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chronique dans le "Quotidien d'Oran"

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Morville pierre

  24/08/2006

Bonjour,
je tiens depuis 2002, une chronique hebdomadaire de politique étrangère dans le Quotidien d’Oran (1er quotidien francophone d’Algérie - chronique paraissant le jeudi - http://www.quotidien-oran.com - )
J’ai récemment découvert votre site que j’ai cité la semaine dernière.
Je vous fais parvenir ma dernière “chronique de Paris”.
Très cordialement,

Pierre Morville

” Liban : les raisons de la dérobade française
Paris préférerait attendre l’échéance du 31 août sur le nucléaire iranien pour déterminer un éventuel envoi de troupes au Liban
« Les Français ne sont pas capables d’envoyer plus de 200 soldats au Liban quand ils alignent 700 CRS pour évacuer un squat d’immigrants clandestins ! ». Cette remarque acide extraite du Courrier des lecteurs du quotidien Libération est pleine de justesse drolatique. On pourrait y voir l’illustration de la hiérarchie des peurs de la société française beaucoup plus encline à traquer la main d’œuvre étrangère illégale qu’à garantir la sécurité de son environnement méditerranéen.
Les réticences de l’armée française à se déployer au Liban réclament cependant quelques explications complémentaires.
La raison officielle invoquée est connue : jusqu’où va le mandat donné à la « Finul + » ? Les Nations unies ont promis de déployer un renfort de 3.500 hommes au Sud Liban d’ici le 2 septembre, pour atteindre rapidement 15 000 soldats en 90 jours mais l’Onu pour l’instant n’a reçu que peu d’offres de contributions. La Turquie pourrait envoyer un contingent important, mais tout comme la France, l’Espagne et d’autres : ils attendent que les règles d’engagement soient clairement définies par les Nations unies.
L’Italie prête à prendre le relais

