Nicolas Prenant
22/01/2017
Puisqu'on parle d'armageddon, je me permettrai simplement ce lien :
http://www.alterinfo.net/George-Soros-jure-de-demolir-le-President-Trump_a128005.html
L'armageddon du système autodestructive par surpuissance pourrait-elle venir par Soros lui-même ?
Giovanno Pascale
22/01/2017
Je retiens surtout ce passage :
« Nous allons renforcer nos anciennes alliances et en conclure d’autres afin d’unir le monde pour éradiquer le terrorisme de l’islam radical de la face de la Terre. Nos politiques seront fondées sur une allégeance totale aux États-Unis d’Amérique. »
America First, malheureusement, n'est donc pas à interpréter et à traduire dans un sens isolationniste (l'Amérique d'abord), mais dans son sens impérial (l'Amérique première). C'est l'Empire de la matière qui vient toquer à porte de l'islam, et amener les barbares dans le droit chemin de sa contre-civilisation. Et gare à ceux qui s'y acoquinent. La bourgeoisie révolutionnaire ne sera satisfaite que le jour où ils diront comme elle "Matière akhbar", "Humain akhbar", ce qui rendra enfin Trump caduc pour le bonheur de tous.
Le concept de tragédie-bouffe est très bien trouvé, car nous allons bientôt devoir associer ce bonhomme à la tête de comédien aux tapis de bombes, aux coups d'État et, une fois dissipées les équivoques, au manichéisme pur et dur. Tragédie-bouffe. La tragédie fait se rencontrer deux valeurs nobles, fait ressentir la terreur et la pitié ; la comédie rigole de l'ignoble et du vil, et porte le masque. L'administration Trump n'a pas commencé qu'elle brise déjà les codes du théâtre.
jc
21/01/2017
En Europe on en reste à la puissance, on ne fait pas comme aux USA où l'exceptionalisme fait que tout doit être au superlatif.
Les élections présidentielles approchent. Au doigt mouillé tous les candidats sont dans le réel et le virtuel (virtualisme), parce que le symbolique et l'imaginaire ont disparu depuis longtemps dans le bloc BAO. Mais ce ne sont pas encore des barbares purs comme Trump parce qu'il y a encore (pour combien de temps encore?) le virtuel…
Je voudrais montrer maintenant qu'il y a possibilité d'une candidature d'opposition frontale à la barbarie, d'une candidature purement symbolique, avec, selon moi, des chances réelles (pas symboliques!) de l'emporter.
1: Nous avons un hymne national dramatiquement barbare. Il faut le changer, le remplacer par un hymne (au sens attribué à ce mot dans l'antiquité) qui émeuve le citoyen au plus profond de lui-même (frissons de moêlle épinière, sanglots, etc.), autrement dit qui parle à son haut-cerveau.
2: Puisqu'il s'agit d'une candidature purement symbolique, il faut abandonner le drapeau national, barbare au moins au tiers (le rouge sang qui abreuve nos sillons), et le remplacer par le drapeau blanc. Non pas le drapeau blanc de la reddition pure et simple face à la barbarie, mais le drapeau blanc agrémenté d'un roseau, au corps infiniment flexible mais à l'âme inflexible, en référence au roseau de Pascal.
3: La devise coule de source (c'est le cas de le dire!): "Fluctuat nec mergitur".
4. Les slogans ne manquent pas. Du genre "En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées".
5. La Loire est le dernier fleuve sauvage d'Europe, indompté, insoumis. Symbolique de l'écologie.
6. Paris est le coeur et le poumon économique de la France, mais c'est la Loire qui est sa moëlle épinière, et son coeur symbolique, son choeur, se trouve quelque part le long de la Loire, à l'abbaye de Thélème.
7. "Fais ce que voudras" doit entraîner chez la plupart de nos concitoyens une réaction épidermique, voire des sanglots*, et réveiller en chacun d'eux que Français vient de Franc, ce qui signifie libre.
