Rakk
14/09/2007
13 Septembre
M. McInerney, commentant l’information diffusée la veille par la chaîne télévisée Fox concernant le début de l’examen dans les couloirs de la Maison blanche des scénarios militaires concernant d’éventuelles frappes contre l’Iran, a déclaré que suite à la décision allemande de s’opposer aux sanctions à l’encontre de l’Iran, les Etats-Unis n’avaient “plus le choix”.
http://rawstory.com//news/2007/Fox_US_makes_Iran_bombing_plan_0912.html
Le général à la retraite McInerney est une figure connue des milieux conservateurs de Washington et dirige le Conseil d’experts, dont sont également membres l’ex-directeur de la CIA James Woolsey, les anciens vice-secrétaires d’Etat William Nitze et Richard Schiffer, ainsi que l’ancien porte-parole du ministre américain de la Défense pour les négociations concernant le contrôle sur les armements en Europe Raymond Tanter.
Dominique Larchey-Wendling
14/09/2007
La crise entre Sarkozy et Merkel aurait-elle quelque chose à voir avec le refus de Berlin de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran alors que Paris cherche à s’aligner sur la position US, en proposant des sanctions supplémentaires hors ONU ...
L’Allemagne est très vulnérable du point de vue de ses approvisionnements en gaz. Qui sont les deux poids lourds du gaz au monde : Russie et Iran. La Russie s’oppose à de nouvelles sanctions à l’ONU. Quelle serait sa réaction vis-à-vis de l’Europe et/ou de l’Allemagne si cette dernière devait s’impliquer ouvertement dans la voie d’un conflit militaire avec l’Iran ... Et je ne parle même pas de la Chine.
Avant de faire une erreur fatale, la France devrait très sérieusement réagir aux implications d’un alignement sur les USA dans un conflit armé avec l’Iran. L’empire US en déclin n’est plus capable de réfléchir, captif qu’il est de la peur salvatrice ou mortifère (c’est selon) qu’il s’est auto-infligée depuis le 11 septembre.
Steven Rix
14/09/2007
C’est un article interessant car la psychologie de la culture americaine a toujours ete tres forte et s’est affirmee au cours de l’Histoire. Il y a par contre un labsus revelateur sur l’affirmation de cet article: c’est la psychologie du monde unipolaire qui est remise en cause.
Il y a eu une nouvelle etude, confirmant la destabilisation militaire des USA par rapport de force avec d’autres puissances (Iran, Irak, Russie). Cette fois ce sont les USA qui ont contribue a la perte de leur prestige avec l’Irak; et c’est toujours pareil les geopoliticiens americains ou bien les acteurs du virtualisme se presentent en tant que puissance hegemonique:
The 2007 strategic survey from the non-partisan International Institute for Strategic Studies picks the decline of US authority as one of the most important security developments of the past year - but suggests the fading of American prestige began earlier, largely due to its failings in Iraq.
John Chipman, the institute’s director-general, said the “authority, prestige and reputation of the US is not what it might have been four or five years ago”.
The deterioration of American power had led to a “non-polar” world in which other actors, such as Russia, had been able to assert themselves.
http://www.ft.com/cms/s/0/0d6ac3f8-6191-11dc-bf25-0000779fd2ac.html
La geopolitique, c’est bien, et les USA sont doues grace a leur puissant reseau mediatique pour convaincre les Americains d’aller en guerre. Par contre ce sont les objectifs geopolitiques qui sont remis en cause par le reste du monde: Ben Laden est juste une image dans la guerre contre la terreur, Saddam Hussein etait juste un pretexte pour partir en guerre en Irak, et il ne reste plus que les Irakiens au milieu de ce geant foutoir. C’est la facon aux Americains de preserver leur conscience (guilt trip) dans un autre univers avec d’autres mots.