La résolution 1701 prévoit en effet que la Finul « renforcée » doit aider l’armée libanaise à se déployer au Sud Liban et favoriser le cessez le feu mais sans que soient préciser les exigences, les moyens ou les limites de cette action armée. Paris veut ainsi obtenir des Nations unies des garanties, notamment sur « la liberté de réaction » de cette force, « robuste mais non offensive » selon l’Onu.
Selon un document confidentiel révélé depuis par Le Monde, la force de l’Onu serait autorisée à ouvrir le feu pour se défendre, protéger des civils ou désarmer des miliciens qui se trouveraient sur leur passage. Mais les soldats de la Force intérimaire renforcée n’auraient pas pour mission de rechercher activement les armes du Hezbollah, ni de s’interposer en cas de reprise des combats.
Romano Prodi, le Président du Conseil italien, après y avoir été encouragé par Israël, le Liban, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie, a informé Kofi Annan que son pays était prêt à diriger la nouvelle Finul. « De la part d’Israël, nous attendons un engagement renouvelé, et cette fois véritablement contraignant, de respecter le cessez-le-feu », a souligné Massimo D’Alema, « il est juste d’exiger que le Hezbollah dépose les armes mais nous ne pouvons envoyer nos soldats au Liban si les Forces de défense israéliennes continuent de tirer». Le ministre italien des Affaires étrangères a raison de souligner d’emblée les difficultés de la mission qui pourrait être confiée à son pays. Maintenir le Cessez-le-feu ne sera pas tâche aisée. Encore plus, appliquer la résolution 1559.
Qui pourrait aujourd’hui désarmer le Hezbollah ? Pas la Finul. L’armée libanaise ? On voit mal comment cette force, sous-équipée, constituée pour une bonne moitié de chiites, réduite essentiellement à des tâches de police pourrait désarmer le Hezbollah par la force….
Côté israélien, les troupes se sont retirées de l’essentiel de ses positions au Liban mais dimanche, le talentueux ministre de la Défense Amir Peretz a agité la menace d’un « deuxième round » avec le Hezbollah. 
La « cessation des hostilités » pourrait donc ne pas tenir longtemps. L’armée israélienne multipliera les opérations ponctuelles en territoire libanais, comme elle vient de le faire sans succès dans la Plaine de la Bekaa et la capacité de riposte du Hezbollah, qui a remporté la « première manche », sera rapidement reconstituée, voire renforcée.
Dans un tel contexte, la France qui reste pour l’instant la seule force présente au Liban avec 1900 soldats mobilisés, n’a pas tort de réclamer des garanties sur l’action de la « Finul + », et de demander à ses partenaires européens, notamment l’Allemagne, un engagement réel et substantiel.
Cependant, l’envoi d’un tout petit contingent supplémentaire, après son intense mobilisation diplomatique pour que soit adoptée la résolution 1701, sonne comme une dérobade : pourquoi tant d’agitation française pour si peu de détermination militaire ? Ses diplomates savaient pertinemment que cette résolution ambiguë, fruit d’un compromis laborieux, permettaient un grand nombre d’interprétations et que l’Onu aurait peu les moyens d’en imposer une grille de lecture unique. De même, depuis l’épisode du Drakkar en 1983, l’armée française ne peut pas faire mine de découvrir aujourd’hui les risques d’une interposition au Liban.
Paris, prudent, attend le 31 août
Les réticences de Paris s’expliquent beaucoup plus par le calendrier. Entre le 22 et le 31 août, Téhéran doit faire connaître ses positions dernières sur le dossier nucléaire. Le 22 août, date de la commémoration de l’accession de Mahomet au titre de prophète, L’ayatollah Ali Khameneï a rejeté la suspension de l’enrichissement d’uranium demandée par le Conseil de sécurité et l’Allemagne, appelant à l’unité des musulmans.
Téhéran a perçu la bataille de 33 jours au Liban comme un exercice mené conjointement par Washington et Tel-Aviv avant «la guerre» contre l’Iran. Attribuant une nette victoire au Hezbollah, la République Islamique constate l’échec des options militaires choisies par ses adversaires. «Ils vont réfléchir à deux fois avant d’attaquer un pays qui fait 158 fois la superficie du Liban», note M. Foroughi, politologue à l’université de Machhad. Pour faire preuve de sa détermination, l’Iran a organisé de spectaculaires manœuvres militaires organisées à travers quinze provinces du pays. «L’expérience du Liban démontre que nous avons affaire à des ennemis qui ont perdu la raison, nous devons donc être prêts à faire face à des actes de folie», résume le général Salehi, chef de l’armée officielle.
Malgré une offre ambiguë de « poursuite des négociations », la menace de Téhéran est perceptible : ou le Conseil de sécurité laisse l’Iran poursuivre son programme d’enrichissement nucléaire ; ou le Grand Moyen Orient s’enfonce dans une crise généralisée.
Comment vont réagir les Etats-Unis à une telle sommation ? Georges Bush qui, le 7 novembre prochain, affronte au Sénat des élections difficiles, campe sur une position dure : le président américain a réclamé que le Conseil de sécurité décide rapidement de sanctions économiques si l’Iran persiste dans son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium avant l’expiration de l’ultimatum du 31 août. “Il est bon d’avoir des dates butoirs, mais ce qui compte vraiment, c’est la volonté”, a déclaré Georges Bush, “Si les gens se moquent du Conseil de sécurité des Nations Unies, il faut que cela ait des conséquences”.
L’arme économique est cependant à double tranchant : 4ème producteur mondial, l’Iran a parfaitement les moyens de faire exploser le marché pétrolier en réduisant ses capacités de livraison ou en bloquant le flux des navires dans le détroit d’Ormuz (20% du trafic pétrolier international). De surcroît, la Chine et la Russie sont opposées à des sanctions économiques et l’Europe demande une riposte limitée, excluant l’énergie.
Reste l’option militaire.
Iran : l’option militaire américaine
Une étude de la Fondation française pour la recherche stratégique du 30 janvier 2006 (http://www.frstrategie.org) montre qu’une attaque aérienne israélienne est techniquement et politiquement peu probable. A l’inverse, malgré la modernisation de sa défense, Téhéran ne pourrait se défendre contre une attaque aérienne des Etats-unis « intense, précise et longue ». Déjà, des avions et des drones américains s’approchent de l’espace aérien iranien ou le pénètrent à très basse ou très haute altitude pour forcer les radars à révéler leurs positions. En répétant l’opération, l’armée américaine entend disposer d’un Electronic Order of Battle qui lui désigne la cartographie d’une défense anti-aérienne insuffisamment mobile. Celle-ci serait annihilée avant la frappe de « contre-prolifération » qui devrait détruire la quinzaine de sites nucléaires iraniens. L’efficacité des moyens de riposte asymétriques dont dispose l’Iran (guérillas chiites en Irak et au Liban, attentats, arme pétrolière, fermeture du golfe arabo-persique…) doit être relativisée en cas d’escalade politique et militaire.
Les Etats-Unis devraient être cependant limités dans leurs actions par un constat réaliste : tant qu’ils ont plus à perdre au Moyen-Orient qu’à gagner en Iran, ils ne devraient pas intervenir. C’est, hélas, sans compter sur l’aveuglement idéologique actuel de l’administration Bush…
Malgré les avertissements de sa propre administration (le 17 août, 21 diplomates et généraux américains en retraite ont publiquement rejeté une intervention en Iran après le fiasco irakien), le président américain reste persuadé que c’est l’indétermination qui entraîne l’échec : Georges Bush est, depuis trois ans, à la recherche d’une démonstration de force réussie.
Dans un tel contexte explosif, le gouvernement français ne craint pas tant les directives incertaines données à la Finul que d’être rapidement entraîné dans un conflit régional. L’expectative n’est cependant pas une bonne solution. D’autant que peu d’éléments seront décisifs dans le dossier iranien avant le 12 septembre, date de la nouvelle assemblée générale de l’ONU. 
Pierre Morville “

Re : Comment le WTC a-t-il été détruit le 11 septembre 2001

Article lié :

Stéphane

  24/08/2006

Difficile de donner des réponses définitives…
Mais il existe un certain nombre de points qui doivent nous inciter à douter de la version officielle (sur l’ensemble des évènements), et qui à priori accusent plutôt une organisation US influente qu’un groupe d’illuminées vivants dans des grottes en Afghanistan…

Un premier point souvent oublié est l’assassinat du commandant Massoud.
Il n’y a pas de logique, du point de vu « des méchants », à synchroniser l’assassinat de Massoud avec les opérations du 11/9. Il aurait été le candidat le plus légitime à la prise de pouvoir en Afghanistan…

Deuxième point, il y a de nombreuses singularités sur les lieux des attentats :
C’est la toute première fois qu’on voit des crashs d’avions (vols 77 et 93) qui ne laissent quasiment aucun débris, pas de moteurs, pas de gros morceaux de fuselage, pas de bagages…
L’effondrement des tours est très surprenant également. Elles sont constituées de quatre énormes piliers de béton armé, il est peu probable qu’un avion de ligne puisse en venir à bout.
Et jamais un incendie n’a fait descendre des tours en si peu de temps.

