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Coquilles

Article lié : A Demand for Russian ‘Hacking’ Proof

Stephane Eybert

  18/01/2017

Un tel nombre de fautes de frappes, même pour DeDefensa, c'est une blague. Incroyable. Après plus de 10 ans de lecture fidèle, et une démission de ma part sur la correction des fautes, travail patient que j'avais fais pendant des années, j'ai aujourd'hui la confirmation qu'il s'agit bien de sabotage :-)

Mettre au propre

jc

  18/01/2017

Le problème général du résumé, du processus de pensée qui permet de compacter en une "maxime" une pensée déployée, un peu brouillonne mais que l'auteur juge signifiante, est un problème vraisemblablement difficile car, dans une perspective thomienne qui conçoit le langage à la fois comme une physique et une biologie, ce n'est rien d'autre en effet que le retour au centre organisateur de cette pensée déployée, c'est en biologie le processus de reconstitution de la lignée germinale, l'inverse du processus de déploiement embryologique.

Peut-être la métaphore ci-après pourra-t-elle aider les logocrates, au rang desquels doivent figurer absolument nécessairement à mon avis les constitutionnalistes?

Considérons un billard et une boule lancée au hasard sur ce billard. Sa trajectoire est compliquée, brouillonne. Mais au fond de lui-même le lanceur sait que cette trajectoire est signifiante puisqu'elle est produite par le billard. Trouver la "maxime" pour le problème du billard, c'est trouver la trajectoire la plus pure, la plus simple, la plus fondamentale, celle qui dévoile de manière la plus lumineuse la forme du billard. Cette trajectoire fondamentale est bien entendu le losange dont les sommets sont les milieux des bandes.

La mise au propre peut donc peut-être s'apparenter à ce que les mathématiciens appellent la recherche des valeurs propres et des vecteurs propres d'un opérateur, et en particulier la recherche de la valeur propre fondamentale (en général la plus grande ou la plus petite): lorsque l'on arrive à déplacer son point de vue jusqu'à obtenir un point de vue propre alors tout s'éclaire, tout s'illumine (les mathématiciens parlent de base de vecteurs propres).

Déterminer toutes les valeurs propres et leurs vecteurs propres associés (ce que les mathématiciens appellent le spectre de l'opérateur) est difficile. Mais il y a une méthode simple pour déterminer un vecteur propre fondamental, une "maxime", en faisant fondre la trajectoire initiale chaotique prise au hasard comme on fait fondre un glaçon dans l'eau, par le doux processus de diffusion de la chaleur (et il me plairait que ce soit justement le processus du rêve…).

Ecoutons Grothendieck:

"Prenons par exemple la tâche de démontrer un théorème qui reste hypothétique (à quoi, pour certains, semblerait se réduire le travail mathématique). Je vois deux approches extrêmes pour s’y prendre.

L’une est celle du marteau et du burin, quand le problème posé est vu comme une grosse noix, dure et lisse, dont il s’agit d’atteindre l’intérieur, la chair nourricière protégée par la coque. Le principe est simple : on pose le tranchant du burin contre la coque, et on tape fort. Au besoin, on recommence en plusieurs endroits différents, jusqu’à ce que la coque se casse – et on est content.

Je pourrais illustrer la deuxième approche, en gardant l’image de la noix qu’il s’agit d’ouvrir. La première parabole qui m’est venue `
a l’esprit tantôt, c’est qu’on plonge la noix dans un liquide émollient, de l’eau simplement pourquoi pas, de temps en temps on frotte pour qu’elle pénètre mieux, pour le reste on laisse faire le temps. La coque s’assouplit au fil des semaines et des mois, quand le temps est mûr, une pression suffit, la coque s'ouvre comme un avocat mûri à point. Ou encore, on laisse mûrir la noix sous le soleil et sous la pluie et peut-être aussi sous les gelées de l’hiver.
Quand le temps est mûr c’est une pousse délicate sortie de la substantifique chair qui aura percé la coque, comme en se jouant – ou pour mieux dire, la coque se sera ouverte d’elle-même, pour lui laisser passage. [...]
Le lecteur qui serait tant soit peu familier avec certains de mes travaux n’aura aucune difficulté à reconnaître lequel de ces deux modes d’approche est le mien."






 

Dialogue entre logocrates

Article lié : DIALOGUES-I: projet et présentation

jc

  18/01/2017

J'ai découvert sur ce site, récemment donc, ce qu'était un logocrate*, et mon cheminement personnel m'a amené assez rapidement à me ranger du côté de PhG.

