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Stop TTIP

Article lié : Le TTIP face à une “tempête citoyenne”

Jean-Paul Baquiast

  10/06/2015

Merci à Philippe Grasset pour cet article.
Pour ma part, je l’ai relayé ainsi à destination de mes lecteurs

Stop TTIP et CETA
Depuis quelques jours se développe une Initiative de citoyens européens dite auto-organisée prenant la forme d’un recueil de pétitions demandant aux instances européennes d’interrompre les négociations avec les Etats-Unis et le Canada visant à l’adoption, sans consultations avec les autorités nationales, de ces deux projets de traités. Nous avons suffisamment sur ce site dénoncé le TTIP (ou TAFTA), instrument par lequel les Etats-Unis imposeront définitivement à l’Europe leur domination politique et économique pour ne pas relayer ici cette pétition, que nous venons de signer pour notre part.

Cette pétition se trouve sur le site https://stop-ttip.org/fr/?noredirect=fr_FR

La page d’accueil en résume les principaux objectifs :

” Nous souhaitons empêcher que soient conclus les accords TTIP/TAFTA et CETA car ils contiennent plusieurs points critiques tels que le règlement de conflits investisseurs-Etats et de règles sur la coopération réglementaire qui constituent une menace pour la démocratie et l’Etat de droit. Nous souhaitons empêcher que les droits du travail, les normes sociales, environnementales, de protection de la vie privée et des consommateurs soient abaissées et que les services publics (tels que ceux liés à l’eau) et le patrimoine culturel soient dérégulés dans le cadre de négociations non transparentes. Nous soutenons une politique commerciale et d’investissement alternative au sein de l’UE.”

Sur les circonstances de cette démarche, on peut lire un excellent article de Philippe Grasset dans De Defensa. Disons seulement que nous ne partageons pas nécessairement l’optimisme de l’auteur quant aux chances de voir échouer les offensives atlantistes en favaur duTTIP. Ces offensives sont tellemen t fortes et multiples qu’il se peut très bien qu’elles finissent par l’emporter. Raison de plus pour soutenir la pétition et organiser d’autres démonstrations de refus http://www.dedefensa.org/article-le_ttip_face_une_temp_te_citoyenne__10_06_2015.html

Le Système ne passera pas, les Poilus sont là ...

Article lié : Le TTIP face à une “tempête citoyenne”

perceval78

  10/06/2015

Contrairement à ce que peut dire Mr Weber, il n’y a pas que les extrêmes qui se lèvent face au Système

EPP Group ?@EPPGroup 7h7 hours ago
@ManfredWeber: I am really worried to see extreme left and right singing from same hymnsheet on #TTIP and @GreensEP standing with them

S’il est vrai que Mr Shultz a pris seul la décision de reporté le vote (article 175 du Règlement), il s’est trouvé ensuite 183 députés pour voter également le report du débat (article 152 du même Règlement) lien

Pospone by 2 vote ! : 183 181 lien

Non Mr Trakl, vous avez tort dans votre désespoir, c’est la poésie qui nous sauvera

Tu te réveilles et ressens l’amertume du monde
là est ta faute irrédimée , ton poème, une imparfaite expiation

Nos poilus sont là qui remontent du fond de notre inconscient, ils ne veulent pas la guerre, la bataille va être rude ...

Le dimanche, l’après-midi, à cinq heures, la sonnette de la porte d’entrée sonna à toute volée[...]

Tous, nous courûmes aussitôt à la porte pour voir qui était là, mais il n’y avait personne! Nous nous sommes tous regardés, pantois! L’atmosphère était à couper au couteau.

Je me rendis compte qu’il fallait que quelque chose se passât. La maison entière était comme emplie par une foule, elle était comme pleine d’esprits! Ils se tenaient partout, jusque dessous la porte, et on avait le sentiment de pouvoir à peine respirer. Naturellement, une question me brûlait les lèvres : “Au nom du ciel, qu’est-ce que cela?”

Alors il y eut comme une réponse en choeur : “Nous revenons de Jérusalem, où nous n’avons pas trouvé ce que nous cherchions.” Ces mots correspondent aux premières lignes des Sept sermons aux morts C.G. Jung.