Troisième point, on doit admirer la qualité des pilotes kamikazes, un sans faute loin d’être évident pour des amateurs. Ayant moi-même piloté, je suis bluffé, la manœuvre d’approche doit être anticipée longtemps avant d’avoir le contact visuel, et l’erreur de cap la plus infime ferait passer l’avion à plusieurs centaines de mètres de la tour. A contrario, on ne peut que blâmer la nullité inédite des autorités américaines, qui disposaient d’un temps énormes pour réagir, au moins pour le vol 77.

Enfin, notons que le FBI n’a pas inculpé Ben Laden pour ces attentats, et que lui-même a nié toute participation. http://www.fbi.gov/wanted/terrorists/terbinladen.htm
Notons également que le rapport de la commission d’enquête dit explicitement qu’il ne s’intéressera pas au financement des opérations…

Bref, la liste des bizarreries est longue…

fr001@operamail.com

Article lié :

Blog Finance : (Pays ...) attirés par l'euro, infi

  24/08/2006

http://www.leblogfinance.com/2006/07/les_emirats_att.html

Décidément, la suprématie du dollar et des USA est bien mise à mal ces temps-ci, puisque les Emirats semblent progresser dans leur volonté de choisir l’euro comme monnaie de référence, estimant que la devise est plus en plus attractive en tant que valeur d’investissement.

De quoi favoriser de vives réactions de la part des américains, via “Israël interposé” ? Qui sait ...

Pour rappel, le Venezuela envisagerait de libeller les prix de son pétrole en euros,
... l’Iran qui a déclaré il y a peu songer à adopter la devise européenne à la place du dollar américain pour ses exportations de brut.
... La Russie quant à elle projette d’évaluer son pétrole en rouble.

(NB : de nombreux pays augmentent “régulièrement” leurs réserves en euro ... les cadeaux financiers liés au monopole du dollar se partagent de plus en plus ... malgré ses défauts l’euro suscite la confiance, l’adhésion et la copie. Pour les initiés la “FED” et le dollar ont autant si pas plus de critiques que la BCE & l’euro)

Kristol croit à la guerre contre l’Iran, — et comment!

Article lié : Kristol croit à la guerre contre l’Iran, — et comment!

serge caron

  24/08/2006

Vraiment drôle ! J’ai beaucoup ri.

“I hope diplomacy would work”.  C’est beau ! mais qu’est-ce que c’est que cette diplomacie ? À premier abord, on pourrait croire que cela implique un dialogue d’égal à égal avec l’Iran. 

Erreur ! La diplomatie c’est “the world (speak) with a united voice against Iran”.

JSF: des complements aux remplacants ...!!!

Article lié : JSF : des compléments aux remplaçants

MHB

  24/08/2006

Malgre mon ignorance de la substantifique moelle de l armement aeronautique j ai toujours constate une certaine ambivalence chez les pilotes americains concernant le JSF ... allant meme jusqu a la triste constation - pour eux - qu il etait mal parti ainsi que leur corporation.
La RMA, si chere aux nanocrates du Pentagone, en a fait un UAV et voila nos pilotes confirmes dans leur role de bras casses.
A la lumiere du role subalterne qu ils sont appeles a jouer dans le futur de l aeronautique militaire ils sont consternes de ne pas avoir le support de leurs collegues de l OTAN qui eux, prudents, savent tres bien que l ITAR est un barrage de taille pour qu ils puissent jouir entierement des capacites operationnelles du F-35 dans quelque forme que ce soit.

Alors ?

Et bien Aviation Week vient de demander l abolition .... de l ITAR.

New UK study : IRAN, ITS NEIGHBOURS AND THE REGIONAL CRISES

Article lié :

Lambrechts Francis

  24/08/2006

PDF 51pages (maps) : http://www.liberation.fr/actualite/monde/200228.FR.php
Overview : http://www.timesonline.co.uk/article/0,,251-2325352,00.html

Chatham House (The Royal Institute of International Affairs) is an independent body which promotes the rigorous study of international questions and does not express opinions of its own.

... There is little doubt that Iran has been the chief beneficiary of the war on terror in the Middle East.

Liberation : Trad Hamadé, ministre libanais - Hezbollah, aux Français: "Soyez les bienvenus"», Par I.DELLERBA

Article lié :

Lambrechts Francis

  24/08/2006

http://www.liberation.fr/actualite/monde/200228.FR.php

... En 1983, 58 militaires français avaient été tués dans un attentat à Beyrouth, qui avait été attribué au Hezbollah ... 
D’abord, le Hezbollah n’avait pas encore été fondé en 1983, et ensuite, nous ne sommes pas à la même époque, pas dans le même contexte.

... Les Casques bleus pourraient être autorisés à ouvrir le feu pour se défendre, à protéger des civils et à désarmer des miliciens qui se trouveraient sur leur passage. Etes-vous d’accord ? 
Nous sommes d’accord avec les deux premiers points. Concernant les armes, je suis sûr qu’il n’y aura aucun soldat du Hezbollah sur leur chemin. Maintenant, si nous voulons à tout prix poser cette hypothèse, je pense que c’est à l’armée libanaise de prendre ces armes car elle a des relations directes avec le peuple libanais. Si la Finul voit des armes, je pense qu’elle ne devrait pas les prendre directement mais demander à l’armée libanaise de le faire.