Aussi je pense qu'il pourrait y avoir un autre type de dialogue, autre que celui entre PhG et Jean-Paul Baquiast, cette fois entre logocrates. Avec d'un côté PhG dans le rôle de l'esprit de finesse et moi(?) dans celui de géométrie.

Quand je suis arrivé sur ce site j'ai tout de suite été fasciné par la faconde de PhG parce que c'est pour moi une faconde signifiante (une rare exception selon moi) exprimée avec talent dans notre beau babil babélien, notre belle langue vernaculaire, à savoir le Français.

L'utilisation de l'austère, universel et véhiculaire langage mathématique a permis aux physiciens de compacter considérablement certains savoirs ancestraux, un exemple typique étant la compactification de millénaires d'observations astrales dans les lois de Képler, elle-mêmes compactées dans la loi de gravitation de Newton. Il y a une magie certaine dans le succès (approximatif) de ce compactage et il faut, à mon avis, absolument visionner à ce sujet le début (et plus si affinité) du court-métrage de Godard sur Thom:  http://www.ina.fr/video/CPC7606652202

Steiner citant Maistre:
"“[Maistre] fit valoir la congruence essentielle existant entre l’état du langage, d’un côté, la santé et les fortunes du corps politique de l’autre. En particulier, il découvrit une corrélation exacte entre la décomposition nationale ou individuelle et l’affaiblissement ou l’obscurcissement du langage : ‘En effet, toute dégradation individuelle ou nationale est sur-le-champ annoncée par une dégradation rigoureusement proportionnelle dans le langage… ”

Le Système urine à jet continu des lois (avec des l de plus en plus minuscules), des décrets, des programmes informatiques (JSF, Pentagone,...), de plus en plus inintelligibles. Tout ça ne tient (pour l'instant mais pour combien de temps encore?) que parce que, corrélativement, il renforce sa dictature (prisons, camisoles chimiques, camisoles numériques).

Je "sens" la situation tout-à-fait analogue (mais en bien pire) à celle de Sodome et Gomorrhe avant l'arrivée du "logocrate" Moïse avec ses lois recompactées en dix commandements.

Malgré son universalité le langage mathématique n'est à mon avis pour l'instant d'aucune utilité pour éventuellement aider à formuler de façon compacte les règles de vie des, disons, anglophones. La raison en est que l'acceptation ou le refus par la communauté scientifique d'un théorème mathématique se fait en anglais et non dans le langage mathématique: la caractéristique universelle de Leibniz est toujours en projet…

Aussi le logocrate francophone qui voudrait écrire une constitution compacte et intelligible pour régler la vie de la communauté francophone doit, au jour d'aujourd'hui, se débrouiller sans l'aide des mathématiciens.

Je pense que le logocrate "fin" n'a d'autre choix que de s'exercer à compacter sa pensée, s'exercer à l'art de la maxime. Il n'y a selon moi pas d'autre issue en l'état actuel du langage mathématique.

Certains ont l'art de la formule qui "fait mouche". Audiard par exemple ("Les cons ça ose tout…").
Mon regretté père, qui avait le sens de la répartie, avait coutume de dire: "Plus les gens sont cons, moins il s'en aperçoivent" qu'il concluait d'un "C'est un miracle, c'est pour ça que je crois en Dieu". Une sélection naturelle "haute", en quelque sorte…

* J'ai bien fait de consulter seulement plus tard les encyclopédies-Système car j'aurais peut-être fui…




 

Une lumineuse évidence?

Article lié : DIALOGUES-I: projet et présentation

jc

  17/01/2017

Nous avons cinq sens et nous percevons le monde grâce à eux. C'est ce qu'on m'a appris.

"Je ne crois que ce que je vois" disait Saint Thomas. On sait maintenant qu'il avait tort puisque notre vue est augmentée grâce à des instruments qui permettent de "voir" dans l'infra-rouge et dans l'ultra-violet.

Quand on "sent" quelque chose qui n'est pas perçu par nos cinq sens on parle de sixième sens.

Pourquoi ne pas modifier ce qu'on nous a appris en "Nous avons conscience d'avoir cinq sens" et, dans la foulée, pour se mettre en conformité avec ma "définition" de l'intelligence, pourquoi ne serait-ce pas "Tout être vivant a une infinité de sens", le problème étant qu'il n'en a pas nécessairement conscience.

Le problème de l'évolution humaine serait alors d'augmenter le nombre de sens dont il a conscience. Ce serait une belle revanche de l'inconscient, massacré par le Système.

Actuellement nous avons conscience d'avoir cinq sens. Potentiellement nous en avons (peut-être) une infinité.
Aristotélisme de comptoir?