Misanthrope modéré
13/09/2007
Pour suivre encore un peu cette affaire, le Monde s’installe dans sa (nouvelle ?) ligne atlanto-sceptique, il semblerait. Après les précautions indispensables sur la dangerosité de l’Iran, l’edito du 13 septembre conclut ainsi :
“Mais le tournant diplomatique de M. Sarkozy pose problème. D’une part, des sanctions hors ONU risquent de faire voler en éclats un très fragile consensus international. Elles inciteraient la Russie et la Chine, voire certains pays européens, à contester une politique qui pourrait être perçue comme émanant d’un nouvel axe Washington-Londres-Paris. D’autre part, un alignement sur Washington, et plus précisément sur une administration Bush qui, elle aussi, fait parfois peur, et dont la diplomatie est fortement contestée, ternirait l’image de la France auprès de tous ceux qui contestent la vision du monde qui est celle du président américain. Concernant l’Iran et le dossier nucléaire, personne ne peut prétendre détenir la clé d’une solution idéale, brandir des certitudes ou donner des leçons de diplomatie. Mais une mise au diapason de Paris sur un George Bush décrédibilisé et en fin de règne est une autre affaire. Même sans certitudes sur l’Iran, ce serait une erreur.”
Etonnant, ce tournant atlanto-sceptique du Monde, s’il se confirme. ça va plus loin que les petites piques du gentil journal de centre gauche au moins gentil Président de centre droit, portant sur le necessaire respect du “pluralisme”, le respect des “contre pouvoirs nécessaires à une démocratie vivante”, voire sur la “dérive bonapartiste” (ouh la la !). ça, c’étaient les critiques bien planplan nécessaires au système pour “se convaincre de sa vertu”, comme vous diriez, me semble-t-il.
Mais que le Monde se démarque de Sarkozy sur une question géopolitique comme celle-là, c’est un développement à suivre. Après, il sera intéressant de voir si le Monde possède toujours l’autorité dont il disposait à une époque pour définir la pensée correcte. Si oui, les politiques devraient s’enhardir pour critiquer Sarko. Hélas pour Le Monde, je ne suis pas sûr que ses avis soient autant redoutés qu’à une certaine époque.
Vous noterez que ce journal pourtant très systémien (justement parce qu’il est systémien, diriez-vous) ne partage pas votre postulat d’une transcendance nationale, ayant survécu à la Révolution, et investissant malgré eux les Présidents, comme jadis les Rois, du souci exclusif de l’intérêt national.
Le Très comme-il-faut Le Monde en devient donc plus radical que vous pour déceler chez Sarko quelque tropisme atlantiste (tropisme dont vous jugez que le Président est sans doute immunisé par sa fonction). Quant à moi, votre très respectable et poétique postulat m’inspire la plus grande sympathie, mais je demeurerai à son égard prudemment agnostique, à cause, peut-être, d’un caractère trop désabusé...
P4
13/09/2007
NATO Happy With Frances Current Role in Alliance
By AGENCE FRANCE-PRESSE, BRUSSELS
NATO affirmed Sept. 12 that it is happy with Frances role within the alliance even though it is not fully integrated into the organizations military structure.
France is a country that contributes a lot, is often among the countries that contribute the most, and that also means to our military operations, NATO spokesman James Appathurai told reporters in Brussels.
No one can say to us that France is not contributing a lot to NATO.
French President Nicolas Sarkozy said last month he would shortly take very strong initiatives to build up European defense and renew the NATO military alliance, while giving France its full place in the organization.
Some experts believe Sarkozy could soon move to end a 41-year French boycott of the North Atlantic Treaty Organizations integrated military command.
Its up to France to decide if it will formally integrate into the military structure, Appathurai said.
It would of course be welcomed by NATO, but I underline that things are working fine at the moment.
France took part in NATO deployments to the Balkans in the 1990s and is part of the NATO-led security force in Afghanistan. It also helped with NATO disaster relief work following the earthquake in Pakistan two years ago.
mortimer
13/09/2007
L’ancien trésorier en chef de la FED n’a plus envie de s’exprimer sur son blog perso selon le NY Times. Rien de bien grave sauf que le fait même de s’étendre sur une anécdote pareille souligne la détresse pathétique des initiés de la finance qui tels des chiens de chasse sont à l’affût du moindre osselet qu’une éminence grise ou verte voudrait bien leur jeter. Mauvaise nouvelle. Il n’y a plus rien à voir. Circulez.