Blog Finance : L'Espagne change de politique à l'égard de l'Iran ( et de l'UE ∫ )

Article lié :

Lambrechts Francis

  24/08/2006

http://www.leblogfinance.com/2006/08/iran_espagne_et.html#more

et intervient désormais en faveur du droit de Téhéran pour développer son propre programme nucléaire, a déclaré mercredi l’ambassadeur Maximo Cajal. ... d’autres pays de la région, et notamment le Pakistan et l’Inde, développaient déjà depuis longtemps leurs programmes nucléaires.

... un porte-parole du ministère espagnol des Affaires étrangères a précisé à la presse russe qu’il “ne s’agissait pas là de l’opinion personnelle d’un diplomate, mais d’un revirement dans la politique extérieure de l’Espagne qui s’en était tenue jusqu’à tout dernièrement à la position commune de l’Union européenne (UE) à l’égard de l’Iran”.

... Par ailleurs, l’Espagne a également adopté une attitude indépendante de l’Union européenne dans le conflit libano-israélien, en soumettant à une critique virulente Israël et accordant son plein appui au gouvernement du Liban.

Le premier pétrolier espagnol Repsol YPF avait confirmé en octobre 2004 avoir signé un contrat de 27 M USD (21,6 M EUR) avec l’entreprise publique iranienne NIOC (National Iranian Oil Company) pour des travaux de prospection dans deux blocs pendant les 30 prochains mois.

III – L’Iran et la Russie : des frères décidément amis
... Atomstroïeksport est la principale entreprise russe réalisant des contrats intergouvernementaux concernant la construction d’ouvrages énergétiques nucléaires à l’étranger. Actuellement elle est la seule compagnie au monde à mener de front la construction de cinq réacteurs dans des centrales nucléaires en chantier en Chine, en Inde et en Iran.

'Bushiness' as usual

Article lié :

Lambrechts Francis

  24/08/2006

Une base de données sur Bush, le classement est intéressant (Link : Sources)

http://www.realchange.org/bushjr.htm#sources

(NB : mon WinXP a crashé. Un vieux PC généré en urgence sous Linux sans Operamail: d’où mon autisme)

Bush, Cheney in deep funk after Israel war performance

Article lié :

Lambrechts Francis

  23/08/2006

http://www.insightmag.com/Media/MediaManager/Funk.htm

President Bush and Vice President Dick Cheney have been extremely disappointed by Israel’s failure to defeat Hezbollah.
Government sources said the Israeli failure has led to deep pessimism within the National Security Council and Pentagon regarding U.S. goals in the Middle East, particularly the effort to top Iran’s advance in Iraq and toward nuclear weapons. The sources said the Israeli experience has been used by the Pentagon to explain the U.S. difficulty in halting the deterioration of order in Iraq.
... Over the last week, Defense Secretary Donald Rumsfeld, who has avoided meeting Israeli leaders, held an unannounced session with visiting Israeli Vice Premier Shimon Peres.
Later, ... The Livni-Kissinger talks focused on Israel’s strategic position and the expected confrontation with Iran.

... It was very clear that the government began this war rapidly, without proper preparation, without proper training of the reserves.”

Mr. Bush and Mr. Cheney have sought to understand the implications of the Hezbollah war for the U.S. military presence in Iraq.  ... “This is certainly one of the toughest challenges we have faced in the last few years,” said Undersecretary of State Nicholas Burns, regarded as a leading architect of U.S. foreign policy in the Middle East. “We knew the consequences were very broad. We recognized this was not just a border war between Hezbollah and Israel.”
Mr. Rumsfeld is said to have assessed that Sunni and Shiite militias would use the Hezbollah model in the insurgency war in Iraq. ... If they can knock out the [Israeli main battle tank] Merkava, then they can certainly do the same with the Bradley, Stryker and even Abrams,” an official said. “This will be a priority for Rumsfeld and the army.”

Bush’s biggest concern is said to be Iran, which his advisers assert intends to dominate the Middle East through a takeover of Iraq, Lebanon and Syria. The president has ordered Ms. Rice to press hard for U.N. Security Council sanctions against Tehran over the next few weeks. ... “Syria is a tool of Iran today and it has been for some time,” former Secretary of State Alexander Haig said. “But it’s been a tool for other people, as well. Iran is the ideological core of our problem.”

At the same time, Mr. Bush has been urged by some of his advisers to prepare for a disengagement from the Middle East while focusing on homeland security.

... “America is safer than it has been, yet it is not yet safe,” Mr. Bush said. “The enemy has got an advantage when it comes to attacking our homeland: They got to be right one time and

we’ve got to be right 100 percent of the time to protect the American people.”

à 'Jean' : le pourquoi du comment. Quelques éléments ( *** )

Article lié :

Lambrechts Francis

  23/08/2006

Effectivement Chirac me semble bien ‘retraité’ dans tout ce show, effectivement Douste-Blazy me semble “mal préparé” mais ils nous épargnent les “spin doctor” ( que Coluche traduirait par ‘de la merde dans un ventilateur’ ).

LE MONDE 21.08.06 Aux Etats-Unis, seul George Bush défend la France, durement critiquée. Corine Lesnes
... Mal préparés ( *** ), la plupart des commentateurs ont vécu la décision française comme une reculade. Il n’en fallait pas plus pour rouvrir la boîte aux clichés et ranimer l’image du Français couard ( *** ) et prompt à la retraite.

