une terre trop fertile pour son propre bien - ne nous laissait pas beaucoup de choix sur le long terme.

N’empêche

La Révolution française a été la captation du pouvoir par les boutiquiers du Tiers-Etat, nouvelle aristocratie de parvenus vulgaires, plus qu’un avènement de la démocratie. Il est même possible qu’en coupant autant de têtes de nobles, la France ait privé l’Europe et le monde d’une voie alternative à celle de l’anglo-saxonnisme naissant : les alliances familiales aristocratiques formaient un tissu radiculaire serré, autant dans le pays qu’avec le reste du monde. Ce tissu et ses compétences auraient pu être utilisés par la France pour garder contact et influencer les autres pays, au lieu de les horrifier tous avec nos séances de guillotine, pour déboucher sur Bonaparte, puis Waterloo.

On avait déjà commis, plus tôt, la même erreur d’excès avec les Huguenots, qui sont aller survivre et faire fortune ailleurs avec leur audace et leur inventivité. L’anglo-saxonnisme triomphant doit beaucoup à la France pour ces deux raisons au moins.

Il n’est donc pas sûr que le pays soit dans une période si exceptionnellement mauvaise aujourd’hui. Nous vivons peut-être tout simplement un rattrapage de jeu, comme une machine usée qui retrouve sa position juste. Un rattrapage de jeu est en général rapide et parfois brutal, surtout quand il n’est pas décidé, comme celui que nous connaissons.

Evidemment, tout cela est subjectif et discutable, néanmoins un fait demeure : l’histoire d’un pays est une aventure collective de longue haleine, le fruit de son passé lointain. Tout comme la vie d’un quinquagénaire est le résultat de ses choix de jeunesse, accidents de parcours ou pas, le pays actuel est le prolongement de ces époques-là, et de ses déchirures anciennes avec le reste du monde.

Hollande est là parce que l’histoire des 30 dernières années lui a pavé le chemin. On aurait pu promouvoir quelqu’un d’autre pendant tout ce temps, mais ce fut lui. Nos forces intérieures sont ce qu’elles sont et influencées comme elles le sont. Si nous avions été autrement, tout aurait été différent. Et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle.

Nous sommes ce que nous sommes et ça vient de très loin, ça n’a pas commencé avec la French American Foundation, ni autre bricole anecdotique à l’échelle d’un pays comme le notre. Nos forces sont là aussi, mais corriger nos pires faiblesses n’en fait pas partie, et ça non plus, visiblement, n’est pas nouveau.

Un combat pour la liberté.

Article lié : Biden-Nuland, tambours de guerre à Kiev

Ilker de Paris

  19/11/2014

Les États-Unis n’ont pas d’intérêts directs en Ukraine (c’est plutôt un problème Européen), ce qui signifie que leur grand activisme agressif vis-à-vis de la Russie, dans l’affaire ukrainienne, est d’un ordre idéologique - admis que les Américains ne se battent pas pour l’Europe.

Quelle idéologie ? La démocratie évidemment, c’est-à-dire une grande société de consommation basée sur le dollar. Pour cela il faut qu’il n y ait pas d’alternative, ni au discours capitaliste, ni au dollar.

C’est pourquoi Poutine, qui a bien compris les enjeux, lance des propositions alternatives au système aujourd’hui en place lié au dollar.

Reculer en Ukraine pour les États-Unis signifierait desserrer l’étau du Système sur les pensées, produisant la croyance d’une possible alternative au Systeme-finance-dollar.

La viabilité de cette croyance tient à la résistance de la Russie, ce qui ne signifie pas que la Russie devienne un nouvel étalon pour la marche du monde, non cette résistance porte en elle la possibilité de respirer à un autre rythme que celui imposé par le Système, qui globalise en écrasant, par définition, les différences.

On suffoque aujourd’hui de respirer au rythme d’un pays dont les fondements historiques sont artificiels. Résister à cela est présenté par les médias-Système comme étant le “Mal”, d’où le cercle vicieux : globalisation-culpabilisation-globalisation.