Départ pour le front

Avant de mourir je dois juste écrire ce poème.
Faites silence, camarades, ne me dérangez pas.
Nous partons pour la guerre. La mort est notre destin.
Oh ! Si seulement ma fiancée pouvait arrêter de brailler.
En quoi ai-je de l’importance ? Je suis heureux de partir.
Ma mère pleure. On a besoin d’être fait d’acier.
Le soleil se couche sur l’horizon.
Bientôt on me jettera dans une jolie fosse commune.
Dans le ciel, le bon vieux crépuscule est tout rouge.
Dans treize jours, peut être, je serai mort.

Alfred Lichtenstein mort dans la somme 1914

Heureux les épis mûrs

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.

Charles Peguy. Mort pour la France 1914 lien

DEMOCRATIA

Article lié : Democratia

Auguste Vannier

  10/06/2015

Belle illustration ce que le regretté Philosophe Cornélius Castoriadis soutenait: notre culture s’origine dans l’émergence simultanée et indissociable de la philosophie, de la “science”, et de la démocratie au 5ème siècle AC de la Grèce Ancienne. La démocratie, une nouvelle signification imaginaire social historique qui instaure le projet d’autonomie de nos sociétés: se donner collectivement ses propres “lois” grâce à la réflexion, l’expression sur l’agora, la délibération et l’argumentation “publique”, et la décision souveraine directe des citoyens. En fait, la certitude que les lois ne sont pas immuables, qu’elles ne viennent ni des ancêtres ni des dieux, mais qu’elles sont la création même des sociétés. La possibilité permanente de les changer par un processus d’intelligence collective.
On mesure alors la régression dans laquelle nous met le Système anglo-saxon” pour qui l’ économique est l’alfa et l’omega, et qui impose à la société d’obéir a de pseudo “lois” naturelles, sinon divines, puisque les mains invisibles des Dieux des Marchés doivent assurer, moyennant de nombreux sacrifices (humains de préférence), le meilleur des mondes possibles, sous la direction de Notre Amérique…
L’épisode de ce jour à l’UE (comment conclure le TAFTA contre l’avis des citoyens) est de ce point de vue intéressant.
De manière plus générale il est toujours profitable de regarder vers la Grèce, hier comme aujourd’hui, pour penser notre monde…

THEORIE DU CHAOS

Article lié : Poutine entre les lignes

eric basillais

  10/06/2015

Suggestion issue de la théorie du CHAOS :
A long terme l’espace de phase est rempli de désordre.

Traduction possible :

A long terme personne n’échappe au chaos.

Donc rien ne prémunit la Russie ou la Chine si la stratégie du chaos est maintenue.

Ces assertions sont des suggestions, non des certitudes.

Objet toujours réactivé, la destruction de la Russie en tant qu'Etat

Article lié : Le G-7 (8 moins un) efface Sotchi

Jean-Paul Baquiast

  09/06/2015

Je ne comprends pas que l’on s’étonne de l’agressivité(c’est le moins que l’on puisse dire) des Etats-Unis à l’égard de Poutine. Chacun sait que c’est parce qu’il dispose d’une arme nucléaire capable de rivaliser avec celle des USA. Il faut donc chercher en toutes occasions à le détruire.
Les européens marchent comme un seul homme derrière les USA.

De Munich a Vilna A l'état Major du Corps Bavarois

Article lié : Le G-7 (8 moins un) efface Sotchi

perceval78

  09/06/2015

C’est une question de vie ou de mort nous dit the independent, TINA, soit on stoppe Poutine, soit tout s’écroule, rien de moins lien

Radio Free Europe le journal de référence de Mediapart nous informait lien au mois d’Avril que McCain avait été nommé par Porochenko à la tête d’un conseil d’expert, la nouvelle était évidemment fausse, il ne nous semble pas qu’elle ait été démentie par d’autres conseillers présumés comme Elmar Brok et Carl Bildt.

Elmar Brok justement, né en Westphalie, président de l’AFET (commission des affaires étrangères de l’UE) envoie un message à son collègue Polonais Saryusz Wolski russophobe s’il en est ...

AFET Committee Press ?@EP_ForeignAff 5h5 hours ago
@JSaryuszWolski: EU-#Russia relations never as bad as now, result of aggressive policy of President #Putin. Sanctions must be maintained.