LE MONDE 21.08.06 Les réticences des militaires français, hantés par le “syndrome Drakkar”. Ariane Chemin
... La résolution 1701 de l’ONU renforce et élargit le mandat de la Finul, sans lui donner aucun moyen ( *** ) supplémentaire. Cette force devient un otage” ( *** ), estime Serge Sur, directeur du centre de recherche Thucydide (Paris-II) et spécialiste de l’ONU. ... Tous savent que, parmi les 167 victimes au sein de la Force de protection des Nations unies (Forpronu) créée en 1992 pour imposer la paix dans les Balkans, la moitié était français. Et beaucoup se souviennent du sentiment d’impuissance ( *** massacre de Srebrenica, voir à la fin ) qu’ils avaient éprouvé en ex-Yougoslavie ... “L’armée française suit ce qui se passe en Irak et dans les zones fortement urbanisées, et voit combien c’est meurtrier et difficile”, ajoute un autre militaire. “Ce qu’Israël n’a pas pu faire ( *** ), comment le faire nous ?”  ... En outre, on ne peut pas répéter qu’il faut réduire les budgets ( *** ), et enjoindre aux militaires d’aller partout dans le monde”

Figaro : Bush pousse ( *** ) la France et l’Europe à envoyer davantage de troupes au Liban. Guillemette Faure
... Le New York Times reconnaît la légitimité des préoccupations françaises ( *** ) sur la sécurité de ses troupes, « vu l’absence d’une mission claire» prévue par la résolution onusienne. Mais, raille le quotidien, «peut-on rappeler que les Français ont participé à la rédaction de celle-ci ?» ( ont ils lu la 1701 ? *** )
Figaro : L’Italie prête à prendre la tête de la Finul. Alain Barluet
... C’est que la France exige des clarifications concernant le mandat de ses troupes au sein de la Force d’interposition au Liban (Finul). Elle n’est pas seule ( *** ). Romano Prodi a demandé hier soir une nouvelle résolution (*** ) de l’ONU en ce sens, avec «un mandat précis, des contenus précis, et une définition très claire des alliances». Sans remettre pour autant en question sa participation à l’application au Liban-Sud de la résolution 1701.
Figaro : Force internationale : l’Union européenne sous pression. Alexandrine Bouilhet
... Jusqu’ici, seules l’Espagne et l’Italie ont avancé des chiffres, mais aucun n’est définitif, car les chancelleries n’ont pas encore eu l’aval de leur Parlement ( *** ) , en vacances. L’Espagne a promis un bataillon, soit un millier de soldats environ. Les pays nordiques devraient se cantonner à un rôle maritime. Les Allemands resteront également au large, en soutien logistique à la Finul, car ils refusent d’engager des troupes de combat.

NOUVELOBS.COM 22.08.06 Paris ne “rougit” pas de son rôle au Liban
... “Nous avons une présence assez importante. Nous avons été les premiers à répondre ( *** ) aux besoins d’urgence exprimés par les autorités libanaises en envoyant 200 soldats de plus. J’observe qu’à ma connaissance c’est le seul renfort qui est sur le terrain ( *** ) aujourd’hui”, a-t-il fait valoir.
Asia Times : Clearing the path for US war on Iran. Gareth Porter
WASHINGTON - Israel has argued that the war against Hezbollah’s rocket arsenal was a defensive response to the Shi’ite organization’s threat to Israeli security, but the evidence points to a much more ambitious objective - the weakening of Iran’s deterrent to an attack on its nuclear sites. ( *** Qui placerait quelques soldats en otages au milieu du conflit US - IRAN = Hesbollah - Israel ... à la veille d’une explosion régionale pressentie )

Texte intégral de la résolution 1701 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies
18. Souligne qu’il importe et qu’il est nécessaire d’instaurer une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base de toutes ses résolutions pertinentes ( *** ) , y compris ses résolutions 242 (1967) du 22 novembre 1967, 338 (1973) du 22 octobre 1973 et 1515 (2003) du 19 novembre 2003;
...  “toutes ses résolutions pertinentes” dont celles auxquelles Israel ne se “résoud” pas depuis si longtemps.

Libération : Bush reste fidèle à sa mission divine. Malgré ses échecs sur le terrain, il n’entend pas modifier sa politique au Moyen-Orient.  Philippe GRANGEREAU
... dans le New York Times, l’éditorialiste Frank Rich. La «tragique réalité» est que la politique «bâclée» de la Maison Blanche au Moyen-Orient, résume-t-il, «a renforcé l’Iran et le Hezbollah, tout en sapant Israël».
( *** “bacler” NOS soldats dans une “mission d’évangéliste”, encore utiliser la force , les mêmes erreurs contre-productives et “saper plus Israel” ?  Le courage et l’intelligence ne sont pas là sinon le ridicule. )

LE MONDE 23.08.06 Paris estime que les “règles d’engagement” de la nouvelle Finul vont “dans le bon sens”.
La France ... estime que ces textes - révélés par Le Monde du 23 août -, qui ont intégré bon nombre des “garanties” demandées par Paris, vont “dans le bon sens”. “On arrive à des règles d’engagement de soldat”, commente une haute source militaire. ( *** la “haute source militaire” serait notre “Dan Halutz” ? )
... Ce dernier point est cependant celui qui présente le plus de difficultés. “Les soldats français, résume ce général, ne veulent pas voir se renouveler le “cirque” ( *** ) qui s’est déroulé entre Akashi (Yasushi Akashi, ancien représentant du secrétaire général de l’ONU en ex-Yougoslavie) et Janvier (le général français Bernard Janvier, qui commandait les forces des Nations unies), et qui a largement conduit au massacre de Srebrenica ( *** en juillet 1995, en Bosnie).” “Il faut une chaîne de commandement claire, précise et bien identifiée”, ajoute-t-il.
... “PRENDRE UN RISQUE MAÎTRISÉ”
( *** qu’Israel re-bombarde des observateurs de la FINUL comme récemment ... après leurs 10 coups de fil terrifiés, durant six heures si j’ai bonne mémoire.)