8. Et puis Pantagruel ça évoque la bonne bouffe, les bons vins, etc., du vrai, du réel.
Voilà du symbole, rien que du symbole, à opposer au réel barbare, au "struggle for life".
Jean-Luc Mélenchon a, depuis longtemps, promis une assemblée constituante s'il était élu. Et son slogan de campagne est "La France insoumise". Je lui propose comme promesse de candidat de faire tout pour mettre en oeuvre la constitution suivante, constitution "urbi et orbi":
Article I: Aime-toi toi-même.
Une fois impérativement respecté l'article I:
Article II: Fais ce que voudras**
Ce sera dur, très dur pour JLM, d'autant plus dur qu'il lui faudra renoncer publiquement à tout ce à quoi il a sans doute cru jusqu'à présent.
* J'ai expérimenté en écrivant ce texte que j'avais bien un haut-cerveau!
** On notera que c'est intelligible (ça a du sens).
A suivre (comme dans Tintin)
jc
21/01/2017
Les politiciens sont des hommes de paroles. Il faut nécessairement savoir harenguer* les foules pour réussir en politique. C'est un talent qu'on a ou qu'on n'a pas, je ne pense pas que cela s'apprenne, il faut être un Obélix de la parlotte pour exister en politique (Lamartine, je crois, disait que les hommes étaient comme les lapins, ils s'attrapaient par les oreilles). Je suis persuadé que la majeure partie des politiciens actuels sont des hommes (ou femmes) de paroles qui, une fois élus, ne tiennent pas parole. Trump, le dernier en date.
Les politiciens de parole, qui tiennent parole, c'est beaucoup plus rare. Il me semble que seuls les véritables chefs puissent tenir parole. Il faut alors peut-être aller chercher dans les "grands" de l'histoire. Churchill ("je n'ai rien d'autre à vous offrir que du sang et des larmes")? Staline? Hitler? Je ne sais pas, je suis complètement ignare en histoire.
Il y a enfin les hommes ou femmes de Parole. Ce sont ceux qui donnent l'impression à leurs auditeurs que la parole qu'ils délivrent ne vient pas d'eux, qu'elle les transcende. Ces hommes et femmes de Parole s'adressent directement au haut-cerveau des auditeurs, ils délivrent la Parole en toute humilité, et les auditeurs le ressentent au tréfonds d'eux-mêmes. Ces gens-là ne sont pas des Obélix de la parlotte; ils sont tout autre chose, ils délivrent un discours qui a un sens bien que ce sens soit imperceptible par le bas-cerveau.
Je suis absolument convaincu que Philippe Grasset est un homme de Parole. Mais, bien que je ne le connaisse en aucune manière autre que ce qu'il nous dévoile à travers ses écrits, je suis convaincu que ce n'est pas un politicien.
PhG a ses citations "culte", Steiner, Plotin, etc. J'ai les miennes, Thom bien entendu pour ceux qui me lisent (par dizaines!) et quelques autres dont celle-ci due au lacanien Charles Melman ("L'homme sans qualité"): "La barbarie consiste en une relation sociale organisée par un pouvoir non plus symbolique mais réel".
Selon moi le pouvoir de Trump est un pouvoir réel, uniquement réel. Les masque sont tombés, plus aucune symbolique (depuis longtemps dans le bloc BAO), plus d'imaginaire ni même de virtualisme; rien, nada, nothing; du réel, seulement du réel, de la barbarie à l'état pur.
La question à un euro: y aura-t-il un (ou plusieurs) candidats à la présidence française à s'opposer à la barbarie, un candidat du symbolique**?
Selon moi, il y en a au moins un qui n'en fera pas partie, un qui émerge nettement du lot, une sorte d'Obélix de la barbarie en quelque sorte, passible du jugement "culte" de Lino Ventura dans "Les tontons fligueurs".
