jc
10/05/2017
Je pense que la réconciliation des NATIONS européennes après la révolution française, les guerres napoléoniennes et les deux guerres mondiales est une tâche impossible. La politique de la main tendue de De Gaulle à Adenauer, la CEE, l'Europe marchande, ne peuvent cicatriser ces terribles plaies inter-nations*. Car une réconciliation d'élites ne peut fonctionner puisque que ce sont elles qui ont provoqué ces désastres.
* L'effacement des nations au profit des régions voulue par Bruxelles non plus, évidemment.
J'ai été frappé par la remarque suivante, faite par Paul Valéry au sortir de la première guerre mondiale:
"La guerre, c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas."
Un instant de réflexion suffit alors pour voir que la clé est peut-être là: les gens qui peuplent l'Europe n'ont aucune raison de se massacrer. Ce sont les élites qui les ont manipulés pour les amener à se détester et se combattre ("Qu'un sang impur abreuve nos sillons…").
Ma conclusion: Une Europe pacifiée et pacifique ne peut être qu'une Europe des peuples.
jc
10/05/2017
Jeanne d'Arc/Marine Le Pen,
Charles VII/Macron-Europe de Bruxelles,
Cauchon/Londres-Francfort-Finance internationale.
jc
10/05/2017
L'Europe a d'abord été peuplée de peuplades. Rome les a soumises et unifiées. Ensuite il y a eu l'empire romain germanique. Puis vint la révolution française et l'esquisse d'une Europe des nations: Napoléon. Violente secousse sismique avec répliques non moins violentes: deux guerres mondiales.
Echec de l'Europe des rois. Echec de l'Europe des nations (avec ses terribles guerres "technologiques"). Essai d'une Europe marchande, CEE, Europe de Bruxelles. Margaret Thatcher, dérive ultra-libérale; Emmanuel Macron, ubérisation.
Montée des populismes. Europe des pauvres face à l'Europe des riches. Europe d'une l'élite face à l'Europe des peuples. Margaret Thatcher dame de fer face à Marine Le Pen dame de granite.
Essai d'une Europe des peuples.
Principe: Economie domestique (Oeconomia d'Aristote). Mondialisation stratifiée (par opposition à la globalisation sauvage, ultralibérale). Typiquement Maison Bretagne, Maison France, Maison Europe, Maison Monde. Corrélativement circulation CIVILISEE des personnes, des biens et des capitaux (par opposition à leur circulation SAUVAGE imposée par le délire ultra-libéral).
Bertold Brecht disait: "Si le peuple vote mal alors il faut changer de peuple." Ce n'est bien entendu pas comme cela que ça se passe: on ne peut changer de peuple. Par contre on peut se débarrasser d'une élite, telle l'actuelle qui porte en elle le germe ultralibéral de son auto-destruction.
Gérard Couvert
09/05/2017
Un echo à cet article daté du même jour : http://www.bvoltaire.fr/drahi-a-vote/
jc
09/05/2017
Pour moi les symboles sont des graines. Des graines qui germent et se développent quand le terrain est fertile, compétent.
Je pense qu'en politique la symbolique est très importante. De Gaulle savait manier le symbole. Depuis lors nos présidents de la république sont des régisseurs, des comptables. Seul, peut-être, Mitterrand. Et encore! Je l'ai trouvé un peu ridicule avec sa rose à la main seul au panthéon en 1981.
Margaret Thatcher symbolise le TINA: c'est la dame de fer qui interdit toute alternative à l'ultra-libéralisme, à la sacro-sainte libre circulation des personnes, des biens et des capitaux (surtout des capitaux, bien sûr). Rôle qui, je trouve, lui allait comme un gant.
Je verrais bien Marine Le Pen comme la dame de granite symbolisant l'anti-TINA: je la sens comme en ayant la stature.
Marine/la mer, Le Pen/la pointe, la pointe du Raz et son granite. Tout ce qui faut pour qu'elle trace des perspectives depuis l'île de Sein.
Charles de Gaulle, l'appel du 18 Juin 1940. Les 133 pêcheurs de Sein qui rejoignent dans les îles britanniques la résistance française à la barbarie nazie.