Source: http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=77301
Loïc
13/09/2007
Très bien résumé M. Grasset, pour ceux que le sujet interresse, allez voir La Chronique Agora, dont la chronique quotidienne des évênements est édifiante. Ceux qui veulent bien s’informer ne peuvent pas dire qu’ils ne savaient pas. A moins de s’appeler Trichet Jean Claude.
Charles Lemat
13/09/2007
Cette thèse, laborieusement démontrée dans l’article indiqué, faisait déjà lobjet de quelques réflexions au lendemain même de lévénement. Simple question de bon sens
Enfin, bon sens pour bons observateurs de l’histoire à défaut de bons initiés.
Vertigineuse épaisseur de la complexité des opérations de désinformation : « Les USA perdent les guerres en Irak et en Afghanistan pour les mêmes raisons quils ont perdus tous leurs précédents conflits. Ils ont un avantage numérique et en puissance de feu, comme toujours, mais cela nest finalement pas significatif sur le moyen et le long terme. » C’est dans la bouche de lhistorien Gabriel Kolko, qui répond aux question du Spiegel
Foutaise en fait. LAmérique na jamais perdu une seule guerre. LAmérique a souvent fait croire que Et pour faire croire que, ladministration au pouvoir, forte dune tradition initiatique trois fois séculaire, na jamais hésité à couler ses propres bateaux (guerre de sécession ), à les laisser couler (Pearl Harbour), à trahir ses soldats (Vietnam) ou effondrer ses propres tours symboles et engluer ses contingents (Iraq). Une seule chose est certaine, une seule vérité simpose : lAmérique ne supporte pas une seule année sans guerre. Ce Fatum aux obligations absolues imposera même de presque détruire le pays, en 1929, pour préparer lapothéose de 40-45.
Rakk
12/09/2007
Le surge, ça marche :
http://www.liveleak.com/view?i=78e_1189619041
” That begins with ensuring that America does have the world’s strongest and smartest military force. We’ve begun to change tactics in Iraq, and in some areas, particularly in Al Anbar province, it’s working.
We’re just years too late changing our tactics. We can’t ever let that happen again. We can’t be fighting the last war. We have to be preparing to fight the new war.
And this new war requires different tactics and strategies. We’ve got to be prepared to maintain the best fighting force in the world. “
Le texte entier est ici :
http://www.huffingtonpost.com/2007/08/21/clinton-iraq-tactics-wo_n_61272.html
Frédéric
12/09/2007
Que de théories de complot pour rien.
Il y a déjà dans les 900 armes nucléaires dont 600 destiné aux missiles de croisière dans la base en question :
http://www.fas.org/blog/ssp/images/NotebookMap.pdf
Une demi douzaine de plus ne change quasiment rien au fait qu’il y a largement de quoi rayer une bonne partie de la planète avec ce stock sur place, pas besoin d’en rajouter une demi douzaine.
Au fait, pourquoi donc Poutine ferait voler ses bombardiers armées en permanence et pas les américains ?
Francis
12/09/2007
... général Mahmoud Ahmad, probable financier des attentats du 11 septembre - événement sans conteste le plus marquant de ce début de siècle-, et que l’on laisse à son triste anonymat.
De grands médias avaient bien braqué leur regard sur lui dès les premières semaines post-attentats. Mais rien n’y fait: Mahmoud Ahmad n’intéresse pas. Il n’a pas l’étoffe d’une star. L’ancien chef des services secrets pakistanais reste un homme de l’ombre, qui semble voué à une retraite paisible sur ses terres. Lumière - tamisée - sur un suspect incroyablement tabou. (Au-delà de cet homme, c’est le rôle du Pakistan dans l’organisation du 11 septembre qui est interrogé.)
Ali
12/09/2007
Il est certain que l’objectif premier : lutte contre le terrorisme, et l’invasion et l’occupation de l’Irak ne collent plus. Car la guerre que mène les USA en Irak, retourne la population civile contre elle, ce qui nourrit le terrorisme. Donc à moins de décréter tous les Irakiens comme terroristes, et de tous les tués (sauf la partie kurde qui collabore pour ses propres intérêts), on voit mal une issue raisonnable à cette guerre : il y a eu déjà 650 000 victimes et 1 000 000 de déplacés, ce qui pour un pays de 20 000 000 d’habitants est beaucoup.