* Il n'y a pas de faute d'orthographe
** Voir "Révolutions, catastrophes sociales?", Apologie du logos, René Thom
David Cayla
21/01/2017
M'est avis que l'essence de cette équation surpuissance/autodestruction réside dans cette manie que le Système a toujours eue, et qui a pris une tournure toujours plus obsessionnelle, quiconque pouvait à l'occasion pointer du doigt telle ou telle de ses faiblesses, telle ou telle des erreurs qu'il s'apprêtait à commettre. Toujours plus hostile à ce qu'il considérait non pas comme une opportunité de s'améliorer ou de ne pas gaspiller ses forces, le Système a systématiquement écarté ceux qu'ils percevait ainsi comme des menaces, leur préférant ces si faibles serviteurs, ces zombies-Système vidés de toute substance tant ils ont appris à craindre des fureurs du Système, ses manifestations de toute-puissance toujours plus ombrageuses.
Mais le temps passant, le Système a tracé la voie de son propre anéantissement, n'apprenant plus rien de ses erreurs, ne consolidant plus la moindre de ses fondations vermoulues, rongées par ces innombrables termites dont Il refuse de reconnaître l'existence, persuadé qu'Il est de sa capacité à annihiler toute forme de résistance à sa Surpuissance, son Omniscience, son Omnipotence. Et il s'est terriblement épuisé ces derniers temps à exiger férocement de ses zombies-Système qu'ils éliminent promptement toute forme d'opposition à sa Toute-puissance. Y est-il parvenu le moins du monde en Syrie, dans le Donbass, lors de la campagne présidentielle, ou encore durant la période précédant l'investiture de Trump ? En aucune manière.
Insensiblement, le Système s'est affaibli au point où tout ce qu'il lui restait de puissance - ce qui fait qu'un roi n'est pas seulement craint parce qu'il détient le sceptre royal, le sceptre n'étant là que pour permettre à ses sujets de l'identifier comme étant le roi, dépositaire de l'autorité royale, et capable au besoin de punir promptement quiconque la mettrait en doute (le crime de lèse-majesté) - s'est dissipée (l'entropisation-dissolution chère à Dedefensa) lors des derniers affrontements avec l'alors candidat Trump ou encore la Russie, et la Chine, et le Brexit, et toutes ces crises dont ses serviteurs zombies ne cessent de lui assurer que tout est en ordre ou le redeviendra très vite, eh bien, pour en revenir au début de la phrase, tout ce qu'il lui restait de puissance, c'était son sceptre royal. Et pour une égrégore aussi insaisissable que le Système, son sceptre, ce n'était rien moins que le président des Etats-Unis.
C'était ce qui les lui asservait. Et maintenant, ce sceptre, c'est Trump qui le détient, Trump qui vient de proclamer que le roi est nu. Désormais, le Système peut bien hurler, tempêter, trépigner, exiger qu'on lui obéisse, ce que tout le monde verra, c'est un vieillard impotent, vindicatif, dépossédé des symboles de sa toute-puissance, et réclamant au fond qu'on les lui rende pour que tous soient de nouveau tenus de lui obéir.
Christiane Debrabant
21/01/2017
"qu'est-ce-qui a pu pousser ce milliardaire de 70 ans, installé dans une activité importante et une fortune considérable, entouré d’une famille qui semble le combler, adulé et reçu partout, familier des “grands de ce monde” et des loisirs à mesure, avec des terrains de golf valant ceux d’Obama, à se lancer dans cette aventure épuisante, au risque certain de sa vie, du malheur et de la tragédie"
La réponse est tellement évidente que je m'étonne qu'on n'y pense pas.
A 70 ans ? L'âge des bilans avant le grand saut inéluctable… si près. Qu'a-t-il à perdre ? La vie ? Elle est déjà comptée !
La fortune ? Elle est acquise.
Sa famille, sa femme ? Elles sont là, apparemment bien ancrées.
Quand on a bâtit, lutté, étendu et reconstruit (faillite) ?
Quand on s'est coltiné le monde entier (classes sociales comme cultures étrangères) autant par curiosité intellectuelle que par opportunisme ?