Or, combattre le Système, comme le fait la Russie aujourd’hui est peut-être le seul acte vraiment de résistance humaine contre un a-venir qui s’annonce pour le moins invivable.

Changement d'ère

Article lié : La leçon du G20 et le jeu de la Russie

Hédi Dhoukar

  19/11/2014

Les grands changements (les changements d’ère) ne sont pas les conséquences d’une évolution technique, celui d’un système économique et encore moins le produit d’une élite. Tous ces facteurs jouent certes un rôle plus ou moins important dans le changement sans pour autant déterminer l’enfantement de l’ère nouvelle. Celui-ci se produit quand des logiques à l’œuvre dans la société humaine entrent en crise en finissant par verser dans leur exact contraire (Cf. Yvan Illich), indiquant qu’une orientation psychique collective — en l’occurrence l’orientation-pensée reposant exclusivement sur la raison et sur l’activisme volontaire— a abouti partout à des impasses.
“Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve”, écrivait Hölderlin, et, “ce qui sauve” n’a pas encore de visage, même pas celui de Poutine qui est lui-même le produit de la crise présente et dont l’effort réside moins dans la volonté d’incarner une nouvelle “élite” que celui de se différencier des élites BAO, y compris russes.

désir d'ouest russe

Article lié : La leçon du G20 et le jeu de la Russie

marc gébelin

  18/11/2014

Quand vous dites monsieur Kara :

“La société russe a-t-elle vraiment surmonté son traumatisme extraordinairement profond de la décomposition des années 80 (c’est notre stade actuel à nous autres Occidentaux), puis la Grande Prostitution du pays (littéralement, à échelle familiale, avec l’exode de leurs belles filles vers l’Occident et l’occidentalisation avide des restantes), pour aboutir finalement dans le même univers déconnecté smartphone-facebook-playstation-extasy que tous les autres ?...”

je vous suis hélas!... Etant allé trois fois en Russie ces dernières années j’ai pu assister au désir de “grande prostitution”, à l’exode des belles filles (juives et non juives, j’en connais quelques unes), quant à la “quadripartition” Smartphone-Facebook- Play-station-extasy, je confirme même si je n’ai jamais vue l’extasy parce que je ne fréquente pas le club. En revenant en juillet 2013 j’écrivais ceci: “En voyageant en Russie on se demande ce que demande maintenant le peuple ? Des supermarchés après que les boutiques soviétiques aient été aux trois quart vides ? On peut en douter. Fidèle au principe du capitalisme, on assiste déjà à un écrasement de la qualité au profit de la quantité. Au supermarché, fruits et légumes sont dans ces caisses énormes sur palettes posées en plein milieu des allées. Vers dix sept heures la température des pommes indique qu’elles sortent de la chambre froide, qu’elles ne viennent pas d’à côté (les pommes sibériennes sont délicieuses), que la grande consommation est en plein essor, que les flux sont tendus et qu’il faut que « ça se vende ». La foule, qui avant faisait la queue devant les magasins vides fait maintenant la queue aux caisses des pleins. C’est le progrès? Aucun humain intelligent n’aura donc eu l’idée, les moyens politiques et le courage de mettre en œuvre une alternative qui aurait évité de passer d’une société du besoin insatisfait à une société des faux besoins? C’est la question que l’occidental que je suis se pose. La politique de l’offre par définition supérieure à celle de la demande, le t.i.n.a de Thatcher ? Produire pour produire et vendre pour produire encore avec cette idée idiote que le commerce rapproche les peuples, amène la paix, alors que c’est l’inverse”.
Pour ce qui est de la “grande prostitution” je serais charitable parce que chez nous je vois la même mais dans un style plus agressif. A une remise de diplômes universitaires je me serais cru dans le Middle West avec pom-pom girls, grand écran filmant ce qui se passe alors que la salle fait à peine 20 mètres de long sur 7 de large, et ne parlons pas des diplômées, 90% de femmes et dans une tenue qui ferait plus croire plus à un défilé de mode ou à un concours de miss Tiumen qu’à une remise de diplômes…
Je m’arrête parce que j’aime bien les Russes et la Russie. J’espère seulement que dans les mois et années à venir le désir soutien à Poutine sera plus fort que le désir d’Ouest.