Il ne manque plus qu’un Bavarois pour reconstituer les 5eme, 6ème et 8ème corps de la Grande Armée lien

Justement en voici un, Manfred Weber, président de l’EPP et membre de la CSU

Manfred Weber @ManfredWeber Jun 7
Welcome to #Bavaria! Strong signal from the free & democratic countries to the world #G7Summit @g7 @CSU @EPPGroup

Vu que les Russes sont très sensibles à la symbolique et si vous avez aimé l’épisode Sébastopol, nous vous conseillons de relire
les cahiers du Général d’Albignac, le prochain épisode s’appellera Bérézina lien

De tous temps, les Bavarois marquèrent une tendance particulière au pillage et aux levées de contributions aussi abusives qu’illégales ...

de Wrède dût faire paraître à Elmau, le 12 mai, un ordre du jour pour essayer d’arrêter les excès de ses soldats, leur reprochant leurs cruautés, leurs incendies, leurs massacres d’hommes désarmés. ; et le maréchal Lefèbvre, mis au courant des abominations qui s’étaient produites, faisait savoir aux Bavarois qu’il avait honte de les commander, et que Napoléon avait des soldats dans son armée et non des brigands! lien

EN ATTENDANT GODOT

Article lié : Justement pensé : l’“impensable” effondrement des USA

ZC

  09/06/2015

Tous les empires aussi puissants soient-ils vont vers leur déclin puis leur chute inévitablement et inexorablement, mais comme pour la fin du monde, ni le jour ni l’heure ne peuvent être anticipées; mieux encore quand l’effondrement arrive et se réalise , les membres de “l’empire” sont les derniers à en avoir conscience.
Pour exemple l’empire Ottoman voit son déclin vers 1560 environ, l’effondrement a lieu en 1923.

Tout le monde le savait ...sauf les Turcs et si vous interrogez encore aujourd’hui les Turcs, d’aucuns vous diront que l’empire n’est pas mort et sa reconstruction est en cours… Erdogan par exemple!

Le ciment de l’Amérique (enfin des USA) c’est le drapeau et l’idée partagée par tous de la Nation Essentielle, ça suffit bigrement pour emm… le monde encore pendant deux ou trois siècles.

Il faudra au moins une belle éruption du yellowstone pour ramener les américains à leur état de nation limitée, et certainement pas par lle désordre et les guerres qu’ils provoquent partout dans le monde.
C’est Poutine qui a dit récemment que seul un fou peut envisager une guerre contre l’Otan, non?

Et puis, tiens, la France était un empire , il n’y a pas si longtemps, eh bien, ce pays ridiculement petit et réduit à ses frontières historiques n’a renoncé en rien à son passé si simple..
le Mali, la Lybie, la Syrie… et bien, foin du Pib en baisse, des chômeurs et de la pauvreté en hausse constante, des hôpitaux qui prennent des allures de tiers monde et des villes qui ressemblent à  des déserts de pierre.
Non bigre, LA FRANCE est en Afrique avec des ambitions démesurées.
Je crois que nous sommes à un niveau de désespoir et d’impuissance individuelle tels que chaque minuscule événement nous fait croire à l’effondrement imminent.

Qu’ils soient fous, psychopathes, déséquilibrés ou confus, une chose est certaines, ceux qui mènent aujourd’hui l’Occident,  sont de plus en plus riches, de plus en plus puissant et sèment le désordre et la terreur dans tous les pays qui leur résistent (tordre leur bras qu’il a dit BHO); cela est une vérité.
Aucun scandale, aucune défaite aucune faillite bancaire ou autre ne les altère et ne les détourne de leur volonté de puissance.
La chute arrivera sans doute, mais nous qui vivons aujourd’hui ne seront pas là pour la voir (tant mieux en un sens car là où je partage votre avis c’est qu’elle sera vraiment terrible).

Le coeur grossier de la prospérité

Article lié : Justement pensé : l’“impensable” effondrement des USA

perceval78

  09/06/2015

On reviendra à la traduction d’un article de Dmitry Orlov datant de 2006 qui comparait la Russie et les USA face à l’hypothèse d’un effondrement lien

Ron Paul s’inquiète justement de ce qui peut se passer dans la tête de certains officiels US lien

Dans cette affaire on distinguera une différence fondamentale entre les USA et l’Europe, tant les Français que les Allemands savent ce qu’est un effondrement, un avantage ?

C’est au malheur de juger du malheur.
Le coeur grossier de la prospérité ne peut comprendre les sentiments délicats de l’infortune. Nous nous croyons forts au jour de la félicité ...