The Donald est un Gémeaux/Verseau, un touche-à-tout, franc-tireur, extraverti, communicateur talentueux, pugnace et même philosophe (il saisit intuitivement l'essence des situations et des gens).
Ses atouts : le public, l'étranger, les femmes, une formidable résilience, son gout de la lutte, rebelle dans l’âme, mais aussi fraternel même s’il peut être cassant.
Qu'est-ce qui pouvait bien encore le titiller pour finir en beauté (peu importe le résultat) ?
A votre avis ?
La seule chose qui pourrait l'atteindre est d'éliminer des êtres qui lui sont chers. Et encore, il est capable de se transformer en bombe humaine !
Dès le départ j'ai cru en la candidature de Donald Trump. Idem du Brexit. Pas seulement à cause des "astres", mais parce que le monde anglo-saxon est voué à l'auto-destruction s'il ne change pas de cap.
jc
21/01/2017
"Le coeur a ses raisons que la raison ignore" (Pascal, Pensées)
Le coeur est une pompe, ce n'est pas là le siège de notre haut-cerveau.
Le siège de notre haut-cerveau c'est le choeur. C'est ça qu'il faut chercher, j'en suis intimement convaincu, si l'on veut répondre à la question de Socrate, "suicidé" par le Système de son temps: "Connais-toi toi-même".
PhG: "Il s’agit de reconstruire la pensée exactement comme, in illo tempore, d’autres que nous bâtissaient des cathédrales. "
https://www.youtube.com/watch?v=bH1s8PcDBEM
Dans une bande annonce un présentateur de France Inter dit que la Belgique a la forme d'un cerveau, d'un bas-cerveau, posé sur la France.
La France a-t-elle un choeur, un haut-cerveau? Je flaire que c'est une question absolument fondamentale. Dans la tempête qui se lève, la France a-t-elle une cohésion suffisante pour résister, pour ne pas se désintégrer?
jc
21/01/2017
Ce qui nous mène c'est le désir. C'est le désir qui donne le bon sens (et l'envie de vivre). La politique de l'offre à tout prix (c'est le cas de le dire!) de notre contre-civilisation marchande, tue le désir. C'est psychologiquement dramatique.
Tous ceux qui ont eu des expériences amoureuses le savent d'instinct: laisser s'installer le manque, la demande, laisser monter le désir pour mieux s'embraser.
Après la formidable inversion que représente, selon mon intuition, le remplacement du bas-cerveau par le haut-cerveau voilà, à mon avis, une deuxième inversion tout aussi fondamentale: il nous faut avoir de la retenue en tout, pour laisser monter le désir, pour nous donner à nouveau le désir de vivre. C'est ça, j'en suis intimement convaincu, le bon sens.
Philippe Grasset a vu le "truc" depuis longtemps:
http://www.dedefensa.org/article/glossairedde-lempire-de-la-communication
L'information-Système, la communication-Système, etc. Il faut, à mon avis, absolument visionner ce que dit Thom à Jean-Luc Godard à ce sujet (40' environ), Thom qui, lui aussi, a vu le "truc": http://www.ina.fr/video/CPC7606652202
J'ose une comparaison que, j'espère, PhG me pardonnera. L'étincelle lui est venue dans la puanteur des charniers de Verdun, l'étincelle d'espoir au fond du pur désespoir.
Dans la puanteur de la presse-Système en pleine décomposition il y aussi des étincelles d'espoir:
"On ne saurait mieux exprimer avec humour le recul des penseurs et la victoire des marchands, qui ont fait de l’homme de Pascal (roseau pensant) un roseau dépensant. " — (Le Figaro, 25 août 2011)
Philippe Grau
21/01/2017
Aujourd'hui sur plusieurs articles "The intercept" de Greenwald est très loin de partager votre enthousiasme en faveur de Trump.
Comme l'expliquait très bien "Moon of Alabama" hier soir Trump est simplement le représentant d'une autre composante des maîtres de l'Amérique. http://www.moonofalabama.org/2017/01/the-not-hillary-president.html#more .