Un discours à Sein de la dame de granite annonçant son départ du FN, en même temps que Charles de Gaulle, le petit fils, et la création d'un nouveau parti "France Immortelle", un parti d'opposition au fascisme en col blanc qu'est devenu l'Europe de Bruxelles soumise à la finance internationale.
Un discours à Sein de la dame de granite, arrivée à bord du puissant remorqueur de haute mer "Abeille Bourbon", annonçant la création d'un "front des pauvres" en vue de gagner les élections législatives du 18 Juin, face au "front des riches" emmené par Emmanuel Macron, capitaine-moussaillon du pédalo légué par son prédécesseur.
Un discours à Sein de la dame de granite, assistée d'un anglais, d'un gallois, d'un écossais et d'un irlandais arrivés sur l'alter ego britannique de l'Abeille Bourbon, amarré à couple de celui-ci, annonçant la création d'une autre Europe, écologique, pacifiée et pacifique, pour commencer des cinq nations représentant les deux seules puissances nucléaires de l'Europe actuelle et ses deux seuls membres au conseil de sécurité de l'ONU. Et proposant de symboliser cette autre Europe par le drapeau blanc fleur de lys des Bourbon orné de cinq abeilles napoléoniennes.
Etc.
Franck du Faubourg
09/05/2017
Offrons à Boualem Sansal l'acronyme utilisé dans les bistrots: démocrature
Après avoir relu les bonnes pages de Propaganda, de Bernays, et médité sur son "Entreprise Démocratie" (la manipulation délibérée et intentionnelle du comportement et des attitudes des masses est un élément essentiel de l'Entreprise Démocratie..), utile pendant les élections, nous pouvons maintenant nous instruire paisiblemement avec les conférences d'Annie Lacroix-Riz:
https://www.youtube.com/watch?v=R9LtiwvHcaY
En attendant le retour du Baton.
Nicolas Prenant
09/05/2017
Permettez moi d'applaudir à mon tour votre prose implacablement juste.
François Jéru
09/05/2017
parfaite synthèse, bien fondée, superbement écrite
Félicitations
Disciple égaré
09/05/2017
Merci cher DDE de ce texte qui met des mots sur mon sentiment d'incrédulité quant aux résultats de dimanche soir.
jc
09/05/2017
I. "En marche"
1. Pro:
"En marche, marchands, marchons vers le marché"
2. Anti:
"Marchons… Marchons… Que le sang des vaincus de la globalisation goutte sur nos bottillons."
II. Intronisation
1. Pro
Emmanuel premier gouvernera la France par ordonnance, pour respecter l'ordre ordo-libéral allemand, dans le but d'achever l'Europe allemande symbolisée par la neuvième symphonie de Beethoven.
2. Anti
Le Louvre symbolise la soumission au pouvoir temporel de Bruxelles, la pyramide la soumission au pouvoir "spirituel" de la finance internationale.
L'estrade et l'échafaudage qui supporte les sunlights symbolisent l'échafaud médiatique sur lequel Macron montera lorsqu'il aura été reconnu coupable de haute trahison.
Jean-paul Baquiast
09/05/2017
En France, vous seriez désormais poursuivi pour offense an chef de l'Etat. Idem hélas pour notre ami Philippe Grasset
jc
09/05/2017
Selon moi le front anti-Macron doit être un FRONT POPULISTE. Mais, au contraire du front populaire de 1936 qui fédérait uniquement des partis de gauche, le FRONT POPULISTE de 2017 doit fédèrer DES PARTIS DE GAUCHE ET DE DROITE À PARTIR DES EXTRÊMES (typiquement, dans une assemblée parlementaire cyclique et non plus hémicyclique, Christine Boutin,extrême droite s'occupant des "pauvres de droite", siège à côté de Philippe Poutou, extrême gauche s'occupant des "pauvres de gauche"). En 2017 il ne doit y avoir, à mon avis, aucune objection pour quelqu'un d'extrême droite (au sens ci-dessus) à reporter sa voix sur quelqu'un d'extrême gauche (et réciproquement). Au contraire.
Selon moi, ce front populiste n'a pas d'avenir hors d'une fédération qui s'amorce par les extrêmes: typiquement une chaîne Le Pen-Boutin-Poutou-Mélenchon sur laquelle viennent se greffer Dupont-Aignan, des LR anti-Macron, des écologistes anti-Macron (Eva Joly?), des PS anti-Macron, des nouveaux partis "jeunes".