L’adversité vient elle, nous sentons bientôt notre faiblesse, et, avec des larmes amères, nous nous rappelons les vaines forfanteries et les paroles frivoles du temps du bonheur lien

Rêver peut faire du bien

Article lié : Justement pensé : l’“impensable” effondrement des USA

tino candela

  09/06/2015

Allons, soyons éveillé maintenant, après s’être fait plaisir en dissertant sur la dislocation des USA.
L’intérêt est toujours là, le ciment qui tient les USA est toujours là. L’intérêt des banquiers, des industriels, des politiciens, des lobbies, des commerçants, des monarques arabes et d’autres, est toujours là et bien là.
Oui ils s’affaiblissent, s’endettent, se font haïr, déclinent, et finiront par perdre leur supériorité un jour, ce qui ne se fera pas sans bruits et sans dégâts, vu justement ces immenses intérêts en jeu.
Mais ça tiendra bien encore une dizaine d’année au moins, et ce pays n’éclatera pas.

War is a racket, disait Smedley Butler

Article lié : Poutine entre les lignes

Franck du Faubourg

  09/06/2015

Il précisait aussi que l’essentiel des “commandes” venait du Corporate Power, pour lequel travaillait en quelque sorte son gouvernement.
Dans la situation actuelle de faillite de notre gigantesque schéma de Ponzi financier, et vu la soumission abjecte de nos exécutifs, les russes semblent avoir fini par accepter le fait que le bon sens sera mis de coté. Alors ils disent beaucoup.
Exemple piquant sur “Charlie”:
https://www.youtube.com/watch?v=FuRM_B9RCZ4
(A rapprocher des années de Plomb, grace à Gladio:
https://www.youtube.com/watch?v=S3m3xvNkQ0w)
Je pense qu’il n’a échappé à personne les préparatifs multiples de notre bloc BAO préféré concernant les multiples controles sur la monnaie, réduction - voire suppression du cash, dispositifs de controle massifs de la population, etc.

A partir de cet automne 2015, le “crash in governement” va arriver:
“This is all part of what our computer is projecting; we are entering a phase of tremendous political upheaval as the old established parties are out of touch with the younger generation who are demanding change. We saw this in Scotland, Spain, UK, Ukraine, and we will see it throughout Europe and in the USA next year.” nous dit Armstrong.
Toutes les instances de pouvoir le savent, inclus les russes.

Lapsus condamné et exécuté

Article lié : La bataille du “néantissement” de l’Histoire

dedefensa.org

  08/06/2015

Merci à monsieur René M. pour nous avoir signalé le lapsus Korybko-Kadyrov. Corrections faites. Le coupable aurait trouvé refuge auprès du Système…

Avec toutes nos excuses

dedefensa.org

L'intéressant frédéric Lordon trouve le temps long

Article lié : Notes sur la paralysie-blocage des crises

GEO

  08/06/2015

http://blog.mondediplo.net/2015-06-01-Les-taches-aveugles-de-l-autre-euro-possible

(…...)
En cette époque qui ne corrige le sur-place intellectuel que par les accélérations imaginaires du gouvernement mondial, ou continental, il aura fallu presque deux décennies pour que certains se rendent compte qu’il y avait un problème avec l’euro, et qu’ils commencent à le dire — en gros il a fallu la décapilotade à grand spectacle pour que leurs yeux s’écarquillent et que leurs bouches finissent par s’ouvrir. Les voilà maintenant qui, réécrivant l’histoire, enfin surtout la leur, prétendent avoir dès le début lancé de vigoureux avertissements [1], ou bien proposent un nouveau tour de manège institutionnel, cette fois-ci avec un parlement de l’euro, dernière trouvaille en date destinée à nous rendre la monnaie unique enfin démocratique [2] — se peut-il qu’on nous ait menti et qu’elle ne l’ait pas toujours été ?