Le roseau pensant

Article lié : DIALOGUES-1: Question(s) de sens

jc

  17/01/2017

Exemple de discours "sacré" (selon moi):
       "L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.
        Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale." — (Blaise Pascal, Pensées)

Je trouve cette symbolique du roseau très forte, en parfaite adéquation avec la façon dont je vois les choses. Car pour moi le roseau symbolise parfaitement la stabilité structurelle.
En effet lorsqu'on pense à la stabilité, vient immédiatement à l'esprit la stabilité statique, typiquement la maison avec de solides murs et une solide charpente. La stabilité métabolique est (beaucoup!) plus difficile à imaginer et donc à symboliser (et à mathématiser!). Je crois que le roseau est particulièrement adéquat car il tire sa stabilité de son insensibilité aux déformations, de son adaptabilité aux agressions extérieures; son corps plie mais son âme reste inflexible.

Je crois qu'il faut faire l'analogie entre ce Système à l'agonie et une bête revenue à l'état sauvage, perdue, terrorisée qu'il faut calmer et apprivoiser, comme dans le film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux".
Il me semble absolument indispensable que la bête furieuse n'ait aucune prise sur son "dompteur", aucune raison de l'attaquer. D'où cette idée de roseau à laquelle j'ajouterai ce qui suit.

Il faut de plus, pour les mêmes raisons, être parfaitement inoffensif. C'est-à-dire pas du tout offensif, pas du tout "struggle for life" pour ne pas du tout rentrer dans son jeu. Et également pas du tout offensant, là aussi pour ne pas du tout, là aussi, rentrer dans son jeu.

Voilà, selon moi, la stratégie à adopter face à la "bête", décrite avec justesse par "Le Figaro":
"On ne saurait mieux exprimer avec humour le recul des penseurs et la victoire des marchands, qui ont fait de l’homme de Pascal (roseau pensant) un roseau dépensant. — (Le Figaro, 25 août 2011)




 

Kissinger le Retour

Article lié : Pékin-sur-Davos, ou le chant(re) du globalisme

Christian Feugnet

  17/01/2017

Certes la com occidentale nécessite une Chine Impériale par le commerce , la finance et la conquéte ,comme elle méme  , du coup c'est lui ou moi .
Est il bien nécessaire de passer de la Diabolisation de la Russie à celle de la Chine .
D'abord la Russie n'est pas ce qu'on croit il existe un fort courant  d'occidentalisation , la condition de Slave ( esclave ) c'est pas drole . Le pb pour les Russes comme pour les Chinois est de s'ouvrir sans tomber dans la dépendance mais où mettre le curseur ?
La Chine Impériale est fondamentalement paysanne ( pas agriculteur , paysan c'est un rapport social , pas  professionnel ) , ce que Mao Tse Toung comme les ex fondateurs de dynasties ont fort bien compris .
La Chine "Impériale" , se méfie fondamentalement du commerce et de la finance qui y ont été toujours controlé par des étrangers ( Turcs , Thibétains , Mongols ,  Chinois d'outre mer ) . Ces étrangers ont toujours cherché à prendre le pouvoir et y amener dévastations . Ce qui sera représenté à Davos , c'est ce que nous aimerions que la Chine soit .
 

Chine et USA

Article lié : Pékin-sur-Davos, ou le chant(re) du globalisme

Jean-paul Baquiast

  16/01/2017

Je pense que ce serait aller un peu vite en spéculant, comme le font les auteurs cités ( et peut-être aussi Ph. Grasset), sur une prochaine rupture de la Chine avec la Russie, arguant de la volonté de Xi de devenir le premier acteur mondial dans la globalisation, en coopération avec les US.
Chine et Russie partagent dans la perspective de l'Eurasie des intérêts de bien plus long terme que ceux qui seront évoqués à Davos. Voyez mon article http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2431&r_id=&t=Trump%20ne%20pourra%20pas%20compromettre%20l%27alliance%20russo-chinoise
De plus je ne vois pas comment la Chine pourrait coopérer en profondeur avec les US, compte tenu des antagonismes économiques dont l'exploitation fera la fortune de Trump.
Mais d'accord pour revoir la question compte tenu des éléments nouveaux que nous pourrons avoir, notamment en lisant Dedefensa, qu'il faut à nouveau remercier

Tacite...reconduction

Article lié : Comment l’empire US plagie l’empire romain

Auguste Vannier

  16/01/2017

Torturé par les interminables exercices scolaires de version latine, j'ai fini par exécrer l'auteur préféré de mon prof de latin. Même pas eu envie de lire les bonnes traductions disponibles du grand Tacite. A quoi tiennent des lacunes culturelles…à peine compensées par la lecture assidue des aventures du petit gaulois récalcitrant.
Toujours est-il que cette ouverture libre me motive fortement à une reconduction… vers Tacite, qui semble bien avoir posé il y a longtemps les lois universelles de l'évolution impérialiste.

