“Rien ne sera plus comme avant”: Bingo...

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“Rien ne sera plus comme avant”: Bingo...

Il y a désormais cinq mois que la crise Covid19 a atteint son régime de croisière en se révélant comme une pandémie mondiale d’une extrême gravité, – ou, dans tous les cas en étant perçue comme telle, ce qui a alimenté nombre de polémiques. Cette crise a agi comme un détonateur, une provocatrice, un désinhibiteur (par rapport à la perception de la vérité-de-situation de la crise du Système) ; elle se confirme donc, de notre point de vue, comme le signe le plus puissant et le plus décisif signalant que la Grande Crise d’Effondrement du Système est en route.

Covid19 agit comme un nœud coulant ou un collier étrangleur : dès qu’on veut desserrer son étreinte, de multiples polémiques surgissent, qui dans un sens (accélérer le mouvement), qui dans l’autre (freiner). L’incertitude est complète au niveau de la communication sur l’orientation de la pandémie, tout comme sur les questions annexes qu’on aurait pu croire résolues (le port du masque, les tests, la situation de confinement, etc.). L’évaluation globale actuelle est double :
1). D’une part, la pandémie n’a jamais infecté autant de monde du point de vue de l’expansion de l’infection, avec une variation quant aux pays les plus durement touchés (les USA étant les plus touchés, et depuis le plus longtemps) ;
2). D’autre part, certains évaluations, certains pays, mettent en avant la possibilité, sinon la probabilité d’une “deuxième vague” dès le mois d’août.

La politisation de la pandémie est complète, elle est identifiée à des positions politiques générales, en politique intérieure comme en politique extérieure, et elle joue un rôle important et peut-être fondamental dans des événements politiques. La situation politique aux USA est exemplaire à cet égard. Covid19 est un facteur important dans plusieurs situations fondamentales :
• dans l’élection présidentielle (mais on ignore dans quel sens) ;
• dans les oppositions exacerbée entre conservateurs et progressistes-sociétaux se retrouvant au niveau de Covid19 dans l’hostilité au confinement et la poussée de l’activité économique (conservateurs proTrump/républicains), et avec l’attitude inverse de l’autre côté (progressistes-sociétaux/démocrates) ;
• dans le fait que l’ensemble des effets sanitaires (psychologiques) et sur les libertés du Covid19 avec son confinement est jugée comme l’un des événements à la base de la situation de désordre et de tension sociale depuis le 25 mai (mort de George Floyd et mouvement Grande-Émeute2020) ;
• dans les tensions extrêmement vives entre le pouvoir fédéral (Trump) et un grand nombre de pouvoirs régionaux et locaux (niveau des gouverneurs et des maires, essentiellement démocrates) sur les mesures à prendre, et dans quel sens.

Les conséquences économiques structurelles, de type commercial et industriel, commencent à prendre forme d’une façon convaincante et particulièrement déstructurante dans le sens d’un freinage général extrême. Parmi les divers problèmes à long terme, il y va celui de la prudence, sinon de la crainte des plus grands groupes d’investir dans l’expansion et les efforts R&D (c’est-à-dire essentiellement dans les développements technologiques) dans une période de crise où le risque de faillite ou d’effondrement est extrêmement élevé. Cela implique la quasi-impossibilité d’envisager des initiatives novatrices, soit pour relancer les activités, soit pour les adapter à des situations nouvelles ; il s’agit d’une entrave considérable à un redémarrage de l’économie, et achève dans tous les cas de juger quasiment impossible un retour au rythme et à l’évolution d’“avant”..

L’industrie d’“avant-garde” dans le sens de la catastrophe est bien entendu l’industrie aéronautique, dans sa branche civile, avec l’effondrement des compagnies aériennes de transport à cause d’une réduction considérable des déplacements touristiques (frappant de pleine fouet l’industrie du tourisme) aussi bien que professionnels. Les chiffres et les pourcentages, – essentiellement pour les industries aéronautique, du transport aérien et du tourisme, – sont connus et ils sont abyssaux, sans possibilité d’envisager sérieusement une reprise : 50% de passagers en moins pa r rapport à 2019 et $250 milliards de pertes pour le transport aérien en 2020, selon l’IATA, et selon une évaluation optimiste.

Une description parmi d’autres, celle-ci du Dr. Karin Kneissl, analyste universitaire autrichienne des questions d’énergie :

« Les aéroports sont déserts, les avions sont “encoconnés” et l’argent manque. Coincée entre les aides d’État et le territoire inexploré des limbes, l’industrie de l’aéronautique, déjà chancelante, est détruite par l’épidémie de Covid-19.
[...]
» Depuis le mois de mars de cette année, l’arrivée de Covid-19 et les fermetures d’aéroports, l’industrie aéronautique est confrontée à la plus terrible crise de son histoire. Des centaines de milliers d’employés ont été licenciés, des plans de sauvetage d'État ont été mis en place et l’incertitude plane sur l’avenir.
» L’été, la haute saison pour le transport aérien, s’annonce catastrophique alors que la pandémie se prolonge, que le virus mute et que la deuxième vague tant redoutée empêche les gens de voyager. Le plus décourageant, et à juste titre, est la possibilité d’arriver à bord avec de fortes températures et de ne pas être autorisé à décoller pour la destination annoncée.
» Nous préférons plutôt rester sur place, chez nous, et nous promener dans les villes de notre pays. Dans un certain sens, beaucoup de gens ont vraiment intériorisé le confinement. Une véritable fermeture d’esprit s’est installée. Le temps des voyages faciles et sans effort, autrefois accessibles via les brochures de voyage et l’internet, semble être révolu. »