Comme je disais la lutte contre le terrorisme et l’occupation de l’Irak ne collent plus, “on” a d’ailleurs inventé d’autres raisons à cette occupation : démocratisation, libération de la population irakienne etc, mais les “Irakiens n’y comprennent rien, et ne sont pas reconnaissants”, il n y a pas que les Irakiens qui ne comprennent pas cette guerre, les Américains eux-mêmes sont perdus. Le plus inquiétant dans cette affaire c’est que ces mêmes Américains ne cherchent pas à retrouver le chemin de la raison et qu’ils s’entêtent, en déployant un sophisme extraordinaire, dans cette folie assassine.
Sans parler du silence complice de l’Occident, soit disant humaniste et raisonnable, les élites et les consciences intellectuels sont mortes et les peuples sont hagards.
René M
12/09/2007
suite fausse manoeuvre au clavier ,je continue le message précédent:
C’est vital le pétrole pour nos économies nous dit-on .
Et voilà -t-il pas qu’ils sont en train de nous inventer les bio-carburants ,à boire pour nos voiture pendant que les hommes auront fain parce que les surfaces consacrées à cette nouvelle folie manquerons aux cultures vivrières et le plus souvent dans les pays souffrant déjà de ce problème, et les cours des céréales grimpent déjà
le pétrole rapportait pas assez ou son manque se profile à l’horizon qu’il faut inventer cette connerie pour gagner plus
Donc leçon encore ,savoir débusquer les mensonges et les folies des scélérats .Savoir ne pas être complices.
Se rappeler, autre leçon, que nous participons tous, fûsse à notre insu à l’Histoire du Monde. Nous ne sommes pas hors du monde . Nous sommes dedans ! et ce qui arrive dans ce tourbillon de folie ,en y réfléchissant bien tient un peu à nous individuellement, et beaucoup collectivement
L’effet Maistrien c’est cela :La somme de nos conneries individuelles ,nos refus de voir que nous soyons petits… ou grands… scélérats
pris dans le système nous sommes, c’est bien SYSTEMIQUE
Nous sommes des scélérats à notre échelle.
Je prétends par ailleurs que le plan fou du 9/11 avait pour but 2 volets directs : Motiver les opinions pour faire accepter et permettre d’aller en Afganistan d’une part et en Irak d’autre part .
Plus un volet général d’ acceptation de mesures liberticides et diffusion de l’idéologie de “Guerre à la terreur” .
Une “Terreur Fabriquée” comme le dit W. Tarpley ce qui rejoins “La Fabrique du Consentement” de Chomsky (Manufacturing Consent )
Fabriquée et “préventive” comme disent les maître-scélérats,pour maintenir ce monde ou les richesses sont si mal partagées au profit des “Uns” pour prévenir le fait que “les Autres” pourraient (ou commençaient… à donner des signes ,admettons cela quand même) se rebeller et devenir des terroristes en puissance.
Guerre à la terreur donc
Je termine en donnant le lien pour cette histoire de biocarburants ,la page de ce lien donne aussi d’autres liens sur ce sujet
http://www.jp-petit.org/dangers/Dangers_biologie/danger_biocarburants.htm
Vous y trouverez un dessin qui illustre génialement ce problème
René M
12/09/2007
Ma vision des choses de ce jour diffère légèrement.
Le 9/11 la Démocratie Américaine s’est en quelque sorte “suicidée” par la plongée dans le trou noir que vous évoquez et nous a entraîné (l’occident ,et la civilisation qui s’en réclame) dans ce grand plongeon, puisque nous avons intériorisés, au moins pour la plus grande partie des opinions individuelles les idées qu’il fallait que ces opinions intériorisent, qu’elles ACCEPTENT ces idées
Petite digression si le suicide à eu lieu ce jour là elle était malade depuis longtemps cette Démocratie (1929 la grande dépression, est une étape marquante de la crise larvée quasi permanente déjà du système ) Malade sous les coups de boutoirs des passions égoïstes des appétits et de la corruption.
<
>
Sans plan ! Non .Plans fous ! Oui certainement.
laQue les scélérats qui ont déclenché cette folie ce jour là soientt entrainés aujourd’hui et depuis dans le tourbillon des événements produits par leurs passions déchaînées Oui .