L'Europe nous regarde. Nous devons lui montrer qu'il y a les prémisses d'une alternative réaliste au TINA qui prendra corps en France le 18 Juin.
François Cartan
08/05/2017
Je viens d'écouter le début de l'émssion d'ERTV "L’Heure la plus sombre n°77" sur la soirée d'hier.
L'analyse des "Macron Leaks" décrit bien la sociologie de l'entourage de Macron avec son idéologie ainsi que sa psychologie qui vont aujourd'hui de paire.
C'est parfait, ainsi, cette génération disparaîtra aussi avec les vieux manipulateurs lors de la prochaine crise qui sera , à mon avis, en premier financière.
Ni Ando
08/05/2017
Dans un ouvrage allemand commis en 1997 par Hans-Peter Martin et Harald Schuman "Le piège de la mondialisation" (Acte Sud) les auteurs rappelaient démonstration à l'appui que la mondialisation, fait qui n'a rien de nouveau dans son essence (ce qui n'est pas le cas de ses modalités aujourd'hui), avait pour effet inéluctable de faire apparaître au sein même des sociétés qui y participent la fracture riches/pauvres qui jusqu'ici séparaient les nations entre elles. Ce processus fait apparaître des groupes de gens qui ont des intérêts divergents au sein d'une même société. C'est une lapalissade de rappeler que c'est là exactement l'origine du phénomène Donald Trump (recul de l'espérance de vie de la classe moyenne blanche des vieilles zones industrielles étasuniennes), du Brexit (désespérance des zones industrielles du nord de l'Angleterre) et du Front National en France (la carte des départements où ce mouvement obtint ses meilleurs scores au premier tour de la présidentielle de 2017 coïncide quasi parfaitement avec celle où traditionnellement les taux d'emploi industriels dans la population active sont les plus élevés). Coralie Delaume et David Cayla rappellent dans leur ouvrage récent "La fin de l'Union Européenne" que la logique qui sous-tend la "mondialisation est classique et ancienne. Lorsque les mouvements de personnes, de capitaux et de marchandises sont libres et sans entraves ils favorisent immanquablement les centres les plus riches et les plus développés qui pompent littéralement les ressources de leurs zones d'activité. C'est un facteur de progrés quand ce phénomène se produit au sein d'entités nationales qui sont politiquement capables de redistribuer la richesse des centres développés vers les zones ainsi défavorisées, ne serait-ce que pour des raisons de cohésion nationale. Rien de tel aujourd'hui au sein de l'UE où si les mouvements de personnes, de capitaux et de marchandises sont libres et sans entraves il n'existe aucun mécanisme direct de redistribution. L'Allemagne prospère à mesure que l'Italie, l'Espagne, et désormais la France, stagnent ou s'enfoncent dans le marasme.
Dans un éloge panégyrique de Macron deux journalistes militants de La Tribune indiquent que "Emmanuel Macron a un projet et un programme. Il est « en même temps » libéral et social. Il prévoit des réformes profondes, du marché du travail, de l'assurance-chômage, pour libérer l'initiative et l'emploi, qui ne seront pas facile à faire accepter aux salariés et aux chômeurs ; mais aussi de nouveaux droits, de nouvelles sécurités pour tous. Ce projet est clairement européen : il veut une France forte dans une Europe forte, une France qui balaye devant sa porte et fait les réformes nécessaires pour être crédible dans son dialogue avec l'Allemagne". http://www.latribune.fr/opinions/editos/voter-macron-oui-mais-pour-quoi-faire-705709.html
Les Français auraient donc choisi le 7 mai pour les gouverner un homme de 39 ans, énarque et inspecteur des finances, jamais élu auparavant et n'ayant jamais rien prouvé si ce n'est son entregent et sa maîtrise toute relative des concepts à des fins marketing. La filière de formation dont il est issu n'est guère reputée pour sa capacité à stimuler créativité et imagination, encore moins une quelconque tendance révolutionnaire. Par contre, elle fait naître une certaine arrogance, un égo vite boursouflé avec ce qu'il faut cependant de retour sur soi pour savoir le dissimuler, et par-dessus tout, un conformisme bien ancré. A l'heure de choisir le nom de son mouvement le choix de M. Macron s'est probablement arrêté sur "Emmanuel Macron" mais cette fatuité aurait fait sourire. On a donc choisi "En Marche" (plutôt qu'"Endive Molle" par exemple). Ne reste souvent que l'acronyme EM. Le 7 mai 2017 EM n'a obtenu que 44% du vote des inscrits malgrés un système médiatique acquis à sa cause. http://elections.interieur.gouv.fr/presidentielle-2017/FE.html