*** Conclusion : engagez vous comme Don Rumsfeld ! ( Ou planquez vous à la W.Bush, barrez vous comme D. Cheney )

Pew Research Center : Is France Doing a Better Job of Integration than Its Critics ∫ by Jodie T. Allen

Article lié :

Lambrechts Francis

  23/08/2006

http://pewresearch.org/obdeck/?ObDeckID=50

...  the French model can claim some success, however mixed. Some aspects of that relative success are especially striking when compared with the attitudes and experiences of Muslims in Great Britain,

etc. vaut la peine d’y surfer !

Article lié :

Jean

  23/08/2006

Merci a Rollin pour cette premiere “source” sur l’incroyable revirement Français.

Ce serait bien tout de meme qu’on ai quelques explications de nos dirigeants (je suis Français), sur le pourquoi du comment dans cette affaire.

Alors que nous etions les principaux instigateurs du “clan de la paix” lors des negociations sur le “cessez le feu” au liban, qu’a l’epoque on parlait du deploiment eventuel de 3000 soldats francais, d’un prise de commandement etc…

On se retrouve avec une offre de 200 (deja sur place) + 200 autres soldats… derisoire…et absolument aucune explication de la part de notre gouvernement!
Comme on est dans un pays ou l’on peu etre sure que les questions ne viendront surtout pas des journalistes , ni des medias en general, ce serait bien qu’on ai quelques sources sur la question; parceque en tant que simple citoyen Français, je me pose des questions…et quelque chose me dit que je doit pas etre le seul!

Re : Comment le WTC a-t-il été détruit le 11 septembre 2001

Article lié :

David d.

  23/08/2006

Chers amis lecteurs,

  j’ai pu remarquer un lien vers un site finlandais évoquant l’utilisation d’une bombe à Hydrogène (dir bombe H) pour détruire le WTC

Etant amateur de la chose militaire, permettez moi de donner un avis.
Les “conspirationnistes” soutiennent la thèse que le gouvernement des Etats Unis, ou un ennemi de l’intérieur, sont responsable de ces attaques et que les avions détournés ont servi de “leurres”.

La thèse n’est pas ridicule en soi, mais souffre de quelques faiblesses :
D’abord, le lien entre le 9/11 et le gouvernement US n’est jamais établie, hormis une phrase prêtée à Paul Wolfowitz évoquant un Pearl Harbor. Au pire un délit d’intention.
Ensuite, la thèse de la bombe : pour amorcer une bombe H, on a recourt à une bombe A, dont les plus petites ont une puissance de 150kt, suffisante pour souffler tout Manhattan. S’ajoute la réaction de fusion de l’hydrogène, qui raserait New York en grande partie. Nous sommes loin du compte, sans compter la radioactivité.

On a aussi évoqué des bombes termites pour couper les aciers, mais pourquoi les 50,000 employés des WTC n’ont-ils rien remarqué lors de l’installation de ces explosifs ?

Suez, Gdf, et la puissance française

Article lié :

maurice le vigan

  23/08/2006

Voici une intéressante opinion de Patrick Devedjian, UMP:

SUEZ-GDF : pourquoi un “plan C” ?
1.    La fusion est bonne pour la France : politique nucléaire, indépendance gazière, emploi.

Suez est une entreprise d’origine française dont les actionnaires belges sont devenus majoritaires à la suite de plusieurs fusions. A mon sens, ces actionnaires majoritaires n’obéiront pas à d’autre considération que leur intérêt financier et échappent donc à l’influence de l’Etat français, sans se soucier d’aucun patriotisme économique. En revanche la fusion de Suez avec Gaz de France donnerait au nouveau groupe une majorité française et l’Etat français y retrouverait une influence en détenant une part du capital.

Suez contrôle 9 centrales nucléaires, 7 en Belgique et 2 en France par des droits de tirage. Notre pays, leader mondial de l’énergie nucléaire, peut-il se désintéresser du devenir de ces centrales ?

Certes, l’acquéreur pourrait être nos amis italiens qui se sont interdit toute construction de nouvelle centrale nucléaire sur leur territoire en raison des pressions des écologistes… Leur devise est aujourd’hui : « écologiste chez soi mais nucléaire chez les autres », car l’Italie est déficitaire en production électrique et a besoin de fortes importations. C’est la raison pour laquelle elle cherche des capacités de production à l’étranger. Il est par ailleurs légitime que l’Italie prétende contrôler Suez avec la société ENEL car elle a accepté une forte implantation d’EDF qui contrôle désormais Edison.

Mais si l’acquéreur était Gazprom, société capable de mobiliser de gros moyens financiers et de payer très cher, ce serait beaucoup plus dangereux pour les Européens : non seulement Gazprom deviendrait un partenaire nucléaire au sein de l’Union européenne malgré les mauvais souvenirs laissés par l’URSS dans ce domaine, mais elle accroîtrait fortement son réseau de distribution pour le gaz qu’elle produit et qu’elle veut imposer à ses conditions (comme l’a montré encore récemment son bras de fer avec l’Ukraine).

