LeMay déconstruit et reconstruit

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LeMay déconstruit et reconstruit

• Il faut convenir que le célèbre général de l’USAAF puis de l’USAF, le très-américaniste, – ô combien, – Curtiss LeMay rythme nombre de nos appréciations du conflit opposant Israël et le Hamas, jusqu’ici surtout au moyen d’une terrible offensive aérienne de destruction massive. • En 2006 déjà, lors de l’épisode Israël-Hezbollah, l’inspirateur était en effet ce général amoureux fou et froid de la destruction totale par les cieux, et le résultat fut piteux ; mais en 2006 ce n’était qu’un faux-pas malheureux, aujourd’hui c’est une fin de parcours, – et l’inspirateur est toujours le même... • Il y a une extrême similitude entre 2006 et 2023, qui est surtout technologique, doctrinale, et politique réduite à l’insoluble problème israélo-palestinien ; et une extrême différence : 2006 n’avait guère de chance d’avoir quelque effet hors de son champ géopolitique, tandis qu’aujourd’hui c’est toute la planète qui subit cette crise comme on contrecoup de plus dans l’inévitable GrandeCrise . • Mais rien n’arrête le “fanatisme technologique” hérité du général Le May, et qui roule, qui roule...

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5 novembre 2023 (15H50) – C’est bien souvent, en effet, qu’il est fait ici appel à la référence du général de l’USAF Curtiss LeMay, à propos de la crise Israël-Hamas. A cet égard, il y aussi le rappel de nombreux textes de la “guerre” entre Israël et le Hezbollah à l’été 2006, sur laquelle, dans tous les cas, plana l’ombre de LeMay. Il y a une continuité dans tout cela.

D’abord, une remarque d’ordre général, qui vient d’une plume et d’un site qui n’ont pas l’habitude d’argumenter sur des apitoiements et selon la logique faussée de l’affectivisme. Dans ce cas pourtant, et spécifiquement celui de l’offensive aérienne de l’IDF contre Gaza, cette référence doit être évoquée non pour faire usage de sa “logique faussée” mais pour mesurer l’ampleur et les conséquences de certains faits. C’est ainsi que l’un des plus récents textes de Larry Johnson, ce dissident de la CIA, ainsi qu’une table ronde particulièrement grave et pathétique de ‘Judging Freedom’, l’émission de commentaire du juge (à la retraite) Andrew Napolitano avec ce même Johnson et son compère Ray McGovern, témoignent de ce climat d’extrême gravité des faits d’affrontement et de très-probables crime de guerre de l’actuelle “guerre” entre Israël et Gaza.

Note de PhG-Bis : « Plutôt que nommer “Hamas”, PhG préfère dans ce cas la désignation géographique de “Gaza”. On verra plus loin que c’est pour mieux justifier le rappel d’une thèse particulièrement grave que nous avions présentée à l’été 2006. »

Donc, pour avancer dans la précision du propos, une citation du texte de Johnson n’est pas inutile (en plus de l’audition, chaudement recommandée, de la table ronde autour de Napolitano). Johnson présente dans ce même texte des vidéos de scènes particulièrement brutales suivant une attaque aérienne, d’enfants morts, de débris humains, de panique à l’entrée d’un hôpital attaqué, etc.

« Je continue de marteler le thème selon lequel les attaques aveugles d’Israël à Gaza, tout en étant louées ou tolérées en Occident, ont l’effet inverse dans le reste du monde. Les bombardements et les mitraillages de civils palestiniens dans des hôpitaux et des écoles alimentent une indignation croissante en dehors de l’Occident et retournent contre eux de nombreux pays qui entretenaient des relations raisonnablement fortes avec Israël. J'avais noté dans un article précédent que le Chili, la Colombie et la Bolivie avaient rappelé leurs ambassadeurs, ce qui constitue de facto une rupture des relations. Nous pouvons désormais ajouter à cette liste Bahreïn et le Honduras.

» Il existe un consensus croissant au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie selon lequel Israël commet des crimes de guerre. Israël, s’il espère survivre, ne peut pas le faire en s’aliénant les nations qu’il considère comme ses amis. La Turquie est la plus alarmante. Elle a maintenu des liens étroits avec Israël même lors de l’invasion du Sud-Liban en 2006. Pas maintenant. Cette relation est rompue...»