Complément

Article lié : DIALOGUES-I: projet et présentation

jc

  16/01/2017

@ Jean-Paul Baquiast

De façon tout à fait marginale par rapport à ma question "fondamentale", que pensez-vous

1: du transhumanisme et de la singularité technologique? (mes seules "connaissances" viennent d'un parcours rapide des fiches Wikipédia à ces sujets)?

2: des travaux de Paul Jorion en intelligence artificielle, c'est-à-dire de son livre "Principes des systèmes intelligents" dont les premiers chapitres sont disponibles sur son blog à la rubrique IA?
Jorion est un fervent nominaliste. Il fait explicitement appel au concept biologique de "chréode" dû à Waddington et mathématisé par Thom. Si vous ne l'avez pas lu, je pense que de parcourir les chapitres I, II, IV, X et XII vous donnera une idée suffisante pour vous forger une opinion.
 

Démiurgie et herméneutique, Thom et Grothendieck

Jean-claude Archer

  16/01/2017

Thom s'affiche herméneute: son oeuvre profane (et dorénavant pour moi sacrée) consiste à de nous guider, à nous montrer comment repérer et interpréter les signes que nous envoie la nature.
C'est pour moi un philosophe réaliste, une sorte de synthèse d'Aristote et de Platon (avec une nette préférence de coeur pour Aristote). C'est quelqu'un comme nous, certes avec une intuition haute, très haute, mais quand même comme nous, qui s'adresse à nous.

Je ne connais rien de l'oeuvre de Grothendieck. Mais je le perçois comme un démiurge, comme un philosophe idéaliste, dans la lignée de Pythagore, comme quelqu'un qui ne s'adresse pas à nous, commun des mortels…

Thom est au fond de la caverne de Platon et nous explique ce que signifient les ombres que nous, commun des mortels, y voyons.
Grothendieck en est sorti.

Au IVe siècle avant notre ère, Platon suppose dans son Timée, que la cause première de l'univers et son créateur sont un bon et sage "démiurge".

Qu'est-ce que l'intelligence?

Article lié : DIALOGUES-I: projet et présentation

jc

  16/01/2017

@ Jean-Paul Baquiast

Je propose la définition suivante: l'intelligence est l'aptitude à penser l'infini (dans le politiquement correct du XVIIème, c'est l'aptitude à penser Dieu).

Je pense que tout être vivant est intelligent selon cette définition. Le problème est qu'il n'en a pas toujours conscience.

J'ai indiqué ailleurs sur ce site que ce qui différencait un informaticien d'un mathématicien est que le second pensait professionnellement l'infini et non le premier: zéro, un pour l'informaticien, zéro, un , infini pour le mathématicien.
Et j'ai fourni à l'appui un texte que je range a priori dans la catégorie des textes sacrés, a priori parce que je n'y comprend rigoureusement rien: "Le groupe fondamental de la droite projective moins trois points", les trois points retirés étant zéro, un et l'infini:
https://pdfs.semanticscholar.org/4bcf/826c97ed7963930bb11ebeac4efa0dea1a18.pdf

S'il s'avère que les mathématiciens de ce niveau soient la future "élite profonde" de la société à venir, alors il y aura une sélection naturelle, sélection que je ne vois pas nécessairement darwinienne.

Pensez-vous qu'un jour un automate pourra devenir intelligent en ce sens?

 

Le profane et le sacré

Article lié : DIALOGUES-3 : Le “grain de sable divin”

jc

  16/01/2017

 Il y a une musique profane et une musique sacrée.
Il y a une architecture profane et une architecture sacrée.
Il y a une littérature profane et une littérature sacrée.

Il y a une abondante littérature mathématique. La nouveauté, peut-être, est de se poser la question s'il y a en mathématiques, à faire cette différenciation.

Je suis personnellement convaincu que l'oeuvre de Thom, que je connais un peu, fait partie de la littérature sacrée, et que celle de Grothendieck, que je ne connais pas du tout, également.

Je pense que les guerres de religions ont été pour beaucoup dans l'abandon, n Occident, des religions d'état et dans l'avènement d'un athéisme, voire d'un nihilisme pu et simple.

Peut-être les mathématiques vont-elles s'avérer comme un tronc commun à toutes les religions?