Anti-système peut-être, mais bien malgré lui et pas plus que ne l'aurait probablement été Clinton. Les deux ne sont capables que d'accélérer la crise globale de l'américanisme par leur hubris, différente chez l'un et l'autre en apparence mais pas vraiment sur le fond.
Christian Feugnet
21/01/2017
J'ai dit 'durs Allemands " , ce n'est pas tout à fait vrai . La jeunesse Allemande n'est plus prompte à celà , ils étaient organisés par des Suisses , qu'on prend pour pacifiques , parce que neutres ( mais service militaire quand méme et en permanence et pas figuratif , trés entrainés et motivés les Suisses ) . Interét direct pour eux la proximité de la centrale .
Christian Feugnet
21/01/2017
L'image des limousines avec des cranes rasés m'en évoque une autre où le Temps sortait de ses gonds , celle de la centrale Superphénix , enjeu stratégique multiple .
J'étais sur place ,( y travaillant en temps ordinaire ) , au moment de la manifestation qui a contraint à abandonner le projet sans en avoir l'air .
A ce moment de la "manifestation" , je me suis balladé autour comme observateur . Le site , la centrale étant au bas d'un bassin , se présentait en étages comme la Comédie de Dante , le but : l'enfer , le coeur du réacteur à détruire .
En premiére ligne ,mouvante, des escadrons de durs Allemands , remarquablement organisés et disciplinés qui par endroit reculaient ou avançaient dans un ordre cohérent pour disperser les forces de l'ordre et créer une bréche . Autour en deuxiéme ligne , à portée de Presse , les Français : bravaches et esbrouffe comme à l'habitude . 3e rang les cranes rasés . 4 e diverses couches de badauds . Mais au delà , tout en haut : surprise sur quelques surplombs bien placés , des limousines aussi , mais là des vraies , pas blindées , dont été sortis munis de jumelles , du trés beau linge qui s'égayait au spectacle , dames en robes de soie , hommes en chaussures crocos , personnages de salon , plutot que de lieu de travail ou d'affrontements .
jc
20/01/2017
Je distingue symbolique de diabolique. Le symbole (sumbolon) c'est le beau vase brisé et "recollé" parfaitement, sinon c'est le diabole (diabolon). La perfection n'étant pas de ce monde, un vase infiniment beau, infiniment harmonieux mais brisé ne sera jamais parfaitement "recollé", il sera toujours un peu diabolique.
Nous ne sommes pas parfaits. Si l'on suit Platon la photocopieuse fait toujours des petites erreurs en recopiant, disons, le code génétique et la glaise dont nous sommes faits n'est pas parfaite, elle contient toujours de petites impuretés. Nous ne sommes donc pas symboliques comme le modèle platonicien mais toujours un peu diaboliques.
Pour moi "The question" est de savoir si nous sommes des bons petits diables ou des mauvais petits diables, autrement dit si nous sommes des animaux sociaux, foncièrement bons, ou si l'homme est un loup pour l'homme, foncièrement mauvais.
Aristote et Plotin (et sans doute bien d'autres) ont répondu que nous étions des bons petits diables et Hobbes (et sans doute quelques autres) que l'homme était un loup pour l'homme (struggle for life, point-barre). Je suis intimement convaincu que ce sont Aristote et Plotin* qui ont raison: nous sommes de bons petits diables et ma conviction ne vient pas seulement de la lecture de l'oeuvre de la comtesse de Ségur.
Selon moi, tout le problème de notre civilisation qui se transmue en contre-civilisation vient de là, l' "élite" ayant pris le parti de Hobbes, pour la guerre, donnant ainsi le pouvoir "profond" au lobby militaire. C'est, sans hésitation aucune, un crime contre l'humanité qui a généré (et génère encore) des guerres épouvantables et des tortures psychologiques atroces (portées à leur paroxysme par le TINA de Margaret Thatcher, y a pas d'alternative, mon gars, débrouille-toi avec ça) .