Restons à LeMay. Il s’agit ici de rappeler certains faits et précisions de la guerre de l’été 2006, et notamment, précisément pour notre propos, les activités aériennes de l’IDF contre le Liban qui avaient provoqué des citiques professionnels et doctrinaires contre le chef d’état-major général, le général Halutz, premier CEM venu de la direction suprême de la Force Aérienne. On rappelle ici un passage d’un texte de septembre 2006, repris récemment :

« Le plan israélien portait bien entendu la forte marque du chef d’état-major israélien, le Lieutenant General Halutz, le premier chef d’état-major israélien venu de la Force Aérienne. Halutz, chaud partisan de la puissance aérienne, s’inspire directement de l’école américaine du bombardement massif, telle que le General Curtiss E. LeMay l’a développée entre 1943 et 1965. A l’image de LeMay, Halutz a remplacé les considérations politiques autour de la guerre par la croyance dans la technologie et il l’exprime froidement, sans considération pour les commentaires humanitaires ; Alexander Cockburn le décrit de cette façon :

» “Dan Halutz est dans la tradition de LeMay, un rustre brutal. Il a soulevé une tempête lorsqu'on lui a demandé quels sentiments, quels tremblements moraux il avait pu ressentir lors du largage d'une bombe d'une tonne sur une maison de Gaza. Halutz a répondu avec humour qu'il n'avait ressenti qu'un léger tremblement dans l'aile de l'avion”. »

... Or, ce que nous rappelle également une consultation attentive des évènements de juillet-août 2006, c’est la dimension aérienne (qui fut justement l’objet des critiques contre Halutz) de la bataille contre le Hezbollah, qui fut l’esquisse d’une campagne aérienne stratégique d’anéantissement, – celle-ci, rapidement éclipsée puis stoppée, par la situation de l’affrontement terrestre où “Tsahal devenu IDF” se trouva en très grande difficultés devant les guerriers du Hezbollah.

C’est sur cette dimension que l’on veut revenir, et la forme qu’elle menaçait de prendre, qu’elle aurait prise si l’offensive s’était poursuivie. On reprend ici un texte de commentaire du 2 août 2006 sur la guerre en cours alors  et l’on admettra qu’il n’y a pas beaucoup de paragraphe ou de remarques à modifier pour celle d’aujourd’hui. Simplement, vus l’ampleur du carnage de Gaza, l’impasse qui est au bout de cette entreprise, l’effondrement de la puissance tutélaire et protectrice des USA, cela ressemble aujourd’hui plus à une fin de course décisive qu’à une étape particulièrement malheureuse comme fut juillet-août 2006...

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L’ombre civilisatrice de Curtiss LeMay

2 août 2006 — Quelle est la logique des attaques aériennes israéliennes contre le Liban ? Dans sa chronique du 1er août, sur Antiwar, Patrick Buchanan en résume parfaitement les effets en citant quelques responsables israéliens :

« “Tout le monde au sud du Liban est un terroriste et est lié au Hezbollah”, a hurlé le ministre israélien de la Justice, Haïm Ramon, le 27 juillet.

» “Chaque village depuis lequel un Katyusha est tiré doit être détruit”, a hurlé un général israélien dans une citation diffusée par le plus grand journal du pays, Yedioth Ahronoth.

» Le journal israélien a ensuite résumé les propos du ministre de la Justice et du général : “En d’autres termes, un village depuis lequel des roquettes sont tirées sur Israël sera tout simplement détruit par le feu.” C'était jeudi. »

On pourrait être tenté de nommer cela “la responsabilité collective”. Cette explication trop générale demande à être affinée.

La caractéristique de l’application de ce concept dans ce cas est qu’il est appliqué, non en fonction d’une adhésion collective ou individuelle, non en fonction d’un engagement idéologique, ni même d’une façon certaine en fonction d’une appartenance ethnique (raciale) mais en fonction d’une localisation géographique [c’est-à-dire géopolitique]. Cela signifie in fine: tous les habitants des villages, de la région, de la zone d’où on a tiré un missile sont aussi coupables que les hommes du Hezbollah et seront éventuellement éliminés pour la simple raison qu’ils sont là. C’est parce qu’il ne peut être absolument prouvé qu’ils soutiennent tous le Hezbollah ni même qu’ils sont tous des chiites qu’on doit refuser ici l’explication de la discrimination idéologique ou ethnique. Seule compte la discrimination géographique/géopolitique.

Il s’agit d’une conception mécaniste et nullement idéologique et raciale (quelles que soient par ailleurs les intentions et les imprécations des tenants de cette conception, et les accusations de leurs adversaires). Elle a directement à voir avec les moyens employés : l’arme aérienne et le bombardement. On peut même dire que c’est le moyen mécanique employé (l’arme aérienne et le bombardement) qui dicte la conception. Le but de la chose se trouve enfermé dans le moyen de la faire et, bientôt, complètement justifié par ce moyen. C’est pourquoi on peut justement proposer l’expression de “conception mécaniste”.

D’où vient cette conception? Si elle devait avoir un nom générique, nous lui donnerions celui-ci, que nous empruntons à l’historien Michael Sherry : le “fanatisme technologique”. Signe des temps et de notre modernité, le “fanatisme technologique” a la particularité redoutable, pour un “fanatisme”, d’être enrobé dans une gangue opaque et quasiment impénétrable de rationalité bureaucratique.