Le « manifeste pour une union de l’euro » publié début 2014 à l’initiative, entre autres, de Pierre Rosanvallon [3], offre ainsi un concentré des taches aveugles de l’européisme social-démocrate qui, confondant la substance et les attributs, imagine que planter quelque part un nouveau parlement vaut ipso facto constitution politique de l’euro. Malheureusement il n’en est rien. Encore faut-il pour s’en apercevoir s’être formé une idée tant soit peu profonde de ce qu’est une communauté politique véritable, dont les institutions formelles ne sont que la superstructure. Le mot ici est à comprendre en un sens non-marxiste, pour souligner que le principe fondamental de la démocratie, tel qu’il est mis en œuvre dans les institutions formelles, à savoir la loi de la majorité, ne se soutient pas de lui-même, mais n’est opératoire que sous des conditions de consistance communautaire préalable, dont il faudrait être fou pour les imaginer réunies dans l’Europe d’aujourd’hui.

(….......)

A certains politologues n’ayant visiblement aucune compréhension du fait politique, il faut donc des épisodes maximaux, c’est-à-dire des cas de séparatisme aigu, comme il a failli s’en produire un en Ecosse — un cas spécialement intéressant d’ailleurs puisqu’il est d’un séparatisme moins « identitaire » que « politique » — pour apercevoir, mais généralement trop tard, tous les prérequis invisibles du fonctionnement ordinaire des institutions démocratiques — et ce qu’il en coûte de les ignorer. Ce prérequis passionnel de l’affect commun d’appartenance, seul à même de rendre viable le dissensus démocratique organisé sous la loi majoritaire, est-il satisfait dans le cas de l’Union européenne ? Non. Chez qui fait-il suprêmement défaut ? La Grèce, vers qui tous les regards accusateurs se tournent systématiquement ? L’Espagne qui, Podemos arriverait-il au pouvoir, connaîtrait le même sort ? Non : l’Allemagne. Est-il possible de parler de l’Allemagne ? Non plus [5]. Toute mise en cause de l’Allemagne est aussitôt accueillie aux glapissements de « germanophobie ». Il faut sans doute avouer qu’on trouve assez souvent le pire en cette matière, et qu’il est bien des discours sur l’Allemagne qui sentent le fusil Lebel et la ligne bleu horizon. Mais enfin la mauvaise monnaie intellectuelle ne devrait pas en principe chasser la bonne, ou au moins ne pas restreindre les droits légitimes de l’analyse – et empêcher que soient posées quelques questions. C’est pourtant le cas, si bien que l’accusation de germanophobie est devenue en Europe, spécialement en France, l’asile de la cécité volontaire.

(…..)

rêvons un peu, et imaginons pour le plaisir « l’autre euro possible ». Aucune de ses dispositions ne figure plus dans le Traité, toutes ont été rendues au parlement de l’euro. Et voici qu’une majorité se forme pour remettre la BCE sous contrôle politique, pour lui assigner mission de soutenir la croissance et l’emploi, voici que les règles budgétaires automatiques sont supprimées au profit d’une pragmatique conjoncturelle, que la question de l’annulation de certaines dettes est posée, enfin qu’il est envisagé de restreindre les marges de manœuvre des marchés pour neutraliser leurs représailles contre une réorientation progressiste de la politique économique. Qui peut croire que l’Allemagne, sans doute d’autres pays avec elle, mais l’Allemagne au premier chef, accepterait cet « autre euro »-là ? Mise en minorité, c’est elle qui partirait au nom de la sauvegarde de ses principes considérés comme des enjeux vitaux. Et « l’autre euro » se ferait sans elle — s’il y a quelque sens à une monnaie unique européenne sans l’Allemagne…

On opposera sans doute que les élites françaises par exemple — qui ne sont donc pas allemandes… — n’en défendent pas moins, et mordicus, les mêmes principes de politique économique, en fait adéquats aux exigences du capital auquel ces élites ont tout cédé. Et c’est vrai ! Mais la Grèce en février, peut-être l’Espagne cet automne, montrent que le miracle d’une réelle alternance politique ne peut jamais être complètement exclu — et avec lui celui d’un projet de réorienter radicalement la politique économique. Toutes choses égales par ailleurs, ceci ne se produira pas en Allemagne, pour des raisons qui tiennent à l’ancrage symbolique de la doctrine néolibérale (ordolibérale), ailleurs simplement idéologique, donc en principe susceptible d’être politiquement défaite.