A mesure que passe le temps de la crise et que le délai à perte de vue se confirme et s’allonge, les prévisions elles-mêmes s’allongent et donc s’aggravent, et de plus en plus apparaît possible une sorte de révolution où l’industrie aéronautique civile euro-américaniste avec les compagnies de transport serait confrontée à une galopade réductionniste uniquement contenue par des nationalisations massives ; tandis que la situation serait massivement différente à l’inverse pour un ensemble de deux pays, aux intérêts communs dans ce domaine, aux industries arrivées au stade de développement et de production, et avec d’immenses territoires nécessitant de nombreux vols intérieurs, – la Russie et la Chine, bien entendu.

Cette crise de l’industrie de prestige et de masse, de haute technologie et de surpuissance économique, le fleuron stratégique de l’arsenal de la postmodernité, mesure sans le moindre doute la formidable dimension du choc causé par Covid19. Ce choc est d’abord psychologique, avant tout autre aspect, comme on peut reconstituer la chose selon des références diverses. C’est ce que note la philosophe Chantal Delsol, dans une interview au Figaro déjà vieille de trois mois, mais confirmée par des faits et de ces références que nous-mêmes avons signalées :

Le Figaro : « Près de trois milliards d’êtres humains sont confinés. Cette crise que nous vivons n’est-elle pas la première crise universelle ? »

Chantal Delsol : « La première épidémie mondiale, certainement pas, mais la première qui nous fait si peur. La grippe asiatique de 1957 avait fait 2 millions de morts et 15 000 (estimation basse) en France. La grippe de Hongkong en 1968-69 avait fait 1 million de morts dans le monde et 30 000 morts en France, dont 25 000 rien qu’en décembre 1969, dans l’indifférence complète. Il faudrait étudier notre perception de la pandémie plus que la pandémie elle-même.
» Cela dit, notre époque n’a pas la primeur de la mondialisation, ni des maladies ; quand la peste ou le choléra frappaient nos ancêtres, ces fléaux arrivaient de loin. Les maladies passaient d’Asie en Europe et le contraire avec aisance, même si c’était moins rapide qu’aujourd’hui. La peste noire qui dévasta la France à partir de 1347 venait de Crimée. Le Grand Saint Antoine, navire qui apporta la peste à Marseille en 1720, arrivait de Syrie. Aujourd’hui, ce n’est pas la mondialisation qui est en cause, mais son accentuation et même sa généralisation. Un pas est franchi. Ce que cette généralisation du mondial détraque, nous n’avons pas les moyens d’y remédier: c’est le spectacle de cette impuissance que nous avons sous les yeux. »

Évoquer la première pandémie “qui nous fait peur”, et ce « Il faudrait étudier notre perception de la pandémie plus que la pandémie elle-même... », ce sont des domaines de la psychologie. Pour cette raison, et sans nécessairement se référer aux innombrables complots qui ont aggravé la perception de l’épidémie jusqu’à l’hystérie, l’obsession et la panique, il y a une très-grande possibilité que Codiv19 pèse de tout son poids sur la situation du monde pendant bien plus que “des mois”, peut-être bien “quelques années” pour rester raisonnable, en attendant les pandémies suivantes qu’on nous prépare, selon Israël Shamir... Peu importe la véracité de cette prévision, sinon la confirmation que Covid19 est bien, d’abord, avant toute autre chose, une crise de l’effondrement de notre psychologie, entre simulacres, complots, postmodernité humanitariste, déstructuration environnementale due à la surpuissance du Système... Une crise de l’enfermement dans la GCES, où la psychologie ne parvient plus à envisager de revenir à “la normale” de l’ère postmoderne.

« Rien ne sera plus comme avant », disait cet intellectuel : il ne se trompait pas, alors que même le temps-long accélère et se précipite, et que nous nous trouvons dans l’‘après’, lorsque rien n’est déjà plus comme avant. Même les mots les plus honnis de notre vocabulaire religieux d’‘avant’, – “nationalisation” et “protectionnisme”, – sont de retour, notamment dans le domaine de la sécurité, des armements et du reste, un domaine qui continue à bien marcher, la seule part de l’aéronautique qui traite Codiv19 avec mépris ; et seul ce duopole  nationalisation-protectionnisme assurerait une nécessité de poursuivre un développement industriel extrêmement sélectif...

Il faut ajouter pour conclure que, bien entendu, nous ne parlons pas que des masques : des indications de plus en plus nettes nous montrent que la “nationalisation” des géants de l’industrie d’armement est déjà clairement envisagée, – même s’ils rechignent, comme Boeing, – tandis que le Pentagone travaille à réinstaller aux USA la production de tous les composants de ses innombrables systèmes d’armes qui avaient été délocalisés dans des pays étrangers (y compris en Chine, horreur !), pour motifs d’économie, – et l’on sait bien que le Pentagone est passé maître dans la gestion de l’économie des choses, surtout les plus complexes et les plus chères. Cela s’appelle du protectionnisme, ce qui n’est pas surprenant de la part des USA, mais qui est cette fois affichée, conduisant les autres, nolens volens, à faire de même ; y compris, peut-être bien, la vertueuse et religieusement-libérale Europe..

 

Mis en ligne le 19 juillet 2020 à 19H00

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