*: La citation suivante revient en leitmotiv dans les textes de PhG: "Mais les autres, ceux qui participeraient de lui et s’y assimileraient, deviennent mauvais, n’étant pas mauvais en soi".
jc
20/01/2017
Non. Je ne ferai pas d'hommage à Philippe Grasset. Le terme d'hommage a un sens précis, ce serait indélicat d'attenter à sa santé, des chevilles qui enflent par exemple.
Lire PhG me rappelle ma jeunesse, quand j'allais à la messe. Il y a dans chacun de ses nombreux, très nombreux textes, le moment de la consécration, de l'élévation, de la majusculation, c'est-à-dire de la portée au concept. Et il y a la conclusion, qui n'est pas une chute, qui intègre le texte dans le cadre de sa vision du monde, acquise grâce(!) à son intuition haute. Et cette conclusion me rappelle le premier évangile de Saint Jean, lu à la fin de chaque messe (années 1950/1960), que j'avais fini par connaître par coeur. Il m'a fallu attendre plus d'un demi-siècle et l'effondrement de notre contre-civilisation pour m'apercevoir que, comme on dit maintenant, c'est du lourd, du très lourd.
Philippe Grasset prend bien soin de dire qu'il ne faut pas, surtout pas, le lire avec des arrière-pensées religieuses (et je suis en parfait accord avec lui). Pour lui Dieu est un symbole absolument nécessaire à la cohésion de la pensée et je ne crois pas dénaturer sa pensée en disant que Dieu est pour lui synonyme d'Inconnaissable et que son intuition haute est que le désir de vivre est indissociable de la soif de connaître, de s'approcher au plus près de l'Inconnaissable.
C'est à cet homme majusculé, à l'Homme qui se cache derrière Philippe Grasset que je rends un hommage majusculé, que je rends Hommage.
jc
20/01/2017
L'idée me semble excellente. Finies les logorrhées insignifiantes, le format l'interdit. Rien que des maximes.
L'idée de Trump est-elle de gouverner par maximes? Trump en Héraclite des temps modernes? J'en doute fort, on le saura très vite.
Je vois plutôt Trump comme un instinctif. Et je pense que son idée est de gouverner à l'instinct, et de faire contrôler son instinct par les "like" de Tweeter. Le gouvernement des USA comme un match de football américain ( Gros titres de la presse-Système: hier les like ont écrasé les unlike, blablabla…)? J'ai bien peur que ce soit ça, son idée. Là aussi on le saura très vite.
Gouverner en faisant appel à l'émotion est-il souhaitable? Mon intuition est que oui. Si cette intuition est correcte cela signifie une formidable révolution, une formidable inversion, cela signifie que c'est notre endo-cerveau, notre haut-cerveau, le "truc" situé du côté de la moëlle épinière, des vertèbres sacrées (sic!), des tripes, je n'y connais rien, a pris la place du cerveau classique, l'exo-cerveau, le bas-cerveau.
Peut-être Trump sera-t-il un jour touché par la Grâce de l'Histoire, devenu un best-seller mondial, et gouvernera-t-il alors par véritables maximes, à la Héraclite, qu'une autre presse, une véritable presse, sera chargée de commenter?
Albert Einstein: "La pire des institutions grégaires se prénomme l'armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang aux sons d'une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu'une moelle épinière le satisfait. Nous devrions faire disparaître le plus rapidement possible ce cancer de la civilisation."
Je suis entièrement d'accord avec les deux premières phrases, mais en complet désaccord avec la suite. Selon moi Einstein a atteint le sommet de ce que l'on peut atteindre avec son bas-cerveau. Chapeau l'artiste. Mais, au flair, si l'on veut élever son niveau de jeu il faut lire René Thom si on se sent un esprit de géométrie et Philippe Grasset si on se sent un esprit de finesse (et pourquoi pas les deux?).