Au contraire, la fusion Suez-Gaz de France permettrait au nouveau groupe de contrôler 20 % du réseau de l’Union européenne et de développer ainsi une véritable concurrence à  l’égard de Gazprom, notamment avec le gaz provenant du Maghreb.

En outre, la fusion Suez-Gaz de France ferait de la société  nouvelle un leader mondial dans le transport par méthaniers du gaz naturel liquéfié (GNL) et donc un concurrent sérieux à Gazprom, notamment pour fournir les Etats-Unis.

Le gaz sert aussi à fabriquer de l’électricité avec les centrales thermiques : le nucléaire et le gaz se trouvent ainsi de plus en plus liés. Comme il est impossible à GDF de fusionner avec EDF en raison du droit européen qui interdit les monopoles, la fusion Suez-GDF permettrait à la France d’avoir deux leaders mondiaux en matière électrique et gazière.

C’est surtout pour GDF que la fusion avec Suez-GDF est salutaire : car GDF est une entreprise fragile. Certes, elle détient un réseau important, une flotte de méthaniers, des terminaux gaziers et des entrepôts de stockage, mais elle ne produit que très peu de gaz. Elle achète au cours mondial, de plus en plus élevé (il a augmenté de 100 % depuis 2002) et vend au prix fixé par les pouvoirs publics qui, pour des raisons politiques, ne répercutent jamais la totalité de la hausse.

En outre, à partir du 1er juillet 2007, GDF aura l’obligation d’ouvrir ses réseaux à tous les vendeurs de gaz qui voudront l’emprunter et pourra donc être concurrencé par les autres entreprises gazières auprès de ses propres clients.

Pour la survie de GDF et la pérennité de ses emplois, comme pour le contrôle du nucléaire détenu par Suez, la fusion Suez-GDF est donc une excellente opération pour la politique industrielle et énergétique française.

2.  La fusion est bonne pour le consommateur français

La CGT n’a pas tort sur le plan industriel et commercial quand elle réclame la fusion d’EDF et de GDF, mais cela est impossible sur le plan économique et juridique. En effet, si EDF et GDF fusionnaient, cela constituerait un monopole ultra-puissant sur le marché français d’abord et sur le marché européen ensuite. La Commission européenne en raison du droit de la concurrence ne permettrait pas l’établissement de ce monopole sur le territoire français. Si nous passions outre, non seulement la justice européenne annulerait les dispositions prises mais elle nous condamnerait à céder à la concurrence plusieurs éléments importants de l’entreprise. Comme l’a parfaitement analysé la Commission Roulet, EDF devrait céder plusieurs centrales nucléaires à ses concurrents européens même si ces centrales sont sur le territoire français.

Si le droit européen est si hostile à ces monopoles puissants, c’est parce qu’ils ne sont pas souhaitables pour le consommateur : toute situation de monopole tend à provoquer des prix de vente élevés. Ces prix du gaz et de l’électricité, si indispensables à tous, ne peuvent pas en effet être fixés durablement par l’Etat car celui-ci ne peut agir que sur le territoire national, et l’énergie est un bien qui circule de plus en plus entre pays européens.

EDF aujourd’hui profite de son monopole de fait pour vendre l’énergie électrique au prix élevé imposé par l’Allemagne, qui produit l’électricité à partir de son charbon, extrait à des coûts très élevés (autour de 50 euros le mgw/h contre 28 euros le mgw/h pour EDF) et à partir d’éoliennes développées sous la pression des écologistes à des coûts également élevés.

Alors que les Français ont investi sur le nucléaire, ils ne profitent ni comme consommateurs ni comme industriels des coûts réduits auxquels l’électricité est produite. Cet avantage ne profite finalement qu’à la seule entreprise EDF, lui assure un train de vie exorbitant, dont profite son comité d’entreprise, et lui a permis des investissements à fonds perdus, en Amérique du Sud en particulier.

L’ensemble Suez-GDF constituerait un concurrent sérieux sur le marché français pour EDF et on conçoit bien qu’EDF ne voit pas d’un bon œil l’émergence d’un concurrent dont l’offre ferait baisser les prix.

La CGT ne voit pas non plus avec joie se couper en deux l’actuel comité d’entreprise EDF-GDF qu’elle contrôle (et sur lequel la justice enquête actuellement). La partie GDF du comité d’entreprise fusionnerait alors avec le comité d’entreprise de la nouvelle entreprise fusionnée et la CGT ne serait pas certaine d’y retrouver sa prépondérance historique.
Par ailleurs, la CGT n’est pas non plus favorable à couper à nouveau en deux le comité d’entreprise qui resterait à la seule EDF si l’on créait une société autonome pour gérer le réseau de transport de l’électricité (RTE), qui est aujourd’hui une filiale à 100 % d’EDF.

L’évolution économique va donc au rebours des intérêts de la CGT, dans la mesure où cette évolution a pour logique de développer la concurrence qui seule fait baisser les prix et disparaître les rentes de situation.

3. Mais la fusion pose un problème politique

Pour que cette fusion puisse avoir lieu, elle doit tout d’abord être acceptée par les actionnaires de Suez. Le Conseil d’administration de Suez a déjà donné son accord, il est fort probable que l’assemblée générale extraordinaire le donnera également.

Afin que GDF ne soit pas purement et simplement absorbé par Suez, la fusion doit se faire à égalité de valeur des sociétés bien que celles-ci soient différentes : la valorisation boursière de Suez est de 41 Mds€ (1.271.233.657 actions à 32.4 € /action), celle de GDF est actuellement de 27 Mds€ (983.871.988 actions à 27.9 €/action).