Quelles leçons que les hommes auraient-ils à tirer de la catastrophe que ces plans fous ont produit.
Plusieurs de leçons ,et d’abord celle que les scélérats n’accomplissent leur plan fous que par ce que nous les laissons faire ! parce que nous nous laissons abuser par leur mensonges ,entrainés enchaînés ,complices ne serait ce que par les habitudes de consommations par lesquelles nous sommes conditionnés.
Du pétrole pour nos voitures,c’est vita
Misanthrope modéré
11/09/2007
Pour laisser un peu de côté la vie politique et parler de la ligne des médias - reflétant le conformisme du monde actuel, selon M. Grasset - l’édito du Monde du 11 seprembre 2007 ressemble sérieusement à une “prise de distance” avec l’atlantisme qui n’est plus si loin du lâchage. Bon, ils ne sont pas encore sur la ligne de DeDefensa (ce serait quand même le comble, et pourtant on retrouverait presque certains accents, notamment dans le titre, “Vanité de la puissance”). La conclusion de l’article, présentée en termes plus accommodants pour l’Amérique, évoque l’embarras des élites conformistes européennes, nostalgiques de l’Amérique d’“avant”, et qui n’aiment pas les choix devant lesquels les place à présent ce pays, notamment sur l’Iran.
Je cite les passages les plus caractéristiques :
> le premier évoque l’échec de la révolution dans les affaires militaires, souligné par DeDefensa : “La révolution technologique dans les affaires militaires ne paraît pas plus adaptée à cette situation que les gros bataillons.”
> Le second expose l’alternative que redoutent les Européens a priori bien disposés envers l’Amérique (les atlantistes modérés) : “En attendant, [Bush] place les autres démocraties occidentales et ses alliés dans une position des plus inconfortables, partagés entre la désapprobation d’une politique dangereuse et les pétitions d’amitié pour un grand peuple qui se trompe”. L’édito fait visiblement référence au problème iranien. Amusant, quand même, le reproche d’être “placé dans une position inconfortable”. :-)
On notera que, malgré le nécessaire hommage (“grand peuple”), l’édito mouille le peuple américain dans la politique de Bush (“grand peuple qui se trompe”), alors que ce type de journaux salue en général dès qu’il le peut “le retour de l’Amérique qu’on aime” et qu’après tout, la cote de popularité actuelle du président américain aurait pu suggérer une dichotomie entre “le peuple” et “le gouvernement” des Etats-Unis…
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Le texte lui-même :
Vanité de la puissance
Voilà six ans, les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center à New York et contre le Pentagone à Washington faisaient éclater la contradiction entre la toute-puissance et la vulnérabilité américaines. Pour la première fois depuis la guerre avec la Grande-Bretagne, en 1812, les Etats-Unis étaient agressés sur leur sol. Ils ont réagi en “hyperpuissance”, cherchant à entraîner derrière eux leurs alliés et, au-delà, toute la communauté internationale dans une guerre totale contre le terrorisme.
Ils ont réussi à former cette “coalition des volontaires” pour combattre en Afghanistan les talibans, qui avaient accueilli et soutenu Ben Laden. Ils ont échoué à reconstituer cette alliance quand ils ont voulu chasser Saddam Hussein du pouvoir par la force. La solidarité quasi spontanée dont ils avaient été l’objet, au lendemain du 11 septembre 2001, s’est muée au mieux en méfiance, au pire en hostilité. Jamais la cote de popularité des Etats-Unis, et de leur président, n’a été aussi faible sur tous les continents.
En multipliant les contrôles et en n’hésitant pas à limiter les libertés individuelles (surtout celles des étrangers sur leur sol), les Américains ont pu jusqu’à maintenant se mettre à l’abri de nouveaux attentats d’Al-Qaida. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont devenus plus imperméables à de telles attaques que les autres démocraties. Six ans après le 11 septembre 2001, ils sont à peine moins vulnérables et ils ne sont plus tout-puissants. Si les Etats-Unis restent le pays le plus fort militairement, leur puissance se heurte sur le terrain, en Afghanistan comme en Irak, aux dures réalités de la guerre de guérilla. La révolution technologique dans les affaires militaires ne paraît pas plus adaptée à cette situation que les gros bataillons.