Rien de ceci bien sûr ne signifie que, même à propos de la question monétaire, la société allemande ne soit qu’un bloc. Il n’y a jamais, nulle part, à propos de n’importe quelle question, de monolithisme unanimitaire. Des économistes comme Peter Wahl ou Wolfgang Streeck, et d’autres, ou bien les manifestations au pied de la BCE à Francfort, attestent que la société allemande a sa part de dissensus et de contradictions même quand il s’agit de doctrine monétaire. Mais la question est de savoir où se situe son centre de gravité à ce sujet, quelle est sa consistance, et quelles sont les chances, à horizon raisonnable, de le déplacer significativement.

Si donc l’on cherche les raisons de l’impossibilité d’un autre euro, c’est d’abord de ce côté, du côté du point de plus forte résistance, qu’il faut avoir la lucidité de regarder. Et puis aussi du côté de l’expérience grecque, ou plutôt de ce que l’Union européenne sous principes allemands fait subir à la Grèce. Car nous savons maintenant ce que pèse une crise humanitaire en face d’une orthodoxie monétaire : rien.

(…......)

Il y va surtout, et en fait de plus en plus, d’une déformation monstrueuse du débat politique qui a conduit à faire de la sortie de l’euro le monopole du Front National, et en fait le stigmate même de l’extrême droite. Que le duopole indifférencié des partis de gouvernement, assisté de tout son appareil médiatique, se complaise dans cet argument ignominieux, la chose n’a rien pour surprendre. Elle est même bien faite pour indiquer le véritable rapport qui a fini par s’établir entre le FN et ce qu’on pourrait appeler le massif eurolibéral (dans lequel, on l’a compris, PS et UMP sont deux composantes de mieux en mieux substituables et en fait tendanciellement identiques). Ce rapport est de symbiose fonctionnelle — évidemment déniée par la comédie de l’intransigeance républicaine .

(…....)

En toute rigueur, le débat sur l’euro a sa parfaite légitimité propre, et n’a aucunement à prendre en considération cette préemption, qui n’est en fait qu’une pollution. En réalité il l’a d’autant moins qu’on peut soutenir que, le FN arriverait-il au pouvoir, il ne ferait pas la sortie de l’euro. En voici la raison : du moment où la perspective de l’arrivée du FN au pouvoir prendrait consistance, le grand capital pactiserait avec lui. Il le ferait sans la moindre hésitation car, l’histoire l’a suffisamment montré, le capital ne se connaît aucun ennemi à droite, et aussi loin qu’on aille à droite.
Il y a là, incidemment, de quoi faire ravaler leur dégueulis à tous ces misérables personnages qui n’ont rien eu de plus pressé que de poser un signe égal entre Front National et Front de gauche — et je le dis avec d’autant plus de liberté que je ne suis pas membre du Front de gauche, et que j’ai même de sérieux désaccords avec sa ligne actuelle. Mais enfin il n’est pas besoin d’être extralucide pour imaginer ce que serait l’attitude du capital face à un Front de gauche aux portes du pouvoir : il y a tout lieu de penser en effet qu’il chercherait moins à pactiser qu’il n’entrerait en mode « guerre », et même « guerre à outrance ».

(…..)

En tout cas le capital pactisera avec le FN. Et voici quels seront les termes de la transaction : le capital apportera ce qu’il sait apporter de mieux : de l’argent — de l’argent pré-électoral, post-électoral, de l’argent. Et puis aussi de l’assistance technique en prêtant ses cadres les mieux disposés. Mais la contrepartie sera que le FN ne touche pas à l’euro. C’est que l’euro dans sa construction d’ensemble est la plus puissante machine à discipliner le salariat que le capitalisme contemporain ait inventée, et cela, en effet, le capital ne permettra pas qu’on y touche.

Nul doute qu’il obtiendra complète satisfaction, et si l’on ajoute à ça que le « modèle économique » du FN consiste en réalité en une sorte de néo-corporatisme reaganisé essentiellement adressé aux patrons de PME, on mesurera l’imbécillité aussi bien intellectuelle que politique, de créditer le FN d’une posture « anti-système », c’est-à-dire de lui accorder sa principale revendication !

Ces raisons-là n’étaient nullement nécessaires, mais elles devraient être en principe suffisantes pour déchirer le voile de stupéfaction qui, sous la forme du FN, a été jeté sur le débat de l’euro. Elle devrait l’être d’autant plus que s’y ajoute le démenti catégorique apporté par l’expérience grecque. Double démenti en vérité : démenti de la fiction d’une transformation de l’intérieur des institutions de l’euro ; démenti surtout de l’assimilation à l’extrême droite de tout projet de s’affranchir de la camisole ordolibérale et de la monnaie unique.