Cela pourrait être résolu, par exemple, par une distribution exceptionnelle de dividende. Il faut bien entendu qu’il n’y ait pas de surenchère qui pourrait venir d’ENEL voire de Gazprom ou d’autres. Mais, dès lors que l’Etat français est engagé dans le processus de fusion, on peut considérer qu’aucun gouvernement n’aura envie d’en agresser un autre, or ENEL comme Gazprom sont contrôlés par leurs Etats respectifs.

Des parlementaires français craignent que le Parlement français ne délibèrent pour rien : en effet, les actionnaires de Suez, réunis en Assemblée générale, ne prendront inévitablement et formellement leur décision qu’après le vote de la nouvelle loi. Si une surenchère survenait, ces actionnaires depourraient ne pas donner suite à la fusion avec GDF. Il faut donc que la loi soit adoptée rapidement pour éviter d’encourager les concurrents de GDF.
Il faut ensuite que le Parlement français accepte de réduire la participation de l’Etat dans GDF de manière à permettre la fusion des deux sociétés qui deviendront une société privée avec une participation minoritaire de l’Etat français. Il faut donc qu’il y ait une majorité politique pour cela face à l’opposition qui a promis de faire de l’obstruction systématique en déposant des dizaines de milliers d’amendements.

Les députés de la majorité sont traversés par plusieurs interrogations.

Ils craignent tout d’abord, comme une partie de l’électorat, que privatisation ne se conjugue avec augmentation des tarifs. Le passé a donné lieu à des augmentations du tarif électrique et du tarif gazier qui ont été concomitantes avec l’ouverture théorique du marché à la concurrence par l’Union européenne. Pour le gaz, j’ai expliqué que les prix mondiaux avaient augmenté de 100 % depuis 2002 à la suite du pétrole et pour l’électricité je répète qu’EDF n’a pas de réel concurrent sur le marché français et peut s’aligner sur le plus cher.

La majorité parlementaire est surtout traversée par l’idée que l’affaire est si complexe que l’opinion ne la comprend pas et que l’opposition virulente de la gauche et des syndicats n’est pas souhaitable dans une période pré-électorale pendant laquelle il vaut toujours mieux ne pas mobiliser l’adversaire.

Enfin, elle n’a pas oublié qu’elle avait voté en 2004 une loi qui prévoit que l’Etat garderait au moins 70 % de GDF. Elle considère que c’est un engagement pris à l’égard des partenaires sociaux.

Certes, l’esprit de cette disposition valait surtout pour EDF mais GDF était englobé dans le principe. Certes la mondialisation est un puissant accélérateur du changement et l’opportunité offerte par Suez était imprévue, mais cela ne fait que deux ans que la décision a été prise et par le même parlement.

Certes, la CGT de Suez est favorable à la fusion même si celle de GDF est hostile : on demande aux parlementaires de choisir entre deux fédérations de la CGT ?

Certes le gouvernement s’est maintenant fortement engagé mais depuis février 2006, il a trop longtemps laissé les choses aller.

Les parlementaires de la majorité préféreraient donc que ce débat soit renvoyé au-delà de l’élection présidentielle.

4. Une nouvelle proposition

Mon souci est de rassembler la majorité en soutenant le plan gouvernemental et en le complétant par une disposition qui permet de respecter l’engagement moral à 70 % pris en 2004.

Cette nouvelle proposition tient compte du droit de la concurrence et des exigences de Bruxelles qui vont être exprimées le 18 août prochain par une « lettre de griefs » qui répond à la notification du projet de fusion qui a été faite le 10 mai dernier.

Il s’agit de conserver le caractère public des réseaux de transport d’énergie tout en permettant la fusion complète Suez-GDF.

La politique européenne, qui veut supprimer les obstacles à la concurrence, souhaite rendre les réseaux de transport et d’énergie indépendants des producteurs ou des importateurs, et permettre ainsi à tous les producteurs de les utiliser.

En effet, si les producteurs et importateurs sont aussi propriétaires de réseaux de transport, ils sont tentés de limiter l’accès aux réseaux à leurs concurrents. C’est ce qu’on constate d’ores et déjà pour France Telecom avec l’accès à la boucle de cuivre qui lui appartient et permet la desserte par l’ADSL.

Je propose donc de réunir les réseaux de transport d’électricité et de gaz en une même société dont le caractère public serait assuré par la répartition du capital : 40 % pour Suez-GDF fusionné, 40 % pour EDF et 20 % pour la Caisse des Dépôts et Consignations. Cela fait 60 % du capital détenus par les deux entreprises publiques. Si l’on tient compte de ce que l’Etat sera présent dans Suez-GDF fusionné par sa participation ramenée à 34 % dans GDF, la participation de l’Etat dans le distributeur public d’énergie monte, par cet effet, de 60 % à 73 %.

Cette réorganisation des réseaux de transport électrique et gazier en une société publique et indépendante aurait lieu après la fusion de Suez et de Gaz de France car il y faut des délais techniques et il est évident qu’à trop faire attendre les actionnaires de Suez on prend des risques.

Ainsi, la fusion, indispensable à l’avenir de GDF, utile au consommateur, devient possible tout en respectant le choix de la majorité d’avoir au moins 70 % du capital contrôlé par l’Etat et respectant les exigences communautaires du droit de la concurrence.