Sur le plan politique, le bilan de ces six dernières années n’est pas plus brillant. L’idée utopique de démocratisation du Grand Moyen-Orient s’est enlisée dans les sables de la Mésopotamie. En revanche, l’“axe du mal” s’est renforcé avec l’Iran d’Ahmadinejad. Celui-ci cherche à tirer profit de l’impopularité des Américains - et des Occidentaux en général -, qu’il juge partout sur la défensive, de l’Afghanistan à la Palestine. Persuadé que George W. Bush, pris dans le bourbier irakien, ne peut se lancer dans un autre conflit, il continue son programme nucléaire sans prêter attention aux avertissements et aux sanctions.
Le président américain est convaincu que les difficultés présentes ne sont que des péripéties, comparées au jugement de l’Histoire, qui lui rendra justice. En attendant, il place les autres démocraties occidentales et ses alliés dans une position des plus inconfortables, partagés entre la désapprobation d’une politique dangereuse et les pétitions d’amitié pour un grand peuple qui se trompe.
(http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-953724,0.html)
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A mettre en parallèle avec cet édito, un article de Mme Bacharan “rêvant à” (implorant ?) un New Deal international, pour “un nouvel atlantisme”.
Un New Deal international, qu’est-ce que c’est ? Le New Deal première version était “national”. Pour sortir de la crise nationale de 1929, il a été décidé de changer de cap, de mener une politique plus redistributrice, keynésienne.
De quoi s’agirait-il, transposé au plan international ? Bacharan évoque les “demi-soldes” du camp anti-Américain (jihadiste) qu’il serait possible d’“acheter”. Le “New Deal” fait référence à une solution “sociale” de la crise. On prend davantage aux riches pour donner aux pauvres. Mme Bacharan laisse-t-elle donc entendre que “les causes du terrorisme” sont pour partie sociales, et que l’Amérique doit transférer plus d’argent au reste du monde pour ne pas être prise à partie ?
Cette “demande” ou “suggestion” d’un New Deal arrive un peu tard parce que lorsque les vilains étatistes ringards européens avaient respectueusement demandé cela à l’Amérique, cette dernière les avait renvoyés dans leur buts. Maintenant, Mme Bacharan suggère une “réponse sociale” aux griefs du reste du monde puisque, laisse-t-elle entendre, l’Amérique n’a plus le choix. Mais pourquoi n’a-t-elle plus le choix ? A cause des méchants terroristes totalitaires qui réussissent là où les Européens polis auront échoué : diminuer la pussance de l’Amérique, gagner le bras de fer contre elle.
Mais les forces non occidentales ne seront peut-être pas prêtes comme les Européens à un compromis raisonnable avec l’Amérique. Après tout, ils savent que lorsque celle-ci n’est pas obligé de bouger d’un iota, elle ne le fait pas. Maintenant qu’elle (ou du moins les pro-Américains raisonnables) implore un compromis (un armistice ?), pourquoi les anti-Américains non-occidentaux laisseraient-ils ainsi les Américains botter en touche ?
J’irais plus loin, et c’est plus embêtant pour nous, Européens. Les forces antiaméricaines non-occidentales (djihadistes, mais aussi Russes, Chinois) savent qu’elles ne doivent rien aux Européens, s’agissant d’avoir fait plier l’Amérique. Ces derniers ont au mieux “mis en garde l’Amérique”, mais ils n’ont consenti aucun sacrifice sérieux (pas même les fameux altermondialistes), ont encore moins versé leur sang comme les insurgés/terroristes en Irak.
Les forces non-occidentales ne créditeront donc pas forcément les Européens de leur “distanciation” vis-à-vis de l’Amérique. Si l’Amérique ne réussit pas l’aggionarmento envisagé par Mme Bacharan, hypothèse qui semblera le plus vraisemblable aux lecteurs de DeDefensa, l’Europe devra donc prendre garde également au ressentiment des “anti-occidentaux”, qui ne voudraient pas se limiter à être “anti-Américains”.
Cordialement.
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