Le “fanatisme technologique” guide nos pas

Il est tentant de voir chez les Israéliens, qui pour les excuser, qui pour les accuser de se chercher un prétexte pour leur action militaire, la référence à l’holocauste. Eux-mêmes ne s’en privent pas dans l’argumentation médiatique de leur cause. L’holocauste est un thème obsessionnel dans le débat idéologique soi-disant actuel ; cela induit que ce débat se réfère au passé ; il s’y réfère comme pour s’y réfugier, pour mieux retrouver des choix et des vertus verrouillés (dans les deux sens, puisque choix et vertus prolifèrent dans les deux camps selon les points de vue), pour mieux éviter les difficiles problèmes actuels. (Notre débat idéologique est évidemment déconnecté de la crise présente, de façon à nous éviter la difficulté des choix et l’angoisse des révisions de la pensée.)

Par conséquent, il y a deux “holocaustes”. Il y a l’événement historique lui-même (même si certains, pour le radicaliser jusqu’à l’absolu, lui dénient son historicité) ; il y a l’événement de communication, objet d’une manipulation comme c’est le courant dans cette activité (manipulation dans les deux sens : favorable ou défavorable aux Israéliens), qui fait de l’holocauste un outil d’influence politique. Aucun des deux “holocaustes” ne nous paraît convenir comme référence ici. Le seul cas où la référence est de quelque intérêt pour le problème que nous traitons est dans l’interprétation de certains auteurs (particulièrement le professeur américain et expert reconnu de la Shoah Richard L. Rubenstein dans ‘La perfidie de l’Histoire’) qui lient l’holocauste à la modernité et aux moyens qui la caractérisent, particulièrement la technologie, la rationalisation capitalistique et la bureaucratie qui l’opérationnalise. (Selon Rubenstein, sans la disposition de ces moyens de la modernité symbolisés par le choix du site d’Auschwitz par I.G. Farben [Rubenstein, p.91-92], l’holocauste n’aurait pas eu l’ampleur et la forme qu’il eut.)

Note de PhG-Bis, en ajout-2023 : « Parmi les textes citant Rubenstein et son rapprochement lumineux entre le capitalisme-extrême et les camps de la mort, on peut citer celui-ci et observer dès lors que, dans l’esprit de la chose, le Gaza de Netanyahou-Biden n’est indirectement pas très loin de la Shoah de Hitler :

» “Ces remarques nous sont inspirées par le livre ‘La perfidie de l’Histoire’, du professeur Richard L. Rubenstein. (Publié aux USA en 1975, il a été rte-publié en français aux éditions du Cerf, en 2005). Rubenstein montre avec une grande précision les similitudes du mécanisme qui aboutit aux camps d’extermination nazis et du mécanisme capitalisto-bureaucratique du système de l’américanisme et de son extension globalisée :

» “‘Avec le temps, il devient évident que les atrocités perpétrées par les nazis dans leur société de domination totale, comme les mutilations et expériences médicales meurtrières sur des êtres humains, ainsi que l’utilisation des esclaves dans les camps de la mort, ne sont que la logique extrême des procédures et conduites prédominantes dans les entreprises modernes et le travail bureaucratique’.”»

Ces derniers mots venus de Rubenstein (notamment technologie et bureaucratie) nous indiquent la direction à suivre. Nous pouvons alors retrouver notre fil d’Ariane dans l’explication du phénomène israélien, constitué par le lien quasiment génétique, par greffon si l’on veut, avec le Pentagone depuis les années 1980-85. L’explication historique et intellectuelle de la technique suivie par les Israéliens devrait être parfaitement fournie par ce passage de ‘House of Power’ de James Carroll . L’extrait vient des pages 99-100 :

« Avant l'attaque du 6 août [1945] sur Hiroshima, et sans y faire référence, le Weekly Intelligence Review, une communication envoyée aux officiers de l'AAF effectuant des missions quotidiennes contre des villes japonaises, définissait ce qu'était devenu l'objectif global : “Nous avons l'intention de rechercher et détruire l'ennemi où qu'il se trouve, en plus grand nombre et dans les plus brefs délais. Pour nous, il n’y a pas de civils au Japon”. [Le général Curtiss E.] LeMay avait probablement cette déclaration à l’esprit lorsque, longtemps après la guerre, il expliqua la raison de sa campagne en disant [à l’historien] Michael Sherry : “Il n’y a pas de civils innocents. C’est leur gouvernement et vous combattez un peuple, vous ne combattez plus une force armée. Cela ne me dérange donc pas tellement de tuer des passants soi-disant innocents. […]