Une maxime de Philippe Grasset: "Il s’agit de reconstruire la pensée exactement comme, in illo tempore, d’autres que nous bâtissaient des cathédrales. "
https://www.youtube.com/watch?v=bH1s8PcDBEM
Rantanplan.
jc
19/01/2017
Texte superbe (un de plus!).
Comme d'habitude il faut lire ce qui suit comme une psychanalyse, comme une tentative de ma part de rangement d'idées brouillonnes.
Tout d'abord un aparté introductif.
Thom: "L'acceptabilité sémantique d'une assertion est un problème ontologiquement antérieur à celui de sa vérité." Autrement dit il faut d'abord se concentrer sur le problème du sens, le problème de la véracité sera examiné ultérieurement.
Il en va de même pour la raison. Selon Thom "la rationalité n'est qu'une déontologie dans l'usage de l'imaginaire". Autrement dit concentrons-nous d'abord sur le sens à donner à une nouvelle vision du monde, la rationalité qui l'accompagne sera examinée ultérieurement.
[On remarquera au passage que cette façon thomienne de voir la rationalité, elle aussi en position ancillaire par rapport au sens, implique la relativité de la raison par rapport à la vision qu'on a du monde (de la même façon que, lorsqu'on se rend, disons, au Japon, la déontologie, la politesse, n'est pas la même que chez nous).]
Exit donc provisoirement la raison. Mais alors comment donner du sens hors de la raison? Un rationaliste dira que c'est impossible. Mais ce n'est pas ce que disent Platon et PhG. Ce n'est pas non plus ce que dit élégamment Pascal: "Le coeur a ses raisons que la raison ignore", justement dans ses "Pensées".
Lorsqu'on tente d'embrasser le monde d'un nouveau regard il y a au moins un point qu'on ne peut voir, c'est le point aveugle, le point où on a placé l'oeil. Selon mon intuition, pour espérer donner un sens à n'importe quelle vision du monde il faut nécessairement symboliser ce point aveugle, ce trou noir de la vision. En géométrie disons plane, l'oeil est placé "à l'infini", le dieu du mathématicien. Peut-être est-ce pour cette raison que le Dieu de l'islam ne peut être représenté et que c'est de là que vient le "Dieu te regarde" des musulmans.
PhG: "Lorsqu’on suggère qu’il faut introduire une dimension spirituelle, il ne s’agit pas de “penser” Dieu (!) avec la raison, ni de “penser” Dieu (!) selon telle ou telle religion, mais d’introduire dans la pensée un élément de spiritualité, ou de sacré, qui constituerait nécessairement une part essentielle de cette pensée et nécessairement la part la plus haute."
On remarquera qu'accepter la compatibilité de nos deux intuitions signifie que notre oeil est sacralisé (symbolisant notre âme?).
On remarquera également que si l'on considère, à la suite des néo-darwiniens, que nous sommes le résultat du hasard, alors c'est lui, le hasard, que nous devons sacraliser à la place de Dieu. Or, étymologiquement, symbolique=signifiant et diabolique=insignifiant. Le hasard, étant par définition insignifiant, se trouve donc diabolique. Puisque l'insignifiant est le contraire du signifiant, nous nous trouvons confortés dans l'idée que l'idée de Dieu est signifiante, qu'elle a un sens.
Pour terminer je voudrais revenir à la citation de Pascal dans laquelle le coeur doit recevoir une interprétation évidemment poétique. Que faut-il mettre à la place du coeur? Le cerveau? Je crois que la tendance actuelle des biologistes est de considérer que le cerveau est un ordinateur et à ce titre susceptible uniquement de "pensées" rationnelles. Donc exit le cerveau.
Je pense que le "coeur" de Pascal pourrait être la moëlle épinière, endo-cerveau (haut-cerveau) siège des émotions, à l'opposé du cerveau classique, exo-cerveau (bas-cerveau), siège de la raison (cf.Antonio Damasio: "L'erreur de Descartes ou la raison des émotions").
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