L'effondrement en cours de notre contre-civilisation et le retour du religieux nous remet face au terrible danger du retour aux guerres de religion. Les mathématiques peuvent-elles nous sauver?

C'est ce que prophétise Thom (sa parole est dorénavant pour moi sacrée…):
"Les mathématiques sont le jeu signifiant par excellence, par lequel l'homme se délivre des servitudes biologiques qui pèsent sur son langage et sa pensée et s'assure les meilleures chances de survie pour l'humanité."



 

Eclaircissement

Article lié : DIALOGUES-1: Question(s) de sens

jc

  16/01/2017

Il n'y a pas de piano, seulement un violon à quatre cordes G,C,A,T.
L'apprenti-compositeur gratouille les cordes du violon. Si le son lui plaît alors il le mémorise sur sa partition.

Il y a un érotisme évident dans tout ça, pas un érotisme à deux balles,  un érotisme-Système, mais un érotisme majusculé, un Erotisme "sacré".

Je suis convaincu que ç'est d'ailleurs chanté par les poètes depuis la nuit des temps.

On remarquera que, dans la métaphore ci-dessus, la partition n'a pas le rôle principal. En accord avec ce que pense Thom:
"Le génome n'est pas le métabolisme global. Il n'est que la partie fixe de ce dernier. il est donc le résultat du mécanisme global et non l'inverse."

Hylémorphisme mathématique

Article lié : DIALOGUES-1: Question(s) de sens

jc

  15/01/2017

J'ai vu parfois sur les portails des "Attention chien en psychanalyse" qui me plaisent bien.
Donc attention à ce qui suit: Rantanplan est en psychanalyse!

Thom, en conclusion de "Stabilité structurelle et morphogénèse" écrit: "La mathématique est le jeu signifiant par excellence, par lequel l'homme se délivre des servitudes biologiques qui pèsent sur son langage et sa pensée et s'assure ainsi les meilleures chances de survie pour l'humanité".

Le but visé étant de tenter d'expliquer à des non mathématiciens ce que, à mon avis, recherchent, peut-être inconsciemment, les mathématiciens "purs", je vais personnaliser la chose. Le joueur est un arithméticien qui babille et la signification de son babil lui est expliquée par sa mère, Mère Nature, une géomètre. Pour les non mathématiciens le joueur est un apprenti-compositeur et Mère Nature est un violon. La forme tentant d'animer la matière, matière qui ne "vibre" qu'à certaines compositions, vibration signifiante, c'est-à-dire qui donne une signification. Voilà, selon moi, l'hylémorphisme aristotélicien restreint aux mathématiques.

Au fronton de l'académie platonicienne était, paraît-il, écrit: "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre." Dans une perspective aristotélicienne, il aurait, selon moi, fallu inscrire: "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre ou arithméticien". Ce qui signifie, pour les non mathématiciens: "Que nul n'entre ici s'il n'est musicien ou architecte". Et, puisque selon Aristote, la matière est indissociable de la forme: "Que nul n'entre ici s'il n'est musicien et architecte".

Quelques mots sur le babil de l'apprenti-compositeur. Supposons qu'il ait à sa disposition un piano à quatre touches, notées, pour fixer les idées, par les lettres G, C, A, T (Guanine, Cytosyne, Adénine, Thymine). Certains groupements de sons lui plaisent, il tente de les reproduire, et sa mère l'y encourage.  

Pour les matheux, groupements, groupes, groupes de Coxeter*, etc.

Et le violoniste dans tout ça?
De même que PhG cite en leitmotiv Plotin et Steiner, Thom cite Héraclite: "Le Maître, dont l'oracle est à Delphes, ne montre ni ne cache, il signifie". Autrement dit: Mère Nature nous envoie des signes, à nous de les l'interpréter.
Le joueur de violon, l'interprète, c'est chacun d'entre nous.


*:  Groupes de Coxeter. Ce sont des groupes de réflexion, des think tanks, susceptibles d'une définition formelle et d'une définition matérielle, ce qui permet à la mère et à l'enfant de se comprendre:    https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_Coxeter

Es schwindle ...

Article lié : Humeur de crise-30

Christian Feugnet

  15/01/2017

Juste un mot pour la traduction . çà peut effectivement donner " la téte me tourne" . Mais littéralement Lénine dit : çà tourne .  D'autant qu'il s'adressait à Trotsky et en Allemand , celà avait une lourde signification politique . Pour exprimer un sentiment personnel spontanément , il me semble que le Russe s'imposait .
Des erreurs de traduction comme çà j'en ai vu plus d'une , certaines extrémement grossiéres , mais toutes "bien"  orientées .