» La guerre aérienne avait, en effet, redéfini la guerre elle-même, et c'est vers ce changement que les Américains ont détourné leur regard, à la fois à l'époque et depuis. Le ‘déni’ militaire n’était plus suffisant – le déni de la capacité d’un ennemi à conquérir ou à tenir. La ‘coercition’ militaire n’était plus suffisante : plier la volonté de l’ennemi à la sienne. Élimination. Extermination. Oblitération. Ce sont ces mots qui ont commencé à dominer le vocabulaire martial, au moment même où un système d’armes éliminationniste rejoignait l’arsenal. Contre tout objectif ouvertement déclaré, les États-Unis ont adopté une stratégie d’anéantissement aérien, parce qu’ils le pouvaient. C’était comme si la psyché américaine avait elle-même été occupée par une force envahissante, dirigée par des gens comme LeMay et Groves, devant la certitude insensible dans laquelle devait tomber l’ambivalence tortueuse des autres.

» Sherry appelle ce nouveau trait psychologique “fanatisme technologique” et le décrit comme une incapacité à relier les moyens aux fins. “Au fond, le fanatisme technologique était le produit de deux phénomènes distincts mais liés : l’un – la volonté de détruire – ancienne et récurrente ; l'autre — les moyens techniques de destruction — modernes. Leur convergence a entraîné le mal des bombardements américains. Mais c’était un péché d’un genre particulièrement moderne parce qu’il semblait si involontaire et impliquait si peu de choix. Ce désordre a infecté les aviateurs, les scientifiques et les hommes d’État qui les dirigeaient. Mais peut-être que le mot ‘fanatisme’, défini comme ‘une croyance irrationnelle et souvent extrême’, donne trop de crédit à ce phénomène. Croyance ? Croire en quoi, exactement ? Mieux vaut y voir du nihilisme pur et simple. »

On observera que la description s’adapte parfaitement à ce qu’on perçoit du comportement des Israéliens (des Américains aussi, bien entendu, pour eux la question ne se pose même pas). Il y a chez les Israéliens une vision théorique et abstraite de l’ennemi, laissant par ailleurs le champ libre à toutes les caricatures soi-disant idéologiques, qui permet à ce “fanatisme technologique” de se développer sans obstacle. Les tactiques de Tsahal ont changé dans le même registre en devenant IDF, avec le retrait grandissant des forces terrestres dans l’ordre de la bataille. Aujourd’hui, la force aérienne conduit la bataille, elle dicte les orientations, les objectifs, la planification des forces terrestres. Ce qui était présenté comme une “préparation aérienne” à la bataille terrestre est devenu le premier acte et l’acte essentiel de la bataille (acte premier chronologiquement et premier en importance). Dans cette logique, la notion d’ennemi s’est standardisée et s’est étendue à tous les occupants de l’espace géographique [devenant espace géopolitique] qu’il importe à la fois de punir, de neutraliser, de réduire et de transformer.

Cela ne signifie pas que l’emploi des forces terrestres n’est pas envisagé. Il est secondaire de l’action aérienne et prend d’ailleurs une forme assez proche dans sa finalité théorique. Les formules de “sécurisation” de la zone-frontière du Sud Liban (autrement dit : terre brûlée et nettoyage ethnique) relèvent de la même volonté ; elles rejoignent dans le même esprit la construction d’un mur de séparation entre Israël et les Palestiniens. Sur un mode défensif, il s’agit du même “fanatisme technologique” qui tend à éliminer le facteur humain dans les problèmes posés au profit des facteurs technologiques pour les soi-disant “résoudre”. Malgré les spécificités de la situation israélienne, il ne s’agit nullement d’une spécificité israélienne. C’est le résultat de l’évolution de Tsahal d’une situation d’“armée populaire” à une situation d’annexe du Pentagone, exclusivement influencée par la pensée de la bureaucratie du Pentagone. Bien entendu, on retrouve ces schémas de comportement dans les forces américaines, aussi bien l’utilisation massive de la force aérienne que le recours systématique à la technologie dans toutes les situations (la guerre en Irak le montre quotidiennement).

S’il faut une référence plus précise à l’action israélienne aujourd’hui contre le Liban (plutôt que contre le Hezbollah), ce sera celle du général Curtiss E. LeMay, qui est le grand vulgarisateur du “fanatisme technologique” par le biais de la puissance aérienne et de l’offensive aérienne de bombardement. Les expressions employées par les généraux israéliens ne font que confirmer la chose. Lorsque le chef d’état-major général de Tsahal annonce qu’il pourrait bien “faire revenir le Liban vingt ans en arrière” avec son offensive, il ne fait que singer, disons en plus modeste pour ce qui concerne la chronologie, le général LeMay lorsqu’il demandait au président Johnson les moyens aériens de “faire revenir le Viet-nâm à l’âge de pierre”. On retrouve le même projet civilisateur : du nihilisme chimiquement pur (« nihilism pure and simple »).