En réalité, il faut soustraire de ces 44% les votes de ceux qui entendaient "faire barrage" au FN sans pour autant adhérer à EM. Nous sommes alors plus prés de 20% que de 44%. http://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/second-tour-81-des-inscrits-ne-veulent-pas-de-macron
Le cocasse de la chose est que pour faire "barrage au Front National", qui est la conséquence d'un problème structurel, il est demandé de soutenir un mouvement EM qui va accroître l'intensité de ce problème. Quand l'horizon intellectuel des supporters d'EM se limite à celui de leurs smartphones. Faudra t-il faire aussi "barrage à EM "?. Cette succession de barrages comme seul horizon politique risque de devenir lassante.
Ni Ando
07/05/2017
La France semble saisie de macronite aigue, enfin, non pas la France, mais la presse d'opinion qui à l'instar de 2012, quand il s'est agit de vendre le produit Hollande à l'opinion, refait la même chose avec le produit Macron en 2017, entre 500.000 et un million de chômeurs plus tard (tout dépend du périmètre retenu) . Il y a dans le processus une nouvelle différence. On parle désormais de "vote de classe". C'était sans doute un non-dit lors des votes précédents. Maintenant, j'entends dire ouvertement que si vous exercez tel ou tel métier alors vous appartenez à telle ou telle classe et devez donc voter comme votre "classe". Ce qui est nouveau c'est que cette recommandation n'est plus faite par de vieux marxistes échoués sur les rivages de la présidentielle de 2017 mais par des gens éduqués des couches dites intellectuelles supérieures du pays. Certes, les classes, et que devient la nation ? Quelque chose est en train de changer en France. Francois Ruffin n'est pas content. La feuille d'opinion Le Monde, qui a la hantise constante de vouloir faire croire qu'elle est journalistiquement pluraliste, a eu la bienveillance de publier sa tribune, pleine d'amertume et d'inquiétude.
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François Ruffin : « Lettre ouverte à un futur président déjà haï ». Le réalisateur estime qu’Emmanuel Macron suscite, dès avant son éventuelle élection, l’hostilité dans les milieux populaires et s’inquiète de l’incapacité du candidat à en prendre la mesure.François Ruffin (Candidat « Picardie debout ! » dans la Somme, soutien de Jean-Luc Mélenchon).
"Monsieur Macron, je regarde votre débat, ce soir, devant ma télé, avec Marine Le Pen qui vous attaque bille en tête, vous, « le candidat de la mondialisation, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous », et vous hochez la tête avec un sourire. Ça vous glisse dessus. Je vais tenter de faire mieux.
D’habitude, je joue les petits rigolos, je débarque avec des cartes d’Amiens, des chèques géants, des autocollants, des tee-shirts, bref, mon personnage. Aujourd’hui, je voudrais vous parler avec gravité. Vraiment, car l’heure me semble grave : vous êtes détesté d’emblée, avant même d’avoir mis un pied à l’Elysée.
Lundi 1er mai, au matin, j’étais à la braderie du quartier Saint-Maurice, à Amiens, l’après-midi à celle de Longueau, distribuant mon tract de candidat, j’ai discuté avec des centaines de personnes, et ça se respire dans l’air : vous êtes haï. Ça m’a frappé, vraiment, impressionné, stupéfié : vous êtes haï. C’était pareil la veille au circuit moto-cross de Flixecourt, à l’intuition, comme ça, dans les discussions : vous êtes haï. Ça confirme mon sentiment, lors de mes échanges quotidiens chez les Whirlpool : vous êtes haï. Vous êtes haï par « les sans-droits, les oubliés, les sans-grade » que vous citez dans votre discours, singeant un peu Jean-Luc Mélenchon. Vous êtes haï, tant ils ressentent en vous, et à raison, l’élite arrogante (je ne vais pas retracer votre CV ici).
Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale. Vous n’entendez pas le grondement : votre heure, houleuse, sur le parking des Whirlpool, n’était qu’un avant-goût. C’est un fossé de classe qui, face à vous, se creuse. L’oligarchie vous appuie, parfait, les classes supérieures suivent.
Il y a, dans la classe intermédiaire, chez moi, chez d’autres, encore un peu la volonté de « faire barrage », mais qui s’amenuise de jour en jour, au fil de vos déclarations, de votre rigidité. Mais en dessous, dans les classes populaires, c’est un carnage. Les plus progressistes vont faire l’effort de s’abstenir, et ce sera un effort, tant l’envie les taraude de saisir l’autre bulletin, juste pour ne plus vous voir. Et les autres, évidemment, le saisiront, l’autre bulletin, avec conviction, avec rage.
Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Et c’est dans cette ambiance électrique que, sans concession, vous prétendez « simplifier le code du travail par ordonnances ». C’est dangereux. Comme si, le 7 mai, les électeurs vous donnaient mandat pour ça.
Dimanche 30 avril, sur France Inter, une électrice de Benoît Hamon regrettait votre « début de campagne catastrophique », votre « discours indigent », votre « dîner à La Rotonde », votre manque d’« aise avec les ouvriers ». Nicolas Demorand la questionna : « Et vous allez voter au deuxième tour, Chantal ? » « Plus c’est catastrophique, plus je vais y aller, parce que j’ai vraiment peur de l’autre », lui répondit l’auditrice en un fulgurant paradoxe.
A cet énoncé, que répliqua votre porte-parole, l’économiste Philippe Aghion ? Il recourut bien sûr à la tragique Histoire : Shoah, négationnistes, Zyklon B, Auschwitz, maréchal Pétain. En deux phrases, il esquissa toute l’horreur du nazisme. Et de sommer Chantal : « Ne pas mettre un vote, s’abstenir, c’est en fait voter Mme Le Pen. Il faut que vous soyez bien consciente de ça. » Contre ça, oui, qui ne voterait pas ?
Mais de ce rejet du pire, vous tirez un blanc-seing. Votre économiste parlait, le 30 avril, comme un missionnaire du FMI : « Réduire la dépense publique », « les coupes d’abord dans le social », « sur l’assurance-maladie », « la tarification à l’acte », « l’assurance-chômage », « les collectivités locales ». Tout y passait.
Et d’insister sur le traitement de choc : « C’est très important, le calendrier, il faut aller très vite. Il faut miser sur le capital politique de l’élection pour démarrer les grandes réformes dès le début, dès le début. Quand on veut vraiment aller vite sur ces choses-là, je crois que l’ordonnance s’impose. Je vois la France maintenant, un peu un parallèle avec l’après-guerre, je crois que nous sommes à un moment semblable à la reconstruction de 1945. » Rien que ça : la comparaison avec une France à genoux, qui a servi de champ de bataille, qui n’avait plus de ponts, plus d’acier, plus d’énergie, bref, ruinée, alors que le CAC 40 vient, cette année, de verser des « dividendes record » aux actionnaires.
Mais de quel « capital politique » parlez-vous ? La moitié, apparemment, de vos électeurs au premier tour ont glissé votre bulletin dans l’urne moins par adhésion à votre programme que pour le « vote utile ». Et pour le second, si vous obtenez la majorité, ce sera en souvenir d’Auschwitz et du « point de détail ». Des millions de Français ne se déplaceront pas, qui ne veulent pas choisir entre « la peste et le choléra », qui vous sont d’ores et déjà hostiles.
C’est sur cette base rikiki, sur cette légitimité fragile que vous comptez mener vos régressions à marche forcée ? Que ça passe ou ça casse ? Vous êtes haï, monsieur Macron, et je suis inquiet pour mon pays, moins pour ce dimanche soir que pour plus tard, pour dans cinq ans ou avant : que ça bascule vraiment, que la « fracture sociale » ne tourne au déchirement. Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. A bon entendeur".
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