On dira, précisément, que Tsipras se bat pour rester dans l’euro. Mais d’une part, comme on pouvait en fait l’annoncer avant même son arrivée au pouvoir, ce combat est voué à l’échec [8], et n’admet pour seul alternative au renoncement que la sortie de l’euro. Et, d’autre part, Syriza doit compter avec une forte minorité interne, à laquelle s’ajoute une opposition externe de gauche qui, elles, plaident résolument pour la sortie de l’euro. Et que même l’éditorialisme le plus malhonnête aura du mal à faire passer pour des fourriers du nationalisme xénophobe.

(….....)
Frédéric Lordon

La guerre semble impossible et pourtant

Article lié : Poutine entre les lignes

perceval78

  08/06/2015

Il semblerait que le sens symbolique ait totalement disparu du coté BAO, ce qui n’est pas le cas coté Russe, Poutine renontre le Pape pour la deuxième fois lien

Le Pape qui a Sarajevo dénonce le climat de guerre lien

Les livres d’histoires nous ont fait croire que les peuples voulaient la guerre en 1914, ce n’est pas ce que disait le président de l’université Columbia Nicolas Butler en septembre 1914

En second lieu, il ne faut pas oublier que cette guerre a été décidée par les rois et les cabinets, et non par les peuples. Je puis
affirmer hautement qu’il n’est pas vrai que les rois et les cabinets aient été contraints à la guerre par le sentiment public, en ce qui concerne, du moins, certaines des nations belligérantes ... Il se peut que dans chacune des nations en jeu il se soit trouvé une infime minorité pour souhaiter la guerre, mais l’esprit belliqueux faisait défaut au plus haut point dans les masses
lien

Le bateau ivre

Article lié : Les confidences de Kerry...

perceval78

  08/06/2015

Le Kyivpost lien avait fait un sondage au mois d’avril chez les journalistes ukrainiens pour savoir qui étaient les meilleurs amis de l’Ukraine à Bruxelles, on y retrouvait Donald Tusk (entre autres) que l’on voit ici avec un Jean Claude Juncker complètement éméché lien

On y trouvait aussi Johannes Hahn commissaire européen à l’élargissement lien qui se trouvait cette semaine à Washington pour y rencontrer les plus zélés ennemis de la Russie : Eliot Engel et Victoria Nuland

Johannes Hahn ?@JHahnEU Jun 4
Excellent talks w. E. #Engel,
V. #Nuland & D. #Lipton. For strong #EU-#US partnership to tackle common #challenges lien

Johannes Hahn ?@JHahnEU Jun 4
Excellent meeting w @StateDept #Assistant State Secretary Victoria #Nuland on #Balkans, #EaP, #US, #EU-relations lien

Eric Zuesse nous disait hier que John Kerry n’avait plus comme solution que la démission suite à la façon dont il avait été désavoué par Obama

Obama now has sided with Nuland on this; it’s a slap in the face to the EU: Poroshenko can continue ignoring Kerry and can blatantly ignore the Minsk II agreement; and Obama tacitly sides with Poroshenko and Nuland, against Kerry.

La jambe cassée étant l’équivalent symbolique de la démission, la pression se tourne donc vers l’Europe selon Zuesse

But if Kerry instead quits, then the pressure would be placed on EU officials: whether to continue with the U.S., or to reject U.S. anti-Russia policy, and to move forward by leaving NATO, and all that that entails? If they then decide to stay with the U.S., after that “F—k the EU!” and then this; then, the European countries are clearly just U.S. colonies.

Il semblerait que l’Europe choisisse la solution Johannes Hahn Tusk Juncker ...

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
lien

Système Khibiny

Article lié : Su-24 versus AEGIS, deuxième acte shakespearien

Richard RUTILY

  06/06/2015

Le système Khibiny équipe le SU-34 mais pas le SU-24 ce système est d’ailleurs difficile à intégrer sur un avion et a nécessité une approche particulière pour être intégré sur le SU-34:

“Typically, the manufacturer of equipment issues to aircraft design bureau specification for the placement of products that represent a complete set of design documents and makes recommendations on placement of its parts with the restrictions on the length of the connections between them.”

http://en.wikipedia.org/wiki/Khibiny_(electronic_countermeasures_system)