Le Jeu ET la Russie

Article lié : La leçon du G20 et le jeu de la Russie

MarcPier Lecocq

  18/11/2014

Pour rappel, nous avions souligné il y a 5 semaines,  le 10/10 que l’embargo-système craquait sous le principe de réalité,  puisque le “Grand-Prix” F1 de Socchi se déroulait sous nos yeux encore
émerveillés par les J.O. d’hiver d’ il y a moins d’un an, in-tempore- non-suspecto !

Rebelotte, la semaine passée, annonce en fanfare par la FIFA qu’il n’est en aucun cas question de suspendre la Coupe prévue à Moscou en 2018…

Et en fin, last but not least, côté Sport cérébral, rappelons que nous
sommes de ces jours-ci en plein coeur du Challenge ANAND vs
CARLSEN suivi par des millions de chessplayers, (prescripteurs éduqués) durant ces Championnats du Monde de…. Socchi !!!

Le Pdt. Poutine est un fin joueur d’échecs, parait-il !

NB: été 2008, tout baignait lors des resplendissants J.O. de Pekin;
que s’est-il encore passé à la rentrée ? J’offre une sub-prime à qui
se souviendra…

MDR! Lol!

Article lié : Contre l’abolition de l’homme

Bernard Scaringella

  18/11/2014

Mon dieu, mais quel tas d’âneries ... Ce Mr Lewis entasse
allègrement les poncifs. Son opinion est ce qu’elle est
une opinion parmi tant d’autres tout aussi braillardes.
Ignorant, incompétent etc ....

Le simple fait d’écrire “morale universelle” signe l’auteur
à ne surtout pas lire.

Le Système au coeur de la Russie...et des Brics

Article lié : La leçon du G20 et le jeu de la Russie

Jean-Paul Baquiast

  18/11/2014

Vous écrivez:
” Poutine n’a guère pris de mesures contre les oligarques “économiques”, ceux qui n’avaient pas de projet politique et se sont rangés du côté du pouvoir poutinien. Aujourd’hui, ces oligarques “économiques” sont en difficultés ou deviennent suspects du point de vue politique, parce que l’essentiel de leurs fortunes est investie dans le bloc BAO. Finalement, la méthode poutinienne n’a pas été très différente pour l’économie russe elle-même, et elle montre aujourd’hui sa faiblesse à cause des liens de dépendance économique établis avec le bloc BAO. Voici comment Petras conclut cette longue analyse de la situation russe face aux sanctions, – ou comment s’en sortir… “

Je partage évidemment votre avis, mais ne confirme-t-il pas l’analyse pessimiste selon laquelle ce que vous avez nommé le Système a pénétré la Russie depuis longtemps et n’est pas près de la lâcher?

Plus généralement, l’analyse d’Alex Kara, que je partage aussi, rappelle que les Brics aussi n’échappent pas au Système.
Pour que la Russie, et pas seulement Poutine, puisse faire tout ce que recommande à juste titre le professeur Petras, il faudrait qu’elle dispose, comme la France à la Libération, d’élites techniques et administratives capables d’engager la France dans les 30 glorieuses. Elle ne les a pas, me semble-t-il.

Contrairement à l’Amérique qui dispose des milliers de super-cerveaux formés au MIT et ailleurs. Ecrivant sur la science, je constate chaque jour que d’eux viennent toutes les idées neuves dont sera fait le monde de demain…y compris des cerveaux chinois complétement américanisés qui travaillent en liaison avec les américains dans ces universités.